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interviewRTL — L'invité de 7h40· 19 mai 2026 11 min

Coût de l'énergie : le communiste Fabien Roussel appelle sur RTL à "bloquer les prix de l'essence" et "baisser celui de l'électricité de 30%"

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Thomas Soto, RTL Matin. Et c'est Fabien Roussel, le secrétaire national du Parti communiste, maire de Saint-Amant-les-Eaux, ancien et peut-être futur candidat à la présidentielle, qui est l'invité d'RTL Matin. Bonjour et bienvenue sur RTL, Fabien Roussel. Bonjour à vous tous. Le Premier ministre Sébastien Lecornu va donc annoncer après-demain jeudi de nouvelles mesures pour venir en aide aux Français et aux secteurs professionnels qui subissent le plus durement la hausse des prix à la pompe. Ça va se passer lors d'une conférence de presse. Tiens, si vous y étiez invité à cette conférence de presse, quelles questions vous poseriez à Sébastien Lecornu ce matin ?

0:29
Fabien Roussel

D'abord, je l'alerterai sur le fait que tous les signes aujourd'hui montrent que la France pourrait rentrer dans une récession profonde d'ici quelques mois. Et s'il n'y a pas des mesures fortes, profondes à mettre en œuvre, cette récession frapperait un grand coup sur le porte-monnaie des Français, sur nos entreprises, provoquerait du chômage, de la pauvreté. Et donc, nous ne voulons pas ça. Et au contraire, il faut vraiment un choc aujourd'hui pour pouvoir protéger notre économie,

1:01
Présentateur

protéger notre pouvoir d'achat, protéger les emplois. Et c'est là que c'est un peu la quadrature du sac, parce que vous dites qu'on rentre dans une crise économique qui est sans doute lourde, ça veut dire qu'il n'y a plus de sous dans les caisses, et vous demandez des mesures fortes. Comment on fait ?

1:12
Fabien Roussel

Alors, je ne dirais pas qu'il n'y a plus de sous dans les caisses, parce que ça, je ne supporte plus de l'entendre. De temps en temps, il y a une étude qui montre qu'en Europe, en France, il n'y a jamais eu autant de millionnaires, il n'y a jamais eu autant de riches qui ont eu des patrimoines aussi importants. Donc, l'argent existe en France. Je dirais même qu'il coule à flot pour les plus fortunés. Il coule à flot ? Oui, il coule à flot, oui, pour les plus fortunés de notre pays. Il coule à flot. On peut comprendre le symbole, Fabien Roussel,

1:40
Présentateur

mais ce n'est pas quelques riches, quelques milliardaires qui ont eu des 3 300 milliards de têtes. Je sais bien, mais c'est un signe.

1:45
Fabien Roussel

C'est un signe qu'aujourd'hui, il y a quand même une partie de la richesse nationale qui est captée par une minorité. Et il y a une grande majorité de Français, mais aussi des petites entreprises, des sous-traitants dans l'automobile, qui n'en peuvent plus et qui sont en train de mourir. Et donc, il y a un moment donné, il faut savoir où cette richesse que nous créons, nous la mettons pour pouvoir justement aider l'économie nationale, le pays. Et donc, il y a besoin de prendre des mesures fortes. D'abord, la guerre illégale qui a lieu au Moyen-Orient et qui s'ajoute à celle de l'Ukraine provoque des hausses de prix énormes. Pas seulement sur le prix à la pompe, à l'essence.

2:22
Présentateur

D'ailleurs, les prix... On en parlait hier sur le BTP, il y a beaucoup de secteurs également.

2:24
Fabien Roussel

Le gaz, l'électricité, le plastique, la pétrochimie, etc. Ça dégringole de partout. Il n'y a jamais eu autant de défaillances d'entreprises. Donc maintenant, c'est les emplois qui risquent d'être menacés.

2:33
Présentateur

Cette guerre, on l'a subie. On ne peut pas peser sur cette guerre, ni sur son commandant, ni sur sa faim.

2:37
Fabien Roussel

Il faut bouger fortement. Ce n'est pas des petits chèques, ce n'est pas des petites mesures en disant qu'on n'a pas de sous, on ne peut rien faire. Mais à force de faire ça, on va mourir. Ce n'est pas possible. Donc, il faut agir fortement. Bloquer les prix, mesure immédiate. Bloquer les prix de l'essence. Baisser les prix de l'électricité. Est-ce que vous savez aujourd'hui qu'on produit beaucoup plus d'électricité que nous en avons besoin ? On pourrait la distribuer gratuitement, l'électricité. Il y a des fournisseurs d'énergie qui le disent. On ne sait plus quoi en faire. Mais baissons les factures. Vous connaissez des entreprises qui travaillent gratuitement ? Non. Pardon.

Je ne dis pas de le faire. Mais je dis, nous demandons aujourd'hui de baisser les factures d'électricité de nos entreprises et des ménages de 30%. C'est possible. Ça va aider.

3:21
Présentateur

C'est compensé par l'État ? Comment vous obtenez ? C'est un peu comme les hausses de salaire de l'entreprise. Tout le monde dit qu'il faut des hausses de salaire, mais ce n'est pas le gouvernement qui le dit.

3:28
Fabien Roussel

Entre le prix de production de l'électricité et le prix de vente, il y a un gap, un décalage qui est énorme. Parce que le prix de l'électricité aujourd'hui, il est calculé sur des cours de bourse du marché européen et il ne correspond pas à la réalité. On produit de l'électricité pour beaucoup moins cher que le prix de vente. Donc nous demandons, nous la France, de reprendre la main sur notre production d'électricité, de baisser fortement les prix de l'électricité. Ça va aider autant les ménages, les Français, que les entreprises, que les communes. Tout le monde, ça va aider. Et donc c'est une manière d'accompagner l'économie. Et puis il faut augmenter les salaires.

4:06
Présentateur

Oui, mais ça justement, augmenter les salaires, ça ne se déclenche pas. Ce n'est pas le gouvernement, on n'est pas dans une économie. Mais justement, mais justement. Le SMIC va augmenter en raison de l'inflation.

4:14
Fabien Roussel

Est-ce que vous savez qu'en l'espace de 5 ans, l'inflation, ça représente 20%. Il y a eu 20% d'inflation en 5 ans, entre la guerre en Ukraine et la guerre en Moyen-Orient. 20% d'augmentation. Le SMIC a augmenté de l'équivalent, puisque le SMIC est indexé sur l'inflation. Mais les salaires qui sont juste au-dessus du SMIC, ils sont rattrapés. Ce qui fait qu'aujourd'hui, on a des salariés qui perçoivent moins que le SMIC et qui sont dépassés.

4:38
Présentateur

Les entreprises sont fragilisées, notamment les PME. Donc c'est à ces entreprises. C'est ça le tissu économique. Eh bien, il y a besoin de renouer.

4:45
Fabien Roussel

Là, si on ne fait rien, on va être dans une spirale descendante. Comment vous faites ? Très simplement, on va tomber dans une décroissance, une récession. Il y a besoin de créer de l'activité, de donner à nos entreprises de l'activité. Relancer l'économie par les salaires, par le pouvoir d'achat. Je vous ai parlé de baisser les factures d'électricité, bloquer les prix de l'essence, augmenter les salaires 5% tout de suite pour tous les salaires inférieurs à 2500 euros net. Indexer les salaires sur l'inflation ou sur le SMIC. Mais en tout cas, que tous les salaires progressent. Et en même temps, aider les entreprises.

Quand je vous dis de baisser les factures d'électricité, quand nous demandons de cibler les êtres aux entreprises, pas pour les plus grosses, pas pour LVMH et compagnie, ils ont assez d'argent, ils n'ont pas besoin d'être publics, elles. Mais par contre, les petites boîtes, on peut les accompagner. Et c'est ce que nous demandons.

5:34
Présentateur

Autre sujet sensible, le projet de loi d'urgence agricole. Il sera examiné à partir d'aujourd'hui à l'Assemblée. Il doit faciliter le stockage de l'eau et les méga-bassines, ce qui est un sujet de fâcherie pour les écologistes. Ou encore l'installation de méga-poulaillers avec un allègement des normes, des obligations. Des règles, est-ce que vous êtes favorable à ce texte ?

5:51
Fabien Roussel

D'abord, je vais attendre que les débats aient lieu, parce qu'entre les différentes commissions, les articles qui ont été enlevés, qui vont être redéposés, moi j'attends de voir à la fin, et je fais confiance à nos collègues députés pour y travailler. Il y a un problème, de toute façon, posé par nos agriculteurs. Moi je suis venu ici avec la facture que paye une agricultrice productrice de lait dans ma commune. Sa facture de gazole non routier, elle a pris 50% en l'espace d'un an. En même temps, le prix du lait que Lactalis lui achète, il baisse. Eh bien, elle, elle a des difficultés.

Le problème, c'est entre la production d'un produit par des agriculteurs, et la vente dans le commerce, il y a une marge qui est réalisée, et les agriculteurs ne voient pas la couleur de cette marge. nous demandons un mécanisme qui répartit la marge de manière équitable, que tout le monde puisse gagner quand il travaille dans l'alimentation.

6:47
Présentateur

C'est ce qui est censé être organisé lors des grandes négociations.

6:50
Fabien Roussel

Sauf que les lois Egalim qui avaient cet objectif, et qui est un bon objectif, eh bien, cet objectif n'est pas rempli. Ça manque de transparence, et ça manque de coercition, ça manque de punition envers ceux comme Lactalis qui ne répartissent pas équitablement la marge réalisée.

7:05
Présentateur

C'est intéressant, vous avez raison de le souligner, mais ce n'est pas du tout ma question. Non, mais c'était ma réponse. Oui, c'est ça, Georges Marchais, on s'en rappelle. Les mégapoulaillers, le stockage de l'eau, vous êtes pour ou contre ?

7:14
Fabien Roussel

Je suis pour que l'on augmente le nombre de volaillers, c'est-à-dire qu'on produise plus de poulet dans notre pays, puisqu'on en consomme plus, mais on en importe 50%. Et d'ailleurs, la question, ce n'est pas tant ça. Ce qui m'agace, c'est qu'on impose des normes à nos producteurs de volailles, de poulet, qui ne sont pas respectées par ceux qui les élèvent à l'étranger et que l'on importe. Si on impose des normes sévères et fermes à nos agriculteurs, il faut faire respecter ces mêmes normes par ceux qui les élèvent en Pologne, en Ukraine et compagnie. Sinon, on ne les importe pas.

7:51
Présentateur

Fabien Roussel, quand on vous insulte, est-ce que vous tendez l'autre joue ? Non, c'est pas non. Allons, non. Je vous pose la question parce que Canal+, a décidé de boycotter les 600 signataires d'une tribune anti-Bolloré et a annoncé qu'elle ne travaillera plus avec les comédiens qui ont signé cette tribune. Juliette Binoche, Jean-Pascal Zadis, Juan Arlo, etc. Vous l'auriez signée, vous, cette pétition ou pas ?

8:12
Fabien Roussel

Je l'aurais signée, mais c'était une pétition adressée à des réalisateurs, des producteurs. Et la réaction du directeur de Canal+, c'est une réaction violente qui porte atteinte à la liberté d'expression. Ce n'est pas une insulte. Ces signataires de pétition n'ont pas insulté Bolloré. Ils contestent juste le fait qu'un des principaux financeurs du cinéma français, qui est aussi le propriétaire de médias, du groupe Relais, d'éditeurs, il conteste Bolloré.

8:43
Présentateur

On peut dire un positionnement clair chez CNews, au journal du dimanche, etc., mais dans la production cinéma de Canal, vous voyez un problème ou pas, honnêtement ?

8:51
Fabien Roussel

La réaction du directeur de Canal est un problème. Pourquoi lui se permet de dire ceux qui ont signé une pétition,

8:58
Présentateur

je ne travaillerai plus avec eux, je ne les financerai plus ? Parce qu'il dit on nous insulte et on n'a pas de raison de financer des gens qui nous insultent.

9:03
Fabien Roussel

Mais donc il montre le vrai visage du groupe Bolloré. C'est-à-dire que c'est comme ça qu'il se comporte. Il suffit qu'on signe une pétition pour qu'il ne finance plus le cinéma, ben bravo, belle réaction, je trouve ça indigne de sa part. Il n'a pas de constance et il perd son sang-froid.

9:20
Présentateur

Il y a un dernier sujet que je voudrais qu'on aborde, il reste quelques secondes. On a été mobilisé par des auditrices, ça concerne une loi adoptée à l'unanimité il y a quasiment un an et demi qui concerne la prise en charge des soins liés au cancer du sein. L'idée c'était qu'il n'y ait plus de reste à charge pour les malades et pour les femmes qui ont besoin d'une reconstruction mammaire ou d'un soutien psychologique. Un an et demi après, rien n'a changé. Pourquoi Fabien Roussel ? On a l'impression que les députés s'amusent à voter des lois et qu'il ne se passe rien derrière.

9:44
Fabien Roussel

Vous avez entièrement raison, c'est la raison pour laquelle on lance une pétition ce matin avec mon collègue Yannick Monnet et Katia Pourceau puisque ce texte, j'en suis à l'origine, je l'ai défendu à l'Assemblée nationale, il a été voté à l'unanimité, il a été promulgué le 25 février 25, il a été promulgué il y a plus d'un an, voter à l'unanimité au Sénat et à l'Assemblée nationale, c'est une mesure de justice que le gouvernement publie les décrets tant attendus pour que le reste à charge des femmes atteintes du cancer du sein soit balayé et qu'aujourd'hui elles puissent se soigner sans avoir à débourser.

10:20
Présentateur

C'est peut-être la première question qu'il faudrait poser à Sébastien Cornu même si ce n'est pas le sujet de sa conférence de presse jeudi en tout cas. Merci beaucoup Fabien Roussel. Disons, vous avez beaucoup maigri, ça me rappelle un peu François Hollande avant une campagne électorale, ça veut dire que vous êtes candidat ?

10:31
Fabien Roussel

Ça veut dire juste qu'en faisant du sport et en changeant un peu son alimentation, on perd du poids et on se sent mieux et je me sens super bien comme ça. Et donc Jean-Marc,

10:38
Présentateur

vous allez répondre à une question aujourd'hui quand même ou pas ? Mais ça n'a rien à voir

10:41
Fabien Roussel

avec les élections, c'est une question de santé et je me sens super bien. Voilà.