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interviewBFMTV· 2 novembre 2022 22 min

Loi immigration: l'interview de Gérald Darmanin sur BFMTV en intégralité

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Et nous sommes en liaison avec le ministre de l'Intérieur. Bonsoir Gérald Darmanin, merci beaucoup d'être avec nous en direct. Je le précise depuis le Sénat, c'est vous donc avec le ministre du Travail qui allez défendre ce projet de loi dont vous avez dévoilé les grandes lignes dans les colonnes de nos confrères du monde. Et parmi les mesures phares, il y a donc la création d'un titre de séjour pour tout étranger en situation irrégulière qui occupe un métier en tension. En clair, Gérald Darmanin, cela veut dire régulariser les étrangers sans papier qui occupent un poste dans un secteur où on manque de bras.

0:28
Gérald Darmanin

Cela veut dire que nous mettons fin à une hypocrisie. Je rappelle d'ailleurs que chaque année, nous régularisons 30 000 personnes, quels que soient les gouvernements, ce qu'on appelle la circulaire valse. 30 000 personnes qui sont sans papier mais qu'on ne peut pas expulser. Parce que ces personnes, depuis de nombreuses années, par exemple, travaillent dans les restaurants où les gens vont manger, conduisent des VTC que les gens prennent ou délivrent les repas avec les vélos que vous voyez dans la rue. Parce que nous avons une filière d'immigration illégale qui se construit par l'hypocrisie de notre droit. On peut travailler sans avoir des papiers en France.

Et ensuite, son employeur peut demander la régularisation. Et feuille de paix à la pluie, demander cette régularisation. Donc il faut mettre fin à cette hypocrisie. D'abord, en mettant fin à un certain nombre d'emplois par des patrons voyous. Il n'y a pas d'autre mot qui embauche les sans-papiers sans protection sociale. Et ce qu'a proposé Olivier Dussopt, c'est une formule extrêmement difficile à entendre, sans doute pour les patrons voyous, mais extrêmement claire. Nous fermerons l'entreprise s'ils embauchent les sans-papiers. Et puis d'autre part, il y a des étrangers qui sont venus régulièrement sur le territoire national et qui deviennent irréguliers. Ils sont devenus comme étudiants.

Et puis ensuite, ils cherchent un travail en France. Et leur titre de séjour est tombé en désuétude. Mais ils sont dans un secteur en tension. C'est le cas du BTP, vous le savez bien, ou de l'agriculture. Et nous devons mettre à jour la liste des métiers en tension. Le patronat lui-même demande à ce que nous puissions faire de l'immigration de travail. Mais nous disons au patronat, c'est un titre de séjour qui ne concerne que l'emploi pour lequel les personnes viennent et pour un an. Donc c'est le contraire de ce que j'ai entendu depuis ce matin, qui disait, voilà, c'est une régularisation de ma site sans-papiers. C'est pas du tout ça.

C'est au contraire dire aux gens qui travaillent qu'on va les intégrer, qui peuvent rester un an sur le territoire national, sur ce titre de métier en tension, que le Parlement acceptera de valider, bien évidemment, et de lutter très fortement contre les immigrations illégales qui viennent parfois peupler notre territoire, parce que malheureusement, on ne lutte pas assez contre le travail au noir.

2:29
Présentateur

Alors, deux questions. Est-ce que vous avez chiffré, ou au moins évalué, le nombre de personnes qui pourraient bénéficier de ce titre de séjour ? Et surtout, qu'est-ce qui se passe pour eux au bout d'un an ?

2:39
Gérald Darmanin

Si jamais le métier n'est plus en tension, parce que chaque année, il faut mettre à jour la liste de ces métiers en tension, je crois savoir que, par exemple, l'hôtellerie et la restauration, disait Olivier Dussopt, ne sont pas aujourd'hui dans la liste de ces métiers en tension. Donc il faut mettre à jour, selon la vie économique d'un pays, ces métiers en tension. Si jamais le métier n'est plus en tension, parce que le Parlement l'a décidé, ou le gouvernement l'a décidé, ou si au bout d'un an, la personne n'a plus de travail, elle doit repartir, c'est un titre de séjour qui ne crée pas un droit particulier de rester sur le territoire national.

C'est-à-dire pour ça que ce n'est pas la régularisation que certains, comme le Front National, dénoncent, bien évidemment. Bon, le deuxième sujet que je voudrais ici souligner, c'est que, d'abord, c'est une proposition. J'entendais vos débats avant que je n'intervienne. Il y aura évidemment des consultations politiques patronales et sociales. Est-ce qu'on est d'accord pour cette proposition du gouvernement ? S'il y a une unanimité contre cette proposition, eh bien on en changera, il n'y a aucun problème. Elle nous paraît intelligente, parce qu'elle est faite d'ailleurs ailleurs en Europe. Ensuite, il y aura le débat, en effet, un débat sans vote à l'Assemblée et au Sénat.

On prendra le temps d'objectiver la situation de l'immigration en France. Et nous, nos propositions sont fermes, fermes contre les délinquants étrangers et ouvertes pour ceux qui veulent travailler et vivre dans la République en respectant nos valeurs et notre langue. Et puis, à partir de janvier, un texte qui sera présenté en premier lieu au Sénat. Donc il y a un long travail de consultation sur ces propositions.

3:56
Présentateur

Pardonnez-moi, vous n'avez pas répondu à ma question concernant le nombre possible ou probable. Je n'imagine pas que vous n'ayez pas évalué.

4:04
Gérald Darmanin

Ça dépend beaucoup de la liste des métiers en tension. D'abord, il faut que nous discutent des secteurs qui ont besoin de l'immigration de travail. Ça, c'est un travail qu'on va faire avec le patronat, avec les syndicats et avec le Parlement. Et puis, une fois qu'on s'est mis d'accord sur une liste pour dire « là, on peut avoir des métiers en tension, là, on n'a pas de métiers en tension », on peut tout à fait imaginer, c'est Olivier Dussopt qui l'évoquait, qu'on puisse se mettre d'accord sur un nombre de personnes. Je rappelle que 20% des médecins qui nous ont soignés pendant le Covid étaient étrangers. Et j'ai été maire, je suis toujours élu local à Tourcoing.

Je connais des endroits, notamment dans les établissements pour les personnes âgées, pour l'accueil d'un certain nombre de personnes qui ont besoin d'une aide à domicile. On a besoin d'étrangers pour travailler, pour répondre à la demande de main-d'œuvre. Comme dans la restauration, chacun le sait. Ne soyons pas hypocrites. Il y a dans les restaurants où les personnes vont manger, parfois même des personnes qui dénoncent l'immigration, des personnes qui sont étrangères et qui préparent les plats ou qui nettoient leur bureau. Donc, il faut juste se dire combien de personnes nous voulons.

C'est une sorte d'immigration choisie que nous proposons, de régularisation choisie plutôt que de le subir. Et on peut se mettre d'accord avec le Parlement pour mettre un nombre dans chacun des métiers en tension. Ça fera partie des discussions qu'on aura avec tout le monde.

5:12
Invité

— M. Darmanin, vous dites effectivement qu'il va falloir définir la liste des métiers en tension. On ne connaît pas le nombre exact de titres de séjour qui seraient concernés. Mais dans votre esprit, ça se compte par an en milliers, en dizaines de milliers ou en centaines de milliers ? Parce que vous citiez l'exemple de la restauration. Il y a plusieurs centaines de milliers de postes qui sont non vacants. Donc est-ce que ça veut dire que dans les prochaines années, il y aurait des dizaines ou des centaines de milliers de titres de séjour accordés en raison des métiers en tension ?

5:36
Gérald Darmanin

— Alors d'abord, je pense qu'il faudrait que vous invitiez le ministre du Travail, qui est spécialiste de la question. Mais je veux bien vous répondre, bien évidemment. J'ai déjà eu l'occasion de dire que les régularisations de personnes aujourd'hui, c'était 7 000 par an. Donc nous parlons de quelques milliers de personnes. Il ne faut pas faire croire que c'est une régularisation de personnes étrangères. C'est quelques milliers de personnes.

Et nous sommes les premiers à dire au secteur patronal, mais c'est au ministre du Travail de le dire davantage que moi, qu'il fait justement une réforme de l'assurance chômage et justement une réforme de l'apprentissage et justement une réforme de la formation professionnelle pour dire avant tout aux employeurs, prenons des personnes françaises ou étrangères en situation régulière déjà sur le sol national. Donc il s'agit de quelques milliers de personnes, très certainement. Mais encore une fois, il faut qu'on définisse d'abord la liste des métiers en tension. Par exemple, la restauration et l'hôtellerie, à ma connaissance, ne sont pas dans la liste des métiers en tension actuellement.

Il faut donc la mettre à jour. Ensuite, se mettre d'accord sur le nombre de personnes qui nous manquent. Dire au patronat qu'ils ont des efforts aussi à faire. Comment ils logent ces personnes ? Vous aurez constaté que dans la même interview, j'évoque qu'on rend l'examen obligatoire de français pour avoir un titre de séjour en France. Ça va changer profondément la nature de l'immigration qui va venir en France. Aujourd'hui, pour venir en France, vous n'avez pas besoin de réussir votre examen de français pour avoir un titre de séjour. Demain, avec cette loi, vous serez obligés de réussir un test de français pour pouvoir avoir votre titre de séjour.

Je pense qu'à d'autres pays qui le font, chacun les connaît. Ce sera une immigration plus qualitative, plus choisie et des gens qui travaillent.

7:01
Invité

Gérard Lamlin, je rebondis sur ce que vous disiez. Donc ce serait un contrat pour un an. Est-ce que la personne peut faire venir sa compagne ou son compagnon ? Est-ce que ça ouvre un droit au regroupement familial ? Et autre part, qu'est-ce qui se passe à la fin de ce contrat si la personne perd son travail ? Est-ce qu'elle perd aussi mécaniquement son titre de séjour en France ?

7:22
Gérald Darmanin

Alors, sur la deuxième question, l'idée, c'est que si le métier n'est plus en tension parce qu'on le décidait, parce que l'activité économique aurait changé dans notre pays par un retournement, par exemple, de croissance, évidemment, cette personne perdrait son titre de séjour au bout d'un an. Bien évidemment, on ne va pas prolonger les titres de séjour de métiers en tension si le métier n'est plus en tension. Si cette personne perdrait son emploi, il est évident qu'elle pourrait répondre parce qu'elle aura cotisé à l'assurance chômage. Et si à la fin, elle n'a plus cette assurance chômage, elle doit repartir, évidemment, du sol national.

Elle n'aura plus son titre de séjour à la fin de ses droits. C'est tout à fait clair. Troisièmement, la vie privée et familiale n'est possible que lorsque vous êtes depuis un certain temps sur le territoire national, c'est-à-dire plus qu'un an. Donc il n'y a pas de droit à la vie privée et familiale de façon évidente, bien sûr. J'ai bien compris votre question d'immigration familiale derrière. Ce n'est pas un titre qui crée ses droits. Et ensuite, pour les autres questions que vous m'avez posées, ça fait partie des consultations. Avouez que la proposition du gouvernement, elle a un grand avantage, elle est extrêmement nouvelle.

Elle permet de dire d'abord que ce n'est plus l'employeur qui demande la régularisation de son employé. Aujourd'hui, il y a des gens qui travaillent en France, monsieur, qui sont exploités par certains patrons. Évidemment, l'immense majorité sont tout à fait à l'écoute de leurs salariés. Mais il y a des patrons qui emploient des sans-papiers et qui leur disent « Si tu n'acceptes pas des horaires très difficiles, si tu n'acceptes pas telle tâche extrêmement difficile, je ne demanderai pas ta régularisation. » Parce qu'en France, sachez-le, seul l'employeur peut demander la régularisation de son employé irrégulier. C'est vraiment un scandale. Nous, on dit que c'est à l'employé de le faire.

Et on le fait que dans les métiers où on manque de manœuvres. Parce qu'en France, nous souhaitons une immigration de gens qui veulent s'intégrer, qui veulent travailler, qui veulent parler français. Moi, mes deux grands-pères viennent de la Méditerranée. Ils sont venus en France pour bosser. Et on ne veut pas des étrangers délinquants. Et donc la règle de ce projet de loi, c'est qu'on est méchant avec les méchants, on est méchant avec les délinquants. Et donc on va demander l'expulsion de tous ceux qui commettent des actes de délinquance. C'est ça qui est dans le projet de loi. Mais on est gentil avec les gentils. Les gens qui veulent travailler et aimer notre pays, on les accueille.

Je pense que c'est la vocation de la France.

9:22
Présentateur

Mais excusez-moi, avec l'obligation de quitter le territoire au bout d'un an, si en effet on ne peut pas reconduire son contrat de travail, on met à la porte des gens du jour au lendemain. Et par ailleurs, vous continuerez d'avoir ces difficultés à faire observer effectivement les obligations de quitter le territoire français. Vous ne faites qu'augmenter le problème ?

9:40
Gérald Darmanin

Il y a plusieurs choses différentes dans votre question. D'abord, ce titre de séjour métier en tension, il s'adresse notamment aux demandeurs d'asile dont on est absolument certain qu'ils auront la protection de notre pays. Je vous prends un exemple. Nous avons ramené d'Afghanistan les Afghans qui nous ont aidés et qui ont aidé la France et qui ont été pourchassés par les talibans. Ces personnes doivent attendre de nombreux mois qu'on leur donne leur asile. On est sûr à 100% qu'on va leur donner. Mais la vie administrative fait qu'on met de nombreux mois à leur donner. et ces personnes ne peuvent pas travailler.

Est-ce que vous pensez qu'il est intelligent qu'un médecin qui vient d'Afghanistan, une infirmière qui vient d'Afghanistan, qui va rester sur notre sol, ne peut pas être employable au moment où nous manquons de médecins ou d'infirmières dans certains endroits de la République ? Donc ce titre métier en tension qui dure un an, le temps de l'étude de la demande d'asile de cette personne, permet à ces personnes de travailler. Il vaut mieux qu'elles travaillent, qu'elles payent des cotisations, qu'elles vivent des minimas sociaux, me semble-t-il. Ça, c'est le premier point. Deuxièmement, ça n'a rien à voir et le territoire national.

Il y a plein de gens qui viennent en France, qui ont un visa étudiant, qui viennent le temps de leurs études et qui repartent. Ne faisons pas croire que l'immense majorité des étrangers passerait leur temps à vouloir défier les règles de la République. Il y a une partie des étrangers qui ne repartent pas. C'est cela qu'il faut effectivement pouvoir mieux suivre. Le projet de loi que nous proposons a beaucoup de dispositions qui permettent d'améliorer les reconduites à la frontière, notamment parce qu'aujourd'hui, un étranger, il y a jusqu'à 12 catégories de recours pour retarder la décision d'expulsion du ministre de l'Intérieur.

Nous proposons de passer de 12 à 4 catégories de retour, 3 fois moins. Je vous donne un exemple, monsieur. Sur les 120 000 EQTF qui sont mis en 2021, plus de la moitié sont susceptibles de recours ou les gens ont fait des recours. C'est-à-dire que je ne peux pas les expulser puisque le juge rend inadéquat l'exécution et je ne peux qu'attendre la décision de justice pour le faire.

On perd beaucoup trop de temps et c'est là que ces personnes ont le temps peut-être de travailler au black, peut-être de faire des enfants et du coup ne sont plus expulsables puisque ayant fait des enfants en France, malgré le QTF et parce qu'on n'a pas été assez vite dans les juridictions administratives et au ministère de l'Intérieur, on ne peut pas les expulser. Voilà comment vous avez des irréguliers qui ne sont ni expulsables ni régularisables. Donc le projet de loi il est évidemment beaucoup plus large que le titre de séjour en tension. Il vise à révolutionner la façon dont on traite les étrangers en France.

Encore une fois, nous ne pensons trop de temps à nous occuper des gens qui n'ont aucun problème. Vous savez, les gens qui ont des titres de séjour de 10 ans, qui sont étrangers, ils doivent retourner en préfecture pour demander le renouvellement de leur titre de séjour. C'est absurde. Ces gens ne posent aucun problème à la République. C'est très insultant pour eux de pouvoir retourner à la préfecture. Ça prend beaucoup de temps de la jeune préfecture et on sait qu'à la fin on va leur dire oui.

En revanche, une fois qu'on aura arrêté ça parce qu'on va arrêter ça dans ce projet de loi, on va concentrer l'action de l'État sur toutes les personnes qui font du désordre à la République pour lesquelles on n'arrive pas à avoir des sépassés consulaires. En concentrant nos moyens, on améliorera très largement notre action d'expulsion. Aujourd'hui, on a déjà augmenté de 20% le taux d'expulsion par rapport à l'année dernière.

12:42
Présentateur

Monsieur le ministre, je reviens sur le début de votre dernière intervention. Est-ce que votre propos ce soir s'applique uniquement aux demandeurs d'asile ou les demandeurs d'asile sont une partie de ceux qui pourraient faire ce type de démarche ?

12:58
Gérald Darmanin

La proposition que fait le ministre du Travail s'adresse aux demandeurs d'asile et il a évoqué le fait que nous pourrions dans le débat avec les conférences patronales, syndicales, avec les groupes politiques, voir comment nous pouvons avoir plus davantage d'immigration de travail que d'immigration familiale. Donc c'est une début de proposition, de discussion. Aujourd'hui, quel est le problème de l'immigration en France ? Plus de 50% de notre immigration est d'immigration familiale et moins de 10% de cette immigration est d'immigration de travail. En Allemagne, c'est quasiment 20% l'immigration de travail.

Nous devons avoir plus de gens qui viennent en France pour travailler que de gens qui viennent en France pour l'immigration familiale. C'est ça le but, avoir une immigration qualitative et de pouvoir choisir les personnes qu'on a envie de faire venir en France. Aujourd'hui, personne, je crois, de censé dit qu'il ne faut aucune immigration en France. Je répète encore une fois que 20% des médecins qui nous ont soigné pendant le Covid étaient des étrangers.

La question, c'est de savoir si on veut des étrangers qui se comportent correctement, qui apprennent notre langue, qui aiment notre culture, qui ne remettent pas en cause d'inégalité entre les femmes et les hommes, qui ne sont pas des islamistes radicaux et qui ont envie de travailler et de faire vivre leurs enfants dans ce très beau pays qu'est la France. C'est ça que nous essayons de faire. Donc tous les titres de séjour, toute la politique migratoire que nous pourrons faire pour avoir de plus en plus de gens de cette qualité-là, il faut dire oui.

Et toute personne qui viendra en France pour profiter de notre système social ou pour commettre des actes de délinquance, il faut leur dire non et les expulser.

14:22
Invité

Monsieur le ministre, le gouvernement, vous n'avez pas la majorité absolue à l'Assemblée nationale. Donc pour que cette loi passe, il faut que vous ayez des députés d'opposition qui vous rejoignent. Et naturellement, lorsque vous avez commencé à évoquer cette loi d'immigration il y a quelques mois, on a pensé que les républicains pourraient voter votre texte, en tout cas être ouverts à voter le texte.

Est-ce que cette disposition sur les titres de séjour, même si vous avez dit que ça n'est qu'une petite partie du texte, est-ce que cette disposition n'est pas quelque chose qui va empêcher ou compliquer la possibilité pour des républicains de voter ce texte pour vous permettre de le faire adopter ?

14:58
Gérald Darmanin

Alors, c'est évidemment une question très importante, mais la question la plus importante c'est est-ce que le texte que nous faisons correspond à un besoin des Français ? Est-ce qu'on a besoin de parler d'immigration ? Est-ce qu'on a besoin de mieux la réguler ? La réponse est évidemment oui. Est-ce qu'il faut un grand débat en France sur l'immigration parce que le sujet est très complexe ? Derrière tout ça, il y a des vies, il y a des gens qui subissent une partie d'immigration, c'est tout à fait vrai. Et il y a aussi beaucoup de personnes dont on parle d'eux aujourd'hui à la télévision qui sont issus d'immigration et qu'il faut qu'on respecte.

Donc, est-ce qu'on doit prendre le temps de discuter avec tout le monde ? La réponse est oui également. C'est pour ça que nous mettons trois mois de consultation, deux votes ensuite à l'Assemblée et au Sénat et enfin du texte de loi. Est-ce que toutes ces consultations vont nous permettre d'amender notre projet en écoutant ou en retirant un certain nombre de nos propositions ? La réponse est oui également. Avec Olivier Dussopt, la demande du président de la République c'est de trouver le chemin pour qu'on ait une majorité au Sénat et à l'Assemblée pour voter ce texte. Donc, nos propositions averses, c'est vraiment la question qu'on va poser évidemment à tous les groupes politiques.

Qu'est-ce qui va se passer enfin ? Nous présentons notre texte en premier au Sénat. Au Sénat, il ne vous aura pas échappé qu'il y a une majorité de droite et du centre qui a d'ailleurs validé le texte que j'ai porté il y a deux mois de modernisation du ministère de l'Intérieur. Ils ont voté le texte sécurité au Sénat. Ce n'était pas évident. J'ai eu beaucoup de commentaires de journalistes quand on a présenté le texte pour dire que les l'air ne le voteraient jamais. Ils l'ont voté. Ils l'ont voté parce qu'on a mis aussi de l'eau dans notre vin et qu'on a discuté.

Là, nous avons pris beaucoup de propositions du président de la commission des lois LR qui s'appelle François-Noël Buffet qui va voir à vue dans le texte en tout cas dans les propositions que nous avons formulées beaucoup de ces propositions. Donc, nous allons discuter avec les sénateurs. Nous nous mettrons sans doute d'accord sur un texte qui n'apprendra sans doute pas le texte au début proposé par le gouvernement. Et puis ensuite, nous irons à l'Assemblée nationale. Et je ne vois pas comment les propositions qui auraient été votées par les sénateurs nonobstant un certain nombre évidemment de modifications. Là encore, ce matin en commission des lois, j'ai accepté un amendement de M.

Ciotti qui vise à doubler le nombre de places dans les centres de rétention administratifs pour 100 millions d'euros. Ça montre que le gouvernement est capable d'ouvrir la porte et discuter avec son opposition. Mais je ne désespère pas non plus de discuter avec les socialistes qui ont voté eux aussi la loi de modernisation du ministère de l'Intérieur qui peuvent être sensibles à un certain nombre des avancées que nous proposons. Donc, pour résumer, le gouvernement est ferme mais pas fermé. Il ouvre la porte à des propositions et avec Olivier Dussopt nous sommes là pour faire adopter un texte très important pour la France et les Français.

17:21
Invité

M. le ministre, cette expression que vous avez utilisée là, être gentil avec les gentils, méchants avec les méchants, on a entendu beaucoup de commentaires aujourd'hui. Certains disent que c'est un peu un vocabulaire de western, d'autres que c'est un vocabulaire un peu infantilisant. Est-ce que c'est juste une formule ? Qu'est-ce qu'elle veut dire vraiment ? Parce que, est-ce que par exemple quelqu'un qui est en situation irrégulière en France, vous le considérez comme un méchant ? Probablement pas.

17:44
Gérald Darmanin

Non mais je pense avoir été dans mon interview au Monde, là c'est clair parce que c'est difficile de résumer en quelques instants sur l'intention du gouvernement. Toute personne qui veut travailler en France et qui a un emploi, qui veut parler notre langue et dont on vérifie qu'elle parle notre langue, qui veut élever ses enfants douces, quelle que soit sa couleur de peau et sa religion dans les valeurs de la République, qui ne remet pas en cause le pacte républicain, le pacte national, qui ne remet pas en cause la France, qui aime notre drapeau, a vocation, moi je le dis, à s'intégrer au territoire national.

D'ailleurs, nous allons augmenter de 25% les crédits d'intégration parce que nous sommes tous issus en partie de l'immigration. Moi, mes deux grands-pères étaient de l'autre côté de la Méditerranée. Ils ont voulu s'intégrer à la République française. Toute personne qui ne respecte pas la République, qui crache sur son drapeau, qui ne veut pas parler d'autres langues, qui refuse de serrer la main aux femmes, qui joue avec le crime et les délits doivent être expulsés.

Aujourd'hui, je veux vous le dire, je l'ai vu en tant que ministre d'Intérieur, je l'ai vu quand j'étais maire également de Tourcoing, malheureusement, l'administration et nos lois sont trop tatillonnes avec les personnes qui respectent les lois de la République et qui sont honnêtes. Et parfois, on ne donne pas des papiers à des gens qui le méritent amplement par bêtises administratives, mais aussi par lois mal rédigées. Et parfois, il y a des protections pour les voyous. C'est d'ailleurs ces protections pour les voyous que nous faisons sauter. Rappelez-vous, il y avait à l'époque, dans les années 2010, l'idée qu'on allait interdire la double peine. C'était quoi la double peine ?

C'était des personnes qui étaient condamnées à des crimes sous prétexte qu'elles étaient étrangères. On ne les expulsait plus. Ce prétexte serait une double peine. Nous proposons dans ce texte une mesure extrêmement ferme. Toute personne étrangère qui commet un crime ou un délit très grave de plus de 50 prisons sera expulsée du territoire national. Il n'y aura plus de protection pour eux. Nous levons ces protections. Donc oui, pardon de le dire, c'est un langage qui est très simple mais qui a l'avantage de l'efficacité. Il faut qu'on soit davantage à l'écoute des personnes qui veulent travailler et s'intégrer en France, quelle que soit leur couleur de peau, quelle que soit leur religion.

Et il faut être beaucoup plus dur avec les personnes qui commettent des actes de délit ou des crimes en France. Et il faut être donc beaucoup plus ferme et donc plus méchant avec elles.

19:45
Présentateur

Monsieur le ministre, avant de nous séparer, puisqu'on est dans le poids des mots dans cette... et ce sera la dernière question de cette émission, est-ce que vous maintenez que certains militants pratiquent l'éco-terrorisme, notamment à Sainte-Soline ? Je rappelle que le porte-parole du gouvernement avec qui vous travaillez, votre confrère, a volontairement refusé d'utiliser ce terme ce matin même.

20:05
Gérald Darmanin

Moi, je suis à la tête d'un ministère qui a des services de renseignement. Et ce service de renseignement a été créé sous le président Hollande. Et les 42 fichés S, ultra-violents, ultra-gauches, donc fichés par le service secret qui s'appelle la DGSI, l'ont été en très grande partie sous un gouvernement socialiste. Il ne faut pas avoir peur des mots. Vous savez, les gens qui attaquent des gendarmes avec des cocktails monotovs, qui planifient leurs attaques.

Je pense que les images qui ont été diffusées, notamment sur votre chaîne, ne font pas d'ombre à un seul instant au fait que c'était évidemment une extrême violence qui, par la terreur, veulent empêcher les agriculteurs du vivre du fruit de leur travail. Alors qu'une manifestation est interdite. Alors que la justice donne raison à la préfète qui interdit cette manifestation, je crois qu'il n'y a pas d'autre mot que des gens qui veulent par la violence, par la terreur et donc par le terrorisme empêcher l'état de droit de fonctionner les agriculteurs de vivre du fruit de leur travail. N'ayons pas peur des mots.

Les Français, vous savez, ils en ont marre que leurs dirigeants politiques ne savent pas nommer la réalité. J'espère, j'essaye de nommer la réalité des choses et il y a eu effectivement un certain nombre d'actes qui s'apparentent à de l'éco-terrorisme que nous constatons malheureusement de scènes de plus en plus violentes. Et je veux dire que ce n'est pas à l'honneur des élus de la République d'avoir soutenu pour une partie d'entre eux ces manifestations illégales. Chacun a vu qu'on était très loin de Gandhi et des manifestations pacifiques.

21:29
Présentateur

Merci beaucoup M. le ministre de l'Intérieur d'avoir pris la parole ce soir sur BFM TV. D'avoir regardé cette vidéo !