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interviewRMC — Face à Face· 29 septembre 2021 22 min

L'invité de Bourdin Direct : Gérald Darmanin - 29/09

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC. RMC Bourdin Direct.

0:05
Gérald Darmanin

Jean-Jacques Bourdin. Gérald Darmanin, bonjour. Bonjour. Ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin. Parlons des visas, ces fameux visas. La France a donc décidé de diviser par deux le nombre de visas accordés aux citoyens algériens et marocains. Un tiers en moins pour les Tunisiens, quel que soit l'objet du voyage. C'est bien cela, quel que soit l'objet du voyage, Gérald Darmanin.

0:32
Présentateur

On va diminuer très fortement le nombre de visas, mais ce n'est pas une politique nouvelle. Le président de la République l'a déjà fait il y a deux ans et demi, vis-à-vis de certains états du Maghreb. Oui. On donnait quelques centaines de milliers de visas en 2019. Il y en a eu quelques dizaines de milliers qu'on a beaucoup baissé en 2020. Il faut dire qu'il y a eu l'effet Covid. Et là, l'idée, c'est de faire un visa sur deux. Un visa sur deux.

0:54
Gérald Darmanin

Voilà, ça veut dire ça pour la Tunisie, un visa sur trois. À peu près 31 000 visas pour les six prochains mois, c'est cela. Ce sont les chiffres avancés, j'ai lu.

1:02
Présentateur

On va le faire au cas par cas. Au cas par cas. Ça dépend aussi de la relation qu'on aura avec ces pays. Pourquoi on fait ça ? On le fait parce qu'une partie des compatriotes algériens, marocains, tunisiens, qui sont sous sol français, ne sont plus acceptés par ces pays. Soit parce que ce sont des personnes qui sont islamistes radicales, soit parce qu'ils sont délinquants, soit parce qu'ils doivent partir tout simplement du territoire national. Et nous, on leur dit, tant que vous ne reprenez pas vos compatriotes, eh bien, on n'accepte pas vos compatriotes. Ça va durer combien de temps, cette politique de visa ? Six mois ? On verra bien.

1:32
Gérald Darmanin

Jusqu'à la présidentielle ?

1:33
Présentateur

Non, je vous vois venir. Oui, tout le monde y pense. D'abord, l'information est sortie en off, comme on dit. Ça fait plusieurs mois que nous faisons cela. Il y a déjà plus d'un an, M. le Président de la République a présidé une réunion. J'y étais, je peux en témoigner, avec le ministre des Affaires étrangères, avec lequel je travaille main dans la main, pour réduire le nombre de visas. Ça fait des mois que nous mettons en place un certain nombre de dispositifs qui permettent, en effet, de faire repartir de notre sol certains des compatriotes d'Algérie, de Tunisie et du Maroc. Simplement, à la faveur, sans doute, de gens qui nous aiment bien, cette information est sortie.

Ton tact, on n'a rien à cacher, mais on n'a pas attendu les débats politiques pour le faire.

2:14
Gérald Darmanin

Bon, les pays qui doivent accueillir leurs ressortissants ont besoin de délivrer d'Else Passé qui ne délivrent pas. De laisser passer consulaire. Qui délivrent peu. Qui délivrent peu. Mais je me souviens de l'objectif d'Emmanuel Macron. C'était en octobre 19. 100% des obligations de quitter le territoire français, en situation irrégulière, seront exécutées avant la fin du quinquennat. 100%. Je regardais les chiffres. 7731 obligations de quitter le territoire pour des Algériens sans papier. 22 expulsions effectives pendant la période de janvier à juillet. Alors, je vais être à Tillon, c'est 23. 22, mais vous avez raison.

Et pour les Marocains, vous allez me dire si je me trompe, 3301 obligations de quitter le territoire, 80 exécutées. Pour les Tunisiens, 3424 et 131 exécutions. Je comprends qu'on prenait des mesures, parce que ça a fait quoi ? 0,2, 0,3% ?

3:14
Présentateur

Il est évident que la situation actuelle est inacceptable. Alors après, il faut voir les choses dans le contexte, M. Bourdin. Quand M. le Président de la République a dit 100% des EQTF, des reconduites aux frontières doivent être exécutées, il avait raison, c'était avant le Covid. Je rappelle de vrai même que pendant le Covid, 1, on ne pouvait plus sortir de chez soi, 2, on ne pouvait plus prendre l'avion, parce qu'il n'y avait plus d'avion, 3, il faut faire des tests PCR, y compris au départ. Et il suffisait que la personne refuse de tests PCR pour qu'on puisse s'expulser.

Et c'est partout pareil, en Allemagne, en Italie, en Angleterre, aux Etats-Unis d'Amérique, au Mexique, c'est partout pareil. Donc, avouez quand même que le 33 tonnes du Covid que tous les pays ont pris face change un peu à ce temps de donne. Cependant, le Covid, je ne dirais pas qu'il se termine, mais ça menuit, les vols reprennent. Nous avons désormais des relations plus différentes avec les pays, nous devons reprendre ce qui se passait en 2018, notamment. C'est très important. Et on voit que là, les Etats, notamment maghrébins, ne veulent pas revenir à ce qui se passait avant la crise du Covid. C'est pour ça qu'on hausse le ton, en tout cas, on leur dit, on ne va pas continuer comme ça.

Donc, les chiffres que vous évoquez sont vrais, mais simplement, vous comprendrez bien qu'ils n'ont rien à voir avec les situations d'avant Covid. Cependant, je voudrais vous dire quelque chose. Allez-y. Ce n'est pas parce que les Etats algériens, marocains, tunisiens accepteront leurs ressortissants. Je suis sûr qu'ils le feront parce que c'est des Etats de démocratie. Ils protestent, là. Ils ne sont pas contents. C'est des Etats, oui, mais c'est une relation que nous avons entre nous. Puis on a de grandes... C'est des pays avec qui on a beaucoup d'amitié, avec qui on a besoin de... Pour lutter contre le terrorisme, notamment. Et eux, ils ont besoin de nous.

Donc, voilà, nous avons une maire ensemble qui est à la Méditerranée. On va travailler ensemble. J'ai mes homologues très souvent au téléphone. Il n'y a pas de problème sur ce sujet. C'est une crispation qu'il y a entre les pays, naturels, dans la vie des pays. Mais ce n'est pas parce qu'on se sera mis d'accord avec eux, M. Bourdin, que 100% demain, des expulsions du territoire se feront. Pourquoi ? Parce que la deuxième difficulté que nous avons, c'est qu'entre-temps, entre le moment où le président de la République s'est prononcé et la situation d'aujourd'hui, il y a, par exemple, plus d'expulsions possibles en Afghanistan.

Et nous avons une partie des gens que nous voulons expulser qui sont afghans et qu'on ne va pas renvoyer au régime des talibans. Comme jadis, sous le gouvernement socialiste, on ne renvoyait pas en Syrie les gens qui étaient syriens. Deuxièmement, M. Bourdin, notre difficulté principale, c'était l'objet des débats politiques qu'on devrait avoir. C'est qu'on a un système juridique qui fait qu'on peut attendre entre un an et demi et deux ans avant d'avoir la confirmation d'un tribunal de la décision prise par un gouvernement. Je vous mets un arrêté de reconduite à la frontière.

Vous avez le droit, même si j'ai le laissé passer du pays d'où vous venez, vous avez le droit d'aller devant le tribunal administratif, vous avez le droit d'aller en appel, vous avez le droit d'aller en Convention européenne des droits de l'homme, vous avez le droit de faire attendre le gouvernement français un an, un an et demi, deux ans. Et vous avez le droit de jouer avec les frontières européennes, faire la même chose en Allemagne, faire la même chose en Italie. Ça ne va pas. C'est trop long ? C'est trop long, c'est un des plus longs contentieux. Aujourd'hui, dans les tribunaux administratifs, plus de 50% de l'activité des tribunaux administratifs, c'est le droit des étrangers.

Ça ne va pas. Donc nous travaillons à cette simplification. Deuxièmement, surtout, c'est un sujet européen. Et quand on dit qu'il faut moins d'Europe pour protéger plus ses frontières, c'est une absurdie, comme dirait Michel Sardou. Pardon de citer les grands auteurs sur votre antenne. Qu'est-ce qu'il se passe ? Il se passe qu'il faut que nous disions, et on va présider l'Union Européenne dans désormais deux mois, une seule demande d'asile pour toute l'Europe.

6:26
Gérald Darmanin

Ce sera la mesure que vous allez essayer d'imposer en Europe. Nous y travaillons.

6:31
Présentateur

Et on verra ce que pense le nouveau gouvernement allemand.

6:34
Gérald Darmanin

Une seule demande d'asile quand vous arrivez en Europe. D'asile ?

6:37
Présentateur

Oui. Ça doit être l'objectif que nous devons tous atteindre. Et l'énergie de tout le monde devrait se tourner vers ça. Quand vous arrivez en Europe, quand vous faites une demande en Italie, ou en Espagne, ou à Malte, ou en France, ça vaut pour tout le monde. Partageons les informations. Oui. Nous devrions avoir la même politique le plus possible de visa, celle que nous évoquons aujourd'hui, de l'Europe vis-à-vis des autres États. Parce que sinon, il se joue de nos différences. Qu'est-ce qui peut se passer ? Il peut se passer que les Algériens passent par l'Espagne pour avoir des visas de l'Europe. Donc nous devons absolument répondre Europe quand d'autres veulent répondre nationalistes.

7:11
Gérald Darmanin

Les expulsions des étrangers jugés dangereux soupçonnés de terrorisme, par exemple, où en est-on ?

7:16
Présentateur

On a très bien progressé puisque aujourd'hui, nous avons expulsé plus de 650 personnes qui sont soupçonnées de radicalisation. Et nous avons de façon tout à fait considérable aussi attaqué les personnes qui sont délinquantes, condamnées pour des actes de viol, de meurtre, de trafic de drogue, de violence conjugale. Dans le fichier FSPRT, 1115 personnes, c'est bien cela ? Non, ce n'est pas tout à fait ça. Parce que 1115 étrangers en situation irrégulière qui sont dans les 22 000 fichiers FSPRT, ce sont les fiches clôturées. C'est là où le service de la DGSI dit qu'il n'y a pas de problème.

Par contre, ce qui existe aujourd'hui, c'est les fiches qui ne sont pas clôturées, les gens qu'on continue à suivre. Il y a aujourd'hui 500 étrangers dans cette situation en France, dont 196 qui ont déjà été expulsés depuis les trois derniers mois. Et puis, les autres sont soit en prison, soit en hôpital psychiatrique, soit dans les centres de rétention administrative en attendant d'être expulsés, d'une relation avec les États et les visas, soit ils sont devant un tribunal et ils attendent un recours.

Donc, toute personne qui est fichée S et qui est étrangère a vocation à quitter le territoire national une fois qu'elle a épuisé ses recours, une fois qu'elle a terminé d'être en prison et pas une personne n'échappe à ce système. C'est vraiment très important parce qu'on a été extrêmement fermes et extrêmement efficaces sur ce point. Ensuite, il y a un deuxième paquet, si j'ose dire, d'étrangers que nous ne voulons absolument pas sur notre sol. C'est ceux qui ne sont pas fichés S, mais qui ont tué, qui ont violé, qui ont tapé leur femme, qui ont trafiqué la drogue, qui ont attaqué un policier.

Le président de la République m'a demandé, encore c'était quelque chose qui était secret, caché, mais ça a été divulgué, qu'on prenne les 1100 étrangers les plus délinquants et qu'on les expulse. Il l'a demandé il y a un mois et demi. On en a déjà expulsé 361 sur ces 1100. La très grande partie de ceux qui attendent encore d'être expulsés sont en prison. On les expulse à la fin de leur peine de prison. Chacun le comprend et chacun le souhaite. Ils seront tous expulsés ? Ils seront tous expulsés. On voit arriver, M. Bourdin, la difficulté qu'il y a dans ces 1100 des Algériens, des Tunisiens, des Marocains et qu'on a plus de mal à les expulser que les autres pays. C'est un fait.

C'est ce que je constate. D'où, également, la position que vous avez évoquée de qu'on n'en aura pas de visa tant qu'on n'aura pas à les laisser passer au consulat de ces pays. C'est normal. Si un Français, et il y en a, tue, viole, tape sa femme en Algérie, en Chine, nous le récupérerions à la fin de sa peine de prison. C'est normal, c'est un citoyen français. Après, nous le suivrions. Les autres pays doivent faire pareil et c'est ce que nous faisons.

9:46
Gérald Darmanin

Marine Le Pen propose d'inscrire dans la Constitution par référendum la maîtrise de l'immigration. Vous en pensez quoi ? Vous avez regardé un peu ce qu'elle propose.

9:56
Présentateur

Oui, je m'intéresse au débat public et à ce que disent les grands candidats aux élections présidentielles, évidemment, et même les candidats plus modestes, bien sûr. Le débat d'idées est toujours intéressant, mais on voit bien que Mme Le Pen reste sur ses vieilles lunes. On peut proposer par référendum plein de choses, mais un débat sur l'immigration, on choisit son immigration, c'est comme si vous faisiez un référendum sur le beau temps ou contre le chômage. D'ailleurs, sur le principe, on peut d'ailleurs être d'accord de maîtriser son immigration, mais c'est beaucoup plus compliqué lorsqu'on est en responsabilité.

La grande différence avec Mme Le Pen, c'est que nous sommes, nous, un parti du gouvernement, nous acceptons de travailler sous contrainte et on ne peut pas s'asseoir sur l'Europe, on ne peut pas s'asseoir sur les traités internationaux, on ne peut pas s'asseoir sur la volonté des pays de faire des laissés-passés consulaires. Qu'est-ce qu'elle veut, Mme Le Pen ? Imaginons, M. Bourdin, que j'expulse, sans le dire à l'Algérie, à Tunisie, au Maroc, des citoyens de leur pays. Je les mets dans un avion, je les fais décoller, je les fais atterrir de force, je les fais descendre de force et après, on referme vite l'avion et on s'en va. Ce n'est pas sérieux.

C'est bien des relations diplomatiques que nous devons avoir, elles sont difficiles, mais l'exercice du pouvoir, M. Bourdin, c'est difficile. Les Français sont là pour juger si on a été bon ou pas bon, ils pourront le faire, mais c'est difficile. Il y a une différence entre écrire des livres et être polémiste et puis d'avoir l'exercice du pouvoir. À Mme Le Pen, elle écrit des livres et elle est polémiste.

11:08
Gérald Darmanin

Oui, et à M. Zemmour, Eric Zemmour. La supériorité du droit français sur le droit international, c'est ce qu'elle propose aussi pour reprendre, pour, oui, contrôler l'ensemble du droit appliqué aux étrangers. Elle propose aussi les allocations familiales, réservées aux Français, vous en pensez quoi ?

11:27
Présentateur

Alors d'abord, la primauté du droit, ça veut dire qu'elle sort de l'Europe. C'est ça que ça veut dire. Elle est un peu contradictoire parce qu'elle a dit qu'elle n'était plus pour le Frexit. Maintenant, si vous dites que le droit français est quoi qu'il arrive supérieur à tous les droits européens et tous les traités, c'est-à-dire que vous sortez de l'Europe. Vous n'acceptez plus les traités. C'est d'une position, ce n'est pas la mienne. Deuxièmement, j'ai entendu la question sur les logements. Elle a dit je veux réserver les logements en priorité aux Français. Il n'y a pas plus absurde... Quelle que soit l'origine, d'ailleurs.

Oui, mais il n'y a pas plus absurde objectivement que cette proposition. Pourquoi ? Pour trois grandes raisons. D'abord, ce qu'il faut regarder, c'est est-ce que vous avez le droit de rester sur le territoire national ? À partir du moment où vous vous accordez, imaginons que le gouvernement de Mme Le Pen accorde une autorisation d'être sur le territoire national ou lui refuser l'accès au logement. C'est-à-dire qu'on n'arrête pas de dire que les étrangers qui sont sur notre sol doivent s'intégrer, doivent travailler, doivent avoir un logement, doivent mettre leurs enfants à l'école, doivent parler la langue de la République.

Et elle, ce qu'elle fera, c'est qu'elle leur mettra des handicaps dès le début pour pas qu'ils accèdent au logement. Deuxièmement, les étrangers, ils payent des impôts comme tout le monde. Ils payent la TVA, ils payent l'impôt sur le revenu. Ils n'ont pas le droit à la solidarité sociale. Et troisièmement, M. Bourdin, qu'est-ce qui se passe aujourd'hui ? D'abord, il y a une vingtaine de pourcents d'étrangers dans le parc HLM, donc ce n'est pas la grande invasion. Qu'est-ce qui se passe, M. Bourdin ? Il faut quand même bien mesurer ça.

Quand on dit ça à des personnes qui sont étrangers, que la France, elle est fermée à tous les vents et qu'elle refusera désormais d'avoir des jeunes médecins, des jeunes architectes qui vont peut-être vivre dans un moment de pauvreté parce que vous savez, les étrangers qui sont sur notre sol, ils sont plus pauvres que les nationaux qui sont sur notre sol. Elle va refuser le logement social ? Elle veut qu'elle dorme dans la rue ? C'est ça que Mme Le Pen ?

12:58
Gérald Darmanin

Ça n'a aucun sens. Moi, je me souviens à ce que vous disiez qu'il y a trop d'aides sociales en France. Vous l'avez dit. Hein ? Vous l'avez dit ? Non, je n'ai pas dit. Ah, si. Non, je n'ai pas dit ça. Il fallait que le travail... Il faut créer une aide sociale unique.

13:10
Présentateur

Non, voilà. Vous avez dit. Exactement. J'ai dit que le travail devait, quoi qu'il arrive, mieux payer que les aides sociales. Oui. Vous êtes d'accord avec ça ? Oui. Vous dites toujours la même chose.

13:20
Gérald Darmanin

Bien sûr. Il faut regrouper donc APL et RSA.

13:24
Présentateur

Alors, ce ne sont pas tout à fait les mêmes allocations, mais moi, je parle... C'est ce que vous aviez dit. Mais c'est un sujet très complexe. Oui, mais je le sais. Ce que je vais vous dire, M. Bourdin, c'est que je pense, moi, que quand on travaille, on doit gagner plus d'argent que quand on ne travaille pas. Aujourd'hui, c'est le cas grâce à Emmanuel Macron. Peut-être que la différence mériterait d'être encore agrandie. Il faut encore mieux rémunérer le travail. Mais si on cumule toutes les aides sociales, il faut pouvoir mieux vivre et beaucoup mieux vivre de son travail, ce que fait le président de la République aujourd'hui. Ce sera l'un des axes

13:50
Gérald Darmanin

de campagne d'Emmanuel Macron.

13:52
Présentateur

Ah, moi, je pense que l'axe... J'en sais rien pour Emmanuel Macron. Il n'est pas encore candidat et je le souhaite qu'il le soit. Mais ce qu'il saura, c'est qu'à mon avis, le grand thème de campagne, ce sera l'économique et le social. Ce sera le travail. Et le gouvernement a des résultats. Et non pas l'immigration. Je ne crois pas que ce soit le thème principal. C'est un thème important, comme la sécurité, bien évidemment. Mais les Français, ce qui veulent, c'est travailler. On est à 8% de chômage. Le chômage, je ne peux pas depuis 10 ans. Mais il est encore trop, ce chômage. Il faut qu'on continue à faire que le restaurateur puisse embaucher.

Aujourd'hui, les restaurateurs, ils nous disent quoi ? Je n'arrive pas à trouver des gens qui pourront travailler. Il faut qu'on réponde à cette question avant d'entrer dans les vieilles lunes identitaires.

14:27
Gérald Darmanin

Quelques mots sur la lutte contre l'islam radical. La loi confortant le respect des principes républicains a été promulguée le 25 août. Où est-ce que vous en êtes ? Combien de mosquées contrôlées ? Combien d'associations islamistes dissoutes ? Ce matin,

14:43
Présentateur

chez vos confrères du Figaro, je fais la revue de détails de tout ce que nous faisons et nous faisons beaucoup de choses. Ce matin, au Conseil des ministres, par exemple, je propose deux nouvelles dissolutions, notamment l'association Nawa, qui est une maison d'édition islamiste qui publiait des livres dont je ne voudrais pas faire ici la publicité. Nous, grâce au texte de loi que nous avons voté, nous pouvons la dissoudre. On a dissout trois fois plus d'associations islamistes que les deux quinquennats passés.

Et la loi qui aujourd'hui est promulguée et qui est d'application directe, donc il n'y a pas besoin d'attendre des mois et des mois des décrets d'application, va nous permettre d'attaquer une dizaine de structures, lieux de culte comme associations, et c'est plus d'associations d'ailleurs que des lieux de culte, pour pouvoir les dissoudre et les contraindre. On a fait 250 gels de ces associations. On a fermé combien de mosquées ? Huit, j'ai vu, c'est ça ? Il y a une petite dizaine de mosquées en effet dans les semaines qui viennent.

Aujourd'hui, sur les 89 mosquées que nous soupçonnons de radicalisation, sur 2300, je pense qu'il faut que les Français entendent que la majorité de nos compatriotes musulmans, la très grande majorité, sont des gens patriotes et qui ne posent aucun problème à la République. L'islam ne pose pas de problème à la République lorsqu'il est comme le catholicisme ou le judaïsme. Mais sur les 89 mosquées que nous suivons, on en a déjà fermé un tiers. On en a déjà fermé un tiers. Nous nous concentrons sur les 60 qui restent, bien évidemment. On n'avait pas les armes législatives pour pouvoir les faire fermer ou pouvoir les contrôler.

Désormais, la loi est promulguée depuis un mois et c'est ce que nous faisons en ce moment.

16:10
Gérald Darmanin

Bien, les élections présidentielles et législatives, vote sur Internet ? Non. Pas de vote sur Internet. Pourra-t-on voter par correspondance ? En tout cas, pas pour l'élection présidentielle et législative. Non.

16:21
Présentateur

On n'en aura pas le temps d'organisation. Je sais que vous êtes contre, mais... Moi, le président de la République dans son programme a dit qu'il était favorable au vote à distance. Oui. Voilà. Donc, je travaille, je travaille sous son autorité à mettre en place le vote à distance. Vous allez mettre en place le vote à distance ? Nous travaillons à le faire,

16:37
Gérald Darmanin

mais il faut garantir... Le vote à distance, ça veut dire quoi ? Vote sur Internet ? Vote par correspondance ? Vous conviendrez, M. Bourdin... Il a été arrugé en 1975.

16:45
Présentateur

Alors, c'est le vote par correspondance. Oui. Le vote à distance n'est pas tout à fait le vote par correspondance. Non. Vous conviendrez, M. Bourdin, que c'est une question difficile parce qu'on doit vérifier l'identité de la personne qui vote. Oui. Ce n'est pas les pays étrangers. Par exemple, on doit voter un dimanche. On ne peut pas le faire sur plusieurs jours. Contrairement à d'autres pays, je confère l'Allemagne, voilà quelques heures que les Français ont pu voir ça. Donc, il faut regarder tout ce qu'on doit changer, y compris les réformes constitutionnelles.

Le vote à distance est techniquement possible pour garder la sécurité de savoir que c'est bien Gérald Darmanin qui vote et que ce n'est pas sa femme qui l'oblige à voter pour quelqu'un ou ses enfants qui l'obligent à voter pour quelqu'un. Ça va avec votre identité numérique, M. Bourdin. C'est ce que nous travaillons. Vous avez vu qu'il y a une nouvelle carte d'identité qui est sortie. Donc, vous y travaillez. Exactement. Avec une identité numérique et je suis là pour proposer au président de la République et au gouvernement le vote à distance conformément à son programme présidentiel.

17:34
Gérald Darmanin

Vous proposerez le vote à distance. J'ai constaté...

17:37
Présentateur

Pas pour la présidentielle ni législative mais pour les élections suivantes. J'ai constaté exactement si le président de la République et le Parlement le veulent. J'ai constaté que le président Ferrand avait notamment chargé M. Travers qui est un homme de bien de réfléchir de son côté et du côté du Parlement. Eh bien, nos deux réflexions se retrouveront et on progressera me semble-t-il dans la modernisation du vote mais dont moi personnellement je vous ai déjà dit que j'étais très attaché au fait que c'est un caractère absolument solitaire le vote. Il ne faut pas que votre mari votre curé vos enfants votre communauté voient ce que vous votez et vous obligent à voter quelque chose.

La grande démocratie française c'est être seul dans l'isoloir. C'est très important. Les violences dans les stades

18:14
Gérald Darmanin

Gérald Darmanin est-ce que vous réfléchissez à une interdiction généralisée de déplacement pour les supporters ?

18:20
Présentateur

Alors je prends des arrêtés aujourd'hui déjà puisque ça me relève du ministre de l'Intérieur même si j'en informe M. Blanquer et Mme Marie-Sénavou je prends déjà des arrêtés je les prends quasiment chaque semaine ça ne me fait pas plaisir mais ça évite les débordements inacceptables qu'on ait vus. Je ne suis pas forcément favorable à l'interdiction générale d'abord parce que je ne suis pas sûr que ce soit constitutionnel toute interdiction générale est difficilement acceptable pour le droit et puis moi je suis un supporter de football comme vous je le sais je ne veux pas que quelques-uns emmerdent la grande majorité des supporters.

Cependant il faut sans doute que l'on réfléchisse à améliorer les délits et les interdictions administratives M. Blanquer et Mme la ministre des Sports y réfléchissent ils nous ont convié avec le garde des Sceaux d'ailleurs à une réunion la semaine prochaine et on aura l'occasion sans doute de le faire il y a plein d'armes administratives pour le faire

19:04
Gérald Darmanin

il y a des sanctions plus fortes je ne sais pas des comparutions immédiates exactement

19:08
Présentateur

ça relève de la justice effectivement mais on peut imaginer d'être plus rapide on peut aussi imaginer qu'on soit plus efficace dans les arrêtés administratifs pour chacun des personnes et non pas par groupe et puis on peut aussi avec la ligue de football réfléchir à des sanctions pour les clubs la ligue qui n'a pas de pouvoir de police ni de justice c'est pour ça on réfléchit avec elle moi M.

Labrun il fait un travail très important on l'a déjà reçu au ministère de l'intérieur il est le premier désolé de ce qui se passe et pour tous les amoureux de football on en est désolé vous comprendrez que je ne suis pas ministre des sports et que je laisserai aux soins des ministres des sports de faire ces propositions qu'on suivra bien évidemment

19:40
Gérald Darmanin

je voudrais terminer avec le krach à Paris les toxicomanes finalement ont été déplacés de Paris en Seine-Saint-Denis non c'est pas vrai ah bon c'est pas vrai ? non allez-y pourquoi ? est-ce que ce n'est pas vrai ?

19:52
Présentateur

aujourd'hui il y a des gens quelques centaines qui consomment du krach il faut savoir que le krach c'est la drogue la pire qui soit toutes les drogues sont terribles et puisque c'est un an de vie quand vous la consommez et 100% de dépendance à la première dose donc il faut bien comprendre que ce n'est pas une réponse policière qui va résoudre le problème c'est une réponse sanitaire et une réponse sociale ils étaient dans un jardin Madame Hidalgo a fermé ce jardin ils se sont déplacés rue Riquet et autour de la rue Riquet il y a eu une dizaine d'agressions du fait de ces toxicomanes nous demandons à la ville de Paris depuis plusieurs semaines des lieux qu'elle accepte d'ailleurs pour les accueillir socialement sanitairement avec des psychiatres bref des gens malades ce ne sont pas des gens qui méritent simplement des sanctions ce sont des gens malades cela traîne un peu parce que j'imagine que pour la maire de Paris c'est compliqué de trouver des lieux à Paris c'est une ville très dense donc je ne jette la pierre à personne mais cependant j'ai entendu les riverains vous les avez vu beaucoup de reportages pour dire que c'est inacceptable j'ai pris mes responsabilités nous avons pris ces toxicomanes on les a mis dans un square à Paris qui appartient à la ville de Paris d'ailleurs qui s'appelle le square de la Villette il est en bordure du périphérique c'est temporaire il y a des policiers aujourd'hui 24h sur 24 qui les surveillent et qui les protègent nous avons érigé un mur qui permet d'éviter de passer en Seine-Saint-Denis nous disons que ça ne doit durer que quelques heures ou quelques jours même si à Aubervilliers un campement a été installé non il n'y a pas eu de campement de craqueux près d'un établissement scolaire de 850 enfants on y va ensemble quand vous le souhaitez j'y suis allé sans caméra ni trompette moi j'entends la maire d'Aubervilliers qui est fâchée c'est faux ou c'est vrai ?

non mais moi d'abord je veux dire que je soutiens ces îles locaux à Pantin, à Aubervilliers qui voient arriver pas très loin de chez eux pas très loin de chez eux mais pas chez eux des toxicomanes je le comprends et j'entends leur colère et j'accepte toutes les moi je suis en responsabilité je prends les coups je n'ai aucun problème avec ça je dis juste monsieur Bourdin que nous mettons les moyens policiers mais que ce n'est pas une réponse policière et donc demain matin il y a une réunion très importante qui va se tenir avec le préfet d'Ile-de-France le préfet de police et la mairie de Paris la mairie de Paris doit proposer des lieux je sais que le ministre de la Santé Olivier Véran va mettre beaucoup de moyens avec l'ARS pour accompagner ces lieux ça ne peut durer encore que quelques jours cette situation mais j'ai pris mes responsabilités pour protéger les riverains on ne peut pas à la fois me dire que fait la police et puis quand la police intervient dire mais vous les avez déplacés bah oui parce que ce sont des gens malades et les gens malades ce n'est pas la police qui les protège c'est les médecins et donc maintenant il faut que la mairie de Paris et le corps médical prennent ces personnes et les accompagnent le mieux possible dans leur addictologie

22:12
Gérald Darmanin

Merci Gérald Darmanin d'être venu nous voir ce matin RMC BFM TV 8h56 Merci Gérald Darmanin