« Protéger le mode de vie européen » : transmettre ce qui nous relie (Fx Bellamy)
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Chapitres
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« la nomination d'un commissaire, Margaritis Schinas, chargé de la "Protection du mode de vie européen" »
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« il y a une certaine manière de vivre qui correspond à ce que nous pouvons appeler "la civilisation européenne" ; et cette civilisation, oui, mérite d'être protégée, mérite d'être transmise »
- 1:29Invité politiqueFait
« l'Europe n'est pas un espace neutre. L'Europe n'est pas un espace géométrique abstrait »
- 2:10Invité politiqueFait
« Quand on entre en Europe, on épouse un endroit, marqué par une histoire, marqué par une civilisation qui détermine une certaine manière d'habiter le monde »
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« l'immigration massive que nous avons connu au cours des dernières années, des dernières décennies, a produit dans nos sociétés une forme d'insécurité culturelle »
- 3:38Invité politiqueFait
« nous avons le droit, et non pas seulement le droit, mais surtout le devoir, de préserver et de transmettre, ce que l'on peut appeler "un mode de vie" »
- 5:02Invité politiqueFait
« l'Union européenne assume de ne pas être un espace neutre, de ne pas être le nom d'un universel abstrait. L'Europe est héritière d'une civilisation singulière »
- 5:41Invité politiqueFait
« l'Europe ne relèvera les défis de son avenir que si elle est capable de retrouver le sens de ce qui la relie, de ce qui relie nos pays, de ce qui nous lie les uns aux autres »
Temps de parole
- François-Xavier Bellamy100 %
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Bonjour à tous je suis très heureux de vous retrouver et à l'occasion de cette année qui commence de façon régulière, de venir parler avec vous du travail parlementaire européen. Aujourd'hui, je voudrai vous parler d'un sujet qui semble faire polémique, c'est la nomination d'un commissaire, Margaritis Schinas, chargé de la "Protection du mode de vie européen".
À l'occasion de la composition de sa liste de commissaires, Ursula von der Leyen a attribué cette nouvelle fonctionne à un membre de la future Commission européenne, et certains s'émeuvent de ce que la défense du "mode de vie européen" pourrait contenir, peut-être, de xénophobe, pourrait impliquer d'exclusion, ou pourrait signifier de renvoi à une forme d'extrémisme. Je ne comprends pas, ou plutôt, j'ai peur de trop bien comprendre la méfiance qui s'exprime à l'égard de cet intitulé.
Oui, il y a une certaine manière de vivre qui correspond à ce que nous pouvons appeler "la civilisation européenne" ; et cette civilisation, oui, mérite d'être protégée, mérite d'être transmise, parce que sa valeur est immense et que nous croyons profondément que cette civilisation, qui a fait de nous ce que nous sommes, peut être promesse de liberté et de vie pour les générations qui viendront. Arrêtons-nous un instant sur ce qui est en train de se jouer.
Je n'aime pas beaucoup l'expression "mode de vie", et à titre personnel, il m'arrive rarement de l'employer, parce que le "mode de vie" est contingent, relatif, et que, d'ailleurs, dans notre mode de vie, il y aurait sans doute beaucoup à changer. Nous avons adopté aujourd'hui Europe un mode de vie par certains aspects consumériste, individualiste, qui mériterait certainement, y compris du point de vue de la préoccupation écologique, que nous sommes nombreux à partager, d'être rectifié ou d'être amélioré. Mais enfin, reconnaissons-le : l'Europe n'est pas un espace neutre. L'Europe n'est pas un espace géométrique abstrait.
Quand on entre en Europe, parce que les routes de l'expatriation ou l'immigration conduisent à venir sur le territoire européen, on entre pas dans un endroit qui serait une sorte de colocation pour des individus abstraits qui décideraient de partager un simple espace abstrait. Quand on entre en Europe, on épouse un endroit, marqué par une histoire, marqué par une civilisation qui détermine une certaine manière d'habiter le monde, une certaine manière de vivre les uns avec les autres, de nous considérer les uns les autres. Et cela, oui c'est vrai, mérite d'être protégé.
L'immigration massive que nous avons connu au cours des dernières années, des dernières décennies, a produit dans nos sociétés une forme d'insécurité culturelle, pour reprendre les mots de Laurent Bouvet. Dans tous les cas, le sentiment que nous ne savons plus ce qui nous relie les uns aux autres, ce que nous partageons ensemble. Et nous sommes tous victimes de cette situation.
Nous en sommes victimes, soit parce que, habitants des pays d'Europe, nous avons le sentiment de ne plus nous reconnaître dans une certaine manière de vivre, qui n'est plus largement partagée, et nous avons aussi l'occasion d'en être victimes, lorsque, issus de l'immigration plus ou moins récente, nous n'avons pas eu la chance de recevoir ce qui pouvait nous permettre de nous intégrer à la société dans laquelle nous arrivons. J'ai eu l'occasion de le dire dans "Les Déshérités", j'ai eu l'occasion de l'écrire dans "Demeure", et c'est la raison pour laquelle cette question me tient particulièrement à cœur.
Je crois que la véritable générosité envers ceux qui nous entourent, comme envers l'avenir, consiste effectivement à nommer, à reconnaître, à aimer et à transmettre cette manière de vivre, cette manière d'habiter le monde. magnifiques dans les musées royaux de Bruxelles, qui contiennent parmi les plus grands chefs d'œuvre de la civilisation européenne qui soient gardés dans ce pays.
Eh bien, quand on vit, quand on éprouve, quand on touche du doigt, quand on goûte la saveur de ces œuvres qui font partie de cette "manière d'habiter le monde", qui a fait ce qu'on appelle l'Europe, – et qui font que d'ailleurs, du monde entier, des touristes viennent en Europe pour admirer cette manière d'habiter le monde – eh bien je crois que nous avons le droit, et non pas seulement le droit, mais surtout le devoir, de préserver et de transmettre, ce que l'on peut appeler "un mode de vie", et qui n'est rien d'autre que l'expression sensible d'une civilisation qui vit encore à travers nous.
C'est la condition pour relever le grand défi de l'intégration et c'est la raison pour laquelle monsieur Schinas sera en charge de ce travail de l'intégration, de ce travail de l'accompagnement de ceux qui, arrivés récemment en Europe, ont le droit de pouvoir recevoir non pas seulement les conditions matérielles de leur existence, mais d'abord les conditions – pourrait-on dire intellectuelles et presque spirituelles – de leur lien avec ce continent sur lequel ils habitent aujourd'hui. Je voudrais vous dire, pour conclure : dans le débat qui s'engage, nous voyons un élément fondamental de ce qui se joue aujourd'hui politiquement en Europe.
Pour la première fois, l'Union européenne assume de ne pas être un espace neutre, de ne pas être le nom d'un universel abstrait. L'Europe est héritière d'une civilisation singulière. singulière. Nous avons bataillé, tout au long du mois de juillet, pour que ce soit le PPE qui puisse prendre la tête de la Commission européenne, et ce n'était pas une bataille vaine. Ce n'était pas une bataille politicienne. C'était une bataille pour que les voix des citoyens européens soient entendus dans la construction de cette commission. Nous faisons partie du PPE qui, en Europe, a remporté l'élection européenne.
Et il était démocratiquement nécessaire que cette aspiration dont ont témoigné les européens lorsqu'ils ont voté pour notre famille politique, se traduise dans la composition de la commission. Tout au long de notre campagne, nous avons parlé de la civilisation européenne. Tout au long de notre campagne, nous avons dit que l'Europe ne relèvera les défis de son avenir que si elle est capable de retrouver le sens de ce qui la relie, de ce qui relie nos pays, de ce qui nous lie les uns aux autres. Et je suis très heureux qu'aujourd'hui nous puissions compter sur la présidente de la Commission européenne pour inscrire cette question de la civilisation au cœur de l'action de la future commission.
Merci beaucoup, et à très bientôt pour la suite de ce travail qui nous attend maintenant pour la nomination des commissaires et pour rentrer dans le cœur de ce que nous aurons à traiter dans le travail parlementaire.
François-Xavier Bellamy