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AutreC dans l'air (sur YouTube)· 5 mars 2024 9 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalSantéRetraites

IVG, Frexit, Retraites... Les changements de pied du RN de Marine Le Pen - Reportage 04.03.2024

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 3:49OuverteRéponse directe

    Est-ce que ça va plus loin que ça sur les sujets évoqués ?

  • 4:26OuverteRéponse directe

    Est-ce que les changements d'avis ont des conséquences électorales ?

  • 5:26OuverteRéponse directe

    Marine Le Pen est-elle de notre Donald Trump à nous ?

  • 5:32RelanceRéponse directe

    Marine Le Pen est-elle de notre Donald Trump à nous ?

  • 6:06OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'ils ont tort de dire « arrêter de dire extrême droite » ?

  • 6:56RelanceRéponse directe

    Est-ce qu'ils ont tort de dire « arrêter de dire extrême droite » ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:18Invité politiqueFait
    « « Personne ni ne conteste, ni ne combat, ni ne met en danger cet accès à l'interruption volontaire de grossesse. » »
  • 1:33Invité politiqueFait
    « « En restant dans l'euro, ils plombent notre économie, entretiennent le chômage de masse. » »
  • 1:38Invité politiquePromesse
    « « C'est la tenue d'un référendum dans les six mois sur le maintien ou la sortie de l'Union européenne. » »
  • 1:56Invité politiqueFait
    « « Il faut retrouver notre monnaie nationale. » »
  • 1:58Invité politiqueFait
    « « L'euro, on s'en libère et on le transforme en monnaie commune. » »
  • 3:08Invité politiquePromesse
    « « Je suis pour la retraite à 60 ans avec 40 annuités. » »
  • 3:15Invité politiquePromesse
    « « Pour les personnes entrées dans la vie active après 20 ans, et cela jusqu'à 24 ans et demi, un système progressif de 160 à 168 trimestres de cotisation sera mis en place. » »
  • 2:37Invité politiqueFait
    « « Le Frexit n'est nullement notre projet. Nous, nous voulons réformer l'Union européenne de l'intérieur. » »

Temps de parole

  • Présentateur21 %
  • Marine Le Pen20 %
  • Invité20 %
  • Invité 217 %
  • Invité 39 %
  • Présentateur 27 %
  • Invité 44 %

3,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:02
Invité

Elle prend sa place parmi les autres députés et sénateurs dans la salle du congrès de Versailles cet après-midi. Une délocalisation pour inscrire l'IVG dans la Constitution et un message adressé à ceux qui douteraient de ses intentions.

0:18
Marine Le Pen

La majorité essaye de faire croire à un danger qui pèserait sur l'interruption volontaire de grossesse. Ce danger n'existe pas. Je suis obligé de dire la vérité aux Français qui le savent d'ailleurs. « Personne ni ne conteste, ni ne combat, ni ne met en danger cet accès à l'interruption volontaire de grossesse. »

0:38
Invité

Une évidence à l'entendre, alors que la position du Rassemblement national a longtemps été ambiguë sur le sujet. Marine Le Pen elle-même semble avoir oublié ses déclarations d'il y a quelques années. En 2012, en pleine campagne présidentielle, la candidate du Front national affirme vouloir mettre fin au remboursement de l'IVG, sauf en cas de viol. « L'avortement de confort, qui est un terme qui a scandalisé tout le monde, qui est pourtant un terme utilisé par des médecins, semble se multiplier.

Ce qu'on appelle les avortements répétitifs, c'est-à-dire deux fois, trois fois, il y avait une femme sur dix il y a dix ans, il y en a deux sur dix aujourd'hui qui se servent de l'avortement comme un véritable moyen contraceptif. » 12 ans plus tard, l'image est lissée. L'avortement fait partie des sujets sur lesquels Marine Le Pen veut montrer qu'elle a évolué. Des ajustements et parfois même des renoncements. Sur la question de l'Europe, exite le Frexit, thème phare de sa campagne en 2017.

1:33
Marine Le Pen

« En restant dans l'euro, ils plombent notre économie, entretiennent le chômage de masse. C'est la tenue d'un référendum dans les six mois sur le maintien ou la sortie de l'Union européenne. »

1:46
Invité

Dans le débat de l'entre-deux-tours, la candidate se retrouve en difficulté sur le sujet. « On sort ou pas de l'euro ? On revient au franc ou pas ? »

1:56
Marine Le Pen

« Il faut retrouver notre monnaie nationale. »

1:58
Invité

« Donc on revient au franc. »

1:58
Marine Le Pen

« C'est essentiel. L'euro, on s'en libère et on le transforme en monnaie commune. » « C'est ce qu'il était avant qu'il devienne la monnaie de la France. »

2:09
Invité

« Mais on paiera avec de l'euro ou pas ? »

2:10
Marine Le Pen

« Chaque pays, que les choses soient très claires. » « Non, on ne paiera pas avec de l'euro. » « Personne ne paiera avec de l'euro. » « Les banques centrales paieront avec de l'euro si elles le souhaitent. » « Ah bon ? » « Les grandes entreprises paieront avec l'euro si elles le souhaitent. » « Vous savez très bien, ça a existé. » « Donc il y aura deux monnaies. »

2:24
Invité

Marine Le Pen vacille. Sa crédibilité est remise en question. Ses approximations laissent le champ libre à Emmanuel Macron. Cinq ans plus tard, le revirement est acté. L'Europe est toujours la cible, mais la méthode a changé.

2:37
Marine Le Pen

« Le Frexit n'est nullement notre projet. Nous, nous voulons réformer l'Union européenne de l'intérieur. »

2:44
Invité

Rassurer les Français, mais aussi les milieux économiques en faisant preuve de plus de sérieux sur certains dossiers. Marine Le Pen est mise au défi avec sa promesse de la retraite pour tous à 60 ans. La proposition est jugée irréaliste par de nombreux économistes. La chef de file du RN doit s'expliquer.

3:01
Marine Le Pen

« Vous êtes toujours sur la retraite à 60 ans ? » « Oui, je suis pour la retraite. » « C'est drôle qu'on n'arrive jamais à obtenir la totalité de la proposition. » « Alors, allez-y. Je suis pour la retraite à 60 ans avec 40 annuités. » « Pour les personnes entrées dans la vie active après 20 ans, et cela jusqu'à 24 ans et demi, un système progressif de 160 à 168 trimestres de cotisation sera mis en place. »

3:37
Invité

De précision en revirement, Marine Le Pen fait décidément tout pour ne pas être à contre-courant. Une stratégie au service d'une ambition, normaliser son parti et être élue à la tête du pays.

3:49
Présentateur

Alors, peut-être qu'il y a des gens qui ont regardé ce reportage et qui disent « Oui, bon, elle a changé d'avis. D'autres changent d'avis. » C'est le cas d'Emmanuel Macron qui a changé de position entre son premier mandat et son deuxième mandat. Est-ce que ça va plus loin que ça, Karl Mayeruss, à votre avis, sur les sujets qui ont été évoqués dans ce reportage ?

4:08
Invité

Ce qui est étonnant, c'est qu'elle peut changer d'avis du tout au tout. On a vu sur l'euro, sur l'IVG, etc. Ça n'a aucune conséquence électorale. Ça, on a très peu. Voir, le RN continue de progresser parce qu'en fait, le RN est plutôt à surfer sur les colères. Il veut agréger toutes les colères. Et donc, quelqu'un en colère n'a pas le même raisonnement que quelqu'un qui veut se dire, veut écouter le programme, veut écouter ce que dit la personne et la cohérence. C'est quelqu'un qui veut, au contraire, balayer les gens qui sont là au gouvernement. Et donc, ils sont devenus ce réceptacle des colères. Mais ce qu'il y a, c'est qu'aujourd'hui, Marine Le Pen veut aller plus loin.

Et on rejoint là sa nouvelle position sur l'IVG, c'est qu'elle ne veut pas d'excès. Elle veut, et on retrouve là aussi par rapport aux grands patrons, c'est que les grands patrons veulent la stabilité, ne veulent pas au pouvoir des choses qui bougent. Et donc, on a là tout le schéma organisationnel du RN. Pour eux, la dédiabolisation est censée être acquise, même si ce n'est pas évident, puisque le second tour de l'extrême présidentielle a montré qu'on les renvoyait toujours à l'extrême droite et aux risques fascistes. Mais bon, aujourd'hui, ils sont dans la respectabilité. Jordan Bardal a dit qu'il faut qu'on rassure. Les excès, ce n'est pas dans notre camp. Et on rejoint votre question.

Les excès, c'est Emmanuel Macron.

5:26
Présentateur

Mais regardez, vous dites les excès, ce n'est pas dans notre camp. Je voudrais vous poser cette question qui nous est posée par un téléspectateur de C'est dans l'air. Marine Le Pen est-elle de notre Donald Trump à nous ? Si je vous écoute, on n'est absolument pas dans l'excès à la Trump.

5:38
Invité

Pas du tout. Parce que la difficulté du système électoral présidentiel français, c'est qu'il faut faire 50% plus 1. Il ne suffit pas d'arriver en tête, comme aux États-Unis, et avoir un écart avec les autres. Non, il faut convaincre plus de la moitié du corps électoral. Et donc, c'est là où on a les couches populaires. Oui, la bourgeoisie, les jeunes, mais il faut aussi des couches dirigeantes. Et ces gens-là, il faut de la respectabilité. Elle supprime tous les mots qui font peur. Vous voyez, Frexit, ça faisait peur, d'autant qu'il y a eu le Brexit en Angleterre, et que c'est un contre-exemple, tout de même, un vrai repoussoir.

Puisqu'on voit bien ce qui s'est passé en Angleterre, c'est quand même plutôt une mauvaise nouvelle pour l'économie anglaise, et même la société anglaise. Donc, elle supprime tout ça. Avortement de confort ? Non. Donc, elle recule. En vérité, sur le fond, il n'y a pas énormément de changements. Et quand il y a un changement, c'est très compliqué. On voit bien ce qu'elle disait sur les retraites, qu'on ne voit plus très bien à 24 ans et demi. Donc, la seule chose qui reste claire, c'est l'immigration. C'est ce qui continue de rassembler, d'abord, toutes les tendances de l'extrême droite.

C'est ce qui continue à leur faire valoir, à leur donner une certaine popularité dans les catégories populaires, et de plus en plus dans les catégories aisées.

6:56
Présentateur

Est-ce qu'ils ont tort, Mathieu Soukir, de dire « arrêter de dire extrême droite » ? Alors, ça, c'est toute l'histoire de l'extrême droite. Depuis que l'extrême droite existe, précisément, elle récuse l'étiquette d'extrême droite. Ça fait partie du jeu. Si on demande, mais je parle sous le contrôle, évidemment, de Frédéric Dhabi, si on demande aux Français où il situe le Rassemblement National, il continue quand même à le situer à l'extrême droite de l'échiquier politique. Il n'y a pas de doute là-dessus. En revanche, il y a effectivement une ambiguïté.

À partir du moment où le discours de l'extrême droite a autant évolué en 30 ans pour se détourner des outrances de Jean-Marie Le Pen, pour une raison simple, je parlais tout à l'heure de la base électorale du RN qui avait considérablement évolué, il y a une autre chose qui a changé, c'est l'objectif de l'extrême droite. Du temps de Jean-Marie Le Pen, il n'était pas question d'accéder au pouvoir. Marine Le Pen veut être présidente de la République. Dès lors, effectivement, elle doit gommer toutes les outrances.

Et au-delà même des outrances à gommer, elle a effectivement viré sa cutie sur quasiment la totalité des questions sociétales, en tout cas dans le discours, sur l'égalité de femmes-hommes, sur la laïcité. Autant de choses que l'extrême droite avait toujours combattu. L'extrême droite n'a jamais été du côté de l'égalité femmes-hommes. C'est une blague. L'extrême droite n'a jamais été du côté de la laïcité. L'extrême droite n'a jamais été du côté de l'Europe. L'extrême droite n'a jamais traité de la question sociale. Et on pourrait... Sur l'IVG ? L'antisémitisme. Jean-Marie Le Pen était condamnée pour antisémitisme il y a 20 ou 30 ans. Éric Zemmour l'est encore aujourd'hui.

Là où Marine Le Pen veut défiler, effectivement, contre l'antisémitisme. Et c'est précisément ça qui entretient une grande confusion dans le pays. Alors, Emmanuel Macron lui-même joue parfois avec le feu. Quand il dit « je veux me faire élire contre l'extrême droite parce que le système de valeur que j'incarne est incompatible avec celui de Marine Le Pen » et qu'ensuite on fait la préférence nationale, c'est compliqué à expliquer. Et ce qui est sûr précisément, c'est que cette plasticité dans les idées a abouti à une confusion dans les esprits qui fait qu'on peut se poser la question de l'arc républicain.

Est-ce que l'extrême droite désormais est dans l'arc républicain avec des réponses qui varient ? C'est-à-dire que oui, ils jouent le jeu des institutions républicaines, mais ils incarnent par ailleurs des valeurs qui ne sont pas toujours compatibles avec les valeurs. Merci.