Marie-Charlotte GARIN : Députée EELV de la 3e circonscription du Rhône
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Questions et réponses
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- 0:41OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que ça fait concrètement quand ça vous tombe dessus ?
- 1:36RelanceRéponse directe
Est-ce que parfois vous ne dites pas que c'est allé presque un peu trop vite ?
- 3:35OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous attendez de cette décision du Conseil constitutionnel sur la réforme des retraites ?
- 5:25OuverteRéponse directe
Vous pensez que tout le monde est toujours très présent, très mobilisé sur la réforme des retraites ?
- 6:57OuverteRéponse directe
Est-ce que vous n'êtes pas un peu plus inquiète aussi sur la qualité des débats à l'Assemblée ?
- 7:53RelanceRéponse directe
Vous l'avez vu arriver ? Vous avez cru jusqu'au bout qu'il n'allait pas faire le 49-3 ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:37Invité politiqueFait
« Dans le contexte actuel, il faut laisser les institutions faire leur travail sans leur mettre de pression. »
- 4:10Invité politiqueFait
« Peu importe le résultat, le mouvement social n'est pas basé sur est-ce que cette réforme est constitutionnelle ou non. »
- 6:16Invité politiqueFait
« Le président n'a pas mandat. »
- 6:45Invité politiqueFait
« À un moment donné, ça n'est rien d'autre que du passage en force. »
- 9:27Invité politiqueFait
« On ne fait pas une réforme contre son peuple. »
- 21:37Invité politiqueFait
« On est sur un hold-up de la ressource eau qui est une ressource commune. »
- 29:22Invité politiqueFait
« un président qui n'a jamais autant abusé de la 5ème république »
- 29:48Invité politiqueFait
« un gouvernement qui a complètement raté le coche du parlementarisme »
- 30:04Invité politiqueFait
« on n'a pas le détail de ce qu'il y aurait dans cette réforme constitutionnelle »
- 33:54Invité politiqueFait
« un gouvernement qui est complètement irresponsable, qui est dans le mépris, dans le mensonge »
- 34:12Invité politiqueFait
« nous sommes sa seule concurrence sérieuse au delà de Marine Le Pen »
- 36:11Invité politiqueFait
« on va demander aux femmes de faire plus de bébés pour financer nos retraites »
- 37:19Invité politiqueFait
« la gauche ne peut pas se soustraire à la nécessité de concilier justice sociale et justice climatique »
Temps de parole
- Marie-Charlotte Garin64 %
- Présentateur34 %
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A Lyon, vous écoutez Lyon 1ère. Lyon 1ère. Lyon 1ère, l'invité politique du samedi, avec Lyon positif, Frédéric Duval. Bonjour à toutes et à tous, on est heureux de vous retrouver pour notre émission l'invité politique le samedi de 11h à midi sur Lyon 1ère. On va partir, je vais le dire, à Paris tout en restant à Lyon. On va parler de politique nationale avec vous, Marie-Charlotte Garin. Bonjour, vous êtes la députée ELLV de la 3ème circonscription du Rhône. Merci à notre micro. C'est la 2ème fois que vous venez vous voir et je me souviens que vous étiez venu juste avant votre élection. Donc on est ravis de vous accueillir et félicitations du coup pour ce beau mandat de député.
Vous êtes une des plus jeunes députés de l'Assemblée nationale. Qu'est-ce que ça fait concrètement quand ça vous tombe dessus ? Parce que pendant la campagne, vous y croyez, puis là maintenant ça y est, vous êtes député. Qu'est-ce que ça fait en vrai ?
Bonjour, je m'excuse d'avance pour la petite voix enrhumée de printemps. Je crois que le mandat, ça a été comme la campagne, c'est une belle affaire, une belle aventure collective. Donc j'ai mis du temps à réaliser quand même, au début. En juillet, il a fallu quelques semaines avant de se dire, ok, ça c'est ma vie maintenant pour les 5 prochaines années. Et aujourd'hui, on est dedans, on est à fond. Je commence à avoir, je pense qu'on prie le fonctionnement de l'Assemblée. On a une belle dynamique au niveau local. Beaucoup de gens qui nous suivent. Moi, je reçois beaucoup de messages, notamment de jeunes, qui disent, enfin, on se sent représentés à l'Assemblée, donc merci pour ça.
Et je crois que ça, ça porte, même si ce n'est pas facile tous les jours, évidemment, de se retrouver propulsé sur la scène nationale, dans un mandat. Moi, je n'avais jamais eu de mandat avant. Mais c'est aussi ma force, en fait.
Oui, c'est allé très, très, très, très vite. Est-ce que, parfois, vous ne dites pas que c'est allé presque un peu trop vite ? C'est-à-dire que, quand je dis qu'on vous voit partout, c'est vrai que vous êtes devenue une des figures, quand même, de l'Assemblée nationale. Ce n'est pas évident.
C'est intense. C'est clairement très, très intense. Mais après, on fait très attention avec mon équipe. Donc, je suis entourée d'une équipe de collaborateurs et collaboratrices extrêmement compétents et bienveillants. On fait attention aussi à ce que ce ne soit pas trop vite. Et quelque part, en fait, que je n'aille pas me brûler les ailes. Donc, on dose mes apparences et mes apparitions dans les médias. On choisit où est-ce qu'on va. Et on se dit qu'on ne va pas au Caspi pour aller au Caspi.
Pour essayer de s'installer quand même un peu plus dans la durée.
Oui, dans la durée. Et de se dire qu'en fait, on a cinq ans, on a le temps. Je suis jeune, j'ai le temps. Et l'enjeu, pour nous, en tout cas, c'est de faire plutôt quelque chose de qualitatif. Plutôt que d'être absolument partout, de rechercher le buzz. Et on fait aussi, justement, de cette jeunesse en politique, une espèce de force. Sur comment est-ce qu'en fait, on se libère des codes de la politique politicienne à l'ancienne. Comment est-ce qu'on essaye de rester fidèle à nos valeurs, au collectif qui nous a porté. Et finalement, se dire, comment est-ce qu'on impose aussi peut-être un nouveau style en politique.
Et un style où nous, on estime, avec mon équipe, qu'on a une espèce d'obsession pour la justesse. Comment est-ce que dans notre manière de faire de la politique, d'être politique. On essaye toujours d'incarner la justesse. Et c'est un travail de tous les instants. Mais c'est passionnant de se dire qu'on participe au renouvellement des pratiques politiques aussi.
On va parler un peu de tout ça. On va mieux vous découvrir. On va parler évidemment d'un certain nombre de sujets d'actualité importants. Il y en a un. Alors, on doit la vérité à nos auditeurs. Toujours, c'est enregistré cette émission-là dans les conditions du direct. Mais il y avait une contrainte d'agenda qui fait que vous ne pouviez pas être avec nous ce samedi matin. Ce qui pose une petite difficulté aussi par rapport à la question d'actualité que tout le monde attend. Parce qu'on est à quelques heures de la décision du Conseil constitutionnel sur la censure ou pas vis-à-vis de cette réforme des retraites.
Donc évidemment, sauf si vous avez des informations, a priori non, on ne peut pas en parler. Mais vous avez quand même un avis sur le sujet. Qu'est-ce que vous attendez de cette décision ?
Moi, je dis que dans le contexte actuel, il faut laisser les institutions faire leur travail sans leur mettre de pression. Donc quelque part, j'estime que les parlementaires, même si nous on a un avis sur la question, les parlementaires de la NUPES ont été auditionnés par le Conseil constitutionnel, justement parce qu'on nous remet en cause la constitutionnalité du véhicule, notamment législatif, qui a été choisi. Donc c'est-à-dire le type de texte qui a été choisi pour cette réforme des retraites. Il faut laisser les institutions faire leur travail dans toute leur indépendance.
Ceci étant dit, peu importe le résultat, puisque à l'heure où nous sommes écoutés, nous aurons eu le résultat du Conseil constitutionnel, peu importe le résultat, le mouvement social n'est pas basé sur est-ce que cette réforme est constitutionnelle ou non ? Le mouvement social, il est basé sur, on pense que cette réforme n'est pas légitime et qu'elle est même néfaste pour le pays et notamment pour les travailleurs et les travailleuses qui ont déjà les métiers les plus pénibles. Donc quelque part, peu importe le résultat, la mobilisation, elle va continuer.
Si le Conseil constitutionnel nous dit que la réforme n'est pas constitutionnelle en tout ou partiellement, ce qui va se passer, c'est que ça offre une forme de sortie pour le gouvernement éventuellement.
Oui, parce que j'allais dire, on a l'impression aujourd'hui, c'est ça qui est sans doute un peu terrifiant, c'est que chacun est un peu sur son compte à soi, reste très très sur ses positions et qu'on n'a plus de porte de sortie. C'est-à-dire que les manifestants manifestent, l'intersadicale est soudée, le gouvernement reste sourd à un certain nombre de choses. On ne voit pas comment on peut s'en sortir.
Mais là, vous citez trois parties prenantes, moi j'en rajoute une quatrième. C'est les 7 Français sur 10 qui, depuis trois mois, malgré toutes les bonnes explications du gouvernement, sont toujours opposées à la réforme et ne sont pas forcément tous et toutes dans la rue. Mais l'opinion publique reste stable, en tout cas, sur ce positionnement-là.
Oui, ça ne vous inquiète pas un peu, parce qu'on parle d'une sorte de baisse de mobilisation, ce qui est après tout assez légitime, et moi je trouve que ça reste encore assez fort après tout ce temps-là. Mais vous, vous pensez que tout le monde est toujours très présent, très mobilisé, très engagé là-dessus ?
Moi, en manifestation, cette semaine, j'ai rencontré des primo-manifestants. Donc à la douzième journée de manifestation, il y avait des gens qui venaient pour la première fois, parce qu'ils se sont dit, oui, peut-être que le mouvement va s'essouffler, puisqu'il y a plein de gens qui ne peuvent pas continuer à poser des journées, à être en grève. Et donc ils se sont dit, on va venir renforcer les rangs à la douzième journée de mobilisation, parce que c'est trop grave et parce que finalement, on faisait partie des soutiens silencieux qui soutenaient de chez eux, qui sont opposés à la réforme des retraites. Aujourd'hui, ils rentrent dans la danse.
Et je pense que si on faisait l'addition de toutes les personnes qui sont venues à au moins une manifestation depuis le début du mouvement, je crois qu'on a des rues qui sont noirs de monde. Et ce qu'il faut bien comprendre, c'est pourquoi est-ce que ce gouvernement gouverne seul contre tous ? En fait, c'est ça le sujet. C'est de dire, oui, mais les urnes ont tranché, la démocratie a parlé, le président a mandat. Le président n'a pas mandat. Il l'a dit lui-même au lendemain, le soir du deuxième tour, que le vote des Français et des Françaises l'obligeait, puisqu'il avait conscience que ce n'était pas un vote sur son programme, mais que c'était un vote de barrage à l'extrême droite.
Donc une fois qu'on a fait ce postulat-là, la démocratie, ce n'est pas une fois tous les cinq ans. Donc quand on a la majorité de la population qui est contre une réforme, les corps intermédiaires que sont les syndicats unis en intersyndical, qui disent non et qui ont mandat en fait pour représenter les travailleurs et les travailleuses, à un moment donné, ça n'est rien d'autre que du passage en force.
On parlera tout ça un peu sur la suite et l'avenir de la gauche, etc. Vous êtes du coup sensible à cette mobilisation qui perdure. Est-ce que vous n'êtes pas un peu plus inquiète aussi ? Parce que nous, de l'extérieur, quand on regarde ce qui se passe dans les débats, alors sans parler simplement du 49-3, mais des invectives, de l'absence de débat, des obstructions, enfin j'ai le sentiment que pour les Français aujourd'hui, c'est devenu un peu n'importe quoi à l'Assemblée. Est-ce que vous, vous vivez comme ça ? Est-ce qu'il y a encore de la place pour du travail sur le fond ? Est-ce que vous avez l'impression que ça sert à quelque chose ?
Ou même vous, vous êtes un peu démobilisé par rapport à ce travail parlementaire ?
Alors, il y a eu effectivement des débats qui ont été extrêmement tendus à l'Assemblée parce qu'on voit bien qu'en fait, autour de la question des retraites, c'est la question du travail et finalement, c'est simplement la vision qu'on peut avoir de la société. Et pour le coup, il se trouve qu'entre la droite, l'extrême droite, l'extrême droite libérale et la gauche, il y a un fossé immense. Alors forcément, ça kiffe et ça kiffe parce qu'on parle de la vie des gens. Donc, une fois qu'on a dit ça, c'est surtout le 49-3 qui a marqué un tournant dans la qualité des débats.
Et là, on voit que même sur les textes qui ne touchent pas aux retraites, la qualité des échanges, même sur le fond, est dégradée.
Vous l'avez vu arriver ? Vous avez cru jusqu'au bout qu'il n'allait pas le faire et que vous alliez pouvoir quand même discuter du fond, etc. ? Ou vous avez dit très vite qu'on est coincé ?
On ne l'a pas vu arriver et puis ils ont tellement tenté de négocier avec notamment les députés de droite, les Républicains, on a vu passer des trucs complètement hallucinants dans la presse avec des deals de dire, je te donne tant pour ta circonscription si tu votes pour la réforme. Et finalement, même ça, même en allant jusqu'à la compromission des députés de droite, ils n'ont pas pu aller au vote parce qu'ils n'avaient pas la majorité. Et donc, s'ils n'avaient pas la majorité, c'est que fondamentalement, ce texte n'est pas légitime au sein du Parlement.
On a senti ou est-ce que vous, vous l'avez senti de l'intérieur ? Parce que, pareil, quand on regardait, effectivement, quand on voyait, alors la Première Ministre, je ne sais pas, mais au moins le ministre du Sopte, moi, à chaque fois que je le regarde, j'ai l'impression qu'il est coincé un peu entre le cul, entre deux fesses, comme on dit. Ce n'est peut-être pas très bien de le dire comme ça à la radio, mais je n'ai pas trouvé d'autres formules. Mais vous voyez que lui-même, parfois, a du mal à essayer de défendre clairement ça.
Vous ne vous sentez pas que par moments, il y avait des flottements ou des gens, peut-être, y compris chez les députés qui soutenaient le gouvernement, qui se disaient, bon, là, peut-être, on déconne un peu, ou il y avait vraiment un bloc contre ?
Je pense qu'il y a un bloc d'archi-convaincus au sein du gouvernement. On voit que ce bloc se fissure. C'est Franck Lester qui, de lui-même, dans les médias, a avoué que cette réforme allait un petit peu pénaliser les femmes, alors qu'on nous avait vendu que c'était une réforme absolument fantastique pour l'égalité, notamment à la retraite. Aujourd'hui, on a eu des députés, cette semaine, de la majorité, qui ont quitté le groupe Renaissance. Ils sont toujours apparentés au groupe majoritaire, mais qui ont quitté le groupe Renaissance parce qu'elles sont en difficulté, face, je cite, texto Barbara Pompi, qui a dit « On ne fait pas une réforme contre son peuple ».
Donc, on voit bien que ça dérange. Et ces députés, en fait, ils doivent bien revenir en circonscription. Ils doivent bien rendre des comptes. Et dans leur circonscription, je ne vois pas pourquoi, dans leur circonscription, moins qu'ailleurs, il n'y aurait pas 7 Français sur 10 qui sont opposés à la réforme des retraites.
Les Français, les Lyonnais, ceux que vous rencontrez, ils ne vous parlent que de ça en ce moment ?
Oui, et puis surtout du mépris du gouvernement. On voit que ce qui choque beaucoup, ce sont les mensonges qui sont utilisés, et cette forme de mépris, et de se dire, même quand on manifeste pendant 12 semaines, calmement, puisque l'immense majorité des manifestations sont pacifiques, sont bon enfants, finalement, le gouvernement n'entend pas. Et c'est ce mépris-là qui heurte énormément les Lyonnais et les Lyonnaises que moi, je rencontre au quotidien.
Eh bien, on va reparler de tous ces sujets, de plein d'autres, dans une deuxième partie de notre émission. A tout de suite. On se retrouve pour notre deuxième partie de l'émission L'Invité politique, le samedi de 11h à midi, sur Lyon 1ère, avec Marie-Charlotte Garin, députée de la 3e circonscription du Rhône, votre mandat, votre engagement de vos débuts, etc. Et on va parler de plein de sujets qui sont d'actualité, qui sont vos sujets. Il y en a un, évidemment, qui n'ont pas passé à côté, qui est votre engagement féministe. Vous êtes vice-présidente de la commission des droits des femmes. De la délégation des droits des femmes.
C'est un sujet sur lequel vous exprimez, y compris récemment sur l'affaire Catenins, etc. Qu'est-ce que c'est aujourd'hui ? Parce qu'on parlait de votre ascension très rapide. Je sais aussi que vous avez été à la fois beaucoup louée et aussi beaucoup critiquée, y compris en tant que femme, en tant que jeune femme, etc. Je suppose que, à la fois, ça doit vous blesser, ça vous heurte. Qu'est-ce que ça vous fait, parfois, cette réaction très violente, au fait d'être une jeune femme, comme ça, engagée en politique ?
Après, j'ai quand même la chance qu'en proportion...
En proportion, oui, c'est quand même mieux.
J'ai beaucoup plus de gens qui ont des mots gentils plutôt que des mots, on va dire, critiques ou très simplement méchants. Parce que la critique, on l'accepte. La méchanceté, un peu moins. L'avantage que j'ai d'avoir pas mal accompagné des femmes candidates, militantes en politique, avant de moi-même l'être, c'est que ça m'a permis tout de suite de mettre en place une forme de recul, une forme de distance, et d'avoir bien conscience que les gens n'attaquent pas Marie-Charles Garin en sa personne. Les gens attaquent, en fait, l'image que je représente en tant que jeune députée, femme, en politique. Et ça, ça permet tout de suite de mettre de la distance. Après, je me protège aussi.
J'ai une équipe qui me protège aussi de, par exemple, toutes les méchancetés qu'on peut voir, notamment sur les réseaux sociaux. Je pense à Twitter.
Je ne peux pas toujours la peine de se pencher dessus.
Exactement, c'est particulièrement virulent. Et c'est pour ça que je faisais la distinction au début entre méchanceté et critique. Parce que la méchanceté, l'insulte gratuite, ça ne m'intéresse pas. Je n'ai rien à en retirer.
Et puis, ce n'est pas acceptable en tant que tel ?
Ce n'est pas acceptable, même si aujourd'hui, on voit qu'on est très mal protégés, notamment les élus femmes face au cyberharcèlement et à la aide en ligne. Il y a un vrai sujet là-dessus. Mais en tout cas, la critique est la bienvenue. Parce qu'on peut s'améliorer. Il n'y a aucun problème là-dessus. Moi, je suis très partante des retours parce que je trouve que c'est aussi comme ça qu'on construit et qu'on essaie de faire collectif et de faire ensemble. Mais effectivement, la méchanceté, notamment la aide en ligne, ça n'est pas acceptable.
Mais à part mettre de la distance, signaler quand on peut voir, entamer les procédures en justice quand vraiment c'est trop grave, il n'y a pas grand-chose à faire.
Vous disiez que vous aviez été accompagnée ou soutenue par un certain nombre de femmes dans vos engagements politiques. Je crois que votre décision de rejoindre le mouvement écologiste est née d'une émission de radio. Quand vous avez entendu, je crois, Nicolas Hulot qui démissionnait en poste de ministre, qu'est-ce que ça vous avait fait ? Vous vous êtes dit, si lui démissionne, il faut faire quelque chose, je m'engage. Comment ça a commencé, cette envie ?
À l'époque, l'affaire Hulot n'était pas encore sortie. Donc aujourd'hui, j'ai tendance à ne plus trop le citer. J'imagine. Mais en tout cas, ça ne remet pas en cause l'origine de mon engagement qui était en fait le constat. Moi, j'arrive à la fin de mes études à ce moment-là. Je m'apprête à déménager à Lyon pour des raisons professionnelles. Et le constat que je fais, c'est que moi, je suis au maximum de mes petits pas individuels. Et c'est quand il démissionne dans cette interview à France Inter. Il dit, en fait, moi, j'arrête parce qu'en fait, la politique des petits pas, ça ne suffit pas.
Et je me dis, si même lui, qui est ministre, qui est censé être tenant en fait d'un certain pouvoir décisionnaire et de moyens pour générer du changement n'y arrive pas, c'est qu'effectivement, il faut qu'on commence à faire masse. Et donc, il y a un engagement collectif. Et c'est à ce moment-là, du coup, après avoir déménagé à Lyon, que moi, je passe la porte d'Europe Écolégie Les Verts.
Mais l'engagement, il peut se faire aussi de plein d'autres manières. Parce qu'avant, dans votre parcours, et tout le monde le sait aujourd'hui, vous avez aussi travaillé dans une ONG qui est un handicap international. Je me faisais la réflexion en préparant avec vous cette émission qu'il y a un certain nombre d'hommes et de femmes politiques qui ont fait le parcours inverse. Je pense à Benoît Hamon, à Navotte de Velkacem, à Cécile Duflo, etc., qui sont à LA aujourd'hui dans des organisations. Est-ce que ça veut dire que parfois, on peut aller s'exprimer ailleurs ou qu'il y a peut-être plus de puissance parfois sur des ONG ou des leviers de ce type ? Est-ce que... Ou pas forcément.
Ou c'est un moment de vie ou c'est comme ça ?
Moi, je pense qu'il n'est pas surprenant de retrouver des personnes qui ont des trajectoires d'engagement dans différentes structures d'engagement. Et pour le coup, moi, au moment où je m'engage en politique, dans ma vie professionnelle, je commence à travailler pour le handicap international. Donc, finalement, j'ai un pilier professionnel qui est de l'engagement et à côté de mon pilier professionnel, j'ai en fait un militantisme politique qui est complémentaire des deux.
Et il se trouve qu'au bout d'un moment, le militantisme a pris tellement de place et j'étais tellement enthousiaste, en tout cas avec le projet qu'on a apporté à l'occasion des élections municipales à Lyon, que je me suis dit, OK, j'ai aussi envie de donner mon temps professionnel pour le militantisme politique. Mais moi, je le perçois comme, en gros, ma trajectoire est une trajectoire d'engagement au service du collectif. Et l'engagement politique n'est pas forcément partisan. Travailler dans une association, c'est politique. Travailler dans un syndicat, avoir un métier qui a du sens, en fait, c'est politique.
Et c'est pour ça que moi, je ne m'inquiète pas du tout pour la suite, parce que je me dis que des formes d'engagement politique, au-delà du mandat de député, il y en aura plein. Et les manières de servir le collectif, il y en a plein. Et l'engagement partisan politique n'est pas au-dessus des autres. C'est un engagement
comme un autre. Alors, parmi ce que vous évoquiez en début de notre émission, c'était l'envie aussi peut-être de réinventer la politique ou d'imposer un nouveau style. Je crois que parmi les personnes qui ont beaucoup compté et qui comptent beaucoup dans votre engagement et qui peut être peut-être considérée comme un modèle, c'est Jacinda Arden, la première ministre néo-zélandaise qui vient de quitter son poste alors qu'elle était en poste expliquant qu'elle n'y arrivait plus, qu'elle était fatiguée, etc. Est-ce que, quel effet ça vous a fait, vous qui aviez, je suppose, à la fois de l'admiration et du respect ? Est-ce qu'en tant de femmes, voilà, comme élues, qu'est-ce que ça représente ?
Est-ce que c'est plutôt un élément intéressant de dire, bah oui, il faut savoir s'arrêter quand c'est nécessaire ? Est-ce que c'est triste parce qu'elle s'arrête ? Comment vous avez vécu ça ?
L'image qui m'est venue suite à sa démission, c'était de me dire que finalement, on est un certain nombre à être dans une grande arène qui est celle de la vie politique et sa démission, j'ai eu l'impression d'être au milieu de cette arène et de me retourner et de me dire, ah bah j'ai perdu une sœur. Il en manque une, quoi. Parce que Jacinda Ardern, comme vous le disiez, elle représente quelque chose dans son style de leadership.
On l'a vu avec les attentats de Christchurch, sa gestion de la crise Covid, elle a été quand même, enfin, elle a eu un style de leadership et d'incarnation du pouvoir et des responsabilités qui était en décalage avec toutes les normes un peu très traditionnelles, masculines, qu'on a pu voir jusqu'à maintenant. Et moi, ça fait d'autant plus écho que quand j'étais étudiante, j'ai une de mes profs qui a fait venir Jacinda Ardern dans mon école en disant, on a besoin de vous montrer à vous, étudiante, que vous pouvez tout faire et elle était enceinte à l'époque. Que vous pouvez en fait être chef d'État et être enceinte aussi en même temps et que le leadership au féminin, ça existe.
Donc, on est nombreuses à se poser la question. Combien de temps on dure en fait en politique si on refuse en fait d'adopter les codes traditionnels de la majorité et il y a effectivement une crainte de se dire est-ce qu'on n'est pas un peu de la chair à canon donc on y va comme Jacinda Ardern pendant 5 ans à des hauts niveaux de responsabilité, on donne tout, on essaie de ne pas se compromettre, on assume le fait d'incarner le pouvoir politique avec ses émotions et avec une attention à l'autre, avec une forme de soin envers que ce soit nos électeurs, nos électrices mais aussi les gens autour de nous en politique. Combien de temps on dure avec ça ? Est-ce qu'on ne va pas s'épuiser ?
Est-ce que finalement on est juste voué à prendre des tours les unes après les autres ou est-ce qu'on peut se dire et ça c'est mon optimisme à moi, c'est que notre rôle c'est d'ouvrir la porte pour qu'on soit de plus en plus nombreuse, pour qu'on puisse faire masse, pour à terme instituer un changement culturel qui fera que ce n'est pas si violent
de vivre tout ce monde. Il y a un vrai levier d'action, de pouvoir, parce que ça s'est multiplié. Cette sororité, parce que c'est de ça dont on parle, cette fraternité entre femmes, cette solidarité qui vous unit parfois au-delà des partis politiques, elle n'empêche pas peut-être d'avoir des visions un peu différentes de ce que c'est que le féminisme ou l'engagement féministe et même au-delà peut-être des partis politiques. Comment on fait et est-ce que c'est plus dur à critiquer quand on a une de ses collègues ou une autre élue qui fait des choses un peu peut-être décalées par rapport à ce que vous faites ?
Je pensais à Marlène Schiappa qui a son tempérament et qui fait, je crois, quand même pas mal de choses pour la cause des femmes qui a pris une décision qui lui est personnelle de poser dans un magazine dont on en a beaucoup parlé. Est-ce que vous, vous vous dites ça sert quand même la cause ou je n'aurais pas fait ça comme ça ou est-ce que je peux lui dire ? Est-ce que ça vous met dans une difficulté par rapport justement aux femmes et à la place des femmes dans la vie politique ? Vous êtes quand même capable de critiquer si c'est le cas ?
Je crois que le propre du féminisme c'est quand même de respecter justement les choix des unes et des autres et de se dire oui peut-être que moi je ne l'aurais pas fait mais si elle veut le faire en fait c'est son corps et c'est sa volonté d'incarner le pouvoir de la manière dont elle le souhaite. Après on est dans une difficulté dans un contexte politique où ça ne peut pas être une distraction je pense notamment à l'affaire du fond Marianne à laquelle Marlène Schiappa est très liée. Mais moi je ne suis pas là pour porter le jugement je peux ne pas être d'accord je peux critiquer mais quelque part ça ne m'intéresse pas tant que ça.
Par contre ce que je trouve intéressant c'est de voir l'écho médiatique que ça et les réactions des uns et des autres qui d'un côté justement se positionnent en grand défenseur des droits des femmes en disant elle fait ce qu'elle veut de son corps d'autres qui disent non elle est ministre etc.
Parce qu'il y a même une ministre Isabelle Rom s'est exprimée sur le sujet en disant qu'elle n'aurait pas fait ça alors qu'elle est en charge de l'égalité homme-femme aussi Oui
mais dire qu'on n'aurait pas fait ça ça ne veut pas dire qu'on condamne forcément l'action des autres et je pense que c'est important de le respecter aussi moi je ne veux pas porter de jugement et c'est aussi ça la sauréité en politique
Très bien alors on va parler de quelques grands sujets d'actualité qui concernent évidemment les transitions le climat qui est devenu une des principales préoccupations à un des français et dans l'actualité récente il y a eu un débat que je trouve assez compliqué mais j'attends avec plaisir vos explications sur les fameuses méga-bassines à la fois sur la mécanique de la méga-bassine de ce que ça raconte par rapport au stress idérique aux problématiques de l'eau et puis ce qui s'est passé à Sainte-Soline puisqu'il y a eu quand même un certain nombre d'événements graves est-ce que vous pourriez nous resituer tout ça et nous expliquer pourquoi c'est un enjeu important et ce que vous pensez de ce qui s'est passé là-bas
Le concept des méga-bassines c'est de se dire on va faire face à un stress hydrique comme vous le disiez de plus en plus important donc comment est-ce qu'on va faire des réserves d'eau et le postulat qui est fait avec les méga-bassines c'est qu'en gros on va aller pomper dans la nappe phréatique notamment quand il n'y a pas de sécheresse donc plutôt en hiver sauf qu'aujourd'hui on voit que le stress hydrique il est déjà là donc on a des sécheresses hivernales ce qui est assez assez inattendu ou en tout cas qui n'était pas très courant ces dernières années donc il y a la question de la technique qui est utilisée est-ce qu'elle est respectueuse en fait de la biodiversité du vivant et de notre capacité à mobiliser les ressources de la nature sans les épuiser et après il y a la question du partage en fait de cette ressource et là le problème avec les méga-bassines c'est que si on prend l'exemple de Sainte-Solène ce serait une méga-bassine qui servirait à 12 agriculteurs et donc évidemment ce sont des agriculteurs qui ont plutôt des modèles assez extensifs en tout cas assez exigeants c'est pas du tout l'agriculture raisonnée avec des modèles vertueux etc et donc ça pose la question de ce que finalement ce sont les modèles les plus intensifs d'agriculture les plus néfastes pour l'environnement pour notre santé qui ont accès à la ressource et qui finalement presque la privatisent on n'est pas exactement sur une privatisation mais en tout cas on est sur un hold-up de la ressource eau qui est une ressource commune
c'est presque le modèle du coup derrière qui a à questionner plus que simplement la pratique
c'est pour ça que c'est les deux il faut vraiment avoir conscience qu'il y a la question de l'impact de la pratique qui aujourd'hui est quand même décriée parce qu'on voit que c'est pas efficace et qu'en tout cas elle a pris en compte sur le temps long des enjeux de stress hydrique mais c'est assez symptomatique de ce que fait ce gouvernement c'est-à-dire comment est-ce qu'on met une rustine plutôt que de se dire on repense le système on repense le modèle on adapte notre agriculture avec par exemple une agriculture qui va être moins demandeuse d'eau etc au lieu de faire ça on continue sur le même modèle mais juste on essaye par la technologie même si on sait que ça va pas être durable sur le temps long de trouver des solutions qui sont finalement faiblardes et qui posent la question de l'accès et du partage de la ressource eau aujourd'hui et ça c'est extrêmement problématique on voit vraiment que ça polarise et que ça cristallise et le gouvernement a dit mais si il y avait un accord qui a été signé il y a tel rapport du BRGM qui a dit que c'était bien etc les propres auteurs du rapport de la BRGM ont dû reprendre la parole après et dire mais non en fait ça va pas du tout parce que le rapport il date de données qui ont plus de 10 ans donc ils prennent pas en compte en fait l'accélération du réchauffement climatique
il y a plein d'endroits on a montré d'ailleurs que c'était pas utile que c'était une efficace que c'était une efficace sur ce sujet central de l'eau s'est greffé aussi une problématique différente de la réaction de la répression de la manifestation de la violence comment est-ce que vous vous jugez ce qui s'est passé à Sainte-Solines et je vous disais il n'y a pas longtemps un article du président de la Ligue des Droits de l'Homme qui a été mis fermement en cause par le ministre de l'Intérieur pourtant la Ligue des Droits de l'Homme a priori ne sont pas des des dangereux extrémistes comment est-ce que vous voyez cette montée de la violence ce qui s'est passé là-bas ?
Je crois que c'est assez révélateur d'un gouvernement qui finalement est un peu en roue libre et notamment le ministre d'Armand qui est clairement en roue libre puisqu'il a menti sur ce qui s'était passé à Sainte-Solines il n'y avait pas d'armes de guerre on voit sur les images qu'on avait effectivement ensuite il faut s'interroger sur pourquoi est-ce qu'on a envoyé des milliers de forces de l'ordre pour protéger un trou est-ce que finalement on n'est pas là dans une polarisation justement de la violence une volonté de de dépeindre en fait un portrait des vilains dangereux écologistes sans foi ni loi qui veulent qui recherchent que la violence alors que l'immense majorité du rassemblement était pacifiste que le rassemblement à Sainte-Solines c'était aussi deux jours de conférences justement sur l'accès à l'eau sur l'agriculture etc tout ça ça a été balayé parce que pourquoi ?
parce qu'en fait le débat a été centré sur la violence qu'il y a eu à Sainte-Solines
Alors c'est vrai aussi qu'au-delà des faits mais ça interroge pas mal parce que c'est un sujet que je sais vous traitez régulièrement je crois que vous avez fait une réunion publique il n'y a pas longtemps sur les questions de la désobéissance civile et c'est aussi ça qu'il y a derrière un peu on a pas mal parlé de jeunes activistes à Lyon de mouvements un peu peut-être jugés excessifs par certains comment est-ce que vous jugez vous cet engagement jusqu'où on peut aller pour s'engager jusqu'où on peut aller pour défendre la cause et qu'est-ce qui est légitime ou qui ne l'est pas totalement sur ces grands sujets ?
Moi je suis partisane de la non-violence donc déjà ça pose un cadre clair de jusqu'où on peut aller ou non dans l'action il faut comprendre que les actions de désobéissance civile elles sont nourries par l'inaction et la radicalité de manière générale est nourrie par l'inaction et si ces jeunes se mobilisent à ce point c'est parce qu'ils ont le sentiment de ne pas être entendus par ce gouvernement donc comment est-ce que on répond à cette détresse et à cette éco-anxiété qui se mobilise de plus en plus ?
En fait une prise en compte et moi ce que je dis aux jeunes en fait mobilisez-vous jusqu'à ce que vous ayez le sentiment d'être entendus dans un cadre non-violent évidemment mais c'est ça qui est interrogé derrière et la jeunesse elle ne va pas s'arrêter en fait il faut comprendre que vu la situation dans laquelle on est plus ça va plus il y aura des actions de désobéissance civile
Merci ceux dont on va parler dans une troisième partie de notre émission à tout de suite On se retrouve pour la troisième partie de notre émission l'invité politique le samedi de 11h à midi sur Lyon 1ère toujours avec Marie-Charlotte Garin la députée de la troisième circonscription du Rhône il y a des tonnes de sujets avec lesquels j'aurais envie d'échanger avec vous on va parler il y a ce vendredi donc une ministre qui est en visite à Lyon Agnès Firmin-Le Baudot qui est en chef de tout ce qui est organisation santé ministre délégué sur ces sujets qui vient à Léon Bérard pour travailler justement sur les questions et les enjeux de la fin de vie puisqu'on sait qu'il y a eu un rapport du CESE et qu'il faut maintenant construire un projet à la fois avec les soignants et les parlementaires est-ce que vous avez suivi ces questions vous êtes dans la commission des affaires sociales notamment mais est-ce que c'est des sujets qui vous concernent qui vous interpellent qui vous intéressent et pourquoi c'est important pour notre société ces questions ?
Dans mon groupe c'est Sandrine Rousseau qui est chef de file sur la question de la fin de vie donc moi je n'ai pas commencé à travailler sur le texte en soi avant qu'il nous arrive dans l'hémicycle c'est important parce qu'on voit bien que toutes les questions de bioéthique c'est fondamental ça touche à l'intime et il n'est pas surprenant du coup que sur ces sujets-là on observe qu'il y a souvent par exemple une liberté de vote pour les parlementaires dans l'hémicycle en se disant c'est d'une sensibilité telle que les consignes de groupe ne s'appliquent pas et aujourd'hui sur la question de la fin de vie on voit bien que notamment en observant nos voisins et je pense notamment à nos voisins belges il nous faut accompagner
il nous faut fermer Oui il y a eu une avancée des français les français qui avaient été tirés au sort étaient majoritairement pour dire il faut faire des choses il faut faire davantage il faut faire autrement
mais c'est assez intéressant de voir que de manière générale dans l'opinion publique que ça soit des questions par exemple de droit à l'avortement ou de fin de vie l'opinion publique est toujours en ce moment est plutôt favorable aux évolutions plus progressistes et le sens de la concertation en tout cas de faire un travail avec les soignants avec les parlementaires mais aussi avec les citoyens je trouve qu'il est très positif de se dire sur un sujet de société telle d'avoir ce travail de concertation pour le coup moi je le regarde avec un oeil très positif
Mais du coup est-ce que vous y croyez encore cette fameuse concertation parce qu'une des choses qu'il y a derrière si on parle un peu plus de politique nationale et de rapports de force politique etc. c'est que le président Macron visiblement entend dépasser contourner le problème des retraites pour rentrer sur d'autres problématiques mettre en place d'autres réformes et est-ce qu'il n'y a pas aussi là comme un leurre comme quelque chose qui dit bah regardez on s'occupe d'autre chose comment est-ce qu'on fait pour à la fois travailler sur les vrais sujets tout en n'oubliant pas ce qui vous semble vous important
je ferai un petit peu la distinction dans le sens où par exemple sur la fin de vie les travaux étaient déjà entre guillemets dans les tuyaux avant qu'on ait le marasme absolu qui a été la réforme des retraites et donc c'est un petit peu décorrélé et j'ai envie d'avoir un petit peu l'optimisme de me dire que justement comme je le disais sur un sujet si délicat si sensible on échappe un petit peu peut-être pas complètement aux logiques de politique politicienne et sachant qu'on part quand même avec un avantage c'est que comme vous le disiez l'opinion publique est favorable à une évolution donc c'est pas la même chose de dire on fait une concertation alors que la majorité de la population est contre et puis finalement on fera bien ce qu'on voudra à la fin là les résultats de la convention augurent en tout cas des travaux plutôt sereins
ça part plutôt vieux et c'est des sujets qui méritent qu'on le fasse
qui méritent qu'on le fasse mais effectivement cette volonté un peu de tourner la page parce qu'à le gouvernement nous elle ne nous distrait pas du combat actuel du mouvement social qui est effectivement l'opposition à la réforme des retraites
parce qu'il y a d'autres sujets qu'il essaie de mettre sur la table le gouvernement et le président il y avait quelque chose qui a été lancé alors qu'il s'en va qu'il revient c'est un peu l'arlésienne cette fameuse réforme institutionnelle à un moment le travail sur les mandats le cumul des mandats l'organisation etc c'est sans doute un vrai sujet enfin vous me direz si vous vous pensez que c'en est un mais est-ce que vous pensez que c'est pareil le moment de s'occuper
c'est un petit peu hypocrite pour un président qui n'a jamais autant abusé de la 5ème république et finalement de l'hyper-présidentialisme qui va avec de dire on va changer les choses et nous notre crainte en tout cas à gauche c'est qu'il y ait un énorme clivage dans cette fameuse réforme institutionnelle et qui aille plutôt dans le sens de la dérive autoritaire du pouvoir qu'on voit aujourd'hui et qui protège toujours un peu plus finalement cette hyper-présidentialisation et aussi un gouvernement qui a complètement raté le coche du parlementarisme on aurait pu mettre un peu de 6ème dans la 5ème république avec les législatives c'est-à-dire justement on a une majorité relative on peut faire différemment c'est pas le choix qui a été fait par la majorité donc ça traduit en tout cas ou traduit ou trahit un petit peu les intentions du gouvernement et à l'heure actuelle on n'a pas le détail de ce qu'il y aurait dans cette réforme constitutionnelle mais nous en tant qu'opposition on est très très inquiet
alors sur l'avenir qu'est-ce qui vous inquiète le plus est-ce que c'est le fait on en parlait au début de notre entretien que le parlement il n'y a plus de la place pour discuter sur le fond dans quel état vous êtes j'allais dire à gauche parce que souvent on vous entend disant ben voilà nous moi mon objectif c'est quand même de faire en sorte que la gauche gagne alors j'aurais tendance d'abord à vous dire mais qu'est-ce que c'est aujourd'hui que la gauche qu'est-ce qui reste à gauche parce que quand on regarde les discussions les dissensions etc qu'est-ce qui reste par exemple de la NUPES pour vous parce qu'elle est élevée et membre de la NUPES mais on sait aussi qu'a priori pour les européennes qui arrivent dans à peine un an en 2024 vous allez faire un peu cavalier seul est-ce qu'il n'y a pas une forme de contradiction dans cette envie de faire gagner la gauche et en même temps déjà peut-être de dire que si ça se trouve la NUPES c'est fini c'est ça ?
La NUPES est bien vivante vive la NUPES non mais elle vit en tout cas moi à l'Assemblée je la vois vivre au quotidien et j'ai même envie de dire qu'elle se renforce et quelque part toutes les petites phrases qu'on entend dans les médias les sorties qui justement amènent cette inquiétude de se dire bon ben la NUPES ça ne tient pas etc etc en fait tout ça c'est du brouhaha parce que au-delà de la scène médiatique et des égaux de chacun au quotidien on a quand même une majorité de députés qui travaillent ensemble que ça soit moi je prends toujours l'exemple de ma commission en affaires sociales où ça se passe très très bien on collabore c'est pas un drame quand on vote pas tous ensemble on se soutient on porte des propositions en commun on travaille ensemble et moi effectivement je fais partie de celles qui disent on reste concentré sur 2027 2027 c'est l'objectif il va falloir offrir une alternative aux français qui soit ni Le Pen ni Macron et cette alternative elle n'existe pas pour aucun parti de gauche qui ferait le vœu de partir tout seul donc ça nous oblige et moi j'ai vu l'enthousiasme que ça a suscité cette campagne de la NUPES la première fois que j'étais invitée chez vous je vous en parlais déjà il y avait énormément de jeunes qui arrivaient à nous et des gens qui disaient mais enfin nous ça nous intéresse pas tel ou tel parti nous on veut l'union de la gauche et des écologistes et ces jeunes ils sont encore là ils m'accompagnent encore dans ce mandat et moi je peux pas décevoir en fait cet espoir là qui a été placé dans la NUPES
on voit bien qu'il y a des jeux un peu alors pour le coup politicien parce que vous dites souvent moi je veux essayer de lutter contre ça contre ces vieilles méthodes ces vieilles pratiques il y a eu il n'y a pas très longtemps une législative partielle en arriège avec une personne qui a été issue du PS etc mais pour faire très simple qui a été soutenue par une branche un peu dissidente du PS Olivier Ford disait qu'il faut qu'elle reste à la NUPES finalement on sait pas trop où elle va siéger est-ce que c'est pas comme ça que petit à petit ça se détricote et que c'est ça qui embête un petit peu ou empêche cette union de la gauche que vous appelez de vos voeux
si on compte nos forces on est extrêmement majoritaire dans tous nos partis respectifs à vouloir travailler ensemble plutôt qu'à vouloir faire le jeu d'une seule écurie moi toutes ces vieilles pratiques d'un autre temps dans tous les partis elles m'intéressent pas et c'est ce contre quoi on est toute une nouvelle génération d'élus et je parle pas forcément jeune en âge mais en tout cas d'arriver à la politique à se battre contre ça ou en tout cas c'est même pas à se battre parce qu'on veut pas mettre de l'énergie là-dedans c'est à mettre de l'énergie à construire autre chose et à construire des méthodes de travail construire un horizon commun qui fonctionne et moi c'est mon enthousiasme en tout cas je le place là et on voit que la situation aujourd'hui elle est trop grave en fait et on a eu un séminaire NUPES donc une assemblée plénière où tous les députés de la NUPES sont conviés et dans les échanges qu'il y avait il y avait nos différences qu'on se disait avec beaucoup de calme il y avait une écoute en fait on peut se critiquer les uns les autres se dire bah là on n'a pas été d'accord etc il y avait une écoute face à ces critiques et moi ce que j'ai ressorti de ce temps en tout cas c'était un sentiment de responsabilité de vraiment nous sommes obligés on doit y arriver parce qu'en fait on a un gouvernement qui est complètement irresponsable qui est dans le mépris dans le mensonge dans un gouvernement qui a un rapport trumpiste à la vérité c'est complètement c'est extrêmement grave ce qui se passe et moi demain j'ai pas envie de me dire qu'il y ait potentiellement une extrême droite qui arrive au pouvoir et comme le gouvernement a intérêt à diaboliser la gauche à taper sur la gauche parce qu'en fait nous sommes sa seule concurrence sérieuse au delà de Marine Le Pen parce que le gouvernement fait le pari de se dire face à l'extrême droite on nous choisira toujours mais là ça montre à quel point ils sont à côté de la plaque de se dire le nombre de gens qu'on croise dans la rue qui disent mais nous on ne fera plus jamais barrage parce que plus jamais on votera pour la Macronie donc ça veut dire que demain il y a un second tour Macronie-Le Pen moi je ne suis pas sûre que la majorité repasse donc l'enjeu c'est de se dire nous sommes l'alternative crédible
alors justement cette alternative pour qu'elle soit crédible c'est aussi après des jeux d'images de postures etc on voit bien je ne sais pas qui l'instrumentalisme mais qu'il y a un décalage dans ce qu'on voit entre le fameux groupe du rassemblement national avec ses cravates très sages qui essayent de faire des propositions et puis parfois une forme d'agitation ou un peu d'excès etc à gauche je ne sais pas comment vous vous le vivez comment vous vous positionnez de l'intérieur c'est-à-dire que nous on ne voit que quelque chose mais est-ce qu'à l'intérieur il y a plus de fraternité de solidarité qu'est-ce que vous pensez de l'attitude d'ailleurs du groupe RN qui joue cette forme de légitimation par le consensus un peu
on a le groupe RN qui joue la légitimisation mais il y a aussi le groupe RN qui est légitimé par la majorité présidentielle on a quand même des gens de la majorité qui ont co-signé des amendements qui leur ont permis en fait d'accéder aux vice-présidences de l'Assemblée Nationale sans que personne ne batte d'un ciel ce que je trouve moi extrêmement grave et dans les faits c'est intéressant de voir justement ce jeu médiatique où le gouvernement diabolise la gauche tape un peu sur le RN et c'était le cas je crois que sur le discours sur le 49.3 d'Elisabeth Borne sur les 20 minutes de discours elle doit parler une minute ou deux du RN et tout le reste du temps elle tape sur la gauche donc ça montre un petit peu qui a ses intérêts où mais nous ce qu'on constate du Rassemblement National au quotidien c'est que c'est une opposition en carton c'est vraiment la stratégie de la carpette sur les retraites ils ont été absents ils ont été nullissimes vides les seuls arguments finalement qui ont été exposés pour résoudre la question des financements de nos retraites ça a été la natalité donc de dire on va demander aux femmes de faire plus de bébés pour financer nos retraites aujourd'hui en 2023 en France on estime que c'est encore un argument plausible
alors vous disiez et vous répétez souvent une gauche qui gagne construire une gauche qui gagne je suppose que c'est une gauche où elle est élevée à toute sa place voire peut-être la première place ça revient à une de mes questions initiales qui était de se dire la NUPES c'est effectivement les solidaires et en même temps sur des prochaines échéances comme les européennes qui sont un peu particulières certes visiblement les verts vont partir seuls c'est quoi la gauche de demain est-ce qu'elle est plus écolo plus sociale est-ce qu'elle est plus comment vous la vivez comment vous allez construire cette gauche moderne écolo juste comment vous la définissez en fait celle qui va gagner
déjà c'est une gauche plurielle parce qu'en fait on voit bien que c'est ce pluralisme là qui fait qu'on rassemble c'est à dire que bah oui parfois on a des électeurs qui votent pour nous mais qui sont pas forcément d'accord avec ce qu'on fait qui vont plus avoir je sais pas une tendance communiste une tendance socialiste une tendance insoumise mais qui savent que collectivement on peut aller vers des victoires aujourd'hui à l'heure du réchauffement climatique et de la crise sociale face à laquelle on est la gauche ne peut pas se soustraire à la nécessité de concilier justice sociale et justice climatique et moi j'appelle de mes voeux et je dis pas quand je dis que je dénonce un peu les pratiques de politique politicienne et les logiques d'écurie j'irais jamais dire c'est EELV qui doit partir devant moi je pense que ça doit être une équipe que ça doit être la personne la mieux placée pour gagner puisqu'on reste quand même dans un régime très présidentiel avec une incarnation très forte qui doit partir devant et je ne préjuge pas que cette personne vienne des écologistes par contre ce que je pense c'est que l'écologie politique doit être au coeur du logiciel et de la matrice en fait qu'on a envie d'avoir et qu'on a envie de porter parce qu'on ne peut plus s'en passer aujourd'hui et ce serait ne pas répondre justement à tous ces jeunes dont on parlait plus tôt qui s'engagent dans la désobéissance civile pour l'action climatique ce serait les trahir que de ne pas vouloir avoir ce logiciel de lecture là
c'est pour eux cette urgence aussi quelque part dans votre combat alors le week-end généralement pour le commun des mortels c'est du repos de la vie de famille etc quand on est une élue parlementaire aussi engagée que vous l'êtes qu'est-ce qui se passe du week-end est-ce qu'on arrive de temps en temps à décrocher à se poser à prendre un peu de temps pour ça et si oui qu'est-ce que vous faites pour vous du coup ?
alors on essaye c'est pas toujours simple mais c'est vrai que si on est cohérent avec ses valeurs on prône aussi une forme d'écologie personnelle donc de temps au repos parce qu'en fait on fait beaucoup des représentations des visites etc moi j'essaye de voir mes proches de lire de faire du sport aussi d'aller courir d'aller marcher
je pense que vous avez suivi avec attention la magnifique victoire de l'Asvel Féminin en Coupe d'Europe
absolument c'est une immense fierté c'était une immense joie de suivre ça de mon téléphone de loin mais on est très très fiers du sport féminin à Lyon on est vraiment un beau berceau pour tout ça donc ouais c'est sport lecture prendre l'air aussi parce qu'on passe beaucoup de temps enfermé dans l'hémicycle et c'est clair qu'on n'est pas habitué à ce mode de vie qui est un mode de vie plutôt sédentaire du coup une partie de la semaine
qui est intense en plus les gens ne le voient pas toujours mais c'est beaucoup beaucoup de travail quand même à la semaine
très intense c'est des journées qui se terminent souvent à minuit qu'on commence à 8h et qu'on termine à minuit donc c'est physiquement intense mais après moi je garde toujours à l'esprit qu'il y a des millions de français qui vivent ce même type de rythme ces mêmes types de difficultés cette vie entre deux villes etc etc donc je ne peux pas me plaindre
vous vous sentez plutôt privilégiée quand même dans la situation dans laquelle vous êtes
c'est une aventure humaine et politique absolument extraordinaire et c'est un honneur et un privilège d'avoir reçu ce mandat des électeurs et des électrices
alors en skid vous le savez souvent en musique je vous ai demandé de choisir un titre de chanson quel est-il et pour quelle raison ?
j'ai choisi On a pris le temps qui est un titre d'un trio qui est celui de Ben Mazoué Grand Corps Malade et Gaël Faille ce sont trois artistes que j'aime beaucoup individuellement et que j'aime aussi énormément réunis et cette musique je le dis parce qu'on approche des vacances aussi parlementaires donc je veux aussi prendre le temps d'une pause cette musique elle me permet souvent de ralentir justement dans ce rythme effréné donc elle vient souvent comme une respiration dans mes semaines
apaiser nous rappeler peut-être aussi l'essentiel qui est qu'il faut pouvoir aussi durer pour mener les combats que vous avez amenés un grand merci Maréchal Odgarin d'être venu à notre micro je sais que votre emploi du temps est souvent très chargé c'était un plaisir de vous revoir comme député et de vous accueillir vous êtes toujours la bienvenue dans nos studios et quant à vous je vous dis à très bientôt pour une nouvelle émission au revoir c'était l'invité politique du samedi sur Lyon 1ère en partenariat avec Lyon Positif la plateforme inspirante des acteurs engagés dans la transition du territoire retrouvez tous les invités politiques en podcast sur lyonpremière.fr et lyonpositif.fr écoutez votre radio Lyon 1ère en direct sur l'application Lyon 1ère lyonpremière.fr et bien sûr à Lyon sur 90.2 FM et en DAB+.
Lyon.
Marie-Charlotte Garin