Bruno Le Maire : "le pass sanitaire n'a ralenti ni la consommation, ni la croissance"
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Et pour ce premier grand entretien de la saison, nous recevons Léa Salamé et moi, le ministre de l'économie, des finances et de la relance. Intervenez, amis auditeurs, vos questions au 01 45 24 7000 sur les réseaux sociaux et sur l'application mobile de France Inter. Bonjour Bruno Le Maire. Bonjour Nicolas Demorand. Bonjour. Bonjour Léa Salamé. Merci, merci d'être au micro d'Inter ce matin. Il paraît que vous êtes le ministre des bonnes nouvelles. En cette rentrée, la croissance va atteindre 6%, le chômage est en baisse, il est à 8%, c'est son niveau d'avant crise. La semaine dernière, vous indiquiez que la consommation des Français était également très dynamique.
Alors dites-nous Bruno Le Maire, sur l'échelle du bonheur et de l'optimisme, êtes-vous au maximum ce matin ou y a-t-il des points sombres qui vous inquiètent ?
Pas au maximum, mais dans la bonne voie. Je pense que tout le travail que nous avons fait avec les acteurs économiques, avec les salariés, les entreprises, avec les décisions du gouvernement, donne des résultats. 6% de croissance attendu pour 2021. Le retour à la normale pour la croissance, je l'espère, d'ici la fin de l'année 2021, au début de 2022. Et surtout, c'est pour moi le point le plus important, un niveau de chômage qui est revenu au niveau d'avant crise, même un petit peu mieux, avec un taux de chômage aux alentours de 8%. Donc tout ça, c'est effectivement des bonnes nouvelles. Nous sommes dans la bonne direction.
Raison de plus pour continuer à agir, continuer à relancer l'économie, investir pour préparer les nouvelles générations à l'économie de demain. Il n'est pas question de relâcher notre action, mais nous sommes dans la bonne direction.
Raison de plus pour réformer, vous nous le direz dans un instant. Mais d'abord, juste un petit indicateur. Le moral des patrons, quand on le regarde, on s'aperçoit que cet indicateur est en baisse depuis deux mois consécutifs. Est-ce qu'on n'a pas atteint l'acmé de la reprise en juin-juillet ? Et est-ce que ce matin, on n'est pas en train de se réjouir de quelque chose qu'on regarde dans le rétroviseur ? Vous pensez que ça va continuer cette reprise ?
Non, je ne crois pas du tout. Je pense que ça va continuer. Quand je regarde la consommation, elle est à nouveau bien orientée. Nous avons eu hier soir les derniers chiffres de consommation et de cartes bleues. sur la semaine du 16 au 22 août, nous avons plus 12% en moyenne de consommation par carte bleue. Donc c'est la preuve que la consommation reste dynamique, y compris d'ailleurs dans des secteurs qui sont soumis au pass sanitaire. C'est plus 8% pour les restaurants.
Donc il n'y a pas eu d'effet du pass sanitaire qui aurait ralenti la consommation dans certaines zones, dans les restaurants ?
Il y a eu des effets temporaires que je reconnais bien volontiers, notamment fin juillet dans les secteurs qui étaient concernés. Il y a eu un impact très fort sur les cinémas, par exemple, sur les parcs à thèmes, sur les eaux. Et puis ça s'est rétabli plus ou moins rapidement sur les secteurs, très rapidement pour les grands parcs à thèmes par exemple, plus lentement pour le cinéma. Mais même pour le cinéma, dans cette semaine du 16 au 22 août, nous avons plus 1% de dépenses par carte bleue. Donc c'est la preuve que ça revient aussi à la normale. Je reviens juste une seconde sur le moral des patrons.
Je pense qu'il y a une chose qui affecte aujourd'hui le moral des patrons, c'est les difficultés de recrutement. Quand vous regardez dans la restauration, un restaurant sur deux en France a un problème de recrutement. Donc on a aujourd'hui un problème qui n'est pas du tout conjoncturel, qui est à mon sens un vrai problème structurel.
Comment est-ce qu'on rend ces métiers dans la restauration, dans l'hôtellerie, dans le secteur médico-social, qui est un secteur difficile, comment est-ce qu'on rend ces métiers plus attractifs pour que les jeunes aient envie d'aller y travailler, qu'ils acceptent des horaires, qui sont souvent des horaires contraignants, et donc que ces secteurs d'activité puissent trouver des emplois dont ils ont besoin. Pour moi, ça explique en partie le fait que le moral des entrepreneurs a accusé un peu le coup cet été.
Toujours autour du pass sanitaire, un peu moins de 2 millions de salariés devront en présenter un aujourd'hui, à partir d'aujourd'hui pour pouvoir travailler. Faut-il aller plus loin ? Bruno Le Maire, de plus en plus d'entreprises américaines, par exemple, pratiquent l'obligation vaccinale. Le patronat italien se pose aussi la question. Alors, est-ce le moment d'y aller en France ? Allez-vous imposer un pass sanitaire à tous les salariés ? Est-ce que vous y réfléchissez ?
Ce n'est pas à moi d'en juger. C'est le ministre du Travail, le ministre de la Santé. Ce que je veux confirmer, c'est que nous ferons preuve de souplesse et de tolérance dans cette première semaine d'application. D'abord parce que l'immense majorité des Français, aujourd'hui, s'est fait vacciner, se prêtent parfaitement aux règles du pass sanitaire, que tout ça constitue une protection. On le voit bien, les chiffres sont extraordinairement clairs. Après un temps d'adaptation, le pass sanitaire n'a pas ralenti ni la consommation, ni la croissance, ni l'investissement en France.
Donc c'était la meilleure protection, comme le président de la République et le gouvernement n'ont cessé de le répéter depuis plusieurs semaines. Est-ce qu'il faut aller plus loin ? L'obligation vaccinale, tout ça, ça n'est pas de bon ressort.
Si, quand même. Quel est votre avis en tant que ministre de l'économie ? Est-ce que vous pensez qu'imposer un pass sanitaire dans les entreprises, ça créera des problèmes dont les entreprises se viennent défavorables ?
Non, je pense que tout ce que nous faisons pour la sécurité sanitaire de nos compatriotes est bon aussi pour notre économie. C'est bon d'abord pour la santé. C'est le principe, évidemment, le plus important. Ça nous protège, ça protège nos proches, nos familles. Mais en plus, ça crée une confiance collective qui est bonne pour l'économie et pour l'emploi.
Le nombre de manifestants était en baisse ce week-end, mais les manifestations anti-pass ont duré tout l'été. Il y avait du monde. Sur ce point, et plus généralement sur l'ambiance en cette rentrée, est-ce que vous craignez quelque chose au niveau de la mobilisation sociale ? Est-ce que vous vous inquiétez d'une température sociale qui commence à se réchauffer ?
Je pense qu'il faut que nous restions très attentifs et surtout que nous en tenions à notre ligne de conduite qui est convaincre, expliquer, sans relâche. Je vois que certains s'amusent à monter les uns contre les autres, à tomber dans l'invective, dans les querelles.
Parfois, ça vient du gouvernement également. Je veux dire, quand on entend les dernières déclarations des uns et des autres, parfois dans la bouche de certains ministres, on a l'impression que ceux qui manifestent sont des veaux marins.
Je suis persuadé que ce qu'attendent les Français de la part de leurs responsables politiques, et en particulier des membres du gouvernement, c'est de l'action et de la sérénité. De l'action parce qu'il reste beaucoup à faire. Et de la sérénité parce que cette crise sanitaire a eu un impact très profond sur les familles, sur notre vie quotidienne, sur nos relations humaines, il y a un impact sur beaucoup d'adolescents qui souffrent de troubles psychiatriques. J'en ai vu cet été dans les familles, c'est des épreuves qui sont très difficiles pour beaucoup de familles.
Donc quand on a la responsabilité entre les mains de l'avenir du pays, ce qui est la responsabilité de l'exécutif, on doit faire preuve de beaucoup de sérénité, de calme, et prendre le temps d'expliquer et de convaincre.
Alors, ça a été le mantra de votre rentrée, Bruno Le Maire, vous l'avez dit et redit, le quoi qu'il en coûte, c'est fini. Mais qu'est-ce que cela veut dire exactement pour les secteurs encore en crise, l'événementiel, le cinéma, on en a dit un mot à l'instant, certains pans de l'hôtellerie, de la restauration, qu'advient-il pour eux ?
Ces secteurs, je tiens à le rappeler, à tous ceux qui nous écoutent, depuis mars 2020, c'est-à-dire depuis plus de 16 mois, je les reçois quasiment toutes les semaines ou tous les mois. Je fais le point avec eux sur la situation, les difficultés qu'ils rencontrent, et à chaque fois nous apportons des réponses. Le fonds de solidarité, il y a eu 40 versions différentes du fonds de solidarité, on l'a fait évoluer sans cesse pour répondre aux attentes de l'hôtellerie, de la restauration, des bars, des salles de sport, des salles de spectacle, pour qu'à chaque fois on ait la meilleure réponse.
Mais là, ce sera quoi la réponse ? Ce matin, la filière café, je donne un chiffre qui vient de tomber, la filière café, hôtel, restaurant, enregistre une baisse de chiffre d'affaires de moins 60% depuis le début de l'année 2021.
Nous confronterons les chiffres. Moi, je redis que, s'agissant des dépenses par carte bleue, elles ont augmenté dans la restauration de 8% entre la semaine du 16 et du 22 août. Mais j'ai parfaitement conscience que derrière ce chiffre global de 8%, vous avez par exemple sur la côte atlantique, qui a très bien marché cet été, des restaurants qui ont fait du plus 15, plus 20, plus 30%. Et si vous allez dans Paris, vous avez des restaurants, des hôtels qui, privés de touristes chinois ou de touristes américains, ont fait du moins 10, moins 15 ou moins 20%. Donc c'est bien cela dont il faut tenir compte.
Passer d'un dispositif général et forfaitaire, le fonds de solidarité, à un dispositif sur mesure pour chaque entreprise, pour aider réellement chaque entreprise en difficulté.
Donc Bercy va décider au cas par cas que tel hôtel à Paris, dans le 5e arrondissement, recevra ça, alors que cet hôtel-là, dans le sud de la France, ne recevra pas ? Vous allez faire comment ?
Celui qui est en difficulté continuera à être aidé, et celui qui n'est plus en difficulté ne pourra plus bénéficier d'un dispositif général. C'est ça le principe que je proposerai. D'ailleurs, quand je regarde là aussi les chiffres, pour revenir à des situations objectives, le fonds de solidarité. Il y a eu 500 000 dossiers instruits en mai dernier. Nous sommes passés en juillet à 50 000. 10 fois moins, qu'est-ce que ça veut dire ? Il y a moins besoin d'un dispositif général de protection, mais en revanche, il n'y aura pas de coup près, parce que ce serait injuste, et nous garderons des dispositifs de soutien au cas par cas.
Pour un hôtel qui n'a pas eu les touristes qu'il devait avoir normalement, pour un secteur événementiel qui ne peut pas se projeter, pour un cinéma qui pourrait avoir une difficulté particulière dans un territoire particulier. C'est beaucoup plus difficile à faire, c'est plus exigeant, mais je pense que c'est plus juste, et ça permet de tenir compte du fait qu'aujourd'hui, la croissance est de retour, et l'économie française tourne à 99% de ses capacités.
Maintenant qu'il est fini, Bruno Le Maire, combien aura coûté le quoi qu'il en coûte ? On lit des chiffrages très différents, les échos avant ce matin, le chiffre de 230 milliards d'aides pour les entreprises, juste les aides pour les entreprises, ça tourne autour de ça, quelle est la facture établie par Bercy ?
Je pense qu'en la matière, il faut être très précis, parce que c'est l'argent du contribuable. Le fonds de solidarité, c'est des subventions, c'est de l'ordre de 35 milliards d'euros. Même si, je le redis, il a beaucoup ralenti ces dernières semaines, parce que la croissance redémarre, et l'activité redémarre. L'activité partielle, c'est autour de 35 milliards d'euros aussi. C'est ce qui nous a évité un chômage de masse. Donc c'est un bon investissement, cette dépense publique. Et les exonérations de charges, qui ont permis de sauver des entreprises et d'éviter des faillites, c'est 10 milliards d'euros.
Donc sur les subventions, c'est-à-dire vraiment l'argent que nous donnons aux entreprises ou aux salariés pour protéger le pouvoir d'achat, c'est 80 milliards d'euros. A ça s'ajoutent des prêts, mais c'est des prêts, ça n'a rien à voir économiquement avec des subventions de l'ordre de 160 milliards d'euros, les prêts garantis par l'État, plus d'autres formes de prêts. 80 milliards d'euros de subventions, 160 milliards d'euros de prêts, c'est aujourd'hui la facture du quoi qu'il en coûte. Cette facture, c'est ce qui nous a permis de sauver nos emplois, de sauver nos entreprises et de sauver l'économie française.
Bruno Le Maire, avant d'aller au standard, vous vous réjouissez, on se réjouit avec vous, de la reprise, de la croissance qui est là, mais ce qu'on voit, c'est qu'elle a quand même profité, cette reprise, aux plus riches. Les entreprises du CAC 40 ont vu leur profit bondir de 60 milliards d'euros cette année, plus 41% si on compare au premier semestre de 2019, c'est-à-dire avant la crise. Autrement dit, les entreprises du CAC 40 sont beaucoup plus riches aujourd'hui, après deux ans de crise, qu'il y a deux ans. Est-ce que c'est normal ? Est-ce que c'est sain ? Est-ce qu'on se réjouit de cela ce matin ?
Moi, je me réjouis toujours lorsque les entreprises françaises se portent bien. On dit le CAC 40, comme ça, ça effraye tout le monde. Enfin, c'est des entreprises comme Total, c'est des entreprises comme Louis Vuitton, c'est des entreprises qui travaillent dans l'énergie, dans le luxe, dans les transports, c'est Airbus. Tout ça, c'est des centaines de milliers d'emplois derrière. Donc, quand des entreprises françaises se portent bien, le ministre de l'économie se réjouit parce qu'il sait que c'est des emplois, c'est des embauches derrière, c'est des postes d'apprentis qui vont s'ouvrir pour les jeunes françaises et les jeunes françaises.
Mais est-ce qu'il n'y a pas une fracture entre les plus riches, puisque c'est le CAC 40, qui ont profité de cette crise, et des petites et moyennes entreprises qui, elles, souffrent beaucoup plus ?
Ça, c'est tout le défi, toutes les aides que nous apportons, notamment les prêts garantis par l'État, ils ont bénéficié d'abord aux PME, et pas aux très grandes entreprises. Et ensuite, ce à quoi nous devons veiller, et ce à quoi je veille personnellement, c'est qu'effectivement, quand on prend le secteur de l'aéronautique, j'aurai l'occasion de rencontrer la filière dans quelques jours, il y a une vraie solidarité de filière qui se met en place. Que les grands donneurs d'ordre, que ce soit Airbus, Thales, Dassault, se sentent responsables de la situation des sous-traitants qui sont derrière.
Et je trouve que cette prise de conscience, en tout cas dans le secteur aéronautique, c'est très clair, elle a lieu. Si à la faveur de cette crise, on pouvait passer d'une situation typique de la France, où les entreprises s'opposent les unes entre les autres, où les donneurs d'ordre traitent de manière trop brutale les sous-traitants, à une situation où il y a une vraie solidarité de filière, du plus petit sous-traitant jusqu'au grand donneur d'ordre, ce que je vois en train d'apparaître dans l'aéronautique, je crois que cette crise, de ce point de vue-là, nous aura permis de prendre conscience de cette nécessité de la solidarité.
L'économiste Patrick Arthus, hier dans le JDD, affirme que les plans d'aide aux ménages ont profité aux 25% des ménages les plus aisés. Il dit qu'ils ont utilisé le surplus d'argent reçu de l'État pour faire des placements financiers, faire des achats immobiliers, ce qui a eu pour effet pervers de faire monter les prix de l'immobilier de 7%. Reconnaissez-vous, Bruno Le Maire, cet effet pervers et ce qu'Arthus appelle un gâchis d'argent public ?
Moi, je trouve vraiment qu'on a la mémoire courte. Il y a un an, on nous disait qu'il va y avoir des millions de chômeurs, il va y avoir des dizaines de milliers de faillites. Et puis un an après, les donneurs de leçons arrivent en vous disant « Ah, ils ont donné trop d'argent ici, trop d'argent là. » Oui, nous avons protégé le pouvoir d'achat des Français. Je pense que c'était une bonne décision. Oui, nous avons peut-être fait bénéficier à une entreprise ici, une entreprise là, des aides auxquelles n'auraient pas eu droit. Très bien.
Mais si j'avais fait quelque chose de trop compliqué, quelque chose de trop ciblé, quelque chose de trop conditionnel, on serait encore en train d'essayer de voir où on va mettre l'argent public et on aurait derrière nous des millions de chômeurs et des dizaines de milliers de faillites.
Certes, mais ça ne vous exonère pas de regarder s'il y a eu un effet pervers, s'il y a eu une hausse de l'immobilier due au fait que les aides ont bénéficié aux ménages des plus riches qui ont acheté, qui ont eu suffisamment d'argent pour acheter. Je suis tout à fait d'accord avec cela. Voilà, c'est un effet pervers si l'immobilier gagne 7%, non ?
Pardonnez-moi, je trouve l'explication un peu courte. On peut peut-être aller un peu plus loin, regarder si effectivement la politique monétaire de la BCE n'a pas un impact parce que c'est une politique très accommodante sur les prix de l'immobilier. Toute décision économique a aussi son revers. Lorsqu'on a de l'argent qui est déversé à flot pour soutenir l'économie, ce qu'a fait la Banque Centrale Européenne, ça sauve nos économies, ça a aussi un effet inflationniste sur les prix de l'immobilier.
On file au standard, on en disait un mot tout à l'heure des restaurateurs et de la restauration, Hamid, bonjour. Oui, bonjour, monsieur. Restaurateur vous-même,
on vous écoute.
Oui, moi, je fais de la petite restauration et je voulais juste porter à la connaissance de monsieur le ministre, il est déjà au courant, j'imagine, que nous n'avons pas vécu la crise de la même manière, les petits restaurateurs et la grande restauration, si vous voulez, les brasseries parce que moi, je n'ai pas de terrasse, donc je n'ai pas bénéficié de l'embellie, du déconfinement et donc je voyais passer les clients d'une part et d'autre part, j'ai une clientèle tertiaire qui a changé ses habitudes de travail et qui fait du 3 jours, 4 jours de télétravail et donc j'ai perdu vraiment beaucoup de ma clientèle et je n'ai pas bénéficié de l'embellie d'une part et je voulais juste ajouter que la réalité, en fait, on va la savoir à partir de la rentrée, c'est-à-dire à partir de septembre et d'une certaine manière, c'est là où on a besoin encore de l'aide de l'État.
Merci, monsieur.
Merci à vous, Hamid. Bruno Le Maire va vous répondre tout de suite.
Je veux vraiment vous rassurer. Je le redis, il n'y aura pas de coup près. Et je trouve que l'exemple que vous donnez, Hamid, il est très éclairant. Entre une grande barasserie qui a pu doubler ou tripler la surface de sa terrasse. C'est le cas dans les stations balnéaires, c'est le cas dans les grandes villes à Lyon, à Nantes, à Paris, à Lille et le restaurant qui se trouve, par exemple, un petit restaurant qui se trouve au pied d'une tour à la Défense et qui n'a pas de terrasse dans lequel il y a beaucoup de télétravail donc il a perdu beaucoup de clientèle. La situation est radicalement différente.
Donc je considère qu'il faut des dispositifs sur mesure qui permettent, Hamid, de calculer vos charges fixes, les salaires que vous devez dépenser, l'approvisionnement, le loyer de votre restaurant, les recettes que vous avez et vous permettent de continuer en compensant ces pertes. Donc c'est ce que nous allons travailler ce matin avec le secteur de l'hôtellerie, des cafés, de la restauration pour passer d'un dispositif général et forfaitaire à un dispositif sous-mesure. Mais Hamid, je n'ai jamais laissé tomber personne depuis 14 mois. Vous voyez, on me fait même le reproche d'avoir déversé trop d'argent public sur les entreprises.
Je n'ai jamais laissé tomber personne et je ne compte pas changer de ligne économique.
Une question de... Ah, il n'est pas encore en ligne avec nous. Vous êtes certain ? Rémi, voilà. C'est ce que je me disais. Et bien, et bel et bien là. Bonjour et bienvenue. On vous écoute.
Voilà. Moi, je travaille dans le domaine des rubans adhésifs. Aujourd'hui, il n'y a plus une seule usine de rubans adhésifs en France. Elles sont toutes parties en Pologne. Les deux dernières de 3M qui faisaient le post-it vont partir. on avait 7 employés et on n'en a plus que 3. Et tout ça, parce que les Polonais ont un salaire de 500 euros et moi, comment voulez-vous que je veux ? Un employé gagne chez moi. On arrive avec les charges à peu près à 3 000 euros. C'est impossible, impossible. Il y a beaucoup de trucs comme ça. Par exemple, l'usine de Virpoul, Amir est partie à cause de ça. Vous trouvez donc
que Bruno Le Maire est trop optimiste ? Ah oui,
complètement. Alors là, il est complètement à côté de la plaque.
Ah bah carrément. Merci pour cette question, Rémi. Bruno Le Maire
va vous répondre. Bon, Rémi, on va essayer de ne pas être trop à côté de la plaque. D'abord, s'agissant des rubans adhésifs, je pense que vous vous trompez. Il y a, alors ce n'est pas des rubans adhésifs même, mais j'ai visité il n'y a pas très longtemps une usine près de Dijon qui continue à faire des adhésifs industriels de très grande qualité. Donc moi, je crois, contrairement à vous, que l'industrie française, y compris dans les secteurs de l'adhésif, y compris par exemple dans le secteur du petit électroménager, dans les secteurs qu'on dit sinistrés, elle a une capacité de rebond exceptionnelle.
Il suffit de prendre les décisions que nous n'avons cessé de prendre depuis plusieurs mois avec le gouvernement, alléger les charges, baisser les impôts des entreprises industrielles comme la baisse des impôts de production, former les salariés à des nouvelles technologies, investir et innover. Je prends juste ces trois secteurs. L'adhésif, il reste des entreprises qui travaillent dans ce secteur-là avec des technologies de pointe. Le petit électroménager, regardez le succès de Seb, qui est devenu un leader mondial parce qu'il a su à chaque fois se moderniser et inventer de nouveaux processus.
Et dans le secteur du textile, je vois partout en France des PME qui innovent, qui inventent, qui font du textile technique très fort. Donc je ne partage pas votre pessimisme, Rémi. Moi, je pense que la France a des atouts exceptionnels en matière industrielle et qu'elle peut les jouer.
Bruno Le Maire, une des grandes questions économiques de la rentrée, ça va être les salaires. Vous le savez déjà, ça commence à monter. Les entreprises, on le sait, vous l'avez rappelé ce matin, ont été beaucoup aidées par l'État pendant la crise. Est-ce qu'elles vont répercuter ça sur les salaires de leurs salariés ? Vous vous dites, on vous a entendu, vous demandez au MEDEF d'augmenter les salaires, vous leur demandez. Ce à quoi, Geoffroy Roux de Bézieux vous répond, vous êtes bien gentil, mais le sait pas au gouvernement de fixer les salaires puisqu'on est encore en économie de marché.
Yves Verrier, de Force Ouvrière, vous demande d'une augmentation du SMIC qui entraînera par définition la hausse des petits salaires. Vous lui répondez quoi ?
D'abord, oui, je continue à penser que pour les personnes les moins qualifiées, les personnes qui ont des contrats très courts, les personnes qui ont les niveaux de revenus les plus faibles, la question salariale, je le dis depuis près de deux ans maintenant, est une question majeure et que de manière plus globale, la répartition, la rémunération entre le capital et le travail est une vraie question politique qui doit être traitée. Ensuite, il n'y a pas de solution facile. J'aime bien quand on me dit que ce n'est pas au gouvernement de fixer les salaires. Très bien.
Enfin, on est quand même bien content quand le gouvernement baisse les charges de 10% au niveau du SMIC comme l'a fait le président de la République au début du quinquennat. On est bien content quand le gouvernement augmente la prime d'activité de 90 euros au niveau du SMIC par mois. On est bien content quand le gouvernement met en place une prime défiscalisée. On est bien content quand le gouvernement supprime la taxe sur l'intéressement. Taxe de 20% pour développer l'intéressement ou quand il développe l'exempleur des salariés. Ça c'est votre réponse
à Geoffroy Roux de Bézieux. Vous lui dites que vous êtes bien content quand l'État agit.
C'est une façon de dire que l'État a permis d'augmenter en moyenne de 170 euros grâce à ces aides que je viens d'indiquer le montant du SMIC de ce que touche un salarié au niveau du SMIC une fois qu'on a dit ça
et une fois que vous lui dites qu'il faut augmenter les salaires s'il n'y a pas d'incitation. Pourquoi il va se sentir obligé d'augmenter les salaires ? Je dis simplement
que l'effort doit être équitablement réparti. Que l'État aujourd'hui dépense beaucoup d'argent et c'est de l'argent bien employé pour que les personnes qui ont les niveaux de qualification les plus faibles puissent vivre dignement de leur travail. Et ça doit être ça notre objectif. Et que maintenant les entreprises je reprends l'exemple de la restauration de l'hôtellerie doivent se poser secteur par secteur pas de manière globale. Il y a des secteurs où ça n'aurait pas de sens d'augmenter les salaires tout simplement parce qu'il y a de l'embauche et que les niveaux de rémunération sont élevés.
Mais il y a d'autres secteurs s'ils veulent retrouver leur attractivité ils doivent se poser la question on doit tous se poser la question ensemble comment est-ce qu'on peut faire pour augmenter le niveau moyen de rémunération ? L'effort doit être
équitablement réparti. Valérie Pécresse qui fait sa rentrée politique veut augmenter les salaires nets de 10% grâce dit-elle à une baisse des cotisations sociales sur les dépenses la lutte contre les fraudes et des redéploiements de recettes fiscales que répondez-vous à cette proposition ? C'est une idée absurde.
Pourquoi ? C'est une idée absurde d'abord parce que l'Etat a déjà beaucoup fait pour baisser les cotisations. Et donc j'estime que maintenant c'est aussi aux entreprises de prendre leur part de cette charge de l'augmentation des salaires secteur par secteur pour regarder comment est-ce que chacun fait sa part du chemin et que les salaires des plus modestes puissent effectivement augmenter.
C'est une idée absurde c'est aussi une idée contradictoire parce qu'on ne peut pas nous dire d'un côté mais écoutez il faut baisser la dépense publique rétablir les finances publiques de la nation au plus vite ce que dit la candidate et puis de l'autre côté nous expliquer qu'il faut dépenser 25 milliards d'euros de plus on ne peut pas se prétendre un tiers Thatcher et puis de l'autre côté augmenter de 25 milliards d'euros à dépense publique enfin c'est une idée que je pense dangereuse deux tiers Merkel un tiers Thatcher
deux tiers Merkel
c'est une idée que je pense dangereuse parce que si on est deux tiers Merkel dans ce cas là on fait attention à protéger le modèle social français et la baisse sans fin des cotisations sociales moi je vais vous dire sincèrement je pense qu'elle est dangereuse parce qu'il faut bien arriver à financer l'hôpital il faut bien arriver à financer les services publics les crèches les écoles et si vous supprimez toutes les cotisations sociales et bien vous ne financerez plus le modèle social français
elle a une autre idée sur les retraites sur les retraites Valérie Pécresse dit qu'aux français qui ont travaillé toute leur vie il faut garantir au moins un SMIC par mois si elle est élue pas de retraite en dessous du SMIC donc pas en dessous de 1230 euros net ça c'est aussi une idée absurde
mais nous nous avons garanti le niveau des autres mais toutes ces idées méritent d'être débattues et sur les retraites nous avons nous aussi avec le président de la République garantit un montant minimum de retraite sauf que la réforme
n'est pas passée
ce qui me frappe beaucoup dans tous ces débats que je vois dans mon ancienne famille politique d'abord c'est les contradictions totales on ne peut pas à la fois vouloir rétablir les finances publiques et engager 25 milliards d'euros de dépenses supplémentaires sans avoir de financement qui soit crédible et c'est surtout cette obsession à vouloir reconstruire la droite moi je vais vous dire Léa Salamé notre sujet avec Emmanuel Macron c'est pas de reconstruire un parti politique c'est de reconstruire la France ce que nous faisons et je pense avec des résultats économiques concrets la droite est obsédée par l'idée de reconstruire la droite nous devrions
tous être obsédés
par l'idée de reconstruire la France nous avons commencé à le faire avec Emmanuel Macron nous avons pris des décisions nous avons eu des résultats et c'est bien ça qui m'amène à dire que la meilleure solution pour le pays aujourd'hui serait que Emmanuel Macron puisse exercer les fonctions de chef de l'Etat non pas sur 5 ans mais sur 10 ans
Bruno Le Maire au micro de France Inter merci merci à vous d'avoir été là ce matin il est 8h47
Bruno Le Maire