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Conférence de presseRassemblement National (sur YouTube)· 25 février 2014 9 minAutoproduitActualité / polémiqueAgriculture & alimentationEurope & internationalÉconomie & entreprisesSécurité

Conférence de presse Marine Le Pen au Salon Agriculture 2014

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

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  • 0:26Invité politiqueChiffre
    « Pour l'agriculture de 88, notre pays comptait 1 million d'exploitations agricoles, celui de 2010 n'en dénombrait plus que 500 000 »
  • 1:41Invité politiqueFait
    « C'est le résultat logique du cycle engagé au début des années 90 avec la naissance de l'OMC »
  • 2:21Invité politiqueFait
    « Je veux parler des négociations secrètes du traité de libre-échange transatlantique que M. Hollande encourageait encore avec enthousiasme lors de sa raisonne visite aux Etats-Unis »
  • 2:31Invité politiqueFait
    « Objectif, supprimer les dernières barrières douanières mais surtout aligner les normes de production de part et d'autre de l'Atlantique »
  • 3:13Invité politiqueFait
    « Les farmeurs américains sont plus généreusement et plus efficacement aidés par une politique agricole »
  • 3:20Invité politiqueFait
    « Le Farm Bill, d'essence protectionniste, est soit dit en passant totalement contraire aux accords de l'OMC »
  • 7:51Invité politiqueChiffre
    « En 2009, 7000 plaintes. En 2014, 10500 plaintes »
  • 8:14Invité politiqueFait
    « les agriculteurs se retrouvent même parfois à retrouver leur cheptel débité, sur pied, dans les chambres »

Temps de parole

  • Marine Le Pen100 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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Marine Le Pen

Je viens faire une déclaration d'amour aux agriculteurs français et une déclaration de guerre au marché transatlantique. Car je pense que ce marché transatlantique est la mort programmée de l'agriculture française, soutenue et impulsée par l'UMPLPS. Nous allons nous battre de toutes nos forces contre cet accord de libre-échange et cette bataille-là, elle se mènera au Parlement européen. Pour l'agriculture de 88, notre pays comptait 1 million d'exploitations agricoles, celui de 2010 n'en dénombrait plus que 500 000 et pour bon nombre d'entre elles, vous le savez, dans une situation financière inquiétante.

Avec la moitié de nos fermes, la souveraineté alimentaire est aussi passée aux oubliettes. Aux filières structurées procurant traçabilité, stabilité des prix et emplois sur des bassins de taille raisonnables a succédé l'agroalimentaire mondialisé qui conçoit à la bouffe comme une vulgaire basket, une sorte de kit dont les ingrédients bas de gamme proviennent d'un nombre toujours plus grand de pays. Du poulet brésilien à l'huile ukrainienne, aux patates polonaises et aux concentrés de tomates marocaines, le tout habilement marquetté en poulet basquets dans les rayonnages toujours plus vastes des supermarchés.

Le producteur dans tout ça, condamné à faire toujours plus avec moins s'il veut survivre encore quelques années de plus. Le consommateur, il lui est tout simplement impossible de savoir vraiment ce qu'il consomme puisque l'Union Européenne a pris soin d'éliminer toute référence au pays d'origine de l'immense majorité des denrées alimentaires. Ce triste bilan ne doit rien au hasard. C'est le résultat logique du cycle engagé au début des années 90 avec la naissance de l'OMC et la soumission de la politique agricole commune à ses critères.

Fin des aides directes à la production, dérégulation des prix et des marchés à terme, de production de matières premières agricoles, baisse des droits de douane. A l'époque, nombre d'agriculteurs ont manifesté contre ce qu'ils voyaient comme une condamnation à plus ou moins long terme. Marginalisés, dénoncés comme des privilégiés, ils n'ont bien entendu pas été écoutés et c'est regrettable parce qu'ils avaient raison. L'ultime phase de ce cycle dévastateur s'écrit en ce moment même à l'abri des regards. Je veux parler des négociations secrètes du traité de libre-échange transatlantique que M. Hollande encourageait encore avec enthousiasme lors de sa raisonne visite aux Etats-Unis.

Objectif, supprimer les dernières barrières douanières mais surtout aligner les normes de production de part et d'autre de l'Atlantique afin de donner naissance à la plus vaste zone de libre-échange du monde. Réfléchissons un instant. Le libre-échange total institué au sein de l'Union européenne a depuis longtemps tourné au dumping systématique. Un désastre pour nos agriculteurs qui produisent avec des coûts qui sont parmi les plus élevés du monde. Ajoutons à cela que la PAC ne les protège pas efficacement en cas d'effondrement des cours. Étendre ce marché à un partenaire qui est aussi l'un de nos plus gros concurrents est tout simplement criminel.

Les farmeurs américains sont plus généreusement et plus efficacement aidés par une politique agricole. Le Farm Bill, d'essence protectionniste, est soit dit en passant totalement contraire aux accords de l'OMC. Il bénéficie à l'export d'une monnaie plus faible que la nôtre et dans une majorité de filières, en particulier dans l'élevage, de coûts de production nettement inférieurs aux nôtres. Trois points pour les farmeurs, zéro pour nos agriculteurs. Et nous ne parlons pas des OGM, des poulets à la javel et des picouces d'hormones dont ils n'ont absolument pas l'intention de se passer. Ce projet est une condamnation à mort pour l'immense majorité de nos agriculteurs.

Il doit être débattu en toute transparence et non imposé à coup de mandats de négociation exclusifs de la Commission européenne. C'est d'ailleurs la méthode qui avait été imposée lors des accords de l'OMC en 1994 dont je parlais tout à l'heure et dont nous connaissons les tristes conséquences. Un déni de démocratie parfaitement ce qu'en l'a eu qui fait honte au gouvernement européen qui le cautionne. Une situation finalement assez grotesque puisque ce débat chez nous interdit a déjà eu lieu aux Etats-Unis, y compris au sein de la majorité démocrate de M. Obama.

En France, c'est nous, le Front National, qui imposerons ce débat, qui nous battrons contre ce traité assassin et que les choses soient claires, nous serons les seuls à le faire. Les nombreux élus que nous enverrons en mai prochain au Parlement européen mèneront bien entendu cette fronde, cette guerre, comme ils continueront à lutter contre la directive détachement des travailleurs, à dénoncer les effets délétères d'une PAC inadaptée et dangereuse, à se battre contre les turpitudes d'une Commission européenne qui s'acharne à refuser la traçabilité et à imposer les OGM et la malbouffe à un peuple français qui n'en veut pas.

Les agriculteurs français ne doivent pas se bercer d'illusions, c'est la survie de l'immense majorité d'entre eux qui est actuellement en jeu, que ceux qui en doutent se renseignent un peu, des plaines d'Ukraine, aux champs de soja d'Amérique du Sud, partout où les financiers et les multinationales de l'agrobusiness règnent sans partage, est née une agriculture sans agriculteur. En haut, une poignée de milliardaires, en bas, l'innombrable main-d'oeuvre sous-payée d'un nouveau servage. Qui dans notre pays peut accepter que l'on nous impose un tel avenir ? Qui peut un seul instant songer que ce modèle est compatible avec l'agroécologie tant vantée par le ministre de l'Agriculture ?

L'agroécologie à l'assaut socialiste, tout le monde a compris qu'il s'agissait d'un leurre destiné à masquer l'appui de ses dirigeants au traité transatlantique, à faire oublier la coupable complaisance du gouvernement envers une grande distribution toujours plus brutale avec les producteurs et à détourner les regards d'une PAC inefficace. Oh, je vois bien ce qui va se passer. Monsieur Le Folle va nous bâtir quelques fermes modèles, les montrer avec les caméras, chanter leurs louanges, puis lui ou ses successeurs retireront l'échelle sous les pieds de l'immense majorité des autres agriculteurs dans l'indifférence générale, peut-être même sous les applaudissements d'une poignée d'extrémistes.

C'était des ringards, des mangeurs de subventions, d'affreux pollueurs diront-ils, et tant pis si le modèle qui prendra leur place, celui de l'agriculture sans agriculteurs, nous ruinera tout autant en polluant plus encore. Voilà le message, mes chers amis, essentiel, que nous voulions passer lors de ce Salon de l'Agriculture, vent debout contre ce traité transatlantique, que nous allons combattre de toutes nos trames, de toutes nos forces, aidées en cela, je le crois, par des milliers d'agriculteurs qui comprennent bien qu'il s'agit pour le gouvernement français d'opérer à leur égard une euthanasie pure et simple.

Permettez-moi quand même quelques mots aussi sur les OGM, car ceux qui vendent l'Union Européenne n'ont eu de cesse de nous expliquer qu'elle était très démocratique. Regardez, il n'y a qu'à voir le Parlement Européen. Merci, on a vu, le Parlement Européen a voté contre les OGM et la Commission a imposé les OGM. Voilà. Bon, ça, c'était pour ceux qui avaient encore l'espérance que tout ce système, cette Union Soviétique Européenne, fonctionnait encore sur un mode démocratique. Je voulais également dire quelques mots de l'insécurité que vivent les agriculteurs, et notamment de la multiplication des vols. En 2009, 7000 plaintes. En 2014, 10500 plaintes.

Il y a donc une explosion des situations de vols dont sont victimes les agriculteurs. Alors, du vol de matériel, on vole les tracteurs, on vole les récoltes, et on vole même le bétail sur pied, parfois dans des conditions terrifiantes, puisque les agriculteurs se retrouvent même parfois à retrouver leur cheptel débité, sur pied, dans les chambres. Étant entendu que de nombreuses plaintes ne sont pas déposées, car les agriculteurs ne sont bien souvent pas assurés pour ce qui leur est volé à l'extérieur.

C'est une situation qui commence à être véritablement très inquiétante, et auxquelles, là encore, les services publics ne répondent pas, les politiques ne veulent pas répondre, car ça met en cause bien souvent, bien sûr, ces mafias venant de l'étranger, et auxquelles le gouvernement, face auxquelles le gouvernement n'a absolument aucune solution, puisque nous n'avons plus de frontières. Bon, attention à ce que tout ça ne tourne pas mal, quand même, parce qu'il va y avoir à un moment donné un phénomène de ras-le-bol, qu'on pourra comprendre chez les agriculteurs, qui ont le sentiment que les pouvoirs publics traitent ça avec pas mal de mépris. Voilà.