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interviewyoutube.com· 6 novembre 2025 22 min

Budget, primaire à droite, transports... L'interview en intégralité de Valérie Pécresse

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonsoir Valérie Pécresse. Bonsoir. Bienvenue sur ce plateau. On va parler de la boussole des Républicains. Vous nous direz si elle indique un peu le sud. En ce moment, on va parler du budget avec ces dizaines de milliards d'euros qui ont été votés par les députés lors de l'examen du budget. D'abord, ces images de l'Assemblée nationale que vous avez sans doute vues. Des images qui datent d'hier, qui provoquent la polémique des élèves de CM2 et des lycéennes portant un voile sont venus assister au débat hier dans les tribunes de l'Assemblée. Elles avaient été invitées par un député dans le cadre d'une sortie scolaire.

indignation du Rassemblement national et de la présidente de l'Assemblée, Yaël Braun-Pivet, qui dit que c'est inacceptable. Ces images, est-ce qu'elles vous ont choqué vous aussi ?

0:37
Valérie Pécresse

Je crois que la règle est très très claire. Dans une sortie scolaire, on n'est pas voilé. Parce que c'est le service public, c'est la loi de 2004 sur l'école et on ne porte pas de voile dans une sortie scolaire. Donc il y a visiblement une infraction aux règles de la République et aux règles votées par le Parlement.

0:53
Présentateur

Je dois préciser qu'il s'agit d'un établissement privé musulman qui n'est donc pas dans le champ de l'application de la loi de 2004. C'est l'explication qui a été donnée par Marc Fénaud, le député moderne, qui les a invités. Donc on est plutôt dans une histoire de règlement de l'Assemblée que de loi, sauf si vous nous dites ce soir que vous souhaitez qu'on change la loi et qu'on l'étende par exemple à l'Assemblée.

1:13
Valérie Pécresse

Il y a la loi de 2004 sur le voile qui s'applique évidemment à tous les établissements publics. Et puis il y a le règlement de l'Assemblée nationale qui dit que quand on est à l'Assemblée nationale, on doit être tête nue. Tête nue, ça veut dire sans couvre-chef, quel que soit le couvre-chef. C'est la règle de l'Assemblée nationale. Je crois que c'est aussi la règle du Sénat. Alors après, moi, si vous voulez, tout dans la République ne peut pas être permis. On doit se respecter les règles qu'on a soi-même mises en place, soi-même votées. Donc je pense que ces règles doivent s'appliquer à tout le monde, sans discrimination.

Moi, je crois fondamentalement à la liberté religieuse, mais je ne crois pas qu'on peut imposer ces désitérata religieux face à une règle commune.

1:52
Présentateur

Donc pour vous, la solution, c'était de leur demander d'ôter ce voile avant de rentrer à l'Assemblée nationale. Ce n'est pas de refaire une nouvelle loi sur le voile ?

1:59
Valérie Pécresse

La solution, c'est que tout le monde respecte les lois communes. J'ai le même problème, vous savez, dans les îles de loisirs de la région Île-de-France, où on avait des demandes de se baigner habillés. De se baigner soit totalement habillés, soit en burkini. On a dit, mais écoutez, c'est des maillots de bain de piscine. Pourquoi ? Parce que si on avait commencé à avoir des troubles à l'ordre public sur ces îles de loisirs, pourquoi ? Parce que celles qui se baignaient en burkini se heurtaient à ceux qui ne voulaient pas voir des femmes avec des tenues à connotation religieuse et qui disaient, mais nous, on va enlever le haut ou nous, on va se baigner tout nu.

Parce qu'après tout, si tout est permis et qu'il n'y a plus de règles, on peut faire ce qu'on veut. Moi, je ne suis pas dans un pays où on peut faire ce qu'on veut. Je suis dans un pays où on vote des lois, où on se met des règles. Donc nous, la règle, elle est de tout temps. C'est maillot de bain de piscine. Donc maillot de bain de piscine, deux pièces, une pièce, pas de short, pas habillé, pas en burkini. Et ce n'est pas à nous de nous adapter pour des motifs religieux. Vous voyez, c'est à chacun de respecter les règles communes.

3:01
Présentateur

Il est régulièrement question, la dernière fois le sujet a été soulevé par Gabriel Attal pour Renaissance, d'interdire le voile aux jeunes filles, aux jeunes femmes de moins de 15 ans. Est-ce que ça vous semble un débat qu'il faut ouvrir ? Ou vous dites que la loi actuelle suffit, c'est-à-dire celle qui interdit le voile à l'école et uniquement à l'école ?

3:18
Valérie Pécresse

Je crois qu'aujourd'hui, on ne fait pas la police.

3:20
Présentateur

Je parle de l'espace public, évidemment.

3:21
Valérie Pécresse

Mais on ne fait pas la police du vêtement dans l'espace public aujourd'hui. Mais néanmoins, je comprends aussi qu'on se dise que c'est des fillettes, des fillettes toutes petites, parce qu'on voit ça dans les rues, des fillettes toutes petites qui, très très jeunes, sont voilées par leur famille. On se demande si elles auront les conditions de leur émancipation.

3:39
Présentateur

Ce sont des images qui ne vous plaisent pas de voir une fillette de 8, 9 ou 10 ans dans la rue avec un voile, mais que vous ne souhaitez pas interdire.

3:46
Valérie Pécresse

L'espace public, c'est l'espace public. Moi, ce que je souhaite qu'on régule, c'est les services offerts au public. C'est des lieux où la neutralité du service public doit s'exercer. Et je crois que dans ces espaces publics, dans ces services publics, dans ces espaces publics, nous, nous avons une valeur dans la République française, c'est l'émancipation des jeunes filles. Cette émancipation des jeunes filles, elle passe par leur choix, leur libre choix. Et je ne crois pas qu'on puisse exercer son libre choix quand on a 7 ou 8 ans.

4:11
Présentateur

Donc une fillette de 7 ans voilée, par exemple, ne devrait pas pouvoir entrer dans une mairie ?

4:15
Valérie Pécresse

Non, ce n'est pas ce que j'ai dit. Il ne devrait pas pouvoir aller à l'école, c'est la loi de 1904, de 2004, doit respecter les règles de la vie en société telles que nous les avons instaurées.

4:27
Présentateur

On était dans les tribunes de l'Assemblée, on va aller dans l'hémicycle maintenant, si vous voulez bien, pour parler de ce qui se passe lors de l'examen du budget et du budget de la sécurité sociale. Valérie Pécresse hier, le Parti socialiste a fait voter un amendement qui augmente la CSG sur les revenus du capital. Amendement voté avec le soutien des macronistes, il doit rapporter 2,8 milliards d'euros. Ça concernerait les assurances-vie, les dividendes, l'épargne salariale, les plans d'épargne logement, les ventes d'actions également. Est-ce que pour vous, c'est de la justice fiscale ?

4:53
Valérie Pécresse

Mais de toutes les façons, on n'y comprend plus rien, pardon. Moi, je ne sais pas, vous, vous arrivez encore à suivre parce que vous êtes sur une chaîne d'info, donc vous regardez les informations tous les jours. Mais nous, on ne comprend plus rien. On ne comprend plus rien à ce qui se passe. On avait un budget de rafistolage. C'était le budget du gouvernement Lecornu qui s'efforçait de trouver des efforts, des économies, des compromis. Et puis là, maintenant, ça passe au Parlement, à l'Assemblée, et le budget de rafistolage devient le budget du carnage fiscal. Bon, le budget du carnage, c'est non. 40 milliards de nouveaux impôts.

On a l'impression que chaque jour est un jour de frénésie fiscale, de créativité, d'hyper-créativité fiscale.

5:34
Présentateur

La faute à qui pour vous, le carnage fiscal ?

5:37
Valérie Pécresse

Est-ce que les parlementaires se rendent compte qu'on paye trop d'impôts en France et que si les Français n'arrivent pas à vivre de leur salaire, aujourd'hui, la classe moyenne française n'arrive pas à vivre décemment de son salaire, c'est parce qu'elle paye trop d'impôts.

5:50
Présentateur

Qui, pour vous, porte la responsabilité de cette surenchère fiscale à l'Assemblée ?

5:53
Valérie Pécresse

C'est très clair. On a un parti socialiste et un rassemblement national qui ont créé un nouveau parti en France. C'est le rassemblement fiscal. Le rassemblement fiscal, c'est le PS plus le RN, et ça vote n'importe quoi. Là, j'ai écouté M. Bardella, j'ai appris, je pense que M. Bardella, j'ai découvert que M. Bardella était un peu marxiste, parce que j'ai appris que placer son argent en action, c'était un productif. Alors, le président de la République, Emmanuel Macron, nous avait dit exactement l'inverse il y a dix ans. Souvenez-vous, il faudrait quand même qu'on place un petit peu plus notre argent en action, c'est risqué, mais au moins, ça finance l'économie.

6:30
Présentateur

C'est-à-dire, vous dites comme Gérald Darmanin, il est devenu communiste, M. Bardella, il vote avec la gauche, c'est ça ?

6:34
Valérie Pécresse

Écoutez, je ne sais pas ce qu'a dit M. Darmanin, mais moi, je vous dis, l'argent placé en action, c'est un argent qui est productif, puisqu'il est risqué, on le risque, pour financer l'économie. Donc, on entend tout et n'importe quoi. Moi, je n'arrive plus du tout à suivre. Et si vous voulez, le sentiment que donnent les parlementaires aujourd'hui, mais je reviendrai quand même sur les Républicains, parce que... On va en parler dans un instant. Le sentiment que donnent certains parlementaires aujourd'hui, le RN et le Parti Socialiste, mais même le socle commun, parce qu'on ne comprend plus où ils sont, ce sentiment, c'est qu'en réalité, pour eux, les impôts, ce n'est pas un problème.

Mais si, c'est un problème. Et sous prétexte de justice fiscale, on fait l'avalanche fiscale. Ça n'est absolument pas possible. Je voudrais quand même dire quelque chose. Je voudrais quand même dire quelque chose sur les Républicains. Attendez, on va y venir dans un instant. Non, non, non, c'est important. Qu'est-ce que font les Républicains aujourd'hui à l'Assemblée ? Eh bien, c'est les seuls. C'est les seuls aujourd'hui. La droite républicaine qui se bat pied à pied contre toute cette folie fiscale, qui refuse ces taxes.

7:39
Présentateur

À quelques exceptions près, Valérie Pécresse, c'est un amendement des Républicains qui a permis de prolonger la contribution exceptionnelle qui devait s'arrêter et qui finalement pourrait aller jusqu'au moment où on sera revenu sous les 3% de déficit. On a eu cet échange avec Laurent Boquet. la contribution sur les hauts revenus qui devait durer une année, puis deux, et puis qui finalement va durer jusqu'en 2021. Ça s'appelle un impôt.

7:59
Valérie Pécresse

Oui, ça s'approuve quand même que les Républicains, s'agissant de justice fiscale, ils essayent de trouver l'impôt le moins douloureux. Mais franchement, quand j'entends dire que l'héritage, c'est quelque chose qui tombe du ciel, mais enfin, l'héritage... Le patrimoine en France, il a été taxé, surtaxé, retaxé. Il est taxé tous les ans. En plus, il y a la taxe foncière. Je voudrais comprendre pourquoi un Français qui a travaillé toute sa vie ne pourrait rien léguer à ses enfants. Je pense que cette créativité fiscale aujourd'hui, elle révulse tout le monde, elle insécurise tout le monde. Et ça donne le sentiment qu'on veut finalement détruire ce qui marche encore.

Et qu'est-ce qui marche encore en France ? Les entreprises. Qu'est-ce qui marche encore ? L'épargne des Français qui permet de financer notre dette. Qu'est-ce qui marche encore ? Les collectivités locales. Alors, elle, il faut vraiment les étrangler. Il faut les étrangler tout de suite.

8:53
Présentateur

Sébastien Lecornu vous demande, pas à vous, président de la région de France, à toutes les collectivités locales, 5 milliards d'économies l'an prochain. Au vu des budgets des collectivités, c'est raisonnable. 5 milliards, vous allez participer à l'effort ou pas ?

9:04
Valérie Pécresse

Alors, d'abord, participer à l'effort, c'est ce qu'on fait tous les ans. Puisque depuis 10 ans, chaque année, nos budgets ne sont pas réévalués à l'inflation. Moi, depuis 10 ans que je suis présidente de région, j'ai baissé de 20% à périmètre constant mes dépenses de fonctionnement. Donc 5 milliards, ce n'est pas possible. Mais attendez, M. Fauvel. Si moi j'ai fait 20%, j'ai fermé 15 agences, l'État, quand ils ont fermé combien d'agences dans les dix dernières années, l'État ? Combien ? Zéro. Zéro. Voilà.

Donc si l'État avait fait 20% de baisse de ses dépenses de fonctionnement en dix ans, ce que j'ai fait moi, à coup d'économies, tous les ans des économies, tous les ans des restrictions, s'ils avaient fait ça, ils feraient 80 milliards d'économies. Voilà. Mais là, vous êtes... Et là, ils cherchent 10 milliards.

9:46
Présentateur

Vous êtes à l'os, ça veut dire que si la contribution, par exemple, de votre région, qui n'est pas la plus mal lotie de France, la région Île-de-France...

9:51
Valérie Pécresse

Mais bien sûr que si c'est la plus mal lotie, M. Fauvel. Nous touchons 100 euros de moins que la moyenne des autres régions. Je donne 1,2 milliard d'euros de mes recettes fiscales aux régions les plus pauvres.

10:00
Présentateur

De l'argent, Valérie Pérez, ça veut dire quoi ? Des lycées qui n'ouvriront pas ? Ce sera quoi la conséquence ?

10:04
Valérie Pécresse

L'année dernière, j'étais obligée de stopper 750 millions de projets à cause de l'argent que le gouvernement m'a confisqué à la source. Parce que nous, on a des recettes fiscales. Donc ce n'est pas des dotations de l'État. L'État nous a confisqué. La région Île-de-France a fait 10% de l'effort de toutes les collectivités. Sous prétexte qu'on est une région riche, c'est une erreur. La région Île-de-France est certes une région riche, mais elle donne 1,2 milliard d'euros aux autres régions plus pauvres. Nous touchons 100 euros de moins que les autres régions. 100 euros de moins par habitant. Donc on doit faire mieux avec moins d'argent. Et qu'est-ce qu'on a en Île-de-France ?

On a la région la plus jeune de France, donc beaucoup de lycées. On a des universités, des étudiants, et c'est notre compétence. On a aussi, et c'est un énorme problème, un taux de pauvreté qui est le deuxième après celui des Hauts-de-France. Deuxième taux de pauvreté de France, c'est dans l'Île-de-France. Et nous accueillons un étranger sur deux qui arrive en France, arrive en Île-de-France. Donc ça veut dire que l'intégration, l'insertion professionnelle, l'éducation, si nous ne le faisons pas, demain nous aurons un chaudron en Île-de-France. Et ceux qui connaissent bien les banlieues d'Île-de-France savent très bien de quoi je veux parler.

Donc on arrête, on a des urgences sociales, on a des charges de centralité. Je n'ai plus l'argent aujourd'hui pour tenir les engagements que j'ai faits vis-à-vis des franciliens. Parce que toute ma trajectoire financière, elle a été cassée depuis l'année dernière par ce gouvernement. Donc oui, je crie, si on me couperait vivre, je couperais les investissements. Mais vous comprenez bien que derrière ces investissements, il y a beaucoup de choses. Vous voyez, tout à l'heure vous parliez du Louvre. Je vous ai entendu parler du Louvre. Qu'est-ce qui a manqué au Louvre ? Plein de choses. Des investissements. Parce qu'on n'a pas l'argent de faire des investissements.

11:50
Présentateur

Mais la Cour des comptes dit bien, il y avait l'argent, il n'a pas été utilisé en priorité pour la sécurité.

11:53
Valérie Pécresse

Aujourd'hui, en Île-de-France, il n'y a plus l'argent. Et donc il y a des investissements qu'on ne pourra pas faire.

11:58
Présentateur

Je voudrais qu'on parle de votre parti, Valérie Pécresse. Est-ce que vous trouvez qu'aujourd'hui, la ligne politique des Républicains vis-à-vis du RN est claire ?

12:06
Valérie Pécresse

Eh bien, écoutez, d'abord je vais vous répondre sur la ligne économique des Républicains.

12:09
Présentateur

Vous nous avez dit sur la ligne économique, nous, notre ligne, ce n'est pas d'impôt supplémentaire.

12:15
Valérie Pécresse

Notre ligne économique, c'est une ligne pro-entreprise, c'est une ligne anti-impôt. Et aujourd'hui, on est les seuls à défendre la réforme des retraites, qui est la seule qui peut sauver le régime de retraite. Non mais je le dis parce que, quelquefois, on dit, c'est quoi la différence entre la droite et l'extrême droite ?

12:31
Présentateur

Mais vous l'avez expliqué tout à l'heure en disant, nous, on ne vote pas les impôts en plus, on n'est pas le RN, on n'est pas l'EPS. Sur le Rassemblement national, la ligne de Bruno Rotaillot, est-ce qu'elle est suffisamment claire ? Quand, par exemple, récemment, lors d'une élection législative partielle entre une candidate socialiste et un candidat d'Éric Ciotti allié à Marine Le Pen, il dit « je ne veux pas une voix pour la gauche », est-ce que c'est votre ligne, ça ?

12:53
Valérie Pécresse

Ma ligne, elle est très claire, elle n'a jamais varié, jamais changé. Moi, je suis contre les extrêmes, je suis contre la LFI et je suis contre le RN. Mais comme je suis contre la LFI et le RN, je suis aussi contre tous ceux qui s'allient avec eux. Parce que quand on fait le NFP, on s'allie avec la LFI, donc on accepte que la LFI rentre dans...

13:10
Présentateur

Donc, entre socialiste et Éric Ciotti, vous votez socialiste.

13:11
Valérie Pécresse

Et donc, ceux qui s'allient avec le RN ne font plus partie de la droite républicaine. Et je le dis aussi très solennellement, le jour où la droite républicaine s'alliera avec le RN, elle disparaîtra.

13:21
Présentateur

Donc, entre un socialiste d'un côté et un candidat d'Éric Ciotti ou de Marine Le Pen, vous votez socialiste. Vous ne mettez pas l'EPS dans la même...

13:28
Valérie Pécresse

Sauf si le PS s'allie avec la LFI, parce que s'il s'allie avec la LFI, ce qu'il a fait dans toutes les élections récentes, et notamment aux élections législatives de 2024, dès lors que le Parti Socialiste s'allie avec la LFI, pour moi, il accepte de mettre le pied à l'étrier aux extrêmes et à ceux qui veulent détruire la France.

13:46
Présentateur

Mais dans le cas présent, la question-là, et qu'il n'était pas allié à LFI, vous auriez voté socialiste ?

13:51
Valérie Pécresse

Dans ces cas-là, je n'en sais rien, je ne vais pas regarder la situation telle qu'elle était, mais en tout cas, je ne vote pas pour les extrêmes ni pour leurs alliés.

13:58
Présentateur

Vous aviez gagné, on s'en souvient, la primaire de la droite en 2022, ce qui ne vous a pas empêché d'être battu ensuite au premier tour avec... Ça vous fait sourire ? Pardon, c'est 4,8...

14:06
Valérie Pécresse

Non, ça ne me fait pas sourire, non, du tout, ça ne me fait pas sourire.

14:08
Présentateur

Je rappelle simplement, pour ceux qui ont oublié, avec 4,8% des voix...

14:12
Valérie Pécresse

Ça ne s'oublie pas, en tout cas, moi, je n'ai pas oublié.

14:13
Présentateur

Est-ce que ça veut dire que Bruno Retailleau, le patron des Républicains, a raison quand il dit que la primaire, ça ne sert à rien, il faut prendre le meilleur et puis c'est tout ?

14:20
Valérie Pécresse

Alors, moi, je tire quand même deux enseignements de cette campagne présidentielle. Et croyez-moi, j'allais dire, quand on ne perd pas, quand on ne gagne pas, on apprend. Et moi, j'ai beaucoup appris dans cette campagne présidentielle. Et j'ai appris notamment deux choses. C'est que, un, quand il y a une droite éparpillée façon puzzle, ce qui est le cas aujourd'hui, tous ceux qui défendent les valeurs de la droite sont éparpillés façon puzzle. Leurs électeurs, nos électeurs, on les retrouve un peu partout sur le spectre politique. Et les personnalités politiques qui portent les valeurs de la droite sont aussi un peu éparpillées.

Donc, quand on est éparpillé façon puzzle, à un moment, il faut se rassembler. Et la primaire, ce n'est pas le meilleur des moyens de se rassembler, mais à ma connaissance, c'est le seul. Quand il y a une bataille d'égo...

15:05
Présentateur

Donc, une grande primaire ouverte, pas juste chez les Républicains.

15:08
Valérie Pécresse

J'ai aussi deux autres choses très importantes à dire. Une primaire, elle doit être le plus ouverte possible. Il faut que ce soit les Français qui décident. Nous, en 2022, les Républicains avaient décidé de faire une primaire fermée aux militants. Je pense que ça m'aurait donné beaucoup plus d'élan qu'on demande à tous les Français de droite de nous choisir. Parce que s'ils avaient été en capacité de choisir, ils se seraient plus intéressés à cette primaire. Et ça nous aurait donné plus d'élan. Et ils auraient plus entendu le message que nous portions. Ça, c'est la première chose. Donc, il faut que ce soit très ouvert à tous les citoyens qui se reconnaissent dans les idées de la droite.

Et la deuxième chose, très importante, c'est qu'il faut que ça arrive très vite. Parce que moi, j'ai été désigné en décembre. L'élection était en avril. Vous n'avez pas le temps, entre décembre et avril, d'aller vous faire connaître dans tout le pays. Ça n'est pas vrai. La marche est trop haute. Donc, il faut que notre candidat, il soit désigné tout de suite après les municipales. Parce que Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, qui eux seront candidats, ou en tout cas Bardella et Mélenchon, qui eux seront candidats, eh bien, eux, ça fait dix ans, dix ans qu'ils sont candidats. Ils sont en campagne et donc ils ont une longueur d'avance sur nous.

Et ils ont tous les outils d'une campagne que nous n'avons pas. Les outils sur les réseaux sociaux, les outils militants, l'argent.

16:22
Présentateur

Dans cette primaire que vous voulez, très large, ouvert à tous les Français, qui peut concourir ? Laurent Wauquiez, par exemple, dit, si on veut gagner, notre seule chance, c'est d'élargir le spectre au maximum, avec, sur une aile, un Gérald Darmanin, par exemple, et on doit aller jusqu'à une Sarah Knafo, c'est-à-dire jusqu'à Éric Zemmour. Est-ce que vous incluez Sarah Knafo, Éric Zemmour, dans cette primaire ?

16:44
Valérie Pécresse

Moi, je crois que c'est simple. Le sujet, ce n'est pas une question de personne.

16:47
Présentateur

C'est les idées aussi.

16:48
Valérie Pécresse

Non, le sujet, c'est les convictions.

16:50
Présentateur

Vous avez eu tout le mal que vous pensiez du RN tout à l'heure. Est-ce que vous mettez Reconquête dans la même corbeille ?

16:54
Valérie Pécresse

Pardon, je vous dis, le sujet, c'est les convictions. Cette primaire très large, elle doit être ouverte à tous ceux qui, un, se reconnaissent dans les valeurs de la droite républicaine, donc se disent de droite, et deux, se considèrent de droite, et deux, et deux, tous ceux qui ne sont pas prêts à faire une alliance avec le RN. Ceux qui sont indépendants de l'extrême droite.

17:17
Présentateur

La question, elle n'est pas évidente. L'alliance entre Éric Zemmour et Marine Le Pen, qui se déteste, il n'y aura peut-être pas d'alliance. Donc peut-être qu'Éric Zemmour et Sarah Knafo peuvent faire partie de notre primaire.

17:24
Valérie Pécresse

Excusez-moi, moi j'ai entendu Éric Zemmour expliquer qu'il voulait absolument l'alliance de la droite et de l'extrême droite.

17:29
Présentateur

Oui, mais Marine Le Pen ne veut pas s'allier avec eux.

17:32
Valérie Pécresse

Oui, mais eux veulent. Le sujet, c'est ceux qui doivent se présenter à cette primaire, ils doivent être indépendants de l'extrême droite, ne pas avoir de porosité, et deuxièmement, défendre les valeurs de la droite. Donc c'est très large. Pour moi, ça irait jusqu'à Éric Zemmour et Sarah Knafo.

17:44
Présentateur

Édouard Philippe, il y a peu de doutes, à part que lui ne veut pas y aller. Mais est-ce que Éric Zemmour et Sarah Knafo, pour vous, répondent à ces deux critères ? Mais c'est à eux de le dire. Donc si eux décident qu'ils répondent à ces deux critères, ils peuvent participer ?

17:54
Valérie Pécresse

Si Éric Zemmour ou Sarah Knafo se mettaient à dire « Je ronds avec le Rassemblement national, je ne me reconnais pas dans cette extrême droite, ce n'est pas mes valeurs et ce n'est pas ce que je défends pour la France », ça changerait beaucoup de choses. Ce n'est pas du tout leur discours actuel. Et donc, à ce stade, ils ne se qualifient pas pour rentrer dans cette primaire. Non.

18:12
Présentateur

Il est d'extrême droite, Éric Zemmour ? Il veut l'alliance avec l'extrême droite. Il est d'extrême droite ?

18:16
Valérie Pécresse

Il veut l'alliance avec l'extrême droite. C'est lui qui le dit.

18:19
Présentateur

Et vous ne refermez pas entièrement la porte, Éric Zemmour ou Sarah Knafo ?

18:22
Valérie Pécresse

Écoutez, ils m'ont tapé comme jamais personne ne m'a tapé. Il ne m'a tapé parce que, fondamentalement, ils défendent cette alliance avec l'extrême droite. Je rappelle, M. Éric Zemmour, c'est 20h01, j'appelle à voter Marine Le Pen.

18:35
Présentateur

On peut changer. Parfois, on change en politique.

18:37
Valérie Pécresse

Ce n'est pas ma philosophie politique.

18:39
Présentateur

Il me reste une minute pour une question qui me semble importante, Valérie Pécret, si vous voulez bien. C'est celle des transports en commun et des femmes dans les transports en commun. Il y a une pétition qui a été lancée, qui a déjà recueilli plus de 30 000 signatures, qui demande d'expérimenter, sur une ligne des transports franciliens, des wagons réservés aux femmes et aux enfants, d'ailleurs, pour assurer leur sécurité. Est-ce que vous y êtes favorable ?

18:59
Valérie Pécresse

Moi, je ne me résigne pas parce que, dans notre pays, il y a un apartheid dans les transports en commun. Parce que c'est ça, en fait. Séparer les femmes des hommes, c'est décider d'un apartheid.

19:10
Présentateur

Même si c'est pour leur sécurité, personne n'obligera les femmes à aller dans ces wagons-là. On ne pense pas que ce sera... L'apartheid en était obligé. Là, on pourra voyager dans l'un ou dans l'autre.

19:18
Valérie Pécresse

C'est vrai, M. Fauvel, mais est-ce que vous croyez que l'agresseur de femmes, en heure creuse, quand il verra deux femmes dans le wagon ou une femme seule dans un wagon de femmes, ça l'empêchera de monter dans le wagon des femmes ?

19:28
Présentateur

On pourrait mettre les forces de l'ordre prioritairement dans ces wagons-là.

19:30
Valérie Pécresse

Mais on ne va pas mettre... Ou les mettre en tête de train près des conducteurs. On ne met pas des policiers dans chaque wagon. Donc ça ne marchera pas comme ça. En revanche, ce qu'il faut faire, c'est assurer la sécurité des femmes dans les transports. Et de ce point de vue, on est à la moitié du chemin. D'ailleurs, j'ajoute que cette histoire de wagons pour les femmes sera plus d'actualité d'ici dix ans parce que je suis en train de changer tous les trains d'Ile-de-France.

19:50
Présentateur

Il n'y aura plus de wagons ?

19:51
Valérie Pécresse

Tous, tous, tous, il n'y a plus de wagons.

19:52
Présentateur

Oui, mais ça n'empêchera pas les agressions.

19:54
Valérie Pécresse

Non, mais il n'y aura plus de wagons comme offrir un wagon. Oui, oui, d'accord. Mais ça, c'est dans dix ans. C'est déjà aujourd'hui. Il y a des dizaines et des dizaines de trains aujourd'hui en Ile-de-France qui sont des trains boa dans lesquels les femmes peuvent circuler librement et se réfugier au plus près de leurs congénères si jamais elles se sentent menacées. Donc on ne va faire que des trains boa, il n'y aura plus de wagons. Bon, ça, c'est une première chose. Mais ce n'est pas le sujet. Le sujet aujourd'hui, c'est qu'il y en a encore. Et le sujet, c'est qu'il faut encore améliorer la sécurité. On a deux enjeux. Le premier, c'est qu'il faut que les témoins témoignent.

20:24
Présentateur

Ça a été le cas récemment. Vous avez vu que c'est même une personne qui a témoigné. On a fait un numéro d'appel. Vous le rappelez, le numéro ?

20:29
Valérie Pécresse

31-17, SMS, 31-17-7. On peut très discrètement, par SMS, lancer un appel. Moi, je ne me résigne pas à ce que les témoins n'appellent pas la police. Et ça, malheureusement, c'est un drame. Première chose. Deuxième chose, mon ami, j'ai déployé 80 000 caméras partout sur le réseau de transport. Et contrairement à ce que disait M. Brossat tout à l'heure, la ville de Paris aussi pourrait en déployer.

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Présentateur

Vous êtes prête à passer à l'intelligence artificielle ?

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Valérie Pécresse

Il nous faut absolument de l'intelligence artificielle. L'intelligence artificielle, ce n'est pas de la reconnaissance faciale. L'intelligence artificielle, c'est que les caméras repèrent la situation et sonnent l'alarme. L'autre jour, à la gare de Melan, il y a eu un père et sa fille qui ont été tabassés pendant 10 minutes. Comme c'est une toute petite gare, c'était sous les caméras. S'il y avait eu de la vidéo algorithmique, on l'aurait vu. La jeune femme qui a été agressée dans le RERC, si la vidéo avait été algorithmique, immédiatement, les forces de secours auraient été alertées. Et le conducteur aurait même pu parler à l'agresseur pour lui dire qu'il était filmé.

Donc vous voyez, on a besoin. On l'a utilisé pour les Jeux. Ça a formidemment marché pour les Jeux Olympiques. Les parlementaires ont refusé de le faire et, tenez-vous bien, ils ont accepté de le faire uniquement pour les grands événements. C'est-à-dire qu'on protégera les femmes pour aller au concert de Beyoncé, mais on ne les protège pas le matin pour aller travailler.

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Présentateur

On a entendu ce que vous dites ce soir. Merci beaucoup Valérie Pécresse d'être venue sur le plateau de 60 minutes. Merci d'avoir regardé cette vidéo !

Budget, primaire à droite, transports... L'interview en intégralité de Valérie Pécresse — Valérie Pécresse · Pourquijevote