Une Coupe du monde pour rassembler les Français ?
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Jusqu'à 20h, on refait le monde sur RTL avec Anne-Sophie Lapix. Vous allez voir où le match à moins de deux heures de l'entrée des bleus dans la compétition. Tout le monde sait à peu près où il sera pour suivre les exploits de Mbappé et ses coéquipiers face au Sénégal. Le foot, ce sont les meilleurs scores d'audience à la télévision et c'est une bonne nouvelle pour M6. Pourquoi ? Pourquoi ce sport nous réunit ? A quel point nous rassemble-t-il ? Est-ce qu'on a besoin du foot pour se souvenir qu'on vit ensemble ? On en débat avec les invités dont refait le monde. Reda Didi, directeur général de l'association Graines de France. Vous avez été conseillé au ministère de la Jeunesse et des Sports.
Bonsoir. Bonsoir. Philippe Sanfourche, au téléphone, notre envoyé spécial à New York pour RTL. Bonsoir Philippe.
Bonsoir Anne-Sophie, bonsoir à tous.
Olivier Guèze, essayiste. Vous êtes l'auteur de l'ouvrage Éloge de l'esquive autour de la culture du football et le dribble aux éditions Grasset. Bonsoir. Bonsoir. Et Cédric Chasseur, journaliste sportif à RTL. Bonsoir.
Bonsoir Anne-Sophie.
Et voilà, vous êtes deux à avoir mis votre maillot, je le précise. On refait le monde sur RTL. On a entendu reconnu l'hymne, enfin en tout cas la chanson qui est devenue l'hymne de l'équipe de France en 2022. Sinon la chanson elle remonte à 97 et c'était Gala. Alors on va parler du sport en lui-même. Mais d'abord, est-ce qu'on peut dire que les Français ont en ce moment envie de faire la fête ensemble, Olivier Guèze ?
Je pense que ça ne leur ferait pas de mal.
Oui.
Non, moi je ne vis pas à temps plein en France, mais moi j'ai quand même une sensation de sinistrose un petit peu, enfin globalement en Europe. Et je pense que cette coupe du monde peut éventuellement tomber à pic pour en sortir, en tout cas l'oublier pendant quelques semaines.
Et le foot, c'est le meilleur prétexte pour faire la fête, Reda Didi ?
C'est l'un des prétextes, c'est quelque chose qui fonctionne assez bien, on l'a vu en 98 en particulier, mais avant et après. On l'a vu aussi avec la finale de la Ligue des Champions avec le PSG. Il n'y a pas si longtemps. Ça donne envie, les barres sont remplies, les rues sont pleines et les sourires sont sur les visages.
Et alors écoutez, je vous propose d'écouter Louise qui est au camping de Marc en Calaisie et c'est Franck Hanson qui a recueilli son témoignage tout à l'heure, écoutez-la.
C'est parce qu'on espère juste qu'ils vont nous faire rêver encore une fois. L'équipe de France, ça fait quelque chose quoi. C'est notre pays, ça permet aux gens de se réunir, d'être bien ensemble, de profiter, je ne vais pas dire de boire un petit verre, mais un petit peu quand même. Et puis bon, on croit en eux et puis qu'on est la troisième étoile. Parce que ça fait du bien quand même, je veux dire, on peut se réunir pour des choses comme ça, sans souci. On va essayer de les supporter le plus qu'on peut.
Voilà, ça fait du bien, nous dit Louise. Pourquoi on entend souvent cette phrase, il n'y a que le foot qui permet de vivre ça ? Qu'est-ce qu'il a de plus, le foot, qui veut répondre ?
Déjà, il est très populaire, tout bêtement. Les gens aiment ça et en France, ça n'a pas toujours été le cas. Pendant très longtemps, la France n'était pas très bonne au football et donc les Français ne se retrouvaient pas dans le football. Ça ne correspondait pas à l'idée qu'ils se faisaient d'eux-mêmes et de leur pays. Et puis au fur et à mesure, à partir des années 80 et surtout avec la victoire en 1998, il y a eu un vrai engouement, parce que la France gagnait. Qu'est-ce qu'il a de plus ? Il transcende toutes les frontières sociales, les frontières géographiques, il y a une espèce d'engouement. Et c'est une chose assez étonnante quand même.
Maintenant, les femmes, les enfants, toutes les classes, tous les milieux se rassemblent autour du ballon quand ça fonctionne.
Oui, c'est ça.
Quand ça fonctionne en France.
71% des Français disent discuter de foot de temps en temps avec leur entourage. C'est beaucoup. Pourquoi ? Comment ça rentre dans les conversations, Cédric Chasseur ?
Est-ce que vous avez fait vos paris, par exemple ? Parce que ça, ça rentre par exemple dans la discussion. C'est vrai qu'on fait tous désormais, on est tous dans les groupes, dans les boucles, à essayer de faire ses paris, à jouer au classement de qui sera le meilleur, à pronostiquer tel ou tel score. Et puis, il y a un côté partage que n'offrent pas d'autres secteurs de la vie. C'est-à-dire que le foot et le sport en général, l'auditrice, la spectatrice interrogée par Frank Hansen l'expliquait. C'est-à-dire que, limite, on met son cerveau sur off, on ne pense plus à ce qui fait la difficulté du quotidien, on ne pense plus à ce qui se passe à l'extérieur.
On a des gens à côté de soi qui vivent la même chose que nous, on est transcendés par les mêmes émotions. On vit des émotions qu'on ne vit pas dans notre quotidien. Et au travers de ce que vivent les footballeurs aussi sur le terrain, on est partagé par à la fois la joie de la victoire, la tristesse d'une défaite, la pression d'un tir au but. Il y a quelque chose qui prend au trip dans ce genre de moment-là. Et c'est ça aussi qui est réuni, je pense. On vit dans des sociétés ultra décentrées. Chacun peut composer ses programmes, sa musique. Au fur et à mesure, tout ce qui faisait la centralité d'une société a quasiment disparu.
Mais il y a un truc, il y a un rendez-vous, par exemple, ce soir à 21h. Et là, tout le monde sera devant un écran de télévision, comme il y a 10 ans, comme il y a 20 ans, comme il y a 30 ans, comme il y a 40 ans. Et ça, il n'y a quasiment plus d'événements comme ça à Fédérateur. Donc c'est très particulier au football.
Et est-ce que c'est aussi parce que le foot est accessible, parce que les règles sont simples à comprendre ?
Oui, les règles sont simples à comprendre. On peut y jouer un peu partout. Le football aussi, moi j'étais avec la FFF sur la banlieue de Nantes, dans un milieu très rural. C'est féministe beaucoup, beaucoup, beaucoup. Il y a maintenant beaucoup d'équipes de filles qui viennent, qui entrent, qui prennent leur place. Enfin ! Absolument ! On leur ouvre la porte ! Mais on a encore plus ouvert le football, c'est-à-dire que c'est encore plus ouvert qu'en 1998, finalement. Il y a plus de participation, on joue un peu plus avec ces notions et cette égalité. Et c'est vrai que c'est aussi peut-être encore l'une des rares arènes qui reste ouverte, simple à faire. C'est pas cher aussi ?
C'est pas cher aussi ? C'est pas cher. C'est gratuit. C'est gratuit pour les événements. Oui, à la télé ? Sur le stade, c'est un peu plus compliqué. Aujourd'hui, vous voulez aller au cinéma, ça coûte cher. Vous voulez sortir au restaurant, ça coûte cher. C'est aussi pour des familles entières, peut-être la dernière escapade possible à très faible coût. C'est-à-dire que l'entrée est souvent gratuite dans les fan zones, dans des lieux où on peut se réunir avec des amis, avec la famille. Et il faut juste aller acheter sa consommation, une pizza à la rigueur.
Vous alliez dire une bière. Non, attention, on n'incite pas à la consommation. Je suis resté très larme. Et c'est aussi, si on aime ce spectacle, c'est aussi parce qu'on le pratique. C'est quand même un sport extrêmement pratiqué. Qui ne connaît pas un petit garçon qui, le dimanche, va jouer ou espérait jouer ? Et accompagné par ses parents, ça concerne des millions de personnes en France ?
2,4 millions quasiment licenciés en France, ne serait-ce que pour les licenciés, ceux qui ont pris une licence. Et dans des clubs, il y a aussi le football entreprise, il y a d'autres formes de football. On n'oublie pas les terrains de foot à 5, les 5 qui permettent aussi et qui se multiplient aussi, notamment dans beaucoup de quartiers. On a ouvert ce genre de terrain. Et ça permet au plus grand nombre d'avoir accès à ce foot. On a des coupes du monde des quartiers aussi. Et puis le nombre d'adhérents est multiplié par 2. Parce que vous avez souvent les parents et les grands-parents qui viennent, qui aident, qui accompagnent.
Parce qu'il faut une voiture pour pouvoir aller au stade, pour pouvoir aller aux différents tournois. Et puis c'est aussi un moment...
Ça structure en fait la vie des familles.
Absolument, ça structure la vie de beaucoup de bourgs, de beaucoup de villages, de beaucoup de villes sur nos territoires.
Oui, parce que c'est autant dans la ruralité que dans les quartiers prioritaires.
Là, pour le coup, oui, ça marche partout. Mais est-ce que le football... Pardon, et même chez les bourgeois. Non mais ça...
Mais justement, c'est ce que j'allais dire. Est-ce que le football se joue des classes sociales ?
Non mais c'est le trait d'union d'une société. Si ça fonctionne, parce que là, si la France se fait éliminer au premier tour, ça ne marchera pas. Mais on l'a bien vu, on va dire, les 20-30 dernières années quand l'équipe de France fonctionne. Tout d'un coup, la société oublie ses tensions. Enfin, elle met tout de côté et le pays se rassemble, vibre, s'amuse, joue ensemble en fait. Mais il faut que ça marche parce que la France n'est pas un super pays de football par rapport à d'autres.
Un super, ça veut dire ?
Ça veut dire qu'on aime le football depuis que la France est une très, très bonne équipe.
Depuis 98 ! Le foot nous réunit. Est-ce qu'il nous représente ? Est-ce que la société lui ressemble ? Est-ce qu'il peut la cimenter ? On en débat après l'essentiel de l'info de Claire Shekaglini. Toute la journée, RTL vous accompagne. RTL, votre radio. Anne-Sophie Lapix. On refait le monde sur RTL. Il est 19h30, l'essentiel de l'info avec Claire Shekaglini.
Plus qu'une heure et demie avant l'entrée en liste des Bleus au Mondial dans la banlieue de New York. Face aux hommes de Didier Deschamps, de redoutables Sénégalais champions d'Afrique. Un match qui aura donc valeur de test pour la solidité des tricolores favoris de la compétition. Un événement à vivre bien sûr sur RTL et sur M6. La chaîne du Mondial coup d'envoi à 21h. Des euros de français et des épreuves de grand oral reportées en raison de la chaleur. Scénario à l'étude pour l'éducation nationale. Car le thermomètre devrait avoisiner la semaine prochaine les 40 degrés dans plusieurs régions. Les directeurs et directrices d'écoles primaires.
Deux fois plus pris à partie par des parents d'élèves comparés à 2013. Chiffre édifiant d'une étude réalisée pour le syndicat UNSA. La rétention administrative rallongée jusqu'à 7 mois. Le texte vient d'être définitivement adopté à l'Assemblée nationale. Cette proposition de loi faisait suite au meurtre de Philippines. Dont le meurtrier présumé est un Marocain sous obligation de quitter le territoire. Changement de propriétaire pour le BHV du Marais à Paris. Et celui de Parly 2 dans les Yvelines. A l'automne dernier, le patron avait mis dans ses rayons l'ultra fast fashion chine. Désormais il cède ses fonds de commerce.
Le repreneur veut repositionner ses grands magasins sur la décoration et le bricolage. Au Moyen-Orient, le blocus américain des ports iraniens a été levé. C'est ce qu'indique Téhéran au surlendemain de l'annonce de l'accord. Iran-Etats-Unis. Merci Claire, on vous retrouve à 20h.
Anne-Sophie Lapix, on refait le monde jusqu'à 20h sur RTL. Quel est ce lien que nous pouvons ressentir face à un match de foot de l'équipe de France ? Est-ce que c'est sérieux ? Est-ce que c'est un sentiment d'appartenance à la même nation ? Est-ce que c'est l'envie de partager, de vivre des émotions ensemble ? On a des souvenirs en tête de victoire et de célébration. On va essayer de comprendre de quoi il s'agit avec nos invités. Reda Didi, directeur général de l'association Graines de France. Philippe Sanfourche, notre envoyé spécial à New York pour RTL. Olivier Guèze, essayiste, auteur de l'ouvrage Éloge de l'esquive. Et Cédric Chasseur, journaliste sportif à RTL.
On refait le monde sur RTL.
On a des supporters français déjà bien chauds à côté de moi. Nous sommes dans une forme optimale. Ça va être détonnant. On va les faire, on va les faire, on va les faire. Vous pensez qu'on va gagner ? On va être convaincés, c'est costaud le Sénégal. C'est costaud, mais nous on a une bonne équipe, bien organisée. Puis on va tout donner pour faire une bonne entrée dans la Coupe du Monde.
Alors Philippe Sanfourche, vous êtes sur place, vous êtes à New York. Qui sont ces supporters prêts à faire ce grand voyage pour aller soutenir l'équipe de France ?
Ce sont des supporters pour certains qui ont cassé la tirelire et qui ont prévu ça depuis de longs mois et qui viennent de France. Vous avez aussi des expatriés de la communauté française en Amérique et notamment dans cette région de New York, forcément avec beaucoup de gens. Donc on se réunit, on se rejoint. C'est vrai qu'ils seront pas loin de 5 000. La fédération a vendu en tout cas quasiment 5 000 billets pour remplir en partie les travées de cet immense MetLife Stadium.
Et on va les entendre, on va les voir. Ils sont regroupés, il y a un virage français ou c'est pas comme ça que ça se passe ?
Non, ça c'est une vraie spécificité du sport aux Etats-Unis. C'est une façon différente de procéder par rapport à nos habitudes. Ça part tout simplement de raison sécurité pour éviter les rassemblements, d'éventuels attroupements. On tient évidemment toujours à ce sport spectacle, mais familial. Il n'y a jamais eu de question de hooliganisme ou de problème d'opposition de supporters aux Etats-Unis. Donc la tradition, c'est que vous achetez votre place et vous êtes disséminés un petit peu partout dans le stade. Donc ça veut dire qu'il va y avoir des Français, des Sénégalais qui vont se croiser.
Alors ça peut être très sympa, ça peut aussi parfois causer des soucis parce qu'on n'a pas l'habitude de cette culture foot aux Etats-Unis. Lorsque nous étions là pour le déplacement des Bleus au printemps avec deux matchs de préparation face au Brésil et à la Colombie, on avait vu, non pas des échauffourés, mais on avait vu quelques supporters un petit peu chauds colombiens qui avaient peut-être un petit peu abusé de la bière et qui commençaient à être un petit peu énervés en voyant des supporters français avec leur maillot. Ça peut aussi créer peut-être des tensions nouvelles qu'on ne connaît pas aux Etats-Unis.
Mais globalement, l'ambiance est extrêmement bonne enfant et on verra donc environ 5000 Français disséminés un petit peu partout dans le stade.
On a entendu les supporters le dire, on va gagner, on a marqué. Pourquoi on s'identifie autant à notre équipe nationale, Olivier Guaise ? Pourquoi on dit on ? Ben nous qui sommes sur le terrain.
On dit souvent on, parfois on dit il pour le gouvernement et pour les cul de tout, on dit on. Non mais c'est une équipe, en fait, sur le papier qui est magnifique, qui est peut-être la meilleure équipe depuis 20 ans si on regarde les dernières compétitions. Et donc oui, il y a évidemment une identification à une équipe super brillante et à un moment où la France ne brille pas peut-être nécessairement. donc on se reconnaît évidemment davantage dans cette équipe. Après, comme le dit Olivier, on a gagné, on a marqué, ils ont perdu. Ils ont perdu. Oui, c'est ça. Très important.
Mais c'est en tout cas le meilleur moment de constater qu'on appartient à la même nation.
Il n'y a aucun problème là-dessus. Il n'y a aucun souci à mettre le maillot bleu-blanc-rouge, à se sentir appartenir à une nation commune, à faire la fête ensemble, quel que soit le milieu social en effet duquel on vient. Au niveau du foot, on n'a jamais rencontré. Mais c'est vrai que c'est souvent suspendu à la victoire. En 2010, il y avait moins de on, il y avait plus de il.
Oui. 2010, nice now, victime d'Afrique du Sud.
Même 2002, sans revenir à des cas extrêmes. Mais 2002, quand l'équipe de France se fait éliminer en Corée du Sud et au Japon de façon assez lamentable.
Avec ce premier match face au Sénégal.
Avec ce premier match face au Sénégal. On ne va pas évidemment rappeler les fantômes de Séoul. Mais c'est sûr que les bons souvenirs, on s'y associe plus facilement. C'est un moment de fête, un moment où on est dans un moment de joie. Et les mauvais moments, on préfère se dissocier, pointer du doigt, essayer de vouloir tout balancer. Et vraiment essayer de faire changer les choses. Et dans ces cas-là, c'est vrai qu'on a moins envie de s'associer à ce genre d'événement.
J'interromps ce débat parce que nous retournons tout de suite au stade retrouver Philippe Sanfouche qui a la composition de l'équipe de France. Ça nous intéresse aussi.
Oui, c'est la composition officielle. Je vais vous rassurer tout de suite. Il n'y a aucune surprise, donc aucune mauvaise surprise d'absence de dernière minute. Ce sont bien les 11 joueurs qui étaient annoncés que Didier Deschamps avait en tête depuis maintenant de longues semaines. Donc Mike Mignan dans les buts de l'équipe de France. La défense composée de 4 joueurs. Saliba, Upamecano, Koundé, Théo Hernandez. Les deux milieux de terrain défensifs seront Adrien Rabiot et Aurélien Chouamini. Et puis le quatuor offensif qui fait rêver la terre entière. Le ballon d'or, Ousmane Dembélé. Kylian Mbappé à la pointe de l'attaque. Le jeune prodige désiré doué du Paris Saint-Germain sur la gauche.
Et la nouvelle star montante du Bayern Munich, Michael Olysee à droite. Voilà pour le 11 de départ pour débuter cette Coupe du Monde face au Sénégal.
Pas de surprise et c'est plutôt rassurant. Il n'y a pas de surprise. Vous évoquez les bons moments en 98 évidemment. Il y a la victoire, la première victoire en Coupe du Monde de l'équipe de France. Et dans les commentaires, celle de la France Black Blanc Beurre. Est-ce que ce métissage heureux a vraiment existé d'après vous Olivier Guèze ?
Il a existé une soirée oui.
Une soirée, oui ça ne fait pas beaucoup.
Ou peut-être quelques jours. Non, c'était quelque chose de joli en 98. Mais enfin, ça n'a pas empêché Jean-Marie Le Pen, 4 ans plus tard, d'être au deuxième tour de l'élection présidentielle. On a la mémoire courte. Mais effectivement, dans l'élan d'une victoire, on peut tout dire et on peut rêver.
Mais à ce moment-là, ça n'a pas changé le regard quand même sur les banlieues, sur cette mixité qui était valorisée. Ça n'a pas...
Peut-être le 12 juillet 98 et l'été qui a suivi, qui était totalement euphorique en France. Je m'en souviens. Mais par la suite, on a bien vu que le regard n'avait pas changé. En 2001, il y a eu ce France-Algérie où là, pour le coup, ça s'est très très très très mal passé avec l'envahissement du terrain. En 2002 et 2010, on a repris le même débat sur les banlieues. Mais alors, pour le coup, après Knaissna, dans un sens tout à fait inverse. Donc, la vérité... Moi, je suis toujours assez méfiant quand on veut trop extrapoler par rapport au football. Ce sont des athlètes de super haut niveau. Ce sont quasiment des extraterrestres. En fait, ils vivent ailleurs.
Ils représentent la nation, mais...
Ce n'est pas le miroir de notre société.
Non, ce serait trop facile. C'est une parenthèse. C'est une vraie parenthèse. En fait, il faut se mettre dans une bulle à ce moment-là. C'est quelque chose hors du temps. On est dans un moment où le quotidien n'existe plus. Et les problèmes qu'on peut avoir avec notre voisin, limite, il peut être à côté de nous avec le même maillot. On va le prendre bras dessus, bras dessous. Et puis, trois jours plus tard, on reprendra nos querelles. Mais c'est vrai qu'il faut prendre plus ça comme vraiment une parenthèse. Reda Didi ? Moi, j'allais dire, je suis assez d'accord avec ce qui vient d'être dit, mais la situation des quartiers populaires à ce moment-là est totalement différente.
Il y a 20 ans, il y a 30 ans, ce n'était pas ce qu'on vit aujourd'hui. Et la mixité était beaucoup plus importante. Et le vivre ensemble existait, en fait. Il est apparu aux yeux de tous avec l'équipe de 98 qui a gagné la Coupe du Monde. Mais vous allez dans les différents quartiers populaires. Il y avait une grande mixité. Vous avez une grande variété de Français qui vivaient ensemble et des gens avec l'immigration.
Il n'y a pas eu les mêmes commentaires en 2018.
C'est totalement différent. Vous aviez beaucoup de mariages mixtes. Vous aviez des gens qui avaient une maîtrise du français. Il faut revoir les images de l'INA. Vous pourrez prendre de 81 jusqu'à 98. Ils ont un français impeccable. Un français, milieu rural comme milieu urbain, on parle à peu près le même langage. D'ailleurs, on est très mélangé entre milieu rural et milieu urbain. Et 98 vient montrer à l'image que cette équipe diversifiée arrive à gagner. C'est ça que ça vient montrer. C'est-à-dire, en effet, créer une parenthèse, l'ouvrir et la refermer. Ensuite, les comparatifs. Et là où je suis totalement d'accord avec vous, c'est que 2018, c'est une parenthèse.
En effet, on ouvre une parenthèse où on arrive à recréer du vivre ensemble. Et on la referme après la fin et la victoire de la Coupe du Monde. Et parce qu'aussi, j'allais dire, des ressorts de fonds qui sont sur nos territoires, qui sont dans notre société, qui sont dans notre pays, sont présents ici et sont à l'œuvre.
Alors, il y a une autre forme de parenthèse que constitue cette Coupe du Monde 2026. Elle est plutôt hors sol avec des prix, des billets, une distance entre les villes qu'il accueille. Volonté de Donald Trump d'en faire sa compétition. Est-ce que le foot est en train de vriller ? On débat après la pause. Cette émission vous plaît ? Abonnez-vous au podcast sur l'appli RTL. Soyons clairs, le foot, Trump, ce n'est pas son truc. Ce n'est pas le sport américain par excellence. Mais c'est un bon business et ça compte, peu importe les critiques. Ça rapporte aux Etats-Unis, qui accueillent la majorité des matchs. Ça n'est pas mauvais non plus pour l'image.
Et ça, tous les politiques l'ont compris depuis longtemps. La Coupe du Monde de foot n'est-elle qu'une vaste opération de com'. On en parle avec Reda Didi, directeur général de l'association Graines de France. Philippe Sanfourche, notre envoyé spécial à New York pour RTL. Olivier Guèze, essayiste et auteur de l'ouvrage Éloge de l'esquive aux éditions Grasset. Et Cédric Chasseur, journaliste sportif à RTL. On refait le monde sur RTL.
En sorte de faire l'effort pour l'équipe de France, c'est une fois tous les 4 ans, c'est unique. Je pense que c'est ça, ce tour de 10 000 euros. Quand on aime, on ne compte pas. Ce n'est pas tous les jours. Quand on est animé par cette passion, on n'a même pas le sentiment de faire des sacrifices.
Alors, voilà, on le disait tout à l'heure avec Philippe Sanfourche. Philippe, est-ce que cette Coupe du Monde 2026, de tous les excès, c'est la Coupe du Fric qui nous éloigne des valeurs du foot ?
Oui, un petit peu. On est obligé de le constater parce que les prix des billets, on l'a dit, ils ont été multipliés par 2, 3, 4. Un billet pour la finale, c'était aux alentours de bien placer 1 500 euros à Doha. Vous êtes à 7 000 euros. Donc, vous voyez, c'est la culbute. Et tout est à l'avenant. On le voit dans le prix des parkings autour du stade, de l'ensemble des choses qui viennent se greffer au football. C'est un énorme business. Ce sont des revenus qui vont être quasiment multipliés par 2 par rapport au Qatar. La FIFA qui fait, il faut le savoir, 80% de ses recettes globales sur une période de 4 ans qui sont des retombées de la Coupe du Monde.
C'est-à-dire que sur les 11 milliards de bénéfices de recettes générés par la FIFA, il y a 9 milliards qui seront directement, qui auront dégouliné de cette Coupe du Monde aux Etats-Unis. Donc, c'est un enjeu monumental sur le plan économique.
Est-ce que c'est un sport de riche, pour les riches en tout cas, aux Etats-Unis ?
Si on veut voir la match au stade, c'est compliqué. Il faut avoir des moyens. C'est vrai que même s'acheter un maillot, ça devient quelque chose de 160 euros le maillot. Ils en ont mis un peu plus accessible à 15 euros, je crois. Est-ce qu'il perd son âme, le foot ? On pourrait dire oui. J'allais répondre de façon philosophique à cette question. Ou en même temps, oui et non. Mais on a encore la chance en France d'avoir une chaîne de télé qui diffuse gratuitement. Donc, espérons que ceci perdure. Parce que quand vous avez des matchs de la Ligue des Champions, par exemple, finalement, si on n'est pas au bar ou autre, on ne peut pas le regarder chez soi.
Et là, ça devient un sport de riche, en effet. Mais à titre de comparaison, juste, si on prend l'exemple de 1988, je prends une époque évidemment qui est complètement révolue. Mais pour la finale, si on fait l'équivalent francs-euros, c'était aux alentours de 300-350 euros la place la plus chère. Aujourd'hui, c'est le prix d'une place quasiment juste de parking pour le SoFi Stadium de Los Angeles. Ce n'est même pas le prix pour aller voir le match. C'est le prix pour aller se garer avant d'aller dans le stade.
Et il y a déjà une différence qui est notable entre ne serait-ce que la Coupe du Monde au Qatar, où en plus, tous les stades, du fait de la typographie du pays, étaient très rapprochés avec tout qui était quasiment dans la capitale ou juste aux alentours. Donc, on pouvait aller ne serait-ce qu'en transport d'un stade à un autre. On pouvait aller voir un match un jour, un autre match le lendemain. Là, tout est tellement gigantesque que tout prend des proportions extrêmes en termes de prix. Ça fait très longtemps que le football international de très haut niveau a perdu son âme. Ce n'est pas nouveau.
La Coupe du Monde aux Etats-Unis est le dernier exemple d'une évolution qui a commencé dans les années 90. Le football est devenu une industrie absolument gigantesque qui brasse des milliards. C'est devenu un sport à enjeux politiques, financiers, économiques, symboliques. Donc, l'âme, oui, elle est partie depuis longtemps. Et le summum de tout ça, c'est la FIFA, qui est une bande d'escrocs, littéralement. Un fantineau, le président de la FIFA, est un personnage qui... Il est devenu le meilleur ami de Trump, mais ça aurait été un autre président des Etats-Unis. Il serait devenu le meilleur ami de l'autre président des Etats-Unis, comme il était le meilleur ami de l'émir du Qatar.
Avant, il y avait les Coupes du Monde chez Poutine. Tout ça est une vaste blague. Mais nous sommes otages, parce qu'on aime ça. Et alors, on peut dire tout ce qu'on veut avant la Coupe du Monde. Moi, je me souviens, avant le Qatar, j'avais dit, « Ah non, je ne vais pas regarder, c'est scandaleux, les droits humains. » Au bout de deux ou trois jours, j'ai lâché, j'ai commencé à regarder, et puis j'ai tout regardé. Là, cette fois, je n'ai fait aucun grand discours avant les Etats-Unis. Oui, soyons prudents. C'est une passion absurde et dévorante. C'est le titre d'un autre bouquin que j'ai écrit sur le football. Et la FIFA le sait.
Donc, elle sait qu'il y aura des gens qui paieront 1 000, 2 000, 3 000, 4 000, 5 000, voire 10 000 dollars pour un billet, puisqu'en plus, on peut les revendre. Donc, il y a tout un système de deuxième marché. Et tout le monde tombe dans le panneau. Et nous, les premiers, la preuve, on en parle encore ce soir.
Est-ce que c'est un sport de droite ou de gauche ? Je pose la question. On parlait de Trump.
Ni l'un ni l'autre, justement. C'est ça qui fait la grandeur du football. C'est-à-dire qu'à la fois, vous avez des exploits individuels. Et d'un autre côté, même les joueurs les plus individualistes, les plus persos, vous diront que l'équipe, et sans l'équipe, ils ne peuvent rien faire. Donc, c'est ça, c'est la magie de cette petite affaire. C'est qu'en fait, qu'on soit de droite ou de gauche, si on aime ça, on tombe dedans.
Et les politiques, c'est pareil. Les amateurs de... En France, on a beaucoup de politiques amateurs de foot.
De droite comme de gauche ? Oui, absolument. De droite comme de gauche. Après, il y a plus ou moins d'opportunisme là-dessus.
C'est ça aussi.
Sachant que le peuple aime bien. En général, le politique aime bien. Ça suit. Mais, pour revenir à votre question, le football est-il de droite ou de gauche ? Ça dépend de la pratique, en effet. Et ça dépend aussi de l'entraîneur.
La façon dont on joue.
De droite ou de gauche. Exactement. Et puis, ça dépend aussi de l'entraîneur. J'ai l'impression que quand on crée du collectif, ça répond à plus de valeur que d'autres. où, finalement, on va mettre en exergue une individualité ou des stars dans l'équipe. Et il n'y a encore pas très longtemps, il y avait une équipe des parlementaires. Alors, c'est vrai que l'arrivée à la fois du RN d'un côté et de la France Insoumise de l'autre a mis un peu à mal cette équipe de France des parlementaires. On ne joue plus ? Si on y joue, on y joue beaucoup moins.
Mais quand l'hémicycle était davantage gauche-droite, on avait à la fois des parlementaires des Républicains ou de l'UMP de l'époque et de l'autre du PS. Et ça jouait au foot sans aucun problème sur le même terrain avec le même maillot.
Emmanuel Macron, au début du mois, s'est rendu à Clairefontaine. Est-ce qu'une France victorieuse laissera une meilleure image de la France de Macron, tout simplement, derrière lui ?
S'il arrive à faire deux mandats successifs plus deux Coupes du Monde...
Ce victoire en début et en fin, ça peut aider ?
C'est plutôt pas... Plus une finale, ouais, c'est plutôt... Moi, je me souviens, après la victoire de 2018, l'état de grâce avait duré peut-être quelques jours. On n'était pas du tout dans la vague sur laquelle Chirac avait surfé. Chirac n'y connaissait absolument rien au football. Il n'aimait pas ça du tout.
Oui, on se souvient de cette image extraordinaire où on donne les noms des joueurs. Et lui, quand ils arrivent au Stade de France, évidemment, il a un peu de mal à suivre. Il n'y connaît pas.
Il est vrai que j'y l'avais. Oui, on lisait sur ça. Pour le coup, Macron aime vraiment le football. Mais je ne sais pas si ça suffira, pour le coup.
Philippe Sanfourche, vous, qui êtes dans le stade, est-ce qu'il y a des hommes politiques qui sont attendus ? Français ?
Non, pas à ma connaissance, pour le moment. En tout cas, la fédération a surtout insisté pour avoir des champions, des anciens de l'équipe de France. Je pense à Gentiliana, à Robert Pires, à Basile Bolli, qui sont là. Il y a évidemment la ministre des Sports, Marima Ferrari, ce qu'on entendra d'ailleurs, normalement, sur RTL tout à l'heure. En tout cas, c'est programmé. Mais pour ce qui est, évidemment, ce qu'on attend toujours, c'est de savoir quand est-ce que le président Macron pourrait venir. C'est souvent en deuxième partie de compétition, quand les choses deviennent sérieuses. Généralement, ça se joue à partir des demi-finales.
Voilà. On ira, on ira, on le suivra, on verra bien. Merci beaucoup, Philippe. Et merci à vous tous d'être venus dans ce studio par les foot. Surtout que je sais que d'ici une heure, vous avez quelque chose à faire. Très important. Demain, Thomas Soto recevra Laure Miller, députée Ensemble pour la République de la Marne. Quant à Marc-Olivier Fogel, il accueillera Yossi Cohen, ancien directeur du Mossad, qui raconte son parcours dans un livre. Il est l'heure de retrouver Eric Sylvestreau. Bonsoir, Eric.
Bonsoir, Anne-Sophie. Bonsoir à tous. Ça y est.
Vous avez des choses à faire ce soir ?
Ça fait deux jours que je ne dors plus. Je veux un match de l'équipe de France. Ça y est, enfin, qu'on passe à autre chose. Ça y est, qu'on rentre dans cette compétition.
On va y rentrer. À tout de suite. Écoutez RTL.