Face à Philippe de Villiers - 30/05/2026
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Face à Philippe de Villiers, 10h-11h sur Europe 1, Eliott Deval.
Bonjour à tous, ravis de vous retrouver pour Face à Philippe de Villiers, votre rendez-vous du samedi de 10h à 11h. Philippe de Villiers, bonjour. Bonjour Eliott, bonjour Geoffroy. Geoffroy le jeune est avec nous, cher Geoffroy, bonjour. Bonjour Eliott, bonjour Philippe. On reste évidemment sur Europe 1 jusqu'à 11h pour Face à Philippe de Villiers. Philippe de Villiers, on va se plonger dans l'histoire. L'histoire d'un 29 mai 2005 où la France a dit non. C'est l'anniversaire du référendum sur le projet de constitution européenne. Lors de la campagne référendaire, vous avez été un des principaux leaders du nom. Et je vous propose de commencer par cette archive.
Nous sommes en mai 2005 lors d'un grand débat orchestré par Patrick Poivre d'Arvor. Il y a tous les ténors de la politique à l'époque. Il y a François Hollande, Nicolas Sarkozy, François Bayrou. Il y a également M. Besancenot ou encore Jean-Marie Le Pen. Écoutez comment vous allez expliquer aux Français pourquoi vous dites non à cette constitution. Philippe de Villiers, vous avez été un des premiers à tirer, si je puis dire, pour le camp du nom.
Moi, mon nom est un nom d'abord de survie, parce que je ne veux pas que la France perde la maîtrise de ses lois. C'est l'article 6 du texte de constitution. La maîtrise de ses frontières, de son territoire, c'est l'article 265. La maîtrise de sa politique étrangère, etc. C'est-à-dire la maîtrise de son destin. Donc un nom de survie pour la France et un nom de projet d'avenir pour l'Europe. Moi, je veux une Europe qui soit remise d'aplomb. C'est-à-dire une Europe qui soit vraiment européenne. Donc sans la Turquie qui figure à la page 165 en toutes lettres de l'acte final de cette constitution. Mais pas pour dire qu'elle doit rentrer. Elle est dans l'acte final.
Et l'acte final, c'est l'instrument juridique qui autorifie un texte. Comme l'article 10 de la Convention de Vienne sur les traités. Donc ça veut dire que c'est une grave imprudence pour ceux qui aujourd'hui nous disent, comme Jacques Chirac, « Ah, mais la Turquie, c'est dans aucun sens, c'est pour plus tard. » Alors que la négociation va commencer le 3 octobre prochain à Bruxelles. Et que la seule manière de suspendre cette négociation, moi je préfère qu'on la suspende tout de suite que trop tard. Il vaut mieux interrompre une négociation, Patrick Poivre d'Arvor, avant qu'elle ait commencé, plutôt que de l'interrompre quand elle est terminée.
Donc une Europe qui soit européenne, une Europe qui soit démocratique. Si on veut baisser la TVA, je ne vois pas pourquoi on est tous tournés vers Bruxelles. On le fait, notre Parlement, ou alors on n'est plus une démocratie. Et troisièmement, une Europe qui soit protectrice, je pense en cet instant au textile européen, qui soit protectrice de nos emplois et de notre sécurité, et non pas une Europe passoire.
L'Europe passoire, Geoffroy Lejeune. C'est drôle, on sent chez ceux qui votaient oui une lueur de panique dans les yeux quand vous parlez. Philippe, on est 21 ans après. Quelle analyse faites-vous du résultat de ce vote et des conséquences ?
D'abord, je voudrais dire un mot sur la date qui était symbolique. Un jour, je lui ai dit à Jacques Chirac, pourquoi vous avez choisi le 29 mai ? Il me dit, ben pourquoi pas ? Je lui ai dit, mais le 29 mai, c'est le 29 mai 1453, la chute de Constantinople, la chute de Byzance, l'Éternel, la transformation de Sainte-Sophie en une mosquée, non ? C'est quelque chose de prémonitoire. Ensuite, sur le fond, ce que j'ai voulu expliquer avec d'autres, c'est que si on voulait sauver l'Europe du traité de Rome, il fallait prendre garde au chassé-croisé suivant.
Nous allons passer, disais-je, d'une Europe de la préférence communautaire, qu'on appelait le marché commun, à une Europe du libre-échange mondialisé. Bien vu, non ? Deuxièmement, nous allons passer d'une Europe de la coopération inter-étatique à une Europe de l'intégration, avec la majorité qualifiée sur la plupart des grands sujets, y compris l'immigration. Et je suis très fier d'avoir mené cette campagne, un peu comme Don Quichotte à Lépente, parce qu'avec mes amis, Guillaume Pelletier, Christophe Baudouin, Georges Berthus, on a levé deux lièvres, en fait. Le premier, c'est la directive Wolkenstein, le plombier polonais, c'est moi-même.
En fait, c'était l'idée qu'un prestataire de service relevait des dispositions de son pays d'origine, et non pas du pays d'accueil. Donc, c'était la disparition des artisans français. Et deuxièmement, j'en parle devant Patrick Poivre d'Arvor, le grand journaliste français qui a organisé ce débat, la signature de la Turquie. Abdoulagul, qui signe en cachette le traité constitutionnel. Alors, quelle est la signification du nom, à l'époque ? Elle est double. D'abord, elle est juridique. Il n'y aura pas d'État fédéral, puisqu'en fait, qui dit constitution, dit État. C'était ça, la nouveauté. Une constitution pour un État, un État fédéral. C'était le passage à l'État fédéral.
Donc, il n'y aura pas d'État fédéral. Deuxième observation, pendant toute la campagne, on a eu 95% des éditorialistes pour le oui, 95% des médias pour le oui, 95% des autorités morales, spirituelles, culturelles et autres pour le oui. Le cercle de la raison s'est abattu sur nous, nous a désignés du doigt comme des brebis galeuses. Et la plupart des gens qui étaient pour le nom, partaient furtivement avant la fin de la campagne. Parce qu'ils étaient désignés à la vindicte. Et donc, la conséquence, c'est que est né le mot souverainisme à ce moment-là. J'ai l'honneur de l'avoir porté le premier devant l'Académie des sciences morales et politiques.
Le mot souverainisme, c'est-à-dire la définition du souverainisme, c'est-à-dire la défense de la souveraineté nationale face aux hégémonies et aux empires, et la défense de la souveraineté de l'État face aux féodalités. La définition du souverainisme. Je ne savais pas à l'époque que le souverainisme connaîtrait une telle fortune, puisqu'aujourd'hui tout le monde se dit plus ou moins souverainiste. Et puis, il est apparu un autre mot. Le mot populiste. C'est-à-dire que le cercle de la raison, à ce moment-là, nous a désignés en disant que c'est les populistes.
En d'autres termes, s'est ouverte une fracture qui n'a cessé de s'agrandir entre les élites mondialisées, de plus en plus déconnectées et décrochées du peuple, et le peuple qui, lui, regarde cette Europe du traité de Rome, puisqu'ils ont remis ça. Est-ce que vous vous rendez compte ? Il faut que les téléspectateurs qui ne connaissent pas cette histoire m'écoutent avec la plus grande attention. Téléspectateurs et auditeurs d'Europe 1. Donc, il y a le nom. Ils sont consternés, évidemment. Nous, on boit le champagne. Et on se dit, ça y est, rien ne sera plus comme avant. Et puis, en 2007, on nous dit, il y a un mini-traité. Et les deux chambres se réunissent à Versailles. J'y étais.
C'était horrible. Et vote le fameux mini-traité, qui était en fait la Constitution refourguée, avec la supériorité du droit européen sur le droit national et toutes les compétences qui arrivaient, dont la compétence immigration, plus la Charte des droits fondamentaux, qui impose la discrimination positive et qui empêche toute critique de la politique migratoire, etc., etc. Donc, un coup d'État légal. Et c'est, à mon avis, de ce moment que date la grande incompréhension, le fossé, qui n'a cessé de s'élargir. Mais quand on regarde ce qui se passe aujourd'hui, on est devant à la fois une fuite en avant et un simulacre. La fuite en avant, c'est l'Union européenne. Pourquoi ?
Parce qu'elle constate qu'elle n'a pas pu tenir ses deux promesses. La première promesse, c'était l'Europe puissance. Bon, il n'y a plus un Français qui croit à l'Europe puissance. Il n'y a plus que Macron. Et merde. L'Europe puissance. On est un nain politique. On est un État vassal. Le vassal des Chinois, le vassal des Américains et le vassal démographique de l'Afrique. Donc, tout le monde se sert. On n'existe plus. C'est ça, l'Europe, aujourd'hui. Deuxième promesse trahie, c'est la guerre. Il nous disait, à l'époque, si vous voulez qu'on prononce la paix, il faut faire le traité de Lisbonne. Il faut ratifier la Constitution européenne. L'Europe, c'est la paix.
Et bien, aujourd'hui, l'Europe, c'est la guerre. Et pourquoi l'Europe, c'est la guerre ? Parce qu'ils veulent la guerre. Ils veulent la guerre, pourquoi ? Parce que Van der Leyen, Macron et les autres considèrent que pour faire une Europe complètement fédérale, il faut non seulement transférer les compétences déléguées et la compétence de la compétence, donc en allant plus loin que les compétences déléguées, mais surtout, transférer la dernière compétence, la compétence ultime, le droit de déclarer la guerre ou de faire la paix. Et ils pensent, tous ces européistes, et c'est pour ça qu'ils vont tous en Ukraine en ce moment, ce sont des ukrainophiles tacticiens.
Parce que c'est en Ukraine que ça se joue, parce qu'en étant ukrainophiles, on va vers la guerre. Et il faut la guerre pour fédéraliser l'Europe en fait. C'est ça qu'ils pensent les européistes. Et tous les hommes politiques qui sont ukrainophiles aujourd'hui, en privé, ils vous disent, croyez-moi, il nous faut la guerre. Il faut la guerre avec la Russie. Parce que c'est grâce à cette guerre avec la Russie qu'on pourra faire enfin l'Europe fédérale. C'est la dernière compétence qui manque à l'Union européenne. La dernière compétence. Et j'ai dit un simulacre. La fuite en avant pour l'Europe, donc vers la guerre. On va vers la guerre. Ils veulent la guerre.
On est déjà presque billigérants en mettant 90 milliards sur la table. C'est nous qui armons l'Ukraine. Donc il y a un moment donné où la Russie va s'énerver. Or c'est pas notre guerre. C'est une guerre entre le peuple russe et le peuple ukrainien. Ce n'est pas notre guerre. Je le redis. Vous avez remarqué que dès qu'on dit ça, on est soupçonné d'être un militant pro-russe. J'ai vu ça dans la presse cette semaine. Oh, du calme. Ok. Bon. L'amitié franco-russe, elle date du plus haut Moyen-Âge. Et de toute façon, quoi qu'il arrive et quoi qu'il advienne, comme le disait le général de Gaulle, c'est la géographie qui s'impose à l'histoire.
Et donc, il faudra bien qu'un jour, on reparle avec la Russie. Parce que sinon, c'est la fin de l'Eurasie pour nous et on sera une petite Europe qui est une peau de chagrin. Le simulacre, c'est quoi ? C'est les hommes politiques qui font mine d'avoir le pouvoir. Et pourquoi la campagne présidentielle est si nulle en ce moment ? Enfin, elle n'existe pas. Parce qu'on parle sur des choses dont les politiciens savent très bien que ça ne dépend pas d'eux. Par exemple, si on veut baisser la TVA sur l'essence, ils savent très bien les politiciens que ce n'est pas possible, qu'il faut l'autorisation de Bruxelles.
On nous parle des ZDFE, ils savent très bien que les ZDFE, c'est indispensable, sinon il faut payer 4 milliards à l'Europe. Et les paysans qui nous écoutent savent très bien ce que ça veut dire le Mercosur. Ce n'est pas à nous qu'ils l'avons négocié et ça ne dépend pas de nous. Et le marché d'électricité pour les artisans, ça ne dépend pas de nous. Là, en ce moment, on a voulu relancer quelques centrales nucléaires. et qu'est-ce que j'ai lu dans la presse hier, qu'il y a une enquête de Bruxelles pour savoir si c'était possible. Donc, quelques domaines que ce soit nous échappent.
Et les politiciens français, je l'ai dit et je le répète ici, quand le pouvoir n'a plus le pouvoir, il n'a plus que des larmes à verser. Et c'est celui qui pleure le mieux qui sera élu.
On revient dans un instant, Philippe Devilliers, non pas pour parler de sport malheureusement, mais parler sécurité en ce jour de finale de Ligue des Champions qui pourrait être historique pour le Paris Saint-Germain, qui pourrait remporter pour la deuxième année consécutive la Ligue des Champions. Mais nous, malheureusement, on va parler des craintes, craintes sécuritaires. Restez avec nous, finale Paris Saint-Germain, peur sur la ville, c'est à suivre dans un instant sur Europe. Face à Philippe Devilliers,
10h11h sur Europe R. Face à Philippe Devilliers. 10h11h
sur Europe R. De retour sur Europe R. pour la suite de Face à Philippe Devilliers. En ce samedi 30 mai, c'est le match, le grand match de la finale de Ligue des Champions. Et malheureusement, nous ne parlerons pas de sport, on va parler sécurité. Beaucoup de responsables politiques craignent ce qu'ils appellent des débordements. L'année dernière, on était face à des scènes de chaos à la suite de la victoire du Paris Saint-Germain en finale de Ligue des Champions car tous les observateurs se souviennent de cette soirée d'il y a un an.
Je vous propose d'écouter Laurent Nunez qui a fait le parallèle d'ailleurs avec les festivités la semaine dernière du côté de Lens qui se sont parfaitement bien passées.
Sur la chaîne que vous représentez, on parle beaucoup de la célébration des Lensois. Mais nous savions qu'à Lens, les choses allaient bien se passer et nous savons qu'elles pourraient moins bien se passer pour une célébration du Paris Saint-Germain parce que parfois, vous n'avez pas le même public. Parfois, vous avez sur ces célébrations à Paris un public qui vient une minorité de personnes, une minorité de personnes, quelques centaines de personnes mais qui viennent pour faire créer le désordre et faire en sorte qu'il y ait des débordements. Ça n'est pas tout à fait le même public effectivement. Alors nous, on se prépare. On va être très court. Je ferai le jeu.
C'est une question pour le supporter d'Arsenal que vous êtes. Comment appréhendez-vous cette soirée, Philippe ? Il est supporter d'Arsenal ? Mais non, c'est une plaisanterie.
Il y a plusieurs coins de France. On a vu ça cette semaine. Il y a un coin cléry à Bègle, Bordeaux, le canot à la main dans le meilleur esprit français, le rugby. Il y a un petit coin de France qui prie et qui médite et qui supplie à Chartres les 20 000 pèlerins. Et il y a un coin de France qui exulte à Lens. Ça m'a beaucoup frappé à Lens comme chacun d'entre nous. Ils sont là coude à coude. C'est une vague humaine, une marée humaine, sang et or. qui se retourne vers un monde révolu qu'il chante. Le nord, c'était les corons. La terre, c'était le charbon.
Et il chante ce monde révolu de la mine, du grisou, des terrils qui sont leurs montagnes avec le papa qui part le matin, qui reviendra en gueule noire le soir, le visage noirci, qui part le matin avec sa petite cage, avec un colibri dans la cage pour aller au fond de la mine parce que le colibri c'est la sentinelle en cas de suffocation. Et il chante Bachelet et notre enfant s'était heureuse. Il ne demande rien d'autre, ils ont la victoire, ils ont la fierté retrouvée. Je me souviens quand je faisais des meetings à Lens, on m'offrait, il ne savait pas quel cadeau m'offrir, il disait on lui offre le maillot. Et chez moi, j'ai des maillots du Racing Club de Lens. Magnifique.
Alors, évidemment, on pense à ce qui va se passer demain. Déjà, comme dirait mon petit-fils, j'hallucine. On est à 1500 kilomètres d'un match de foot et on a 22 000 policiers. Le monde entier nous regarde avec effarement et ils font répéter nos journalistes. Pas à cause de la barrière de la langue mais parce qu'ils disent non mais attends, ce peuple est fou ou quoi ? Leurs dirigeants sont fous ou quoi ? Ou alors, qu'est-ce qui se passe ? Ils ont changé de peuple. Cherchez l'explication.
Et donc, en fait, on a vécu l'année dernière, le 31 mai, une soirée d'émeutes, un moment d'épouvante, inouïche, où chacun se disait la vie n'est plus la vie, elle n'est plus qu'effarement et peur, le foot n'est plus le foot, la fête n'est plus la fête, Paris n'est plus Paris, la France n'est plus la France. Et on a vécu l'année dernière un grand basculement. Pourquoi ? Parce qu'on a vécu une manifestation inédite de tribalisme, de conquête territoriale, avec trois gestes que l'histoire retiendra. Trois gestes de conquête invasives. Le premier geste de conquête invasives, c'est le pillage.
Non plus un pillage comme avant, un pillage de vitrine, un pillage de, comme on disait du temps de Clovis, après la bataille de Soissons, de robris, de dérobris, pour s'enrichir. Non, un pillage de sanctions, un pillage de jouissance punitive, un pillage qui est une sorte d'exutoire de révélateur de revanche post-coloniale sur le thème « Vous êtes venus chez nous, on vient chez vous, c'est le match retour ». C'est ça ce pillage l'année dernière pour tous les sociologues qui ont regardé de près. Deuxième geste de conquête invasive, c'est encore plus frappant, c'est la confrontation.
C'est-à-dire en fait la police nationale, la police française considérée comme une bande rivale par des gens qui ne cherchent plus l'esquive comme avant. On joue à cache-cache avec la police, non, ils cherchent l'affrontement, ils cherchent à faire reculer les voitures de police comme pour la demi-finale. Et enfin, troisième geste de conquête invasive, c'est le plus lourd, le plus important, c'est le jeu des consignes de la préfecture de police et du ministre de l'Intérieur. Restez chez vous. Ce mot-là, ce commandement impérieux, cette instruction donnée à tous les parisiens, restez chez vous. Ça veut dire la rue n'est plus à vous. Vous n'êtes plus chez vous.
Si on dit restez chez vous, c'est parce que vous n'êtes plus tout à fait chez vous. Alors on voit les commerçants, là tout à l'heure je voyais des contreplaqués partout. Ah, les fabricants de contreplaqués sont ravis. pour se protéger pour se protéger et les gens vont se calfotrer, les parisiens vont se calfotrer et attendent. Qu'est-ce que ça veut dire ? Restez chez vous, ça veut dire que le chez-soi change de résident, que le souverain change de titulaire et c'est le passage qu'on avait prédit du confinement sanitaire, bien connu, hélas, de nos services, au confinement sécuritaire. C'est le début du confinement sécuritaire.
Voilà ce qui est devant nous, voilà ce qui est derrière nous et en fait, je voudrais dire à tous ces politiciens qui nous gouvernent ou qui font mine de s'opposer, vous êtes tous coupables, tous responsables, tous complices parce que la politique de la ville c'est vous, c'est une faillite. Vous avez supprimé le mot assimilation, vous parlez maintenant de l'intégration, c'est un crime, il n'y a pas d'intégration, il y a une désintégration. Vous avez parlé d'insertion, vous avez parlé de société inclusive, le rapport Théo en 2003, société inclusive, je t'en foutrais de la société inclusive. Et on a aujourd'hui un climat de pré-gare civile.
On se retrouve dans quelques instants, Philippe Devilliers, pour parler du pape Léon XIV et de l'intelligence artificielle. Il a choisi de publier son encyclique sur l'intelligence artificielle, explication dans un instant sur Europe 1. A tout de suite pour la suite de Face à Philippe Devilliers. On est ensemble jusqu'à 11h.
Face à Philippe Devilliers.
De retour sur Europe 1 pour Face à Philippe Devilliers. On est ensemble jusqu'à 11h avec Philippe bien sûr et Geoffroy Lejeune. Philippe Devilliers, parlons du pape Léon XIV qui a choisi de publier son encyclique sur l'intelligence artificielle. C'était le 15 mai dernier à une date considérée par lui comme symbolique. Avant de vous donner la parole, je voudrais qu'on écoute Laurent Alexandre qui est spécialiste de l'intelligence artificielle et qui revenait justement sur ses déclarations du pape.
Le pape a raison. On débute une réflexion philosophique, religieuse pour les croyants, existentielle, politique sur ce sujet. Quel va être notre rapport avec l'intelligence artificielle au moment où, comme l'explique le créateur des intelligences artificielles modernes, Geoffrey Hinton, le prix Nobel de physique, nous ne sommes plus l'espèce la plus intelligente sur Terre mais nous sommes la deuxième espèce la plus intelligente sur Terre derrière l'intelligence artificielle.
Ce moment est un moment fondamental dans notre histoire et c'est pour ça que le pape a choisi ce moment de notre dépassement global par l'intelligence artificielle pour prendre position sur la place de la dignité humaine par rapport à l'intelligence artificielle qui nous dépasse maintenant. Geoffroy Lejeune. Alors le pape a choisi le 15 mai pour signer cette encyclique date symbolique. Pourquoi selon vous est-elle symbolique ? Alors, elle est symbolique
parce que le 15 mai c'est la signature de l'encyclique du pape Léon XIII qui s'appelle Rerum Novarum. Et cette encyclique en fait elle a défrayé la chronique au 19ème siècle parce qu'elle a fondé ce qu'on appelle aujourd'hui la doctrine sociale de l'église et elle a mis en garde le monde contre les méfaits de la dissociation du capital et du travail à l'époque de la révolution industrielle. Le pape protège les pauvres les plus pauvres ceux qui sont les victimes du capitalisme prédateur et du socialisme collectiviste.
Et donc dans cette encyclique il renvoie dos à dos le capitalisme libéral le renard libre dans le poulailler libre et le socialisme collectiviste c'est-à-dire l'appropriation collective des moyens de production. Et il a une phrase clé qui rétablit l'idée de la propriété au sens traditionnel non pas l'article 544 du code civil le droit d'abuser d'user etc. La propriété manifeste la priorité ontologique et théologique de l'homme sur la société mais elle ne se justifie que si elle a une fonction sociale saint Thomas d'Aquin.
Et là en fait il met ses pas dans les pas des catholiques sociaux qui ont été les premiers avant Karl Marx à dénoncer les enfants dans les usines notamment le docteur Villermé le paix la cour du pain etc. et c'est encyclique qu'on en parle encore aujourd'hui et donc en fait là ce qu'il a dit le pape c'est très courageux c'est très fort l'expression incroyable désarmer l'ira ça veut dire vous pouvez en faire un outil mais pas une arme alors que c'est le danger.
L'intelligence artificielle est-elle selon vous une opportunité ou un danger pour l'humanité Philippe de Villiers ? Alors d'abord je voudrais faire
deux observations pour répondre à votre question la première c'est que sur le mot intelligence artificielle c'est un mot curieux une expression curieuse parce que en fait c'est un oxymore puisque ce qui est artificiel c'est ce qui est créé programmé par l'intelligence humaine bon ensuite deuxième observation dans toutes les ruptures technologiques dans l'histoire de l'humanité le réflexe a été toujours le même il y a deux tentations il y a la tentation d'hémurgique la techno-béatitude et la tentation amiche la techno-phobie le repli sur la communauté où on s'enferme contre l'idée du progrès Platon raconte que Socrate lorsqu'il a vu arriver l'écriture était très inquiet parce qu'il a érodé la mémoire donc c'est vieux comme l'histoire comme les grecs et les romains seulement là je ne suis pas d'accord avec ceux qui font l'assimilation entre l'imprimerie et l'intelligence artificielle on est sur une différence de degré mais aussi de nature avec des conséquences très lourdes c'est à dire que ce n'est plus le mythe faustien de l'homme qui veut dérober la vie ce n'est plus le mythe promettien de l'homme qui veut dérober le feu c'est le mythe du savant fou de Frankenstein une tentative de recréation de l'homme et en tout cas la créature qui échappe à son créateur et qui après l'avoir domestiqué le menace c'est ça le résumé de l'intelligence artificielle aujourd'hui en ces dangers alors le premier danger c'est évidemment la crainte d'un futur dystopique est-ce que c'est l'homme qui va contrôler la machine ou la machine qui va contrôler l'homme Sam Altman le créateur de chat GPT a un mot d'esprit qui me paraît très juste il dit nous autres les hommes désormais nous savons que nous sommes la deuxième espèce la plus intelligente sur cette terre derrière l'intelligence artificielle et donc là il y a la question qui se pose est-ce que on va est-ce que nous allons pouvoir préserver notre autonomie intellectuelle et psychique est-ce que on va pas être complice de ce qu'on pourrait appeler une délocalisation cognitive c'est ça le danger ensuite ensuite il y a la question de la destruction du pouvoir de destruction sans limite de l'intelligence artificielle destruction sociale c'est-à-dire que la loi de Schumpeter ne marche plus la loi de Schumpeter c'est la destruction créatrice ça marche plus pourquoi ?
parce que là le travail va devenir de plus en plus rare et dans des fonctions peu lucratives pourquoi ? parce que comme l'ont très bien dit Laurent Alexandre et Olivier Babot qui sont des esprits éminents sur cette question en fait on est devant deux révolutions qui se recoupent la révolution de la robotique et la révolution de l'intelligence artificielle pourquoi elles se recoupent ? parce que on est en train d'équiper maintenant les robots d'intelligence artificielle ça veut dire qu'en fait on aura des robots hyper intelligents qui vont entrer dans la vie sociale et qui vont prendre toute leur place avec leur intelligence et ça évidemment ça change tout pourquoi ça change tout ?
parce que la différence entre les métiers intellectuels et les métiers manuels s'efface parce que la différence entre capital et travail s'efface pourquoi ? parce qu'il y aura beaucoup de capital et très peu de travail c'est tellement vrai que les géants de la Silicon Valley disent il faut prévoir 300 millions de chômeurs et donc il faut un revenu universel parce que la richesse produite permettra de tenir les gens tranquilles chez eux bon enfin et surtout ce que craint le pape et il a raison et tant d'autres avec lui c'est l'agenda transhumaniste l'agenda transhumaniste c'est quoi ?
c'est l'idée de fabriquer une humanité nouvelle une humanité immortelle c'est en fait l'homme hybride prothésé de partout la post-humanité c'est ce que ça veut dire la post-humanité c'est l'hypothèse dans laquelle une intelligence artificielle surhumaine en viendrait à pouvoir s'améliorer elle-même par une démarche récursive et exponentielle qu'est-ce que ça veut dire ?
ça veut dire qu'à ce moment-là le progrès n'est plus contrôlable le progrès n'est plus prévisible ça va trop vite pour l'homme et souvent en pensant à l'intelligence artificielle je pense à la réponse et la réponse elle est dans Pascal incroyable ce que Pascal a dit et c'est loin de nous pourtant il a dit voilà l'homme est un roseau le plus faible de la nature mais c'est un roseau pensant il ne faut pas que l'univers s'arme pour l'écraser une nappe d'eau un petit coup de vent suffit à le tuer mais si l'univers venait à chercher à l'écraser l'homme serait encore le plus noble par rapport à ceux qui le tuent parce que lui sait qu'il est mortel alors que l'avantage que l'univers a sur lui l'univers n'en sait rien Pascal
on se retrouve dans quelques secondes Philippe Devilliers pour parler d'un autre événement merveilleux ce week-end c'est bien sûr la fête des mers ce sera demain où toutes les mers seront mises à l'honneur et sur Europe 1 et bien sûr à tout de suite Philippe Devilliers ce sera l'objet de votre apologue la fête des mers
face à Philippe Devilliers 10h-11h sur Europe 1
Elliot Deval de retour sur Europe 1 pour la suite de face à Philippe Devilliers Philippe Devilliers vous souhaitez accorder votre apologue à la fête des mers tiens tiens pourquoi la fête des mers et puisque nous parlons de la fête des mers on va là aussi se replonger dans l'histoire une archive on est dans les années 80 un sujet qui passe au 20h sur la fête des mers justement écoutez
Maman chérie je t'offre un bouquet porté par des oiseaux tu es la plus gentille je t'aime de tout mon coeur j'ai la joie de vivre avec toi
bonne fête maman est-ce que c'est très important de faire un cadeau à ta maman ? oui est-ce que tous les ans tu lui fais un cadeau ? oui est-ce que tu y penses depuis longtemps ? oh oui je pense beaucoup est-ce que tu crois que pour ta maman c'est important aussi ? oui c'est très important pour mon maman
toi ma maman tu es le printemps de ma liberté et la gaieté tu es si jolie tu iras au paradis tu es dans les étoiles et tu dors dans la paille tu prépares tes gâteaux et tu aimes les oiseaux oh ma douce maman je t'aime tant bonne fête maman
Philippe de Villiers c'était en 86 pourquoi la fête des mères ce soir ?
parce que la France c'est notre mère la mère patrie et qu'en fait comme je l'ai déjà dit ici mais je vais le dire d'une autre manière la France est née d'une chanson de geste qui est un sonnet d'amour très particulier qui est venu jusqu'à nous d'ailleurs à travers une chanson que vous n'avez pas connue c'est très jeune mais moi que j'ai fredonné quand j'étais petit sur la France douce France cher pays de mon enfance bercé d'autant d'insouciance Charles Trenet et d'où vient cette chanson ? elle vient du fait que la France s'est appelée dès le 11ème siècle France la douce et qu'est-ce que ça veut dire France la douce ?
ça veut dire le pays aventure de la courtoisie et qu'est-ce que ça veut dire le pays aventure de la courtoisie ?
ça veut dire la courtoisie qui célèbre avant toute autre nation la domina ce qui veut dire la dame la dame ça veut dire la maîtresse qui tient sa cour d'amour la femme la mère la fille celui qui a le mieux parlé de la fête des mères sous cet angle là c'est Charles Seigneau-Boss qui était un grand historien et qui date la naissance de la civilisation européenne du 12ème siècle quand se sont épanouis en même temps la chevalerie la courtoisie le corps des villes et la cheste des cathédrales et c'est lui qui dit c'est sous sa plume que j'ai lu cette phrase fascinante la France est appelée à ce moment là la dame de haut port et de seigneurie c'est magnifique et Michelet dira plus tard la France est une femme Michelet dira la France est un être moral doué de tendresse la France est une femme la France est une mère la France est une mère aimante la France est une mère de consolation et de désolation la France et la patronne a comme patronne Notre-Dame la dame est pleurée au pied de la croix qui nous prend dans ses bras et c'est si vrai qu'Anna de France lorsqu'il parle de la langue française il parle de la langue comme d'une mère et Bolem Sansal lui-même dira la langue française lui qui est entré en France côté coeur par les mots la France la langue française est une langue adoptive quand j'étais petit à la fête des mères j'ai retourné ça dans mes papiers un jour j'ai écrit un petit poème qui n'était pas de moi qui était de Châteaubriand pour remercier ma maman de m'avoir donné des racines au bord d'une petite rivière qui s'appelait la Boulogne et Châteaubriand qui dit combien j'ai doux souvenance du cher pays de mon enfance ma soeur qui était beau les jours de France ô mon pays sois mes amours toujours et ma France ma mère me disait toujours quelque chose qui était incompris incomprisensible pour moi elle me disait tu as deux patries mon petit la patrie du sentiment qui te prépare à la patrie d'oblation et je lui ai dit c'est quoi la patrie d'oblation tu commanderas plus tard parce que moi je suis la fille d'un capitaine capitaine d'arexie qui a été gazé en 14 et donc il est passé directement du patrimoine de sentiment de la patrie de sentiment à la patrie d'oblation l'oblation l'oblation d'une vie et elle me disait et elle ajoutait quelque chose que je comprenais dès l'âge de 8-9 ans elle me disait tu sais si tu prends dans ton petit coeur ton petit pays plus tard quand tu seras grand tu prendras le grand dans ton grand coeur une seule mésange te donnera à aimer tous les oiseaux de France un seul clocher te donnera à aimer toutes les églises de France le blanc manteau d'église un seul bocage te donnera à aimer tous les bocages de France un seul village te donnera à aimer tous les villages de France plus tard j'ai réfléchi à cette idée de la mère patrie dont on parlait tant de grands auteurs comme Claudel comme Claudel ou Barès mère patrie en fait quand on réfléchit bien je terminerai par là nation patrie nation nation ça veut dire naître ça renvoie à la maternité à la mère la nation renvoie à la mère la patrie terre des pères paternité et donc en fait nous sommes les enfants d'une nation d'une patrie nous sommes les enfants d'une mère et d'un père nous sommes les enfants d'une mère patrie nous devons accueillir en nous cette mère patrie et commencer chaque matin quand le soleil se lève par un tout petit acte de gratitude merci d'avoir fait la France à tous ceux qui l'ont fait
merci maman Philippe de Villiers merci et à la semaine prochaine bien sûr merci Elliot et à la semaine prochaine merci Jean-Sophon on ne le dira pas mais on va souhaiter demain une bonne fête à toutes les mamans bien sûr qu'on aime profondément et dans un instant cher Philippe c'est l'émission dont vous êtes le parlin depuis le début de la saison ça porte chance tant mieux d'ailleurs ça porte bonheur c'est Elliot de Valais-Vous de 11h à 13h en direct sur Europe 1 et chers auditeurs il y a un numéro vous pouvez nous appeler 01 80 20 39 21 à tout de suite sur Europe 1 à tout de suite
à tout de suite à tout de suite
Philippe de Villiers