Instant Porcher | "J'adore la bagnole" : au delà de la provoc, le grand vide de Macron
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 20 %Attaque 60 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:37OuverteRéponse directe
Est-ce que la vente à prix coûtant change vraiment quelque chose ?
- 2:57OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que l'écologie à la française selon Macron ?
- 4:11OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on a affaire à une planification écologique ou économique ?
- 5:55RelanceRéponse directe
Est-ce qu'on n'a pas à faire à des fausses solutions ?
- 7:46RelanceRéponse directe
Est-ce que Macron n'est pas encore bloqué dans son « en même temps » ?
- 10:30RelanceRéponse directe
Est-ce qu'on n'a pas à faire à des fausses solutions ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:45InvitéFait
« La vente à perte, c'est quand on autorise les industriels à faire des pertes qui n'ont aucun intérêt à part le fait qu'il y a de la concurrence et que les prix puissent baisser. »
- 3:20PrésentateurChiffre
« Il suppose d'aller 2,5 fois plus vite sur les 5 années à venir. »
- 4:14PrésentateurFait
« Emmanuel Macron a présenté sa planification écologique à l'horizon 2030 lundi dernier. »
- 4:45PrésentateurPromesse
« Emmanuel Macron promet aussi au moins 1 million de voitures électriques produites d'ici 2027 sur le sol français. »
- 4:54PrésentateurChiffre
« Il annonce aussi 13 projets de RER métropolitains avec 700 millions d'euros engagés par l'État. »
- 5:32PrésentateurChiffre
« Le chef de l'État annonce 40 milliards d'investissements dès 2024 contre 33 en 2023. »
- 8:02InvitéFait
« Macron a toujours été « en même temps » dans l'écologie. »
- 8:33InvitéFait
« Il avait quand même dit qu'il est diesel, c'était super. »
- 8:48InvitéFait
« C'est le génie maléfique. Il veut sortir de l'accord de Paris. »
- 9:19InvitéFait
« Là, aujourd'hui, il a un peu plus musclé son discours. »
- 11:01InvitéFait
« Macron, c'est quelqu'un qui croit en la croissance verte. »
Temps de parole
- Invité62 %
- Présentateur29 %
- Présentateur 28 %
≈ 0,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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J'arrive à comprendre en fait que des gens pour qui la vie de tous les jours est tellement difficile et qui relève d'un arbitrage extrêmement compliqué, se disent que la question du réchauffement climatique et de la transition écologique va être une question où on va leur demander encore plus d'adaptation, sans en voir des bienfaits. Il ne faut pas dire on va transformer, on saupoudre un peu d'argent et on laisse les industriels faire parce qu'on sait que dans ces cas-là, ils feront peu de choses. C'est tout le temps comme ça que ça se passe.
Bonjour tout le monde, je suis ravie de vous retrouver pour ce nouvel Instant Porcher. C'est un petit moment qu'on se prend entre nous avec Thomas pour analyser, décrypter et avoir les clés pour comprendre tout ce qui se passe autour de nous. Et cette année, on fait la rentrée à la télé. Oui, vous avez bien entendu, je vous le répétais sans cesse l'année dernière, nous avons réussi grâce à vous. Le 20 octobre, vous aurez enfin un média libre et indépendant des luttes sur les bouquets télé des box internet. Oui, nous allons nous frotter aux grandes chaînes. Nous avons absolument besoin de vous pour cette grande étape de l'histoire médiatique, pour constituer notre grille des programmes.
Nous sommes en pleine levée de fonds sur KissKissBankBank et nous avons déjà atteint notre premier palier à 100 000 euros. Merci beaucoup. Il faut continuer, rejoigner cette grande aventure et soutenir la première coopérative médiatique de France sur le petit écran. Bonjour Thomas.
Bonjour Lisa.
Alors aujourd'hui ensemble, on fait le plan de Macron pour une écologie à la française, mais avant un petit détour par les carburants, c'est parti. La semaine dernière, on vous parlait de la proposition ratée du gouvernement de proposer aux industriels de vendre à perte le carburant pour lutter contre l'inflation. Face à ce flop, Emmanuel Macron a avancé, la vente a pris coûtant et Carrefour et Leclerc ont déjà accepté. Thomas, est-ce que tu peux nous expliquer, est-ce que ça change quelque chose vraiment ? Est-ce que ça va faire baisser les prix ? Est-ce que ça coûte beaucoup aux industriels de faire ça ?
Ça ne change rien. En réalité, la vente à perte, c'est quand on autorise les industriels à faire des pertes qui n'ont aucun intérêt à part le fait qu'il y a de la concurrence et que les prix puissent baisser parce qu'un industriel accepterait de vendre à perte. Mais personne ne veut vendre à perte. La vente à prix coûtant, c'est que vous faites zéro de bénéfice. Vous vendez au prix coûtant. Donc le prix égale le coût, ne faites pas de bénéfice. Le problème, c'est quoi ? C'est qu'il y a une vraie asymétrie d'informations entre l'État et les distributeurs.
Donc les distributeurs peuvent dire qu'ils vendent à prix coûtant, mais l'État n'a aucune façon de vérifier parce qu'il ne connaît pas les marges nettes. Et après, quelqu'un comme Carrefour ou des grandes enseignes qui vendraient à prix coûtant peuvent se rattraper sur des biens qu'ils vendent ensuite dans leur supermarché ou se rattraper à des moments où les prix sont moins élevés, où là, ils feraient des marges supplémentaires. Donc en réalité, dans ces opérations de vente, qu'elles soient pratiquées par les distributeurs, les moyennes surfaces, les grandes surfaces ou les majors pétrolières comme Total, la réalité, c'est que l'État n'a pas la capacité à maîtriser, à contrôler.
Deuxièmement, c'est que quand on vous donne quelque chose d'un côté, on peut le rattraper quelques semaines après ou le rattraper sur d'autres produits. Donc au final, pour le consommateur, c'est un jeu à somme nulle. Ce qu'on lui donne d'une main, on le reprend de l'autre main.
Emmanuel Macron a présenté sa planification écologique à l'horizon 2030 lundi dernier. Vous le savez, l'urgence écologique nous guette et la France a déjà eu le bon édan plusieurs fois. Ça va être difficile d'être exhaustif, mais allons-y. Après un bilan où le président s'approprie des avancées arrachées par des militants, Emmanuel Macron présente l'écologie à la française. Donc un chemin qui est atteignable. Il suppose d'aller 2,5 fois plus vite sur les 5 années à venir. Et donc là où on a ces 5 dernières années baissées de 2% par an les émissions, de réussir à baisser sur la période 2022-2030 de 5% par an ces émissions.
Et de le faire par une stratégie qui, je crois, correspond à ce que la philosophie d'ensemble qui a toujours été la nôtre, qui est une politique de sobriété mesurée. Ce qu'on a fait sur l'eau, ce qu'on a fait sur l'énergie ces derniers mois, où les efforts sont partagés. Une politique d'innovation, où on investit là aussi sur l'innovation technologique, et ce que porte la mission France 2030 et chacun des ministères. Et une politique de transformation de tous les comportements. Ceux du consommateur, par en particulier l'étiquetage, la responsabilisation. Ceux des producteurs, ceux des financeurs, qu'ils soient publics ou privés, avec les mécanismes d'éco-conditionnalité.
Qu'est-ce que l'écologie à la française selon Emmanuel Macron ? D'abord une écologie souveraine, donc réduire la dépendance aux énergies fossiles en passant de 60 à 40% à l'horizon 2030, avec le déploiement des énergies renouvelables et du nucléaire. Il n'oublie pas l'Europe en parlant d'une taxe carbone aux frontières et d'une stratégie industrielle made in Europe. Il y a aussi une écologie qui crée de la valeur économique et qui s'appuie sur une stratégie industrielle. Le président parle de décarboner et d'accélérer sur deux chantiers un inventaire de ressources minières pour le lithium et le cobalt et des gisements d'hydrogène naturel et celui de la capture et séquestration du carbone.
Emmanuel Macron promet aussi au moins 1 million de voitures électriques produites d'ici 2027 sur le sol français et la production de batteries même vouées à l'export. Il annonce aussi 13 projets de RER métropolitains avec 700 millions d'euros engagés par l'État. Il y a aussi une écologie compétitive. Vous avez bien entendu, cela consisterait à trouver des solutions décarbonées pleinement compétitives pour être, je cite toujours, en cohérence avec la stratégie économique et le programme qui permet à la France d'être le pays le plus attractif d'Europe.
Le président cite notamment le plan industrie verte pour faire face à la Chine et aux États-Unis, sujet qu'on vous a déjà bien détaillé dans l'instant prochain, donc je vous invite à aller voir les épisodes précédents. Emmanuel Macron annonce vouloir reprendre le contrôle du prix de l'électricité et nous donne rendez-vous en octobre pour avoir des prix qui répondent à ce souci de compétitivité. Pour cette planification économique ou écologique qu'on ne sait plus, le chef de l'État annonce 40 milliards d'investissements dès 2024 contre 33 en 2023. Il demande à l'Europe d'être dans l'investissement et non pas que dans la réglementation.
Et pour le secteur privé, il y aura des crédits carbone, des crédits biodiversité pour inciter. L'agriculture a été balayée d'un revers de main à la sauce productiviste et les océans absents. Thomas, est-ce qu'on a affaire là à une planification écologique ou économique ?
Macron a voulu réconcilier les deux. Il faut revenir quand même un petit peu dans l'histoire. Il y a une époque, il y avait vraiment une opposition entre l'économie et l'écologie, pour certains écologistes. La question était de dire qu'il fallait que l'écologie prenne le dessus sur l'économie. Or, en réalité, c'est un peu plus compliqué que ça. Ça a été matérialisé après avec des plans tels le Green New Deal, qui a été porté outre-Atlantique par Bernie Sanders et Ocasio-Cortez, et qui a été repris ici par certains députés européens. C'était d'allier, en fait, l'industrie au changement climatique.
Ce qui n'est pas si idiot que ça, parce que pour lutter, pour adapter notre économie au réchauffement climatique, il va falloir mettre en place des transports en commun, il va falloir rénover les bâtiments. Il y a tout un tas d'investissements qui vont devoir être faits dans les infrastructures pour faire en sorte qu'on puisse se passer de plus en plus de l'automobile, de plus en plus de l'avion en France. Et donc, il y a quelque part un besoin d'une forte industrie pour soutenir cette relance. Si vous faites des rails, des trains à grande vitesse, vous allez avoir besoin de toutes les industries qui sont annexes pour produire ces biens qui sont la métallurgie, etc.
Donc, l'industrie n'est pas forcément l'ennemi du climat et s'insère dans un plan de lutte contre la transition énergétique. Et c'est ce qu'il a voulu faire. Mais il va falloir quand même se rendre compte qu'il va y avoir une adaptation importante de cette industrie. Et Macron refuse de faire des interdictions sur les ménages, d'où son revirement sur les chaudières à gaz. Il veut faire plutôt des incitations. Mais sur la partie de la grande industrie, il va falloir mettre un certain nombre d'interdictions en place parce que les incitations ne suffisent pas.
Emmanuel Macron vante une écologie ni de déni ni de cure. Je le cite quand le GIEC et les experts demandent une vraie rupture de vrai investissement, comme tu viens de le dire. Est-ce que le président n'est pas encore bloqué dans son « en même temps » ? Et est-ce qu'on peut faire du « en même temps » en matière d'écologie ?
Macron a toujours été « en même temps » dans l'écologie. Moi, je me rappelle du... C'est-à-dire qu'il a toujours utilisé l'écologie comme de l'opportunisme politique. Bon, il s'est converti très tardivement, il faut le dire quand même, lui-même l'a avoué. Il s'est converti très tardivement à la question écologique. Le Macron de 2017, s'il n'y avait pas eu Trump, il n'aurait pas parlé d'écologie. Dans son programme, il n'y avait quasiment rien. Il l'avait verdi un petit peu pour récupérer une partie et il les a bien récupérées. Mais je pense que les écologistes qu'il a récupérées étaient plus intéressés par les postes qu'ils pouvaient avoir, comme M. de Rugy, Barbara Pompili ou Pascal Canfin.
Donc, il les a récupérées en verdissant très légèrement à la fin son programme de 2017. Il avait quand même dit qu'il est diesel, c'était super. Il avait défendu le gaz de couche, qui est du gaz issu quand même du charbon dans l'Est de la France. Donc, c'était un ministre qui était quand même très peu sur les questions climatiques. Puis, Trump est arrivé. C'est le génie maléfique. Il veut sortir de l'accord de Paris. Et là, Macron s'est dit, bah tiens, moi, je vais dire make our planet great again. Au niveau international, je vais être le VRP du climat face à Trump d'un côté.
Et en Italie, des mouvements populistes comme celui de Salvini et le Brexit, pour qui, en fait, toute la question climatique était finalement une petite question. Lui, il est apparu sur la scène internationale comme un défenseur du climat. Mais à l'échelle nationale, ça ne l'a pas empêché de faire des revirements, comme quand il a fait sa blague sur les Amish. Donc, il était toujours en même temps. Là, aujourd'hui, il a un peu plus musclé son discours. Il a accepté le terme de planification écologique.
Mais moi, ce qui me dérange toujours dans Macron, c'est la reprise, en fait, d'éléments qui ont été mis en avant par des militants ou par d'autres partis politiques, parce que la planification écologique, c'était le programme de Mélenchon de 2017. C'est lui qui avait dit ce terme-là. Et à l'époque, beaucoup d'écologistes disent, non, non, on n'est pas dans la planification. Il faut laisser faire les entreprises. Il faut mettre des mécanismes de subvention sur les renouvelables, des mécanismes type le prix du carbone. Il n'y avait pas de planification à long terme. Donc, il a repris ça, puis il a dépecé, finalement, ce concept en mettant quelques éléments à droite et à gauche.
Mais au fond, à part l'accompagnement de la construction des RER et quelques autres éléments, il y a plein de choses qui sont absentes de sa politique. Il n'y a rien sur l'agriculture, rien du tout. Rien sur le transport aérien, absolument rien. Sur l'automobile, d'accord, il dit que l'automobile, l'automobile, mais sur la politique de mobilité de la France d'ici tant d'années, il n'y a pas grand-chose. Donc, finalement, on saupoudre à droite et à gauche. On dit qu'on a une vision de long terme, contrairement à ce qui s'est passé les années précédentes dont on a vu les effets, notamment sur l'hôpital. Et puis, on dit qu'on est le premier pied à faire de la planification.
Mais après, quand on regarde pièce par pièce, finalement, c'est le consensus mou. Il n'y a pas de très gros changements.
Justement, tu disais en début de cet épisode qu'il fallait réconcilier l'industrie et l'écologie, ce que Macron fait dans le discours. Tu viens de le dire aussi, beaucoup de discours, beaucoup de discours. Emmanuel Macron, il mise sur l'industrie verte, sur la croissance verte. Il met énormément en avant l'industrie des voitures électriques. Il parle de sobriété mesurée dans le tout début de son discours. Mais après, il n'y a aucune mesure qui a été annoncée en ce sens. Est-ce qu'on n'a pas à faire à des fausses solutions ? Est-ce qu'il n'est pas juste en train de peindre en vert sa politique économique ?
Macron, c'est quelqu'un qui croit en la croissance verte. Il l'a dit. Il remplace l'industrie automobile à moteur thermique à celle de l'automobile électrique. Alors que nous le savons tous, en fait, que si la production et la consommation ou le nombre de voitures continuent à augmenter, qu'elles soient électriques ou qu'elles soient thermiques, ça ne changera pas grand-chose. Le coût entier de fabrication de l'amont à l'aval d'une voiture électrique a besoin de matériaux critiques, de matériaux rares, qui fait qu'elle a un impact écologique énorme. Donc la réalité, c'est quoi, en fait ? La réalité, c'est de dire quoi ?
C'est qu'effectivement, l'avenir de l'automobile, c'est la voiture électrique ou les petites voitures citadines qui consomment très peu. On ne sera plus dans des voitures qui ont augmenté en taille ces dernières années. On sera sur des voitures plus petites, beaucoup plus légères et probablement électriques. Ça, c'est une réalité. Mais l'avenir de la mobilité, ce n'est pas la voiture. Et c'est déjà le cas dans des villes comme Paris où la mobilité se fait de d'autres façons parce qu'il y a des transports, parce qu'il y a des vélos, parce que voilà. Mais l'avenir de la mobilité, ce ne sera pas la voiture. Or, dans son discours, il a bien dit j'adore la bagnole, j'aime la bagnole, etc.
C'est très bien. On sait très bien qu'il y a des inégalités. On l'a souvent traité ici. On sait très bien que les gens sont beaucoup plus dépendants de la voiture en province et que la voiture a une utilité énorme quand il n'y a rien, quand il n'y a rien d'autre. Mais après, il faut quand même prévoir un avenir d'ici 10, 15 ans sur la mobilité en France. Et là, il n'y avait pas grand-chose. Il faut dire une chose, c'est que son plan quand même de planification écologique, il rentre en conflit avec quelque chose qui a été discuté il y a quelques jours. C'est les prévisions budgétaires.
Et les prévisions budgétaires, elles montrent que la dépense publique doit être contenue d'ici à 2027, qu'il y a un objectif de réduction des déficits. Et que donc là, en quelques jours, la question écologique, mais aussi la question des services publics, est complètement laissée de côté pour des questions purement budgétaires. Et donc là, il y a une vraie contradiction. On ne peut pas dire un jour, oui, c'est important. On va mettre de l'argent. Et déjà, ce n'est pas des sommes énormes. On est loin des plans de relance américains. Et puis de l'autre côté, avoir des budgets qui ne soient pas des budgets de relance.
C'est ça qui est incompréhensible. C'est qu'il parle de voitures électriques, mais il ne dit pas lesquelles. Donc ça peut être des grosses voitures électriques qui finalement sont polluantes. Il ne parle pas du train. Il ne parle pas du fret SNCF, dont on a beaucoup traité au métier aussi. Il ne parle pas de tout ce qui accompagne en fait. Et c'est ça pour tous les sujets.
Par exemple, tu fais bien de dire ça. S'il y a des voitures électriques, si c'est ça l'avenir. Alors effectivement, il faut dire à nos producteurs de s'y lancer pleinement, parce que visiblement, ils mettent les freins. Il y a beaucoup de nos constructeurs qui disent non, non, il ne faut pas faire ça. Si on fait ça, ce sera pour les Chinois. Nous, on veut rester sur le moteur thermique. Ça, il faut quand même leur dire. Et puis l'État est actionnaire chez certains constructeurs automobiles. Donc il faut le dire. Et puis après, il faut mener la politique qui puisse accompagner ça. Si vous voulez des voitures électriques, il faut des recharges électriques.
Aujourd'hui, on a très faiblement une recharge électrique pour huit voitures. En Chine, c'est pour trois voitures. Donc il faut aussi avoir un plan qui accompagne cette transformation. Il ne faut pas dire, on va transformer, on saupoudre un peu d'argent et on laisse les industriels faire parce qu'on sait que dans ces cas-là, ils feront peu de choses. Et à la fin du fin, ils n'auront pas fait ce qu'il faut faire et ils demanderont de l'argent à l'État pour compenser ce qu'ils n'ont pas fait. C'est tout le temps comme ça que ça se passe. Donc là-dessus, il faut être beaucoup plus volontariste. Macron refuse de faire des interdictions pour les consommateurs. Je suis assez d'accord avec ça.
Mais après, il faut en mettre en place pour les industriels. Il y a des gros industriels qui ont fait des bénéfices records contre la trésorerie. Ils ont les moyens de s'adapter. Ce n'est pas le cas d'un SMICAR qui vit loin de son lieu de travail, qui n'a pas de transport, qui lui a des faibles marges de manœuvre pour s'adapter. Et sur ce qui on a fait reposer trop longtemps l'adaptation à la transition écologique.
Et oui, et ce qu'il fait avec la voiture, il le fait donc avec les autres domaines dans l'écologie, si je puis dire. Est-ce que du coup, c'est une planification ? Parce que le but de la planification, c'est de dire je développe les voitures électriques, mais en même temps, je développe le train, mais en même temps, pour qu'il y ait un mix, comme le mix énergétique, où là, il a l'air de vouloir développer les renouvelables et développer le nucléaire. Mais est-ce que du coup, c'est vraiment une planification ?
C'est plus de la planification que ce que Macron avait fait en 2017. Ça, il faut le dire. Mais ce n'est pas une vraie planification écologique. On reste encore sur des incitations et pas de la contrainte. On reste encore sur la bonne volonté d'adaptation des industriels. Donc, on n'est vraiment pas sur une planification où on dit année après année quel serait le changement dans tel secteur et comment on pourrait compenser et qu'est-ce qu'on ferait des gens qui seraient impactés par les transformations dans le secteur. On reste toujours sur des entreprises qui vont être soumises à des visions de court terme pour maximiser leurs profits, qui délocaliseront quand elles devront délocaliser.
Il y a plus une vision que ce qu'il y avait au départ. C'est-à-dire qu'on n'est plus sur un prix du carbone ou une taxe carbone parce que c'était ça avant la transition écologique. Maintenant, on est quand même sur de l'investissement dans les transports, mais on reste sur quand même de l'incitation et de l'adaptation au bon rythme voulu finalement des industriels.
Et je le rappelle aussi tout ce qui s'est passé autour de l'abandon de la filière industrielle fonte ou aussi métallurgie qui aurait pu permettre de développer des rails de train, de réindustrialiser toute cette filière, cette filière ferroviaire. Emmanuel Macron avance aussi une écologie accessible et juste. On va regarder. C'est d'ailleurs le cœur de notre investissement et de l'investissement de la nation. C'est d'accompagner ceux qui sont le plus loin. Accompagner ceux qui en sont le plus loin.
On vient d'entendre, voyons voir, est-ce que c'est les plus gros polluaires, est-ce que c'est les 10% des plus hauts revenus dans le monde qui représentent entre 36 et 45% des émissions de gaz à effet de serre responsables du changement climatique. Dès le mois de novembre, nous serons en situation justement de révéler ce dispositif de leasing à 100 euros pour les premiers modèles de véhicules électriques. Mais donc, nous allons mettre en place des dispositifs pour rendre accessible le véhicule électrique. De la même manière, la rénovation thermique des bâtiments doit se doubler d'une politique de justice et d'accessibilité.
Et donc, il nous faudra accompagner les ménages qui sont les plus modestes avec une stratégie qui va se lancer dans le logement social dès octobre et avec la finalisation de l'ensemble de nos mécanismes d'accompagnement pour la rénovation des logements en novembre et qui va nous permettre de mieux accompagner les ménages qui sont les plus modestes mais aussi les familles moyennes et d'accompagner là aussi les bailleurs sociaux et les acteurs les plus structurants pour pouvoir rénover plus rapidement le parc avec là aussi une exemplarité du côté de l'État où nous allons accélérer nos investissements pour la rénovation thermique de nos propres logements.
Rendre accessible la rénovation thermique ou la voiture électrique OK et à savoir comment par contre associer ceux qui en sont le plus loin de l'écologie et les plus modestes un peu fort de café et dans le même temps Emmanuel Macron avance une écologie territorialisée avec des budgets verts territoriaux pour donner un rôle important aux collectivités locales tout ça pour dire Thomas sur qui doit reposer la transition écologique aujourd'hui ?
C'est ça la question qui est difficile c'est à dire que pendant très longtemps on a voulu la faire reposer sur les consommateurs et uniquement sur les consommateurs c'est pour ça qu'on a mis des taxes c'est pour ça qu'on a mis des espèces d'avertissements pour que les gens puissent choisir des biens écologiques plutôt que d'autres ça reposait uniquement sur le consommateur et y compris même chez un certain nombre on va dire de militants écologistes il y a une volonté que le consommateur soit parfait donc il ait toujours les bons arbitrages et s'il n'a pas les bons arbitrages c'est qu'il n'a rien compris et puis il y a l'autre qui dit que ça doit reposer sur ceux qui en ont les moyens alors en partie effectivement les plus riches mais aussi les industriels qui eux doivent faire la transition le problème c'est que pour faire cette transition il faut qu'il y ait un rapport de force entre l'état et les industries ce qui est de plus en plus difficile à voir parce qu'on est dans une économie mondialisée les entreprises sont françaises mais elles ne sont plus vraiment françaises elles produisent majoritairement à l'étranger leurs débouchés sont aussi à l'étranger même si parfois elles ont des contrats grâce à l'état français quand Macron voyage et que les entreprises les industriels les accompagnent souvent il y a des signatures de contrats mais pendant très longtemps on n'a pas parlé de l'industrie donc qu'est-ce qu'on a fait dans le premier quinquennat Macron on a baissé finalement les réglementations sur l'industrie baissé les impôts baissé les réglementations sur le droit du travail on a fait en sorte que les industries soient libérées et même Emmanuel Macron lui-même disait à un moment sur la construction qu'il fallait mettre de côté toutes les normes écologiques et sur le handicap parce qu'il fallait être pragmatique et puis de l'autre côté on a mis sur le consommateur des contraintes avec des taxes avec des réglementations là qu'il a levées parce qu'il a senti que c'était compliqué notamment sur le changement des chaudières il a senti que c'était compliqué parce qu'en Allemagne l'extrême droite a fait campagne également et elle a augmenté dans les sondages sur ce remplacement des chaudières à gaz et à fuel parce que ça impacte une partie des gens qui ont moins de marge de manœuvre donc l'écologie pour moi elle doit reposer sur toujours les gens qui sont les plus à même de mener cette transition les industriels et les personnes les plus riches sur le reste les marges de manœuvre sont beaucoup trop faibles et l'effet boomerang c'est quoi ?
c'est que si vous stigmatisez ces gens si vous leur dites tu n'as pas fait ce qu'il faut tu prends la voiture ou tu vas te payer une semaine de vacances en Tunisie quand tu auras 50 ans que tu auras acheté chez un opérateur qui cassera les prix et bien en fait vous avez un effet boomerang où les gens sont de moins en moins sensibles et sentent comme une agression la question du réchauffement climatique bien qu'ils soient les premiers souvent impactés par ce réchauffement climatique
il y a plusieurs études qui ont montré la montée du climato-scepticisme en France d'ailleurs et très rapidement sur des années les chiffres augmentent d'un coup surtout en fait le climato-scepticisme est vraiment sur l'origine humaine du changement climatique comment tu expliques ça à toi ?
moi j'arrive à comprendre en fait que des gens pour qui la vie de tous les jours est tellement difficile et qui relèvent d'un arbitrage extrêmement compliqué se disent que la question du réchauffement climatique et de la transition écologique va être une question on va leur demander encore plus d'adaptation sans en voir des bienfaits ils l'ont vu avec la taxe carbone ils l'ont vu avec un certain nombre de commentateurs aussi quand il y a eu ce débat à un moment qui a été lancé par ce grand ingénieur monsieur Jean Covici sur France Inter qui a dit qu'il fallait prendre l'avion deux fois dans une vie donc quatre fois pour deux voyages dans une vie bon c'est une question qui a été posée qui a été débattue au-delà des sphères dans tous les médias mais c'est une question qui est profondément agressive envers une partie des classes populaires par exemple qu'est-ce que l'ont fait des gens qui ont grandi avec moi dans Seine-Saint-Denis qui sont issus de l'immigration qui ont une partie de leur famille au Sénégal en Afrique ou au Comores parfois qu'est-ce qu'on leur dit à eux ils vont voir leur famille une fois tous les 6-7 ans donc ils vont prendre plus de deux fois l'avion dans une vie donc vous comprenez que quand on leur explique qu'il ne faut plus qu'ils prennent l'avion ces gens-là qui se serrent la ceinture pendant 6 étés pour peut-être partir au Sénégal et 7 étés ils se sentent agressés il faut le comprendre ça et qu'apparemment on propose ce type de proposition sans se rendre compte de l'impact que ça peut avoir sur les ultramarins sur les gens qui sont issus de l'immigration ou encore de la famille à l'étranger sur les couples mixtes qui ont été faits entre je ne sais pas moi un français et une bulgare qui va aller voir sa famille on va frapper une partie de la population la plus pauvre et on va créer des effets de réaction extrêmement négatives il faut le comprendre ça et donc il y a un certain nombre moi je pense de militants mais aussi de réformes qui ont été faites qui ont toujours visé à impacter les plus pauvres à impacter les plus pauvres je veux dire quand les grandes économies disaient qu'il fallait un prix du carbone unique et donc qu'il fallait qu'un Malien paie le même prix du carbone quand il fait un réseau d'eau qu'un Américain quand il investit dans un centre commercial à Houston c'est profondément qu'on veut faire reposer la transition écologique sur les plus pauvres quand on fait une taxe carbone c'est la même chose et quand on stigmatise des comportements de gens qui ont peu de marge de manœuvre dans leur vie de tous les jours en disant qu'ils n'ont pas les bons comportements et bien on se les prend frontalement et il ne faut pas s'étonner après qu'il y ait des effets en chaîne sur la prise en compte de la question climatique
et il y a aussi bien sûr le traitement médiatique sur les questions écologiques qui peut des fois être totalement raté c'est pour ça qu'aux médias on se bat aussi pour un bon traitement du changement climatique et de l'écologie en fait
l'important dans un combat qui est aussi important que celui du réchauffement climatique c'est de faire en sorte de ramener le plus grand nombre de personnes et ne pas diviser les gens
Et merci à vous chez vous d'avoir suivi cette rentrée de l'instant porché pour cette émission et pour le média la rentrée se fera à la télé mais surtout avec vous le 20 octobre vous aurez enfin un média libre et indépendant des luttes sur les bouquets télé des box internet oui nous allons nous frotter aux grandes chaînes nous avons absolument besoin de vous pour cette grande étape de l'histoire médiatique pour constituer notre grille des programmes nous sommes en pleine levée de fond sur Kiss Kiss Bank Bank nous avons déjà atteint les 100 000 euros merci beaucoup c'est notre premier palier il y en a bien d'autres alors continuez rejoignez cette grande aventure et soutenez la première coopérative médiatique de France sur le petit écran nous sommes ravis de décrypter l'actualité avec Thomas et vous chaque semaine merci de toujours nous suivre pour tous vos commentaires qu'on lit et vos pouces en l'air sous la vidéo spectateurs, abonnés, donatrices et sociaux je vous dis à la semaine prochaine