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interviewRadio Classique — L'invité de la matinale· 29 mars 2021 11 min

Thierry Mariani

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Thierry Mariani

L'invité de Guillaume Durand, avec le Figaro.

0:03
Présentateur

Bonjour Thierry Mariani. Première question, elle sort directement de ce que vient d'analyser. Donc Guillaume Tabard, que pensez-vous des propos d'Audrey Pulvar ?

0:11
Thierry Mariani

Ils sont inadmissibles, même s'ils s'insèrent dans une démonstration. On sait que, d'abord, ce ne sont pas des propos innocents qui montrent une dérive d'une partie de la classe politique vers une sorte de clientélisme politique, de racolage vers certaines communautés. En plus, Audrey Pulvar est une journaliste, elle maîtrise parfaitement ses propos, elle sait le poids des mots, et donc moi j'attendais quand même de la part du Parti Socialiste à une condamnation très ferme. Mais vous entendez ce matin le silence ? J'entends le silence, j'entends, vous l'avez dit vous-même, le silence de la maire de Paris.

Si c'était un candidat du Rassemblement National qui avait tenu de tels propos, je pense que tout le monde demanderait immédiatement sa démission. Et c'est ce que vous faites ? Écoutez, si le Parti Socialiste garde Mme Pulvar comme tête de liste au régional, ça veut dire très clairement que désormais le Parti Socialiste emboîte les chaussons de M. Mélenchon.

1:07
Présentateur

C'est-à-dire donc que Mélenchon serait le candidat de la gauche ?

1:10
Thierry Mariani

C'est-à-dire qu'on est en train de, et c'est extrêmement grave, on est en train de dériver d'une sorte de chasse aux voies selon les origines, en clairement courtisant une partie des Français qui sont issus de l'immigration, une partie des Français qui ont des spécificités, alors que jusqu'à présent, en politique, les Français sont indivisibles, quelle que soit leur couleur de peau.

1:36
Présentateur

Robert Ménard, l'invité de BFM hier soir, maire de Béziers, disait à propos de Marine Le Pen qu'il allait voter pour elle au second tour, il ne savait pas encore pour qui il allait voter au premier tour, mais il a ajouté cette phrase, puisque vous appartenez au Rassemblement National, elle n'est pas prête, elle n'est pas prête sur le plan économique, elle n'est pas prête parce que son équipe, personne ne la connaît, donc il y avait à la fois une sorte de soutien et de doute considérable. Vous lui répondriez quoi ce matin ? Je pense qu'elle sera prête. Vous savez, sur certains nombres de... Sera, c'est un futur donc.

2:07
Thierry Mariani

Oui, mais vous savez, c'est comme les Jeux Olympiques, il faut être prêt le jour de la course. Voilà qu'elle sera prête, parce que sur les sujets régaliens, les Français ont bien compris que le Rassemblement National, depuis des années, a un certain nombre de propositions. Vous avez vu que sur certains autres sujets, par exemple le réchauffement climatique, on va repasser cette semaine à la loi, la loi sur le réchauffement climatique. Par exemple, nous avons présenté... Enfin, Marine Le Pen a présenté une proposition de référendum sur 15 sujets, le nucléaire, les éoliennes, etc. Et puis sur l'économie, par petites touches, elle précise sa position.

Regardez par exemple la tribune publiée dans l'Opinion sur la dette. Prochainement, on devrait sortir des propositions sur la fiscalité, la transmission. L'élection présidentielle, c'est dans 13 mois. Dans quel état économique sera la France ?

2:53
Présentateur

Mais ça veut dire que sur le plan économique, elle est en train de se mettre dans une situation qui est une situation classique de la droite. Donc, est-ce qu'il y a un moment, s'il y a un candidat des Républicains qui émerge et que vous les connaissez, puisque vous en sortez les Wauquiez, les Bertrand, etc., quelle va être la différence ? Parce que si finalement, elle reconnaît la nécessité de rembourser la dette. Si elle reconnaît qu'il faut alléger la fiscalité des entreprises.

Si elle est d'accord avec peut-être, on n'en sait encore rien, parce que pour l'instant, on est toujours sur la position de la retraite à 60 ans, mais peut-être qu'elle va changer dans ce domaine aussi, puisqu'elle a changé surtout. Donc, quelle sera la différence ?

3:25
Thierry Mariani

Je pense qu'avec les Républicains, on est sur un modèle totalement différent. Il suffit de regarder les votes au Parlement européen. Les Républicains sont toujours attachés à une sorte de modèle mondialiste de libre-échange. On le voit, ils votent tous les traités de libre-échange au niveau européen. Nous, au contraire, nous souhaitons un modèle qui soit désormais plus recentré sur la réindustrialisation française, sur une protection de nos frontières en se servant de certains critères environnementaux et puis surtout de mettre fin à ces accords de libre-échange qui, en réalité, font que l'Europe et donc la France sont l'espace le plus ouvert et donc le moins protégé de la planète.

4:04
Présentateur

Est-ce que nous sommes en direct avec Thierry Mariani ? Est-ce que vous considérez ce matin que justement la politique vaccinale est l'alpha et l'oméga justement de l'échec de l'Europe comme beaucoup le disent ? C'est une évidence.

4:15
Thierry Mariani

C'est une évidence. Je veux dire, Macron a fait le choix de jouer la carte européenne et uniquement la carte européenne. Bien sûr qu'il fallait jouer la carte européenne, mais il fallait jouer toutes les cartes. C'est ce que fait, par exemple, la Hongrie où les Hongrois sont trois fois plus vaccinés que les Français. Or, aujourd'hui, qu'est-ce que je constate ? On nous a vendu en dehors de l'Europe, on ne s'en sortira pas, il faut l'Europe pour peser et pour avoir des vaccins. On n'a pas de vaccins et des pays qui ne sont pas dans l'Europe. Je ne parlerai même pas de la Grande-Bretagne. Je parlerai simplement du Maroc. Je parlerai simplement de la Serbie.

Au Maroc, deux fois plus vaccinés en proportion qu'en France. En Serbie, trois fois plus vaccinés qu'en France. Pourquoi ? Parce que ces pays ont fait le choix de diversifier leur approvisionnement de vaccins. Et puis ensuite, on voit l'échec fondamental de la machine européenne qui a commandé trop tard, qui n'a pas diversifié ses commandes. Enfin, vous me permettrez en tant que parlementaire. C'est mon premier mandat au Parlement européen. J'ai passé 25 ans au Parlement français. Je dis à mes collègues qui, eux, sont encore au Parlement français, ne vous ne vous rendez pas compte de la chance que vous avez. et vous pouvez vérifier les documents.

Vous pouvez demander des comptes au niveau européen. Impossible d'avoir des informations sur les contrats.

5:26
Présentateur

Il n'y a que ce matin, Thierry Mariani, comme député européen, si jamais vous réclamez la nature des contrats qui dit, par exemple, Pfizer et AstraZeneca au Conseil européen, à Mme van der Leyen et tous ceux qui ont négocié, personne ne vous donnera rien du tout ? Non, on ne donne plus rien.

5:43
Thierry Mariani

Pendant quelques semaines, on a pu consulter des contrats où le tiers des lignes était caché. Donc, en clair, on ne sait pas le prix, on ne sait pas les quantités, on ne sait pas le calendrier, on ne sait pas les causes de responsabilité, on ne connaît pas les délais de livraison. Regardez un exemple. Mme van der Leyen pleure parce qu'elle dit que les délais ne sont pas respectés par AstraZeneca. Mais dans un contrat normal, vous prévoyez des pénalités de retard, vous prévoyez des clauses de sécurité. Vous les connaissez, ces pénalités de retard ?

Vous savez, s'il y a eu des précautions qui ont été prises, moi, en tant que parlementaire, je n'ai aucun accès à ces informations et je dis que c'est un fonctionnement totalement hallucinant.

6:21
Présentateur

Le policier européen, quand il dit qu'actuellement un déblocage est en train d'avoir lieu, c'est-à-dire qu'on va pouvoir respecter le plan qui était prévu en disant qu'à peu près entre 4 ou 500 millions de doses vont arriver, est-ce que vous le croyez ?

6:33
Thierry Mariani

Je veux le croire. Je veux le croire parce que c'est l'intérêt des Français. Mais si par exemple, aujourd'hui, on s'achemine vers un troisième reconfinement qui n'en dit pas le nom, en réalité, c'est aussi parce qu'on a un retard dans cette campagne de vaccination. Chaque jour perdu, chaque dose qui manque dans les centres de vaccination, c'est un coût économique, un coût humain. Moi, par exemple, dans le Vaucluse, j'ai vu ma mère, 82 ans, on lui a reporté trois fois sa demande de rendez-vous. Elle allait dans sa commune et on lui disait « Vous avez rendez-vous mais les doses ne sont pas arrivées. » Il y a quand même eu un échec total dans cette campagne de vaccination.

Je ne vais pas reprendre les errements du gouvernement sur les méthodes de vaccination. Non, je crois que l'Europe va payer longtemps le coût moral de cet échec.

7:21
Présentateur

Est-ce que vous considérez que la proposition de Mme Le Pen concernant l'Union nationale, justement, l'évocation pour la première fois d'une possibilité d'Union nationale, c'est quoi ? C'est un coût politique ? C'est une chimie ? Parce que quand vous entendez tous les Républicains qui sont actuellement et que vous connaissez tous par cœur en train de se positionner, Bertrand est vraiment candidat, Retailleau est presque candidat, Wauquiez voudrait être candidat, on ne sait pas pour les autres mais on pense qu'à un moment ou à un autre il pourrait arriver sur la ligne de départ. Cette Union nationale, mais avec qui ?

Parce qu'aucun d'entre eux n'a envie pour l'instant, encore une fois, de rejoindre le Rassemblement national sauf à titre individuel comme vous.

7:56
Thierry Mariani

Oui, on a toujours ces accusations qui pèsent et dont les Français ont compris qu'en réalité elles ne représentent rien. Moi j'entends à longueur d'antenne certains dirigeants des Républicains par exemple dire que le Rassemblement national ne respecterait pas les valeurs de la République. Je ne vois pas. Écoutez, c'est la phrase bateau quand on ne sait plus quoi dire contre le Rassemblement national. Voilà, tous.

8:17
Présentateur

Mais alors à quoi sert de dire qu'elle va faire une Union nationale si personne n'en veut en fait ?

8:23
Thierry Mariani

Parce que je crois que si Marine Le Pen gagne les élections le message qu'elle veut faire passer c'est qu'il y aura la main tendue pour tous ceux qui veulent travailler avec elle.

8:32
Présentateur

Voilà, c'est ça. C'est du débauchage. Ce n'est pas un programme de l'Union nationale. Ce n'est pas une critique. C'est une sorte de réflexion. S'ils ne veulent pas y aller en tant qu'institution ils peuvent y aller à titre individuel comme l'a fait Macron. Mais ce n'est pas de l'Union nationale.

8:44
Thierry Mariani

L'Union nationale au niveau des partis sans cruauté quelle est la position aujourd'hui des Républicains au niveau de l'échiquier politique ? J'ai un peu de mal à le comprendre. Une partie est avec Macron. Moi je vois M. Estrosi dans ma région qui passe son temps à expliquer qu'il faut quasiment soutenir Macron au premier tour. Non, écoutez, Marine Le Pen dit tout simplement voilà, si je suis élu président il n'y aura pas d'exclusif il n'y aura pas de rejet. Rejoindra qui veut on peut appeler ça débauchage on peut appeler ça la main tendue mais en tout cas c'est une démarche d'ouverture envers tous ceux

9:18
Présentateur

qui sont prêts à redresser la France. Thierry Mariani je le disais tout à l'heure en vous présentant les gens vous connaissent vous avez été ministre des Transports secrétaire d'État puis ministre si ma mémoire est bonne pourquoi vous êtes parti des Républicains et que vous avez rejoint le Rassemblement National ?

9:30
Thierry Mariani

Vous savez je vous expliquez j'ai resté 42 ans dans la même formation politique RPR, UMP, Républicain 42 ans vous ne quittez pas un parti où vous avez votre histoire vos amis etc sans un certain déchirement pourquoi j'ai quitté les Républicains parce que je pense que les Républicains sont doués pour faire des bons programmes mais n'ont jamais la volonté de l'appliquer et pourquoi j'ai rejoint Mme Le Pen parce que quand sur les questions qui à mon avis sont centrales pour l'avenir de la France parce que par exemple la déclaration d'Audrey Pulvar montre bien la dérive qu'on a en France suite à un changement progressif d'identité à une population qui évolue je pense que Marine Le Pen elle aura le courage de l'appliquer et vous allez me dire pourquoi elle aurait le courage et pas les autres mais je vais vous faire sourire je pense que Marine Le Pen se moque un peu enfin c'est pas se moque mais le qu'en dira-t-on les critiques dans l'opinion publique ou dans la presse je pense qu'elle y est habituée et qu'elle aura le courage de développer son programme ce qui manque aux Républicains c'est pas les bonnes idées c'est d'avoir le courage de les appliquer moi par exemple

10:40
Présentateur

donc tous ceux qui ont dirigé le pays du côté républicain ont trahi finalement

10:44
Thierry Mariani

je dis pas qu'ils ont trahi ils ont fait du mieux possible j'ai soutenu Nicolas Sarkozy j'ai été ministre de Nicolas Sarkozy je pense que par exemple Nicolas Sarkozy avait été élu sur deux phrases vous vous en souvenez gagnez plus pour travailler plus pour gagner plus et je passerai le Karcher je pense que la deuxième phrase malheureusement on l'a pas fait on aurait dû aller beaucoup plus loin en matière de sécurité et c'est ce que les français nous ont fait payer

11:07
Présentateur

Thierry Mariani était l'invité politique de la matinale ce matin nous avons rendez-vous avec David Abiquaire le voici il est attendu merci

11:14
Locuteur

merci beaucoup