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InterviewFrance Culture — Sens politique (sur Site radio)· 12 avril 2025 43 minComplaisantPortrait personnelSolidarités & familleSantéInstitutions & électionsÉconomie & entreprises

Marie-George Buffet, ancienne ministre des Sports (1997-2002) et ancienne secrétaire nationale du PCF

Source d'origine 4 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 27 %Défensif 13 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:01OuverteRéponse directe

    Que pensez-vous de la situation politique actuelle ?

  • 3:15OuverteRéponse directe

    Comment avez-vous vécu la dissolution d'Emmanuel Macron l'été dernier ?

  • 5:08RelanceRéponse directe

    Vous diriez la même chose aujourd'hui de François Bayrou ?

  • 6:03FerméeRéponse directe

    Vous pensez qu'il devrait démissionner ?

  • 6:10RelanceRéponse directe

    En 2007, vous faisiez 1,93% à la présidentielle. Pourquoi un tel échec ?

  • 8:13OuverteRéponse directe

    Fabien Roussel est à la tête du PCF depuis 2018. Vous ne l'avez pas soutenu ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:15Invité politiqueFait
    « Ce que j'en pense, ce qu'en pense beaucoup d'hommes et de femmes que je rencontre tous les jours, c'est beaucoup d'inquiétude. »
  • 2:25Invité politiqueFait
    « Inquiétude par rapport à la situation économique avec les déclarations et les décisions à pas cadabrantes du président Trump. »
  • 4:28Invité politiqueFait
    « Le droit à la retraite, au logement, à la santé. Ces droits fondamentaux sont dans le viseur de Sarkozy et de son frère jumeau au Bérou. »
  • 4:46Invité politiqueChiffre
    « Les femmes sont payées 21% de moins que les hommes. »
  • 4:49Invité politiqueFait
    « À formation égale, un jeune issu d'un quartier populaire aura moins de chances de trouver un emploi. »
  • 5:18Invité politiqueFait
    « Je pense que le Premier ministre, François Bayrou, mène une politique d'une droite extrême. »
  • 12:51Invité politiqueFait
    « Le RSA, c'est en effet quelque chose de nécessaire pour des personnes qui sont vraiment à la fin d'un parcours sans pouvoir trouver un emploi. »
  • 30:06Invité politiqueChiffre
    « Le budget des sports a baissé considérablement dans le budget 2025. 174 millions d'euros de baisse. »
  • 33:02Invité politiqueFait
    « contre l'instrumentalisation politique par certains états ou par certains hommes ou femmes politiques du sport »
  • 33:09Invité politiqueFait
    « c'est un combat contre le dopage »
  • 34:05Invité politiqueFait
    « la loi de 2021 sur les principes de la République traitait de cette question »
  • 34:10Invité politiqueFait
    « la charte de déontologie du comité national olympique et sportif français comporte dans ses articles la laïcité »
  • 35:44Invité politiqueFait
    « dans les règlements de la fédération française de foot il y a le principe de la laïcité »
  • 35:56Locuteur non identifiéFait
    « les états ont créé l'AMA, l'agence mondiale anti-dopage »
  • 36:08Locuteur non identifiéFait
    « le dopage c'est l'ensemble des méthodes ou des substances qui augmentent la performance, qui abîment la santé ou sont contraires aux valeurs du sport »
  • 36:54Invité politiqueFait
    « le combat est parti d'un combat franco-français mais très vite j'ai essayé de l'élargir à l'ensemble de l'Union Européenne »
  • 37:38Invité politiqueFait
    « l'AMA est quand même assez affaiblie en ce moment, les États-Unis ont retiré leur financement »
  • 37:57PrésentateurChiffre
    « l'agence anti-dopage à Paris elle a testé 39% des athlètes et sur ces 39% elle a trouvé 5 cas positifs »

Temps de parole

  • Invité politique70 %
  • Présentateur23 %
  • Invité4 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:08
Présentateur

Et bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans Sens Politique, l'émission qui prend le temps de connaître une invitée pour décrypter avec elle son parcours, son engagement et sa personnalité au rythme de l'actualité. Notre invitée n'est plus sur le devant de la scène, elle cultive l'art d'être grand-mère. Née à Sceaux dans les Hauts-de-Seine en 1949, elle grandit au-dessus du garage familial avant qu'il ne fasse faillite et que sa mère l'élève seule avec ses six frères et soeurs à Angers dans le Manéloir. Mai 68, elle est en terminale, le bruit des pavés arrive jusque dans sa classe de philosophie. « J'étais une révoltée qui bouillonnait », écrira-t-elle plus tard.

Employée de mairie au Plessis-Robinson, puis adjointe au maire de Châtenay-Malabry, le Parti communiste et ses scores à deux chiffres l'accueillent comme une deuxième famille au point d'en devenir à 52 ans la première secrétaire nationale. 1997, dissolution, cohabitation, gauche plurielle, coalition, arc-en-ciel. Elle entre au gouvernement de Lionel Jospin comme ministre de la Jeunesse et des Sports, une autre famille qu'elle ne connaît pas et qu'il adopte, avec en point d'orgue la Coupe du Monde 98. La France est black-blanc-beurre, mais ça ne durera pas. L'arrivée de Jean-Marie Le Pen au second tour de 2002 et les émeutes en banlieue.

Députée de la Seine-Saint-Denis pendant 20 ans, elle défend l'égalité et la laïcité. Elle regrette le manque de politique publique dans le sport. Aujourd'hui, deux gymnases portent son nom. Elle pense qu'en politique, il faut des sentiments. Son mot préféré, engagement. Ça tombe bien, on est là pour en chercher le sens. Bonjour Marie-Georges Buffet. Bonjour. Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation. Et merci à vous de nous écouter. Comme chaque samedi, nous sommes ensemble et en direct jusqu'à 13h30. Votre parole est rare, Marie-Georges Buffet. J'aimerais pour commencer que vous puissiez nous décrire ce que vous pensez de la situation politique actuelle.

2:07
Invité politique

Ce que j'en pense, ce qu'en pense beaucoup d'hommes et de femmes que je rencontre tous les jours, c'est beaucoup d'inquiétude. D'inquiétude au plan de la paix mise en cause, aussi bien bien sûr en Ukraine, mais aussi avec ce qui se passe à Gaza. Inquiétude par rapport à la situation économique avec les déclarations et les décisions à pas cadabrantes du président Trump. Inquiétude aussi sur l'emploi en France avec toutes ces entreprises qui annoncent leur fermeture. Et puis inquiétude plus largement par rapport à des comportements, à un individualisme montant, à un masculinisme qui revient en force, y compris dans les jeunes générations.

Donc je pense que toutes les rencontres que j'ai, il y a besoin de rassurer, mais pas de rassurer bêtement, de rassurer en disant « il y a peut-être d'autres perspectives possibles, il y a peut-être d'autres propositions à mettre en œuvre ». Encore faut-il que la gauche soit capable de le faire.

3:09
Présentateur

Vous êtes devenue ministre en 1997 après la dissolution ratée de Jacques Chirac. Comment avez-vous vécu la dissolution d'Emmanuel Macron l'été dernier ?

3:19
Invité politique

Écoutez, je venais de quitter mon mandat en 2022. Nous avions élu Soumya Bourrois comme député de Blanc-Ménil, de Duny, de Stain et de la Courneuve. Il a fallu repartir en campagne. Donc je suis avec elle repartie en campagne et voilà, nous avons rassemblé, nous avons mobilisé. Non, le contre-coup, ça a été les gens qu'on avait convaincus de venir voter après la dissolution et qui nous ont dit après « mais vous nous avez dit de venir voter, on a voté, on vous a élu » et en fait on n'a pas respecté notre vote puisqu'on n'a pas eu de gouvernement du Nouveau Front Populaire.

Donc une sorte de retombée négative après le comportement du président de la République qui n'a pas voulu donner à la majorité de gauche le gouvernement qui était le sien. Depuis cinq ans, la droite a enclenché la régression des droits sociaux. Pour beaucoup, la vie est très dure. Pour la jeunesse, trouver un travail, une bonne formation, c'est le parcours du combattant. La droite tente de précariser à vie tous les salariés. Le droit à la retraite, au logement, à la santé. Ces droits fondamentaux sont dans le viseur de Sarkozy et de son frère jumeau au Bérou. Ils veulent construire une société du profit où l'humain ne compte plus.

A ces inégalités sociales s'ajoutent les discriminations qui portent atteinte à la dignité des personnes. Les femmes sont payées 21% de moins que les hommes. A formation égale, un jeune issu d'un quartier populaire aura moins de chances de trouver un emploi. Nous méritons mieux qu'une société de violence économique.

4:56
Présentateur

Un extrait de votre clip officiel Marie-Georges Buffet pendant la campagne présidentielle de 2007. Vous parliez de vos adversaires de l'époque, Nicolas Sarkozy et son jumeau, François Bayrou, qui aujourd'hui est à Matignon. Vous diriez la même chose ?

5:09
Invité politique

Oui, parce que je pense que le Premier ministre, François Bayrou, mène une politique d'une droite extrême. Et puis, je trouve que le personnage, s'en prenant, exprimant un doute sur la justice, ou s'en prenant encore plus récemment sur les gendarmes, les magistrats peuvent se tromper, et voilà, ce n'est pas digne d'un homme qui est Premier ministre de la République française. On respecte la justice, on respecte les forces de sécurité, et surtout, on respecte une certaine morale. S'il y a des choses à se reprocher, eh bien, on rend son tablier. Voilà, tout simplement. Là, vous pensez à Bétharam ?

Je pense à Bétharam, et puis, voilà, je pense à toute une série de paroles qu'a eues le Premier ministre depuis qu'il est en poste. Voilà, je ne sens pas le sens de la République et de ses valeurs. Vous pensez qu'il devrait démissionner, vous, Marie-Georges Buffet ?

6:04
Présentateur

Oui, ce serait bien. J'espère qu'il y aura une motion de censure assez rapidement. Lors de votre... Je reviens à cet extrait qu'on vient d'entendre, Marie-Georges Buffet, on est en 2007, et vous avez, pendant cette campagne, fait un grand meeting à Marseille. Vous dites que c'est une ville que vous aimez beaucoup. Et ce jour-là, vous dites Bayrou, c'est la droite, et on le battra. Résultat des courses, il est quand même le troisième homme de la campagne, 18,5%. Vous, vous faites 1,93%. C'est le score le plus bas du Parti communiste français. Vous racontez à la croix les difficultés que ça a été pour vous, cette après-campagne. J'ai le sentiment d'un échec personnel extrêmement fort.

Vous devez même consulter un médecin pour des douleurs physiques et des vertiges.

6:39
Invité politique

Oui, parce que ce n'est pas simplement ma personne, bien sûr. C'est un coup très dur, en plan individuel, mais j'étais la candidate d'un parti, du Parti communiste français, et de ces militantes et militants. Et quelque part, ce score, ça tombe sur la tête de tous ces militants et militantes qui pourtant ont agi, ont fait des choses, ont été débattres, ont été discutés. C'est pourquoi, après, je me suis dit qu'il fallait cesser d'être dans cette position où le Parti communiste devait à tout prix avoir un candidat, une candidate, où le Parti communiste devait à tout prix défendre ses couleurs.

Et c'est en tirant les leçons de cet échec terrible que j'ai proposé d'aller vers un front de gauche, c'est-à-dire de construire quelque chose de neuf à gauche, permettant de rassembler les différentes sensibilités à gauche et peut-être d'aller vers une sorte de programme commun renouvelé, un programme commun de cette époque. Bon, on a marqué quelques points dans ce sens, et puis de nouveau, il y a eu des divisions, et puis il y a eu la NUPES, puis il y a eu des divisions, puis il y a eu le nouveau Front populaire, et la gauche se redivise.

J'ai envie de dire fou qui se disperse alors que le danger est si proche, alors qu'on peut avoir l'extrême droite au pouvoir en France et qu'on a déjà une droite extrême qui est au pouvoir. Il faut que la gauche dépasse ces différences, se rassemble et aille à la victoire ensemble.

8:13
Présentateur

Ça veut dire un candidat unique de François Hollande à Jean-Luc Mélenchon ?

8:16
Invité politique

Il faut un candidat ou une candidate unique de la gauche, bien évidemment. Moi, c'est ce que j'essaye de construire dans ma ville de Blormé-Nile pour les municipales en 2026. On a fait une très belle réunion il y a deux jours où il y avait différents partis de gauche, mais il y avait aussi des collectifs citoyens, des jeunes, des associations de jeunes, qui ont dit qu'on est partant si on se respecte, si chacun a sa place, sans plus.

8:39
Présentateur

Sauf que dans une campagne présidentielle, et vous le savez mieux que personne, Marie-Georges Buffet, il y a une seule personne qui prend la lumière. Mais cette personne, elle peut porter l'espoir du peuple de gauche.

8:49
Invité politique

C'est quand même une mission extraordinaire. On ne peut pas rêver à ça, on ne peut pas donner l'espoir à notre population de enfin avoir un gouvernement qui représente les espoirs populaires au lieu de représenter les intérêts des multimilliardaires. Mais vous la voyez, cette personne, dans le paysage actuel ? Oui, je m'en fiche, excusez-moi. C'est toujours ce que répondent les personnalités de gauche. Mets-nous d'abord d'accord sur le fait qu'il faut un candidat commun, une candidate commun, et puis ensuite, on trouvera la personne qui portera les espoirs de tout le peuple de gauche.

9:19
Présentateur

Fabien Roussel est à la tête du PCF depuis 2018. Il a été, lui, candidat en 2022. Vous ne l'avez pas soutenu ? Vous avez soutenu Jean-Luc Mélenchon ?

9:28
Invité politique

Non, non, j'ai respecté le choix des militantes et des militantes de mon parti, même si je n'étais pas d'accord à la division des candidatures. Et j'ai donc fait campagne pour le candidat de mon parti. Donc, vous le soutenez toujours ? C'est le secrétaire national du parti. Je ne suis pas toujours d'accord avec lui, mais ce n'est pas lui. J'ai parfois... Ça fait 56 ans. 56 ans, je suis membre du Parti communiste. J'ai adhéré en 1969. Je me suis trouvée parfois en désaccord avec la direction nationale. Je ne suis pas toujours d'accord avec ce qui se dit dans les conseils nationaux, etc. Des fois, je me dis, est-ce qu'il faut que je divorce ?

Bon, puis je me dis non, je ne vais pas divorcer, parce que c'est mon combat pour une société nouvelle. C'est mon combat aux côtés des militantes et des militants de mon parti. Et je ne vais pas comme ça tourner la page. Mais bon, c'est le droit aussi à un débat démocratique à l'intérieur du Parti communiste. On a le droit aussi de défendre des options, des opinions différentes.

10:26
Présentateur

J'avais vu dans le Parisien que le 15 novembre 2020, avec le maire de la Courneuve, Gilles Pou, vous souteniez Jean-Luc Mélenchon. Mais en fait, non.

10:35
Invité politique

Vous n'aviez pas soutenu Jean-Luc Mélenchon. J'ai soutenu la candidature Jean-Luc Mélenchon lorsqu'elle a été la candidature commune. Donc, pendant deux présidentielles. À la troisième présidentielle, j'aurais souhaité que ce soit aussi la candidature commune. Les militants de mon parti ont fait un choix différent. J'ai respecté ce choix.

10:52
Présentateur

Est-ce que vous reconnaissez l'homme avec qui vous avez combattu le référendum de 2005, avec qui vous avez créé le Front de Gauche en 2008 ?

11:00
Invité politique

La campagne de 2005 a été une campagne d'éducation populaire magnifique, extraordinaire. Où face à de nombreux médias qui mélangeaient le nom de gauche et le nom du Front National, il y a eu un apprentissage du contenu du projet de constitution européenne qui a fait que des hommes et des femmes ont choisi de s'y opposer, des hommes et des femmes de gauche. Et dans cette campagne, Jean-Luc Mélenchon a joué un rôle considérable, comme il l'a fait dans les deux premières campagnes des présidentielles, où il a fait appel à l'intelligence des hommes et des femmes, où il a fait appel à la qualité des propositions. Donc voilà, j'ai beaucoup de respect pour lui.

Ça n'empêche pas que je suis parfois au désaccord avec les propos qu'il peut tenir aujourd'hui. Il a changé, vous diriez ? Comme moi, j'ai dû changer. On prend des années et puis parfois, peut-être qu'on s'impatiente. Peut-être que voilà, il ne faut pas prendre la grosse tête, il faut rester simple. Il devrait prendre sa retraite, vous trouvez ? Moi, je ne prendrais pas ma retraite de militante. J'étais encore sur un marché ce matin, je distribuais des tracts. J'étais sur un marché hier matin, je distribuais des tracts. Il n'y a pas de retraite militante. À partir du moment où on est engagé pour changer la société, il faut continuer à se battre. Donc, il ne faut pas qu'il prenne sa retraite.

Ça peut être un bon candidat pour 2017. Non, ce n'est pas un problème de candidat.

12:21
Présentateur

Il faut que ça reste un militant. On a cette question de Benjamin qui nous écrit sur Instagram. Depuis Marseille, comment la base du parti ressent-elle les déclarations de Fabien Roussal ? Il pense au barbecue, au racisme anti-blanc, ou encore à la manifestation des policiers, ou alors son opposition au RSA. Valide-t-il les thèses de l'extrême droite au lieu de la combattre ?

12:42
Invité politique

Moi, je pense qu'on ne combattra pas l'extrême droite en flattant ses idées. Il faut les combattre de façon frontale. Le RSA, c'est en effet quelque chose de nécessaire pour des personnes qui sont vraiment à la fin d'un parcours sans pouvoir trouver un emploi. Il faut accompagner ces personnes pour qu'elles trouvent un emploi, bien évidemment, mais le RSA est un droit. Il faut préserver ce droit.

13:07
Présentateur

Vous, vous étiez même favorable dans ce livre un peu de courage que vous avez sorti d'ailleurs en 2005, au Cherche Midi, vous étiez même favorable à élargir le RSA aux 18-25 ans.

13:17
Invité politique

Oui, parce que nous avons aussi beaucoup de jeunes aujourd'hui. Ils sont majeurs. Ils sont souvent en arrêt d'études. Et ils ont du mal à trouver un emploi. Donc, il faut les accompagner. Mais le RSA doit être accompagné d'un soutien à la recherche d'emploi, mais parfois à la recherche d'une nouvelle formation pour trouver un emploi.

13:37
Présentateur

Donc, pour répondre à Benjamin, les déclarations de Fabien Roussel, quand il dit « moi, je suis contre le RSA », vous sentez que sur le terrain, ce n'est pas très bien accueilli ? Moi, je ne partage pas ces déclarations. Vous avez été la seule femme à diriger le Parti communiste français, Marie-Georges Buffet. Le vivez-vous comme une fierté ?

13:59
Invité politique

Oui, mais ma fierté, elle remonte à avant. Nous avions une très grande commission des droits des femmes qui a toujours fonctionné, avec des dirigeantes historiques comme Madeleine Vincent et d'autres, Gisèle Moreau. Et nous avions du mal à passer le passage, à aller vers le féminisme. Parce que c'était l'idée que le socialisme qu'on allait mettre en place allait régler les inégalités entre les hommes et les femmes. C'était complètement ignorer ce qu'était le fond de la domination patriarcale qui s'était structurée au fil des siècles.

Et on a réussi, alors j'étais à l'époque pas dirigeante du parti, on a réussi avec plein de copines et dont Madeleine Vincent, où nous avons fait un livre qui s'appelait Féminisme et Communisme, une histoire mouvementée. Et nous avons réussi à faire en sorte que le Parti communiste s'inscrive dans le combat féministe. Le Parti communiste a adhéré à ce moment-là au collectif féministe et a participé depuis à toutes les manifestations féministes. Et pour moi, c'était une grande victoire que le Parti communiste considère que le combat féministe était un combat en soi, que le socialisme lui-même ne pouvait pas régler. Quel est le pire comportement sexiste

15:12
Présentateur

que vous avez vécu en politique ou ailleurs ?

15:16
Invité politique

J'ai un souvenir. Il y avait un débat organisé par un journal. Je vais le citer, c'était Les Échos. Et le journaliste, il y avait trois anciens ministres des sports et moi. Trois hommes et moi. Et le journaliste se tourne vers la salle et dit « Vous avez des hommes politiques à votre disposition ». Je le coupe, je lui dis « Excusez-moi, mais je suis une femme politique ». Il se retourne, il me regarde, il me dit « Et vous n'allez pas nous faire aussi l'écriture inclusive ? »

15:49
Présentateur

Ce n'était pas au XIXe siècle. En travaillant sur l'émission avec Léa Vara, on est tombé sur beaucoup d'archives, évidemment, de vous, Marie-Georges Buffet. Et c'est vrai que même au sein de votre propre parti, il y avait des propos qui étaient totalement tolérés. À l'époque, d'ailleurs, Maxime Grémetz, le député communiste, qui vous conseillait de lire, il disait que vous n'étiez pas assez cultivé comme secrétaire national du PCF, Éric Zemmour, sur le plateau d'On n'est pas couché, avec qui vous avez un échange très dur sur les femmes qu'on disait à l'époque battues.

Et même vous racontez, j'aime bien cette anecdote, quand vous êtes adjointe au maire de Châtenay-Malabry dans les Hauts-de-Seine en 1977, vous avez 28 ans, vous avez des enfants en bas âge, vous faites une permanence à la mairie et vous croisez le directeur de l'école de votre fils qui dit « Pas étonnant que votre fils ait des difficultés en lecture ».

16:34
Invité politique

Oui, parce que l'idée que la femme est en charge de l'éducation des enfants et doit être dans son foyer pour s'occuper de tout cela, voilà, demeure. Et on avait l'impression dans les années 90, 2000, que tout cela était derrière nous. Et moi, je sens remonter ces discours. J'ai entendu par exemple un élève de Terminal m'expliquer qu'il y avait des sports féminins et des sports masculins parce que quand même, le corps de la femme, voilà, il y a certains sports, ça ne convenait pas.

J'ai entendu un autre élève m'expliquer que c'était normal la différence de salaire pour le même diplôme et pour le même emploi parce que quand même, il y avait les congés maternité et qu'on n'allait pas payer les femmes au même salaire alors qu'il y avait les congés maternité.

Donc, vous voyez, ce combat pour faire reconnaître la pleine place des femmes dans la vie publique, c'est-à-dire casser l'idée que l'homme, c'est la cité, et la femme, c'est le foyer, c'est-à-dire cette idée qui s'est inscrite dans nos sociétés, la femme, elle a toute sa place dans la vie de la cité et à tous les niveaux et j'espère qu'un jour, on aura peut-être une femme présidence de la République parce que, voilà, il faut que la femme, voilà, soit en capacité, elle l'est et donc que la société reconnaisse qu'elle est en capacité d'occuper tous ses postes de responsabilité. Quelle était votre arme secrète pour vous imposer dans le milieu politique dans ces années-là ?

Ne jamais rien laisser passer. Et je me rappelle au début quand je suis arrivée à l'Assemblée, on était encore peu, les femmes. Aujourd'hui, elles sont entre 37, 38, parfois 39 selon les législatures, mais on était peu. Les remarques 7-6 sur la tenue, il a fallu qu'on se batte pour pouvoir entrer en pantalon dans l'hémicycle. Ben oui. Ah bon ? C'était pas autorisé. C'est Gisec Moreau qui a franchi la barrière. C'était pas autorisé. Bon, donc, les remarques 7-6, par exemple, un homme qui crie à la tribune, c'est un grand orateur. C'est évident. Une femme qui s'énerve à la tribune, elle est hystérique. C'est bien connu. Voilà. Tous ces clichés, il faut jamais...

Enfin, moi je le dis quand je vais faire des débats et tout dans les lycées et ça, je leur dis ne laissez rien passer. Chaque fois, réagissez. Et à force de réagir,

18:46
Présentateur

ça cloue des becs. Alors Marie-Georges Buffer, on le sait peu, mais vous n'avez pas grandi dans une famille communiste. Vous racontez que votre père était un lecteur de l'Aurore, un journal qui a été absorbé par Le Figaro en 1985. Votre enfance est assez difficile au-dessus du garage familial puisque votre père fait faillite et d'après ce qu'on a pu lire avec Léa Varin pour préparer cette émission, votre père est envoyé en prison à Fresnes.

19:08
Invité politique

Oui, parce qu'à l'époque, c'était lié au fait de faillite. Moi, je n'en sais pas plus. On n'a jamais vraiment su les raisons. Il reste très peu de temps. Puis ensuite, je pense parce que la honte peut-être, il part. On n'a plus de nouvelles et mon père est réapparu à l'anniversaire d'un an de mon fils, donc quelques dizaines d'années après. Et les sept, on a eu parfois un peu de mal, mais on l'a accueilli. Il est devenu le grand-père. On n'avait pas eu le père, mais il est devenu le grand-père. Et ça s'est bien passé jusqu'à son décès. Ça s'est bien passé. Votre mère vous élève

19:47
Présentateur

tous les sept, toute seule. Et vous racontez, c'était dans Le Monde en avril 2023, à quel point ses difficultés, notamment pour se soigner, ont pu contribuer à votre engagement. Un jour, elle revient de chez le dentiste avec, vous dites, les dents foutues. Vous dites, mais merde, ma mère, la dentition, encore aujourd'hui, est un signe de pauvreté.

20:08
Invité politique

Oui, c'est vrai, parce qu'à l'époque, elle a une attaque sur les dents et tout. Et la seule solution, en fait, qu'on lui propose, c'est de les arracher. Sans d'autres solutions après. Et elle revient à pied. La clinique, c'est moi qui lui ouvre dans le garage fermé, elle lui ouvre la porte. Et souvent, j'en parle avec d'autres personnes qui ont vécu ça. Parce que même, quand vous regardez parfois des femmes, par exemple, qui ont eu des bébés, etc., des femmes très modestes, et vous voyez que la dentition est abîmée suite aux maternités et tout et que les soins pour faire en sorte que la dentition reste belle et tout n'ont pas été faits.

Vous dites que c'est encore un aspect de classe, quand même, quelque part. Et j'entendais en venant une représentante des Mutuelles de France ou des, je ne sais pas quoi, qui expliquait qu'ils allaient quand même beaucoup plus encadrer tout ce qu'était les soins de lunettes, d'audio, de dentaire, etc. Attention, la sécurité sociale, c'est un des plus beaux acquis de notre société, de notre République. Il ne faut surtout pas y toucher.

21:16
Présentateur

Vous arrivez au lycée à Angers. En mai 68, vous êtes en terminale. Vous mettez toute votre classe en grève, Marie-Georges Buffet. Oui,

21:23
Invité politique

c'est-à-dire que c'était un lycée de filles. Moi, je venais d'un lycée Mitz à Anthony, dont j'étais habituée à la Mitzité. Et puis, j'arrive en terminale à Angers. C'était un lycée de filles. Et les garçons du lycée étaient en grève et venaient manifester devant nos portes. Donc, on a été deux, trois croiser les bras en cours de philo. Donc, le proviseur, l'approviseur est venu. Elle nous a reçus dans la cour. Elle ne nous a pas reçus dans son bureau pour nous marquer que quand même on n'était pas grand-chose. Elle nous a dit de raccrocher nos blouses. Et puis, on n'a pas cédé. Et donc, c'est comme ça que j'ai commencé à m'engager. C'était mon premier geste d'engagement.

Est-ce qu'à cette période-là, vous devinez que vous ferez de la politique un jour ? Non, j'ai commencé vraiment à m'engager quand je suis arrivée en CITU puisqu'à l'époque, nous avions la chance en étant boursière d'avoir une chambre en CITU, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui pour les jeunes. Et on a créé une association contre une augmentation des loyers. Et on a fait neuf mois de grève des loyers en CITU. Et ça s'est répandu dans toute la France. On a créé la Fédération des résidences universitaires de France. Et c'est comme ça que j'ai appris à militer. Et j'ai adhéré au parti par correspondance parce que je ne connaissais pas de communiste.

Donc j'ai écrit une lettre au siège du parti de l'époque. J'ai reçu une réponse de Gaston Plissonnier, un des régions de l'époque. Et je suis arrivé à un point de vente de l'Humanité dimanche en montrant la réponse de Gaston Plissonnier en disant voilà, et j'ai été accueilli magnifiquement par la cellule de quartier.

22:50
Présentateur

Vous dites que c'était comme une nouvelle famille. J'apprécie la chaleur du parti communiste. Vous êtes aussi séduite par les scores du parti communiste de l'époque. On l'oublie mais enfin en 1969 Jacques Duclos 21,27% à la présidentielle. Qu'est-ce qui s'est passé Marie-Georges Buffet ? Pourquoi il s'est effondré ce parti ?

23:06
Invité politique

Je pense qu'il y a l'histoire des pays socialistes et du résultat du bilan de ces pays socialistes et donc de l'image du communisme et du socialisme dans la tête des gens. Je pense que malgré certaines tentatives qu'ont fait plusieurs dirigeants Georges Marchais quand il a essayé de promouvoir le socialisme à la française puis Robert Huck lorsqu'il a essayé de promouvoir la mutation du parti communiste et tout on n'a pas été assez loin je pense dans un nouveau projet qui coupe réellement voilà qui coupe réellement avec ce qu'ont été ou ce que sont encore des pays qui se réfèrent au socialisme. surtout quand on vous lit

23:52
Présentateur

dans ce livre un peu de courage par gauche cherche midi en 2005 on a l'impression que le programme de gauche ou de la gauche que vous représentez n'a pas changé sur le réchauffement climatique sur la lutte contre les grandes entreprises sur les discriminations en fait comme si votre programme était toujours d'actualité mais que vous n'aviez jamais pu le mettre en exercice

24:13
Invité politique

je crois qu'au fur et à mesure les programmes de la gauche s'enrichissent notamment je pense que les questions écologiques ont pris beaucoup plus de place qu'ils n'avaient à une époque dans nos programmes la question c'est quel que soit le bien fondé de nos propositions leur aspect efficace etc si les gens ont l'impression que ces propositions ne pourront jamais être mises en oeuvre parce que nous n'avons pas la capacité de nous rassembler et de gagner les gens se désintéressent de ces propositions quel intérêt de défendre un parti si ce parti par son attitude n'a pas vocation un jour à mettre en oeuvre ses propositions en prenant une majorité dans ce pays donc la question qu'a la gauche aujourd'hui il faut encore améliorer nos propositions il faut faire en sorte qu'il y ait beaucoup plus de débats citoyens etc mais il faut surtout qu'on dise aux gens on veut gagner on veut y aller et pour ça on va rester ensemble jusqu'au bout parce que sinon c'est pas la peine moi je comprends que les gens se disent bon ben vous avez une belle proposition mais enfin si c'est pour qu'elle reste dans un tiroir à quoi ça sert vous avez encore un peu vous avez encore un peu d'espoir Marie-Georges Buffet je dirais que si j'avais plus d'espoir j'aurais pas encore ces gestes militants que j'ai mais qu'est-ce qui me donne de l'espoir c'est quand je sors de chez moi je me fais arrêter dans la rue et des hommes et des femmes me posent des questions me disent des choses voilà je vais vous dire un truc qui m'a profondément marqué il y a quelques jours un monsieur qui me tutoie qui m'appelle Marie-Georges que je croise souvent monsieur aussi âgé que moi on va dire qui me parle de sa santé de sa femme et puis à ce coup tu me dis mais dis donc Marie-Georges t'as vu t'as vu tous les nègres à Blanc-Ménil je lui dis pardon tu te rends compte de ce que tu es en train de me dire tu parles de qui là et je commence à discuter et je me dis peut-être que s'il avait dit ça à quelqu'un d'autre et que la personne n'avait pas réagi il serait resté il serait parti il serait rentré chez lui en disant bah oui heureusement le hasard fait qu'il me l'a dit à moi et donc j'ai discuté j'ai argumenté etc donc c'est ça qui fonde encore mon engagement est-ce qu'on peut encore faire de l'éducation populaire est-ce qu'on peut encore contredire ces idées qui règnent massivement dans les médias vous voulez dire que la gauche avait plus sur le terrain il faut il faut c'est l'essentiel

26:47
Locuteur non identifié

France Culture Sens politique Astrid De Villene

26:52
Invité

une seconde une seconde une seconde je voudrais je voudrais saluer au nom du gouvernement en mon nom et au nom de toute l'équipe de France tous les jeunes les 4000 jeunes qui viennent de la France entière qui viennent de la France entière de métropoles des départements et des territoires d'Outre-mer et je leur fais un cadeau le plus beau cadeau qu'ils puissent rêver l'équipe de France l'équipe de France et la coupe de France la coupe du monde pardon la coupe du monde et en votre nom à tous je voudrais leur dire notre admiration notre reconnaissance et notre amitié ils sont la plus belle image que vous garderez de la France de cette année dans votre coeur et je vais demander maintenant à celles qui ne sont pas pour peu dans cette victoire c'est à dire à leurs épouses de bien vouloir nous rejoindre on va demander à ces dames de venir

28:24
Présentateur

ça vous fait réagir Marie-Georges Buffet vous êtes sur place oui bien sûr je te présente le 14 juillet 1998 la fameuse Garden Party en présence de l'équipe de France qui vient de remporter la coupe du monde le gouvernement est représenté par Lionel Jospin et vous Marie-Georges Buffet ministre de la jeunesse et des sports c'est Jacques Chirac qui accueille tout le monde sur le perron du jardin il y a une effervescence dingue sur les images vous faites un bain de foule avec Jacques Chirac qu'est-ce qui se passait c'était une forme de parenthèse dans la cohabitation ce jour-là vous employez

28:56
Invité politique

un mot qu'on a entendu de nouveau cet été lorsqu'on a parlé de la parenthèse enchantée avec les JOP les Jeux Olympiques et Paralympiques 2024 oui pendant la coupe du monde 98 on rêve on rêve et au début les gens sont pas très enthousiastes puis plus l'équipe de France obtient des bons résultats plus bien sûr l'effervescence se lève et je me rappelle du retour du dernier match au stade de France où dans la rue les gens descendent avec les drapeaux bleu blanc rouge etc la fête comme on a eu la fête avec les JOP le problème c'est qu'une fois que la fête est terminée on passe à autre chose et on ne traite pas du sujet qui est le sujet pourtant qui devrait être traité c'est qu'est-ce que le sport apporte aux individus qu'est-ce qu'il apporte à la société qu'est-ce qu'il apporte à notre bien commun et donc qu'est-ce qu'il faut qu'on donne au sport pour qu'il se développe et ça en général une fois que les tribunes présidentielles sont fermées dans les stades il ne se passe plus rien c'est même pire le budget des sports a baissé considérablement dans le budget 2025 174 millions d'euros de baisse 174 millions de baisse

30:16
Présentateur

on revient au niveau d'il y a 4 ans

30:17
Invité politique

voilà donc ce sont de formidables occasions manquées que ce soit 98 ou 2024 où il y a l'événement et après l'événement le sport redevient une question subalterne dont on ne parle pas en politique quand vous regardez les débats politiques dans une présidentielle ou dans des législatives c'est une question qui ne vient pas comme si c'était bon aux bénévoles de régler ça alors que le sport à partir du moment où il joue sur le comportement des individus sur leur bien-être où il joue sur le rapport des individus entre eux devrait être une question essentielle au même titre que l'éducation

30:57
Présentateur

la culture ou la santé oui vous c'est votre grand combat que le sport ne reste pas dans l'associatif qu'il soit considéré comme une véritable politique publique aujourd'hui c'est 0,15% le sport du budget global de l'état vous vous plaidez depuis longtemps pour 1%

31:10
Invité politique

bien sûr encore faut-il qu'il y ait une mobilisation pour cela je le dis à chaque fois je fais un débat avec le mouvement sportif c'était encore le cas samedi dernier et ce sera le cas mercredi prochain je leur dis les acteurs et les actrices de la culture qu'est-ce qu'ils ont fait ? ils se sont mobilisés ils ont saisi l'opinion publique du 1% pour la culture et ils ont gagné si vous le mouvement sportif vous restez la deuxième grand muette il y a l'armée et le mouvement sportif qu'on n'entend jamais et bien on n'aura pas le 1% il faut vous mobiliser il faut vous faire entendre j'espère que

31:44
Présentateur

ça va bouger que ressentez-vous très précisément au stade de France le 12 juillet 1998 Marie-Jean Buffet ça va peut-être vous étonner

31:53
Invité politique

et bien sûr une grande joie mais surtout je quitte la tribune très vite je vais à l'arrière parce que pour moi c'est la fin de la coupe du monde or moi je suis en responsabilité de l'organisation de cette coupe du monde il y a eu des incidents il y a eu des problèmes d'oliganisme et tout je rappelle toujours la mémoire ce qu'a vécu l'officier Nivelle etc mais c'était fini ça y est c'était fini vous soufflez je souffle exactement après je suis revenue à la tribune mais j'avais besoin de dire c'est fini j'ai réussi pas moi

32:31
Présentateur

toute seule quel rôle on a précisément quand on est ministre des sports et que la coupe du monde se déroule à la maison

32:37
Invité politique

alors il y a des problèmes d'organisation il y a des problèmes aussi d'éthique mais c'est pas trop la coupe du monde en elle-même enfin je veux dire les combats qu'un ministre ou qu'une ministre des sports a amené ce sont des combats surtout pour que le sport reste un bienfait et donc c'est un combat pour l'éthique c'est un combat bien sûr contre la marchandisation du sport contre l'instrumentalisation politique par certains états ou par certains hommes ou femmes politiques du sport c'est un combat contre le dopage c'est un combat contre l'éthée la recherche de performance à tout prix quand vous voyez je parlais quelques instants avant le début de cette émission avec une ancienne gymnaste qui me racontait ce qu'elle a subi vers 13-14 ans dans son sport je me dis quand même que se préoccuper de la préservation de la santé physique et psychique des athlètes ça doit être le combat du ministre des sports voilà parce que ça ne l'est pas aujourd'hui avec tout le respect que j'ai pour la ministre actuelle le problème c'est le poids politique dans ce gouvernement ou dans les précédents gouvernements qu'ont ou quand les ministres des sports

33:53
Présentateur

on les entend peu là on l'a entendu récemment sur la proposition de loi adoptée au Sénat pour l'interdiction du port de signes religieux dans les compétitions sportives

34:01
Invité politique

quel est votre avis vous Marie-Georges Buffet d'abord je suis toujours étonnée qu'on sorte encore une loi là-dessus parce que la loi de 2021 sur les principes de la République traitait de cette question je rappelle que la charte de déontologie du comité national olympique et sportif français comporte dans ses articles la laïcité donc je pense qu'il faut tout simplement respecter le principe de laïcité dans le sport j'y tiens pourquoi j'y tiens qu'est-ce que ça veut dire le principe de laïcité dans le sport sur le voile ça veut dire non c'est pas le voile

34:28
Présentateur

c'est tout signe religieux mais là on comprend bien que derrière cette proposition de loi

34:31
Invité politique

derrière les propositions de Retailleau il y a bien sûr le voile il y a l'islamophobie il y a tout cela bon moi je vais prendre la question autrement c'est la laïcité par rapport à tous les signes religieux etc mais c'est aussi le droit des femmes moi vous savez je préside une association pour le droit des femmes à exercer le sport en pleine liberté et je je combats aux côtés de nos soeurs afghanes et nous avons reçu en France ça a été une lourde bataille des championnes des athlètes afghanes au début on leur a dit qu'il fallait qu'elles se couvrent et puis qu'il fallait qu'elles couvrent leur corps et puis ensuite on leur a dit qu'il fallait qu'elles fassent du sport mais dans des salles où il n'y avait pas de public ensuite on leur a expliqué qu'il ne fallait pas qu'elles fassent du sport du tout et on l'a interdit le sport et l'éducation donc pour la liberté des femmes pour les droits des femmes faisons en sorte que le sport soit accessible à tous et à toutes et donc empêchons toute emprise religieuse sur le sport

35:28
Présentateur

mais j'ai du mal à comprendre votre position Marie-Georges Buffet on dirait que vous tenez les deux mais par exemple si on est à la tête d'une fédération sportive ou d'une association est-ce qu'une femme a le droit de faire du foot avec un voile sur la tête dans une compétition de foot

35:41
Invité politique

dans les règlements de la fédération française de foot il y a le principe de la laïcité c'est non

35:49
Locuteur non identifié

sens politique l'archive de l'invité en 1999 les états ont créé l'AMA l'agence mondiale anti-dopage c'est l'AMA qui définit sur un plan juridique ce qu'est le dopage en fait le dopage c'est l'ensemble des méthodes ou des substances qui augmentent la performance qui abîment la santé ou sont contraires aux valeurs du sport en 2005 191 états signent la convention internationale de l'UNESCO contre le dopage dans le sport et s'engagent à harmoniser leur législation mais l'agence mondiale anti-dopage n'a toujours pas de rôle opérationnel c'est aux fédérations sportives qu'incombe la recherche des tricheurs et c'est là tout le problème

36:38
Présentateur

un extrait du documentaire de Xavier Deleu plus vite plus haut plus dopé par Youzou Productions pour Arte et LCP en 2016 vous teniez Marie-Georges Buffet ancienne ministre des sports ça a été votre grand combat à parler du dopage et surtout de la lutte contre le dopage et de la création de cette agence anti-dopage en 1999

36:55
Invité politique

oui parce que le combat est parti d'un combat franco-français mais très vite j'ai essayé de l'élargir à l'ensemble de l'Union Européenne on était un peu moins nombreux à l'époque et puis ensuite de m'adresser aux autres états et il a fallu ensuite qu'on arrive je dirais très unis les états face au CIO je dis bien face au CIO de l'époque le comité international olympique pour voilà obtenir la création de cette agence mondiale anti-dopage l'idée c'était que si un seul pays luttait contre le dopage ou certains pays luttaient contre le dopage bon ben c'était l'inéquité dans le sport etc alors aujourd'hui l'AMA existe en France c'est l'agence française de lutte contre le dopage qui mène le combat mais l'AMA est quand même assez affaiblie en ce moment les Etats-Unis ont retiré leur financement et on n'entend pas trop les états voilà agir pour que l'AMA retrouve toute sa puissance toute sa force

37:53
Présentateur

j'ai d'ailleurs retrouvé les chiffres pendant les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris en 2024 de l'International Testing Agency donc cette agence internationale de testing anti-dopage créée en 2018 sous la tutelle du CIO et de l'AMA l'agence anti-dopage à Paris elle a testé 39% des athlètes et sur ces 39% elle a trouvé 5 cas positifs j'aimerais votre oeil dans cette mise des sports de spécialiste du sujet là-dessus Marie-Georges Buffet j'arrive pas à savoir si c'est beaucoup ou pas beaucoup c'est pas beaucoup

38:24
Invité politique

c'est pas beaucoup qu'est-ce qu'il se passe il y a encore des pressions il y a encore des non puis il y a une course de vitesse il y a une course de vitesse par rapport aux moyens qui sont mis parfois pour trouver des formes de dopage qui sont moins détectables dans la loi olympique qui a été votée en France avant les GOP 2024 il y avait un article qui portait sur les tests génétiques parce que voilà le CIO s'inquiétait des modifications génétiques qui pouvaient être faites sur des athlètes pour optimiser leur performance donc c'est une course de vitesse il faut que les états mettent des moyens dans la recherche scientifique il faut que les états mettent les moyens sur les moyens de contrôle parce que tant qu'on aura une marchandisation du sport tant qu'on aura une instrumentalisation politique du sport la tentation du dopage sera présente donc la lutte n'est pas terminée il faut au contraire l'accentuer

39:23
Présentateur

mais si le CIO et l'agence anti-dopage ne testent pas tout le monde c'est pourquoi il y a un problème

39:28
Invité politique

de moyens quand vous parlez avec les volontaires parce que c'est quand même des volontaires qui font ces tests y compris pendant les GOP ce sont des volontaires je parlais récemment avec l'un d'entre eux il faut des moyens il faut qu'ils soient plus nombreux il faut qu'ils soient formés etc vous avez dit récemment

39:44
Présentateur

au Berry républicain qu'il y avait une forme de tolérance en France sur le dopage quand vous avez pris vos fonctions en 1997

39:51
Invité politique

il y avait une tolérance complète j'ai parlé avec des sportifs qui m'expliquaient que quand ils rentraient dans l'équipe et là c'était une équipe professionnelle c'était normal les autres le faisaient ils le faisaient parce qu'ils étaient membres de cette équipe et rappelez-vous les réactions quand il y a eu les premiers contrôles sur le Tour de France 98 et tout les gens ne comprenaient pas pourquoi on venait les embêter sur cette question on vous en voulait oui mais ça c'est pas grave

40:22
Présentateur

je pense surtout à celui qui a fait beaucoup parler à l'époque le contrôle inopiné anti-dopage chez les Bleus qui s'entraînaient à Tignes en 1998 juste avant la Coupe du Monde là vous racontez j'ai failli flancher tellement vous avez eu des pressions notamment médiatiques

40:36
Invité politique

oui parce que c'est extraordinaire d'ailleurs parce que qu'on fasse des contrôles dans le cyclisme tout le monde à la limite l'admettait mais qu'on touche au foot alors là c'était le sacrilège et c'est vrai que c'était en plus l'équipe de France donc on était à l'aube de la Coupe du Monde et c'est vrai qu'il y a eu une pression médiatique il faudrait relire regarder écouter ce qui s'est dit dans les médias c'est vrai qu'il a fallu que quelques membres de mon entourage au ministère me disent tu lâches pas tu lâches pas surtout parce que ouf j'en ai pris un peu plein la figure à ce moment là mais qu'est-ce qu'il a donné ce contrôle ? pas de contrôle positif

41:08
Présentateur

voilà mais il fallait le faire alors il y a quelques semaines Marie-Georges Buffet le 5 février 2025 vous étiez à Bourges pour inaugurer le gymnase des Merlates qui porte désormais votre nom c'est très rare qu'on attribue des noms enfin qu'on donne des noms à des établissements publics alors même que les personnes sont vivantes vous le savez

41:28
Invité politique

oui mais c'est pour ça lors de cette inauguration j'ai surtout rendu hommage à travers cela à tous les bénévoles du mouvement sportif et notamment à toutes les femmes qui agissent dans ce mouvement sportif parce que c'est pas facile d'être une femme dans le mouvement sportif et donc voilà j'ai voulu tout que ce soit un hommage pour elle surtout pas pour moi mais pour elle

41:49
Présentateur

que pouvez-vous nous dire pour finir Marie-Georges Buffet de l'art d'être grand-mère

41:55
Invité politique

peut-être tout simplement d'être disponible disponible lorsqu'il y a envie de parler il y a envie de discuter peut-être tout simplement aussi exprimer expliquer ce que sont les valeurs de la république pourquoi voilà peut-être tout simplement j'ai employé ce mot disponible je crois que c'est

42:20
Présentateur

le plus important merci d'avoir été disponible pour nous en ce samedi en direct Marie-Georges Buffet ancienne secrétaire nationale du parti communiste français vous pouvez réécouter cette émission et toutes les autres sur franceculture.fr et sur l'application Radio France merci à Léa Varin qui m'a aidé à préparer cette émission comme chaque semaine à la réalisation Luc-Jean Reynaud à la technique Ruben Karmazine et à la vidéo Edouard Rubenstein merci à tous et à samedi prochain