Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewEurope 1 (sur YouTube)· 5 juin 2025 14 min

Gilbert Collard s'attaque à la Justice : "Que vient faire le procureur dans la défense des juges"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Très bien, on va essayer de donner un peu de sens au sujet qu'on ouvre à l'instant qui est le rapport à à la justice parce que Réiette c'est pas n'importe qui. Réte c'est le deuxème magistrat de France. Euh donc il a pris la parole ce matin sur France Interre et ce qu'il a dit est tout à fait passionnant bien évidemment en tout cas à décrypter et donner du sens c'est c'est quoi ?

Et lundi ou mardi, Géraldin prend la parole, garde des sauts pour dire les peines ne sont pas assez fortes et au fond les juges ne les appliquent pas suffisamment parce que dans le code pédal on peut déjà appliquer ça. Bon, je m'aperçois que 3 jours après, un magistrat et pas n'importe quel magistrat sur France interne monte au créneau pour dire non pas le contraire de ce qu'a dit Gérald Darmanin, on est entre gens bien élevés mais au fond il vient pour dire laisser travailler les juges. Je rappelle également que le garde des saut est je crois le seul ministre qui sur son administration n'a pas de prise au nom de la séparation des pouvoirs.

Gilbert Collard. Donc on va écouter d'abord. Je sais pas si vous partagez cette introduction que je fais là pour les auditeurs mais elle me paraît importante.

Oui, mais il a un petit correctif qu'il faut apporter qui est qui est qui est de taille, c'est que je me demande personnellement ce que vient faire le procureur général dans la défense des juges qui s'occupe des procureurs. Il a rien, je veux dire, il a lui ne devrait avoir aucun rapport avec les juges. qui représente un corps de la magistrature qui est une partie au procès.

Oui, mais je je vous renvoie la question. Alors, pourquoi ? Comment vous le décryptez ?

Ah ben je ne comprends pas ça. Je vois pas pourquoi le procureur Il ferait mieux de se préoccuper du fait de savoir si les procureurs dans les audiences où ils ont requis des peines qui n'ont pas été prononcées ont fait tout non appel par exemple. Ça ça serait pertinent.

Mais le procureur a priori, le procureur c'est et effectivement et le juge, ce n'est pas euh la même. Voilà, nous sommes d'accord hein. C'est important de le dire pour ceux qui ne Ça n'a rien à voir.

Ça n'a rien à voir. Le procur le parti une partie au procès. Voilà.

Alors, je comprends pas pourquoi le procureur général vient prendre la dessence des juges du siège. Et et moi si je l'avais eu en face de moi, je lui aurais posé la question. Vous êtes-vous préoccupé de savoir si les parquets qui avaient requis des peines qu'ils n'ont pas obtenu fait appel ?

Bon, je vous propose de l'écouter Réy Aides, procureur général. Il était ce matin sur France Interre et je l'ai dit, on en a parlé tout à l'heure sur C, moi je suis sidéré de ce que vous allez entendre parce qu'il dit il y a un décalage très fort entre les images et la réalité des faits. Des faits, c'est ça qui est important mais les images qu'on voit c'est les faits d'une certaine manière.

Donc écoutons le procureur. Je voudrais quand même m'inscrire en faux de façon très catégorique sur le contre le prétendu laxisme des juges. Alors le mot n'a jamais été prononcé mais c'est celui que vous entendez, monsieur le procureur.

Les juges font leur travail. Quand je dis les juges sont les procureurs et les juges, il y a eu des sanctions, des sanctions individualisées. La difficulté dans ce type d'affaire et moi je l'ai bien connu lorsque j'étais procureur de Paris il y a quelques années, c'est qu'il existe avec vous étiez notamment procureur de Paris au moment des gilets jaun au moment des gilets jaunes au moment de des de la crise des gilets jaunes. et qu'il y a un décalage très fort entre les images de ces violences vues à la télévision et parfois la réalité des faits que l'on reproche.

Ce qu'on juge, c'est une personne, un homme ou une femme qui se trouve dans le box et à qui on impute un fait ou des faits précis, parfois d'ailleurs avec des difficultés de preuve parce que les enquêtes sont conduites dans des délais très courts et parfois les preuves sont relativement légères. Et donc c'est cette réalité-là qu'il faut bien comprendre. Bon, j'avais ce débat tout à l'heure avec Philippe Bilger.

Le procureur dit euh sans doute à juste titre ce qu'on juge chez un homme, mais moi j'ai le sentiment aussi qu'on juge des faits. Euh Gilbert Collard, on doit on doit on doit juger un homme dans des faits. Et ce qui est ce qui est effroyable, c'est qu'on fasse la séparation de l'homme des faits.

Et c'est ce que semble faire le procureur en disant que ce qu'on voit n'est pas la réalité de ce qu'on juge. Mais ça c'est le fait de tous les procès. Quand on juge un criminel, on n pas le cadavre sanguinolant sous les yeux, ni les 20 ou 15 coups de couteau donnés à la victime.

C'est c'est c'est le propre de la justice, ça. Bon, donc je veux dire, je m'excuse de le dire, mais c'est un truisme. Bon, il est bien évident que dans un procès, on n pas la réalité des faits.

On voit pas la victime, sangue inolante, le cadavre. Bon donc il y a forcément un un éloignement entre la réalité telle qu'on la voit et la réalité telle qu'on la juge. Mais on est là pour apprécier les faits l'homme dans les faits et non pas l'homme et les faits.

Et je trouve très intéressant que le procureur dans son dans son langage opère cette séparation entre l'homme, l'individu et les faits. Il faut juger l'individu bien évidemment, ça c'est la base de la justice, mais l'individu en action dans les faits et non pas l'individu et les faits. Bon, je disais ce matin et je disais à à Philippe Bilger précisément, la justice parle de plusieurs voies.

Vous avez le garde des sauts qui euh applique une politique pénale, en tout cas qui veut l'influencer, puis vous avez 3 jours plus tard un procureur général qui semble dire des choses différentes. Est-ce que tout cela est normal que cette prise de cette prise de parole est normale ou est-ce qu'elle traduit quelque chose ? Non, elle traduit d'abord rappelons quand même qu'au moment des gilets jaunes, la justice avait été particulièrement répressive.

Nous sommes d'accord. Moi, j'ai encore en tête, on est d'accord hein. Donc bon, oui, nous sommes d'accord.

C'est pour ça, mais c'est pour ça que ça choque tout le monde. C'est tout le monde se dit quand il y a eu quand il y a eu les gilets jaunes, on a frappé sur les gilets jaunes et on frappe pas de la même manière après les incidents du PG. C'est ce que j'entends et c'est ce que je partage d'ailleurs.

C'est ce que j'entends aussi. Alors quand vous comprenez quand le procureur général se mêle de la justice qui juge et non pas de la justice qui requiert qui est la sienne, il parle de sérénité. Mais attendez, quelle sérénité ? la sérénité syndicale, la sérénité politique, la sérénité idéologique, la sérénité médiatique, la sérénité hiérarchique.

Quand on entend le procureur général, on a un discours qui est révélateur, qu'il n'existe plus aucune sérénité dans notre justice. c'est tu sais c'est et c'est ce qui fait du reste qu'on a des décisions qui sont parfois complètement aberrantes parce queon est malheureusement parfois je dis pas toujours, parfois dans une justice cryptoidéologique voilà qui n'ose pas le dire mais qui fait de l'idéologie par exemple aujourd'hui un détournement de biens sociaux est beaucoup plus grave quelquefois qu'une agression h j'entends ce que vous dites. On va marquer une pause.

Je disais ce matin que les juges, est-ce qu'il est possible, et je posais la question plus exactement, est-ce qu'il est possible que les juges narguin de Gérald Armanin et puisse prendre des décisions plus légères précisément parce que Gérald Armanin a a parlé ces derniers jours et qu'il a souligné que ses peines n'étaient pas assez assez rudes. Ah oui, c'est une c'est une vieille histoire. dans la tradition de la justice hein.

Si on remonte jusqu'au 18e siècle, les parlements s'opposent toujours au pouvoir, hein, et on peut parfaitement avoir des crises narcissiques judiciaires hein. Je l'ai vu dans mes dans affaires en réaction du reste parfois nous avocat il nous arrivait même de jouer notamment quand c'est passé ce matin c'est ce qui s'est passé et c'est ce qui s'est passé hier parce que les journalistes ont rapporté que des avocats ont dit "Messieurs les juges si vous prenez cette peine sévère c'est que vous suivrez ce qu'a dit monsieur Darmanin et ça montre que vous êtes à sa botte voilà moi je me rappelle très bien quand il y a eu la fameuse amnistie euh votée par les socialistes à propos de l'affaire urbain, on plaidit mais enfin quand même vous rendez compte d'un côté il y a une amnistie pour des pour des pour des crap et de l'autre vous allez et les magistrats les magistrats marchés hein forcément vous voulez vous faites votre job vous les vous les piquez donc ils ont pas envie d'imaginer qu'ils sont à la botte du pouvoir. Bon, il est 11h4 mais avant cela, je précise que Gilbert Collard est toujours avec nous.

C'est vrai que quatre personnes ont été condamné lundi soir à des peines de 2 à 8 mois de prison avec surcis. 500 € d'amende seulement. Audrey va pouvoir intervenir sur ce laxisme.

Mais l'avocat que vous êtes, Gilbert Collard, est-ce que vous diriez que il y a du laxisme dans les peines que vous avez observé ces derniers jours ? Bah, il n'y a pas application de la loi. Qu'estce que je vous dis ?

Après bon, on va nous parler de la fameuse et nécessaire individualisation des peines. Mais encore une fois, si on fait une étude comparative entre les peines prononcées au moment des gilets jaunes et les peines prononcées maintenant, on constate quand même que c'était pas le même traitement. Qu'est-ce voulez que je vous dise ?

Bon, je crois que des chercheurs devraient faire une étude comparative pour montrer que il y a une idéologie derrière. Mais en fait, c'est ça qui est intéressant. Ce qui nous manque dans notre discussion, c'est d'apporter des éléments précis à ce que vous dites.

Donc moi, j'ai le même sentiment que vous. Je pense que d'ailleurs c'est un excellent sujet à sans être chercheur, on peut faire ça journalistiquement. J'ai envie de dire que c'est c'est même un bon angle de papier.

Je trouve que vous êtes vous pourriez être un excellent rédacteur en chef, Gilbert Colard parce que Oui, ben voilà. Ben écoutez parce que ça ce que vous avez dit est intelligent ce qui ne m'étonne pas de vous mais ce comparatif peut peut effectivement servir l'information. Alors on est avec Audrey.

Audrey elle est auto-entrepreneuse à Lyon elle intervient régulièrement sur notre antenne et elle voulait commenter ce qui s'est passé. En tout cas c'est peine. Bonjour Audrey.

Bonjour Pascal. Mais écoutez d'habitude je suis énervée mais là je suis dépitée. Je vous savez ce que je suis en train de faire.

Je suis en train de chercher comment partir de France. En fait je sais plus quoi faire. C'est ça m'angoisse là.

Donc c'était la finale. Euh samedi soir, ben on n'est pas sorti à Lyon parce qu'on savait très bien que euh ça donne un prétexte pour libérer les passions, quoi. On a l'impression que ça y est, on peut faire n'importe quoi parce qu'il y a un prétexte.

Et on sait très bien que c'est alors quand on est une femme, c'est même pas la peine. Mais euh ce qui est dégueulasse là-dedans, c'est que euh tout le monde le dit, hein. Je vais juste dire quelque chose que toute la France pense, c'est on a l'impression que la justice déjà, elle est déconnectée ou alors comme disait monsieur Collard, elle est dans une idéologie.

Mais surtout, pourquoi est-ce qu'elle est elle est fort avec les faibles ? Et faible avec les forts, c'est-à-dire que ceux qui utilisent la violence et je vais vous dire un truc, c'est pas aider les jeunes parce que je pense que les jeunes ils se marrent. Ils se marrent.

Alors toi, tu as pris combien ? Moi, j'ai pris H8, j'ai pris 6 mois avec surcis et ça les fait enfin ils ne prennent pas conscience en fait. Donc comment vous voulez qu'il s'insère dans la société, qu'on puisse vivre pour le coup tous ensemble mais dans le sens sans tension en fait parce que là on est tous tendus entre ceux qui sont imposés comme des malades qui font que bosser et nous on n pas le temps de se dire je vais aller faire grève ou je vais aller manifester ou quoi parce que bah il faut s'occuper des enfants et cetera et puis on voit des jeunes qui font n'importe quoi.

On voit il travaillent, il y en a ils travaillent même pas, ils s'affichent sur les réseaux sociaux. Donc ça aussi c'est du c'est lamentable la manière dont donc maintenant il se moque carrément de nous et puis il y a l'écart entre les peines encourues et celles qui sont prononcées et je croyais que la justice elle était elle était rendue au nom du peuple mais je suis désolé vous demandez au peuple il donnerait pas ça comme sanction hein. Écoutez euh votre témoignage reflète ce qu'on entend ici ou là et c'est un témoignage effectivement éclairant de ce point de vue là.

Je voulais vous faire écouter ce qu'a dit Juliette Madel qui est ministre de la ville. Elle était ce matin sur Sud de radio et elle elle pointe la responsabilité des hommes. Les délinquants sont globalement des hommes.

C'est pas un scoop ce que je suis en train de vous dire. Non, mais c'est précisément pour cela que je souhaite qu'on redonne du pouvoir économique aux femmes parce qu'elles doivent avoir leur part de la décision. Pourquoi ? parce que elles assument, parce qu'elles sont plus responses.

D'abord en leur donnant la possibilité de de travailler tout en ayant des enfants et dans les quartiers il y a pas assez de crèche, il y a pas assez de services public de la petite enfance. Je sais pas ce que vous en pensez Gilbert Collard. Ce que dit madame Melle d'ailleurs n'est pas forcément contestable mais je ne sais pas si c'est un rapport avec le sujet dont on parle.

C'est encore rap d'abord. Il faudrait donner aux femmes le pouvoir de ne pas porter le voile ni la burquin, ce qui serait une bonne chose au passage. Bon hein, ensuite ça n'a absolument aucun rapport avec le fait que des que que des jeunes ou des moins jeunes du reste aillent tout cassé à l'occasion de n'importe quelle occasion.

Je vois pas ce que le ce que le pouvoir économique des femmes pourrait faire dans l'envie que un abruti peut avoir de défoncer un abribus. H bon mais ça ça ça c'est une espèce de de de délire idéologique. Voilà.

Bon, on veut caser le pouvoir économique des femmes. Alors, on l'insère dans n'importe quel discours. Ça aussi c'est une maladie de l'époque hein pour pour caser une idée euh d'une manière complètement insolite, on la met au milieu d'un débat où elle a où elle n'a pas sa place.

Mais ça c'est ça fait partie du du du de de la confusion générale hein, de la confusion mentale générale dans laquelle on vit hein. Ben écoutez, je vous remercier Gilbert Colard. Merci