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interviewC dans l'air (sur YouTube)· 6 août 2025 10 min

Droits de douane américains : l'Europe s'est-elle couchée devant les États-Unis ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Ils espèrent toujours qu'on va se coucher. En attendant, ça fait mal. On s'est dit qu'on ne voulait pas risquer 145 % de droits de douane.

Avec nos 15 % et nos exemptions sectorielles, on a limité la casse. - S.Brakhlia: E.Macron a promis: "Nous n'en resterons pas là." Comment inverser ce rapport de force dans le pouvoir et à Washington?

Les Européens tentent le tout pour le tout ces derniers jours. - Accord déséquilibré, dit le gouvernement français. *-La France a accepté l'inacceptable. - A peine signé, déjà critiqué.

L'accord scellé il y a une semaine entre l'UE et les Etats-Unis a décidément du mal à passer. Les négociations vont pouvoir continuer. - C'est une injonction.

On dit "accord", mais il faut voir s'il peut y avoir des exonérations. Les Etats-Unis ont besoin de nos pièces détachées d'aviation. Ils ont exonérées les droits de douane sur les pièces d'aviation.

Il ne faut pas croire que les exonérations sont pour faire des cadeaux. C'est toujours parce qu'il y a un intérêt. - Un espoir, alors que tout semblait définitif il y a quelques jours. - D.Trump: C'est génial, d'avoir conclu un accord aujourd'hui au lieu de continuer à jouer à ce petit jeu.

C'est le plus grand accord jamais conclu. - 15 % de droits de douane pour les produits européens entrant aux Etats-Unis avec des exemptions dont les contours restent à définir. - U.von der Leyen: C'est un accord énorme.

Il va apporter de la stabilité, de la prévisibilité. C'est important pour les entreprises des 2 côtés de l'Atlantique. - La patronne de l'Europe est soulagée.

Pourtant, de l'autre côté de l'Atlantique, les marchés sont rassurés par cette victoire américaine. - Wall Street s'apprête à battre un nouveau record. - Même CNN vante l'art du deal de D.Trump. - La menace de droits de douane plus élevés a porté ses fruits.

C'est une victoire politique pour les Etats-Unis. - En Europe, certains ne décolèrent pas, à commencer par le Premier ministre hongrois. - Ce n'est pas un accord que le président américain a conclu avec U.von der Leyen.

Il a dévoré U.von der Leyen au petit-déjeuner. - Que pouvait-on espérer?

Certains préfèrent y voir un moindre mal en comparaison aux 35 % imposés au Canada ou 50 % imposés au Brésil. - Je n'attendais pas grand-chose de plus de ce résultat. Ce résultat ne peut nous satisfaire, mais nous ne pouvions pas obtenir mieux dans cette situation. - G.Meloni: Le combat n'est pas terminé.

Nous devons apporter un soutien au niveau national et européen aux secteurs touchés par cette décision. - Dans cette 2e phase de négociations qui s'ouvre, les Européens ont un espoir: ramener à 0 % dans les 2 sens les droits de douane pour les spiritueux, les équipements médicaux et les produits chimiques. Une négociation qui s'annonce rude.

D.Trump n'a pas la même ambition, notamment sur les produits pharmaceutiques. *-D.Trump: Nous allons d'abord mettre un droit de douane pas sur les produits pharmaceutiques, mais dans un an ou un an et demi, ce sera 150 %.

Ensuite, ce sera 250. On veut des médicaments fabriqués dans notre pays. - En signe de bonne volonté, l'UE a annoncé suspendre pour 6 mois ses mesures de rétorsion, sans pour autant s'interdire de les réactiver.

Sont concernés notamment le soja, l'aéronautique et l'automobile. - S.Brakhlia: Question. - F.Geerolf: Je pense, encore une fois, qu'elle a négocié dans l'intérêt des Européens.

Les Européens n'ont pas tous la même vision du commerce et n'ont pas tous les mêmes intérêts. Elle a défendu les intérêts des Européens. C'est son mandat.

La politique commerciale est dans la main de l'UE, de la Commission européenne. C'est une compétence exclusive. Il est normal que la Commission européenne négocie au nom de la France dans ce contexte.

Il y a les mêmes droits de douane appliqués à la sortie de la France, de l'Italie, etc. Il est hors de question qu'on sorte de ce système. - S.Brakhlia: On a vu le mécontentement du Premier ministre hongrois pendant le reportage.

Eric et Sylvie, vous avez souri. - E.Albert: Il est notoirement antieuropéen.

En tout cas, il joue à être ça. C'est de bonne guerre. La Hongrie n'exporte pas énormément vers les Etats-Unis, sauf de l'automobile.

Les 2 pays les plus pro-Trump, la Slovaquie, avec un Premier ministre, R.Fico, pro-Trump, et V.Orban en Hongrie, sont 2 pays qui font beaucoup d'automobiles.

L'automobile avait pris 25 % depuis avril. On peut être "copains" avec Trump, mais on ne bénéficie pas de ça. Ce que V.Orban dit n'a aucun poids.

Aucun président de la Commission européenne n'a été éjecté en cours de mandat. Je crois que ce n'est jamais arrivé...

Une fois? - S.Matelly: Je crois qu'ils ont démissionné suite à une affaire. - S.Brakhlia: Ce n'était pas une question de négociations avec d'autres pays.

Qu'on comprenne bien ce qui va se passer. Ces droits de douane vont toucher des secteurs en France. Quels secteurs vont être fragilisés? - M.Vignaud: Tous les secteurs sont quasiment imposés à 15 %.

Ca va fragiliser tous les secteurs. L'aéronautique va y échapper. On craignait des droits de douane plus élevés sur des secteurs stratégiques, comme la pharmacie.

D.Trump a dit que dans un an et demi, ce sera 150, puis 250. L'Europe dit: "Dans le deal, il y a une garantie que ce sera 15 % maximum." Les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent.

Trump peut changer d'avis. L'UE essaie de mettre en avant l'idée que c'est une garantie qu'elle a obtenue, que les autres pays n'ont pas eu, en comparant les accords obtenus par le Royaume-Uni et l'UE. On fait une erreur d'analyse.

Le Royaume-Uni a obtenu 10 %, mais ce n'est pas calculé pareil. Il faut ajouter des droits déjà existants. On ne va pas trop entrer dans la technique, mais en gros, si vous prenez une moyenne sectorielle, c'est 4,8 %.

Au Royaume-Uni, c'est 10 plus 4,8. On n'est pas loin des 15. Le Royaume-Uni a fait plus de concessions que nous n'en aurions jamais acceptés en tant que Français.

Il y a des quotas d'importation de boeuf américain: 13 000 t. On n'aurait jamais accepté ça. On n'accepte pas de produits qui ne pourraient pas être produits selon nos normes dans l'UE et on ne veut pas revenir sur le règlement du marché numérique.

On ne veut pas revenir sur nos règlements. Ca, ce n'est pas négociable. C'était 2 demandes importantes de D.Trump.

On a un peu lâché sur le reste pour rester fermes là-dessus. Des officiels français l'ont dit. Le ministre des Affaires étrangères a dit: "On a obtenu ce qu'on demandait à la Commission européenne d'obtenir dans cet accord si accord il y a." - S.Brakhlia: Les Européens se sont aussi engagés à d'autres choses, par exemple à acheter pour 700 milliards sur 3 ans de pétrole et de gaz naturel liquéfié.

Le gaz naturel liquéfié va à l'encontre de nos objectifs écologiques. - S.Matelly: Les Européens se sont engagés sur 3 choses sur lesquelles ils n'ont pas la main: importer du gaz, acheter des équipements militaires aux Etats-Unis et investir pour plus de 600 milliards aux Etats-Unis.

Ce n'est pas totalement du fait de la Commission européenne. Ce n'est pas dans ses compétences. - S.Brakhlia: Comment obliger les entreprises européennes à investir aux Etats-Unis? - S.Matelly: Ca pourrait arriver si les droits de douane augmentent massivement.

Je voudrais revenir sur des sujets pour compléter ce qui a été dit. J'ai l'impression que ces derniers jours, après des dissensions assez nettes le lundi, suite à l'accord entre certains pays, les Allemands et les Italiens d'un côté...

Ils se disaient satisfaits. Les Français étaient vent debout contre cet accord. J'ai l'impression qu'il commence à y avoir une convergence de vues.

Il faut éviter le cocorico. Ca ne passe pas bien à Bruxelles. Les Français se sont modérés. qu'on a évité le pire.

En Allemagne, ça commence à bouger fortement dans les milieux d'affaires. On était dans l'incertitude tant qu'on n'avait pas d'accord. La date du 1er août et du 7 août se rapprochaient.

On se prenait parfois à rêver de zéro droits de douane des 2 côtés. Ca va s'appliquer à partir du 7 août. Les entreprises font leurs comptes.

Elles se rendent compte que ça va coûter cher.

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