Gouvernement Bayrou : le Premier ministre présente son équipe
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France Inter France Inter Le 18-20 Fabienne Sintès Et vous votre lundi alors pour François Bayrou c'est donc un lundi de gouvernement après un week-end sans fin et aussi nous y viendrons un dernier coup de théâtre avec Xavier Bertrand qui n'est pas dans le gouvernement, qui est sorti du gouvernement juste avant 18h donc au tout dernier moment après y être rentré hier soir nous reviendrons bien sûr sur cet épisode pour le reste, quelques surprises quand même, la première dentuelle c'est Emmanuel Valls qui entre comme ministre des Outre-mer on peut citer plusieurs retours celui d'Elisabeth Borne qui devient ministre de l'éducation nationale Bruno Retailleau reste ministre de l'intérieur Jean-Noël Barraud reste aux affaires étrangères Rachida Dati à la culture les autres nous le détailleront dans un instant Gérald Darmanin lui aussi revient mais cette fois par la porte de la justice François Bayrou avait promis un gouvernement resserré, 34 ministres il voulait des noms identifiables un certain nombre de noms le sont effectivement alors maintenant pourquoi faire et surtout pour combien de temps le pari d'une ouverture au-delà du socle commun on l'a bien compris ce pari là a échoué est-ce que la censure est de nouveau un scénario possible est-ce qu'on est parti pour plus longtemps vous allez nous dire à la fois ce que vous en pensez ce que vous voyez en ce 23 décembre allez c'est le téléphone son et soyez les biens le téléphone son 01 45 24 7000 Dominique vous êtes la première et on vous salue bonsoir
bonsoir le premier pardon bonsoir bonsoir France Inter bonsoir à vos invités je crois que le gouvernement de François Bayrou est-il à son image à savoir une ouverture puisqu'il n'a pas toujours eu une élite politique bien définie alors il y a eu des hommes politiques de droite et de gauche pourquoi pas ça risque le souhait c'est que ce soit salutaire pour la France qui en a bien besoin
merci Dominique pour cette entrée en matière pour discuter ensemble jusqu'à 20h Julien Néni est resté du service politique de France Inter je vous salue à nouveau Julien Néni Yael Gauze qui est chroniqueur politique évidemment ici même dans le 18-20 et Bruno Cotteres avec nous bonsoir chercheur au Cevipov professeur à Sciences Po Paris je vais commencer avec vous Bruno Cotteres il est sévère notre auditeur ce qu'il nous dit si finalement cette composition n'est que le reflet de la ligne politique pas très bien définie de François Bayrou
oui la raison est or en même temps je dirais que Dominique a raison effectivement la ligne pas très bien définie on a encore du mal un peu à voir quelle est la vraie ligne la grande direction de politique publique on voit quand même un certain nombre de dimensions qui s'affirent d'abord le retour des macronistes et en particulier à des positions assez stratégiques autour de Bercy notamment avec le retour de personnalité d'une personnalité notamment Amélie de Montchalin ministre des comptes publics ce soir qui a beaucoup incarné la Macronie vous savez au tout début avec ce rapport très important à l'économie la compétitivité elle avait été ministre de la fonction publique pour moderniser la fonction publique donc il y a quand même une direction qui s'affirme qui est une direction assez macroniste sur le volet économique les républicains rentrent quand même à nouveau et ils sont très présents quand même dans le gouvernement avec la figure emblématique de Bruno Retailleau qui reste à l'intérieur voilà et on voit que l'ouverture à gauche ça n'a pas fonctionné puisque malgré le retour de Manuel Valls au gouvernement ou la présence de Juliette Méadelle ça ne sont pas des figures aujourd'hui qu'on pourrait dire iconiques de la gauche
dont on ne peut pas dire d'ailleurs Yael Gauss je parle sous votre contrôle on ne sait pas si on dit toujours que Manuel Valls est à gauche enfin on ne peut pas dire que c'est une prise à gauche en fait
je ne sais pas si c'est comme ça que ce sera vendu c'est pas une prise socialiste en tant que telle en tant que parti socialiste ce sont des personnalités qui ont compté au PS dans les années Hollande et avant mais qui ensuite ont eu un parcours différent François Ripsamen a créé sa propre formation en 2022 Fédération Progressiste pour se rapprocher d'Emmanuel Macron Juliette Méadelle en faisait partie également en fait partie de cette formation quant à Manuel Valls c'est déjà très ancien il quitte le PS en 2017 il est apparenté en marche député d'Ivry en 2017 il reste un an et ensuite c'est l'aventure ratée à Barcelone
ce que dit Bruno Cotteres Yael on parlera de Xavier Bertrand aussi dans un instant avec vous Julien Nenni ce que dit Bruno Cotteres c'est finalement ce gouvernement ressemble à un gouvernement très macroniste au fond un peu post-2017 qu'est-ce qu'on dit de ça ?
Oui ça donne vraiment cette impression et en fait aussi l'idée de mettre des poids lourds très haut dans l'ordre protocolaire vous avez deux anciens premiers ministres en 1 et 2 derrière François Bayrou donc Elisabeth Borne à l'éducation Emmanuel Valls aux Outre-mer ministre d'Etat et ancien premier ministre donc très haut dans l'ordre protocolaire mais on a l'impression un petit peu pardon l'expression qu'il y a un côté cache-misère c'est-à-dire qu'on met vraiment de très gros poils lourds en avant expérimentés pour cacher aussi le fait que François Bayrou ne remplit pas sa promesse initiale il voulait 3 tiers François Bayrou un tiers centre un tiers droite un tiers gauche on se retrouve avec un socle commun élargi à droite LR
Il ne tient pas la promesse Julien Nenny la porte a été de toute façon fermée est-ce qu'il avait moyen après quand même beaucoup de j'allais dire on a beaucoup sorti les avirons tout le week-end et la semaine précédente est-ce qu'il avait les moyens au fond de faire un gouvernement différent à ce stade on va dire
Les socialistes ont fermé la porte il y a quelques jours déjà sur la participation au gouvernement un communiqué du PS était très clair il y a quelques jours quiconque membre du PS rentrera dans ce gouvernement Bayrou sera exclu du parti forcément ça en a refroidi quelques-uns ce n'est pas faute d'avoir essayé François Bayrou on a parlé notamment à Pierre Moscovici ou à d'autres au maire de Saint-Ouen M.
Boimbran aussi qui ont tous décliné donc ce n'est pas faute d'avoir essayé quelques personnalités estampillées à gauche font bien leur entrée dans ce gouvernement on a parlé d'Éric Lombard aussi nouveau ministre de l'économie mais bon manifestement le socle commun comme on l'appelait sous Michel Barnier et bien reste grosso modo le même dans ce premier gouvernement Bayrou il avait vendu entre guillemets Emmanuel Macron avant d'être nommé dès qu'avec lui à Matignon lui saurait faire la synthèse il saurait faire la synthèse on a parlé des 3 tiers avec Yael à l'instant il saurait ramener et Bernard Cazeneuve et Xavier Bertrand ce soir ni l'un ni l'autre ne font partie de son équipe
alors est-ce qu'on peut en parler de Xavier Bertrand justement qu'est-ce qui s'est passé en fait qu'est-ce qui s'est passé surtout entre visiblement en 17h30 et 18h
alors ça a commencé même hier soir hier soir d'après le communiqué de Xavier Bertrand parce qu'on est d'accord
il était ministre de la justice voilà
François Bayrou lui propose d'être garde des Sceaux de remplacer Didier Migaud c'était l'idée justement de Xavier Bertrand qui ne voulait pas d'un nouveau ministère social mais d'un portefeuille régalien c'était bouché à l'intérieur avec Bruno Retailleau bouché au Quai d'Orsay avec Jean-Noël Barreau ou Gérald Darmanin il a donc jeté son dévolu sur la justice hier soir c'était fait finalement manifestement la nuit a porté conseil à François Bayrou il a aussi entendu les menaces de censure à peine voilée du Rassemblement National j'allais vous demander très concrètement et encore ce matin
est-ce qu'il y a eu Julien ou Gaël est-ce qu'il y a eu un coup de fil du RN disant c'est Xavier Bertrand ou nous
ou la censure quoi il y a eu coup de fil des lieutenants de Marine Le Pen au lieutenant de François Bayrou il y a déjà quelques jours notamment Sébastien Chenu à Marc Fénaud ça c'est une certitude pour dire si Bertrand est au gouvernement ligne rouge ce sera une nouvelle censure dans quelques semaines à l'Assemblée manifestement François Bayrou a cédé à cette espèce de chantage on peut l'appeler comme ça du Rassemblement National il n'a pas voulu prendre ce risque et il a rappelé Xavier Bertrand ce matin pour lui dire finalement je te propose autre chose ce ne sera pas le ministère de la Justice et cette autre chose on ne sait pas encore l'information n'a pas fuité mais Xavier Bertrand a digné c'était la justice ou rien et ces mots ce soir dans son communiqué sont très durs à l'ancien ministre de la Santé et du Travail il parle de compromission avec les extrémismes c'était les mots de Jacques Chirac en 2007 juste avant de quitter l'Elysée
je ne sais pas si on réalise à quel point c'est le nœud gordien de la suite pour François Bayrou cette histoire cette affaire Xavier Bertrand appelons-la comme ça parce que rappelez-vous le choix d'Emmanuel Macron l'été dernier lorsqu'il tergiverse pour trouver un premier ministre c'est d'abord celui-là c'est Xavier Bertrand à Matignon parce qu'il est capable de faire l'union d'élargir un ancien LR qui a gagné sa région face au RN dans les Hauts-de-France en 2015 et puis c'est non parce qu'il a l'assurance par Marine Le Pen que ce sera la censure immédiate bis repetita cinq mois plus tard à nouveau et cette fois-ci c'est François Bayrou qui est obligé de céder pas de Xavier Bertrand au gouvernement parce que risque de censure immédiate trop fort du côté du RN qu'est-ce que ça veut dire ?
c'est-à-dire qu'une nouvelle fois on a un RN qui fait la pluie et le botton sur les choix du gouvernement Bayrou ou d'Emmanuel Macron c'est-à-dire qu'on a un Xavier Bertrand qui est censuré deux fois par le RN et ça veut dire que le gouvernement n'est pas complètement indépendant et libre de dire au RN on fait ce qu'on veut on choisit qui on veut
et ça veut dire aussi Bruno Cotteres pardon mais qu'on prend les mêmes et qu'on recommence parce que c'est exactement là-dessus aussi qu'a buté Michel Barnier puisque la censure du RN a entraîné le reste en fait
Oui fondamentalement le périmètre politique du gouvernement est à peu près celui du gouvernement Barnier il y a des nuances évidemment mais globalement on est toujours sur le même périmètre ce qui a un tout petit peu changé on le sent dans les déclarations d'un certain nombre de personnalités du parti socialiste ce qui a un tout petit peu changé c'est qu'on voit que du côté du parti socialiste on maintient un peu la ligne pour le moment qui est que François Bayrou a encore quelques jours quelques semaines d'ici la présentation de son discours de politique générale à la mi-janvier il aurait d'après eux encore peut-être quelques semaines quelques jours pour formuler des propositions qui amèneraient le parti socialiste au fond à ne pas valider au fond une censure du gouvernement mais on voit que c'est devenu de plus en plus compliqué puisqu'il y a Elisabeth Borne qui est au gouvernement on imagine mal qu'un gouvernement qui a Elisabeth Borne dans un ordre protocolaire aussi important numéro 2 du gouvernement on dirait maintenant on y va on remet en cause la réforme des retraites portée par Elisabeth Borne et adoptée avec un 49.3 dont on se rappelle qu'Elisabeth Borne l'avait très très fortement portée et ce serait effectivement
assez baroque à l'instant et juste avant de retourner au standard retrouver Marc sur X François Bayrou qui dit ceci qui dit qu'il est fier d'un gouvernement d'expérience pour réconcilier et renouer la confiance avec tous les français bonsoir Marc oui bonsoir écoutez le lien il est tout fait puisque vous parlez de la réforme éventuellement de l'annulation de la réforme des retraites évidemment avec la présence de madame Borne la chose n'est pas possible moi je donne un mois ce gouvernement je vais vous dire pourquoi parce qu'effectivement on est encore pied et point lié avec le RN avec l'absence de Xavier Bertrand qui est un homme remarquable tout à fait au centre et un vrai centre qui regarde un petit peu à gauche et puis on a par ailleurs un certain nombre de personnalités qui sont pardonnez-moi l'expression c'est un peu des fonds de tiroir qu'on est allé chercher Emmanuel Valls madame Borne et qui quand même bon monsieur Rebsanem etc il aurait fallu chercher à gauche toutes et annuler tout simplement la réforme des retraites pourtant personnellement je suis favorable à cette réforme des retraites mais il y a des moments il faut se montrer fair play il faut dire bon bah écoutez la plupart des français n'en veulent pas il faut la reprendre à zéro à ce moment-là on annule et à ce moment-là on ouvre à gauche mais là on n'ouvre pas à gauche du tout la preuve c'est Xavier Bertrand et on est pied et point lié avec le RN c'est madame Le Pen qui gouverne merci Marc pour votre appel Yael Goz c'est madame Le Pen qui gouverne nous dit Barck et puis sinon effectivement il a bien compris lui aussi comme le disait Bruno Cotteres à l'instant avec Elisabeth Borne dans le gouvernement on ne touche pas à la réforme de retraite ou alors là pour le coup c'est très très bizarre
oui puis l'ouverture était timide rappelons-le celle de François Bayrou c'était de dire je ne suspends pas la réforme mais je reprends la négociation pour neuf mois si vous trouvez mieux une autre formule alors on reprendra l'autre formule et on laissera tomber l'âge de départ à 64 ans bon on n'en est absolument pas donc les socialistes n'ont pas voulu Bruno Cotteres disait juste avant que les socialistes avaient encore quelques jours pour mettre sous surveillance quelque part François Bayrou et voir si un accord de non-censure serait possible le discours de politique générale n'est que le 14 janvier ça laisse du temps mais pardon les réactions ce soir d'Olivier Fort premier secrétaire ne laisse pas beaucoup de place aux doutes ce n'est pas un gouvernement c'est une provocation écrit le premier secrétaire du PS URIX la droite extrême au pouvoir sous la surveillance de l'extrême droite fin de citation je ne vois pas avec ces mots là comment le PS ne va pas vers la censure
Julien Deni et j'ajoute que de l'autre côté du spectre politique puisque ce sont ces deux parties là le PS et le Rassemblement National qui tiennent entre guillemets le gouvernement Bayrou pour une possible future censure Jordan Bardella à l'instant qualifie le premier gouvernement de François Bayrou bien un gouvernement qui a je cite réuni la coalition de l'échec le moins qu'on puisse dire c'est que c'est mal parti pour le palois
alors c'est mal parti mais après c'est de la mathématique aussi la censure donc est-ce que les mathématiques sont là on sait très bien ce qui a marché la dernière fois est-ce qu'on est prêt à le revoir là le fait de ce que dit Jordan Bardella par exemple est-ce que ça veut dire que je brandis la censure ça peut vouloir dire deux choses très différentes
François Bayrou il sait une chose il sait que les socialistes n'ont pas très envie de revoter immédiatement la censure ils aimeraient bien trouver les voies et moyens d'empêcher de recommencer ce qui s'est passé début décembre sauf que pour ça il faut que les socialistes aient une victoire à ramener à la maison et on ne l'a pas et on rejoint ce que disait Marc tout à l'heure il n'y a pas l'ouverture suffisante sur la réforme des retraites qui est un totem désormais auquel s'accroche évidemment Emmanuel Macron mais aussi Elisabeth Borne maintenant en position numéro 2 du gouvernement ex-premier ministre qui a porté cette réforme dans la douleur donc voilà et on a un Bardella ce soir qui dit je recite ce que disait Julien réunit la coalition de l'échec donc non seulement ils ont eu la peau de Xavier Bertrand et ont empêché François Bayrou de faire ça de nommer celui qu'il voulait à la justice mais de surcroît ce soir c'est une annonce d'opposition frontale à François Bayrou
est-ce que ça veut dire politiquement qu'il n'a aucun intérêt à appuyer sur le bouton de la censure en fait oui oui
on peut conclure ça on peut pour reprendre ce que disait Yael aussi le rassemblement national je ne suis pas persuadé qu'ils aient très envie non plus de réappuyer sur le bouton de la censure tout de suite en tout cas on sait qu'il y a le jugement de Marine Le Pen aussi qui est attendu le 31 mars prochain ça peut avoir son importance dans la décision à suivre du rassemblement national on sait que ça a pu bousculer une partie de l'électorat que vise le rassemblement national notamment ceux qui sont attachés à une forme de stabilité les retraités les agriculteurs l'électorat traditionnel de droite que chasse le rassemblement national depuis plusieurs mois voire plusieurs années je ne suis pas certain que du point de vue de Marine Le Pen et de Jordan Bardella appuyer tout de suite sur le bouton de la censure soit stratégiquement la meilleure chose à faire même si on a bien vu ces dernières semaines et Michel Barnier a payé pour voir que tout n'était pas forcément rationnel dans les décisions politiques du moment
Bruno Cotteres on a ce message de Sylvie sur Whatsapp qui dit une annonce ce soir jour de deuil national pour Mayotte me paraît complètement déplacée nous n'étions pas à quelques heures près et c'est consternant moi je me demande jusqu'à quel point et jusqu'à quand il va le porter le boulet Mayotte François Bayrou parce que c'est vraiment là que ça démarre mal c'est là que ça se poursuit mal ça reste un peu le pardon de le dire comme ça mais ça deviendra le sparadrap du capitaine ad hoc cette histoire
oui alors c'est fréquent qu'on voit ça en termes de communication politique qu'il y ait une erreur un peu fondatrice qui va suivre une personnalité politique jusqu'au bout qui aura un peu de mal à gommer cette image voilà donc incontestablement c'est vrai que ça n'aurait pas empêché les français de fêter les fêtes de fin d'année et Noël que le gouvernement soit annoncé dans quelques jours c'est par contre que le premier ministre François Bayrou s'était engagé avant en disant ça sera fait avant Noël donc il s'était un peu mis lui-même un petit peu dans cette difficulté c'est vrai que beaucoup de commentateurs ont dit il faut au fond laisser cette journée de deuil national d'abord avant tout intégralement consacrée au soutien à l'affection de toute la nation vis-à-vis de Mayotte et vis-à-vis de nos compatriotes et donc c'est vrai que ça aurait été tout à fait possible de reporter l'annonce du gouvernement à un jour deux jours après Noël
Yael Gauze évidemment que c'était possible alors en soi peut-être qu'il voulait alors effectivement il a raison Bruno Cotteres il disait avant Noël on avait beaucoup beaucoup discuté du gouvernement Barnier qui a mis 16 jours donc il fallait qu'il mette moins de jours enfin on en était vraiment dans ce genre de calcul d'apothicaire ou pas
oui mais là vraiment moi je suis furieux j'aimerais qu'on arrête que les communicants politiques ou les conseillers en communication politique arrêtent de donner des délais ça vient aussi de leur chef et de leur patron ou patronne qui veulent des délais mais ça ne rime à rien et ça met en tension tout l'écosystème médiatique avec le politique dans l'attente toujours de ce moment de ce sablier ça y est ça va tomber on va enfin savoir et quand le délai n'est pas tenu parce qu'il est dur à tenir évidemment vu les équilibres les négociations de dernière minute qui peuvent se produire sur la nomination d'un tel ou d'un tel vous avez l'impression d'un échec d'un fiasco de quelque chose qui ne tourne pas rond d'une crise politique permanente arrêtez avec les délais avec les sabliers on prend le temps qu'il faut en Belgique ça fait 600 jours je crois qu'il n'y a pas de gouvernement en Allemagne on verra les élections le 23 février mais il va y avoir le temps de la coalition ça peut prendre 2 mois 3 mois où chaque parti en présence vient défendre le projet de loi qu'il veut avoir pour lui nous on recommence en France à faire le qui avant le quoi alors qu'il faut faire le quoi avant le qui et donc ça donne ce problème de délai de girouette et de temps qui va trop vite qui n'est pas respecté c'est fatigant
on a Marie sur Whatsapp qui dit mais à quel moment réaliserez-vous que c'est le RN qui a gagné les élections législatives qu'est-ce qu'on dit à cette remarque de Marie ?
alors non ils n'ont pas gagné les élections législatives ils ont été en tête au premier tour 11 millions de voix mais au deuxième tour un front républicain s'est constitué et a réduit considérablement la force du RN avec beaucoup de candidats qui n'étaient pas du tout à la hauteur racistes condamnés etc
on s'en souvient ce que dit Marie je pense en creux c'est le pouvoir de nuisance enfin je veux dire qui est pour le coup toujours très très en place et extrêmement efficace
Julien Denny oui le pouvoir de nuisance est là plus que jamais encore une fois Michel Barnier a payé pour voir on verra si la stratégie de Marine Le Pen et de Jordan Bardella s'amende entre guillemets au début de l'année 2025 à mon sens ils auraient stratégiquement et électoralement pour penser à la suite tout intérêt à baisser un peu en niveau d'intensité et à laisser François Bayrou patauger entre guillemets ou en tout cas tenter de faire ses preuves quelques semaines quelques mois à la tête du gouvernement et attendre peut-être le jugement de Marine Le Pen le 31 mars prochain dans l'affaire des assistants parlementaires du RN au Parlement européen pour décider maintenant tous les observateurs politiques toutes nos sources tous les ministres sortant et entrant qu'on peut contacter ces derniers jours ces dernières semaines s'accordent à dire que Marine Le Pen a perdu en rationalité en fait dans la séquence qu'on vient de vivre avec Michel Barnier et la censure historique donc est-ce que les considérations électorales et stratégiques seront celles-là pour Marine Le Pen en début d'année la question reste ouverte
on a un volet de messages réellement à la fois sur l'application et sur Whatsapp Delphine par exemple qui dit je suis à la fois dégoûtée en colère mais finalement pas tellement surprise on a je ne sais plus qui qui nous dit derrière on prend les mains et on recommence comment pouvoir imaginer un résultat différent on a Pierre que je retrouve sur l'appli et qui dit moi je n'irai plus aux urnes je suis dégoûtée c'est pas que ce moment-là Bayrou en fait moi j'ai l'impression Yael Goss que c'est toute la séquence politique au fond depuis la dissolution qui nous amène à ce genre de message-là et ça pour le coup il en faudra plus que les fêtes de Noël pour l'apaiser
Vous voulez savoir combien de ministres à l'éducation nationale ça fait ? Avec Elisabeth Borne 5 5 5ème depuis en 2024 4ème premier ministre donc il y a un côté valse permanente qui fait qu'on a presque même plus envie de suivre ce feuilleton en fait sans jeu de meut dont je vous fais sourire
Vous avez vu ma tête
Non mais c'est à dire qu'à la fin c'est une forme ça Bruno Cotteres pourrait en parler mieux que moi mais une forme d'indifférence à la politique qui est beaucoup plus dangereuse destructrice pour nos démocraties modernes que la colère parce que la colère ça mobilise la colère on peut faire de la politique sur de la colère pour raffiner les choses et peut-être arriver à des idées après la colère lorsque c'est l'indifférence ça devient la désaffection civique alors on ne fait plus société
Bruno Cotteres la désaffection civique effectivement une sorte d'aquabonisme en fait
Oui c'est vrai que ce sentiment de voir toujours les mêmes noms il y a des membres de l'équipe qui a été annoncé ce soir certains sont ministres de manière ininterrompue depuis 2017 ou pratiquement depuis 2017 certains sont rentrés en 2018 dans l'équipe mais deux ou trois trois ou quatre des noms qui ont été annoncés ce soir sont ministres de manière ininterrompue depuis pratiquement le début de la première élection d'Emmanuel Macron il y a le retour d'un certain nombre de personnalités qui avaient quitté la vie politique qui ont eu toutes les responsabilités premier ministre voilà etc donc c'est vrai que ça donne ce sentiment et c'est vrai que le regard des français c'est le regard de spectateurs qui regardent une scène qui leur devient de plus en plus éloignée étrange presque étrangère même d'une certaine manière avec un regard qui est un mélange de colère d'insatisfaction ou alors effectivement d'être totalement désabusé il y a aussi une forme de lassitude dans le pays sur ces semaines et ces semaines et ces semaines de chaos d'incertitude d'attente sur la formation du gouvernement donc effectivement ce qui est un peu problématique c'est effectivement une composition qui n'est pas trop susceptible on verra il faut aussi leur faire crédit mais qui ne me semble pas très susceptible d'entraîner une forme de grande adhésion dans le pays en disant ça y est là il y a quelque chose de vraiment important de porteur d'une vision pour le pays là on n'y est pas
on n'y est pas et on écoute Basile c'est une note vocale qu'on va découvrir ensemble
pourquoi dites-vous que c'est le RN qui fait la pluie et le beau temps sur ce gouvernement en réalité n'importe quelle partie pourrait faire la pluie et le beau temps sur ce gouvernement la question en fait c'est pourquoi est-ce que Bayrou choisit d'obtempérer aux injonctions du RN alors qu'en réalité il aurait pu choisir d'obtempérer aux injonctions du PS ou aux injonctions plus largement du NFP mais c'est pas le RN ne fait la pluie et le beau temps que parce que Bayrou choisit d'obéir
Basile parce que Bayrou choisit de lui obéir Yael Ghose
c'est intéressant ce que dit Basile et je vais même ajouter une autre information que moi je tiens ce soir vous souvenez de Roland Lescure quand même ministre de l'industrie voilà ministre qui était pressenti même pour Matignon bien sûr pour Matignon rappelez-vous quand il y a eu le débat entre Lecornu François Bayrou ou Roland Lescure à Matignon il était dans la short list comme on dit Roland Lescure s'est vu proposer un autre poste Roland Lescure était un chiffon rouge aussi pour le RN le RN a aussi fait pression sur François Bayrou pour que Roland Lescure n'intègre pas ce gouvernement ça fait beaucoup ou ça d'ailleurs vous le savez ou pas non je ne sais pas quel poste mais un poste qui n'était pas Bercy il y a eu le grand Bercy qui était pressenti pour Roland Lescure vous voyez ça fait deux figures quand même Xavier Bertrand et Roland Lescure sur lesquelles le veto supposé du RN a mis François Bayrou en alerte et en stress et les a exclu de la liste finale
donc ça veut dire Julien Denny qu'on se retrouve c'est ce qu'on disait au début de cette émission dans une situation finalement assez similaire à celle de Michel Barnier il y a encore 15 jours 3 semaines enfin un mois grand maximum avec la même épée de Damoclès tenue par les mêmes au-dessus de sa tête
on a le sentiment que les mêmes causes risquent de produire les mêmes conséquences tout dépend donc des orientations stratégiques du PS à gauche et de Marine Le Pen et du Rassemblement National à l'extrême droite on souhaite bien du courage à François Bayrou pour sa déclaration de politique générale le 14 janvier prochain et bien de réussir à concilier un petit peu tous les contraires à mordre les deux bouts de l'omelette comme disait François Mitterrand à son époque il va falloir convaincre notamment les socialistes de ne pas censurer cette histoire d'accord de non-censure dont on parlait beaucoup ces dernières semaines elle est toujours sur la table tout de même les socialistes ne participent donc pas à ce gouvernement ça c'était tout sauf une surprise est-ce qu'il pourrait avec certaines concessions il reste deux trois semaines là à François Bayrou pour trouver des compromis avec les socialistes sur la réforme des retraites sur quelques abandons de la potentielle future loi immigration même si Bruno Retailleau a obtenu des garanties sur ce que l'Elysée appelle les objets de la vie quotidienne est-ce que la loi sur la fin de vie pourrait être remise dans le calendrier parlementaire tout ça ce sont des choses qui comptent beaucoup pour les socialistes quels seront les choix de François Bayrou il parle notamment ce soir à la télévision il en dira peut-être un petit peu plus mais c'est la clé parce que sinon encore une fois les mêmes causes produiront les mêmes conséquences et François Bayrou pourrait même durer moins longtemps que Michel Barnier
il y a quelques auditeurs ici sur WhatsApp qui se demandent jusqu'à quel point Yael Gauze et Elisabeth Borne est réellement attachée à la réforme des retraites qu'elle a portée jusqu'au 49-3 ou si elle-même finalement ne serait pas susceptible de laisser quelques ouvertures
c'est vrai il faudrait lui laisser la question je ne l'ai pas entendu changer de position lorsqu'elle était en campagne pas très longtemps face à Gabriel Attal pour prendre Renaissance puisqu'à la fin elle a jeté l'éponge et Gabriel Attal est devenu le chef de Renaissance sans avoir à faire de compétition face à elle ce n'est pas vraiment les échos que j'ai étant donné qu'elle a vraiment mis tout son poids dans la balance qu'elle a subi un 49-3 qu'elle l'a fait aussi parce qu'elle est convaincue que la démographie de la France ne permet pas d'avoir assez de cotisants par la suite et qu'il faut bien forcément avancer en âge pour que tout le monde puisse avoir une retraite par répartition écoutez interrogeons-la prochainement son premier dossier ça va d'abord être l'école et qu'est-ce qu'on fait des 4000 suppressions de postes qui étaient dans le gouvernement dans le précédent budget du gouvernement Barnier qu'est-ce que ça devient ça où sont les économies moi c'est ça qui me frappe ce soir c'est que où sont les accords sur le budget c'est ça la clé et on va recommencer on va reprendre la copie non pas à zéro alors je vais vous dire est-ce qu'on la reprend là où Michel Barnier l'a laissé ou pas ?
On la reprend là où Michel Barnier l'a laissé parce que François Bayrou s'il reprend tout à zéro c'est trois mois trois mois trois mois de budget ça veut dire un budget mi-avril pour qu'il soit finalisé et ça ça met en péril beaucoup de mesures puisque vous avez vous avez un système je ne vais pas rentrer dans le détail juridique du conseil constitutionnel mais vous avez des mesures qui ne peuvent pas être rétroactives sur 2024 quand elles sont votées en 2025
Est-ce que ça veut dire Julien Néni si on reprend là où on l'a laissé on se souvient très bien de ce moment-là on l'a repris sur Michel Barnier qui dit d'accord pour revenir sur le déremboursement de certains médicaments pour l'indexation des retraites c'était le fameux et ou ou de Marine Le Pen finalement il dit non bam censure donc c'est exactement sur cette ligne-là qu'on verra ce qui se passe
pour le budget à venir non ?
Voilà on attend les précisions de François Bayrou peut-être ce soir à la télévision après je vous rappelle quand même un point ce qui a été censuré c'est pas le budget c'est le budget de la sécurité sociale ce qu'on appelle dans le jargon politico-juridique le PLFSS le plan de loi de finances de la sécurité sociale le PLF lui ce qu'on appelle le budget le plan de loi de finances tout court le budget de l'Etat lui il n'a pas été censuré il continue son bonhomme de chemin entre guillemets maintenant qu'un gouvernement a été nommé et une fois que les vacances parlementaires seront achevées début janvier le travail parlementaire classique j'allais dire va pouvoir reprendre est-ce qu'on repartira du budget de Laurent Saint-Martin du budget de Michel Barnier c'est très probable que oui parce que François Bayrou et sa nouvelle ministre du budget Amélie Monchalin n'auront pas le temps de reprendre une copie à zéro et ce n'est l'intérêt de personne maintenant quels seront les arbitrages encore une fois on manque d'informations puisque comme Yael l'a dit on s'est occupé du qui avant du quoi on s'est occupé du casting avant du programme et donc pour l'instant on a enfin 35 visages dans ce premier gouvernement Bayrou maintenant il est urgentissime de savoir pour quoi faire on a Laurent qui nous attend au téléphone bonsoir Laurent
oui bonsoir
on vous écoute oui
je disais donc on a cette impression d'avoir affaire et j'essaye d'être le plus objectif possible pourtant mais d'avoir affaire à un gouvernement un peu carriériste et d'arriver au bout d'un système en fait je ne sais pas si on peut parler de la 5ème république ou autre chose mais d'un système qui ne fonctionne plus et dont les préoccupations c'est la politique les coups de théâtre et pas forcément les vraies préoccupations nos vraies préoccupations de tous les jours notre quotidien la réalité Mayotte et tout ça voilà
merci Laurent pour votre intervention Bruno Cotteret ça revient à ce que nous disions un petit peu tout à l'heure au début de cette émission le risque pardon Laurent de le dire comme ça le risque c'est des laurent parce qu'on n'est pas sûr que ces laurent là retournent aux urnes après
alors des laurent qui ont ce point de vue il y en a des millions en fait dans le pays nous c'est ce qu'on voit dans les enquêtes que nous réalisons à Sciences Po c'est Vipof l'image qu'ont les français de la politique c'est au fond principalement celle que vient de décrire Laurent le sentiment d'être dans un théâtre où il y a des stratégies des coups fourrés voilà lui il disait carriériste c'est vrai que cette dimension elle est très très très présente dans l'opin qui ne comprend pas très souvent pourquoi des personnalités peuvent passer leur vie entière au fond dans la politique n'avoir pas fait autre chose dans leur vie que de la politique principalement et c'est vrai que cette idée elle est assez massivement rejetée dans l'opinion qui à la fois considère qu'il faut que ce soit des gens qui ont des compétences bien évidemment des gens qui ont prouvé les choses dans leur vie avant de faire de la politique et ce qui est incroyablement paradoxal c'est que c'était le message original d'Emmanuel Macron que ce qui n'allait pas dans notre système politique c'était justement que la politique avait été comme accaparée par un certain nombre de personnalités qui faisaient carrière dans la vie politique rappelons-nous à l'époque il disait la politique à l'ancienne il disait le vieux monde l'ancien monde et le nouveau monde qui était décrit était un monde fait de personnalités qui venait de la société civile qui venait du monde de l'entreprise et c'est vrai que ça a été incarné au tout début du macronisme avec des députés qui venaient d'autres horizons et puis progressivement on voit que ça s'est comme rabougri j'allais dire le mot est peut-être un peu fort mais en tout cas qu'on s'est replié vers ce modèle traditionnel de personnalité qu'on voit depuis des années maintenant exercer des fonctions politiques
nous merci Bruno Cotteres nos auditeurs sont taquins il y a El Gauze il y a Thierry sur Whatsapp qui dit la différence entre ce gouvernement et le Titanic c'est que ceux qui sont montés à bord du Titanic ne savaient pas qu'il allait couler
oui oui c'est sûr moi je ne devrais pas nuancer un tout petit peu par rapport à ce que disait Laurent carriériste interroger toutes ces femmes et ces hommes politiques ce soir qui ont voulu rentrer dans le bateau Titanic ou pas je ne sais pas moi de ce gouvernement Bayrou il y a quand même aussi le sens de l'intérêt général on ne devrait pas ministre uniquement pour sa petite carrière on pense vraiment qu'on peut servir l'intérêt de la France il y a quand même des gens qui ont des convictions dans cette équipe il ne faut pas non plus caricaturer trop fort il y a beaucoup de messages surtout s'ils étaient carriéristes ils ne rentreraient pas maintenant dans un gouvernement dont on ne sait pas quelle serait la durée de vie
alors c'est la faute des oppositions litant sur Whatsapp c'est Jean-Pierre qui dit aussi le problème c'est quand même la position des oppositions qui ne joue pas pour la France
mais c'est l'enfer de ce parlement on ne peut pas en sortir vous savez vous connaissez vous connaissez cette série de science-fiction inspirée d'un best-seller chinois Le problème à trois blocs on est dedans jusqu'au cou à l'Assemblée on ne peut pas en sortir il y a trois blocs arithmétiquement vous pouvez faire toutes les combinaisons de Rubik's Cube que vous voulez à un moment donné vous avez une extrême droite et une gauche qui à elles seules peuvent renverser le gouvernement quand elles s'allient alors quand elles s'allient est-ce que c'est raisonnable et républicain le débat est posé mais en même temps ce sont des oppositions qui ne veulent pas que le bloc central avec LR gouverne voilà donc à chaque fois vous aurez toujours cette question qui peut revenir mais vous pouvez aussi avoir des majorités différentes texte par texte
on a sur Whatsapp un monsieur Windham j'en sais rien je n'arrive pas à lire le nom qui nous dit je ne porte pas Bayrou dans mon coeur mais enfin si nous avions eu de parfaits inconnus dans ce gouvernement n'aurions-nous pas eu exactement des commentaires du type ah ben ils vont faire long feu ceux-là ah ben elle s'appelle Sophie c'est ce que nous dit Sophie en gros ce qu'elle nous dit Sophie c'est on en est à un stade où de toute façon comme on ne sait plus à quel sein se veut on n'est jamais content en fait dans un sens dans l'autre on a quand même également là sur Whatsapp Jérôme qui nous dit j'en appelle alors qui ce sont des accents très solennels j'en appelle aux partis qui ont voté la censure de la France insoumise au Rassemblement National à se réunir et proposer un gouvernement qui puisse gouverner on imagine assez mal un gouvernement de ce type-là
on a dit problème à trois blocs et les blocs ne sont pas solubles les uns dans les autres loin de là et donc voilà on a une cinquième république on se répète de téléphone sur dans téléphone on a une cinquième république qui a été conçue avec un scrutin majoritaire à deux tours et une bipolarisation aujourd'hui on vit durablement avec ces trois blocs donc à un moment donné soit on retourne aux urnes pour voir si la copie peut changer soit on essaie de faire du texte par texte avec des majorités relatives successives qui peuvent changer d'un bord à l'autre selon les textes
On a Julien on a Sylvie qui nous demande y a-t-il un ministre de l'écologie ?
Alors oui elle n'a pas changé c'est Agnès Pannier-Runacher l'une des très nombreuses figures du gouvernement Barnier à être reconduites dans cette première équipe Bayrou Agnès Pannier-Runacher ministre je cite son titre en entier de la transition écologique de la biodiversité de la forêt de la mer et de la pêche voilà tout ça dans le même portefeuille on verra quels seront ses décrets d'attribution c'est à ça qu'on sait dans les prochains jours au journal officiel quels sont exactement les périmètres de chacun mais oui il y a bien évidemment une ministre de la transition écologique
allez un dernier rappel c'est le vôtre Philippe bonsoir oui bonsoir soyez le bienvenu
merci beaucoup de prendre mon appel je voulais poser une question concernant le projet de société de ce nouveau gouvernement puisqu'on se focalise beaucoup et c'est normal sur les problèmes de budget et de poursuite de la vie courante on va dire mais aujourd'hui on ne voit pas à mon sens on ne voit pas de projet de société se dessiner vraiment clairement derrière ce nouveau gouvernement est-ce que vos invités pourraient nous éclairer sur ce sujet
merci Philippe Bruno Cotteres y a-t-il un projet de société et surtout j'ai vraiment envie d'ajouter si je puis dire une mezzanine à la question de Philippe est-il possible dans la situation politique aujourd'hui d'avoir un gouvernement qui ait un projet de société
oui ce sont des questions excellentes et des questions difficiles à répondre on voit qu'effectivement il n'y a pas de projet de société qui s'affirme clairement c'était déjà le cas dans le gouvernement Barnier et au fond on a le sentiment que l'urgence budgétaire rétablir nos comptes publics fondamentalement tant pour le gouvernement Barnier que Bayrou c'est ça d'une certaine manière le projet et il faut toujours rappeler que ce sont des gouvernements qui ne trouvent pas directement leur origine dans le résultat des élections législatives un auditeur l'a rappelé tout à l'heure le Rassemblement National a gagné en voie les deux tours des élections législatives le Front Populaire le nouveau Front Populaire les a gagnés en siège donc à partir de là un gouvernement Barnier puis un gouvernement Bayrou qui essayent de trouver leur horizon comme projet autour de cette question du déficit et peut-être de quelques grands domaines de l'action publique mais il n'y a pas de projet de société qui s'affirme en tout cas pour le moment explicitement
je voudrais reposer la question telle que je l'ai posée tout à l'heure également est-ce que de toute façon en l'état on est capable d'arriver avec un projet de société
dans un gouvernement il s'agit vraiment de donner un budget à la France on en est là pour l'instant et je dirais que le mal est plus profond en fait ça remonte même à la présidentielle 2022 campagne qui a été il n'y a pas vraiment eu de campagne présidentielle côté Emmanuel Macron il n'y a pas eu un projet de société posé sur la table comme il l'avait fait en 2017 qui était sortir des assignations à résidence sociale vous vous souvenez c'était vraiment ça l'idée que l'individu puisse s'émanciper par lui-même qu'on lui donne toutes ses chances ça c'est 2017 2022 il n'y a pas vraiment eu de campagne c'était le président en surplomb avec la guerre en Ukraine et donc on n'a pas eu ce grand débat national qui aurait pu avoir lieu en 2022 et on a vécu un petit peu là-dessus après le malentendu des retraites c'est justement parce que ça n'avait pas été posé clairement dans le débat de la présidentielle 2022 donc on vit toujours sur cette absence de projet posé à l'origine en 2022
et merci beaucoup merci à tous les trois merci beaucoup d'avoir participé à ce téléphone son merci à tous pour vos nombreux appels demain c'est le 24 décembre on essaiera de faire un téléphone son disons un peu plus comment dire je ne sais même pas un peu moins politique carrément moins politique qui ne sais même pas C'est parti.
François Bayrou