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interviewFrance Inter — Questions politiques· 2 juillet 2023 55 min

Olivier Véran dit ressentir "énormément de colère" après l'attaque du domicile du maire de L'Haÿ-les-Roses

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Invité

France Inter

0:00
Présentateur

Bonjour, bonjour et bienvenue dans Question Politique, le rendez-vous politique du dimanche midi à la radio sur France Inter, à la télévision sur France Info et en partenariat avec le journal Le Monde. Et pour la dernière émission de la saison, nous recevons le porte-parole du gouvernement dans un contexte de très grande tension dans notre pays. Cinq nuits de violences urbaines, d'émeutes, perpétrées par des jeunes, voire des très jeunes, descendus dans les rues de nombreuses villes et de quartiers de notre pays après la mort de Naël abattu à bout portant par un policier.

La présence massive des forces de l'ordre a pu faire un peu retomber les tensions, mais après les pillages de magasins, la destruction de biens publics, d'écoles, de mairies, de médiathèques, des pompiers ou des policiers pris pour cible, ou comme cette nuit, la famille du maire de Lailé-Rose qui a échappé au pire, quelle doit être la réponse de l'État ? A court terme, mais aussi à long terme, ces questions et bien d'autres, nous allons les poser au porte-parole du gouvernement et ministre chargé du Renouveau démocratique, Olivier Véran est l'invité de Question Politique.

1:04
Invité

Thomas Négaroff sur France Inter

1:07
Présentateur

Bonjour Olivier Véran. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation. Pour vous poser des questions, je serai évidemment accompagné de Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions. Bonjour Nathalie. Bonjour à tout le monde. Bonjour Françoise Fressos du Monde. Bonjour Thomas, bonjour à tous. Et aujourd'hui Laurence Perron du service politique de France Inter. Bonjour Laurence. Bonjour, bonjour à tous et toutes. Alors je commence évidemment Olivier Véran avec l'attaque du domicile de Vincent Jean Brun, maire LR de Lailé-Rose, la sous-préfecture du Val-de-Marne. Sa femme et ses jeunes enfants, 5 et 7 ans, étaient dans la maison.

Le parquet, on l'a appris ce matin, a retenu la qualification de tentative d'assassinat. Est-ce que pour vous, une étape a été franchie cette nuit ?

1:44
Vincent Jeanbrun

Vous savez pourquoi la famille de Vincent Jean Brun, le maire de Lailé-Rose, a été attaqué ? Pourquoi le maire de Charleville-Mézières, Boris Ravignon, a subi une agression ? Pourquoi des dizaines d'élus ont été la cible des pillards encore cette nuit ? Parce qu'ils constituent un rempart pour la République face au pillage et face au désordre. Ce n'est pas anodin. A l'heure où la maison du maire était attaquée, avec à l'intérieur sa femme et ses deux enfants en bas âge, le maire était quant à lui dans sa mairie, aux côtés des forces de sécurité intérieure, aux côtés des pompiers, aux côtés des responsables associatifs. Pourquoi est-ce qu'il y était le soir si tard ?

Justement pour éviter les exactions, pour éviter la violence, pour vérifier que tout était mis en place, pour garantir la sécurité de ses concitoyens. Donc c'est évidemment énormément de colère ce matin, une émotion très vive. J'envoie au maire, à sa famille, à ses proches, aux habitants de la commune, évidemment tout le soutien du gouvernement, et je leur dis que la République leur est reconnaissante, et qu'elle est et qu'elle restera à leur côté.

2:47
Intervenant

D'après vous, on est passé d'une forme d'émotion, suite à la mort du jeune homme Naël, à quelque chose qui ressemble plus à de la délinquance ou du droit commun, en raison des pillages, où on garde une espèce de mélange entre les deux.

3:00
Vincent Jeanbrun

Il y a déjà eu des mouvements dans la France, en Europe, dans le monde, de revendications politiques. Il y a eu des marches, avec des messages politiques. Parfois des marches qui pouvaient être émaillées, ça ou là, de violences, mais contenues. Ici, il n'y a pas de message politique. À travers les pillages qui sont réalisés la nuit, quand vous allez dévaliser un footlocker, un Sephora, un magasin Lacoste ou un magasin de téléphone portable, ce n'est pas un message politique qui est envoyé. Ne nous trompons pas là-dessus. C'est clairement du pillage. C'est du pillage qui a lieu encore cette nuit dans une centaine de communes de notre pays.

Alors, il y a eu moins de scènes de violences cette nuit. Je crois qu'il y a eu à peu près deux fois moins de bâtiments incendiés, deux fois moins de véhicules incendiés. Mais enfin, il y a plus de 700 personnes interpellées. Et à l'heure à laquelle on se parle, les services de la justice de notre pays sont totalement mobilisés pour des comparutions immédiates. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que quand les policiers attrapent quelqu'un la nuit dans une boutique en train de piller, ou un mortier à la main, ou une pierre à la main, ou une barre de métal à la main, cette personne passe la nuit en garde à vue, et le lendemain ou le surlendemain, elle passe devant un juge.

Et que nous apportent les enseignements des premières comparutions immédiates ? Il y a eu une vingtaine de cas qui ont été présentés dès avant-hier en Ile-de-France. La plupart ne sont pas rentrés chez eux. Ils ont eu à leur rencontre une peine de prison ferme avec des fermements immédiats. C'est important que les Français l'entendent. C'est important qu'ils sachent que ces actes répréhensibles sont réprimés, punis, avec une très grande sévérité. Et la circulaire de politique pénale prise par le garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti, appelle à cette fermeté à travers ces dispositifs de comparution immédiate.

Ce qui est particulièrement réalisé dans la période, au cours de cette semaine, c'est que les gens ne sont pas amenés à rentrer chez eux après une garde à vue pour être convoqués quelques semaines ou quelques mois plus tard. La comparution immédiate, ça veut dire qu'ils ne rentreront chez eux que lorsqu'ils auront purgé la peine pour laquelle ils auront été condamnés.

Et quand on parle de 729 personnes qui ont été arrêtées cette nuit, plus de 1000 personnes la nuit dernière, il faut vraiment que les gens qui nous écoutent et nous regardent comprennent que ça veut dire qu'il y a des centaines de ces personnes qui ont commis des délits graves qui vont payer pour ces délits, pas demain, pas dans un an, immédiatement.

5:12
Locuteur non identifié

Olivier Véran, vous disiez qu'il n'y avait pas de message politique pour être allé dans les quartiers et notamment les quartiers de Seine-Saint-Denis. Si, les murs sont remplis de slogans qui demandent la tête de Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, qui incrimine la police, qui incrimine aussi une certaine forme d'abandon de l'État. Il y a effectivement les deux mouvements

5:31
Vincent Jeanbrun

qui coexistent en ce moment. Je vais faire la différence entre les deux. Moi, je n'appellerais pas ça un mouvement, les scènes de pillage auxquelles on assiste la nuit dans notre pays. Il y a un mouvement de colère, de détresse, évidemment. Et la mort du jeune Naël est évidemment un drame humain qui appelle des réponses de la justice et la personne qui est soupçonnée d'avoir exercé l'ordre de la mauvaise manière est toujours, à l'heure à laquelle on se parle, derrière les verrous. Et s'il y a lieu, il sera jugé et condamné pour cela.

Il y a de l'émotion, évidemment, qui d'ailleurs n'est pas cantonnée au quartier qui traverse tout le pays parce qu'un jeune de 17 ans a trouvé la mort de manière brutale. Ça, je le reconnais, évidemment. Mais ce qui se passe la nuit... Regardez les minutes qui ont été publiées dans certains journaux lors des fameuses comparutions immédiates de jeunes qui ont été attrapés la main dans le sac la nuit dans nos villes. Aucun n'a parlé de Naël. Aucun ne s'est revendiqué de Naël. Donc, ne faisons pas la comparaison entre les deux. C'est presque faire injure au mouvement d'émotion qui a pu traverser et qui traverse encore au moins une partie de notre pays.

6:35
Locuteur non identifié

Et qui dit autre chose aussi sur la situation des quartiers populaires.

6:38
Vincent Jeanbrun

Mais la situation des quartiers populaires, moi, je veux bien qu'on en parle. C'est important d'en parler. D'abord, important d'en parler... Et d'apporter des réponses, peut-être aussi. Justement, il faut parler de réponses. Je suis porte-parole du gouvernement. Je vais en profiter. Depuis 2017, nous avons agi et nous continuons d'agir pour les quartiers populaires de notre pays. Le président de la République, la semaine dernière, était à Marseille. Le président de la République, la semaine dernière, a fait des annonces pour le plan Quartier 2030. C'était avant le drame de Naël. Qu'est-ce qu'il a annoncé ?

Il a annoncé qu'on allait permettre à des enfants dans les quartiers populaires d'être à l'école dès l'âge de deux ans. Parce que parfois, trois ans, c'est trop tard. Et moi qui suis grenoblois, je connais ce dispositif et ça aide énormément d'enfants et de familles. Il a annoncé qu'il voulait que d'ici à la fin du quinquennat, les enfants, les collégiens puissent rester de 8h à 18h au collège.

C'est une véritable révolution pour permettre d'éviter à des enfants Il a annoncé que nous allions encore amplifier cet incroyable mouvement de reconstruction de l'habitat urbain des zones, des quartiers, des banlieues qui est quand même, excusez-moi du peu, à l'heure à laquelle on se parle, il y a 1700 projets d'urbanisme qui sont en cours dans les quartiers populaires de notre pays. C'est-à-dire qu'on détruit ces barres infâmes dans lesquelles sont entassées des familles dans des conditions souvent insalubres pour reconstruire des logements plutôt de type pavillonnaire dont on sait très bien qu'ils permettent de restaurer de la sécurité dans les lieux où ils sont concernés.

Vous avez l'éducation, vous avez l'urbanisme. Parlons de l'emploi. Qu'est-ce que nous faisons depuis 5 ans ? Nous permettons à des jeunes des quartiers populaires d'accéder à de l'apprentissage. On a multiplié par 3 le nombre d'apprentis. Mais pardon, ça veut donc dire que c'est incompréhensible ce qui se passe pour vous ? Je réponds à la question qui m'est posée de savoir s'il faut des réponses pour les quartiers populaires. Je ne voudrais pas laisser à penser qu'on serait en train aujourd'hui de développer des réponses de pauvreté et qu'il y aurait des inégalités dans les quartiers. Bien sûr qu'elles existent et nous luttons d'arrache-pied contre ces inégalités.

Je vous rappelle que c'est nous qui avons dédoublé les enseignants. Donc je vous repose ma question. Est-ce que les écoles sont les quartiers populaires rep et rep plus ? Est-ce qu'il y a une prime de 3 000 euros pour les enseignants qui font ce travail difficile d'aller en éducation ? Est-ce que donc

8:43
Présentateur

ça veut dire que vous ne comprenez pas ce qui se passe, qu'il y a une forme d'ingratitude dans les quartiers par rapport à une action qui selon vous est vertueuse

8:49
Vincent Jeanbrun

depuis 6 ans ? Paris ne s'est pas construite, Rome ne s'est pas construite en 3 jours et les quartiers populaires de notre pays qui ont bâti de décennies, de décennies parfois d'abandon ou de politiques inadaptées ne seront pas reconstruits, rebâtis, refondés en 3 ans. Personne ne peut dire cela. Ce que je veux vous dire et ce que je veux dire aux personnes qui nous écoutent c'est que les moyens nous les mettons à disposition et nous les mettons à disposition avec une boussole, lutter contre les inégalités et les casser à la racine.

C'est le président de la République qui lorsqu'il a présenté le plan pauvreté en 2018 a reconnu lui-même qu'en France, dans un pays comme la France, quand on est pauvre, il faut 6 générations pour sortir de la pauvreté. Toute l'action que nous menons c'est pour permettre à ces jeunes demain d'avoir un emploi, de se sentir parfaitement, totalement appartenant à la République et d'avoir des familles qui vivent dans des logements dignes.

Nous faisons, nous menons ce travail et parmi les bâtiments qui sont saccagés dans les quartiers populaires, vous avez justement des complexes culturels, des complexes sportifs, des complexes éducatifs qui ont été construits sous notre mandature de manière à permettre d'extraire ces jeunes de la misère dans laquelle nous les avons trouvés en arrivant.

9:50
Invité

Le fait générateur, ça a été quand même cette bavure policière qui est dans un contexte où on a un affrontement de plus en plus vif dans ces quartiers entre la police et les habitants. Avec derrière aussi le trafic de drogue qui était quand même le grand non-dit du problème. Comment est-ce qu'on sort de ça ? Est-ce qu'il faut revoir le fonctionnement de la police ? Est-ce qu'il faut faire une police républicaine comme le dit Mélenchon ? Quelle est votre analyse ? Revenue sur la loi de 2017

10:16
Locuteur non identifié

sur le refus d'obtempéries.

10:17
Vincent Jeanbrun

Je voudrais qu'on remarque ensemble quelque chose. Alors qu'on parle de violences urbaines d'intensité parfois inédite selon les endroits. Alors que ces violences ont lieu chaque nuit depuis plusieurs nuits maintenant. Alors qu'il y a 45 000 forces de l'ordre, gendarmes et policiers mobilisés sur tout le territoire national. Est-ce que vous entendez parler de bavure ? C'est-à-dire que moi je salue le professionnalisme, le sang-froid, la mobilisation des forces de sécurité, mais aussi des pompiers, mais aussi des douaniers qui font un gros travail en ce moment en particulier, mais aussi des associations, des médiations, des familles, des élus locaux.

Tout le monde est mobilisé pour que nous puissions sortir de cette séquence avec le plus rapidement possible, avec la plus grande fermeté, la plus grande réactivité, la capacité d'anticiper et en même temps d'éviter des drames humains.

11:04
Intervenant

Il n'y a pas de problème entre les quartiers et leur police ? Est-ce que, oui ou non, certains policiers ont dit qu'on leur avait conseillé de ne pas bouger la nuit suivante et la nuit après de manière à ne pas en rajouter ou mettre de l'huile sur le feu ? Est-ce qu'en gros, après la mort de Naël, on a dit, écoutez, il faut mieux laisser brûler. Ce qui compte, c'est les gens, ce n'est pas les biens et que c'est pour ça qu'on a assisté à ces scènes des pillages de guerriller.

11:27
Vincent Jeanbrun

Ce n'est pas tous les jours qu'on a 700 ou 1000 arrestations en une nuit dans notre pays. Ce n'est pas quelque chose de commun. Est-ce qu'il montre que l'action des forces de sécurité, elle est déterminante et déterminée ? Donc non, évidemment que nous maintenons l'ordre et d'ailleurs, le gouvernement reste totalement mobilisé. La première ministre était avec le ministre de l'Intérieur à la préfecture de Paris cette nuit, puis au centre de commandement pour vérifier que les opérations se passent dans les meilleures conditions possibles.

Des conditions qui, je le dis, sont parfois dantesques pour les forces de l'ordre qui font face, vous l'avez vu, à des assauts, parfois des assauts assez coordonnés d'ailleurs. Moi, j'ai appelé à la suite de la nuit terrible qui s'est passée par exemple à Grenoble qui est ma ville, j'ai appelé le maire, le préfet, de nombreux commerçants et associations pour essayer de comprendre comment les séquences étaient organisées. Il y avait des choses qui répondaient clairement à des schémas d'organisation avec une première ligne qui cassait les vitrines, une deuxième ligne qui vidait les boutiques et qui stockait quelque part le matériel et une troisième ligne qui embarquait en voiture.

Il y a des choses, vous savez, quand vous êtes force de sécurité, vous devez d'abord protéger les gens et à commencer d'ailleurs par les émeutiers eux-mêmes qui doivent être protégés d'eux-mêmes. On a tous en tête ces images qu'on a pu voir avec des jeunes qui font n'importe quoi et qui vont renverser ici un poteau qui se lui prenne dans la tête et qui a manqué de tuer un autre émeutier. Donc, on doit aussi protéger ces jeunes vis-à-vis d'eux-mêmes. On n'est pas dans Sa Majesté des Mouches, en fait. Vous voyez, ce roman où les ados prennent le contrôle faute d'adultes.

Mais pourtant, et pourtant, force est de constater et le garde des Sceaux l'a très bien dit, le président de la République l'avait dit lui-même, qu'il y a un enjeu éducatif aussi, l'enjeu du rôle des parents. Moi, je ne comprends pas, je vous le dis, j'ai des enfants, je ne comprends pas que des enfants de 12 ans, il y a encore des enfants de 12 ans qui ont été arrêtés cette nuit, puissent être à 3h du matin au cœur d'une ville, très loin de chez eux, une barre de métal à la main. La responsabilité parentale, elle doit être aussi exposée, interrogée. D'ailleurs, le garde des Sceaux l'a dit dans sa circulaire...

13:19
Intervenant

Il y a aussi souvent parce qu'on est très souvent confronté à des femmes qui élèvent seules leurs enfants et qui en ont beaucoup et qui sont débordées.

13:25
Vincent Jeanbrun

Je vous dis qu'un enfant de 12 ans n'a pas les codes, en fait. Il est sous l'autorité de ses parents, il est sous l'autorité, il doit être sous l'autorité de ses parents. Il y a une responsabilité des parents qui a été rappelée dans la circulaire de politique pénale du garde des Sceaux et qui peut aller jusqu'à une peine d'emprisonnement et des amendes très importantes s'il n'y a pas d'exercice de l'autorité parentale sur ces gosses.

13:46
Locuteur non identifié

Vous n'avez pas répondu sur la police. Est-ce qu'il y a un problème des quartiers populaires avec la police et est-ce qu'à un moment donné, il faudrait pourquoi pas envisager de revenir à ce qui avait été mis en place à un moment donné, la police de proximité, une police qui soit plus acceptée par les habitants de ces quartiers ?

14:01
Vincent Jeanbrun

D'abord, qu'avons-nous trouvé en 2017 ? Je le rappelle quand même. La police de proximité avait été retirée des quartiers populaires. Il n'y avait plus de proximité entre les habitants, les jeunes et la police. Dans la circonscription grenobloise, j'ai des quartiers populaires où il y avait auparavant de la présence policière, elle n'existe plus. Nous avons restauré de la présence policière. Nous avons recréé du lien entre les associations, les médiations sociales et les forces de sécurité.

Et le président de la République a encore annoncé la semaine dernière l'arrivée de ce qu'on appelle ces forces de reconquête républicaines qui permettent justement de faire le lien entre les forces de sécurité intérieure, le milieu associatif, le milieu de l'emploi, les familles dans l'ensemble des quartiers populaires.

14:43
Invité

Et puis, pardon,

14:44
Vincent Jeanbrun

un autre point qui est important, il ne suffit pas de parler quand on parle de service public de sécurité, même si quand vous posez la question aux familles qui visent dans ces quartiers, moi je le fais régulièrement. La première chose dont ils me parlent, c'est l'insécurité dont ils sont les premières victimes. Le trafic, c'est eux qui le subissent. L'insécurité, les violences, les règlements de comptes, c'est eux qui les subissent. Et en ce moment, la destruction des biens publics, c'est eux qui en sont les victimes. C'est leur voiture qui brûle, dont ils ont besoin pour aller au travail.

Et donc, nous avons aussi restauré de la présence de service public, 450 maisons France-Service dans les quartiers populaires de notre pays pour justement dire à ces populations vous avez exactement les mêmes droits face à la République, dans la République. Mais la loi de 2017, vous n'avez pas répondu

15:24
Locuteur non identifié

juste sur la loi de 2017.

15:25
Présentateur

On va y arriver. Mais pour être clair, depuis le début de l'émission, vous nous avez dit c'est très politique d'aller frapper des maires puisque c'est eux qui sont vraiment en première ligne donc il y avait un geste politique dans ce qui se faisait. Non, ce n'est pas politique. Après, vous nous avez dit frapper un maire

15:39
Vincent Jeanbrun

n'est pas un geste. Ce qui s'est passé, c'est pas un geste politique de trois parents. Attaquer la voiture, attaquer à coups de voiture bélier et tenter d'incendier la maison de la famille d'un maire, c'est une tentative d'assassinat. Ce n'est pas un fait.

15:52
Locuteur non identifié

Symboliquement, on s'attaque à un élu.

15:54
Vincent Jeanbrun

Ce n'est pas le symbole en fait. Moi, je considère que parce que le maire fait son travail, parce qu'il est présent aux côtés des forces de sécurité, parce qu'il les empêche de faire n'importe quoi, c'est pour ça qu'il le punit. Ce n'est pas en raison de l'appartenance à la République ou l'étiquette politique qu'il porte. Nous, nous considérons que le maire a un rôle politique majeur et qu'il est un rempart de la République. Mais si vous posez la question à ces jeunes, ils ne vous diront pas qu'ils ont fait un geste politique. Ils vous diront qu'on avait envie de punir le gars qui nous empêche de faire du trafic au quotidien et on a profité de la nuit pour aller s'en prendre à sa famille.

D'accord. Et donc, brûler une école, c'est politique ? Ce n'est pas politique pour vous ? Mais, vous savez, il s'attaque, il y a une partie de ces jeunes qui se sont attaqués effectivement à des écoles, parfois même à des équipements sportifs qu'ils vont pourtant utiliser au quotidien. Je laisse, pardonnez-moi... C'est quoi ?

16:37
Présentateur

C'est du nihilisme ? C'est quoi votre analyse à vous ?

16:40
Vincent Jeanbrun

Je ne suis pas dans la phase d'analyse sociologique de ce qui peut se passer. D'abord, je ne suis pas sociologue et il y a des gens qui sont très bien, qui apporteront des réponses. Vous pouvez expliquer et s'excuser ? Déjà, on voit... Ce n'est pas ça. L'heure à laquelle on se parle, vous voyez, il y a 45 000 policiers et gendarmes qui sont mobilisés. Le gouvernement est totalement mobilisé pour assurer la sécurité de l'urgence qui nécessite toute notre mobilisation et toute notre attention. Il y a des sociologues néanmoins qui commencent à décrire ce qui a pu changer par rapport à 2005. Et les choses qui sont différentes par rapport à 2005.

17:10
Invité

Plus jeunes, plus violents et réseaux sociaux.

17:12
Vincent Jeanbrun

Plus jeunes, plus violents. Alors après, qu'est-ce qui s'est aussi passé ? Peut-être que ces jeunes, ils ont aussi été exposés à des images de pillage des villes dans le mouvement des Gilets jaunes lorsque c'était violent dans les centres-villes ou lors de certaines manifestations qui ont dégénéré avec les Black Blocs. Des images auxquelles ils ont été exposés où ils ont peut-être eu le sentiment qu'en fait, casser un centre-ville, détruire, ça pouvait se faire. Eh bien non, ça ne se fait pas. Et la justice est là pour leur rappeler que ça ne se fait pas. Il y a aussi certaines images de jeunes qui tentent de reproduire dans la vie réelle ce qu'ils voient dans la vie virtuelle.

Je vous rappelle que l'un des jeux à la mode, c'est un jeu dans lequel vous devez faire du carjacking, prendre le volant d'une bagnole que vous avez donc volée et aller écraser des piétons et vous gagnez des points pour ça. Et puis si vous tirez sur des policiers, vous avez encore plus de points. Ça existe depuis toujours. Non mais attendez, je vous dis juste qu'il y a une partie de déréalisation où on ne sait plus si vous n'avez pas de repères, que vous êtes un gamin, que vous n'avez pas de modèle éducatif et que vous passez votre journée à prendre du plaisir et à gagner des points, c'est-à-dire qu'un phénomène lucratif à tuer, à tirer sur des flics ou à écraser des piétons.

Je veux dire, en termes de repères, c'est quelque chose qui déboussole et qui est peut-être aussi un peu nouveau par rapport à avant. Peut-être que c'est une partie de l'explication de l'âge extrêmement mineur de nombreux auteurs de ces défis. Il se dit aussi

18:27
Locuteur non identifié

que les retraites ont été perdues pour ceux qui se battaient contre cette réforme des retraites parce qu'il n'y a pas eu assez de violence et que les Gilets jaunes, eux, l'ont obtenu en cassant. On entend ça dans les quartiers aussi. C'est-à-dire que pour se faire entendre,

18:39
Vincent Jeanbrun

il faut casser. Sinon, on n'est pas écouté. Encore une fois, vous essayez de ramener ce qui se passe sur le terrain du politique. En tout cas, moi, je ne suis pas d'accord et je l'ai expliqué dès ma première réponse en disant qu'il y a déjà eu des mouvements d'inspiration politique dans notre pays. Vous considérez que ce mouvement n'est pas politique ? Parfois, je vous dis que quand vous avez des bandes de jeunes de 12 ans à 15 ans qui vont voler des baskets dans un magasin footlocker avant de rentrer chez eux et se reposer pour pouvoir reprendre des forces pour le lendemain attaquer une boutique de portable, je ne vois pas le message politique

19:05
Présentateur

qu'il y a derrière. Est-ce que vous y voyez en revanche un signe de ce que le président de la République avait appelé la décivilisation ?

19:10
Vincent Jeanbrun

Encore une fois, vous essayez de m'emmener est-ce que je peux comprendre sur le terrain des conclusions de l'analyse et de la sociologie ? Je ne m'inscrirai pas dans ce raisonnement, en tout cas pas à ce stade. C'est tout de même assez important de mettre des mots sur ce qui se passe. Nous avons eu quelques dizaines de jeunes arrêtés, déférés devant la justice qui ont eu l'occasion d'expliquer quelle était leur motivation.

J'avoue que pour l'instant, les comptes rendus d'audition auxquels nous avons eu accès dans la presse n'ont pas vraiment permis de déterminer ni un message politique ni un message de détresse particulier, mais plutôt des jeunes qui étaient paumés pas si grave d'aller faire ça. Et là, je leur dis, si chez vous, on ne vous explique pas que c'est si grave de faire cela, eh bien c'est la police et la justice de notre pays qui le fera.

19:49
Invité

Alors vous défendez beaucoup le comportement de la police et de la justice et en matière de police, on a quand même vu apparaître un communiqué signé par l'UNSA Police et par Alliance parlant de hordes sauvages, de nuisibles, de chien-lits subis depuis des décennies. Les policiers sont au combat quand nous sommes en guerre. Demain, nous serons en résistance et le gouvernement devra en prendre conscience. Quand vous avez découvert ce communiqué, quelle a été votre réaction ?

20:16
Vincent Jeanbrun

D'abord, je ne pense pas que ça traduise la pensée générale de la police et je crois que le syndicat en question a eu l'occasion de s'expliquer hier et de revenir un peu sur l'intensité des termes qui sont utilisés. Moi, je ne considère pas qu'on est ou qu'on sera jamais en guerre contre des gamins de 12 ans. La République n'est pas en guerre contre des citoyens français, d'autant plus... Encore plus quand ils sont... Non, mais je dis 12 ans parce que vous voyez bien qu'on n'est pas là dans un mouvement adulte coordonné avec une conscience politique aiguë qui vise à envoyer à l'État un message en vue d'avoir une politique publique derrière.

Personne ne peut considérer aujourd'hui que ce soit ça le fond de la chose. Est-ce que ça vous rassure ?

20:53
Présentateur

Le côté visible et nuisible des mouvements... Est-ce que ça vous rassure ou ça vous inquiète ça ? Le fait que vous n'y voyez pas un mouvement politique mais plutôt des gens, des gamins perdus, paumés, ça vous rassure ou ça vous inquiète ? Je vous dis que là où il y a

21:08
Vincent Jeanbrun

un défaut éducatif, là où il y a un manque de repères, là où il y a un manque de respect des valeurs républicaines, la République est là pour faire en sorte que ce manque, soit comblé. Bah si, parce qu'on est déjà aujourd'hui, vous avez le mécanisme de sanction, de réparation, vous avez le mécanisme d'explication. Pourquoi ça vous rassure ? Je vous demande si ça vous rassure ou ça vous inquiète le fait de ne pas considérer que ce soit un mouvement politique. J'ai le droit en tant que ministre de ne pas me considérer ni inquiet ni rassuré par ce qu'on est en train et ce que les Français sont en train de vivre et ce que nos commerçants sont en train de vivre.

Je vous redis que l'étape n'est pas celle de l'analyse mais de la restauration de l'ordre républicain.

21:43
Invité

Ah si vous considérez que... Pardon. Non, non, c'est pour terminer sur la police aussi donc vous n'avez aucune inquiétude. Vous considérez qu'au fond, ce communiqué, il faut le banaliser, c'était sous le coup de l'émotion. Il n'y a pas un sujet quand même très fort de relation entre la police et les jeunes des quartiers.

21:59
Vincent Jeanbrun

Je vous dis que dans la période que nous connaissons en particulier, nous avons besoin de soutenir ceux qui nous soutiennent. Nous avons besoin de protéger ceux qui nous protègent. Et je n'ai jamais mis un uniforme et une tenue de police pour au milieu de la nuit me faire attaquer à coups de mortier par des jeunes dont je suis là pour sauver et protéger la vie et la santé avant tout. Donc je n'ai pas de critiques à porter pour cela. Interrogez-moi sur l'exercice de la médecine aux urgences la nuit, je connais bien cela. Et je sais que parfois on peut aussi connaître de la violence, des tensions. Il y en a eu d'ailleurs. Il y en a eu dans les hôpitaux.

Je sais ô combien ce rôle est ingrat, difficile, délicat et comment on peut s'exposer soi-même pour protéger la vie des autres. Donc je vous invite et je nous invite vraiment de tous les côtés d'ailleurs au maximum de modération dans la période. N'utilisons pas non plus des mots qui sont des mots regrettables ou qui ne traduisent pas la réalité des faits.

22:48
Intervenant

Alors justement à propos de mots regrettables, comment est-ce que vous considérez ou analysez la réaction de la classe politique ? Puisqu'on peut quand même dans cette émission faire un peu de politique. Est-ce que vous avez été déçus, inquiets ? Est-ce que vous considérez que les républicains ont eu une attitude digne, le Rassemblement national ? Que ceux qui ont demandé l'état d'urgence ont eu tort et que ceux qui ont considéré qu'ils n'appelaient pas forcément à la calme ou même si après le calme était fractionné en école, enfin chose bien et n'en parlait pas des boutiques, je fais allusion à la France insoumise.

Comment est-ce que vous jugeriez la réaction de l'Assemblée, enfin de toutes les représentants politiques en France ?

23:23
Vincent Jeanbrun

Dans ce moment qui nécessite particulièrement un effort d'unité et de rassemblement, j'ai plutôt tendance à saluer de manière générale pour la très grande majorité la classe politique. Vous me voyez venir quand je dis très grande majorité, c'est que par définition il y a des gens que je ne vais pas saluer. Alors qui par exemple ? Parce que leur comportement n'est pas à saluer. Qui par exemple ? L'extrême gauche. Que je différencie là, je ne parle pas de la NUPES. C'est-à-dire quoi l'extrême gauche ? C'est LFI ? Je vais y venir, je suis en train de vous le dire.

Je ne parle pas volontairement et sciemment de la NUPES puisque au sein de la NUPES il y a des forces politiques, notamment les socialistes, les communistes, qui ont fait preuve de hauteur de vue et de recul, de distanciation et qui je crois s'inscrivent dans la hauteur et l'importance du moment. Et vous avez des élus qui continuent de considérer, je ne sais pas en fait au fond s'ils y croient ou pas. Je ne sais pas si c'est du cynisme total.

24:12
Locuteur non identifié

Et de qui parlez-vous ?

24:13
Vincent Jeanbrun

Je parle de LFI, je parle de M. Mélenchon, de Mme Panot, de M. Mélenchon, des interventions, du refus de condamner la violence. Je parle de ce communiqué, je crois, du nouveau parti anticapitaliste qui appelle à s'associer à toutes les actions qui seraient conduites. Je parle de cette ultra-gauche dont je ne sais pas vous dire, et là aussi, il faudrait que les sociologues se penchent dessus, mais à froid, si ça correspond véritablement à une pensée politique construite ou à du cynisme électoral pur et simple.

Je dis juste que je préfère, dans la période, parce que j'ai appelé à l'unité, me concentrer sur cette majorité d'élus qui ont fait des propositions au débat, qui ont contribué au débat politique et au débat public avec un mot d'ordre, rappel à l'ordre. Après, il y a différentes manières de prôner l'ordre républicain. Moi, je vous dis quelle est notre manière de le faire. Mobiliser des forces de sécurité, mobiliser les élus, nous montrer à leur côté le gouvernement, mobiliser la justice de notre pays, appeler à la responsabilité des parents, modérer, moduler, contrôler les réseaux sociaux quand il le faut, faire péter l'anonymat là où c'est nécessaire de le faire, etc.

Ça, c'est une action qui est une action concrète et qui permet d'enregistrer des premiers résultats. Vous n'avez cité

25:21
Présentateur

que ce que vous appelez l'ultra-gauche. La droite et l'ultra-droite ne vous a pas choqué sur la séquence ?

25:28
Vincent Jeanbrun

Vous savez très bien ce que je pense de l'ultra-droite. Dites-le. Et vous savez très bien ce que je pense de l'ultra-droite en général. Je l'ai suffisamment dit, je vais le redire. Je ne m'inscris pas et je ne m'inscrirai jamais ni dans une forme de commentaire positif ni dans une association d'idées. Dans cette séquence, vous l'avez trouvé plutôt à l'auteur. Je suis opposé à tout. Mais vous savez, dans cette séquence, vous avez pareil du cynisme politique. Vous avez une partie de l'ultra-droite qui considère qu'en fait, le travail est fait à sa place. Elle n'a même pas besoin de parler. C'est ça qu'elle se dit aujourd'hui.

25:55
Intervenant

Quand Éric Zemmour considère en gros que c'est la démonstration...

25:57
Vincent Jeanbrun

Montrons-leur qu'elle a tort à l'ultra-droite. Montrons-leur que notre capacité de nous rassembler, notre capacité de solidarité, notre capacité de force et de cohésion républicaine est aussi une réponse à cette ultra-droite qui voudrait nous diviser pour faire son beurre.

26:11
Intervenant

Je vous parle des forces républicaines

26:12
Vincent Jeanbrun

de notre pays, de droite et de gauche qui sont à la hauteur.

26:14
Intervenant

Oui, ce que dit Thomas. Est-ce que quand Éric Zemmour considère que c'est la preuve par l'image de ce qu'il a dénoncé dans sa campagne ou dans ses livres ? Est-ce que vous ne considérez pas que lui aussi a sa façon ? Mais simplement de l'huile sur le feu. En montant les Français les uns contre les autres.

26:30
Vincent Jeanbrun

Je fais vraiment un distinguo entre deux choses. Il y a ceux qui appellent à ce que les violences s'arrêtent et ceux qui n'appellent pas. Dans le moment dans lequel nous sommes, je le redis, c'est le moment où il y a des émeutes la nuit, où il y a des dégradations la nuit et nous mobilisons toutes les forces de police et de justice. Dans ce moment-là, ceux qui n'appellent pas à ce que les violences s'arrêtent sont dans une position d'irresponsabilité crasse, totale, aiguë et dont on devra tous se souvenir le moment venu. Ça veut dire quoi qu'on devra s'en souvenir ? Électoralement, c'est des gens qui veulent un objectif électoral. Montrons-leur qu'en réalité, nous sommes plus forts que ça.

Et vous avez ceux qui, de l'autre côté de l'échiquier politique, en dehors du champ républicain, mais cette fois-ci à l'extrême droite, appellent évidemment à ce que les violences s'arrêtent, mais vont vous proposer une grille de lecture et d'analyse et vont vouloir dérouler les suites de ces émeutes dans la durée, non pas pour nous permettre de penser nos plaies et de travailler pour faire en sorte que ce que nous vivons ne se reproduise plus, mais qui vont tenter d'instrumentaliser, d'attiser cette haine et cette violence parce qu'elle les sert politiquement. Eux aussi, gageons que collectivement, nous saurons nous en souvenir le moment venu.

Pour l'instant, je vous le redis, nous nous concentrons sur ce que vivent les Français, les policiers, les pompiers, les commerçants de notre pays et les élus.

27:41
Présentateur

Vous dites que beaucoup d'élus appellent au calme et tant mieux, mais vous pensez vraiment que les jeunes dans la rue les entendent, les écoutent. Qui peut leur parler ? Qui peut les ramener à la maison ? Pour connaître beaucoup d'élus locaux, il y a un lien très fort qui peut souvent se créer. Pardonnez-moi, j'ai entendu beaucoup d'élus locaux dire

27:59
Vincent Jeanbrun

qu'ils ne nous entendent pas, qu'ils ne nous écoutent plus. D'abord, vous avez beaucoup de jeunes qui ne sont pas dans la rue. On parle évidemment de ceux qui sont dans la rue. Non, mais vous avez aussi beaucoup de jeunes qui s'ils n'étaient pas accompagnés par les associations sportives, culturelles, par les médiateurs, par les élus locaux, par leurs parents, auraient pu se retrouver dans la rue et qui ne le sont pas. Ensuite, vous avez ceux qui sont dans la rue. Parmi eux, il y en a quelques-uns, pareil, je regardais le profil de quelques comparutions immédiates, qui ont un emploi, qui sont parfois en contact avec des associations. C'est un fait.

Et il y en a d'autres qui sont totalement loin. C'est-à-dire, quand vous arrivez dans un quartier populaire, vous avez parfois la première rue dans laquelle vous allez avoir le centre social, vous allez avoir la maison des habitants, vous allez avoir le commerce, et puis quand vous enfoncez un peu plus profondément et que vous demandez qui s'occupe des jeunes que vous voyez dans la rue, là, ils ne sont pas souvent en contact avec le grand monde.

Quand on parle de reconquête républicaine, quand le président de la République présente ce plan de reconquête républicaine, c'est ces jeunes-là aussi qui veulent aller chercher pour faire en sorte qu'ils puissent être tous en lien avec ce qui fait la force de notre République. Et donc, les élus locaux y participent évidemment, les associations y participent évidemment. Le président avait aussi annoncé à Marseille la semaine dernière qui voulaient leur simplifier la vie à ces associations d'un point de vue administratif, qu'on veut aussi continuer de les renforcer.

Nous avons déjà augmenté leur dotation budgétaire, qu'on veut continuer de développer et de déployer ce qu'on appelle les médiations. La médiation, ça marche. La médiation, ça permet parfois à un jeune issu du quartier lui-même d'aller voir un jeune chouf de 14 ans qui fait le guet dans le trafic de drogue, de le sortir de là, de l'amener dans un centre d'accueil pour jeunes, de lui proposer une formation professionnelle et lui dire ta vie, ce ne sera pas le RSA et on va te permettre d'avoir derrière un travail. J'ai passé moi-même quand j'étais député une journée entière en stage avec certains de ces jeunes qui étaient accompagnés par des assos.

Quelques semaines avant, ils passaient tous leur journée qui neige ou qui pleuve ou qui fasse canicule assis sur une chaise à vérifier si la police ne venait pas déranger les clients qui venaient acheter de la drogue. Ces jeunes-là, ils étaient en train de faire du diagnostic de rénovation thermique. Ça, c'est une façon de nous en sortir collectivement et c'est la politique

30:03
Présentateur

que nous menons depuis 6 ans. Est-ce que c'était une erreur d'enterrer le rapport Borloo en 2018 ? Rapport commandité par le président de la République et enterré par le même président de la République, Emmanuel Macron ?

30:11
Vincent Jeanbrun

Je crois avoir consacré une partie de l'émission. Je peux y passer plus de temps parce que c'est quelque chose que j'estime positif.

30:17
Présentateur

J'en parlerai à ce moment-là parce que beaucoup d'élus locaux ont dit on avait été entendus, on avait beaucoup, beaucoup parlé à Borloo et c'est devenu

30:25
Vincent Jeanbrun

un rapport entre deux mâles blancs. Je crois être en train de démontrer depuis une demi-heure maintenant que nous sommes ensemble que l'action conduite par le président de la République et ses gouvernements successifs en faveur des quartiers populaires n'a rien à envier aux mesures qui avaient été prônées dans un des plans pour les banlieues dont celui de M. Borloo qui n'était pas le seul d'ailleurs. Mais ce n'est pas une question de Borloo ou pas. Pardonnez-moi, qui peut imaginer qu'une mesure, un plan, une personnalité serait à même, à elle seule, de corriger 30 ou 40 ans d'abandon pour des quartiers populaires dans nos villes ?

Personne ne peut dire aujourd'hui que ces quartiers sont abandonnés. Nous menons, je le redis, une politique déterminée, déterminante pour les jeunes et les moins jeunes dans ces quartiers.

31:01
Locuteur non identifié

Vous êtes venu tout seul sur le problème de la drogue dans les quartiers et effectivement des gens qui considèrent qu'en fait ils vont mieux vivre leur vie et pas être au RSA du tout en devenant à un moment donné patron d'un point de deal. Est-ce qu'à un moment donné la question de la légalisation est une question qui se pose au gouvernement ? Je crois qu'elle a été évoquée par le rapport Borloo d'ailleurs.

31:22
Vincent Jeanbrun

Ouh là là, pareil, excusez-moi, je vois bien le sens de la question. Je crois que ce n'est vraiment pas le moment de remettre en question la politique que nous menons en la matière. Et la ligne politique, je la termine puisque c'est celle du gouvernement et celle décidée par le président de la République qui est une ligne qui vise à lutter contre un trafic de drogue qui gangrène les cités et qui parfois nuit à la santé de nos jeunes.

31:43
Locuteur non identifié

Ça fait 30 ans ça ne marche pas.

31:45
Vincent Jeanbrun

Je vous donne, je suis porte-parole de ce gouvernement et je m'applique la ligne de ce gouvernement et je ne pense pas que ce soit, enfin je suis même convaincu que ce n'est pas le sujet en fait de la mobilisation des jeunes, enfin pas de la mobilisation mais des scènes de cohue et de casques que nous voyons auxquels nous assistons depuis plusieurs nuits dans nos villes. Encore une fois, n'essayons pas, je comprends le sens de vos questions qui cherchent à expliquer, qui expliquer ne serait pas forcément justifié, mais à saisir ce qui a pu conduire du jour au lendemain des hordes de mineurs ou de jeunes adultes à s'en prendre et à casser des boutiques. Je redis, je laisse ça.

On ne peut pas se dire

32:20
Locuteur non identifié

que c'est juste une histoire de folie collective. En fait, c'est ça. C'est pour ça qu'on vous pose ces questions. C'est qu'on essaye de comprendre aussi.

32:26
Vincent Jeanbrun

Je fais de la politique parce que je veux apporter des réponses aux problèmes rencontrés au sein de la République et au État démocratique. Bon, donc je veux, comme vous, avoir des réponses lorsqu'elles existent et je vous dis qu'il y a un travail sociologique qui sera à conduire et qui est conduit en temps réel par les experts de cela et qu'il y a des conclusions en tirer, nous le ferons. Mais je vous dis qu'avant même cela, ce qui généralement c'est-à-dire la misère, les inégalités et le sentiment d'abandon, nous luttons d'arrache-pied contre cela depuis six ans.

32:55
Intervenant

Alors, il y a un certain nombre de personnes dans l'opposition qui ont mis en cause la loi de 2017 en considérant qu'il y avait une trop grande marge d'interprétation dans la possibilité pour les policiers d'utiliser leurs armes à feu éventuellement et de déboucher sur ce qu'on peut appeler une bavure dans le cas de Naël, le mot est un peu faible.

Est-ce que, d'après ce que vous savez ou d'après ce que vous avez compris, c'est effectivement ça le sujet et est-ce que, voilà, ça va être un peu une question à tiroir, pour compléter, par-delà les choses rationnelles quand les jeunes de banlieue disent que la police est raciste, que quand on est noir ou quand on est d'origine arabe, on se fait contrôler à l'heure des autres, est-ce qu'il n'y a pas une espèce de problème d'intégration globale et que ce que chacun nomme avec des façons différentes, c'est simplement un manque d'intégration et l'impression qu'en gros, il y a les intégrés blancs et puis il y a les autres.

Mais d'abord sur 2017, parce que ça, c'est un problème quand Mélenchon dit refondation de la police, on peut se dire qu'il y a des choses qui ne vont pas et qu'il faudrait éventuellement, sans taper sur les policiers, changer un certain nombre de choses.

34:04
Vincent Jeanbrun

Olivier Véran. 2017, c'est Bernard Cazeneuve qui change la doctrine de recours à l'arme à feu en cas de refus d'obtempérer après un drame terrible et au moment où on observait que le refus d'obtempérer, c'était presque 100 situations par jour. Il faut se rendre compte quand même. Quand un policier vous demande de vous arrêter, la règle, c'est de vous arrêter, ce n'est pas d'accélérer. Il faut peut-être revenir aussi à la base et aux fondamentaux. Je pense qu'ici, sur ce plateau, personne ne se poserait la question d'accélérer si un policier nous demandait de nous arrêter. C'est quand même la base.

La loi républicaine doit être respectée dans la République sinon il n'y a plus de cohésion sociale et ce n'est plus de l'état de droit. Considérant qu'il y a des situations qui mettaient en danger et en 2017 ça a été plus que le cas, les policiers eux-mêmes et que les consignes n'étaient pas suffisamment claires, la loi a changé

34:53
Intervenant

de manière à définir dans une voiture parce que nous on dit viré châtillon mais peut-être que les auditeurs ne se souviennent pas qui ont été qui s'en sont sortis avec des brûlures plusieurs degrés et qui étaient quasiment dans leur voiture comme s'ils avaient été dans une... Comment dire ? Ils ont failli mourir en clair.

35:10
Vincent Jeanbrun

Oui. Oui. La loi est venue changer ce qui était une incapacité pour les policiers de vraiment lire les moments dans lesquels ils pouvaient recourir leur arme ou non. Et donc la loi définit des situations particulières au cours desquelles les policiers peuvent être amenés à sortir leur arme. Est-ce qu'on a observé une augmentation ou une explosion du nombre de tirs pour faire s'arrêter des véhicules ? La réponse est non. Il y a en 2022 moins de tirs d'arrêts en cas de refus d'obtempérer qu'en 2017. Beaucoup moins. C'était moins de 200 situations ainsi. Vous avez les chiffres qui ont été communiqués par le ministre de l'Intérieur. Quand on voit

35:50
Locuteur non identifié

le nombre de morts c'est tout à fait différent.

35:52
Vincent Jeanbrun

Je vous dis qu'il y a des... Parce que les tirs c'est pas grave si ça tue pas. Je vous dis aussi que le nombre de situations de refus d'obtempérer et le nombre de situations pendant lesquelles les policiers sont mis en danger à Grenoble encore la semaine dernière. Un policier est traîné sur 30 mètres dans le cadre d'un refus d'obtempérer. 30 mètres. On attend quoi ? 40 mètres ? Qu'est-ce qu'on lui demande au policier ? D'accepter de se laisser gentiment traîner par la voiture avec quelqu'un qui manifestement n'en a rien à faire si le policier devait mourir ou non ? Donc gardons-nous encore une fois de jeter l'opprobre ou de tirer des conclusions hâtives.

Partout où ça défaille, partout où c'est excessif, partout où c'est inadapté, il y a une enquête de l'inspection générale et la justice...

36:26
Invité

Il n'y a pas besoin d'évaluation de la loi par le Parlement par exemple ?

36:30
Vincent Jeanbrun

Je vous dis qu'on est dans la période... Si le Parlement souhaite se pencher sur la question et le Parlement est souverain pour le faire, je vous dis juste que gardons-nous d'avoir des conclusions. Vous savez, c'est juste... Vous êtes en train de me poser la question de savoir s'il faut faire d'un cas particulier une règle générale tout en reprochant à 2017 d'avoir fait d'un cas particulier et une règle générale à l'envers.

Je vous dis juste, donnons les moyens à la police de se protéger et de protéger les uns et les autres, c'est leur mission de le faire et veillons à ce que dans toute situation où ils ont un usage qui ne serait pas proportionné de la force, ils puissent être sanctionnés et punis, ce qui est, je crois, on est tous d'accord là-dessus, le cas pour ce policier qui est actuellement en prison.

37:06
Présentateur

S'il n'y avait pas eu d'image ou de son de l'interpellation terrible du jeune Naël, on n'en serait pas là. Il y aurait la version de la police et ce serait la version retenue, j'ai l'impression. D'ailleurs, la première version

37:17
Vincent Jeanbrun

ne dit pas la vérité. Ni vous, ni moi, n'en savons rien. Pardon, là, je... On ne va pas interpréter une enquête de justice dont on n'a pas les conclusions pour savoir ce qui se serait passé si on n'avait pas eu l'image. Ce qui est certain, c'est qu'il y a une image et que l'image, elle parle, un son, et l'image et le son parlent, disent quelque chose de ce qui s'est passé et ce n'est pas pour rien que le policier est actuellement en prison. Mais voilà, je vous le redis, ni vous, ni moi ne savons ce que c'est que d'avoir à demander à une voiture qui met en danger la vie des gens de s'arrêter, que la voiture ne s'arrête pas, accélère, parfois vous traîne avec elle.

37:47
Locuteur non identifié

Et alors en Allemagne, ils ont exactement la même loi que nous et pour autant, là où nous, nous avons 13 morts, ils en ont un.

37:54
Présentateur

Et donc ? Est-ce qu'il y a un problème de formation des policiers

37:57
Locuteur non identifié

en France ? Oui, voilà, c'est ça. Est-ce qu'avec la même loi, pourquoi en Allemagne, avec des refus d'obtempérer sans doute à peu près équivalents, la population est plus importante ?

38:06
Vincent Jeanbrun

Parce qu'il y aurait un problème de traitement d'un malade dans un service de chirurgie hospitalier, il faudrait revoir la formation de tous les chirurgiens ou se considérer que les chirurgiens seraient mal formés ? Je veux dire, attention encore une fois à ne pas faire de cas généraux à partir d'une situation particulière. Et je crois que ce n'est pas le message que nos forces de sécurité qui sont engagées sur le terrain ont besoin d'entendre de notre part aujourd'hui. Françoise, François ?

38:25
Invité

Alors, on va essayer de se projeter dans l'avenir. Là, on en est à la cinquième jour de tension. Est-ce que vous pensez que vous êtes en train de sortir de ce mouvement ? Est-ce que vous pouvez vous passer de l'état d'urgence ou est-ce que ça reste une hypothèse en cas où ça continuerait à traîner ?

38:40
Vincent Jeanbrun

À 19h30, le président de la République réunit à l'Élysée la Première Ministre, le ministre de la Justice, le ministre de l'Intérieur pour faire un point sur la situation comme il le fait. Je le rappelle que tout le monde est mobilisé nuit et jour. Et je salue en particulier avec amitié mon collègue de l'Intérieur parce que je crois que ces nuits sont extrêmement éprouvantes et très courtes, de même que pour la Première Ministre. Et il n'y a pas d'annonce qui a été faite s'agissant d'un état d'urgence, etc. On a toujours dit que les options étaient sur la table qui permettaient de répondre de manière proportionnée à la menace.

La façon de répondre de manière proportionnée à la menace, c'est de mobiliser 45 000 forces de sécurité. C'est d'avoir recours à des blindés du RAID, à la BRAVEM là où c'est nécessaire, voire au GIGN, ce qui est le cas dans les endroits les plus chauds de notre pays. C'est d'être capable de répartir sur tout le territoire les forces de sécurité en fonction de ce que nous font remonter les services de renseignement intérieur sur ce qui pourrait arriver au cours de la nuit à venir. Et d'être capable en permanence d'être réactif et ferme à la fois et de protéger les gens.

Donc cette doctrine-là, elle nous a permis la nuit qui vient de s'écouler d'enregistrer, je le redis, de voir deux à trois fois moins d'incendies de bâtiments publics et de véhicules. Il y a encore eu des fortes tensions. Le mouvement ne s'est pas arrêté cette nuit. Donc nous restons évidemment très mobilisés.

39:55
Intervenant

Mais donc ceux qui disaient si on passe le week-end on est sur la bonne voie, il n'y a aucun triomphalisme de votre côté, vous restez... Ce n'est pas un point de retournement cette nuit.

40:04
Vincent Jeanbrun

Mais tant qu'une voiture brûlera, tant qu'un maire sera attaqué, tant que des bandes plus ou moins armées seront sorties la nuit pour venir provoquer les forces de police ou casser des boutiques, nous serons là. Nous serons là.

40:18
Présentateur

Sur les réponses justement sur les solutions, vous avez évoqué tout à l'heure l'importance, vous avez évoqué les jeux vidéo, les réseaux sociaux. On a évoqué un peu, alors je crois que c'était une fake news, mais quand même j'aimerais avoir votre opinion là-dessus, savoir si c'est un tabou ou pas de couper la 4G, la 5G dans certains quartiers pour éviter que les jeunes se mobilisent ou pour reprendre leur vocabulaire fassent des dingueries pour percer sur TikTok. Le fait est,

40:41
Vincent Jeanbrun

et je le disais tout à l'heure, ce qu'il n'y avait pas tellement en 2005 et qu'on voit là, c'est cette espèce de communauté d'intérêt, si on peut appeler ça une communauté d'intérêt, qui s'est créée sur certains réseaux sociaux avec des jeunes qui semblent parfois rivalisées, fanfaronnées ou se montrer. Peut-être qu'il y a pour moi un des points les plus douloureux dans les images qu'on voit, c'est que les gens qui filment sont généralement morts de rire et rigolent. C'est-à-dire que vous voyez des scènes de guillage qui racontent pour le monde racontent beaucoup de joie et d'enthousiasme. Et les jeunes en rient entre eux. Et ils en rient les uns avec les autres.

Alors qu'est-ce que nous faisons ? C'est Jean-Noël Barraud à la demande du président de la République et de la première ministre on peut contacter les plateformes comme la loi nous y autorise pour leur dire maintenant là où c'est nécessaire on fait sauter l'anonymat. Et donc à partir d'une adresse IP internet ça nous permet d'identifier la personne et on peut aller l'arrêter. Donc ça c'est un premier point.

Deux, on demande de la mesure et de la modération avec une très grande réactivité aux plateformes numériques pour qu'ils retirent de leur plateforme tout ce qui de nature a provoqué à créer de l'insécurité dans notre pays sans renier évidemment sur la liberté d'expression si quelqu'un avait des doutes.

Je voyais les complotistes sont évidemment de sortie comme dans tous les moments de tension nous expliquant que Elon Musk réduit le nombre de tweets visibles c'est parce que évidemment je mets ça de côté je rassure ceux qui seraient inquiets c'est un phénomène mondial parce que la bande passante accordée à Twitter est réduite peut-être parce qu'il a viré trop de monde dans ses équipes de gestion des data sujets. Voilà, ça c'est son problème. Mais ce que nous faisons c'est être capables d'intervenir.

Et il y a une loi européenne qu'on appelle le DSA qui est un texte que les français je pense connaissent assez peu alors qu'il est fondamental qui a été porté par le commissaire européen français Thierry Breton adopté par l'Europe et qui nous permet de pouvoir mieux agir avec les plateformes internet pour supprimer des réseaux sociaux tout ce qui est de nature à attenter à la sécurité ou à la probité des personnes. Donc ça ça suffit

42:37
Invité

on n'a pas besoin d'aller plus loin et de convoquer les opérateurs pour éventuellement...

42:40
Présentateur

Donc il y a un tabou sur le fait de brouiller ou pas la 5G, la 4G dans certains quartiers pour éviter ça.

42:46
Vincent Jeanbrun

En fait notre logique c'est d'empêcher ceux qui veulent nuire de nuire et de ne pas empêcher ceux qui veulent vivre de vivre. Donc ça n'arrivera pas. Maintenant de manière générale ça a été dit nous ne sommes pas dans une gestion de tabou non nous regardons et nous sommes capables de nous adapter d'anticiper de nous adapter en fonction de la menace. Donc rien n'est impossible en fonction de la menace.

43:06
Intervenant

Ça n'est pas tabou.

43:07
Vincent Jeanbrun

Marine Le Pen

43:11
Intervenant

un certain nombre de personnes ont demandé d'être reçues par le chef de l'Etat en considérant que la crise était suffisamment importante pour qu'il y ait une union nationale d'ailleurs que vous réclamez de vos voeux en considérant que Jean-Luc Mélenchon ne fait pas le travail. Est-ce que c'est envisageable ou est-ce que ça dramatise ou est-ce que ce n'est pas le problème de rencontrer tous les représentants de partis politiques pour essayer de... Comme ça s'est fait déjà par le peuple.

43:30
Vincent Jeanbrun

Dès la fin de semaine la première ministre a reçu à Matignon dans le cadre du comité pour les villes. Nous sommes dans un fonctionnement aussi républicain où il y avait un chef de l'Etat une première ministre un gouvernement. Je rappelle quand même que la première ministre a réuni les représentants des collectivités et des associations pour parler de la sécurité des élus de la sécurité dans nos villes et comment faire face à cela. Donc nous sommes dans le dialogue permanent avec les forces vives de la nation avec les forces politiques aussi quelle que soit la forme que cela prendra je n'ai pas la réponse à la question que vous me posez c'est pas pour ça que j'essaye de...

Non non mais ça ne serait pas mais peut-être rappelé quand même qu'avant l'appel de Mme Le Pen nous travaillons évidemment avec les élus et les forces politiques.

44:11
Invité

On est quand même pratiquement à la fin d'une période qui était les 100 jours de l'apaisement et on voit quand même l'état du pays quelle conclusion vous en tirez et au fond quel est l'acte politique qui permettrait de sortir de cette séquence qui est au fond un recrudescence de violence après un double quinquennat qui a été marqué perpétuellement par la violence. Qu'est-ce qu'il faudrait faire pour au fond acter qu'on passe à quelque chose de différent ?

44:36
Vincent Jeanbrun

D'abord dans la période que nous connaissons le pays continue d'avancer et quand on parle de 100 jours vous savez qu'il y avait 4 axes le plein emploi et le travail nous avons fait passer la réforme des retraites la réforme du chômage la réforme du RSA qui est en cours et la réforme du partage de la valeur dans l'entreprise pour que les salariés gagnent mieux quand l'entreprise gagne plus.

Le deuxième axe c'est l'axe du progrès c'est l'école et la santé et nous déployons des feuilles de route pour permettre de donner un médecin un traitant à tous ceux qui en ont besoin et permettre à l'école de notre pays de se transformer plus aucun enseignant par exemple ne gagnera moins de 2000 euros à la rentrée pour l'école

45:10
Intervenant

c'est un peu faible les résultats

45:11
Vincent Jeanbrun

en début de carrière ensuite nous avons le troisième axe qui est l'axe de la planification écologique où nous devons aux français cette feuille de route de la planification écologique qui est quasi prête et que nous allons pouvoir sortir et vous verrez qu'on se donne les moyens de notre ambition à savoir la neutralité carbone on sera le premier pays en Europe à pouvoir l'atteindre et le dernier axe c'est l'ordre républicain l'ordre républicain nous avons fait adopter au parlement la loi sur la sécurité intérieure la loi sur le budget de nos armées je le redis avec une majorité colossale à l'Assemblée Nationale et nous avons également la loi sur la justice qui justement augmente très fortement les moyens pour la justice et qui sera examinée à partir de lundi donc pourquoi je vous fais ce long selon l'AEUS peut-être pour rappeler quand même aux français ce que nous avons fait dans cette période et ce que nous faisons dans cette période des 100 jours et pour montrer aussi que notre pays il avance il avance et nous progressons vers le plein emploi vers la réduction des immunités

46:01
Invité

mais vous avez vu dans quel état vous êtes quand même en charge du renouveau démocratique dans votre portefeuille

46:06
Vincent Jeanbrun

je vous redis que je ne fais pas de ce qui se passe un acte politique les nuits dans notre pays

46:12
Présentateur

il y en a qui le font Michel Vivorca sociologue évoque un pays énervé et presque à bout de souffle est-ce que vous ressentez ça ?

46:18
Vincent Jeanbrun

à chaque crise vous avez des sociologues vous parlez ici de crise démocratique ici de pays à bout de souffle etc j'envoie beaucoup des sociologues figurez-vous j'en reçois beaucoup j'en ai peut-être reçu une centaine des sociologues encore deux la semaine dernière qui travaillent en France oui parce que c'est passionnant figurez-vous de se poser les questions c'est vous qui refus le lien parce que je suis ici comme porte-parole d'un gouvernement mobilisé pour assurer la sécurité des français alors qu'est-ce qu'ils vous disent ?

on aura peut-être l'occasion de se parler dans un autre format et je serais ravi de partager avec vous quelques conclusions non mais bien sûr chaque chose en son temps chaque chose en son temps et évidemment que quand on fait de la politique on s'intéresse à ce qui mobilise les français dans un sens ou dans l'autre évidemment

46:58
Locuteur non identifié

les français rappellent aussi que vous êtes ministre du renouveau démocratique et qu'on ne peut pas dire aujourd'hui que ça traduit ce qui se passe aujourd'hui une salubrité démocratique

47:07
Vincent Jeanbrun

je ne suis pas convaincu c'est un euphémisme que les jeunes qui soient arrêtés la nuit dans nos villes soient des fringants électeurs mobilisés par les campagnes électorales ça veut dire justement l'un des axes que nous devons renforcer c'est l'éducation à la citoyenneté l'éducation et l'adhésion aux valeurs républicaines je n'ai pas répondu Nathalie Saint-Cricq à votre question sur la question de l'intégration que vous m'avez posée tout à l'heure c'est vrai que nous avons là à faire aussi un sujet dans les quartiers populaires et je vois certains français qui disent est-ce que c'est un d'abord rappeler que les personnes qui sont arrêtées sont quasiment toutes de nationalité française parfois depuis une génération deux générations voire trois générations donc pour répondre aussi peut-être à monsieur Zemmour ce ne sont pas des personnes qui sont amenées à prendre je ne sais quel bateau pour entrer dans je ne sais quel pays qui n'est plus le leur depuis 50 ou 60 ans bon après posons-nous la question des conditions de vie et d'intégration dans les quartiers populaires vous avez un département le département de la Seine-Saint-Denis où il y aurait officiellement 30% d'étrangers officieusement plutôt sans doute plus proche des 40 ça veut dire que malgré tous les moyens que nous mettons dans ce département quand une famille monte de deux étages et qu'on la sort de la misère il y en a parfois une ou deux autres qui vont arriver qu'est-ce que nous avons adopté avec le Président de la République le fait qu'il ne peut pas il y a un plafond de 40% de logements sociaux par exemple parce qu'on ne peut pas avoir des quartiers entiers de nos villes où 100% des gens 100% des gamins ne parlent pas français dans les écoles parce que c'est de la concentration de la misère et la misère n'engendre pas autre chose que la misère en général et donc quand on parle d'intégration c'est évidemment l'apprentissage du français le respect des valeurs républicaines l'engagement à prendre un emploi et à subvenir à ses propres besoins quand on arrive en France on doit travailler le taux de chômage des étrangers dans notre pays est le double du taux de chômage des français 14% contre 7 c'est pas le cas ailleurs en Europe peut-être qu'on devrait en conclure qu'il faut faciliter le travail pour les étrangers ça tombe bien ça fait partie du projet de loi que nous défendons mais ça veut dire aussi qu'il faut être capable pour accueillir les gens dans des bonnes conditions de ne pas accueillir ceux qui n'ont pas vocation à rester ce qui tombe bien c'est toujours à l'ordre du jour de notre projet de loi

49:13
Intervenant

ce texte de loi sur deux jambes régularisation dans les secteurs en tension et de ceux qui travaillent et à côté de ça fermeté avec ceux qui ne devraient pas

49:21
Vincent Jeanbrun

pragmatisme humanisme efficacité

49:22
Intervenant

toute petite chose concrète Bruno Le Maire a demandé aux assureurs de faire un geste pour les personnes les banques aussi et à l'état et à l'état vous avez bon espoir vous allez mettre une pression alors je finis la phrase pour les gens qui ne sauraient pas de manière à ce que les commerçants qui ont été vandalisés vandalisés puissent être indemnisés assez rapidement puissent rouvrir ne soient pas obligés d'attendre trois semaines un expert puisse prendre des photos tout de suite est-ce que vous avez bon espoir et demandez également à l'état les commerçants que les charges soit qu'on repousse le paiement des charges voient qu'on annule pendant un certain temps qu'est-ce que vous avez bon espoir de pouvoir les aider

49:57
Vincent Jeanbrun

est-ce qu'on a déjà manqué à notre devoir vis-à-vis des commerçants de notre pays mais quoi qu'il en coûte

50:04
Intervenant

il est fini normalement

50:04
Vincent Jeanbrun

non mais attendez à chaque fois que les commerçants de notre pays ont traversé des crises ils n'en sont pas responsables de cette crise je peux même vous dire j'en ai eu beaucoup c'est très émouvant d'avoir un commerçant au téléphone qui a eu son commerce saccagé pendant la nuit qui est là en train d'essayer de mettre des plaques de bois pour protéger ce qui peut être encore protégé à la place des vitrines et qui sait pas quand il va rouvrir et qui voit toutes les ruelles commerçantes qui sont dévastées les gens ils pleurent c'est leur outil de travail c'est leur vie c'est leur engagement au quotidien évidemment qu'on va être à leur côté et évidemment qu'on travaille avec les assurances avec les banques avec les services de l'état pour pouvoir trouver avec eux des solutions qui leur permettent un de redonner vie au centre-ville le plus vite possible et deux de ne pas être de ne pas payer deux fois

50:47
Présentateur

Olivier Véran on évoque pas mal l'idée d'une dissolution peut-être pardon d'un remaniement ministériel un remaniement ministériel dans quelques semaines est-ce que vous considérez que le gouvernement est en place pour gérer les problèmes et les tensions actuelles ou que remettre un peu de son oeuvre ça pourrait effectivement aider peut-être à ce renouveau démocratique que vous incarnez

51:08
Vincent Jeanbrun

je crois que dans l'heure que nous avons passé ensemble vous a montré en tout cas que le gouvernement est totalement à l'action et que nous sommes totalement mobilisés et que moi je ne me suis pas levé le matin ce matin en pensant au remaniement je me suis levé ce matin en regardant ce qui avait pu m'échapper depuis deux heures du matin parce que je reste comme beaucoup de français éveillé pour regarder ce qui se passe dans les différents territoires que nous connaissons et affectionnons et donc voilà on est mobilisés point mais la question du remaniement on ne va pas dire qu'on n'est pas mobilisés on pense qu'en remaniement c'est la mission d'un président de la république qui portait la parole

51:43
Présentateur

d'un gouvernement

51:43
Intervenant

dans les deux dernières minutes on n'en a pas parlé on a été d'une correction extrême donc est-ce que ce dont tout le monde parle ministre journaliste enfin c'est un secret de politique dans les cabinets dans les cabinets en disant avant le 14 juillet est-ce que la situation actuelle fait que ça gèle on gèle et on verra plus tard que c'est pas l'impératif et que c'est pas c'est pas le moment quoi en clair

52:06
Vincent Jeanbrun

mais c'est un cri que vous faites de la politique depuis vous connaissez le milieu politique depuis peut-être 300 j'ai commencé sous Clovis non mais en tout cas vous faites j'allais vous dire un compliment et certainement pas faire une remarque sur votre carrière pourtant plus qu'honorable vous connaissez parfaitement le monde de la politique le milieu politique et vous savez très bien que ce n'est certainement pas un porte-parle le gouvernement qui va donner un avis sur la légitimité vous n'allez pas répondre

52:34
Intervenant

si on ne la pose pas on n'est pas normal

52:35
Vincent Jeanbrun

vous me l'avez posé je ne vous ai pas répondu comme ça personne n'est surpris une dernière question

52:42
Invité

sur il était question du service national il a été question de le rendre obligatoire puis plus obligatoire est-ce que vous pensez que ce qui se passe là fait que au fond on pourrait aller par citoyenneté pour développer la citoyenneté vers un service national obligatoire

52:58
Vincent Jeanbrun

une réponse assez brève s'il vous plaît moi je suis très favorable à tout ce qui peut recréer du sens du rituel de la cohésion et je pense qu'on a besoin de symboles aussi dans la république et on a besoin de montrer à chacun qu'il est appartenant on a besoin de travailler sur cet accès de la jeunesse à différents services vous voyez la première ministre annonçait le permis à 17 ans par exemple le service national universel est une manière d'extraire parfois des jeunes du milieu dans lequel ils vivent mal et de leur montrer qu'il existe autre chose dans la république moi je suis très favorable au développement du service national universel quelle que soit sa forme obligatoire ou facultative je considère que c'est un temps fort d'apprentissage de la citoyenneté d'apprentissage du vivre ensemble et surtout de nous donner la capacité de faire quelque chose que parfois on fait mal dans notre pays faire confiance à celui qu'on ne connait pas

53:45
Présentateur

merci Olivier Véran de nous avoir fait confiance même si vous ne nous connaissez pas très bien merci beaucoup d'avoir été avec nous merci également à tous c'est la dernière de la saison la dernière pour moi également à la tête de questions politiques j'allais dire du grand face à face j'anticipe l'année prochaine merci les merci de tradition Jean-Philippe Ballas pour la rédaction en chef Amory Bochet pour la programmation toutes les équipes en régie bien sûr Laurence Perron merci Cyril Graziani Anne Souhaitmont Jeff Wittenberg Claire Gatinois Guillaume Daré étaient à mes côtés dans la saison et en particulier Karine Bécard qui sera aux commandes de l'émission à partir de début du mois de septembre prochain et puis bien sûr Nathalie Sacric merci Nathalie

54:21
Intervenant

merci Thomas nous on était bien contents moi j'étais bien content d'être avec vous

54:24
Présentateur

et merci Françoise merci à tous je vous retrouve donc le samedi 2 septembre à midi pour le grand face à face merci et passez un bel été