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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 14 juin 2026 18 min

Accord entre l'Iran et les États-Unis, sommet du G7... L'analyse de l'économiste Patrice Geoffron et de Jérôme Viala-Gaudefroy, spécialiste des présidents américains

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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Jérôme Villagot-Froid et merci d'être avec nous sur France Info. Vous êtes donc docteur en civilisation américaine, spécialiste des présidents et auteur du livre Les mots de Trump aux éditions d'Allos. Je salue également Patrice Geoffron, vous êtes donc économiste et spécialiste de l'énergie puisque vous dirigez le centre de géopolitique de l'énergie rattaché à l'université Paris-Dauphine parce qu'il y a évidemment des conséquences économiques dans les sujets que l'on va évoquer. On va parler des 80 ans de Donald Trump bien sûr, on va parler également du G7 qui commence demain à Evian.

Mais d'abord pour commencer, la possibilité d'un accord, ça y est, entre Etats-Unis et Iran après trois mois et demi de guerre. Je commence avec vous Jérôme Villagot-Froid, ça y est, on peut imaginer qu'il y a une entente entre Américains et Iraniens d'une part sur le détroit d'Hormuz, d'autre part peut-être sur des négociations sur le nucléaire ?

0:56
Invité

Alors, il faut rester très très prudent parce qu'un des schémas de Donald Trump, c'est que la réalité, enfin le narratif prime sur le réel. Donc pour l'instant, on a des récits, il est très difficile de savoir quel est le réel. Finalement, on a d'abord un exemple des deux côtés. On sait qu'il y a quelque chose, c'est compliqué dans les détails, d'autant que pour Donald Trump, l'objectif c'est de vendre quelque chose qui est mieux que l'accord qui avait été négocié par Barack Obama, puisque c'est toujours à cet accord qu'il se réfère. Donc il va falloir qu'il montre qu'il a gagné et notamment, il aimerait arriver au G7 demain et avoir le jour de son anniversaire.

Cet accord signé, symboliquement pour lui, c'est très important. J'ai cru comprendre que les Iraniens n'avaient pas forcément envie de lui donner ce cadeau.

1:48
Invité politique

Patrice Geoffron, parmi les points d'achoppement dans cet accord, on sait qu'il y a la question stratégique du détroit d'Hormuz. Les Iraniens veulent maintenir une forme de taxe, avec les Etats-Unis ne veulent pas en entendre parler. Est-ce qu'on peut imaginer une sorte de fiscalité plus ou moins légère au bénéfice de l'Iran ou c'est absolument hors de question ?

2:06
Invité

En tout cas, il y a clairement une attente du côté iranien qui chiffre les dégâts chez eux au bas mot à 300 milliards. Et donc, si j'ai bien compris, il y a une exigence, en tout cas à court terme, qui est de libérer des fonds qui avaient été bloqués, qui ne représentent qu'une toute petite partie, à savoir environ 25 milliards. Et puis par ailleurs, l'autre difficulté, quels que soient finalement les termes de l'accord, c'est qu'en fait, les Iraniens ont fait la démonstration de leur capacité à exercer une pression sur le détroit d'Hormuz. C'était dans l'air depuis des décennies, ça ne s'était jamais manifesté de façon aussi spectaculaire.

Et on a vu que les moyens nécessaires à mettre en œuvre pour bloquer le détroit d'Hormuz sont ridicules. Quelques petits bateaux, des drones. Quelques petits bateaux, des mines. Et puis, assez rapidement, tout s'arrête parce que, notamment les assureurs à Londres, refusent d'assurer l'écart maison.

2:55
Invité politique

Mais si l'accord était signé, on pourrait imaginer une réouverture immédiate dans les prochains jours ?

2:59
Invité

Ce qui va être mis en œuvre, c'est une réouverture prudente et progressive, notamment parce qu'il va falloir déterminer assez clairement s'il reste ou non des mines, ce que personne ne peut dire de manière totalement affirmative à l'heure actuelle. Et puis, par ailleurs, d'après ce qu'on peut en savoir, de l'ordre de 80 à peut-être une centaine de frappes très significatives, ont porté sur des infrastructures de transformation, d'extraction, de transformation de pétrole, de gaz naturel liquéfié, sur des usines de désalinisation d'eau, ce qui est un problème un peu lointain d'où nous parlons, mais qui, localement, évidemment, a une incidence, sur des data centers.

Donc, grosso modo, une fois que la poussière de la guerre sera retombée, évidemment, il y aura une phase de reconstruction. Mais, encore une fois, il y aura de toute évidence avant, après, par rapport à votre question. Moi, dans l'état actuel des choses, je me garderais bien de dire qu'il n'y aura aucun prélèvement du côté iranien comme terme de la paix.

3:57
Présentateur

Jean-Pierre La Côte-Franc, on ne peut quand même pas imaginer que Donald Trump obtienne sur le détroit d'Hormuz une solution moins bonne que celle qui prévalait avant la guerre.

4:06
Invité

Si, c'est tout à fait possible. Il pourrait... En fait, l'idée, encore une fois, c'est pour lui de transformer dans le récit. Il est quand même très, très loin du réel. Et de transformer ça en quelque chose de gagnant, là où il domine. On est dans une guerre asymétrique et c'est quelque chose que les États-Unis ont déjà subi plusieurs fois dans leur histoire. Trump n'a pas du tout mesuré ça et là, il se retrouve face au mur de la réalité. Mais face au mur de la réalité, il essaye de transformer ça en récits victorieux. Et on va avoir d'ailleurs des récits des deux côtés. On risque d'avoir un récit victorieux des deux côtés.

4:46
Présentateur

C'est déjà un peu le cas côté urbain. Exactement. Patrice Geoffron, sur la question, vous parliez de la difficile réouverture du détroit d'Hormuz, que ce n'est pas gagné quand même. Est-ce que, si on est le plus concret possible ce matin, je voyais le baril de pétrole ces derniers jours, il était à 86 dollars. Est-ce que ça veut dire que là, demain, lundi, et dans les prochains jours, si Accor il y a, ce prix va baisser ? Et est-ce que, pour les Français, et d'ailleurs le reste du monde, le prix de l'essence va aussi baisser dans les prochains temps ? Ou est-ce que ça va mettre là aussi du temps ?

5:14
Invité

Alors, les marchés, grosso modo, ont déjà assez largement anticipé ce qui pourrait se concrétiser dans les jours prochains avec cet accord. On est quand même redescendu de 105 à 85 à peu près. Donc, l'anticipation, elle est d'ores et déjà présente. Il ne faut pas espérer que ça descende sensiblement en dessous de ce niveau et en dessous de 80, parce que, de fait, et à nouveau, des infrastructures ont été endommagées, parce qu'il va planer durablement une prime de risque sur la zone.

Et puis, parce qu'à nouveau, selon les termes de l'accord, il est possible qu'il y ait un prélèvement d'une manière ou d'une autre ou qu'il y ait, en tout cas dans les termes de l'accord, un avantage économique qui soit concédé à l'Iran. Et puis, le tout dernier élément, c'est que, de toute façon, quoi qu'il en soit, beaucoup d'efforts vont être mis en œuvre de telle manière à contourner le Détroit. Et ça, ça coûte cher ? Et ça coûte de fait plus cher.

6:10
Présentateur

Les Émirats, l'Arabie Saoudite travaillent déjà là-dessus, c'est ça ?

6:13
Invité

Oui, alors, ce sont des investissements qui vont prendre du temps à se réaliser, mais en tout cas, il n'est pas question, évidemment, du côté des pays qui sont enserrés dans le Détroit, de rester dépendants à ce point. vous évoquiez le réel, et parmi le réel, il y a la géographie. Et la géographie, elle ne va pas être bouleversée du jour au lendemain, c'est-à-dire que, voilà, la capacité à interrompre du jour au lendemain les flux du côté iranien va planer très durablement sur cette zone.

6:38
Invité politique

Jérôme, via la Gautre, vous évoquiez la nécessité, l'impératif pour Donald Trump de décrocher cet accord. On parlait des prix du gaz, des prix du pétrole. S'il baisse grâce à la confiance des marchés, on peut imaginer que ça desserre un peu la pression de l'opinion publique sur Donald Trump ?

6:54
Invité

Oui, alors, ça va être très compliqué quand même, parce que là, l'inflation est quand même assez élevée. Et déjà, il y avait 4,2 sur le mois de mai. Oui, c'est ça, donc c'est quand même très important. Et il y avait déjà une logique inflationniste avant, à cause notamment des problèmes des tarifs douaniers, etc. Donc, ça va mettre beaucoup de temps, et il n'est pas du tout sûr qu'il y ait un impact suffisamment rapide pour changer les choses au niveau des résultats, des midterms qui vont avoir lieu en novembre.

7:27
Invité politique

On en reparlera de ces élections américaines cruciales.

7:30
Présentateur

Juste un mot peut-être sur le nucléaire, parce que ça va être, semble-t-il, la deuxième partie de l'accord. Alors, première partie qui va porter d'abord sur la réouverture des droits d'Hormuz et ensuite, négociation sur le nucléaire. La promesse de Donald Trump, c'est de faire mieux qu'en 2015.

7:46
Invité

Vous le disiez. C'est non seulement de faire mieux, mais c'était le motif principal. Et d'ailleurs, c'est ce pourquoi il est critiqué là de faire un accord par une partie des Républicains, comme Ted Cruz, par exemple, au Sénat. Donc, effectivement, il a intérêt à avoir, à un moment donné, un accord sur le nucléaire, parce que c'est le cœur même de la motivation et du fait qu'il soit suivi par une partie de son électorat, encore aujourd'hui quand même.

8:13
Invité politique

Patrice Joufron, c'est dans ce contexte que s'ouvre le G7, avec cette question, évidemment, du détrois d'Hormuz, qui sera au cœur, on imagine, des discussions. Qu'est-ce qu'on peut en attendre de ce sommet ?

8:23
Invité

On peut en attendre peut-être un tout petit peu plus d'intérêt du côté de Trump, qui avait négligé le précédent au Canada, de mémoire. Là, de fait, la caractéristique des pays qui sont présents, c'est un intérêt commun à ce que le pétrole, et secondairement le gaz, recirculent dans cette zone.

8:42
Invité politique

Ça sera la question principale des trois prochains jours de négociations ?

8:46
Invité

De fait, ça va planer, évidemment, sur ces discussions. Alors, selon qu'un accord aura été signé ou non, évidemment, les conditions dans lesquelles Trump pourra arriver et son récit risquent d'être un peu différents. Mais de fait, oui, cette question, elle va être absolument clé.

9:03
Présentateur

Et justement, Jérôme Villagote-Froid, Donald Trump, dont l'anniversaire a fait que la date du G7 a été modifiée, un petit peu décalée, qui se retrouve invité à Versailles par Emmanuel Macron. Bon, on a l'impression que l'idée est quand même de s'éloigner de Donald Trump, mais pas trop quand même. Mais là, tous les regards sont tournés vers lui.

9:21
Invité

Oui, bien sûr. Dans ce genre d'événement, il aime bien montrer qu'il domine. Il adore ce qui est bilatéral, mais beaucoup moins ce qui est multilatéral. D'ailleurs, il y a des réunions avec des pays et les États-Unis en bilatéral. Et il n'est pas très heureux du fait que les Européens ne l'ont pas soutenu quand il a demandé à être soutenu, notamment par rapport à la guerre avec l'Iran. Mais effectivement, il y a des intérêts aussi. Donc, il va falloir voir s'il arrive à mettre ses intérêts pour la suite de façon plus importante par rapport à ce qu'il peut ressentir lui.

10:01
Invité politique

On est déjà certain qu'il va rester trois jours parce que la dernière fois, vous évoquiez Canada, il est parti avant la fin.

10:06
Invité

Il est parti avant la fin. Alors, oui, et c'est pour ça qu'il est invité d'ailleurs à Versailles. Pour le retenir, en quelque sorte. C'est ça, c'est une manière de le flatter. Il adore ce genre d'événements dans des endroits qu'ils mettent en avant et surtout Versailles.

10:22
Présentateur

Ce que dit la presse ce matin, quand on regarde les articles, la tonalité, c'est qu'on a l'impression que tout le monde s'attend un petit peu à ce qu'il y ait un coup d'éclat à un moment donné de Donald Trump pendant ce G7. C'est vraiment incontournable. Il y a forcément un moment où il va vouloir renverser la table.

10:35
Invité

C'est possible. On a une personnalisation de la politique très importante aux Etats-Unis. Tout va dépendre d'un homme, en fait, malheureusement. Et il est capable, si ça se passe mal, de s'énerver. Effectivement, ça s'est déjà produit. Et effectivement, notamment au Canada, où il est parti avant la fin parce qu'il ne voulait pas signer aucun accord. Et donc, c'est un peu le gros problème. Et c'est ce qu'on attend. Et en plus, il fait de la politique spectacle. Donc, c'est sa stratégie. Donc, il veut avoir l'attention qui soit vraiment focalisée sur lui.

11:07
Présentateur

Et nous sommes toujours avec ce double regard.

11:16
Invité politique

Jérôme Viala-Gaudefroy, docteur en civilisation américaine et Patrice Joffron, économiste pour parler de l'actualité internationale à la veille de l'ouverture du G7. Patrice Joffron, la question des droits de douane de Donald Trump risque-t-elle de revenir sur la table ? Un accord a finalement été trouvé avec l'Europe dans la douleur. On s'en souvient. Est-ce que la guerre commerciale pourrait revenir s'installer au milieu de ces discussions ?

11:40
Invité

Oui. De fait, ce qui se passe depuis quelques mois maintenant dans l'étroit d'Hormuz a dominé et a occupé l'ensemble du terrain. Mais il faut qu'on se souvienne que la grande question qui avait été ouverte et qui avait fracturé à partir de 2025, que c'était tout de même cette question des droits de douane qui, du côté américain, est absolument clé parce que les déficits structurels ont une toute petite partie en compensation qui a la capacité à lever ce type de taxes.

Et on voit bien que, du côté américain, il y a la volonté de ne pas en démordre, en dépit des décisions, y compris de la Cour suprême, qui ont conduit à établir assez clairement que les conditions dans lesquelles ces droits de douane avaient été mis sur pied, si je puis dire, n'étaient pas légales. Et donc, il y a la volonté de rechercher une solution plus ou moins pérenne du côté américain. Alors, évidemment, ça contribue au bazar parce qu'il est très difficile, et y compris pour nous, Européens, de nous projeter dans un avenir plus ou moins stable. La seule conviction qu'on peut avoir à l'heure actuelle, c'est que, de toute façon, on ne reviendra pas en arrière.

On ne reviendra pas à une situation dans laquelle les droits de douane étaient très marginaux, de l'ordre de 2-3%. Il y avait relativement peu d'influence sur les échanges de biens de part et d'autre de l'Atlantique. Donc, de toute façon, il y aura un après. Cet après, au minimum, il sera aux alentours de 10%, voire plus. Mais il y aura également une petite incertitude et donc une prime de risque qui va continuer à prévaloir au-dessus parce qu'évidemment, et ça a été dit suffisamment depuis le début de nos échanges, on est face à un partenaire qui est incertain et qui peut renverser la table ou avoir la tentation du jour au lendemain.

13:22
Présentateur

Alors, on le disait, Jérôme Villagot-de-Froid, début du G7 décalé pour cause d'anniversaire de Donald Trump, effectivement. Donald Trump, on en parle depuis ce matin sur France Info, qui met en place un grand barnum dans les jardins de la Maison Blanche, un gala de MMA, les arts martiaux mixtes. A-t-on déjà vu, et je parle, je m'adresse aux spécialistes des présidents américains, a-t-on déjà vu un président américain faire de son anniversaire un événement politique ?

13:46
Invité

Alors, jamais à ce point-là, il n'y a jamais eu d'événement sportif organisé sur la pelouse de la Maison Blanche. Très belle pelouse, d'ailleurs, d'habitude très bien tenue. Tout à fait, d'ailleurs, c'est une vraie controverse parce que beaucoup de gens n'apprécient pas ce côté visuel aussi. Et en fait, ce qu'on voit, ce qui est très intéressant, c'est que ce n'est pas Trump qui va là à un événement sportif, c'est l'événement sportif qui vient à lui, qui vient à la Maison Blanche. Et pourquoi ? Pas n'importe quel événement sportif, mais quelque chose qui est lié au combat et qui est lié à la force physique la plus rude, en fait.

Et c'est aussi une manière pour lui de récupérer ses valeurs du MMA, c'est-à-dire quelque chose qui soit assez violent et qui soit dans la soumission d'adversaires. Et c'est vraiment un message qu'il envoie aussi. C'est voilà comment, moi, j'envisage les relations. Et d'ailleurs, les relations politiques sont, pour Donald Trump, basées sur ce rapport de force.

14:46
Invité politique

Jérôme Bialagot-Defroy, cette démonstration de force, elle arrive à un moment où Donald Trump a des points de faiblesse. Le New York Times racontait hier très bien comment Donald Trump dévise pour la première fois dans sa base électorale les cols bleu en bleu, blanc en blanc, populaires, qui ont toujours normalement continué à soutenir Donald Trump, surtout sur l'économie. Et cette fois, c'est l'économie qui lui reproche, notamment l'inflation. En quoi c'est un risque pour Donald Trump ?

15:10
Invité

C'est un risque parce qu'il décroche déjà depuis un moment. Et c'est quelque chose qui compte sur la continuité depuis plusieurs mois. On voit notamment dans l'électorat hispanique, qui a quand même beaucoup voté aussi Donald Trump, donc il y a eu une tentative de redécoupage électoral. Mais ce redécoupage électoral est basé sur les résultats de 2024. Donc il va falloir, ça risque d'avoir vraiment un impact, non seulement aux élections du Congrès, même aux élections locales.

15:35
Présentateur

Que dit vraiment, Patrice Joffron, l'état de l'économie américaine ? C'est vrai qu'il y a cette inflation, on parlait de ces 4,2%. Il y a un certain nombre d'autres sujets, certains parlent de la surchauffe financière, certains parlent de la dette aussi. Est-ce que finalement, l'homme qui promettait de rendre l'Amérique de nouveau abordable, n'est-il pas passé à côté ?

15:56
Invité

Il y a deux types de signaux très contradictoires. Le premier, c'est sur les prix, ça a été dit. On a une inflation qui est au-delà de 4%. Et puis très symboliquement, l'engagement qui avait été pris, c'était avec notamment le drill, baby drill et la domination énergétique. Creuse, creuse bébé, creuse, c'est pour faire des forages. D'effondrer les prix énergétiques, de les diviser par deux. Et puis il cherchait à se différencier, ce faisant de Biden, qu'il accusait d'avoir été le pire président depuis le paléolithique, et notamment parce que le prix des œufs avait monté.

Et de fait, ce qu'on observe aux Etats-Unis, et y compris en 2025, c'est que le prix du gaz, le prix de l'électricité a monté, mais au moment où nous parlons, le prix à la pompe a monté très fortement. Donc de ce point de vue, évidemment, c'est très très visible, parce que, y compris sa base électorale, est fondée à lui demander, mais nous sommes dominants, où est la promesse, et les prix devaient baisser, et tout a monté. Mais économie solide quand même. Alors, mais économie solide quand même, et la bourse qui a monté, et qui a vocation probablement à monter encore pour quelque temps, et tout ça a une incidence très très forte.

C'est un point qui est extrêmement sensible dans le système américain, parce que ça détermine les pensions de retraite ou les perspectives sur les pensions de retraite.

17:04
Invité politique

Jérôme Villalagot, quand Donald Trump répond à ses critiques en disant, moi j'aime l'inflation, ou alors je ne me préoccupe pas de la situation économique des Américains, c'est de la provoque, ou c'est de la désinvolture ?

17:14
Invité

Oui, il faut écouter ce qu'il dit après, parce qu'il dit aussi, dès qu'on va avoir signé la paix, ça va descendre, et vous allez avoir la meilleure situation dont on peut rêver. Donc ce n'est pas important, c'est que temporaire. Alors, juste pour un petit point sur la bourse aussi, c'est qu'elle est aussi, l'augmentation est beaucoup due au tech, à l'intelligence artificielle, et ce n'est pas quelque chose qui est toujours ressenti, effectivement, par le citoyen.

17:42
Présentateur

Même si, effectivement, les Américains, même les citoyens américains, sont très liés eux-mêmes au marché financier, comme l'a expliqué Patrice Joffron. Merci à vous, d'ailleurs, Patrice, économiste. Vous dirigez le Centre Géopolitique de l'Énergie, rattaché à l'Université Paris-Dauphine. Merci, Jérôme Villalagot-Frois, docteur en civilisation américaine et spécialiste des présidents, auteur des mots de Trump, séché d'alloz. Merci aussi, Camille Vigone-le-Quatre. Restez avec nous sur France Info.

18:06
Invité

Merci, Jérôme Villalagot-Frois,