Gabriel Attal appelle à faire "barrage" au RN même avec un bulletin LFI
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France Inter. Législative 2024. Nicolas Demorand. Et avec Yael Gauze, nous recevons donc ce matin le Premier ministre dans le grand entretien du 7-10 candidat ensemble dans les Hauts-de-Seine. Vos questions et réactions au 01 45 24 7000 et sur l'application de France Inter. Gabriel Attal, bonjour. Bonjour Nicolas Demorand. Et bienvenue sur Inter. Beaucoup de sujets à aborder avec vous ce matin. La configuration du second tour maintenant que nous avons les forces en présence, les différents visages possibles de la future Assemblée Nationale. Les mouvements qui agitent aussi les partis qui constituaient jusqu'à présent la majorité présidentielle.
Mais un mot d'abord des résultats du premier tour. Avec 20% des voix, vous remontez de 5 points par rapport aux européennes. Pourtant, la chute est rude. Le pari solitaire de la dissolution fait par Emmanuel Macron a débouché sur une défaite. Vous en prenez acte aussi simplement que ça ?
D'abord, je me souviens qu'au moment de la dissolution, après les élections européennes, peu de monde donnait une capacité aux candidats Ensemble pour la République à tenir dans cette élection. Et que trois semaines plus tard, effectivement, on a gagné près de 7 points, puisqu'on était à 14%. On est à près de 21% dans cette élection législative. Que nos candidats ont été qualifiés au deuxième tour dans plus de 300 circonscriptions. Et évidemment, je veux remercier les électeurs qui ont apporté leur suffrage aux candidats Ensemble pour la République.
Ensuite, la leçon de ce premier tour, c'est qu'aujourd'hui, il y a un bloc qui est en situation d'avoir une majorité absolue à l'Assemblée Nationale. C'est l'extrême droite. Ni la France Insoumise, ni le nouveau Front Populaire, ni nos candidats ne sont en capacité de former seule une majorité absolue à l'Assemblée Nationale. Et donc, je l'ai dit dès dimanche soir, le premier enjeu pour moi, d'abord, de ce second tour, c'est de tout faire pour que l'extrême droite ne dispose pas d'une majorité absolue.
Le RN, revenons au RN, c'était près de 3 millions de voix en 2017, au premier tour des législatives. 3 millions. Dimanche, 10 600 000 voix pour le RN et ses alliés. Comment est-ce que vous analysez ce raz-de-marée-là ? C'est le temps d'un septennat ? C'est votre bilan ? Quelle est votre responsabilité ?
On a tous une responsabilité, forcément. Il y a une progression de l'extrême droite partout en Europe. L'extrême droite prospère sur à la fois des enjeux de fond, sur lesquels beaucoup de Français attendent qu'on soit plus efficace et qu'on aille plus fort. La question du pouvoir d'achat, la question de la sécurité aussi. Et puis, je le crois aussi sur une forme de sentiment d'impuissance publique, de capacité pour les gouvernants à changer leur vie concrètement. Moi, ce que je veux redire aux Français qui nous écoutent, c'est que l'extrême droite ne changerait pas votre vie, elle l'appauvrirait.
D'abord, elle porte un projet de division et de stigmatisation qui est aux antipodes des valeurs de la République. Elle propose de trier les Français selon leurs origines. Elle considère qu'un Français qui a une origine étrangère ou qui a une binationalité est un demi-Français, n'est pas un vrai Français. Ce ne sont pas nos valeurs. Elle porte par ailleurs un projet qui serait, je le dis, catastrophique pour nos emplois et pour le pouvoir d'achat des Français. Ce n'est pas moi qui le dis.
C'est tous les représentants des chefs d'entreprise, que ce soit les petites entreprises ou les grandes entreprises qui ont pris la parole dans cette élection, alors que normalement, ils ne le font pas, pour dire que si l'extrême droite venait à gagner, l'économie française irait, je cite, dans le mur. Et donc, évidemment, pour toutes ces raisons-là, on doit se battre contre la perspective d'une extrême droite majoritaire à l'Assemblée nationale.
Gabriel Attal, depuis 48 heures, la France a vécu au rythme des désistements afin d'éviter des triangulaires favorables au RN. 130 retraits de candidats du côté du nouveau Front populaire, 82 retraits chez les candidats du camp présidentiel Ensemble pour la République. C'est du jamais vu. Est-ce que vous estimez avoir mis en place le Front républicain ? Avoir réussi à le mettre en place ?
Moi, je l'ai dit dès dimanche soir, mon objectif, c'est que l'extrême droite n'est pas de majorité absolue. Je rappelle que dans cette campagne, quand vous prenez les candidats de l'extrême droite, un candidat sur quatre a tenu, au moins un candidat sur quatre, a déjà tenu des propos racistes, antisémites ou homophobes. Hier encore, on a identifié une nouvelle candidate qui avait posé fièrement, il n'y a pas si longtemps, avec une casquette hitlérienne sur la tête. Je veux dire... C'est qui s'est retiré.
Comment ? Et qui s'est retiré.
Oui, enfin, qui s'est retiré, mais je veux dire, combien d'autres candidats pour lesquels on n'a pas encore identifié des propos ou une photo ? Et pour les autres candidats que j'évoquais, un sur quatre qui a tenu des propos racistes, antisémites ou homophobes, ils ne se sont pas retirés. Donc, je le dis ici, le risque de cette élection, c'est que ces candidats soient majoritaires à l'Assemblée nationale et que peut-être certains d'entre eux arrivent au gouvernement. Et dès dimanche soir, je l'ai dit, je me dresse de toutes mes forces contre cette perspective.
Et donc, effectivement, dans un certain nombre de circonscriptions, nos candidats qui étaient arrivés troisième et dont le maintien risquait de faire gagner l'extrême droite se sont désistés. Évidemment, je veux avoir un mot pour eux. Parce que quand vous avez fait une campagne de premier tour dans un contexte difficile et avec vos équipes, que vous êtes en capacité de vous maintenir au deuxième tour et que vous décidez de vous retirer, évidemment que ça vous coûte. Mais ils le font et je crois qu'ils font honneur aussi à notre République en le faisant.
Certains de vos candidats, arrivés troisième, ont refusé de se retirer. On en compte trois, Nice, Bouches-du-Rhône. Certains d'entre eux affirment qu'ils l'ont fait avec votre soutien. Est-ce le cas, Gabriel Attal ? Avez-vous soutenu des dissidents ?
D'une part et d'autre, vous avez ici ou là quelques candidats qui considèrent qu'en ce maintenant, ils limitent le risque de la victoire de l'extrême droite. C'est vrai pour deux ou trois candidats chez nous. C'est vrai aussi pour quelques candidats au Nouveau Front Populaire. Je peux vous dire, dans les Yvelines, en Vendée, dans le Doubs, vous avez un candidat du Nouveau Front Populaire qui aurait dû se retirer, selon nous, pour faire gagner notre candidat face à l'extrême droite, qu'ils ne l'ont pas fait. Mais ça veut dire quoi ? Ça veut dire que dans 90% des situations, que ce soit de notre côté ou du côté du Nouveau Front Populaire, les candidats se sont retirés.
Donc s'ils étaient élus, ils ne seraient pas exclus ?
Dans plus de 90% des situations. Voilà, vous avez des candidats qui considèrent, qui font leurs calculs et qui considèrent que leur maintien limite le risque de la victoire de l'extrême droite.
Donc pas d'exclusion. Dans certaines circonscriptions qu'on ne va pas citer ici dans le détail, avez-vous manœuvré pour pousser des candidats LRN, je parle LRN, à se désister afin de sauver vos propres candidats, ce qu'affirme une candidate siotiste à l'Express ce matin ? Non. Aucun arrangement ? Aucun coup de fil ?
Non. Aucun. Rien ? Je le dis ici, je vois bien que certains font circuler des choses, ça doit faire partie probablement d'une tentative de déstabilisation. Moi je peux parler pour moi et pour mes équipes, je peux vous dire que non.
Comprenez-vous que des électeurs du premier tour puissent se sentir déboussolés ? Il y a une semaine, le président Emmanuel Macron fustigeait une gauche extrémiste, immigrationniste, et finalement vous volez à son secours et réciproquement.
Non mais je le dis ici, le risque aujourd'hui c'est que l'extrême droite ait une majorité absolue. Ni la France Insoumise, ni le Nouveau Fonds Populaire, quel que soit le comportement au deuxième tour, désistement ou pas désistement, aucune, ni la France Insoumise ni le Nouveau Fonds Populaire ne peut avoir une majorité absolue. Donc d'abord la première chose c'est d'éviter que l'extrême droite dispose d'une majorité absolue. Et j'assume de prendre mes responsabilités, d'avoir demandé à nos candidats de le faire. Ensuite, désistement ne veut pas dire ralliement. Je vais vous le dire de manière très claire. Il n'y aura jamais d'alliance entre nous et la France Insoumise.
Et on ne peut pas me soupçonner, moi qui les ai quand même beaucoup combattus ces derniers mois et depuis plusieurs années maintenant, sur ce sujet. Je rappelle qu'on est les seuls, avec les candidats ensemble pour la République, à avoir fait le choix, dès le premier tour, de désister à un certain nombre de candidats. Les autres blocs ont présenté des candidats au premier tour dans les 577 circonscriptions. Nous, dès le premier tour, on avait fait le choix, dans une soixantaine de circonscriptions, de ne pas présenter de candidats, justement parce que ça faisait peser le risque de faire élire un candidat du Rassemblement National ou un candidat de la France Insoumise.
Je vous donne un exemple à Caen. À Caen, notre député sortant, Fabrice Le Vigoureux, ensemble pour la République, a décidé... Non, non, non, attention, pas de circonscriptions, s'il vous plaît. De se retirer, je vais au bout, puisque j'ai commencé à le dire de toute façon. Il a décidé de se retirer au premier tour, au profit d'un candidat de la droite républicaine.
Entre votre position, Gabriel Attal, vous qui avez appelé au désistement, celle de François Bayrou, qui apprenait le cas par cas, celle d'Edouard Philippe, qui demande qu'aucune voix ne se porte sur les candidats du Rassemblement National, ni sur ceux de la France Insoumise, Est-ce que vous croyez sincèrement que les électeurs vont s'y retrouver entre ces 50 nuances de désistement ?
Je pense qu'il y a une majorité de Français qui ne veulent pas que l'extrême droite dispose d'une majorité absolue après cette élection. Et je le dis ici, il y a probablement des Français qui ne se fera pas plaisir de voter pour le candidat qui est face à l'extrême droite, parce que ce n'est pas le candidat pour qui il a voté au premier tour, parce que ce n'est pas un candidat qui porte un projet avec lequel il a beaucoup d'affinités. Mais je pense que beaucoup le feront. Et donc la leçon pour moi de ce qui s'est passé avec ces désistements, c'est qu'on peut éviter une majorité absolue pour l'extrême droite. C'est possible. Et moi je crois que beaucoup de Français se mobiliseront pour cela.
Éviter la majorité absolue, mais quoi à la place ? Les désistements actés ? On va se poser la question de l'après, même si c'est après le deuxième tour. L'autre scénario, c'est une assemblée divisée en blocs, un bloc RN très fort, ce qu'il restera de votre camp ensemble et le nouveau Front Populaire. Dans ce scénario, l'Assemblée est-elle pour vous gouvernable ?
D'abord, vous avez bien résumé une forme d'alternative. D'un côté, vous avez une majorité absolue pour l'extrême droite. Donc en gros, à l'issue de cette élection, à l'issue de ce deuxième tour, soit le pouvoir sera entre les mains d'un gouvernement d'extrême droite, soit le pouvoir sera au Parlement. Moi je me bats pour le deuxième scénario.
Et je me bats pour que dans ce deuxième scénario, les candidats ensemble pour la République soient suffisamment présents dans cette Assemblée nationale pour protéger les Français des hausses d'impôts qui sont voulues par beaucoup d'autres partis, pour protéger les Français en défendant les valeurs de la République, pour protéger les Français en défendant le réinvestissement dans des politiques publiques prioritaires, comme la sécurité par exemple, et la justice. Ça c'est nos candidats ensemble pour la République qui le portent. Et dans cette nouvelle Assemblée nationale, je souhaite qu'ils soient suffisamment nombreux pour le garantir aux Français.
L'enjeu c'est d'être suffisamment présent pour protéger les Français. C'est vrai qu'il y a un certain nombre de partis, c'est le cas par exemple du nouveau Front populaire, qui veulent augmenter les impôts dès cet été. Ça n'est pas notre cas. Plus nos candidats ensemble pour la République seront nombreux dans l'hémicycle, plus on pourra empêcher les hausses d'impôts qui sont voulues par l'alliance de la gauche.
Ça parle pas de ce que vous dites, si vous voulez un gouvernement de très grande coalition, une majorité alternative...
Là je vous parle du Parlement.
Mais si vous commencez à dire les idées que vous prenez pas, celles que vous voulez bien, comment vous faites la coalition des communistes jusqu'au LF ?
Il y a le gauze, moi je n'ai pas parlé de coalition, je ne vais pas imposer là aux Français une coalition qu'ils n'ont pas choisie. Ce que je demande aux Français, c'est de faire en sorte que l'extrême droite n'ait pas de majorité absolue. Ensuite il y aura plusieurs groupes qui seront élus au Parlement. Je souhaite que le groupe Ensemble pour la République, pour les raisons que je viens de vous évoquer, parce qu'on ne veut pas des hausses d'impôts, parce qu'on est attaché à notre économie et qu'on veut continuer à créer des emplois plutôt qu'en détruire, parce qu'on veut investir dans nos services publics, notamment l'éducation, la sécurité, la santé.
Je souhaite qu'ils soient les plus nombreux possibles. Et ensuite on trouvera, je l'espère, je le souhaite, et je pense que c'est possible, projet par projet, des majorités de projets qui permettront de faire avancer le pays. Et donc avec un gouvernement provisoire comme l'appelle par exemple Xavier Bertrand de Céveux ? Moi j'ai toujours pris les choses étape par étape. Et j'ai toujours par ailleurs regardé quelle était ma responsabilité à moi et je me concentre là-dessus.
Moi ma responsabilité, en tant que Premier ministre, en tant que chef de cette campagne, quelque part pour les candidats Ensemble pour la République, c'est de faire en sorte que nos candidats soient les plus nombreux possibles à être élus députés le 7 juillet prochain et que l'extrême droite ne dispose pas d'une majorité absolue à l'Assemblée nationale.
Faire des alliances plurielles allant de la gauche à la droite dans l'unique but d'empêcher le Rassemblement national d'exercer le pouvoir, est-ce que ça ne risque pas, selon vous, d'alimenter encore plus la dynamique du Rassemblement national d'ulcérer ses électeurs ?
Nicolas Demorand, moi je regarde les périls tels qu'ils sont. Moi j'ai une histoire personnelle, politique, familiale. J'ai dans ma famille des portées, des résistants, une grand-mère qui a porté l'étoile jaune. J'ai été élevé dans l'idée qu'on ne devait pas permettre à l'extrême droite de gouverner notre pays. Et donc je me dresse de toutes mes forces pour éviter que ce soit le cas dans cette élection.
Est-ce que c'est reculer pour mieux sauter
dans trois ans, en 2027 ? Je ne crois pas. Je pense que c'est peut-être aussi l'opportunité de réinventer la manière de gouverner, de s'entendre davantage, de chercher davantage des solutions au service des Français en dépassant les clivages et en sortant chacun de notre zone de confort. En tout cas, moi c'est ce pourquoi je me battrai à l'issue de ces élections.
Quel que soit le scénario, la tradition veut qu'après une défaite aux législatives, le Premier ministre présente sa démission et celle du gouvernement ? Est-ce que vous quitterez vos fonctions dimanche soir ou est-ce que ça dépendra de la physionomie de l'Assemblée ?
Moi je l'ai dit tout à l'heure, je prends les sujets et les échéances étape par étape. Et donc je m'exprimerai, ça je peux vous le dire, je m'exprimerai à l'issue du deuxième tour de ces élections législatives. Comme je l'ai fait à l'issue du premier tour de manière très claire.
On va passer au standard d'Inter. Stéphane, bonjour ! Bonjour ! Bienvenue !
Merci, je voulais juste apporter mon témoignage et puis il y a une question en fait. Moi je suis un policier républicain depuis plus de 30 ans. Je suis complètement opposé aux idées du Front National, du Rassemblement National. Et aujourd'hui je me retrouve dans une situation où j'ai le choix entre voter pour le Front National ou la France Insoumise qui est représentée par quelqu'un qui est profondément anti-police, profondément anti-police.
Et aujourd'hui en fait je me retrouve dans la situation où au deuxième tour je ne vais pas aller voter parce que je n'ai envie de favoriser personne et cette situation pour moi elle a été créée par la Macronie, elle a été créée par la polarisation du débat politique et par la dissolution de l'Assemblée Nationale. Donc voilà. Aujourd'hui j'ai toujours voté, j'ai toujours voté depuis que j'ai mes 18 ans et aujourd'hui c'est la première fois où je vais me retrouver à ne pas pouvoir voter de ce fait.
Qu'avez-vous envie de dire à Gabriel Attal précisément en plus de ce point ?
J'ai envie de vous dire mais quel gâchis quoi ! Quel gâchis ! Quel gâchis ! Moi je suis profondément attaché au vote de République et je me dis aujourd'hui on se retrouve dans une situation mais quel gâchis !
Merci Stéphane pour cette intervention, ce témoignage. Gabriel Attal.
Il y a beaucoup d'électeurs qui sont dans la situation de Stéphane et qui effectivement sont quelque part perdus et au deuxième tour ont des difficultés à se positionner. Moi je le redis ici, tout me sépare de la France Insoumise. Jamais je ferai d'alliance avec la France Insoumise. Aujourd'hui la France Insoumise n'est pas en situation d'avoir une majorité absolue à l'Assemblée Nationale et de gouverner le pays. En revanche, l'extrême droite, le Front National est en situation d'avoir une majorité absolue et de gouverner le pays. Donc ça ne fait pas plaisir évidemment à beaucoup de Français de devoir faire barrage au Front National en utilisant un autre bulletin qu'ils n'auraient pas voulu.
Moi je le dis ici, je considère que c'est aujourd'hui notre responsabilité que de le faire.
Question de Bastiste sur l'application d'Inter. Je suis ravi que vous appeliez à voter pour le nouveau Front populaire. Mais alors pourquoi avoir autant tapé dessus avant le premier tour ?
D'abord, moi je clarifie l'offre politique dans un certain nombre de circonscriptions en désistant des candidats. Ensuite, évidemment, les électeurs se positionnent. Et dans beaucoup de circonscriptions, nos candidats ensemble pour la République font face à un candidat du nouveau Front populaire. Et j'appelle évidemment les électeurs à voter pour nos candidats qui défendent une politique économique qui n'est pas fondée sur la hausse d'impôts mais sur la création d'emplois et qui défendent par ailleurs un réinvestissement dans nos services publics, notamment la sécurité, ce qui est absent du programme du nouveau Front populaire.
Ensuite, moi j'ai toujours été très clair et juste après, juste avant les élections législatives, je m'étais rendu ici sur votre plateau. Et ce que j'avais dit, c'est que je considérais que les partis de gauche, d'une gauche sociale-démocrate, républicaine, en faisant une alliance avec la France insoumise, se privaient d'une possibilité d'alternance en leur faveur. Et je continue à le penser. Je continue à penser que s'ils n'avaient pas fait ce choix-là, peut-être que la configuration aurait été différente au second tour de ces élections législatives.
Beaucoup de questions sur ce sujet au standard. Bonjour Noa.
Bonjour.
On vous écoute.
Moi j'avais une question pour monsieur le Premier ministre. Je voulais savoir s'ils appelaient vraiment à voter pour la France insoumise dans la coalition de gauche du nouveau Front populaire parce qu'on avait vu depuis deux ans, depuis 2022, que la France insoumise était définitivement sortie du champ républicain. En tout cas, ils le sont pour moi. Et qu'ils avaient invectivé, brandi des drapeaux étrangers à l'Assemblée nationale, parfois même insulté. Donc c'était vraiment un parti pas fréquentable comme le RN.
Bien compris Noa. Quel âge avez-vous au passage ?
J'ai 20 ans.
Voilà. Merci pour votre intervention. Gabriel Attal vous répond.
Je le redis ici, comme je l'ai dit à plusieurs reprises dans cette interview, tout me sépare de la France insoumise. Je me suis opposé à eux résolument depuis plusieurs années maintenant. Je constate que la France insoumise n'est pas en situation d'avoir une majorité absolue et de gouverner le pays. Ni le nouveau Front populaire d'ailleurs, ni, si je suis très honnête, nous, que les seuls aujourd'hui qui sont en situation d'obtenir cette majorité absolue et de gouverner le pays, c'est l'extrême droite. Et donc, dans ces circonstances, je considère qu'il faut priver l'extrême droite de cette possibilité. Vous ne dites pas à un moment
qu'elle gâchit tout de même,
tout ça ? Si vous me demandez si je suis satisfait de cette situation, la réponse est évidemment non, Nicolas Demorand. Et évidemment que chacun, et j'espère que c'est le cas pour d'autres formations politiques aussi, fait un examen de conscience, se dit qu'est-ce qu'on a bien fait, qu'est-ce qu'on a mal fait. Je constate que partout en Europe, on a une poussée très forte de l'extrême droite. C'est le cas dans beaucoup de pays qui nous entourent. Je constate que c'était déjà le cas en 2017, en 2022, qu'on a réussi à ce que l'extrême droite ne soit pas élue.
Et pour moi, la leçon de ce premier tour et la leçon des désistements qui ont eu lieu depuis, c'est qu'on peut, c'est possible, d'empêcher l'extrême droite avec son cortège de candidats qui ont eu des propos racistes, antisémites et homophobes, d'être majoritaires à l'Assemblée nationale et de gouverner le pays. Avec un projet, encore une fois, qui est aux antipodes de nos valeurs républicaines et qui serait catastrophique pour l'économie française et les emplois de ceux qui nous écoutent.
Hier, à ce micro, Marine Le Pen a parlé d'un coup d'État administratif que vous seriez en train de mener en nommant à la police, à la gendarmerie, des personnalités, train de nomination qui a commencé la semaine dernière qui se poursuit ce matin en Conseil des ministres. Que répondez-vous ? Y a-t-il un coup d'État administratif
en cours ? Marine Le Pen, c'est une forme de coup de bluff permanent. Je veux dire, elle a une forme de mépris pour la marche normale de l'État. On a vu la semaine dernière, elle a remis en cause le rôle de chef des armées du président de la République qui est pourtant inscrit dans la Constitution. Donc je veux dire, et ça c'est aussi classique de la part de l'extrême droite. On retrouve finalement des permanences assez fortes entre ce que portait Jean-Marie Le Pen, la remise en cause de notre Constitution, des institutions, la stigmatisation de nos compatriotes qui sont binationaux et ce que porte aujourd'hui l'extrême droite avec Marine Le Pen et Jordan Bardella.
Vous ne changez pas les directeurs de la police
et de la gendarmerie ce mercredi ? Non.
Il y a des nominations qui sont habituelles en Conseil des ministres. Chaque semaine, vous avez des nominations qui sont faites en Conseil des ministres et c'est le cas chaque semaine.
Mais beaucoup plus la semaine dernière quand même.
Je ne crois pas. Vous avez des conseils des ministres régulièrement, vous avez des nominations qui sont faites.
Une trentaine au lieu de dix en général ?
Ça dépend. Ça dépend des conseils des ministres. Je peux vous dire que j'en ai fait un certain nombre en tant que Premier ministre ou en tant que ministre. Vous en avez notamment avant l'été, régulièrement, chaque année, parce qu'à la rentrée, vous avez des nouveaux directeurs d'administration qui prennent leurs fonctions.
Gérard Larcher est allé à l'Elysée hier pour évoquer avec le Président de la République les conséquences institutionnelles de la dissolution. De quoi parle-t-on exactement ?
Je ne sais pas. C'était un rendez-vous entre le Président du Sénat le Président de la République donc je ne peux pas vous répondre. Mais vous êtes le Premier ministre ou vous pourriez savoir de quoi il s'agit ? Je ne le sais pas.
Vous ne vous parlez plus avec le Président ?
Si, bien sûr. Je suis son Premier ministre. On se voit avant les conseils des ministres. Mais là, en l'occurrence, je ne peux pas vous renseigner.
Si vous êtes battu dimanche,
la politique, c'est fini ? Vous savez, moi, je l'ai dit plusieurs fois dans cette interview, je prends les moments étape par étape. Donc, je me bats pour que nos candidats soient élus, pour être réélus moi-même et puis je m'exprimerai dimanche à l'issue des résultats.
Quel sentiment auriez-vous si vous cédiez la place à Matignon, à Jordan Bardella, passation de pouvoir, imaginons ?
Je me bats de toutes mes forces pour l'éviter. Voilà. Je vois bien que un certain nombre le font moins. C'est leur droit. C'est leur choix. En tout cas, moi, je me bats de toutes mes forces pour éviter ce scénario. Mais je vais vous dire, indépendamment de ma personne, c'est pour le pays. Moi, je n'ai pas envie demain d'être dans un pays où un Français qui est binational est considéré comme moins important, moins Français qu'un autre Français.
Moi, je n'ai pas envie d'être dans un pays où on applique un programme qui serait catastrophique pour les emplois des Français, un programme de repli, de sortie progressive de l'Union Européenne et qui se traduirait par une catastrophe pour nos entreprises et les emplois des Français qui nous écoutent et qui vont travailler. On vous sent un peu abattu ce matin ou fatigué ? On se trompe ? Non, pas du tout. Non, non. La campagne est longue donc forcément, les heures sont nombreuses sur le terrain. Mais non, non. Je suis combatif et je crois que si on a réussi ce qui a été fait sur les désistements, c'est précisément la preuve que c'est possible d'empêcher une victoire de l'extrême droite.
Et je me bats de toutes mes forces pour ça.
Gabriel Attal, merci d'avoir été au micro d'Inter ce matin. Merci à vous. Merci. Il est 8h45, la revue de presse à suivre.
Gabriel Attal