Trump-Iran : les coulisses du "deal de Versailles" décrypté par Gérard Araud et Nicolas Richoux|LCI
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
les coulisses d'une signature hors du commun, celle d'un protocole d'accord entre américain et iranien. Un mot de la forme. D'abord, la façon dont ce document a été signé.
Regardez. [applaudissements] Bravo ! Voilà le bravo du président de la République.
Quelques applaudissements Marco Rubio, le secrétaire d'État américain juste derrière le président des États-Unis. Un protocole d'accord signé sur un coin de table à la Vavide sans cérémonie particulière à distance en avance aussi sur le calendrier qui était initialement prévu. Que s'est-il passé hier soir Gérard Ro ?
Bah il s'est passé que quand même que Donald Trump voulait triompher devant ses collègues he les collègues du G7 et les collègues qui étaient et tous ceux qui étaient invités pour ce dîner dîner pour le 250e anniversaire de l'indépendance des États-Unis. C'est une un peu une mise en scène mais ce qui est intéressant c'est que je crois c'est qu'il a signé qu'une version en perant. C'est assez étonnant d'ailleurs.
Il a signé la Alors il y a eu les deux versions qui ont été signées mais effectivement c'est du farci là qu'on voit. Voilà, là on voit le on voit le perçant hein, c'est voilà, bah il a de manière très trumpienne, il est en train de transformer ce qui est une défaite et plus personne ne le conteste de en un événement de relation publique. Il fait du il fait du médiatique et là dans les jours qui viennent, il va cesser de répéter que c'est un succès, que c'est un succès et autour de lui, la foule maga vaonner c'est un succès, c'est un succès.
Voilà, rien n'était prévu hier soir, je le rappelle parce que c'est important. Je voudrais vous faire écouter euh le commentaire d'un ministre, en l'occurrence le ministre de l'économie qui était présent à Versailles. Écoutez son récit, c'est assez édifiant.
Le président des États-Unis a remercié pour le G7 et pour ce dîner et dans le casre de son discours a dit et d'ailleurs j'ai un bon accord avec Liran et d'ailleurs je vais le signer. On a vu Marco Rubio se lever littéralement partir. Alors je sais pas s'il était déjà imprimé ou imprimer le le le MOU le memorandum revenir on a nettoyé les assiettes et le président de Emmanuel Macron était au courant ou pas de ça ?
Moi je pense que le le président Trump l'avait informé juste avant puisquils sont arrivés ensemble mais en tout cas pour nous ministres du gouvernement français c'était une surprise. Pourquoi cette précipitation ? Non, pas précipitation, c'est mise en scène, c'est le talent de Donald Trump.
Il met en scène même sa défaite. Voilà, c'est il est entouré par ses par ses pères par le président français et les autres et ils l'applaudissent et il donnent l'impression que que c'est une victoire et qu'il est fier de signer ce protocole ce protocole d'accord. C'est c'est sa force.
Alors, dans ces circonstances, ça va être difficile d'argumenter, mais il ne va cesser de dire "C'est un succès et donc je suis fier de signer ce protocole d'accord devant tout le monde." Vous allez me dire, je vois mal partout, mais est-ce qu'il y avait un risque pour Donald Trump de se rendre ou d'envoyer Jen signer avec les Iraniens en Suisse comme c'était initialement prévu avec une, j'allais dire une photo de famille qui aurait pu vous imaginer les les unes de presse, euh le gagnant le perdant, euh celui qui l'emporte, Jade Evens qui se retrouve dans une situation, lui qui était peut-être dans cette administration le plus opposé à cette guerre dont il ne souhaite pas être le représentant. Mais alors justement si on suit votre raisonnement, ça voulait dire qu'il avait intérêt ça voulait dire qu'il avait intérêt à envoyer V afin que ce soit Vince qui apparaisse comme le responsable de ce de cette défaite hein.
D'ailleurs, l'inegram, vous savez, le sénateur très trumpiste qui comme tous les trumpistes n'est pas très satisfait de l'accord a dit avec beaucoup de courage a dit monsieur V, le vice-président Vinz qui est l'architecte de cet accord. Et là, j'ai vu que c'était une manière d'essayer de refiler le bébé à Jens pour essayer de couvrir de couvrir Donald Trump euh de ce protocole d'accord assez piteux. Général Richou, qu'est-ce que vous avez pensé vous de cette séquence ?
On appelle ça comme ça une séquence surprise ? Voilà, tout le monde a été a été surpris. Nous aussi he d'ailleurs hier soir, on a découvert ça au fil des au fil des heures dans la nuit.
Ben moi, je crois qu' je suis d'accord avec ce qu'a dit euh Gérard Ross, c'est-à-dire qu'il a enfin, il a le sens de la propos et de le le sens de l'histoire et et le sens de la mise en scène au bon moment. Euh Versailles, chez les Américains, ça n'est pas rien. C'est l'indépendance américaine.
C'est le le traité de Versailles en 1783 qui leur qui qui met fin à la guerre d'indépendante. Et là a été signé une des pages les plus glorieuses des États-Unis. Donc il laisse à penser que lui aussi il signe comme président des États-Unis dans un des endroits les plus glorieux pour l'histoire américaine.
Et donc effectivement ça transforme le narratif complet du d'une débale parce que çaen est une pas une débale militaire mais une débale politique en une en une espèce de grande victoire médiatique. Et puis alors moi je remarque parce qu'on en parlait avec avant l'émission que Versailles comme vecteur de puissance pour la France ça reste quelque chose d'assez d'assez exceptionnel. J'ai beaucoup entendu ça moi dans les médias aujourd'hui.
C'est un un beau coup pardonnez-moi l'expression pour Emmanuel Macron. C'est c'est vrai ça ? La symbolique, je pense qu'il a été ensorcelé par l'idée d'aller manger à Versailles et puis il a dû se dire "C'est là qu'il faut que je signe mon truc parce que c'est là effectivement que sera la plus grande portée médiatique et je peux pas signer à Versailles quelque chose, une défaite.
Donc j'ai j'ai signé ma grande victoire à Versailles." Mais on a du mal à imaginer, pardonnez-moi messieurs, je ne sais pas comment tout cela fonctionne, mais qu'en quelques minutes à peine il puissent joindre les Iraniens, leur dire "J'ai décidé de signer ici, on va le faire dans les deux langues, en farci et en anglais. et vous allez vous de votre côté, une fois que j'ai signé moi le premier signer de votre côté de manière à à sanctifier euh notre accord.
Non, d'abord je pense que ça avait été monté avant hein. Ça veut dire qu'ils avaient changé une fois de plus parce que la signature de cet accord on a fait ils sont ils sont passés d'abord par électrodic par Docus, ils ont signé leur accord. Puis maintenant ça devait être ça devait être demain, c'est maintenant aujourd'hui.
Qu'est-ce qui va se passer demain ? Bon, c'est un peu, il faut bien dire très c'est pas très organisé mais moi je trouve que pour justement Versaill, vous savez le président de la République, j'ai eu l'occasion de de de parler avec lui. Il ne se fait pas du tout d'illusion sur un Trump qui est imprévisible, qui peut dire le lendemain l'inverse de ce qu'il a dit aujourd'hui.
Mais Trump est l'homme le plus puissant au monde. Et donc si vous êtes le président de la République française et bien il faut essayer d'avoir des relations les meilleures relations possibles avec le l'homme le plus puissant au monde. Ce qui veut dire que vous utilisez aussi les instruments que vous avez là.
L'instrument double c'est évidemment la grandeur et la beauté du château de Versailles. Mais au fait aussi que Trump aime bien tout ce qui est doré. Donc il faut bien dire qu'à Versailles les dorures les dorures ne manquent pas.
Donc je pense que c'est de entre guillemets de bonne guerre que le président de la République est invité Donald Trump à Versailles en plus avec le 250e anniversaire de de l'indépendance. Alors, il faut pas il faut pas penser trop, hein, on va pas changer Donald Trump du jour au lendemain, mais il faut il faut tout essayer et je il fallait essayer Versailles et ça méritait évidemment de revenir sur la forme et la façon dont les choses se sont faites hier soir. J'aimerais qu'on parle du fond à présent avec vous si vous le voulez bien messieurs.
Euh cet accord, c'est aussi l'une des surprises. Il est, c'est ce que disent tous les experts et vous allez nous dire ce que vous vous en pensez très favorable à l'Iran. écouter à ce sujet la réaction du président iranien que je vais vous lire.
Il s'agit d'un document historique et d'un message émanant d'un Iran puissant. La paix sera instaurée dans le respect mutuel historique. C'est aussi d'ailleurs le mot qui est utilisé par Donald Trump pour qualifier cet accord.
Écouté le 47e président des États-Unis. C'est un accord équitable, un très bon accord. Nous n'investissons pas d'argent en Iran.
D'ailleurs, historique. D'abord, en quoi l''est-il cet accord ? on pourrait presque dire historique parce que c'est une défaite historique des États-Unis mais moi ce que au fond il faut comme dirait comme disait en général ma mère il fallait il faut être juste.
Donc qu'est-ce que en quoi il faut être juste ? C'est-à-dire que Donald Trump se trouvait dans la situation dans laquelle s'est trouvé d'autres présidents américains, c'est-à-dire dans une opération militaire et ils sont dans une impasse. Il était dans une impasse face à l'Iran de la même manière que Johnson était dans une impasse au Vietnam.
Et euh il faut bien dire Obama était dans une ou George W était dans une impass et cetera. Et là vous avez deux solutions quand vous êtes dans cette impasse. Soit vous redoublez d'efforts, vous envoyez plus de canon, plus de soldats, plus de bombardement disant je vais essayer cette fois-ci, je vais gagner et ça finit par un désastre Vietnam et cetera.
Et bien au fond, l'avantage de Donald Trump c'est qu'il a su arrêter les frais. il a su arrêter, il a su dire "Bon, allez, on arrête et franchement pour l'économie mondiale, c'est quand même meilleur parce que on allait avec le blocage du 3 d'Ormous, on allait vers une récession mondiale. Donc moi, je dirais qu'il faut d'abord reconnaître cette qualité à Donald Trump. il a su il a su dire "Bon, j'ai perdu, j'arrête ça." Et naturellement avec euh le talent qui est le sien et qu'il vient de ce de cet avocat américain Roy qui l'a formé, il ne va jamais avouer un échec, jamais une erreur.
Il va crier au contraire. Il va crier au contraire à la victoire. Je me suis intéressé à à ce qui a été dit sur cet accord ces dernières heures aux États-Unis.
Alors, c'est assez intéressant, parfois croustillant. Euh il y a un mot qui revient beaucoup, notamment dans la base euh Trumpiste. Alors, pas seulement des Magares, hein, il y a des Républicains aussi.
C'est le mot capitulation. Euh est-ce que les États-Unis ont capitulé ? Euh quelque part ?
Oui, parce que enfin les buts de guerre euh qu'ils avaient annoncé d'ailleurs qui n'étaient pas très clairs, aucun n'a été absolument réalisé à la fin. le tout ce qui est en faveur des États-Unis reste en suspend et par contre les Iraniens ont un certain nombre d'acquis immédiats comme des levé des sanctions. Euh le D3 d'Ormous continuera l'appartenir.
Il y aura peut-être même des droits de douan au bout de 60 jours. De l'autre côté, on attend toujours sur le nucléaire les négociations dont on ne voit pas très bien comment elles peuvent aboutir en 60 jours. He je crois que le GPO ça a demandé plusieurs années.
Ça me paraît très compliqué. On voit bien que les missiles maintenant Donald Trump dit que pe pr c'est pas juste qu'il n'en est pas. C'est quand même assez extraordinaire.
C'est pas c'est pas pas très bien vis-à-vis d'Israël qui prend les missiles sur sur la figure de temps en temps. Les proxis qui étaient aussi un début de la négociation outil Amas Esbola et cetera, on n parle plus. Le Esbola garde son pouvoir de nuisance au Liban où rien n'est réglé véritablement.
Oui, c'est à c'est à l'avantage clairement clairement des des Iraniens et les Américains ont euh ont accepté ce deal. Donc c'est quelque part, il y a une forme de capitulation. J'aimerais vous faire réagir sur ce qu'a dit le vice-président des États-Unis parce que l'un des points centraux de cette guerre au départ, en tout cas quand elle a été déclenchée, c'est le nucléaire.
La question du nucléaire. Euh l'Iran s'engage à à diluer son uranium enrichi sous la supervision de la UA. C'est ce que dit donc cette ce protocole d'accord.
Engagement iranien à ne pas développer d'armes nucléaires. On n'est pas obligé de les croire évidemment. Euh et ce que dit Jade Event, c'est bien que cet accord est bien meilleur que celui négocié par l'équipe Obama.
Voici ce que dit le vice-président des États-Unis dans cette conférence de presse que vous voyez là. L'accord Obama autorisé l'enrichissement, autorisé l'accumulation de stock de matière de qualité militaire et a donné plus d'un milliard de dollars provenant directement des caisses américaines. Notre accord, dit-il ne fait pas tout ça.
Est-ce que c'est de fait un meilleur accord pour cette question du nucléaire ? vraiment on a en face de nous une administration américaine qui qui ne recule pas devant la contre vérité hein pour être poli. Là c'est totalement faux.
Le l'accord de d'Obama était bien meilleur parce que non seulement là aussi il y avait de de l'uranium hautement rich qui avait été qui avait été sorti de l'Iran, mais l'enrichissement qui était resté en Iran et il en restera de l'enrichissement même avec eux était limité à 3,67 %. sous contrôle de l'Agence internationale de l'énergie atomique et l'argent en question était de l'argent iranien et c'était 1ARD700 millions. Alors que l'on parle euh à l'heure actuelle, on parle de de 24 milliards euh et sans compter des investissements jusqu'à 300 milliards.
à l'heure actuelle, c'est beaucoup moins bon que l'accord de l'accord et si vous me permettez parce que on a un cesser le feu et on dit tout le reste va être négocié pendant les 60 jours et 60 jours qu'on pourra étendre d'un accord mutuel. Mais est-ce que vous pensez dans 60 jours, on sera donc le 19 août, est-ce que vous pensez qu'il y a pas d'accord ? Les Américains vont recommencer à bombarder tout ça à moins de à 2 mois des élections ?
C'est évident que non. Et donc ça va sans en réalité commence aujourd'hui une une négociation qui risque de durer des mois et des mois. Vous savez l'accord d'Obama c'était un accord de 159 pages.
Ça fait demander 12 ans de négociation avec des ingénieurs euh nucléaires euh spécialistes du nucléaire. Ils vont pas arriver à un accord en en 60 jours.
Emmanuel Macron