Baisse de la TVA sur les carburants, bilan des municipales... Le "8h30 franceinfo" de Sébastien Chenu
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Bonjour Sébastien Chenu. Bonjour Madame. Merci d'être avec nous sur France Info. Bonjour Paul. Bonjour à tous. Un débat sans vote s'est tenu hier à l'Assemblée sur la guerre au Moyen-Orient et ses répercussions, notamment la flambée des prix du carburant. L'occasion pour Sébastien Lecornu, un, de marteler qu'il n'y aura aucune mesure globale à l'aveugle, deux, de rejeter votre mesure phare, la baisse de la TVA. On l'écoute.
Certains veulent réduire la TVA sur l'énergie. D'autres pays l'ont tenté. La baisse de la TVA est une mesure inefficace, mais aussi ruineuse pour les finances publiques, comme enfin pour les consommateurs.
Sébastien Chenu, votre proposition, elle est crédible ou c'est de l'affichage, une promesse qui sonne doux à l'oreille ?
Non, notre proposition, bien évidemment, elle est crédible. D'ailleurs, des mesures telles que celles que nous proposons sont appliquées dans d'autres pays de l'Union Européenne. En Pologne, par exemple, ça n'a pas marché, dit le Premier ministre en 2020. Oui, vous avez des pays, je pense à l'Italie, je pense au Portugal, je pense à l'Autriche, qui ont des propositions qui ressemblent à la nôtre. Parfois elles sont temporaires, parfois elles sont pérennes, et ça fonctionne.
Moi, ce qui me choque, si vous voulez, c'est d'entendre un Premier ministre qui, après avoir eu quand même un temps de retard au démarrage dans l'idée de protéger les Français, reste très indifférent à la situation de nos compatriotes.
Vous pensez que c'est de l'indifférence ?
Au minimum. Parfois même du cynisme, de l'indifférence au minimum, dans le sens où, vous savez, comme tout le monde, moi je prends mon essence, la semaine dernière dans ma circonscription, le sans-plomb 95 était proche de 2 euros du litre. Bon, quand on est député, ça va, on arrive à s'en sortir, largement. Quand on est un Français qui se lève tous les jours pour aller bosser, quand on est infirmier libéral et qu'on doit faire la tournée de ces malades, je peux vous dire que la question se pose.
Et voir un gouvernement, je vous dis, qui est indifférent à cela, mais qui est cynique, parce que, de la même façon, l'État, en ce moment, il profite de cette hausse de prix, puisqu'en fait, avec les taxes, puisqu'on le sait, 60% des prix des carburants, c'est des taxes, eh bien l'État s'en met plein les poches.
Est-ce que vous êtes sûr de ça, Sébastien Chenu ? Parce que plus les prix augmentent aussi, moins les gens consomment. Non, ce n'est pas le cas aujourd'hui. C'est un sujet, hier, pour montrer que, certes, il y a eu un pic des rentrées pour l'État rapidement, mais qu'ensuite, ça s'est un peu tassé, parce que les gens consomment aussi.
Je vous ai cité, à raison, je crois, l'exemple de l'infirmier libéral. Les gens font attention, parce qu'évidemment, ça augmente, mais je vous ai cité l'exemple de l'infirmier libéral pour bien vous montrer qu'il y a des tas de gens qui ne peuvent pas se passer de leur véhicule. Et nous, on considère d'ailleurs que les énergies, c'est un bien de première nécessité. L'énergie, on ne peut pas vivre sans chauffage, sans essence, sans électricité. Donc, par conséquent, il faut faire baisser la TVA et considérer les énergies, en tous les cas, comme un bien de première nécessité.
On entend votre proposition, mais le Premier ministre ne dit pas être indifférent au sort des Français. Par ailleurs, le gouvernement prend des mesures ciblées. En revanche, ce que dit le gouvernement, c'est qu'on n'a plus d'argent, que les caisses sont vides et qu'on ne peut pas faire n'importe quoi. Et vous, votre proposition de baisser la TVA, Sébastien Chenu, on est bien d'accord, elle s'appliquerait à tout le monde. C'est-à-dire qu'un cadre supérieur qui roulerait en SUV, il pourrait aussi avoir une ristourne grâce à vous à la pompe. Est-ce que c'est une bonne façon de gérer les finances ?
Je crois que c'est Françoise Giroux qui disait faire de la politique, c'est choisir entre différents inconvénients. Que le gouvernement, les gouvernements Macron, ait ruiné la France, c'est bon, on a tous compris. On a tous compris quand ils nous disent qu'il n'y a plus un sou dans les caisses, c'est leur responsabilité. Ça fait dix ans qu'ils sont là. Monsieur Lecornu, ça fait dix ans, il était dans tous les gouvernements. Donc, ils ont ruiné le pays.
Et aujourd'hui, nous, quand on demande à choisir entre différents inconvénients, en tous les cas, à choisir différents chemins, et bien ce sont des chemins, nous on souhaite, des chemins qui profitent aux Français, aux classes populaires, aux classes qui travaillent. Et même aux curis. Mais c'est à la marge, c'est à la marge, c'est à la marge, c'est à la marge, bien sûr, la majorité des gens payent, et d'ailleurs, il n'y a pas que les ménages. Il y a aussi tous les professionnels, toutes les petites PME, les petites TPE, qui voient le coût de leur énergie s'envoler. Sincèrement, nous dire qu'il ne faut rien faire, ou alors des aides ciblées qui sont très coûteuses.
Vous ne voulez pas cibler par revenu ? Je vous rappelle, la dernière fois qu'ils ont fait ça, Jordan Bardella a reçu un chèque. C'est pour vous dire qu'ils avaient bien calculé leur truc. Et vous, vous ne voulez pas calculer, vous ? Non, mais nous, ce qu'on souhaite, c'est faire baisser la TVA, parce que... Et on peut discuter de la pérennité de la mesure. Je veux même bien qu'on ouvre ce débat, parce que c'est une mesure... Est-ce que vous savez que c'est contraire aux règles de l'Union Européenne ? Non, pas du tout, j'ai regardé, justement. Il y a déjà eu des baisses de TVA. Exceptionnel.
Quand vous passez l'énergie en bien de première nécessité, alors vous pouvez vous affranchir de ces règles européennes et faire baisser la TVA. Ça a déjà été fait. D'ailleurs, dans l'histoire, ça a déjà été fait, des baisses de TVA. Donc, il faut arrêter de nous dire que ce n'est pas possible. Mais nous, on veut toujours une baisse de TVA, parce que c'est ce qu'il y a de plus efficace, parce que c'est ce qu'il y a de plus immédiat. Et c'est aussi ce qui, évidemment... Mais je comprends que le gouvernement ne va pas le faire, puisque de toute façon, pendant ce temps-là, ils s'en mettent plein les poches sur le dos des Français. Ils s'en mettent plein les poches, vraiment ?
C'est pas un peu complotiste de dire ça ?
Mais en quoi c'est complotiste ? Le gouvernement gagne de l'argent, en ce moment. Le gouvernement gagne de l'argent.
Qui pense qu'une crise énergétique profite vraiment à l'État, quand la croissance baisse, quand les entreprises freinent leurs investissements, recrutements, quand les Français consomment moins ?
Je ne vous parle pas de la baisse de la croissance, je vous parle de ce sujet-là. Sur l'énergie, à partir du moment où les prix augmentent, évidemment, le gouvernement gagne de l'argent. C'est quand même d'un cynisme absolu. Donc, je comprends bien qu'ils n'aient pas envie de rendre cet argent aux Français. Nous, on souhaite que cet argent, il soit rendu aux Français.
Ils font autre chose, le gouvernement. Ils mettent en avant le fait qu'ils jouent avec les stocks stratégiques, qu'ils augmentent la capacité de raffinage en France et qu'ils tentent de suivre les marges des distributeurs. Est-ce que ces trois actions que je viens de citer vont dans le bon sens, selon moi ?
Mais c'est des mesurettes. Est-ce que vous dites n'est pas juste sur les... Comment ça ? Non, ce sont des mesurettes. Par exemple, il n'y a aucune mesure qui a été faite sur les surprofits. Voyez-vous, on avait considéré qu'à partir du moment où les industriels du pétrole faisaient des surprofits, il fallait pouvoir leur demander de contribuer. J'ai rien vu de ce côté-là. Il n'y a pas d'utilisation des réserves pour le marché intérieur. Ils utilisent nos réserves pour le marché international. Mais enfin, est-ce que nos réserves peuvent bénéficier d'abord à la consommation domestique, aux Français, tout simplement ? Vous voyez sur ça, le gouvernement... Alors, bien entendu, quand vous avez M.
Lescure qui affole le monde entier et les Français en premier en disant « c'est le choc pétrolier, ça va tanguer dur... » Il est revenu sur ses propos. Il a déclaré mardi devant la commission. Bien sûr qu'il est revenu là-dessus. Et hier, à l'Elysée, il a dit qu'il revenait sur ce mot-là. Mais forcément qu'il est revenu là-dessus. Ils mettent le feu. Ils ne prévoient rien. Ils n'anticipent rien. Ils prennent des mesurettes qui sont inadaptées. Et ils inquiètent tout le monde. Mais enfin, et ces gens-là prétendent gouverner encore les années qui viennent. Mais enfin, ils nous démontrent l'étendue de leur incapacité.
Alors que je vous ai dit, dans d'autres pays, il y a des mesures avec des gouvernements qui ont des options politiques très différentes. Italie, Portugal, Autriche, on est avec des gouvernements très différents. Ils prennent des mesures de baisse des prix à la pompe, à la consommation. Vous savez, je pense que cette baisse de la TVA, elle se voit. C'est quand même, quand vous avez 10 à 13 centimes de baisse à la pompe, ça se voit quand même. 10 à 13 centimes d'euros, à la fin, sur votre plein de 40 litres, par exemple, ça se voit.
Donc vous appelez le gouvernement à mettre en œuvre votre proposition.
À être volontariste. Ils sont totalement passifs. Ils font du bricolage. Et à la fin, leur bricolage nous coûte très cher. Je vous rappelle que leurs aides cumulées, différents chèques, etc., pendant des années, ça a coûté 80 milliards d'euros aux finances publiques. Donc quand on vient nous dire, votre mesure, elle coûte cher, elle ne coûtera jamais aussi cher que la ruine des finances publiques qu'ils ont installées pendant des années.
Il y a quand même des mesures qui ont déjà été prises pour des filières les plus exposées, notamment les pêcheurs, les agriculteurs, les transporteurs. Et le ministre de l'Économie a annoncé d'autres mesures. Donc peut-être que ces mesures...
Tout ça, c'est à la marge. Tout ça n'est pas suffisant. Et je vous le répète, il y a une mesure qui fonctionne, c'est celle de la baisse de la TVA de 20 à 5,5.
C'était un débat sur les conséquences de la guerre et sur cette guerre au Moyen-Orient. Olivier Faure, le patron du Parti Socialiste, était à votre place hier. Et voici ce qu'il pense de la position du Rassemblement National.
On ne peut pas à la fois dire, je soutiens Trump, je soutiens Netanyahou, je soutiens Orban, et après nous dire, ah, c'est terrible pour les Français, regardez, ils n'ont plus rien dans leur assiette. Mais en fait, ils sont eux-mêmes, par leur soutien à ses dirigeants, la cause des malheurs des Français.
Vous êtes mal placé pour pleurer sur le sort des Français, dit Olivier Faure. Qu'est-ce que vous lui répétez ?
Mais qu'est-ce qu'il raconte Olivier Faure ?
Il dit, vous soutenez ceux qui font la guerre, en gros. Vous soutenez Donald Trump, vous soutenez Benjamin Netanyahou, Victor Orban.
Visiblement, M. Faure a sauté des épisodes, mais enfin, le fait qu'il soit probablement perturbé par les élections municipales de dimanche est probablement une excuse. La réalité, c'est qu'on ne pouvait pas, personne ne pouvait laisser l'Iran continuer à massacrer son peuple. Et je crois qu'il y a un consensus là-dessus. Donc s'il ne faut rien faire, il ne faut rien faire. Que Donald Trump ait des buts qui nous semblent particulièrement flous ou mal expliqués, c'est le moins qu'on puisse dire. C'était assez erratique son entrée dans ce conflit. Que Israël veuille se défendre pour survivre, qui ne le comprend pas ? Ils ont à leur porte des gens qui veulent les exterminer.
Donc ça, évidemment, on ne peut pas laisser les Israéliens dans cette situation-là.
Que Donald Trump ne respecte pas le droit international.
Mais nous avons été le premier, nous, à le dire. Quand il s'est occupé du président Maduro au Venezuela, on a été les premiers. On nous a même dit, même Emmanuel Macron est plus trumpiste que vous maintenant. Oui, parce que nous, on considérait qu'à partir du moment où Donald Trump s'affranchissait du droit international pour enlever le président Maduro du Venezuela, qui était un salopard, tout le monde trouvait ça très bien, sauf qu'après, il s'occupait du Groenland avec un peu la même logique, et que maintenant, de toute façon, le droit international, ça n'intéresse pas.
Vous avez pris votre distance avec Donald Trump ?
Mais ce n'est pas prendre ses distances, c'est avoir les yeux ouverts. Donald Trump, les Etats-Unis, c'est un allié historique de la France, les Etats-Unis. On a une relation, normalement, de confiance avec les Etats-Unis. Mais Donald Trump, il s'affranchit d'un certain nombre de règles, et c'est notre boulot, notre responsabilité, que de le dire. On peut avoir des alliés avec lesquels on a les yeux ouverts, quand même.
Benyamin Netanyahou, est-ce que vous lui demandez ce matin d'arrêter sa guerre, notamment en Iran et au Liban ?
Non, mais Benyamin Netanyahou est dans une question de survie. Donc non, il ne s'agit pas de lui demander d'arrêter la guerre, mais s'ils pensent qu'ils vont faire tomber le régime iranien uniquement à coups de bombes et de missiles, visiblement, ils s'y prennent mal, parce que le régime iranien, il est structuré de telle façon qu'un peu comme dans le champ des partisans, Ami, si tu tombes un ami, il sort de l'ombre à ta place, il y en a toujours un autre qui arrive pour gouverner et reprendre les rênes de ce régime. Donc ça veut dire que la France doit prendre des initiatives.
Nous, on n'a pas été en désaccord d'ailleurs avec des initiatives militaires prises par le président de la République.
Vous trouvez que sa position est équilibrée ?
Oui, moi j'ai trouvé que c'était en termes militaires ce qu'il fallait faire, mais on devrait reprendre des initiatives de médiation de paix. On parle à beaucoup de gens, nous on peut parler à beaucoup de gens.
Le D'Amérique a dit qu'il négocie actuellement avec les Iraniens. Que pourrait faire la France selon vous, très très concrètement ?
Mais prendre une initiative de médiation de paix et ne pas laisser la Chine, la Russie, les Etats-Unis ou même l'Inde, avec lesquels on entretient d'excellentes relations, être à la manœuvre. Donc c'est notre responsabilité. Et puis, on continue aussi à soutenir le Liban. On a un devoir de solidarité vis-à-vis du Liban, vis-à-vis de l'Iran. Je vous rappelle qu'on a accueilli ici en France... Mais vous n'appelez pas Israël à cesser ses opérations au Liban ? Mais Israël, je vous l'ai dit, je pense qu'il prend mal parce que ça n'a pas les effets escomptés aujourd'hui. Mais Israël, c'est une question de survie.
Moi, je comprends qu'Israël, évidemment, a envie de voir le plus vite possible tomber ce régime. Est-ce que c'est la bonne pratique en ce moment ? Est-ce que c'est la bonne initiative ? On peut en douter. Il y a un certain nombre...
Sébastien Chenu. Olivier Faure faisait aussi référence au fait que lundi, Marine Le Pen était auprès de Viktor Orban, le Premier ministre hongrois, un soutien de Vladimir Poutine, un homme qui empêche les Européens d'aider l'Ukraine. Comme dit Marine Le Pen, est-ce que c'est un ami et un visionnaire pour vous, Viktor Orban ?
Mais Viktor Orban, c'est un allié.
Est-ce que c'est un ami et un visionnaire ?
J'y viens. Viktor Orban, il est probablement visionnaire dans ce qu'il a vu de ce que l'Union Européenne était en train de devenir. C'est-à-dire une Ursula von der Leyen qui, chaque jour, s'approprie des pouvoirs qui ne sont pas... qui n'y ont été délégués par personne, qui fait de la diplomatie, alors que personne ne lui a demandé de faire de la diplomatie. Est-ce qu'on peut soutenir l'Ukraine et refuser de l'aider ? C'est ça la question qu'on vous pose. Là, vous savez très bien qu'en ce qui concerne la Hongrie... Mais nous, on n'est pas alignés sur les positions de Viktor Orban.
On dit au Parlement européen, c'est un allié parce qu'il nous aide à lutter contre l'hégémonie d'Ursula von der Leyen. Maintenant, concernant la relation... Mais à quel prix ?
Parce que c'est un homme qui muselle aussi les oppositions, qui contrôle la presse, qui interdit la marge des fiertés. C'est visionnaire, tout cela ? C'est votre conception de la démocratie ? Mais non, évidemment.
Vous voyez bien qu'on peut avoir des désaccords, mais je ne vais pas faire d'ingérence. Si les Hongrois veulent un président qui a cette politique-là, ça les concerne. Je veux dire qu'au Sénégal, ils mettent des peines de prison épouvantables contre les homosexuels. Je n'entends pas grand monde s'élever ici contre les partenariats, les amitiés qu'a Jean-Luc Mélenchon avec les dirigeants sénégalais. Je ne l'ai pas entendu les condamner. Je vous dis simplement, Orban, on est d'accord avec lui sur l'Union européenne, c'est-à-dire sur la nécessité de nous rendre des pouvoirs, de nous rendre de la souveraineté. Pour le reste, dans son pays, il fait ce que les Hongrois ont envie qu'il fasse.
Moi, je ne suis pas d'accord, évidemment. J'ai largement des dissensions avec lui sur ça, mais ça reste un allié pour lutter contre l'hégémonie européiste sur le fait qu'on nous enlève chaque jour des pans de souveraineté. Un allié, ce n'est pas un jumeau. Marine Le Pen l'a déjà dit. Si on voulait des clones, d'abord on aurait du mal à les trouver, et puis ça n'existe pas. Donc un allié, c'est quelqu'un qui, sur la scène européenne, pense comme nous, mais qui, dans une pratique de politique nationale, met la politique qu'il croit bon et que les électeurs qui l'ont... Vous avez quand même pris vos distances
avec l'AFD, l'extrême droite allemande.
Mais c'est encore autre chose, ça. C'était aussi pour des questions de désaccord, parce que justement... Il y avait même des désaccords au sein de l'Union européenne. Moi, je vous le redis. Mais Victor Orban, lui, pas de prise de distance. Victor Orban, il est probablement un de ceux qui est les plus mobilisés contre l'hégémonie d'Ursula von der Leyen. En cela, il compte sur le... Il compte dans le dispositif européen pour récupérer de la souveraineté.
Avec Sébastien Chenu,
vice-président de l'Assemblée nationale et vice-président du Rassemblement national. C'est vous qui le dites, Sébastien Chenu. On parle maintenant tout de suite de votre bilan municipal, Paul.
Oui, votre camp revendique 74 mairies contre 22 en 2020. C'est une progression, mais n'est-ce pas également une forme de déception ? Est-ce que ça change réellement l'échelle de votre rapport de force nationale ?
Complètement, c'est marrant parce que quand j'entends un certain nombre de journalistes ou de commentateurs, on dirait que même quand on a gagné, il faudrait qu'on ait perdu. Vous n'allez pas gagner plus ? On veut toujours gagner plus. Moi, j'aurais aimé que toutes les mairies de France pour Rassemblement national, mais pour l'instant, ce sera compliqué, ça, je crois. Donc non, c'est vraiment un grand succès pour nous. On revient avec beaucoup plus de maires et d'élus municipaux que nous en avions, avec dans une France que certains regardent avec mépris et appellent la France des sous-préfectures. Bah oui, tout ne se passe pas à Paris. Bah oui, tout ne se passe pas dans les métropoles.
Vous voulez aussi prendre les préfectures ? Et oui, on en a pris d'ailleurs. Je pense à Carcassonne immédiatement. Et oui, évidemment, les problèmes des Français sont souvent concentrés dans la France des sous-préfectures ou en tous les cas, la France de la province. Je pense à Nîmes, Marseille et Toulon ou pas ? D'accord, mais enfin, vous nous citez toujours les trois mêmes villes qu'on n'a pas réussi à gagner. D'accord. Alors, rapidement, Marseille et Nîmes, les LR se sont maintenus. Donc, ils amènent sur un plateau, en désespérant d'ailleurs leurs électeurs, ils amènent sur un plateau la ville à la gauche socialo-communiste à Nîmes. Super, bravo. Vos résultats.
C'est la seule analyse que vous faites ? Parce que ce qui est frappant dans ces municipales, on ne nie pas que vous avez gagné plusieurs villes supplémentaires, mais c'est que vous l'emportez dans plusieurs villes moyennes et notamment dans des régions où vous n'étiez pas implantées, notamment à La Flèche, dans la Sarthe, mais les grandes villes, vous butez toujours quoi ? Sur le plafond de verre ? Arrêtez avec ce plafond de verre,
vous répétez tout ça.
Et pourtant, c'est Bastien Chenu, ça se concrétise.
Madame, j'ai entendu vos histoires de plafond de verre aux élections municipales. Vous n'aurez jamais un maire RN. J'ai entendu ça avant 2014 quand Steve Briouat était élu maire des Nîmes-Beaumont. J'ai entendu, vous n'aurez jamais un député au scrutin majoritaire à deux tours. J'ai entendu, vous n'aurez jamais de sénateur, c'est trop difficile avec des grands électeurs. J'ai entendu ça à toutes les élections. On a fait exploser les faux plafonds de verre à chaque élection. Aujourd'hui, on a 70 ans. Pas au régional et pas dans les grandes villes, Sébastien Chenu. Mais attendez, j'y viens. Mais en quoi on est bloqué ? On avance inexorablement. Il n'y a pas une élection où on recule.
On avance sans arrêt. Donc évidemment, les grandes villes, les grandes métropoles, elles sont plus éloignées, plus difficiles pour nous parce que d'abord souvent, il y a, j'allais dire, des politiques qui sont menées, des politiques clientélistes à grande échelle qui nous empêchent probablement d'avancer. Il y a des politiques idéologiques qui sont menées et qui parlent à un électorat qui est dans une sorte de monde parallèle. C'est pour ça
que vous avez perdu à Toulon ?
Parce qu'à Toulon... À Toulon, je n'avais pas terminé mon explication. Elle a réuni,
lors la valette, 42% des voix au premier tour et elle échoue au second.
Oui, à Toulon, la gauche a fait voter pour la maire du système Falco. La gauche l'a appelée officiellement à faire voter. Donc la maire, divers droits, divers centres, divers Macron, divers systèmes, elle a été élue grâce à l'apport des voix de gauche. Donc vous voyez, mais par exemple, à Nice, sincèrement, nous dirigeons avec notre allié Éric Ciotti. C'est à lui qu'il faut rendre hommage et il a eu l'élégance de rendre hommage d'ailleurs à Marine et à Jordan le soir de son élection. Nous dirigeons la cinquième ville de France avec notre allié Éric Ciotti. Mais enfin, il y a beaucoup qui aimeraient bien être à notre place.
Je pense évidemment au LR, mais les socialistes qui avec leurs accords de la honte, qui donnent des leçons de morale toute l'année à tout le monde et qui ont été, comme le dit d'ailleurs Jean-Luc Mélenchon avec beaucoup de talent parce qu'il connaît bien des combinards sur lesquels il a marché. On a vu ce que ça leur donnait comme résultat.
Regardez vos résultats par exemple chez vous, délégués départementales à la Rennes dans le Nord. Chez vous, franchement, ce n'est pas foufou. Dans votre propre fief de nain, le score aux 16 élections est moins bon que vous quand vous étiez tête de liste. Petit score à Lille, Ville-Neuf-Dasque, Marc-en-Barreuil. Qu'est-ce qui vous a manqué dans le Nord par exemple ?
Vous citez les villes, Ville-Neuf-Dasque et Marc-en-Barreuil dans lesquelles on est les plus faibles dans le Nord. On manque Douai et Valenciennes qui sont des villes très importantes du Nord avec plus d'habitants que les villes que vous citez à quelques centaines de voies, 140 voies je crois, à Douai. Donc si vous voulez, on n'est plus très loin de gagner encore d'autres grosses villes. Moi, ce que je crois, c'est qu'en réalité, il y a une volonté de changement. Ces élections municipales disent une volonté de changement.
Il y a une inquiétude qui va être très visible aussi quand on voit les maires d'extrême-gauche s'installer, chasser leurs prédécesseurs sous des insultes comme une curée, vraiment...
Là, vous parlez des violences auxquelles on a assisté ces derniers jours. Moi, je suis extrêmement choqué. Des maires sortants.
Des maires de différentes... Des maires de différentes options politiques. Je pense aux vieux maires socialistes de Creil qui ne se représentaient pas. Moi, qui suis un enfant de l'Oise. Ou aux maires centres-horizon macronistes de Conflans-Saint-Honorine. Ou à la maire socialiste de Vaud-en-Velin qui repartent sous les insultes, les crachats. Mais on n'a jamais vu ça. Enfin, ce n'est pas le jeu de la démocratie, la violence.
Vous n'avez pas une responsabilité politique aussi dans cette brutalisation générale de la vie politique ?
En quoi ?
Je vous pose la question.
Non, mais en quoi ? Qu'est-ce qui vous permet de détailler ça ? Je ne parle pas, évidemment, de ces violences-là. Mais dans les discours, c'est ce que dit notamment l'opposition socialiste. N'importe quoi, non mais... Ce qu'ils disent. Non, mais nous, on appelle à chaque fois à lutter contre la violence. On est les premiers, d'ailleurs, à appeler par écrit à dissoudre les mouvements, quelles que soient leurs origines, ceux qui ont des revendications communautaires, c'est la France insoumise. Mais tout ça va se voir. Tout ça se voit.
Les installations de conseils municipaux ont beaucoup choqué, je crois, les Français parce que ce n'est pas la tradition française, ce n'est pas la démocratie, ce n'est pas le débat, la dispute apaisée que nous appelons de nos voeux.
Sébastien Chenu, vous faisiez référence à la victoire d'Éric Ciotti à Nice. C'est la preuve que l'union des droites, ça marche, non ?
Non, ce n'est pas ça. C'est parce que je pense qu'à Nice, il n'y a pas eu énormément de voies qui sont portées sur la gauche. Ce n'est pas un électorat de gauche. C'est la preuve que quand vous rassemblez largement au-delà des étiquettes, des Français qui viennent de droite ou de gauche, vous gagnez. Regardez, prenons le miroir, Liévin, qui était la ville dans le Nord, dans le Pas-de-Calais, où il y avait le plus d'adhérents du Parti Socialiste ces dernières années. C'était la dernière grande ville, le congrès de Liévin, le congrès du Parti Socialiste. Liévin et autour toutes les villes, à l'exception du bassin minier, sont désormais dirigés par des maires Rassemblement National.
C'est-à-dire que ces électeurs-là, les hommes et les femmes, les habitants du bassin minier, ont voté très longtemps, pendant toute leur vie, à gauche. Aujourd'hui, ils votent très fortement pour le Rassemblement National. De l'autre côté du pays, dans le Sud, où ça vote plus à droite, eh bien ça vote aujourd'hui pour le Rassemblement National. La réalité, c'est qu'on dépasse la droite, on dépasse la gauche, parce que ce sont des patriotes. Mais ça, c'est intéressant, parce que la droite honnête, qui n'est pas macronisée, qui est patriote, est orpheline aujourd'hui. Enfin, sincèrement, comment voulez-vous qu'un électeur de droite...
Moi, j'ai été à l'UMP pendant des années, mais comment voulez-vous qu'on se retrouve derrière le discours d'un Xavier Bertrand, d'un Édouard Philippe, d'un Bruno Retailleau ? On ne sait pas où ils habitent, on ne sait pas ce qu'ils défendent, on ne sait pas ce qu'ils pensent, c'est tout et son contraire.
Ils sont à moitié dans le gouvernement, à moitié dans l'opposition, mais tous ces gens qui cultivent l'ambiguïté pour sauver leur siège vont terminer, moi je vous le dis, comme le parti radical, ils vont gérer des mairies dans le pays, ce seront des îles locaux, ce ne sera plus une force d'alternance, ça ne l'est déjà plus, donc oui, fautant de la main aux orphelins de la droite et de la gauche.
Il va être 8h57 sur France Info, c'est l'heure de la question qui ce matin, la question qui corrompt. C'est une information France Info, à Marseille, une jeune policière est mise en examen pour corruption. Elle est accusée d'avoir consulté plus de 5000 fiches confidentielles puis les avoir revendues au grand banditisme, parfois pour à peine 15 euros, avec à la clé des opérations compromises des suspects qui échappent à la police. Est-ce que c'est un cas isolé ou est-ce que c'est le symptôme pour vous, M. Chenu, d'une faille grave dans la protection de nos fichiers policiers ?
Je ne sais pas si c'est un cas isolé, je ne suis pas ministre de l'Intérieur, je n'ai pas les éléments, mais elle doit être durement sanctionnée. Je pense que moi, j'ai tout à fait confiance et je le rappelle de sans arrêt dans la police de notre pays, mais aussi chez les agents pénitentiaires, etc. J'ai confiance. Mais quand il y a des gens qui se comportent mal, alors, parce que nous avons confiance en eux, parce que notre police, elle est républicaine, alors ils doivent être très durement sanctionnés parce qu'ils abîment toute leur institution.
Donc, je ne sais pas si c'est un cas isolé, je ne sais pas si ça dit quelque chose, en tous les cas, j'espère qu'elle sera durement sanctionnée si tout cela est effectivement avéré, prouvé, évidemment.
Merci beaucoup Sébastien Chenu d'avoir répondu aux questions de France en haut. Merci Paul. Merci Regat. Vous restez avec nous tout de suite les informés avec Renaud Delis.