ZOHRAN MAMDANI : LE NOUVEL ESPOIR DE LA GAUCHE US
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Cette 2e saison de CDDM a quand même pas mal été sous le signe de Donald Trump. Trump par-ci, Trump par là. Si vous en avez ras la casquette maga comme moi, je me suis dit que pour cet épisode, on allait parler de l'inverse de Donald Trump, Zoran Mamdani.
Il fait des TikTok cool parce qu'il est cool. Vainqueur surprise de la primaire démocrate pour la mairie de New York, Mamdani est devenue la cocuche des progressistes aux États-Unis. Yes.
Yes. Âgé de 33 ans seulement, membre de l'aile gauche du Parti démocrate, d'origine indienne et de confession musulmane, il est devenu la bête noire des conservateurs et de ce bon vieux Trump en particulier qui a carrément menacé de l'arrêter s'il mena une politique de défense des migrants. Alors Zoran Mamdami est-il vraiment un communiste à la manière de Fabien Rousell ?
Vive la France ! Vive la 6. Que représentet-il dans le pays où l'extrême droite la plus dangereuse du monde est au pouvoir ?
Et est-ce que vous avez déjà entendu les mots cocluches et bêtes noires utilisés par quelqu'un d'autre que des journalistes ? La réponse à presque toutes ces questions, c'est tout de suite dans ces DDM. [Musique] À New York, la ville monde toujours debout malgré de multiples affrontements de super-héros Marvel avec des méchants.
La grosse pomme, comme disent les gens nées avant la chute du mur, est organisée en cinq arrondissements ou Borau : Manathan, le Bronx, Brooklyn, le Queens et Staten Island. La ville compte 8 millions et demi d'habitants au cœur d'une agglomération de 20 millions de personnes. Cette ville, c'est un centre universitaire, financier et politique au niveau mondial.
On y trouve par exemple l'université de Columbia, on y trouve Wall Street ou encore le siège des Nations- Unies. Et et c'est important, c'est la ville d'origine de Donald Trump. Et c'est aussi là que se trouve le très clinquant siège de l'entreprise familiale, la Trump Tower.
Alors, vous devez demander pourquoi je vous résume la page Wikipédia de New York. Alors, déjà, j'ai un peu rajouté des blagues donc un peu de respect. Et ensuite, c'est pour souligner l'importance planétaire de cette ville.
Ce qui se passe politiquement dans la ville qui ne dort jamais et scruté dans toute la planète, en tout cas dans tout le monde occidental. On avait notamment beaucoup discuté de la victoire de la démocrate du Bronx, Alexandria Oasiooio Cortez, aux élections de la chambre des représentants de 2018. Et avant ça, comme Zoran Mamdani, elle avait remporté une primaire face au candidat de l'establishment démocrate.
Et comme Mam Dan, elle avait remporté cette victoire pendant un mandat de Donald Trump. Et comme lui, elle est membre des 10 essay les socialistes démocrates d'Amérique, une organisation très ancrée à gauche. Mélenchon est même allé à un de leur meeting récemment.
First word in English. Après les 10S, eux ont dans leur programme l'abolition du capitalisme et la socialisation des moyens de production à long terme. Même si en pratique c'est un peu plus compliqué que ça, on va le voir.
Comme d'autres États à l'instar de la Californie dont on a déjà parlé dans cette émission, la ville et l'État de New York font figure de bastion progressiste face à une extrême droite de plus en plus décomplexée. Voici donc en plein cœur du parc national des Everglades et des marécages protégés ce que l'on appelle l'alcatrase des alligators, le nouveau centre de détention pour migrants. Tout est neuf. asceptisé et à l'intérieur des pavillons des cages.
Dans ces cages des lits superposés alignés et la figure de Mamdani est donc un repoussoir pour cette extrême droite pour plusieurs raisons. Déjà, je l'ai évoqué, il est musulman. Dans un pays qui a récemment rétabli le Muslimban, ça a du sens de l'évoquer.
Le centre de l'étude de la haine organisée, une ONG qui lutte contre les discours haineux, a relevé une explosion des messages islamophobes en ligne au moment de la victoire de Mamdani. Sur les 1933 postes que les chercheurs ont examiné le plus attentivement, 39,4 % contenaient des propos explicitement antimusulmans, ciblant soit Mamdani spécifiquement ou les musulmans plus largement. Ces postes présentaient fréquemment l'islam comme incompatible avec un mandat d'élus, avec des phrases comme le candidat musulman extrémiste et des alertes à propos de la mise en place de la charia.
D'ailleurs, ça a fait des remous jusqu'à chez nous puisque nos islamophobes maisons comme Caroline Fourest ont réagi. Foreste, elle a dit sur le réseau de l'autre nazi que Mamdani était proche des frères, comprendre des frères musulmans. Bon après, il est cheit, les frères musulmans sont sunites, il a aucun lien avéré avec eux mais il est musulman.
Il a même pas besoin d'avoir un frère. C'est bon, c'est réglé. Comme le sous-entend Fourest dans son tweet, il s'est aussi beaucoup exprimé pour la Palestine, ce qui a rapidement été considéré comme une menace par les conservateurs qui ont rapidement sorti les accusations d'antisémitisme. des accusations loin d'être anodine à New York, la ville en dehors d'Israël qui compte la plus importante communauté juive au monde.
Cette position claire de défense des Palestiniens est perçue comme dangereuse par les Républicains mais aussi pour l'ailedroite du parti démocrate connu pour ces positions proisraéliennes. Des positions qui avaient pourtant fait fuir les électeurs arabes américains lors de l'élection présidentielle de janvier 2025 participant ainsi à la défaite de Camala Haris. En colère contre le soutien inconditionnel de l'administration Biden à l'État d'Israël, un grand nombre de ces électeurs hésitent désormais à soutenir l'actuelle vice-présidente des États-Unis et candidate démocrate à la Maison Blanche. [Applaudissements] Dan et d'autres au Parti démocrates défendent donc une ligne minoritaire dans leur parti tout en devant affronter une administration Trump toujours très proélienne.
Mais cette ligne pourrait s'avérer payante politiquement comme l'expliquait la stratège politique Émilie Mayer lors d'une table ronde organisée par le média progressiste juif Jewish Corens. Nous vivons aussi un moment politique particulier. La base démocrate est de plus en plus désillusionnée par la direction du parti.
Mamdani a montré une sincérité sur Gaza, le coup de la vie et cetera que les électeurs réclament. Oui, parce qu'il n'y a pas que la ligne sur la Palestine de Mamdani et de ses soutiens qui vient bousculer le Parti démocrate. Basé sur 50000 bénévoles et un travail de terrain, son élection à cette primaire vient remettre en cause l'attentisme de l'opposition institutionnelle à Donald Trump.
Et ça, c'est ce qu'explique l'universitaire spécialiste de la gauche états-unienne, Mathieu Bonzon, dans une tribune au journal Le Monde. En ces temps de crise politique, les grands dirigeants démocrates se font bien plus discrets qu'en 2017. Beaucoup espèrent un retour de balancier aux élections de mi-mandat qui sont encore bien loin.
Compter sur Trump pour organiser des élections régulières relèvent déjà du Paris. Mais surtout abandonné par une part croissante des classes populaires, le parti vit une crise dans la crise. Si les États-Unis se mobilisent, notamment avec le mouvement No Kings dont on parlait dans un épisode précédent, les élus démocrates sont accusés de ne pas en faire assez contre Donald Trump. se limitant surtout à des actions symboliques. [Musique] [Musique] Bon, des habits colorés, ça paraît effectivement bien faible pour contrer une alliance réactionnaire entre raciste et capitaliste, toujours décrite par Mathieu Bonzon.
Alimenter le racisme permet aux riches trumpistes de cimenter une alliance avec une partie des classes populaires blanches issues des zones rurales surreprésentées en vertu de la Constitution tout en bénéficiant de la crise du parti démocrate dans d'autres secteurs de l'électorat. On comprend que pour beaucoup d'électeurs, faire le choix de voter pour un candidat di l'aile gauche du Parti démocrate, c'est faire le choix d'une ligne offensive sur le terrain des idées. On l'a encore vu dernièrement avec cette déclaration de Mami.
Déjà chez nous, ça gueule un peu quand quelqu'un dit ça. Alors, imaginez ce que ça donne au pays des selfmade man qui ont commencé dans leur garage pour créer les biscuits du Major Cruster. Le Washington Post possédé par Jeff Bezos a publié un édito pour dire que Mamdani était mauvais pour New York.
Maintenant, un homme qui croit que le capitalisme est un vol est en passe de diriger la plus grande ville du pays et la capitale financière du monde. Ses idé phares sont les épiceries appartenant à la ville, la gratuité des bus, le gel des loyers pour 1 million d'appartements réglementés et l'augmentation du salaire minimum à 30 dollars de l'heure. Sans aucun doute, ces idées peuvent sembler tentantes pour certains électeurs, mais comme pourtant de propositions de l'extrême gauche américaine, les compromis nuiraient aux personnes qu'elles sont censées aider.
Pourtant, cette position sur les milliardaires n'est pas radicale. Elle n'est même pas anticapitaliste. Comme le résume Romaric Godin dans Mediaapart, la conviction des démocrate socialistes est que la production socialisée est plus efficace, juste et morale que l'accumulation démesurée organisée par les milliardaires.
Mais cette production vient compléter et même soutenir une production capitaliste classique. Autrement dit, ils sont favorables à un capitalisme hautement régulé et encadré. C'est littéralement une position sociale-démocrate au sens originel du terme.
C'est-à-dire qu'on a une idéologie politique qui vise à réguler le capitalisme et à protéger les travailleuses et les travailleurs contre les excès de celui-ci. C'est pas révolutionnaire, mais c'est déjà pas rien dans un pays où Donald Trump a fait voter sa grande et belle loi budgétaire. Ce n'est pas une grande et belle loi.
Elle va bénéficier au riches surtout avec les réductions d'impôts. Mais il y a plein d'autres choses qui vont faire souffrir les gens. surtout les gens qui ont besoin de Medicain et d'autres aides du gouvernement.
Ils ne s'imaginent pas ce qui va leur tomber de chour comme AOC et Bernie Sanders. Mamdani représente l'espoir d'une vraie politique de gauche dans un pays sinistré par le fascisme et qui se dirige de plus en plus vers un régime autoritaire. Même Amdani n'a pas encore gagné.
Si New York est considéré comme une ville favorable aux démocrates, la route de l'hôtel de ville reste semée d'embûe. Là, c'était la primaire démocrate. Les municipales auront lieu le 4 novembre prochain.
Andrew Komo, ancien gouverneur de New York et longtemps favori de la primaire, a annoncé se présenter en indépendant malgré sa défaite et les accusations d'agression sexuelle qu'il se trimbale. Adams, l'actuel maire de New York à qui Trump a permis d'échapper à une inculpation pour corruption se présente aussi en indépendant. Et si Mamdani était élu, il reste toujours l'éternelle question de l'exercice du pouvoir.
David Dinkins, maire entre 90 et 93 et premier afhro-américain élu à ce poste, était aussi membre des 10S. Pourtant, il n'a pas réussi à se faire rééléli mandat à l'époque en raison de la criminalité élevée à New York. Potr Smolard, correspondant du monde à Washington, s'interroge.
La particularité des mares démocrates dans les grandes cités américaines ces dernières années n'a pas été leur manque d'ambition, mais leur lacune criante comme gestionnaire. L'inexpérience de Zoran Mamdani n'est pas rassurante sur ce point. Outre son manque d'expérience qui peut être un problème, le défi de Zoran Mamdani sera aussi celui de l'efficacité de ses politiques redistributives qui sont selon certains insuffisamment radical remarque Godin.
L'abondance des milliardaires n'est pas la cause du problème mais un symptôme d'un problème plus général qui est l'aspect profondément destructeur de la centralité de l'accumulation du capital. Cela ne remet en cause ni la nécessité de la redistribution fiscale, ni le caractère néfaste des milliardaires sur la société, mais oblige à une action plus large et plus transformative pour sortir de l'impasse actuel. Ce n'est pas l'ambition d'un Zoran Mamdani, ni de la gauche du Parti démocrate États-Uien.
Et bien sûr, tout ça c'est si Mamdani gagne et s'il ne se fait pas arrêter par l'administration de Donald Trump. Et oui, on en est là. Rendez-vous le 4 novembre.
Et voilà, l'actualité nationale c'est déprimant. Mais n'oubliez pas que l'international sera le genre humain. [Musique] [Musique]
Fabien Roussel