Le journal de 8h - 26/05
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« Notre chiffre d'affaires a été réduit de 70%. »
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« Il est probable qu'il faille faire partir pas loin de 10 personnes. »
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« Il faudrait qu'on puisse avoir d'ici 15 jours, 3 semaines, 1 million. »
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« Le coût pour l'État et l'UNEDIC s'élève à 24 milliards d'euros de mars à mai. »
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« En avril, 8 600 000 salariés bénéficiaient du dispositif. »
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Mardi 26 mai, l'info sur AMC. Il est 8h01 et Céline Kalman est là pour les dernières informations. Céline, bonjour. Bonjour Jean-Jacques, bonjour à tous. Ils ont appris hier l'annonce imminente de licenciements au sein de leur entreprise. Dès le début de ce journal, nous serons dans le doux où des sous-traitants du secteur automobile subissent de plein fouet les conséquences de la crise du Covid-19. Emmanuel Macron dévoile aujourd'hui un plan de soutien pour la filière. Inefficace et néfaste contre le coronavirus, l'Organisation Mondiale de la Santé suspend temporairement ses essais cliniques sur l'hydroxychloroquine.
Et puis l'application est prête, il ne manque plus que le feu vert des parlementaires. Stop Covid pourrait être lancé dès ce week-end. Bienvenue à tous sur RMC. L'hécatombe a déjà commencé. Les conséquences économiques et sociales du Covid-19 s'annoncent dramatiques dans bien des secteurs. A commencer par celui de l'automobile. Emmanuel Macron va annoncer un plan de puétable dans les Hauts-de-France, dans l'usine Valeo, qui fabrique des alternateurs, notamment pour Renault. Activité fortement réduite. C'est le cas également à Technitube, à Etube dans le Doux, sans salarié, une production en chute libre. Pas le choix, l'entreprise va devoir licencier.
Le reportage pour RMC de Florian Chevalet et Romain Poiseau.
Une usine presque déserte, une poignée de salariés au travail. Michel, chef de production, à la boule au ventre en arrivant tous les matins. T'es tout seul, tu vois ton café, tu sais pas de quoi sera fait le lendemain. Depuis début avril, la production de pièces automobiles fonctionne au ralenti. 60% des salariés sont au chômage partiel. Karim, Michel et les autres l'ont appris il y a quelques jours, il y aura bien des licenciements dans l'entreprise. Je me dis, c'est peut-être le dernier jour, peut-être c'est la dernière semaine, c'est le dernier mois. On est obligé d'y penser, c'est obligatoire. Pour autant, il faut sauver l'entreprise, continuer à travailler pour limiter la casse.
Ne pas lâcher, pour aller jusqu'au bout. De ne pas avoir à passer devant son entreprise avec des vitres peintes en blanc pour montrer qu'il n'y a plus rien dedans. L'entreprise ne reçoit plus de commandes de grands groupes comme PSA ou Mercedes. Ça fait usine qui est en train de crever si on ne fait pas quelque chose. Le PDG de Technitube, Jean-Pierre Moret. Notre chiffre d'affaires a été réduit de 70%. Il est probable qu'il faille faire partir pas loin de 10 personnes. Alors aujourd'hui, il demande au gouvernement de mettre la pression sur les banques afin d'obtenir rapidement des crédits. Il faudrait qu'on puisse avoir d'ici 15 jours, 3 semaines, 1 million.
Sans cet argent, le nombre de départs pourrait être plus important.
L'objectif du plan qui va être dévoilé par Emmanuel Macron, c'est de donner envie aux Français de changer de véhicule. Le gouvernement dit d'ailleurs vouloir miser sur les véhicules propres, notamment les voitures électriques. Pour le député écologie, démocratie, solidarité Mathieu Arphelin, ce plan doit être assorti de garanties strictes.
Il faut sauver les emplois chez Renault, les emplois dans la filière automobile. Mais il faut le faire avec des contreparties fortes. Il faut que l'État puisse obtenir des garanties sur la stratégie industrielle, sur le fait effectivement que Renault va s'engager encore plus qu'aujourd'hui dans la promotion, la conception des véhicules les moins polluants, les moins émetteurs de gaz à effet de serre. Ça ne peut pas être simplement un plan de soutien à la demande pour qu'on vende toujours plus de véhicules. Ça ne peut pas être ça.
Oui, encouragement à la consommation, pas que dans l'automobile. Est-ce qu'aujourd'hui, il faut encourager la consommation ? Voilà une question que je vais poser à François Ruffin, le député de la Somme, affilié au groupe La France Insoumise à l'Assemblée Nationale. François Ruffin, une voix un peu discordante qui sera tout à l'heure. Mon invité, 8h35 sur RMC et BFM TV. On l'apprend à l'instant, l'assurance AXA. L'assureur AXA va investir 500 millions d'euros supplémentaires dans le secteur des PME. C'est ce qu'annonce son directeur général ce matin chez nos confrères de RTL.
Pour relancer la machine économique, le gouvernement va bien revoir à compter de lundi les conditions de prise en charge du chômage partiel. En clair, les entreprises vont devoir participer à hauteur de 15% Gladys Lafitte.
Oui, exactement. Alors, si vous êtes salarié au chômage partiel, ça ne changera rien pour vous. Vous continuerez toujours à toucher au moins 70% de votre salaire brut. Ce qui change, c'est pour votre employeur. Il financera lui-même 15% de cette indemnisation, alors qu'elle était exclusivement prise en charge par l'État et l'UNEDIC jusqu'ici. Le but, éviter une explosion des licenciements et encourager la reprise d'activités dans les secteurs qui ne subissent plus de contraintes à la reprise, explique le ministère du Travail. Et jusqu'ici, le coût pour l'État et l'UNEDIC s'élève à 24 milliards d'euros de mars à mai. En avril, 8 600 000 salariés bénéficiaient du dispositif.
Évidemment, tout cela ne concerne pas les entreprises dans les domaines qui connaissent des fermetures administratives, le tourisme, la culture ou encore la restauration. Elles continueront de bénéficier d'une reprise, d'une prise en charge à 100% par l'État.
Merci Gladys. RMC, 8h06, l'hydroxychloroquine, inefficace contre le coronavirus, voire même néfaste pour la santé. L'Organisation Mondiale de la Santé suspend temporairement les essais cliniques avec ce médicament. La décision a été prise par mesure de précaution après la publication d'une étude dans la revue médicale de Lancet, étude qualifiée de foireuse par le professeur Raoult, Laura Tauchanoff.
Une molécule non seulement inefficace, mais potentiellement dangereuse. Selon les résultats de l'étude anglaise qui a fait réagir l'OMS, la chloroquine augmente le risque de décès, comme l'explique le professeur Jean-François Toussaint, médecin et professeur de physiologie à l'Université Paris-Descartes à Paris. Ce sont principalement des effets cardiologiques, des effets de torsade de pointe qui posent la question. Et c'est donc sur ce domaine-là que la prévention et l'arrêt par l'OMS a été décidé. Un arrêt des tests logique et inévitable aux yeux du docteur Pierre Squara, chef du service de réanimation de la clinique Ambroise-Parey à Nui.
Que la chloroquine ne marche pas, ça fait 50 ans qu'on le sait. On pouvait espérer qu'il y avait une petite exception pour ce virus, mais en fait il n'en est rien. Ça suffit pour qu'on interdise ce médicament, parce que là on parle de millions de patients sur la planète. Si on a donné du plaquénil à des gens qui ont attrapé le Covid, avec les complications cardiaques que ça peut avoir, peut-être qu'il y en a qui sont morts chez eux et qu'on a étiqueté mort subite. Ou je l'ai donné à deux personnes de ville, deux médecins, je m'en suis excusé. Une mesure de précaution que ne compte pas suivre le Brésil, pays le plus touché par la pandémie en Amérique latine.
À Marseille, les élèves de petites sections de maternelle ne reprendront pas l'école avant septembre, annonce de la mairie, qui explique cette décision par la difficulté de respecter les recommandations sanitaires. Il ne manque plus que le feu vert des parlementaires, l'application de traçage Stop Covid, destinée à repérer la propagation du coronavirus, disponible dès ce week-end. Si les parlementaires l'approuvent, c'est ce que fait savoir le secrétaire d'État au numérique, Cédric O, dans le Figaro, Martin Cadoret.
Un fonctionnement qui paraît très simple, avec des messages clairs, des images qui révèlent tout d'abord qu'un code délivré par son laboratoire sera obligatoire pour pouvoir se déclarer positif au coronavirus sur l'application. Les autorités veulent ainsi limiter les fausses déclarations qui pourraient nuire aux opérations de traçage et susciter inutilement des inquiétudes. Si un utilisateur s'est déclaré positif, une alerte sera alors envoyée sur les téléphones des personnes qu'il a croisées. On peut y lire « Vous avez croisé ces derniers jours une personne testée positive au coronavirus ». Pour que cela fonctionne, l'exécutif mise sur le téléchargement massif de cette application.
De nombreux messages incitent d'ailleurs à la partager auprès de ses proches.
Ils ont bravé toutes les précautions sanitaires, indignation du personnel soignant. À Strasbourg, plus de 300 personnes se sont retrouvées dimanche après-midi pour assister à un match de football, une rencontre organisée sur les réseaux sociaux. Maxime Brandstatter a retrouvé pour RMC l'un des joueurs. Ibrahim ne pensait pas du tout qu'il y aurait autant de monde.
Quand Ibrahim revoit les images du match sur les réseaux sociaux, il n'y croit toujours pas. Il y a des supporters qui rentrent dans le terrain à chaque but. Comme ça, on n'avait jamais imaginé ça. D'après lui, au départ, c'est juste un match entre amis. Ils savent qu'ils ne respectent pas les règles, mais ils pensent ne pas être plus d'une vingtaine de quoi faire deux équipes. Quand on arrive sur le terrain, il y a déjà quelques supporters. On dit, mais comment vous avez été mis au courant ? Ils nous disent que l'info, elle a été relayée. Et au fur et à mesure des minutes du match, le nombre de supporters, il n'a fait qu'augmenter. Vraiment un match entre copains.
Du coup, il n'y avait pas de sécurité, il n'y avait rien. Du coup, les supporters qui rentrent, on ne pouvait pas les repousser. Dès le lendemain, les réactions ne se font pas attendre, comme celle de Serge Lair, adjoint au sport à la mairie de Strasbourg.
On n'est pas dans une situation où juste j'enfreinte une règle. Non, il y a un risque quand même, encore une fois, pour soi. Et pour ses proches, on a quand même cette maladie sur les bras. C'est quand même un poison, qu'on le veuille ou non.
Un poison qui depuis préoccupe Ibrahim. Et on a juste voulu faire un petit foot. Ça s'est transformé, comme ils disent bien, en bombe virale. On verra ce qui va se passer dans les prochains jours, mais c'est clair que ça fait peur. La préfecture doit préciser ce matin les suites judiciaires de ce match non autorisé.
Si vous habitez dans les zones classées rouges à cause de la propagation du coronavirus, c'est d'ailleurs le cas à Strasbourg, vous devez forcément vous poser cette question. À quand la réouverture des parcs et jardins ? Deux semaines et demie que la France est déconfinée et toujours rien à l'horizon. L'association respire à déposer un référé liberté devant le Conseil d'État. Elle estime que cette fermeture est contre-productive. Et vous allez l'entendre, c'est évidemment l'avis de tous les Parisiens rencontrés hier par Thomas Chupin.
C'est un peu amer que cette Parisienne est sortie prendre l'air.
On est comme dans un zoo, on regarde la nature, d'ailleurs les grilles.
Besoin de verdure pour Amélia aussi en plein pique-nique, mais un pique-nique un peu particulier, la nappe est dressée sur les pavés parisiens.
C'est vrai qu'en bas c'est plus sympa, il y a plus de verdure, là on est sur les pavés. Les gens se regroupent pareil à l'extérieur des parcs, alors pourquoi pas à l'intérieur ?
Autre fervent militant de la réouverture des parcs, Joël et Guérino, deux joueurs de pétanque du nord de Paris. Parce qu'il y a beaucoup de joggers qui font leur footing justement en dehors du parc. Déjà qu'on nous a autorisés à jouer plus ou moins au boule, les gens comme il fait beau, ils viennent se promener et puis on est trop près des uns des autres. Alors c'est avec tous ces arguments que l'association Respire et son président Olivier Blond a saisi le Conseil d'État. Vers 18h, on voit bien des attroupements sur une petite placette, le rebord d'une petite rue au fond d'une impasse. Alors qu'on veut protéger les gens, en fait, on les confine dans les rues, sur les trottoirs.
Sous réserve qu'on fasse respecter les règles logiques de protection, on peut utiliser ces parcs de manière saine. Et pour l'instant, les deux bois de Boulogne et de Vincennes sont ouverts, mais il est toujours interdit de pique-niquer, de jouer au foot ou de se rassembler à plus de 10 personnes.
Et puis le parc animalier le plus fréquenté de France annonce sa réouverture mardi prochain, au Zoo de Beauval. Ça faisait plus de deux mois qu'il était fermé, alors les entrées, attention, seront limitées à la moitié de la capacité du parc. Et puis, finalement, il reste André Villas-Boas, l'entraîneur olympique de Marseille. Il a été convaincu par ses joueurs, il rempile pour la saison prochaine. Très bonne nouvelle pour l'OM.