Guillaume Peltier : "Dire que LR est convalescent est la preuve de notre lucidité"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Comment rebâtir la droite française ? Avec quelles idées, quels projets, quelles stratégies ? Invité du grand entretien ce matin avec Léa Salamé, le vice-président des Républicains et député de Loire-et-Cher. Intervenez sur l'application France Inter ou en appelant le 01 45 24 7000. Bonjour Guillaume Pelletier. Bonjour. Et bienvenue. Trois mois avant les élections européennes, les deux forces qui dominent la vie politique sont la République en marche et le Rassemblement National. C'est la conclusion d'une grande enquête qu'ont menée Ipsos, la Cevipof et la Fondation Jean Jaurès et que publie le journal Le Monde.
Mais l'une des leçons les plus importantes sans doute c'est l'effacement, l'effondrement de la droite de gouvernement. Où est la droite française, Guillaume Pelletier ?
Nous sommes en convalescence. Nous sortons d'une année, vous le savez, 2017, qui a vu la droite pour la première fois échapper au second tour de l'élection présidentielle. Et depuis un an, désormais, avec Laurent Wauquiez, nous sommes dans une période de reconstruction, avec beaucoup d'humilité. Et les sondages sont là pour nous le rappeler, à ceux qui l'oublieraient. Et en même temps, beaucoup de détermination pour nous représenter, renouveler, profondément renouveler, avec des idées nouvelles aux électeurs français, à travers le scrutin européen qui vient, mais aussi à travers tous les scrutins qui suivront, les municipales, les départementales, les régionales.
L'objectif, c'est d'être prêt au moment de l'élection présidentielle de 2022. Et on va en parler.
Ce discours de convalescence, vous parlez de convalescence, je l'ai entendu tous les matins depuis 6 mois après la présidentielle, 1 an, 1 an et demi après la présidentielle. Ça fait 2 ans que la présidentielle est terminée. Et malgré une crise sociale d'ampleur qui dure depuis 3 mois, malgré l'impopularité du président, vous êtes inaudible. Vous êtes où ? A quel moment vous sortez de la convalescence ? A quel moment vous existez ?
Vous êtes un peu dur. D'abord, dire que nous sommes convalescents, c'est au moins la preuve de notre lucidité, notre humilité. Et c'est important en politique. Dans ce monde où souvent les élus et les responsables politiques s'envoient des fleurs et ne voient pas la réalité.
Mais c'est déjà optimiste d'être en convalescence ?
Non. Deuxièmement, soyons honnêtes, nous avons remporté un certain nombre d'élections les législatives partielles. Nous avons remporté la majorité au Sénat. Nous avons un nouveau président, Laurent Wauquiez. Nous avons une nouvelle équipe. Nous avons un groupe parlementaire à l'Assemblée nationale autour de Christian Jacob qui fait de très nombreuses propositions. Ce qui est vrai, c'est que nous avons besoin, et c'est tout le travail que nous sommes en train de mener, de présenter aux Français non seulement des nouveaux visages, mais des nouvelles idées.
Moi, ma conviction que je porte depuis maintenant un an en tant que vice-président de notre formation politique, c'est un mouvement de droite qui redevient un mouvement central en s'adressant aux classes moyennes, à la majorité silencieuse, en devenant le grand parti de l'ordre juste. Nous devons être du côté de l'ordre face aux anarchies et au laxisme. Nous devons être du côté de la justice pour enfin récompenser le travail.
Pour moi, le grand enjeu dans une France divisée entre tout en haut des privilégiés et tout en bas des assistés, c'est de nous adresser aux 80% de Français, de la France du milieu, qui n'en peuvent plus et qui attendent des propositions concrètes pour défendre la valeur travail.
C'est très intéressant, Guillaume Pelletier, de regarder le détail de cette enquête que publie le journal Le Monde. Quand vous parlez de ceux qui travaillent, de ces 80% de Français, on peut considérer que les Républicains en sont loin. 7% chez les ouvriers, 8% chez les employés, ça doit être dur à admettre pour quelqu'un comme vous qui recarne la fibre sociale dans le parti des Républicains. 9% chez les cadres sup. Vous avez perdu et les classes populaires et les actifs aisés.
Oui, c'est d'ailleurs les mêmes chiens, vous savez, au moment de l'élection présidentielle de 2017. Je le dis, soyons modestes, mais soyons déterminés. Vous savez, en 2008-2009, on annonçait la mort du Parti Socialiste, son changement de nom même. Et 4 ans plus tard, c'est François Hollande, à la tête du Parti Socialiste, qui revenait aux responsabilités. La grande question, c'est la question des idées. C'est la question de la bataille des idées. Qu'est-ce que nous avons à proposer à la société française ?
Ma conviction, je le dis et je le répète, c'est que pour rassembler à nouveau une majorité de Français, nous devons clairement être du côté de l'ordre, je viens de le dire, et du côté de la justice. J'ai fait sur cette antenne, il y a à peu près 9 mois, en juin dernier, des propositions très fortes, proposant la hausse générale des salaires, entre autres la hausse du SMIC.
Vous aviez proposé, pardonnez-moi, vous aviez proposé d'augmenter le SMIC de 20%, ce qui avait littéralement fait tomber de leur chaise la plupart de vos collègues aux Républicains.
Non, ils ne sont pas remontés. D'abord, j'avais été soutenu par Valérie Pécresque. Vous n'avez pas entendu, M. Retailleau. Mais non, mais attendez, ce qui compte, c'est la majorité du parti, ce sont les parlementaires, ce sont nos électeurs. Qu'est-ce que demandent les Français ? Ils demandent, sur les questions économiques, 1, une baisse drastique des dépenses publiques. Nous proposons, nous, un plan de baisse de 40 milliards chaque année des dépenses publiques. Deuxièmement, une baisse des charges sur les entreprises. Il n'est pas question que la hausse des salaires pèse sur les entrepreneurs.
Trois, et ça a été trop souvent oublié par sa tombe de responsable de ma famille politique, nous devons proposer la hausse des salaires et des revenus de ceux qui bossent. Je vais vous donner quelques chiffres pour qu'on comprenne bien ce que nous entendons dans nos territoires. Vous prenez, dans une même commune, un travailleur au SMIC, 1188 euros nets de revenus. Vous prenez, en face, dans le pavillon d'en face, un allocataire du RSA célibataire et locataire de son logement, 800 euros de revenus. Sauf que le travailleur au SMIC, il prend sa voiture. Et ça lui coûte en moyenne, en France, chaque mois, entre l'amortissement, l'entretien, l'assurance et les carburants, 490 euros.
C'est-à-dire qu'à l'heure où nous parlons, un grand nombre de Français qui bossent gagnent moins à la fin du mois que ceux qui ne bossent pas. C'est cette exaspération, cette injustice qui sont profondément portées par le peuple français. Et c'est à cette injustice que nous, nous devons répondre. Et j'y réponds concrètement.
Donc le problème, c'est ce que vous dites ? Le problème, c'est ceux qui touchent des contreparties, des aides sociales ? C'est ça, aujourd'hui, le problème de la France ?
Vous m'avez bien écouté. Le problème, c'est que ceux qui bossent ne soient pas assez récompensés des efforts qu'ils fournissent. Je n'ai pas dit qu'il fallait baisser les minima sociaux. J'ai dit qu'il fallait augmenter les salaires. Comment ? En baissant les charges qui pèsent sur les entreprises. Comment baisser les charges qui pèsent sur les entreprises ? En entamant un plan drastique de baisse des dépenses publiques de 40 milliards sur la question des retraites, sur la question de l'immigration, sur la question, vous connaissez mon combat, par exemple, sur la question des fraudes. Je vais vous donner un exemple. Ça fait 30 ans que la droite dénonce les fraudes sociales. Et elle a raison.
Mais c'est insuffisant. Ça fait 30 ans que la gauche dénonce les fraudes fiscales. Et elle a raison. Mais c'est insuffisant. Moi, je souhaite qu'on combatte à égalité les 100 milliards d'euros qui disparaissent chaque année de notre pays. 80 milliards au titre des fraudes fiscales, 20 milliards au titre des fraudes sociales, 100 milliards qui disparaissent. C'est à l'euro près le montant du déficit public annuel de la France. Je fais donc une proposition très claire. Moi, je propose que tout fraudeur fiscal récidiviste se voie interdit pendant 5 années de tout crédit d'impôt. Et que tout fraudeur social récidiviste se voie interdit d'être sociale pendant 5 ans.
Pour montrer que la France fait de la lutte contre les fraudes qui s'attaquent au pacte républicain, un enjeu central pour retrouver des marges de manœuvre financière et pouvoir enfin récompenser ceux qui bossent.
Pour rebâtir son projet, reconstruire le socle de la droite, on peut lire dans le journal L'Opinion ce matin que Laurent Wauquiez a regardé de très près les programmes, notamment d'Angela Merkel, mais aussi ceux de Donald Trump et de la Ligue de Matteo Salvini. Est-ce que Trump et Salvini sont des modèles pour les républicains, Guillaume Pelletier ?
Non, mais il est logique pour des responsables politiques et donc Laurent a raison de regarder dans le monde, ce qu'on appelle le benchmark politique, regarder dans le monde ce qui se passe, les aspirations profondes de nos compatriotes. Ce qui est vrai, c'est que par exemple en Italie et en Allemagne, il y a tout à la fois, et c'est pour ça que moi je porte avec beaucoup de détermination et depuis longtemps ces convictions, un besoin d'ordre, d'autorité. Et on voit aujourd'hui qu'Emmanuel Macron, au-delà des injustices qu'il a créées, est devenu le président des désordres, incapable de rétablir l'ordre dans notre pays 15 samedis consécutifs.
Et deuxièmement, un besoin de justice sociale et fiscale. Il y a une exaspération des Français sur la question de l'impôt, par exemple, d'impôt qui tombe de partout, avec ce concours lépine du gouvernement qui en invente un par jour. Et bien nous, nous devons être le grand parti de la baisse des impôts, de la hausse du pouvoir d'achat, de la hausse des revenus. Lorsque nous aurons fait comprendre ça au peuple français, ma conviction c'est que nous redeviendrons majoritaires.
Guillaume Pelletier, vous aviez été dithyrambique le soir des annonces d'Emmanuel Macron, des fameux 10 milliards mis sur la table pour sortir de la crise des gilets jaunes. On se souvient, je me souviens, vous avoir vu à la télévision littéralement dithyrambique en disant c'est ce qu'il faut faire, je voterai tout, c'est super, etc. Vous avez changé d'avis ?
Pas du tout. C'est Emmanuel Macron qui a changé d'avis. Ce soir-là, moi je défends l'intérêt général et je place au-dessus de tout l'intérêt et l'amour de mon pays. Oui, ce soir-là, Emmanuel Macron avait trouvé non seulement les mots justes en mettant à nouveau au cœur de la société française des classes moyennes, en faisant des propositions très concrètes qui allaient de la hausse des salaires et du SMIC en particulier, à travers la prime d'activité et le rétablissement des heures supplémentaires défiscalisées, des mesures que nous portions depuis longtemps. Qu'est-ce qui s'est passé tout au long du mois de décembre ?
Emmanuel Macron ou a menti ou a été contourné par sa propre majorité puisque les textes qui sont arrivés devant nous à l'Assemblée nationale étaient totalement dénaturés. Il ne s'agissait plus d'une hausse des salaires mais d'un ajout à la marge de la prime d'activité. Il ne s'agissait plus du rétablissement total, de la défiscalisation des heures supplémentaires parce que les charges patronales continuaient à être taxées. Donc on a vu un détournement des promesses présidentielles.
Mais si Emmanuel Macron avait été au bout de sa logique, oui, j'aurais soutenu ces mesures parce que je le dis, la question du pouvoir d'achat, de la récompense du travail, de la lutte contre l'assistanat et de la valorisation de ceux qui font des efforts, la république du mérite que j'appelle de mes voeux, c'est central pour moi et pour nous.
Qu'est-ce que vous avez raté pendant la crise des gilets jaunes ? Il y avait ceux qui les soutenaient sans réserve, le Rassemblement national par exemple, et puis ceux qui étaient contre ce mouvement, la République en marche. On n'a pas très bien compris où étaient les républicains pendant ces 15 semaines de mouvement social.
Je pense que, puisque nous avions la position la plus aboutie, c'est sans doute la moins audible. Je m'explique. La plus inconfortable ? Dans la cohérence de ce que je vous exprime depuis le début de cette émission, je crois à l'ordre juste, comme les Français. Comme Ségolène Royal ? Oui, c'était un très beau slogan de Ségolène Royal en 2007. C'est tout à fait juste. Elle avait une belle intuition à ce titre. Et d'ailleurs, elle avait fait une campagne qui avait marqué les esprits.
Mais c'est surprenant de voir un leader de la droite française citer Ségolène Royal et reprendre ses mots.
Vous savez, l'ordre juste, c'est le général de Gaulle. L'ordre juste, c'est Jacques Chirac. L'ordre juste, c'est Nicolas Sarkozy. C'est la filiation dans laquelle je m'inscris avec beaucoup de détermination. Pour répondre à votre question, les gilets jaunes du 17 novembre, et j'y étais avec beaucoup de fierté, c'était ce cri de colère et ce cri d'alarme d'une immense majorité de nos compatriotes, artisans, commerçants, entrepreneurs, travailleurs, petits fonctionnaires, qui n'en pouvaient plus de voir leur travail jamais récompensé et systématiquement fiscalisé et taxé. Et donc nous étions à leur côté au nom de l'idéal de justice.
Hélas, le temps a passé et s'est ajouté une immense question du désordre. Et donc nous, nous avons dû tout à la fois être du côté des gilets jaunes du 17 novembre au nom de la justice et du côté de nos compatriotes qui n'en peuvent plus des désordres au nom de l'ordre.
Et c'est pour ça que je parlais d'une position extrêmement inconfortable.
C'est plus compliqué parce que c'est une ligne de crête étroite. Mais là encore, nous nous devions de défendre l'intérêt général du peuple français.
Mais n'est-ce pas votre problème en général, cette ligne de crête que vous avez du mal à expliquer ? On est en même temps du côté des gilets jaunes et en même temps pour réprimer les manifestations. Est-ce que ça ne se... ce n'est pas encore plus éclatant avec les européennes ? Votre position sur l'Europe. Quand on lit l'enquête du Sévi-Pof dans Le Monde, Brice Tinturier l'explique très bien. Il dit que c'est parce que la droite n'est pas assez claire sur sa position européenne qu'elle connaît une asphyxie sans précédent. Ceux qui sont, globalement, ceux qui sont pro-européens vont voter pour Macron. De droite et pro-européens vont voter pour Macron.
Ceux qui sont de droite et plutôt eurosceptiques vont voter pour Marine Le Pen. Et vous, vous êtes tout.
Là où vous avez raison, et c'est ça qui est passionnant dans la politique, et c'est pour ça que c'est le temps long, c'est qu'Emmanuel Macron, son rêve absolu, c'est de créer un monde binaire. Vous êtes pour l'Europe, votez pour moi. Vous êtes contre l'Europe, votez pour Mme Le Pen. C'est le cas sur tous les sujets. Hélas pour lui, et heureusement pour nous, la France et le peuple français sont beaucoup plus subtils. Il faut juste du temps pour l'expliquer. Quelle est, par exemple, je le dis à tous les auditeurs, quelle est la raison pour laquelle vous voterez, vous pourrez voter pour la liste des Républicains le 26 mai prochain ?
Nous sommes la seule liste qui vous permet tout à la fois de dire oui à l'Europe, parce que nous sommes Européens, et non à la politique d'Emmanuel Macron. En votant Macron, vous dites oui à Macron et oui à l'Europe. En votant Le Pen, vous dites non à l'Europe et non à Macron. Avec les Républicains, vous pouvez dire tout à la fois oui à l'idéal européen, à une nouvelle Europe, à une Europe réinventée, et non à la politique d'Emmanuel Macron. C'est cette troisième voie que j'appelle de mes voeux et que nous portons avec Laurent Wauquiez. Ça veut dire que vous n'avez pas choisi ? Au contraire, on a choisi quelque chose de très clair, mais de subtil.
Oui, on n'a pas envie, au nom de notre opposition au macronisme, d'envoyer valser l'Europe. On n'a pas envie, à l'inverse, de rejeter nos convictions européennes et la politique nationale. Ce que nous disons de manière très claire, nous sommes un parti pro-européen. Nous voulons changer l'Europe. Nous l'aimons, nous voulons la transformer de manière radicale et en profondeur. Et en même temps, oui, en même temps, nous sommes opposés à la politique d'Emmanuel Macron. Nous sommes donc la seule liste qui permet de faire ce double choix qui, d'ailleurs, dans le même sondage, Léa Salamé, est majoritaire auprès du peuple français.
Donc, nous avons un potentiel large, conséquent, dire oui à l'Europe, non à Macron.
Reste à convaincre. Pour l'instant, ce n'est pas le cas.
Nous avons trois mois pour convaincre. Vous avez tout à fait raison.
Aller de 12% à peu près, c'est ce qu'indiquent les intentions de vote, jusqu'à quel est l'objectif ?
Vous savez, je suis un passionné de football et en politique électorale, comme en sport. Alors, ce qui compte, c'est la différence entre le commentaire d'avant-match et le résultat final. L'objectif, c'est de faire, évidemment, le meilleur score possible et surtout d'être en capacité de présenter une nouvelle Europe. Vous savez, l'Europe que j'appelle de mes voeux, elle est fondée sur trois principes très clairs.
Non, non, répondez juste à la question. Quel est l'objectif ?
Non, mais il n'y a pas de... L'objectif chiffré, ça ne veut rien dire. Bien sûr que si. Non, nous partons de bas. Nous devons donc continuer à progresser et c'est une étape de la refondation.
Une Europe qui protège les intérêts de nos concitoyens, qui rejette les traités internationaux de la libre concurrence, qui protège nos intérêts commerciaux, nos agriculteurs, nos ouvriers, nos industries, et qui aura l'audace, c'est aussi une proposition que je fais, de régler la question de l'immigration, non pas uniquement à travers la question des frontières, mais à travers la question d'un grand plan Marshall avec l'Afrique, parce que la cause de l'immigration, c'est la misère et la détresse des pays du Sud. Et ça, c'est un bel idéal européen pour réconcilier les peuples avec l'idéal européen. C'est de nous attaquer à la misère des pays africains.
On file au standard Guillaume Pelletier. Cathy, qui nous appelle. Bonjour Cathy. Bonjour. Bienvenue sur France Inter. Votre question à notre invité ?
Voilà. Je voulais demander à votre invité comment il peut affirmer qu'une personne au RSA touche 800 euros, alors que l'étant moi-même, je touche 480 euros. ils ne remettent jamais en question les privilèges financiers des élus, et se permettent de dire comme ça, qu'un RSA touche 800 euros. Je voudrais avoir ses sources. D'où il tient ça ?
Réponse, Guillaume Pelletier. Bien sûr. Alors, vous avez raison sur la partie stricte du RSA. C'est pour ça que j'ai précisé que je parlais d'un allocataire du RSA célibataire et locataire de ce logement. Et donc, avec l'addition et du RSA et des aides complémentaires, dont l'aide au logement, on arrive en France à un total de 800 euros.
Parce que personne seul et sans ressources touche 550 euros par mois.
Tout à fait. Sur la partie RSA. Ce que je ne remets pas en cause, vous l'avez noté, ce que je dis, madame, c'est que la différence, et je pense que vous ne pouvez être que d'accord avec moi, la différence entre les revenus d'un allocataire du RSA et les revenus de quelqu'un qui travaille, cette différence aujourd'hui dans notre pays est insuffisante. Premièrement. Deuxièmement, vous parlez des privilèges. Moi, je suis très attaché à l'exemplarité. Je suis très heureux, par exemple, que les parlementaires aient renoncé, lorsque nous avons été élus, à un régime de retraite différent. Nous sommes aujourd'hui avec un régime de retraite similaire à toute la société française. Et c'est heureux.
Et je suis le premier, vous avez noté, à dénoncer tout à la fois un système qui enferme un certain nombre de nos compatriotes dans l'assistanat, en bas de la société française, et un système qui soutient les privilèges de quelques-uns en haut. J'attaque à égalité les fraudes fiscales comme les fraudes sociales au nom de l'idéal de justice.
Vous êtes d'accord avec Edouard Philippe qui veut des contreparties au RSA ?
Bien sûr. J'ai déposé d'ailleurs une proposition de loi. Laurent Wauquiez fait une proposition très intéressante hier matin en demandant à ce que sa région, Auvergne-Rhône-Axe, soit un territoire d'expérimentation. Il y a déjà des contreparties.
Non. C'est le principe même du RSA. Ça a été imaginé en contrepartie de l'obligation, notamment, de chercher un emploi.
Oui. Et c'est heureux. Et c'est la moindre des choses. Vous savez, il y a un de nos collègues députés, Eric Stroman, qui était président du département du Haut-Rhin, qui a expérimenté dans son territoire quelque chose de très efficace, de très pertinent et qui marche très bien. C'est justement ses contreparties aux allocataires du RSA. Contreparties de travail d'intérêt général. Ça peut être soutien des personnes handicapées, visite de personnes âgées, soutien scolaire, entretien d'espace vert, participation à des services communaux d'entretien de voirie. Pourquoi ?
Parce qu'avec Laurent Wauquiez, notre conviction profonde, et Dieu sait que nous croyons à la solidarité et au social, c'est que tout cela passe par le travail, par l'autonomie, par l'émancipation, par le principe de responsabilité. Notre grande différence avec les libéraux, d'une part, avec les socialistes, d'autre part, et je ne suis ni libéral ni socialiste, c'est de considérer que la valeur centrale de la société française, c'est l'émancipation et la récompense par le travail.
On retourne au standard, Guillaume Pelletier. Bonjour Olivier. Bonjour. Bienvenue sur France Inter.
Bonjour France Inter, merci pour vos émissions. Bonjour M. Pelletier. Bonjour. Merci de prendre ma question. Vous avez indiqué, vous avez fait un constat à juste titre sur un problème de redistribution des richesses en parlant des salaires, et votre proposition est toujours la même, baisser les charges des entreprises. Moi je m'interroge sur la capacité des entreprises à redistribuer correctement les richesses justement. Il y a eu beaucoup de cadeaux fiscaux qui ont été faits aux entreprises.
Déjà, est-ce que ce sont les entreprises qui en ont besoin, qui en bénéficient réellement, et est-ce que ces cadeaux fiscaux sont redistribués justement pour réajuster les problématiques de différence de salaire ? Voilà, donc c'est la question que je vous pose.
Alors c'est... j'adorerais débattre avec vous parce que c'est exactement le nœud du problème. Là où vous avez raison, c'est qu'il y a eu parfois des cadeaux sans aucune contrepartie, et donc ça n'a pas marché, moi ma proposition elle est très différente. Moi je propose que nous baissions les charges salariales qui pèsent sur les salaires. En un mot, quand vous êtes un petit patron, un artisan, un commerçant ou un petit chef d'entreprise, ça a été mon cas, quand vous voulez payer quelqu'un 1500 euros net, ça coûte à l'entreprise à travers les charges patronales et salariales environ 3000 euros en France.
Et donc aujourd'hui compte tenu de ce poids des charges, vous ne pouvez pas, vous n'avez pas d'oxygène suffisamment, je parle bien des PME, TPE, pour augmenter les salaires. Et donc si par contre vous baissez de manière drastique, 10% ma proposition, si vous baissez de 10% les charges salariales, ces charges qui pèsent sur les salaires, alors automatiquement les salaires pourront augmenter. Vous savez, il faut qu'on recrée une alliance dans la société française, parce que je suis très opposé à la lutte des classes, il faut qu'on recrée une alliance entre les artisans, les commerçants, les petits patrons, les petits entrepreneurs, les travailleurs et les salariés. 95%...
Tous ceux qui ont quitté les Républicains.
Mais c'est l'un des grands enjeux, mais vous savez, il faut être très déterminé, il y a des hauts et des bas dans la vie politique française. On a perdu en 2017, vous croyez que les français vont nous refaire confiance en quelques semaines ou en quelques mois ? Bien sûr que non, la politique c'est, Napoléon le disait, vous savez, le vainqueur c'est celui qui tient un quart d'heure de plus que l'adversaire. Il faut donc beaucoup de ténacité, beaucoup d'endurance, beaucoup de détermination, et je peux vous dire que ces qualités, on les a.
La commission d'investiture de votre parti, Les Républicains, doit boucler la liste pour les Européennes le 6 mars, et dans quelques jours, qu'est-ce qui bloque, et est-ce que vous avez aujourd'hui les idées plus claires sur ceux de vos cadres, Rachida Dati, Nadine Morano et Brice Hortefeux ? Est-ce qu'ils seront en position éligible sur cette liste ?
Vous savez, les hommes mènent les listes.
Langue de bois, langue de bois.
Non, justement, tous les matins, quand j'écoute la radio, cette question est posée et toujours la même réponse. Moi, je vous le dis avec beaucoup de franchise, ce n'est pas mon sujet. Les hommes mènent les listes. Vous vous en fichez ? Non, les hommes mènent les listes et c'est très bien. Ce sont les idées qui mènent le monde. Moi, mon combat, vous l'avez vu tout au long de cette émission, c'est de présenter des idées nouvelles sur le travail, sur l'immigration, sur la baisse des charges. Plus largement, je répondrai avec un peu plus de gourmandise à cette question, lorsque la République en marche, puisque tel est le sujet, aura enfin présenté sa tête de liste.
Nous, nous avons présenté notre trio de têtes. Et bien que la République en marche, qui émet beaucoup de critiques à longueur de matinale et de soirée sur notre liste, prenne un peu le temps ou fasse preuve de courage pour présenter sa tête de liste.
Qu'est-ce qu'on fait avec l'usine Ford de Blanquefort ? Est-ce qu'il faut nationaliser ?
Alors, vous avez noté ma filiation. Ma filiation, elle est gaulliste, elle est sarkoziste. Rappelez-vous ce qu'avait fait Nicolas Sarkozy, entre autres, avec Alstom. Moi, il faut qu'on trouve en permanence sur chacun des sujets, cette alchimie subtile, pardonnez-moi, entre l'initiative privée, la liberté d'entreprendre, et Dieu sait que j'y crois, parce que j'aime que ceux qui prennent des risques puissent être récompensés, et un État stratège qui régule. Oui, je crois, un État stratège qui régule. Et donc, sur cette question, il faut que le gouvernement, Bruno Le Maire et l'État, prennent toutes leurs responsabilités pour sauver ces emplois.
Je crois qu'un certain nombre de personnalités politiques l'ont évoqué. Donc, trouver...
Le mot de nationalisation, vous le prononcez ou pas ?
Non, je ne le prononce pas, parce que je sais ce que ça peut entraîner. Mais je ne suis pas opposé, par principe, ni aux privatisations, ni aux nationalisations. Je veux l'équilibre sur tous les sujets entre le privé et le public.
Voilà qui est dit. Merci Guillaume Pelletier d'avoir été l'invité de France Inter.
Guillaume Peltier