École : “un enseignement à mi-temps afin de ralentir la propagation du virus"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 80 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:12OuverteRéponse directe
Comment accueillez-vous la décision du gouvernement de maintenir les écoles ouvertes ?
- 0:49OuverteRéponse directe
Pensez-vous que le protocole sanitaire renforcé permettra d'éviter le brassage des écoliers et la propagation du virus ?
- 2:00OuverteRéponse directe
On est bien loin de vos propositions d'enseignement à mi-temps. Que pensez-vous ?
- 3:29OuverteRéponse directe
De quelle manière allez-vous appliquer ces nouvelles dispositions après les vacances de la Toussaint ?
- 5:30OuverteRéponse directe
Jean-Michel Blanquer a fait état de chiffres sur les contaminations. Comment les analysez-vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Cette décision est une bonne décision. »
- 2:19InvitéFait
« Ce plan que nous proposons est le plan du ministère. »
- 3:47InvitéFait
« On va dire que l'impréparation, on l'a subie depuis le mois de mars avec ce ministère. »
- 3:54InvitéFait
« Depuis la rentrée du mois de septembre, le ministre fait l'autruche. »
- 4:04InvitéFait
« Le virus circule aussi dans les écoles. »
- 4:11InvitéFait
« Les enfants sont contagieux. »
- 5:50InvitéFait
« Ils ne sont plus testés lorsqu'il y a un cas positif, parce qu'on n'a pas suffisamment de tests. »
- 6:05InvitéFait
« On ne ferme plus les classes, c'est le ministère qui la décide ainsi. »
- 6:11InvitéFait
« Là-dessus, il y a un mensonge du ministère de ce point de vue-là. »
- 6:50InvitéFait
« Les chiffres étaient en augmentation la semaine avant les vacances. »
Temps de parole
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Bonjour Guylaine David. Bonjour. Alors vous êtes secrétaire générale du SNU IPP FSU, premier syndicat d'enseignants dans l'école primaire, et vous avez suivi les nouvelles mesures liées au reconfinement national. Alors ma première question concerne la volonté du gouvernement de maintenir les écoles ouvertes. Comment accueillez-vous cette décision
?
Cette décision est une bonne décision. Nous souhaitons que les écoles restent ouvertes parce que c'est important pour les élèves de garder le lien avec l'école et puis de pouvoir continuer leurs apprentissages. Donc c'est vraiment important qu'il y ait de l'école pour tous les élèves. Peut-être pas dans les conditions qui sont données par le ministre sur ce protocole, mais bien évidemment il faut que les élèves gardent un contact avec l'école.
Alors port du masque pour les enfants des 6 ans, arrivée et départ à l'école étalée dans le temps, récréation par groupe, aération des classes toutes les deux heures. Pensez-vous que ce nouveau protocole sanitaire dit renforcé permettra d'éviter le brassage des écoliers et donc la propagation du virus ?
Alors
vous avez raison de dire d'y renforcer, parce que pour nous il n'est pas renforcé du tout, mis à part le port du masque à partir de 6 ans, qui est une mesure barrière supplémentaire on va dire, mais qui va être compliquée à faire appliquer aux élèves. Il va falloir qu
'ils
prennent l'habitude de ce port du masque, surtout pour les plus jeunes. mais dans les autres mesures, il n'y a pas de renforcement.
C
'est-à-dire que déjà les enseignants et les équipes essayaient de ne pas brasser les élèves, mais quand on a des classes chargées, quand on a des groupes scolaires importants,
c
'est impossible de ne pas brasser les élèves quand on a un effectif complet dans les classes. Donc le non-brassage on ne pourra pas l'assurer, la distanciation physique on ne pourra pas l'assurer non plus. Donc c'est très inquiétant ce protocole, parce qu'il ne va pas mettre en sécurité les élèves, les familles, et bien évidemment les personnels des écoles, parce qu'il y a beaucoup d'adultes qui circulent dans une école, et là on va vraiment mettre en difficulté les personnels.
Alors votre syndicat privilégiait de réorganiser les classes en demi-groupe, avec des élèves qui viendraient à l'école la moitié de la semaine, tandis que d'autres seraient accueillis dans des structures périscolaires ou en accueil municipal. On est bien loin de vos propositions, comme pensez-vous ?
Alors
oui, on est loin de nos propositions, et pourtant ce plan que nous proposons est le plan du ministère. C'est le plan de continuité pédagogique qui a été réfléchi au mois de juillet, qui figure d'ailleurs encore sur le site du ministère. C'est un plan qu'ils avaient envisagé, qui stipulait que lorsque le virus circulerait activement dans les écoles, le plan de continuité pédagogique se déclencherait. Et ce plan prévoyait une école à mi-temps pour les élèves en présentiel, avec un accueil possible dans les structures périscolaires. Pour cela, il aurait fallu préparer les communes à cela, dès la rentrée, c'est ce que nous avions demandé, mais nous n'avons pas été entendus sur ce point.
De toute façon, depuis le début de la rentrée, nous n'avons pas été entendus sur plusieurs des choses que nous souhaitons faire. Mais sur ce plan de continuité pédagogique, il existe, il est bien précisé sur le site du ministère, et il pourrait se déclencher dès maintenant. Alors, effectivement, accueillir les enfants qui ne seraient pas en présentiel dans des structures périscolaires, voire dans les familles, lorsque les parents le peuvent, bien évidemment, sans qu'on ait un enseignement en distanciel et qu
'on
charge les familles d'un enseignement.
Alors,
le protocole sanitaire était très allégé depuis la rentrée scolaire de septembre, qualifiée de normale par le ministère. Alors, de quelle manière allez-vous appliquer ces nouvelles dispositions, juste après les vacances de la Toussaint ? Et évidemment, est-ce qu'on peut se poser la question, est-ce qu'il n
'y a
pas un manque d'anticipation, de préparation à cette rentrée
?
On va dire que l'impréparation, on l'a subie depuis le mois de mars avec ce ministère. Donc, on n'est pas surpris de cette impréparation. Depuis la rentrée du mois de septembre, le ministre fait l'autruche. Il dit que tout se passe bien, que la rentrée s'est passée dans la joie, que tout va bien dans les écoles, il n
'y a
pas de contamination. Ce qui est évidemment faux, puisqu'il y
a
des contaminations dans les écoles. Le virus circule aussi dans les écoles. Les médecins le disent, les enfants sont contagieux. Donc, c'est très inquiétant pour la population, parce que nous, ce que nous craignons quand même au final, c'est que dans trois semaines, on nous dise, finalement, ça n
'a
pas fonctionné, on est obligé de fermer toutes les écoles. Et ça, nous ne souhaitons pas que les écoles soient fermées. Il faut vraiment se prémunir de tout ça. C'est pour ça que l'enseignement à mi-temps pourrait nous garantir de faire circuler le virus moins activement dans les écoles. Après, ça va être très compliqué lundi à mettre en œuvre dans les classes, parce que quand le protocole dit rentrée, décalée, passage à la cantine le midi par petits groupes, récréation, décalée, il faut que les enseignants, les directeurs et les directrices d'école préparent tout ça. On est vendredi, la rentrée c'est lundi, on sait que les personnels vont devoir le faire dans la précipitation.
Comme d'habitude, ils vont le faire parce qu'ils savent, enfin, ils sont des professionnels et ils tiennent l'école souvent à bout de bras, mais le ministère, là, n'a pas pris la mesure de la situation et il va mettre tout le monde dans des situations très complexes. À ce jour, nous n'avons que reçu sur nos boîtes mail, enfin, les boîtes mail des directeurs d'école, que le protocole, mais pas les indications de comment on fait pour le mettre en œuvre,
c
'est-à-dire, est-ce qu'on dégage du temps pour les enseignants pour qu'ils puissent se réunir avec les municipalités, comment on s'organise entre collègues, tout ça, on ne le sait pas pour le moment et c'est très inquiétant.
Alors, lors de la conférence de presse, Jean-Michel Blanquer a fait état de chiffres sur le nombre d'enseignants, d'enfants contaminés, ainsi que des classes fermées qui paraissaient très très faibles. Comment vous avez analysé ces chiffres
? Alors,
sur les enfants contaminés, ce n'est pas difficile, effectivement. Ils ne sont plus testés lorsqu'il y a un cas positif, parce qu'on n'a pas suffisamment de tests, parce que c'est traumatisant pour les enfants, donc les médecins le disent. Quand ils ont des symptômes, on les garde à la maison 7 jours. On ne déclare plus les camarades de classe comme cas contact, donc on ne ferme plus les classes, c'est le ministère qui la décide ainsi. Donc, si on ne ferme plus de classe, ce n
'est
pas parce qu'il n
'y a
pas de contamination, c'est parce que le ministère a décidé de ne plus fermer les classes. Donc, là-dessus, il y a un mensonge du ministère de ce point de vue-là. Sur la question de la contamination des enseignants, c'est très compliqué de savoir, parce qu'on n'a pas de chiffres clairs qui remontent du ministère, notamment sur est-ce que les enseignants ont contracté le Covid. On sait de toute façon, puisque le virus est partout, il n'y
a
pas de raison que ça échappe aux enseignants et que les enseignants ne soient pas touchés par la maladie. Donc, on sait que les enseignants sont touchés. Ce que le ministre a oublié de dire aussi hier, c'est que les chiffres étaient en augmentation la semaine avant les vacances. Comme ils étaient en augmentation partout, ils étaient aussi en augmentation dans les établissements scolaires. Donc, voilà. Mais je pense encore une fois que ce ministre, depuis le début, est dans le déni. Et quand il nous reçoit, il nous dit qu'il faut aussi éviter de croire certains médecins et dit qu'en fait, non. Il n
'y a
pas de contamination, les enfants ne sont pas contagieux.
Ce
qui est sûr, ce qu'on sait maintenant, c'est que les enfants, quand ils ont le Covid, ils sont moins malades que les adultes. Et tant mieux, ils ne développent pas des formes graves. Mais en tout cas, ils sont contagieux et ils sont contagieux aussi dans les familles, forcément.
Merci, Guylaine David. Et l'humanité sera attentive à l'évolution de la situation.
Merci à vous.
Au revoir.
Au revoir, bonne fin de journée.