Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewLyon Première — L'invité politique du samedi· 20 janvier 2024 42 minComplaisantFond programmatiqueLogementÉducation & rechercheSolidarités & familleInstitutions & élections

Thierry POUZOL : Maire SE (Sans Etiquette) de Fontaines-sur-Saône et ancien Conseiller Métropolitain

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 78 %Attaque 5 %Défensif 17 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 99 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:58OuverteRéponse directe

    Qu'avez-vous souhaité à vos habitants pour 2024 ?

  • 1:53OuverteRéponse directe

    Est-ce que le vivre ensemble est plus compliqué depuis 10 ans ?

  • 3:09OuverteRéponse directe

    Les citoyens sont-ils plus dans la demande que dans le devoir ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    La solidarité a-t-elle été impactée par les crises récentes ?

  • 6:08OuverteRéponse directe

    Comment gérez-vous l'accueil des sans-abri dans votre commune ?

  • 6:58OuverteRéponse partielle

    Pourquoi ne construit-on pas assez de logements ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:10Invité politiqueFait
    « Mon message principal était porté sur un retour à l'humain. »
  • 2:15Invité politiqueFait
    « J'en suis à ma 32e année d'élu, malgré mon jeune âge. »
  • 7:50Invité politiqueChiffre
    « Quand j'ai été élu en 2010, il y a quelques habitants qui sont venus et qui m'ont dit, on va remembrer nos parcelles, et on a la possibilité, via tel acteur, d'avoir 50 logements. C'était en 2011. Eh bien, figurez-vous qu'on va livrer, là, en mars 2024, ces 50 logements. »
  • 9:00Invité politiqueChiffre
    « Je viens aussi sans doute par mon parcours du logement social, et je sais ce que c'est que de faire partie des 75% de la population qui ont besoin d'un logement social. »
  • 10:05Invité politiqueFait
    « Cette loi, elle existe. Personnellement, je l'ai connue, puisque j'étais un peu en deçà des objectifs qui viennent. »
  • 10:13Invité politiqueChiffre
    « Exactement, 25% en l'occurrence. »
  • 15:40Invité politiqueChiffre
    « Voilà, c'est une ville de 7000 habitants, c'est le début du Val de la Saône. »
  • 16:47Invité politiqueFait
    « Je les ai connues, on me les a racontées dans les années 55, c'est l'année phare, mais je les ai connues dans les années 88, 91, 2001, de mémoire. »
  • 20:23Invité politiqueChiffre
    « Quand vous avez 70% de votre population sportive qui vient de l'extérieur et que vous leur devez des équipements qu'il faut faire fonctionner, maintenir, et dans lesquels il faut investir, ce n'est pas simple. »
  • 23:41Invité politiqueChiffre
    « On a 15 classes en primaire, on en a 11 en maternelle ou quelque chose comme ça. »
  • 30:47Invité politiqueFait
    « On n'est plus 35 000 communes, mais 10 000. »
  • 32:13Invité politiquePromesse
    « Il faut revoir le statut de l'élu. »
  • 32:33Invité politiqueFait
    « J'ai entendu des mots comme charge mentale destructrice. »
  • 39:41Invité politiqueFait
    « J'ouvrais le deuxième tome d'une BD qui s'appelle Sapiens de M. Harari. »
  • 40:11Invité politiqueFait
    « J'ai découvert un auteur suisse qui s'appelle Joël Dicker. »

Temps de parole

  • Invité politique62 %
  • Présentateur35 %

0,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

A Lyon, vous écoutez Lyon Première. Lyon Première ! Lyon Première, l'invité politique du samedi, avec Lyon Positif, Frédéric Duval. Bonjour à toutes et à tous, je suis heureux de vous retrouver pour cette nouvelle émission, l'invité politique, le samedi de 11h à midi sur Lyon Première. On va partir dans le Val de Saône avec vous, Thierry Pouzol, bonjour. Bonjour Frédéric. Vous êtes le maire de Fontaine-sur-Saône. Bien, voilà, effectivement. Une belle petite commune qu'on va découvrir et c'est ça aussi qui est important dans cette émission, c'est qu'on va à la rencontre de tous les élus.

On va parler avec vous de votre actualité, de votre bilan de mi-mandat, peut-être de celui des élus de la métropole de Lyon, puisque vous êtes dans la métropole de Lyon, vous êtes d'ailleurs un ancien conseiller métropolitain. Et on va parler de votre actualité, de transition et de plein de sujets. Évidemment, comme on est au mois de janvier et que c'est encore la période, c'est-à-dire ma première question, elle est un peu par rapport aux vœux. Je crois que vous avez fait assez récemment vos vœux à vos habitants. Qu'est-ce que vous leur avez souhaité et qu'est-ce qu'on vous souhaite à vous pour cette année 2024 ?

1:06
Invité politique

Effectivement, samedi matin, j'ai eu l'occasion de réunir l'ensemble de mes habitants. Mon message principal était porté sur un retour à l'humain. En fait, j'ai considéré que depuis 2020, nous avions géré beaucoup de crises et qu'il était temps de sortir des bureaux pour revenir à l'humain. Et donc, je leur ai souhaité de faire en sorte que nous gardions ensemble une forme de cohésion sociale et qu'on puisse travailler un peu plus sur le collectif. C'était le message principal. J'ai accueilli des jeunes ce jour-là et qui faisaient écho d'ailleurs à cette idée de collectif.

1:41
Présentateur

C'est vrai qu'il y a eu, et c'est quelque chose que vous avez partagé avec de nombreux autres collègues depuis 2020, des crises, la Covid, un certain nombre d'éléments difficiles. Vous êtes maire depuis 2014, je crois. Tout à fait. Est-ce que vous avez le sentiment, du coup, quand on parle du vivre ensemble, qui est un mot un peu abîmé, mais de la cohésion du collectif, que ça a changé depuis que vous êtes maire ? C'est-à-dire depuis presque dix ans, est-ce que c'est plus compliqué de faire société locale comme ça ?

2:05
Invité politique

Je suis obligé de répondre oui, même s'il ne faut pas tomber dans le « c'était mieux avant ». Vous évoquez la période 2014, effectivement, dix ans de mandat en tant que maire. J'en suis à ma 32e année d'élu, malgré mon jeune âge. Et j'ai connu en tant que conseiller, en tant qu'adjoint, en tant qu'adjoint au sport, en tant qu'adjoint à la culture, premier adjoint, des vies qui étaient sans doute un tout petit peu plus collectives. Ça, je dois le dire. J'ai plein, plein d'exemples en tête. Et c'est d'ailleurs quelque chose qui me pose question.

Et c'est la raison pour laquelle je me pose la question de savoir comment on peut, dans une société comme la nôtre, dans une ville comme la nôtre, dans une métropole comme la nôtre, faire revenir justement à cette idée du collectif. Moins faire seul, chacun de son côté, essayer de faire tous ensemble.

2:51
Présentateur

Moins clients, moins consommateurs. On a l'impression aussi que parfois, c'est le point commun que je vois peut-être avec un certain nombre d'élus que j'accueille, que les citoyens, les administrés sont très dans la demande et moins peut-être dans le devoir, plus dans la consommation et moins dans l'usage. Est-ce que c'est aussi un peu la société ? Enfin, ça raconte aussi la société ?

3:11
Invité politique

Ça raconte la société. Alors après, on peut se dire que la période Covid n'a pas aidé, vraiment, sincèrement, puisque même si ça peut paraître comme étant un cliché, il n'en reste pas moins vrai qu'on a quand même été tous isolés les uns les autres ou les uns des autres. Mais oui, on pourrait considérer à certains égards que nos usagers se transforment peut-être un petit peu trop parfois en consommateurs, qu'ils en oublient la part de ce qu'ils pourraient finalement donner au collectif, ce qui pourrait sans doute améliorer tout un tas de choses sur une série de délégations ou en tout cas de missions que nous avons à rendre.

J'ai dit dans mon discours des vœux que le citoyen avait un rôle à jouer dans cette histoire.

4:00
Présentateur

Est-ce que du coup, vous avez l'impression que ça a impacté aussi peut-être la manière dont les gens sont solidaires les uns les autres ? On a des exemples récents de discussions au niveau national, que ce soit sur la loi immigration, sur la manière aujourd'hui, et c'est certainement un sujet d'actualité pour vous, la manière dont on accueille les personnes qui sont en grande difficulté du fait du froid par exemple, etc. Est-ce que vous sentez que ça a rendu les vents moins solidaires ou qu'au contraire ça a pu leur donner envie de faire plus et mieux ou différent ? Je ne sais pas.

4:27
Invité politique

Non, je ne crois pas. C'est pour ça que je dis bien, il ne faut pas toujours penser à ce qui se passait avant. Mais si on prend l'exemple de la solidarité, je ne crois pas. Il y a encore beaucoup de gens engagés autour de la solidarité. Il y a des associations qui sont très actives, comme le Secours Populaire, comme le Secours Catholique, comme les Restos du Coeur. Il y a des gens comme ça qu'on aide et qui sont autour de nous et avec nous pour accompagner effectivement les plus fragiles.

C'est plus peut-être dans un quotidien, on va dire, où la difficulté réside dans le fait de se réunir pour partager, se détacher de ce qui pourrait être un appel à l'écran, de ce qui pourrait être un appel à justement une consommation de culture, parce qu'on a la chance d'être à côté d'une grande ville. Et donc du coup, on est moins dans sa ville, on est moins dans avec son voisin, on est moins avec lui, on partage moins de choses. C'est le centre d'intérêt, je pense, qui s'est déplacé un peu. La solidarité, elle existe toujours. Et je reviens sur les vœux puisque j'ai accueilli des jeunes et j'ai montré à mes habitants justement que les jeunes, aujourd'hui, s'engagent.

J'avais cinq exemples. Différemment de nous, peut-être. Différemment, mais ils s'engagent. Et j'avais cinq exemples bien précis, si vous voulez qu'on en parle, on en parlera.

5:44
Présentateur

Avec plaisir, parce que c'est toujours intéressant aussi de voir les talents et comment un maire se projette sa ville, se prouver dans l'avenir, en travaillant pour tout l'ensemble des générations. Sur la question d'actualité qui nous préoccupe, on a traversé une semaine de grand froid. Il y a eu un certain nombre de drames dans un certain nombre de communes sur des personnes sans abri. Et c'est certainement un sujet. Comment est-ce qu'on fait quand on est maire d'une commune comme la vôtre ? Est-ce que vous avez été confronté, vous, directement à ces problématiques ? Et comment est-ce qu'on gère ? Comment est-ce qu'on se soucie de ceux qui n'ont pas de toi ?

6:14
Invité politique

Pas plus tard qu'il y a une semaine, où j'ai pris la décision d'accompagner une personne sans toi, directement, de façon pragmatique, en prenant en charge, via notre centre d'action sociale, un hôtel, pour faire en sorte que, alors que cette personne est éligible à la loi d'Allo, activée auprès de la préfecture, on puisse, dans les trois mois, qui nous séparent d'une éventuelle mise à disposition d'un logement, on puisse faire en sorte que, par ces grands froids, cette personne ne vive pas dehors.

6:49
Présentateur

C'est d'ailleurs un sujet qui nous renvoie à une problématique un peu plus large, qui est celle globalement du logement, un sujet que vous connaissez assez bien de par votre activité professionnelle, on en reparlera, mais sur la question du logement, de l'extérieur, on se dit, là c'est compliqué, visiblement il y a plein de gens qui ont besoin de logement, il n'y a plus assez de terrain, c'est trop cher, on ne construit pas assez, comment est-ce qu'on fait pour faire face ou régler ce problème aujourd'hui, quand on est un maire comme vous, dans la métropole de Lyon ? Il est vaste, ce sujet,

7:17
Invité politique

mais c'est un sujet central, principal. Moi j'attendrai, par exemple, de l'État, là pour le coup, on peut remonter d'un échelon, j'attendrai de l'État qu'il nous propose un vrai plan logement. Un plan logement, un peu comme on avait des contrats de plan à une époque, parce qu'on est trop dans le coup par coup, on est trop dans la révision d'un Péluage qui intervient tous les 4 ans, tous les 5 ans, et de fait, on n'acte pas des possibilités. Je vais vous donner un exemple très simple, quand j'ai été élu en 2010, il y a quelques habitants qui sont venus, et qui m'ont dit, on va remembrer nos parcelles, et on a la possibilité, via tel acteur, d'avoir 50 logements. C'était en 2011.

Eh bien, figurez-vous qu'on va livrer, là, en mars 2024, ces 50 logements. Donc je vous laisse faire le calcul. Ça fait quand même assez long. Donc il y a une réalité, là, cruciale, très très importante, mais à différents champs. Il y a ceux qui n'ont pas de logement, il y a ceux qui veulent en changer. Et puis il y a tout ce qu'on doit accueillir ou qu'on accueille.

8:25
Présentateur

Ça veut dire que concrètement, on ne construit quand même pas assez. C'est-à-dire que de l'extérieur, là encore, le citoyen se dit, ok, je comprends que les taux augmentent, que les banques prêtent moins, mais pourquoi est-ce que l'État n'incite pas plus ? Pourquoi est-ce qu'on ne libère pas tout ça ? Comment est-ce qu'on fait pour ne pas avancer plus vite ?

8:39
Invité politique

Comment est-ce qu'on fait pour faire plus simple ? Quand c'est très compliqué, parce que c'est très très compliqué. Il y a tellement de critères, il y a tellement de facteurs qui rentrent en ligne de compte. Par contre, c'est un enjeu fondamental. Je ne suis pas un bâtisseur, mais j'ai toujours accepté de faire en sorte que l'on puisse accueillir des habitants, parce que je viens aussi sans doute par mon parcours du logement social, et je sais ce que c'est que de faire partie des 75% de la population qui ont besoin d'un logement social.

9:06
Présentateur

Alors justement, sur cette question du logement, il y a une actualité qui est un peu technique, mais en même temps qu'il y a des conséquences sur ce dont on vient de parler. La préfète de la région Auvergne-Rhône-Alpes a enlevé la possibilité à quatre maires de la métropole de délivrer les permis de construire, etc., et de décider en quelque sorte de ce qu'il voulait faire parce qu'il n'allait pas assez vite ou qu'il n'avait pas atteint les quotas de logements sociaux. Vous êtes maire. Qu'est-ce que vous ressentez ? Qu'est-ce que ça vous inspire ? Qu'est-ce que vous diriez à vos collègues ? Est-ce que vous trouvez ça normal que ça se passe comme ça ?

9:35
Invité politique

Euégard à ce que je viens de dire, j'ai envie de dire que si on doit modifier la loi SRU, puisque c'est de ça dont on parle, parce qu'à certains égards, elle est très contraignante, il n'en reste pas moins vrai que si on veut répondre à cette demande du logement, quel qu'il soit. J'ai parlé de logement social, mais on pourrait parler d'accession à la propriété, d'accession sociale à la propriété. On a beaucoup de jeunes qui ont du mal aujourd'hui à aller vers une accession, quelle qu'elle soit. Alors le BRS, c'est une solution, mais si on veut résoudre tout ça, il faut qu'on essaye le plus possible de respecter les lois. Cette loi, elle existe.

Personnellement, je l'ai connue, puisque j'étais un peu en deçà des objectifs qui viennent.

10:10
Présentateur

C'est celle qui fixe un pourcentage de logements sociaux dans la collectivité.

10:13
Invité politique

Exactement, 25% en l'occurrence. Mais ça veut dire aussi qu'on construit, forcément, quand on fait 25% de logements sociaux, ça veut dire qu'on en fait 75 autres sur un programme de 100. Donc, il faut la respecter. Et là, il y a des outils pour cela, notamment le contrat de mixité. On pourra en parler avec l'État.

10:30
Présentateur

On en reparlera dans le détail. Et puis, on va partir surtout à la découverte de votre commune dans une deuxième partie de notre émission. On se retrouve pour une deuxième partie de notre émission L'Invité politique le samedi de 11h à midi, sur Lyon 1ère, évidemment. Et toujours avec vous, Thierry Pouzol. Je rappelle que vous êtes le maire de Fontaine-sur-Saône. On parlait juste avant de l'actualité, et de ces questions et de ces enjeux de logement dans cette période bien délicate. Et puis, on va aussi surtout peut-être découvrir votre commune, qui est la première. Enfin, ça dépend par quel bout on le prend. D'ailleurs, du Val-de-Saône, quand on part de Lyon.

Si on devait faire une sorte de carte postale, un petit peu, de votre commune, dans laquelle, d'ailleurs, vous êtes maire depuis... Enfin, 2014, je vous disais, élu depuis très longtemps. Vous êtes né où, d'ailleurs ?

11:13
Invité politique

Je suis né à Lyon 4ème. J'ai toujours vécu à Fontaine-sur-Saône, mon grand-père avant moi, mon père avant moi. Donc, c'est vraiment votre ville. C'est quand même bien ma ville, là.

11:26
Présentateur

Est-ce que c'est d'ailleurs important pour vous ? Parce qu'il y a parfois des élus qui deviennent maires, ce n'est pas forcément leur collectivité, où ils sont arrivés un peu tardivement, etc. Mais est-ce que ça change quelque chose de devenir, tout d'un coup, le maire de sa ville, en fait ?

11:40
Invité politique

Oui, ça change beaucoup. Et c'est surtout très pratique, parce que j'ai la chance, du coup, de bénéficier d'un historique assez large, assez complet, assez lointain, qui m'a été aussi raconté par mes aïeuls. Et j'ai vécu, d'ailleurs, une continuité politique assez importante dans cette ville. J'ai connu des maires quand j'avais 20 ans. Je suis aujourd'hui maire. Donc, oui, oui, être de sa commune, je pense que c'est un plus. Tout dépend comment on aborde la politique, au sens noble. Si on se l'a cité, c'est sous-entendu, est-ce qu'on fait ça pour la politique ou est-ce qu'on fait ça pour sa ville ? Moi, je viens d'un engagement bénévole au départ.

12:20
Présentateur

Souvent, il y a un espèce d'engagement un peu associatif ou bénévole. Qu'est-ce qui fait basculer ? C'est-à-dire que rentrer en politique, alors, on ne l'a pas précisé, mais vous n'êtes pas encarté. Vous êtes, quand on vous positionne, une forme de centrisme d'hiver droite, parce que souvent, la préfecture met des étiquettes, mais pas encarté. Qu'est-ce qui fait que vous n'avez jamais voulu, d'ailleurs, prendre la carte d'un parti politique ?

12:44
Invité politique

Peut-être pour ne pas me sentir obligé de devoir respecter potentiellement telle ou telle direction, ou telle consigne, directive. Après, je ne serai pas un homme d'extrême. Ça, c'est une certitude. Donc, je me situe dans un ultra-centrisme, comme vous venez d'évoquer. Mais parce qu'il y a beaucoup de choses à prendre de partout. Le tout est de faire. Le tout est d'agir. Et d'agir avec les bonnes volontés. Mais je ne viens pas du monde de la politique en tant que tel. Je viens du monde du bénévolat. Je viens du sport, en l'occurrence. Je viens d'une activité sportive. Et je viens d'un père qui était très, très engagé pendant plus de 60 ans dans le bénévolat.

Et donc, forcément, un jour, le maire de l'époque vous repère et il vous dit « Tiens, tu commences à vieillir un peu. Tu as passé l'âge des 20 ans. Tu aurais peut-être intérêt. Ou en tout cas, j'aimerais bien que tu me rejoignes. » Et puis, c'est comme ça que ça marche. C'est l'idée de donner à l'autre ce qu'on a donné à l'échelle du sport, mais à l'échelle d'une commune.

13:45
Présentateur

Et on ne se lasse jamais après 30 ans ? Comment est-ce qu'on trouve le renouvellement, la dynamique, l'énergie nouvelle, etc. Parce qu'on se dit « 30 ans, quand même, ce n'est pas rien. » Et pourtant, il y a la même passion, le même engagement. Qu'est-ce qui fait que ça passe vite, en quelque sorte ? Les projets.

14:01
Invité politique

Les projets, les réussites, les succès, le fait de voir qu'on avance. Et puis surtout, on n'avance pas seul. Et je vous parlais de continuité politique. C'est vrai qu'elle existe depuis plus de 50 ans. C'est-à-dire qu'on a eu la chance d'avoir des meilleurs qui se sont succédés de manière assez naturelle, coopter les uns les autres. Évidemment, élus par la population, mais c'est aussi des équipes que l'on forme. Moi, j'ai des adjoints, j'ai des conseillers municipaux, j'ai une majorité. Et ces gens-là, je les ai retrouvés au fur et à mesure des mandats. Ils ont changé, ils sont restés, ils sont partis, ils sont revenus. Et c'est tous ces gens, en fait, qui nous entourent.

C'est une aventure humaine, très très forte, avec les équipes internes, avec les agents et avec la population. C'est avant tout cela, une aventure humaine.

14:47
Présentateur

Alors à ceux et celles qui ne la connaîtraient pas, comment vous racontez votre commune, si on en fait la carte postale ?

14:53
Invité politique

Avec le moins de nostalgie possible, en essayant de l'approcher le plus possible vers l'avenir. Et c'est d'ailleurs une difficulté, ou en tout cas, pas forcément facile pour moi, qui vient de cette commune, qui est toujours vécue. Mais c'est d'être objectif, ce n'est pas facile du coup d'être objectif. Voilà, c'est d'être objectif. Mais quand vous avez déconstruit l'école dans laquelle vous avez appris l'essentiel, quand vous avez déconstruit d'ailleurs aussi la crèche dans laquelle vous avez potentiellement placé vos enfants, quand vous voyez cette ville qui évolue.

D'ailleurs, on va bientôt travailler sur un stade que j'ai connu et que l'on va déconstruire pour faire un projet bien plus sympa. La question de départ, c'était quoi ?

15:37
Présentateur

La question, c'était la carte postale. Je me suis un peu perdu.

15:40
Invité politique

Voilà, c'est une ville de 7000 habitants, c'est le début du Val de la Saône. Comment est-ce qu'on la raconte ? La carte postale, chaque maire vous dira que c'est la plus belle commune. Mais Fontaine-sur-Saône a ce grand, grand avantage d'avoir 230 hectares de balmes, donc des espaces verts très importants. est la Saône. Elle est proche de la Saône. Elle a toujours été une ville de la Saône, d'où son nom. Mais les habitants, dans les années 50, étaient très très proches au point de Sibényer. Et on a monté beaucoup d'opérations d'aménagement urbain pour essayer de retrouver justement ce goût de la Saône.

16:15
Présentateur

Il se tournait davantage vers le fleur. Il se retournait vers elle,

16:18
Invité politique

il y a une île chez nous, qui s'appelle Lille-Roi, qui est un espace naturel sensible.

16:23
Présentateur

Je fais une petite incise, parce qu'on a vécu des moments où ce n'était pas forcément simple et avec les intempéries. Est-ce qu'à cet endroit, ou sur la Saône, à votre connaissance, vous êtes attentif aussi à ces questions peut-être de crues, d'inondations, il y a des plans de prévention, etc.

16:36
Invité politique

Plan de prévention, de risques d'inondations, évidemment, un PCS, comme on l'appelle, plan communal de sauvegarde, qui touche d'ailleurs d'autres sujets, mais notamment les inondations. Je les ai connues, on me les a racontées dans les années 55, c'est l'année phare, mais je les ai connues dans les années 88, 91, 2001, de mémoire. Enfin, il y a eu quand même pas mal de... Vous savez partir de votre quotidien,

17:01
Présentateur

pas au sens où ça arrive souvent, mais c'est une possibilité.

17:03
Invité politique

Oui, tout à fait.

17:04
Présentateur

Donc, est-ce que, comme certains de vos collègues, vous dites aussi, par exemple,

17:07
Invité politique

que c'est une ville à la campagne ? Alors, ce fut un ville, un village à la campagne, et c'est devenu une ville proche de la campagne. Voilà comment je la définirais.

17:18
Présentateur

7000 habitants, des contraintes, etc. Quand on est maire, comme ça depuis un certain temps, qu'est-ce qu'on a comme priorité ? C'est-à-dire que, vous racontez que c'est votre commune, votre ville, vers quoi vous voulez l'emmener ? C'est quoi, en fait, bâtir une ville ? Vous disiez que vous n'étiez pas forcément un maire bâtisseur, mais en même temps, vous avez une vision de la construction d'une ville. Est-ce que je suppose que tout ce qui est urbanisme, aménagement de quartier, etc., c'est structurant pour vos projets ?

17:44
Invité politique

C'est d'ailleurs sans doute aussi, au-delà de mon engagement personnel, une de mes passions dans cette fonction, dans cette mission, c'est l'aménagement urbain. Je disais une ville avec 230 hectares de balmes, une saune, mais c'est la première ville, finalement, de la première couronne, tout de suite après Caluire, on est à 10 kilomètres de Lyon, il faut s'en rendre compte, on est au début du Val-de-Saône, c'est une situation idéale, on a des accès directs, trains, bus, enfin, voilà, donc c'est un gros, gros avantage, et ce que j'ai essayé de faire modestement, mais ce que j'ai aussi hérité de mes prédécesseurs, c'est de rendre cette ville toujours plus attractive.

toujours plus intéressante au sens de son aménagement, en créant des systèmes de reliance, en créant des cheminements les plus confortables possibles pour justement rejoindre la Saône, en essayant, parce qu'elle a quand même une géographie particulière, il y a un plateau chez nous, les Marronniers, qui nous séparent du centre avec environ 1,5 km de distance, mais c'est d'essayer quand même de réunir un petit peu tout ça. J'essaye d'avoir un sens du beau, en tout cas c'est ce que j'aime dans l'architecture et dans l'acte de construire, de manière générale, mais c'est aussi l'aménagement vierge, l'aménagement des parcs, c'est tout ça.

Et c'est de faire en sorte que justement, elle soit plus confortable, plus facile, plus...

19:04
Présentateur

Est-ce que c'est une chance ou pas ? J'imagine qu'en termes d'attractivité, mais en même temps, peut-être que ça crée trop d'attractivité, vous nous le direz, mais est-ce que c'est une chance d'être comme ça, si près d'une métro, enfin d'une grande ville comme Lyon, tout en étant, et c'est là peut-être une sorte de paradoxe, vous-même, une sorte de centralité. C'est-à-dire que vous êtes une centralité pour des petites communautés autour, et en même temps, aux alentours d'une très grosse commune. Comment on gère cette espèce de double différence ou distinction, je ne sais pas comment on peut l'appeler ?

19:33
Invité politique

J'ai envie de dire presque un peu difficilement quand même, alors pas tant le fait d'être proche de la ville de Lyon, puisque c'est plutôt un avantage.

19:41
Présentateur

Je pense notamment par exemple aux jeunes, les jeunes ont souvent peut-être envie d'aller en ville, entre guillemets, ou dans les magasins, ou dans la culture, et en même temps, quand vous êtes un espace de centralité, vous avez aussi vous-même à bâtir une politique culturelle ou d'avoir des équipements qui attirent, ça ne doit pas être simple de gérer l'équilibre ?

19:57
Invité politique

Non, ce n'est pas simple, surtout avec les finances d'aujourd'hui, parce qu'on peut être, le cas de Fontaine, mais aussi le cas dans le Val-de-Saône de Neuville, par exemple. On a, c'est parfois un plaisir, la chance d'accueillir beaucoup de populations qui viennent de l'extérieur, et donc, j'ai toujours tendance à dire que j'ai des fois un peu les charges sans forcément avoir les produits. Et ça, ça peut être compliqué à gérer.

Quand vous avez 70% de votre population sportive qui vient de l'extérieur et que vous leur devez des équipements qu'il faut faire fonctionner, maintenir, et dans lesquels il faut investir, ce n'est pas simple, surtout si votre budget, c'est notre cas, n'est pas faible, on ne pleure pas, mais il est quand même

20:40
Présentateur

réduit. Alors, 10 kilomètres de Lyon, est-ce que, et tout en étant dans la métropole, vous l'évoquiez rapidement, mais est-ce que les questions, par exemple, de mobilité sont des vrais sujets pour vous aujourd'hui ? Est-ce qu'on vient facilement dans votre commune ? Parce qu'il y a certains maires qui souhaitent que ce ne soit pas si facile que ça, enfin, il y a de tout, mais vous, quelles sont votre politique et votre avis par rapport aux mobilités ? On en parle beaucoup, évidemment, au sein de la métropole.

21:08
Invité politique

Question centrale aussi, la mobilité. La difficulté, enfin, ce dont je m'aperçois aujourd'hui, c'est la réduction de l'espace public, celui qu'on utilise en marchant, notamment, et dans lequel on peut vivre, par l'apport de population et donc l'apport nécessaire des déplacements, quels qu'ils soient. Et donc, je pense que là, il y a une équation à résoudre qui n'est pas simple, qui est celle d'essayer de faire en sorte qu'une partie de nos déplacements soient couverts par de nouvelles formes de mobilité. C'est sans doute l'enjeu principal de la métropole, d'essayer de faire en sorte que le vélo, par exemple, puisse se développer, mais le vélo ne sera jamais accessible à tout le monde.

on passe d'une ère de la voiture à une ère du vélo et de la marche à pied. Ce n'est pas aussi simple que ça et cette transition-là, elle est quand même très difficile. Par contre, je m'aperçois que quand on fait l'effort de reprendre un petit peu de la place de la voiture pour le remettre à l'espace public, c'est ce qu'on va faire sur le secteur des Anzières, on apaise et on rend les choses justement peut-être un petit peu plus simples. C'est compliqué. On a pour autant la chance d'avoir ces grands axes 40 autour de la Saône et le long de la Saône, le train qui est de l'autre côté, côté Colonge, et puis on va avoir le BHNS, on l'espère un jour. Plus la haute qualité de service.

Plus la haute qualité de service. Plus la haute qualité de service. Voilà, qui est un enjeu sur lequel on travaille fort puisqu'il y a une petite modification de son parcours qui impacte sensiblement Fontaine. Voilà, mais bon, enjeu fondamental.

22:50
Présentateur

Mobilité, urbanisme, aménagement, qu'est-ce que vous aviez comme autre priorité ou projet lorsque vous avez présenté de nouveaux élections ? Dans votre bilan de mi-mandat, qu'est-ce que vous avez raconté à vos habitants ceux dont vous êtes fiers et qui a bien avancé notamment ?

23:05
Invité politique

Je l'aurais sans doute dit en 2014 qu'un des sujets principaux qui était le nôtre, c'était l'école. Le parcours éducatif, en fait. L'éducation. Je crois qu'aujourd'hui, s'il reste un sujet fondamental, encore une fois, c'est bien celui-ci. Et on a beaucoup travaillé sur le mandat dernier, que ce soit sur le périscolaire, l'extrascolaire.

23:31
Présentateur

C'est quoi ? C'est de pouvoir accueillir au mieux les enfants de Fontaine, avec toutes les classes ? Avec toutes les classes. Vous avez combien de classes

23:39
Invité politique

d'école sur votre commune ? On a 15 classes en primaire, on en a 11 en maternelle ou quelque chose comme ça. Je n'ai plus le chiffre exact en tête. Enfin, c'est dur quand on est à la radio pour le ressortir. Mais ce que je veux dire, c'est que l'enfant, dans son parcours, tant du côté du savoir, ce qui est plutôt l'apanage des enseignants, mais aussi de sa découverte de la culture, d'activités sportives, de la citoyenneté, tout ça, c'était un enjeu très, très fort. Et je crois que, de ce point de vue-là, on a réussi, je peux le dire modestement, mais on a beaucoup travaillé sur ce sujet-là. On a été très, très acteurs sur la semaine, quatre jours et demi.

Et voilà, avec beaucoup de croyances autour de la loi Payon, on est un peu déçus sur l'évaluation qui n'a pas été faite. Mais vous voyez, c'est tout cet enjeu-là, depuis la petite enfance jusqu'au moment où on les sait. Et encore, quand ils sont au collège, on continue de les suivre.

24:32
Présentateur

Il y a beaucoup de choses pour les jeunes, mais je sais aussi qu'il y a aussi beaucoup de choses qui sont des vrais sujets pour veillir à la fois les seniors ou ce qu'on appelle presque le quatrième âge. Je crois que vous êtes très autour des questions notamment de l'aide à domicile pour les personnes du quatrième âge.

24:48
Invité politique

Là encore, si vous êtes ce GT majeur, j'ai été effectivement président d'une association, je suis toujours vice-président. Là, on a un vieillissement de la population, il va falloir trouver le moyen de les accompagner à domicile, ça c'est sûr. Et là, on a un vrai déficit de ressources, notamment. De ressources, c'est-à-dire de personnel ou de personnes ? Ressources humaines,

25:07
Présentateur

c'est ça ? Ressources humaines, oui. Le fameux métier en tension, ce n'est pas que dans le bâtiment, c'est aussi dans le soin et l'accompagnement à la personne. Eh bien, on va poursuivre ce bilan de mi-mandat avec vous et continuer à parler de Fontaine-sur-Saône mais aussi d'autres sujets et notamment de sujets de transition dans une troisième partie de notre émission. On se retrouve pour la troisième et dernière partie de notre émission L'Invité politique le samedi de 11h à midi sur Lyon 1ère. Toujours avec vous, Thierry Pouzol, je rappelle que vous êtes maire de Fontaine-sur-Saône et qu'on était partis à la découverte de votre commune.

On a parlé de l'urbanisme, de l'aménagement, on avait parlé des questions de logement, des mobilités, etc. Ce n'est pas forcément facile d'ailleurs d'être maire. Comment est-ce que vous définiriez votre rôle en fait ? C'est quoi ? C'est un chef d'orchestre ? C'est un coordonnateur ? C'est un impulseur ? Parce qu'on entend beaucoup de collègues qui aujourd'hui se disent qu'on a d'abord des moyens comme vous l'avez dit qui sont moins importants. On nous enlève parfois des normes, des règles, des possibilités. On est souvent soumis à des tas de demandes qu'on ne peut pas satisfaire. Est-ce qu'il n'y a pas un côté un peu frustrant d'ailleurs dans l'exercice du quotidien de maire ? Certainement.

26:12
Invité politique

Au-delà de la passion et de tout ce que ça peut apporter humainement, il y a une vraie difficulté à être celui ou celle qui met en œuvre des décisions qu'il n'a pas prises, qui nous viennent de l'État, qui nous viennent des grandes collectivités. Ça, c'est parfois difficile puisque ça vient se choquer avec des ambitions qui pourraient être les nôtres. Et comme on dit souvent, c'est la grande formule, on est à portée de baffe pour faire très simple dans le discours. Mais ça, c'est une réalité. Et donc, du coup, on est aussi un peu éponge et on prend beaucoup des colères, on prend beaucoup des difficultés, on prend beaucoup de la détresse.

Donc, c'est quelque chose auquel il faut s'habituer, garder une forme de distance, mais en même temps, il faut régler.

26:58
Présentateur

Oui, parce qu'on ne peut pas simplement dire que ce n'est pas ma responsabilité ou que je ne suis pas en responsabilité là-dessus. Et d'ailleurs, il y a l'État qui vous impose des choses. Mais comme vous êtes aussi au sein de la métropole, il y a parfois la métropole qui vous impose des choses. Et je sais que ça a été assez complexe au début avec la nouvelle gouvernance. Est-ce que vous, vous l'avez bien vécu ? Est-ce que vous avez des difficultés un peu de discussion et de dialogue avec la majorité écolo qui vous a imposé un certain nombre de choses ?

27:23
Invité politique

Il ne faut pas se cacher que le début du mandat a été plus que difficile. On a clairement ressenti une volonté de recentrer l'ensemble des budgets sur une vocation, sans doute première en tout cas, un programme qui était celui notamment des mobilités, mais pas que. Donc oui, c'était difficile de se dire qu'on n'allait plus être une commune de la métropole, mais un acteur que potentiellement on n'allait pas considérer. Donc comment on continuait de faire métropole alors même qu'on n'était plus représenté à la métropole ? Parce que la réalité, c'était celle-ci. Et les débuts du mandat ont été difficiles.

Je crois que la façon dont nous avons abordé les choses, nous les maires, les maires des petites communes, j'aime pas ce mot, mais c'est quand même la réalité, a fait que, oui, l'exécutif est revenu en milieu de mandat, là, il n'y a pas si longtemps, avec notamment des aides, avec une écoute peut-être plus proche. Sans doute aussi parce que ce que l'on a pu dire ou ce que l'on a pu montrer de ce que l'on souhaitait, voire atterrir sur nos territoires, n'était sans doute pas complètement idiot et qu'il fallait peut-être le prendre en compte parce que l'expérience était la nôtre.

28:36
Présentateur

Ça pose aussi d'ailleurs la question de la métropole au sens administratif, gouvernance, pouvoir, parce qu'il y a des discussions qui sont en cours sans rentrer trop dans les détails. Je crois d'ailleurs qu'il y avait eu un rapport qui avait été fait par Marc Grivelle d'ailleurs sur ces questions. Je dis ça parce que vous étiez aussi quand vous étiez conseiller métropolitain, prof de synergie de ces maires qui voulaient aussi réfléchir et agir au niveau de la métropole. J'ai beaucoup écrit avec Marc Grivelle. Voilà. Et justement, je sais que vous connaissez bien le sujet.

Il y a des discussions en ce moment pour en gros, et je fais simple, se dire peut-être que la métropole, ça ne marche pas forcément comme ça de vrai. Est-ce qu'il ne faudrait pas revenir un peu en arrière ? Est-ce qu'il ne faudrait pas changer ? Est-ce que vous pensez que c'est ça le sujet ou qu'à l'intérieur de l'existant, on peut faire autrement et différemment ?

29:17
Invité politique

Revenir en arrière, ce n'est jamais vraiment le sujet. C'est toujours un pas de trop, celui qu'on fait en arrière. Donc peut-être se remettre en ordre de marche, mais faire en sorte effectivement de modifier les conditions de ce statut unique en France de collectivité territoriale. Vraiment, si on veut générer de l'efficacité, il faut que les maires soient présents. Les maires ou un représentant du conseil municipal de la commune. Pour qu'on n'oublie pas. Pour qu'on n'oublie pas. Et puis parce que ça génère de la fluidité, parce que c'est forcément une connaissance.

Moi, je considère de plus en plus et de temps en temps que j'ai de la distance avec les décisions qui se prennent, avec les orientations qui se prennent, mais parce que je ne suis plus en poste. Je ne m'oblige pas forcément, pris par d'autres activités, à suivre cela de très près. C'est compliqué. D'autant quand les mesures nous arrivent comme ça, pour point, par courrier, c'est là où ça devient difficile. Donc, il faut penser de manière pragmatique, encore une fois, à ce que serait l'efficience et le principe de subsidiarité dans ces cas-là. Alors, c'est sûr que la politique, elle s'emmêle dans tous les cas.

30:26
Présentateur

Et où est-ce que ce serait en gros le plus efficace et pourquoi est-ce qu'on devrait bien faire confiance aux élus locaux ? Ce qui est la question qui se pose d'ailleurs au niveau de l'État. Parce qu'il est représentant

30:34
Invité politique

de son territoire. Et puis il le connaît. Et puis s'il est au plus près ? Si on passe par-dessus un maire demain, autant dire qu'on fait comme en Allemagne. On change totalement notre système. On n'est plus 35 000 communes, mais 10 000.

30:49
Présentateur

Alors, on parle beaucoup du maire d'ailleurs parce que c'est la figure qui incarne un peu ce pouvoir local. Vous définissez ce rôle comme à la fois un chef d'orchestre, un coordonnateur, quelqu'un qui décide, qui tranche, etc. Il y a eu beaucoup de questions et on l'évoquait au tout début de notre entretien sur la capacité à faire avancer l'autorité qu'avait l'élu aujourd'hui. Vous avez par ailleurs, ce qui n'est pas le cas de tous vos collègues, décidé de conserver une activité professionnelle. Est-ce que vous diriez qu'aujourd'hui, être maire, c'est quoi ? C'est une fonction, c'est un engagement, c'est un métier ? Est-ce qu'on doit professionnaliser tout ça ?

Parce qu'il y a des débats là-dessus. Vous avez le choix de garder une activité professionnelle. Pourquoi d'ailleurs ? Comment on définit ce... Quel est le statut en fait aujourd'hui ? C'est ça la question derrière du statut de l'élu.

31:31
Invité politique

Le maire qui m'a incité à rentrer dans son conseil municipal quand j'avais 25 ans n'avait pas du tout la même vie que moi en tant que maire. Il pouvait avoir une activité professionnelle. Il avait un nombre d'habitants, c'était un village, il y avait des demandes mais elles n'étaient pas pléthores, il y avait beaucoup de collectifs. Aujourd'hui, la chose est très technique, la chose est très prenante. Il y a des multitudes de sujets qu'on gère au quotidien et qui deviennent de plus en plus techniques. Ne serait-ce qu'un budget par exemple.

Ce n'est pas simple donc il faut quand même une forme d'expérience mais ça c'est un petit exemple parce que à la limite c'est le plus simple quand vous avez un bon directeur général et une bonne direction des finances. Non, aujourd'hui il faut revoir le statut de l'élu. Moi je dis que c'est une priorité si on veut faire en sorte qu'il y ait toujours des élus. Ça peut paraître être un cliché comme ça mais j'ai senti mon participant au congrès du maire au congrès des maires en novembre comme une forme de fatigue démocratique c'est les mots qui ont été employés. J'ai entendu des mots comme charge mentale destructrice.

J'étais dans la salle et je me disais mais en fait quand tu vis des choses qui ne sont pas très sympas qui relèvent justement

32:42
Présentateur

de cette charge. Il y a beaucoup d'incivilité, de violence à l'égard des élus. On n'a jamais eu autant d'élus qui démissionnent en cours de leur mandat. Alors il faut bien comprendre que s'il n'y a plus d'élus qui s'engagent pour le coup il n'y a plus de collectivité qui fonctionne.

32:56
Invité politique

Quand on est menacé dans son intégrité physique ce qui a été mon cas on ne peut pas percevoir les choses de la même manière que le maire dont je parlais qui il y a 40 ans ou 50 ans vivait avec une forme d'autorité. Les choses changent de ce point de vue là. Il faut sans doute remettre la fonction justement au centre du débat se dire qu'il y a des gens qui font pour les autres. Et c'est ça en fait le sens du propos. Ce n'est pas je mène telle politique ou je suis contre l'affaire sociale ou je veux mener une politique plus ceci plus cela.

Non c'est en fait je fais pour toi je fais pour que tu puisses mieux vivre pour que tu puisses mieux circuler mieux consommer chez les commerçants faire que ton enfant soit mieux éduqué que tu aies une vie culturelle que tu aies du sourire que tu aies tout ça quoi en fait que tu aies de la santé que je puisse t'accompagner si tu en as besoin à domicile ou que le cas échéant je t'aide à t'héberger c'est ça qu'on fait en fait ni plus ni moins et donc si on veut continuer à ce qu'il y ait des gens comme ça qui s'investissent pour les autres il va falloir un alléger la charge mieux les reconnaître mieux les valoriser mieux les reconnaître mieux les valoriser bien sûr qu'on ne parle pas que d'argent mais c'est quand même un point dont il faut prendre en compte et puis il y a cette question de la relation avec le professionnel moi je n'ai que 57 ans aujourd'hui et ça fait déjà 10 ans que je vis une double vie mais officiellement du coup mais officiellement du coup professionnel

34:22
Présentateur

et engagé alors vous le disiez aussi être maire c'est évidemment s'occuper de la vitacité c'est se projeter c'est à la fois quand on fait un bilan de mi-mandat d'ailleurs il y a le passé mais il y a l'avenir on se projette je suppose que parmi les enjeux qui sont prioritaires il y a ceux qui ont un lien avec la transition écologique sous toutes ses formes comment est-ce qu'on on s'engage quand on est élu dans cette transition d'ailleurs et est-ce que tous les maires quelque part ne sont pas devenus un peu écologistes en fait alors pas au sens politique du terme

34:51
Invité politique

au sens de l'enjeu l'écologie c'est une délégation comme le sport est une délégation comme la sculpture est une délégation et la finance est une délégation nous devons être écologiques ou en tout cas viser cette transition écologique avec des plans sur tous les champs d'intervention qui sont les nôtres

35:12
Présentateur

c'est très transverse qu'est-ce que vous avez fait qu'est-ce que vous avez mis en place concrètement pour faire face on a évidemment beaucoup parlé quand ça nous est tombé dessus du fait des crises des augmentations évidemment du coût de l'énergie du coût de comment est-ce que quand on est maire on se projette pour essayer d'anticiper sur quoi vous avez la main peut-être c'est quoi sur la rénovation sur les bâtiments on parle beaucoup de la nature en ville qu'est-ce que vous arrivez à faire vous au niveau local pour les transitions

35:37
Invité politique

sur les deux champs principaux que vous venez d'évoquer un rénover un bâtiment existant c'est forcément le rendre moins énergivore mais c'est aussi du coup un impact sur nos finances puisque finalement c'est l'énergie que l'on ne dépense pas c'est aussi quand on construit faire en sorte d'être dans une logique plurielle et en tout cas d'avenir de la fameuse gestion des énergies ou de l'eau ou de tous ces sujets-là et puis c'est aussi effectivement cette nature en ville on a un gros gros projet nous à Fontaine-sur-Saône qui s'appelle le parc des Ronzières qu'on va mettre en oeuvre d'ici à 2025 pour lequel j'ai mis un premier coup de pelle avec une grosse pelleteuse pas plus tard que la semaine dernière qui vise la plantation de 200 arbres la création d'un énorme îlot de fraîcheur autour d'un parc de loisirs donc c'est amené aussi ça c'est pas que l'hiver c'est aussi l'été c'est toutes ces dimensions qu'on essaie d'intégrer dans nos réflexions rénovation construction

36:35
Présentateur

elle est vraiment à l'échelon locale c'est peut-être aussi ça qui donne à la fois tout le pouvoir et toute l'importance de la fonction qui est la vôtre

36:42
Invité politique

l'addition des ambitions locales et des réalisations locales feront une ambition plus nationale

36:47
Présentateur

alors être élu c'est évidemment beaucoup de temps beaucoup d'engagement beaucoup de passion mais c'est pas forcément toujours évident est-ce qu'il y a un moment puisque des questions sur lesquelles j'arrive vers la fin de cette émission on est samedi demain c'est dimanche est-ce qu'il y a un dimanche quand on est un homme ou une femme politique est-ce qu'on peut décrocher un peu si en cours plein de demandes etc comment on fait pour trouver la juste distance par rapport à vos responsabilités et le temps de souffler un peu pour vous

37:16
Invité politique

j'ai envie de dire plus on approche plus l'expérience est importante plus on préserve son dimanche parce que c'est une soupape alors après il y a plein plein de choses qui se passent le dimanche et on a toujours beaucoup de plaisir

37:29
Présentateur

parce que vous êtes beaucoup sur le terrain entre les marchés les vies associatives la vie culturelle on a du mal à s'arrêter mais du coup vous prenez quoi du temps pour vous en famille tout simplement parce qu'on se dit c'est quelque chose d'étrange mais en fait c'est très classique la vie d'un élu

37:42
Invité politique

quelque part c'est très classique mais nous ne sommes que des hommes et des femmes de la société et on a des familles en tout cas pour beaucoup moi c'est mon cas j'ai des enfants ils sont déjà d'un certain âge mais j'ai beaucoup de plaisir à les voir c'est presque ma passion principale d'essayer de les réunir le plus possible même s'ils ne sont plus chez nous c'est comme ça c'est la vie mais ça en fait partie après moi participer à une manifestation sportive ou aller voir un match de foot un dimanche c'est toujours un plaisir parce que j'y retrouve des gens qui ont encore une fois cette vocation

38:14
Présentateur

ils doivent avoir du mal à vous regarder autrement que comme le maire même quand vous les connaissez depuis très longtemps est-ce qu'ils font la part des choses quand vous avez été élu la première fois comme maire est-ce qu'on vous appelait encore Thierry ou est-ce que c'était tout de suite monsieur le maire vous aviez senti un regard différent dans la manière dont les gens vous parlaient ou pas vraiment ?

38:29
Invité politique

à certains égards un petit peu le prénom est toujours resté Thierry quand vous avez des habitudes avec des gens depuis très très longtemps forcément par contre il y a beaucoup de gens et je pense que c'est important qui dans l'espace public ou dans la sphère publique m'appellent monsieur le maire je pense que c'est important de le faire pour marquer aussi pas pour l'ego mais pour marquer le statut après vous savez moi j'ai beaucoup de plaisir à être une buvette comme j'ai beaucoup de plaisir à tenir un discours le jour des voeux ça fait partie de ce que je suis de ce que je suis de là d'où je viens donc voilà il faut perpréter ça mais oui oui on préserve le dimanche on préserve le dimanche

39:02
Présentateur

et du coup on essaye peut-être et c'est aussi une de mes questions parce que ça m'intéresse toujours de lire peut-être un petit peu est-ce que vous avez quel est votre rapport à la lecture à la littérature qu'est-ce que vous avez en ce moment sur votre table de chevet par exemple ?

39:15
Invité politique

alors ça aussi l'expérience c'est marrant parce que je prenais très très peu de temps sur le premier mandat et au cinéma lire des bouquins etc et de plus en plus je le fais alors j'essaye aussi de le faire et c'est un peu un travers mais de faire en sorte que ça m'apporte quelque chose à un moment donné au sens de ma fonction c'est-à-dire que ça puisse me donner quelques éclairages et de ce point de vue-là et c'est une réalité là très très récente puisque plus tard qu'hier soir j'ouvrais le deuxième tome d'une BD qui s'appelle Sapiens de M.

Harari Yavala Harari qui parle de l'histoire de l'humanité donc vous voyez suivant les humeurs soit je me détends avec des BD qui sont quand même proches de l'instruction quand même assez profonde mais c'est super intéressant de voir d'où on vient et où on va mais j'ai aussi d'autres lectures qui sont plus de l'ordre de la détente

40:06
Présentateur

et en mode détente qu'est-ce que vous avez découvert récemment par exemple ?

40:10
Invité politique

récemment j'ai découvert un auteur suisse qui s'appelle Joël Dicker que beaucoup connaissent et là je suis en passe de découvrir l'énigme de la chambre 622

40:19
Présentateur

ne spoiliez pas surtout pour ceux qui ne connaîtraient pas alors je suppose que peut-être en même temps ou pas d'ailleurs parce qu'il y a des gens qui arrivent à lire en musique moi j'ai du mal mais on se quitte aussi dans cette émission avec un morceau de musique qu'est-ce que vous avez choisi ? Qu'est-ce qui vous ferait plaisir à entendre aujourd'hui ?

40:34
Invité politique

Exercice très très difficile je peux être soit très très contemporain un rap comme vous parlez d'Aznavour j'ai choisi un morceau que j'ai toujours plaisir à écouter parce qu'il m'impressionne au sens de sa mélodie je crois que c'est une des plus belles mélodies françaises en tout cas c'est comme ça que je le perçois c'est un auteur qui s'appelle Renaud et qui a créé une chanson Mistral Gagnant je vous parlais des enfants l'enfance c'est tellement un moment magique et ce que dit cette chanson c'est se rappeler aussi de ce que l'on était ou de ce qu'on a vécu avec nos enfants quand ils étaient petits je crois que c'est quelque chose qu'il est partagé avec beaucoup de français

41:04
Présentateur

parce que ça devait être un moment d'ailleurs la chanson préférée des français donc ça tombe bien merci beaucoup monsieur le maire Thierry Pouzol d'avoir été avec nous à ce micro pour découvrir la commune de Fontaine-sur-Saône et puis la semaine prochaine je vous dis moi à bientôt pour une nouvelle émission et on sera toujours dans l'ouest mais avec Véronique Cercedi la maire de Sainte-Foye-les-Lyon merci beaucoup au revoir merci c'était l'invité politique du samedi sur Lyon Première en partenariat avec Lyon Positif la plateforme inspirante des acteurs engagés dans la transition du territoire retrouvez tous les invités politiques en podcast sur lyonpremière.fr et lyonpositif.fr écoutez votre radio Lyon Première en direct sur l'application Lyon Première lyonpremière.fr et bien sûr à Lyon sur 90.2 FM et en DAB+.

41:53
Locuteur

Lyon Première BRW C'est parti pour la contrôl Réar H il n'y a pas besoin de le d'un Réar à B C'est parti de la L'Or l' Réar P C'est parti pour la d'un dans C'est parti de la C'est parti pour la Réar et pour la Réar avec C'est parti de la repose sur les