L'invité politique Sud Radio - Avec Prisca Thevenot, députée Ensemble pour la République des Hauts-de-Seine
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Le Grand Matin Sud Radio, 7h-10h, Jacques Cardoz. Et l'invité politique sur Sud Radio ce matin, c'est Prisia Thévenot. Bonjour. Bonjour. Soyez la bienvenue dans le studio de Sud Radio. Vous êtes députée des Hauts-de-Seine. Les Français ont appris à vous connaître durant les deux quinquennats d'Emmanuel Macron. Vous avez été ministre et porte-parole de Gabriel Attal. C'est lui que vous soutenez aujourd'hui dans ce match du bloc central contre Édouard Philippe. Alors, commençons d'abord par les ralliements, parce que c'est peut-être l'actualité qui a été la plus forte la semaine dernière. Elle a été rude, d'une certaine façon, pour votre camp politique, ou en tous les cas pour Gabriel Attal.
Édouard Philippe a enregistré plusieurs soutiens. Maude Bréjon, Mathieu Lefebvre et Laurent Wauquiez. C'est franchement un coup dur de voir Laurent Wauquiez rejoindre Édouard Philippe.
Alors, je vous le redis, je suis soutien de Gabriel Attal, pas de Bruno Retailleau. Donc ça, il faudra poser la question au LR. Maintenant, le vrai sujet, c'est que oui, le mercato fait beaucoup parler, appelle des commentaires. Mais vous savez, le mercato en politique, comme au football, ne décrète pas qui sera le gagnant au bout du jour, au moment du transfert, mais plutôt sur le terrain, au moment du match. Et le match, nous le jouons avec Gabriel Attal, sur le terrain. Il était encore ce week-end dans le sud. Il sera en déplacement tout au long de l'été.
Cette campagne, nous la mènerons pied au plancher, non pas en essayant de faire en sorte que tel ou tel s'assoit au premier rang de nos meetings, mais plutôt que nous soyons, nous, sur le terrain, auprès de celles et ceux qui comptent, les Français.
Mais Laurent Wauquiez qui soutient Édouard Philippe, c'est un soutien de poids quand même. On ne s'y attendait pas. Ou bien est-ce que vous pensez que c'est un cadeau empoisonné compte tenu de la personnalité de Laurent Wauquiez ?
Non, je ne me permettrais pas d'avoir ce genre de propos. Je pense qu'on mérite, et notre pays en a besoin, d'un débat politique sur la campagne présidentielle, sur le fond.
Mais il avait eu des mots très très durs contre la Macronie quand même.
Vous savez ? Très bien. Mais je ne rentrerai pas dans ce jeu-là. Je pourrais vous dire là, tout de suite, maintenant, que chez les LR, c'est 50 nuances d'idées qui ne sont pas tout le temps en vrai à droite. Quand on voit qu'au cours des dernières années, celles et ceux qui ont permis d'augmenter les impôts, voire même d'en créer de nouveaux, c'est les LR quand ils sont arrivés à Mitignon. Quand on voit qu'ils ont remis en cause le fonctionnement et la place de la France dans l'Europe, quand on voit qu'effectivement, ils ne nous ont pas forcément aidés pour réduire les dépenses sociales, notamment avec leur non-soutien pour la réforme des retraites.
Bref, moi, ce qui compte, ce n'est pas de refaire le match des années précédentes, mais c'est plutôt de préparer celui à venir. Et c'est les défis que nous devons avoir dans l'ambation pour le pays.
Certes, mais Laurent Wauquiez, c'est une personnalité particulière qui appelait quand même à une primaire d'Atal à Sarah Knafo. Ça veut dire qu'il considère qu'on peut parler avec Sarah Knafo. Ça ne complique pas le jeu au sein du bloc central, quand même, l'arrivée de Laurent Wauquiez ?
C'est plutôt du coup à Edouard Philippe de poser la question. Est-ce qu'il veut une primaire avec Sarah Knafo ou pas ? Moi, je vous le dis franchement, est-ce que ces sujets-là sont à la hauteur de l'enjeu vis-à-vis de notre pays, aussi bien national, européen qu'international ? L'enjeu que nous avons, c'est de parler du fond, de parler de souveraineté.
Ce qui veut dire que vous n'avez pas tellement envie de polémiquer avec le corps d'Edouard Philippe ?
Non, parce qu'Edouard Philippe n'est absolument pas...
Mais lui, il n'a pas hésité, quand même, hier, durant le meeting.
Eh bien, vous savez quoi ? On a le droit de faire campagne différemment. Et sur le fond et sur la forme.
C'est une ligne de crête pas facile, quand même. C'est-à-dire que vous êtes tous les deux au sein du bloc central, vous refusez des pics, et en même temps, il y a quand même des pics, mais le matin, sur les antennes des radios, vous ne voulez pas non plus en rajouter.
Edouard Philippe n'est pas un opposant politique, c'est un partenaire politique avec qui nous avons gouverné. Mais est-ce que, par contre, il y a des nuances sur le fond ? Oui, et c'est sur ça que nous allons débattre, et nous pouvons débattre sereinement et sainement sur ça. On va en parler sur le fond. Par exemple, sur la place de l'IA, sur la retraite qu'il veut à 67 ans, nous la voulons par capitalisation.
Edouard Philippe, il a ironisé hier sur les propos de Gabriel Attal, qui le trouvait trop pessimiste. Il dit, soyons sérieux, pas de sang, pas de larmes, mais un peu d'effort, oui. On a le sentiment que ça ne part pas très bien, quand même, entre ces deux lignes.
C'est vrai que nous, nous considérons que les Français sont déjà dans l'effort. Ils ont déjà la sueur au coin du front, quand ils se réveillent tôt le matin, vous le voyez en arrivant sur votre entraîne très tôt, et qu'ils partent tard le soir et qu'ils ont l'impression, pas qu'une impression d'ailleurs, qu'ils n'arrivent pas à finir leur mois correctement, qu'ils n'arrivent pas, peut-être, à partir en vacances, peut-être à projeter sur la rentrée. Et donc, Edouard Philippe est trop pessimiste, c'est ça ? Et donc, nous, notre enjeu, ce n'est pas de dire qu'il faut plus d'efforts, il y a déjà de l'effort.
Nous, notre enjeu, c'est de dire qu'il faut porter une ambition nouvelle pour qu'effectivement, nous puissions enfin avoir une puissance qui permet, tout simplement, de vivre avec... pas la carte de crédit de nos enfants et de nos petits-enfants, mais de dégager nous-mêmes des marges de manœuvre financière, avec notamment la révolution industrielle, la révolution, vous voyez, le petit lapsus, la révolution de l'intelligence artificielle qui est face à nous et que nous devons largement embrasser.
Et donc, ce que vous voulez dire, c'est que Gabriel Attal porte une vision plus optimiste que celle d'Edouard Philippe ?
Une vision d'espoir, ce n'est pas moi qui le dis. Ce sont les Françaises et les Français que nous rencontrons à travers nos déplacements. Moi, j'étais à Montpellier, à Perpignan, j'irais à Toulon cette semaine. Et c'est ce qui ressort énormément. C'est le seul qui, justement, n'est pas dans les petites phrases ou les petits slogans, mais bien dans des vrais projets d'ambition. Je le redis encore une fois, sur l'intelligence artificielle, sur l'école, sur nos frontières, sur l'Europe, sur l'énergie avec la géothermie, aussi bien pour le chauffage que pour refroidir les bâtiments. Et bien tout ça, c'est du concret. Et c'est de ça dont les Français ont besoin aujourd'hui.
Et il a parlé aussi du zéro déficit. Il faut du courage en ce moment pour promettre des réductions de postes alors que tout le monde réclame plus de postes. C'est le cas dans la magistrature, dans l'école, dans la fonction hospitalière. On a l'impression que tous les services publics craquent. Lui, d'une certaine façon, il avance en disant non, mais moi, je veux un zéro déficit.
Vous savez, en général, les candidats à l'élection présidentielle vous expliquent tout ce qu'ils vont faire sur tous les sujets. Et à la fin, à la fin, toute dernière minute, ils vont vous expliquer comment on le finance. Nous, on fait l'inverse. Le sujet de la dette et du financement, aujourd'hui, est au cœur des préoccupations des Français parce qu'ils savent très bien que si on ne gère pas, ça s'impactera sur eux par des augmentations d'impôts. Et sur les prochaines générations. Et donc, oui, Gabriel Attal fixe un cap et un cadre. C'est de façon assez simple. C'est moins 3% d'ici la fin du premier quinquennat et à l'équilibre d'ici 10 ans.
Avec effectivement un constat simple, c'est que deux tiers de nos dépenses sont sociales. Donc, oui, il faudra regarder dessus sur la réforme de l'assurance chômage, sur la réforme des retraites avec exactement aussi un plan de départ volontaire dans la fonction publique.
Tout ça, c'est ce que proposait Emmanuel Macron. On s'en souvient. Il n'y a pas loin de 10 ans.
Oui, mais il n'y a pas loin de 10 ans. Et puis, qu'est-ce qui s'est passé au cours des deux dernières années ?
Vous faites référence, quoi, au Covid, aux différentes crises ?
Non, des dernières années, ce n'est pas le Covid. C'est qu'avec la dissolution, eh bien, beaucoup de choses ont été balayées. Beaucoup de choses ont été remises en cause. Ce que je veux dire, c'est que le Garoui Al-Atal
s'inscrit dans la continuité d'Emmanuel Macron.
Mais encore une fois, on ne va pas se renier. Est-ce qu'on est libéraux économiquement ? Est-ce qu'on est pro-européens ? Est-ce qu'on est progressistes sur les valeurs ? Oui. Est-ce que nous considérons, en revanche, qu'il y a un certain nombre de sujets sur lesquels nous devons pouvoir revoir notre façon de fonctionner ? Oui.
Donc, la ligne politique reste la même, mais avec un mode de fonctionnement qui peut être différent. C'est un peu ça, l'idée.
Mais parce que le monde a changé. Est-ce que le monde de 2027 est le même que 2017 ? Non. Vous en conviendrez.
Comment vous allez faire pour vous départager avec Edouard Philippe ? Gabriel Atal a toujours dit, à peu près en janvier, il y a un moment donné où il faudra faire le bilan. Je sais qu'il y a un comité de liaison entre les deux camps qui est censé prévenir, justement, des coûts trop importants, peut-être. Les sondages donnent entre 5 et 6 points d'écart entre les deux, avec une progression, il faut bien le dire, de Gabriel Atal, mais aussi d'Edouard Philippe qui est en position, pour le moment, de se qualifier pour le second tour. Est-ce que ce seront les sondages qui vont déterminer le moment où vous allez dire, c'est Edouard Philippe ou c'est Gabriel Atal qui porte les couleurs ?
Vous l'avez très justement dit. Beaucoup parlent de cette nécessité de rassemblement avec des injonctions, voire même des tribunes. Gabriel Atal, lui, il le met dans le concret, dans l'action. C'est comme ça qu'il fonctionne toujours. Il n'est pas dans l'incantation, il est dans cette capacité d'action, cette force d'agir. Et donc, il a été à l'origine de la mise en œuvre de ce comité de liaison où chacune des familles politiques, Renaissance, UDI, Horizon, Modem, le parti radical, se réunissent pour savoir exactement quels seront le calendrier et les conditions de cette mise en œuvre de rassemblement. Ça va se faire, bien évidemment, je l'espère, d'ici la fin de l'année.
Mais que sur la base des sondages ? Que sur la base des sondages ?
Ça sera justement à ce comité de liaison de le déterminer.
C'est à eux de le dire, pardon.
Il y a une instance qui a été mise en œuvre.
Parce que s'il y a un ou deux points d'écart, vous faites comment ?
Mais c'est ce que je suis en train de vous dire. Il y a un comité de liaison qui a été mis en place. Ce n'est pas pour que je décide, moi, ici, sur le plateau de Sud Radio, toute seule, comment on va déterminer tout ça. C'est à eux de le faire. Ils se réunissent maintenant et l'enjeu, c'est plutôt, nous, tranquillement, de faire campagne, que chaque candidat puisse faire campagne et laisser ce comité de liaison travailler à ce calendrier et ce processus de désignation.
Alors, autre sujet d'actualité cette semaine qui ne concerne pas votre camp, mais qui va forcément avoir un impact important sur cette campagne électorale. Demain, la Cour d'appel rendra sa décision dans l'affaire des assistants parlementaires et qu'on le veuille ou non, ce sont les juges qui, d'une certaine façon, lanceront cette campagne électorale puisque leur jugement aura un impact immédiat et contraindra peut-être le RN à désigner Jordan Bardella.
Ce qui contraint le RN à attendre la date du 7 juillet... Ce serait une éventuelle condamnation, évidemment. Excusez-moi, il ne faut pas laisser dire ça parce que ce qui condamne le RN à attendre ce qui va se passer demain, effectivement, en termes de décision de justice, ce n'est pas la faute des juges ou d'un juge ou d'une décision... C'est parce que j'ai dit... Non, mais je préfère être très clair. Mais j'ai dit que de fait, la décision des magistrats aura un impact. C'est parce qu'elle est l'héritière d'un système qui permettait de détourner massivement de l'argent, de l'argent des Français.
Ils n'ont pas été les seuls. Il y a d'autres partis qui ont été... Ah, parce qu'ils ne sont pas les seuls,
alors elle aurait le droit.
Non, je ne les excuse pas. Je ne dis pas que c'est un droit. Je dis que c'est un fait.
Ils l'ont reconnu en plus. Ils l'ont reconnu. Ils ont estimé que justement, parce que ce n'était pas les seuls, alors c'était normal. Mais sur le fond,
est-ce que vous ne trouvez quand même pas curieux que ce soit d'une certaine façon une décision de justice qui impacte directement la campagne électorale ?
Mais à partir de combien dans les sondages on est au-dessus de la loi ? À partir de combien dans les sondages on a le droit de tout faire avec l'argent des Français ? C'est l'argent des Français. Et donc ce que je dis aujourd'hui, c'est que s'il y a quelqu'un qui ne doit pas être bien aujourd'hui, ce ne sont pas les juges qui vont rendre une décision de façon indépendante, c'est plutôt l'héritière d'un système financier de détournement d'argent qui effectivement sera fixé demain.
Prisia Tevno, vous attendez à quoi ? Marine Le Pen ou Jordan Bardella ?
Vous savez, peu importe, que ce soit l'un ou l'autre, il y aura le Rassemblement National pendant cette élection présidentielle et un Rassemblement National qui est au haut de les sondages. Et nous, ce qui nous importe, c'est de les combattre sur le fond. Et on peut même dire
qu'avec Jordan Bardella, les chiffres sont quand même presque supérieurs.
Et là se pose la question parce que sur le fond, il y a deux lignes qui s'affrontent. Celle de Marine Le Pen, des marinistes, comme ils le disent eux-mêmes, et celle de Jordan Bardella qui économiquement, sur l'Europe, sur un certain nombre d'enjeux, ne sont pas du tout sur la même ligne. Il y a un véritable jeu d'équilibriste idéologique au sein du Rassemblement National. Donc, après le 7 juillet, se posera une deuxième question. Quelle est la ligne du Rassemblement National ?
Gabriel Attel, il préférerait combattre Jordan Bardella ou Marine Le Pen ?
Avec Gabriel Attel, nous combattrons le Rassemblement National comme la LFI sur le fond, pied à pied.
L'avantage avec Jordan Bardella, c'est qu'on parlerait de la même génération. Ce serait deux hommes politiques à peu près de la même génération.
Ce n'est pas qu'une question de génération, c'est une question de fond. Je vous le redis encore une fois, les Français, là, ne sont pas sur le principe d'un casting de télé-réalité. Ils veulent savoir quelle sera leur vie demain, après demain. La position de la France en Europe et dans le monde. Et donc, sur ça, oui, le Rassemblement National est à combattre sur les idées, sur le fond. Et il y aura effectivement une ligne différente que ce soit Marine Le Pen ou Jordan Bardella, mais les deux sont à combattre pour nous.
Merci infiniment, Pritia Thévenot, d'avoir été l'invité de Sud Radio ce matin. Et je le rappelle, vous êtes soutien de Gabriel Attal dans cette course à la présidentielle et dans ce match entre Edouard Philippe et Gabriel Attal pour ce que l'on appelle le bloc central. Dans un instant, ce sera le grand débriefing. Merci, Pritia Thévenot, d'avoir été notre invité. Le grand débriefing. On va aussi beaucoup parler des incendies de forêt à nouveau ce matin et des incendies qui ravagent une partie des Pyrénées-Orientales. Les risques, et notamment avec le Tour de France et cette troisième étape qui passe par là dans un instant. Il est 8h31. Soyez les bienvenus sur l'antenne de Sud Radio.
A tout de suite.
Prisca Thevenot