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InterviewBFM TV (sur YouTube)· 26 septembre 2025ComplaisantActualité / polémiqueJusticeInstitutions & élections

Condamnation de Nicolas Sarkozy: l'interview de son avocat Jean-Michel Darrois en intégralité

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 70 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Quelle est votre réaction au lendemain de la condamnation de Nicolas Sarkozy ?

  • 0:45OuverteRéponse directe

    Vous dites que la décision est choquante et mal fondée en droit. Pouvez-vous expliquer pourquoi ?

  • 2:00FerméeÉludée

    Avez-vous la preuve que Nicolas Sarkozy est innocent ?

  • 3:00OuverteRéponse directe

    À quel moment avez-vous compris que la condamnation basculait pour Nicolas Sarkozy ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi cette condamnation à cinq ans de prison vous semble-t-elle disproportionnée ?

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Sur quel point allez-vous vous battre en appel ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:00Jean-Michel DarroisFait
    « Qu'elle est choquante. Et qu'elle est mal fondée en droit. »
  • 2:15Jean-Michel DarroisFait
    « Ce n'est pas mon problème. Le problème, c'est qu'on démontre la culpabilité de Nicolas Sarkozy. »
  • 3:15Jean-Michel DarroisFait
    « La preuve, moi, intimement, en conscience, évidemment, je l'ai. »
  • 4:15Jean-Michel DarroisFait
    « Il est reconnu coupable des faits d'association de malfaiteurs. »
  • 5:15Jean-Michel DarroisChiffre
    « Cinq ans, c'est énorme. Ça ne s'est jamais vu. »
  • 7:15Jean-Michel DarroisFait
    « On ne peut pas condamner quelqu'un sur une hypothèse. »
  • 9:15Jean-Michel DarroisFait
    « Une condamnation définitive ? »
  • 10:15Jean-Michel DarroisFait
    « Il veut démontrer son innocence, et la seule façon, c'est d'aller en appel. »
  • 11:15Jean-Michel DarroisFait
    « Il a été impeccable au cours de la procédure, qu'il n'y a aucun risque de fuite. »
  • 12:15Jean-Michel DarroisFait
    « Oui, on le sait maintenant, oui. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

On est ensemble jusqu'à 10h sur BFM TV, séisme, déflagration, un président en prison, voilà certains des titres des journaux ce matin, évidemment, au lendemain de la condamnation de Nicolas Sarkozy à 5 ans de prison avec exécution probatoire. Jean-Michel Darrois, vous êtes l'avocate Nicolas Sarkozy, merci d'avoir accepté d'être sur ce plateau ce matin, de prendre le temps de répondre à nos questions, à mes côtés, Jérémy Trottin, Neila Latrousse, Sabrina Agresti-Roubache et Pauline Revena. Pauline Revena, on aura particulièrement besoin évidemment de vos lumières, vous êtes chef du service police-justice de BFM TV.

Jean-Michel Darrois, avec un peu de recul, j'aimerais avoir votre réaction, on dit souvent que la nuit porte conseil, au lendemain de cette condamnation, qu'est-ce que vous en dites aujourd'hui ? La nuit porte conseil quand on arrive à dormir, ce qui n'a pas été mon cas cette nuit. Mais qu'est-ce que je peux dire de cette décision ?

Qu'elle est choquante. Et qu'elle est mal fondée en droit. Je voudrais vous lire une décision qui a été rendue par le même tribunal en février 2024.

Pas nécessairement les mêmes juges, mais le même tribunal, le tribunal judiciaire de Paris. En application de l'article 427 du Code de procédure pénale, les infractions pénales doivent être établies par des preuves, même appréciées d'après l'intime conviction des juges. En l'absence de toute preuve, une juridiction pénale de jugement ne saurait, sans méconnaître le principe de la présomption d'innocence, déduire la calpabilité d'un prévenu d'une hypothèse fut-elle vraisemblable.

Ce qui veut dire qu'on ne peut pas être condamné sur la base d'une hypothèse. Or, dans cette affaire, le tribunal a d'abord annoncé que Nicolas Sarkozy était relaxé des deux principaux chefs d'accusation retenus contre lui par le parquet, à savoir le financement de sa campagne électorale par Kadhafi, et d'autre part, le fait qu'il aurait été corrompu par Kadhafi. Mais il est reconnu coupable des faits d'association de malfaiteurs.

Alors, l'association de malfaiteurs, c'est une espèce de qualification fourre-tout que le juge d'instruction et le parquet financier ont retenu tout à la fin de l'instruction. Pourquoi ? Parce qu'ils n'avaient démontré ni le financement de la campagne électorale, ni la corruption.

Maître, il y a beaucoup à dire. Mais vous dites, ils n'ont pas la preuve qu'il est coupable. Avez-vous, vous, la preuve qu'il est innocent ?

Ce n'est pas mon problème. Le problème, c'est qu'on démontre la culpabilité de Nicolas Sarkozy. Maintenant, la preuve, moi, intimement, en conscience, évidemment, je l'ai.

Et l'association de malfaiteurs est donc fondée sur l'idée, première hypothèse, que deux des collaborateurs de Nicolas Sarkozy, M. Guéant et M. Hortefeux ont parlé de financement et de corruption avec un C.I. de criminel, mais qui était le bras droit de Kadhafi.

Abdallah Sarkozy, qui était le bras droit de Kadhafi. Et qu'au cours de ces conversations, ils auraient évoqué la corruption et le financement illégal. C'est une hypothèse.

Or, le tribunal a jugé qu'on ne peut pas condamner quelqu'un sur une hypothèse. Pour vous, c'est une hypothèse. Lorsque Brice Hortefeux était invité hier soir de mon confrère Marc Fauvel sur BFM TV, qui lui a posé la question « Qu'avez-vous été faire ?

Pourquoi êtes-vous resté avec Abdallah Senoussi ? » qui est donc non seulement l'homme de confiance de Kadhafi, mais qui est celui qu'on considère comme responsable de ce terrible attentat du décédis. Il dit « Je suis tombé dans un traquenard ».

Mais il reconnaît être resté 40 minutes avec cet homme. Est-ce que lorsque l'on tombe dans un traquenard, on reste 40 minutes avant de se sauver ? Écoutez, il était là-bas en mission officielle.

J'étais pas, hein ? Je sais bien, je sais bien, ni moi. Il était là-bas en mission officielle.

On le présente à l'homme le plus proche de Kadhafi. J'imagine qu'il était difficile pour lui de partir. Et un détail, ils étaient tous les deux en présence, accompagnés de Ziyad Taqeddin.

Tout à fait. Ziyad Taqeddin a servi de traducteur. C'est le dénominateur commun.

C'est le dénominateur commun. Ziyad Taqeddin a servi de traducteur, car Senoussi ne parlait pas français, et Hortefeu et Guéant parlait encore moins arabe. Donc, eux-mêmes ne savent pas ce qu'il a dit.

Vous vous interrogez sur la complicité aussi de Ziyad Taqeddin dans la traduction ? Je ne m'interroge pas dans la complicité. On précise que Ziyad Taqeddin est décédé il y a 48 heures.

Vous pouvez dire, parce qu'il faisait les questions et les réponses, et je ne sais pas quelles étaient les questions et les réponses. J'ai une question plus terre-à-terre, pardon, plus humaine. Et nous, pendant deux heures, pendant que vous étiez dans la salle d'audience, on a essayé de décrypter et de rendre lisible ce que la présidente égrenait au fur et à mesure.

C'était compliqué. Et je voulais savoir à quel moment vous avez compris que ça basculait pour Nicolas Sarkozy ? Parce que, comme vous l'avez bien expliqué, les trois chefs d'accusation ont été abandonnés, puisqu'il a bénéficié, on le rappelle, de trois relaxs pour ces trois chefs-là.

Et ensuite, effectivement, ça a été progressif, ça a été très long. À quel moment vous avez compris, ou peut-être le saviez-vous déjà, je ne le sais pas, que ça basculait ? Non, non, en général, il n'y a pas de fuite.

J'imagine, mais je...

Qui viennent des tribunaux. D'abord, ça a été assez pervers, la façon dont les choses ont été annoncées. Puisqu'en effet, la relax de Sarkozy a été annoncée sur les accusations les plus graves qui étaient portées contre lui.

Il restait quelque chose. Le président du tribunal n'a pas dit quels étaient les chefs retenus contre Sarkozy. Mais on se disait, bon, ben, ça ne peut pas être grave.

Voilà. Et puis, patatrac, cinq ans, on a tous été stupéfaits. Et dans la salle où vous étiez là, il y a eu un cri.

Les gens n'en revenaient pas. Et je pense que moi, je n'en reviens toujours pas. Vous n'en revenez toujours pas aujourd'hui.

Vous êtes abasourdi. Complètement. Même à la lecture du jugement, même après l'écoute des précisions.

Je n'ai pas encore lu les 400 pages. Mais qu'est-ce qu'on peut dire ? Il y a première contestation sur les motifs de la condamnation.

Ensuite, sur la peine prononcée et sur l'exécution de la prête. Cinq ans, c'est énorme. Ça ne s'est jamais vu.

C'est justifié par quoi ? Par le trouble à l'ordre public. Par la gravité exceptionnelle des faits de nature à altérer la confiance des citoyens en nos institutions.

Alors, moi, il me semble, mais je suis l'avocat de M. Sarkozy, que le trouble à l'ordre public et la confiance envers les institutions sont ébranlés plus que par toute autre chose par cette décision. – Qui risque de rompre la confiance entre les citoyens et la justice, voulez-vous dire ? – Tout du moins entre les gens qui lisent le jugement et qui y réfléchissent.

Parce que je comprends que la justice veuille purifier la société. C'est ce que nous disent les juges. C'est une mission très importante, essentielle.

Mais alors, il faut que les juges rendent la justice avec une exigence particulière. – Et là, vous avez l'impression qu'il n'y a pas d'exigence particulière sur ce juge. – C'est la raison pour laquelle je vous ai dit.

Cette jurisprudence tirée du tribunal, on ne peut pas condamner quelqu'un sur une hypothèse. Pourquoi ? C'est parce que le doute, c'est un principe essentiel dans toute démocratie, le doute doit bénéficier aux prévenus. – Vous dites dans toute démocratie, est-ce que ça veut dire que vous vous interrogez même sur le fait que notre justice aujourd'hui est encore celle d'une démocratie ? – Non, mais je me dis que la justice, je répète, que la justice, pour être l'élément essentiel, le dernier rempart à l'état de droit et à la démocratie, que pour qu'elle exerce ce rôle, il faut qu'elle le fasse avec le respect des principes essentiels.

L'un des principes essentiels, l'un des droits fondamentaux garantis par les institutions internationales et en principe par notre droit, c'est la présomption dite dans le sens et que le doute doit bénéficier aux prévenus. – C'est la raison pour laquelle vous allez interjeter appel, vous l'avez annoncé dans la foulée de la décision, et ces 387 pages, enfin ces 400 pages, elles sont essentielles pour vous parce que c'est un matériau sur lequel vous allez vous appuyer pour pouvoir nourrir cet appel. Il y a beaucoup de travail, j'ai entendu mettre un grain hier qui disait on étudie toutes les pistes possibles et vous avez aussi besoin de faire une demande de mise en liberté lorsque Nicolas Sarkozy sera incarcéré parce que ça c'est une certitude, il va passer par la casse-prison, il faut l'expliquer. – Tout à fait, donc on va essayer de faire en sorte que sa détention soit la plus courte possible et puis on va contester la décision, il y a en effet beaucoup de pistes. – Sur quel point ? – Sur le fait que la décision n'est pas fondée, n'est pas fondée en droit et que les éléments recueillis ne suffisent pas à condamner et puis il y a quelque chose d'assez évident que vous avez dit à l'instant madame, on ne comprend pas cette décision, on ne la comprend pas. – Vous étiez hier au tribunal, on ne comprend pas.

Pour qu'il y ait une association de malfaiteurs, il faut quand même que cette association ait un but. Un kidnapping, un vol, un assassinat. – Alors dans le jugement, il est précisé que cette association de malfaiteurs avait pour but de lui procurer un avantage dans la campagne électorale et de lui permettre d'accéder à la haute fonction et de l'exercer pendant cinq années. – Sauf que ça, ça pourrait s'écrire et se comprendre s'il y avait eu de l'argent dans la campagne. – Mais il n'y a pas d'enrichissement personnel et il n'y a pas de trace d'argent. – S'il n'y a pas de trace, c'est qu'il n'y a pas d'argent. – Pour vous c'est une construction intellectuelle, c'est ça ? – Ce n'est donc qu'une hypothèse ou une construction de multiples hypothèses. – Absolument. – Il y a aussi cette question du document.

Nicolas Sarkozy, en sortant du tribunal hier, parlait d'un document faux. Ce n'est pas exactement ce que dit le tribunal, qui parle du document de Mediapart qui ne peut pas être absolument considéré comme vrai. – Ça, déjà, c'est une phrase qu'un juge devrait s'interdire d'écrire. – Le peut-être, le probable, ça n'est pas possible ? – Oui, enfin, le doute. – Le doute bénéficie, c'est à l'accusation de démontrer que ce document était vrai.

Tout de suite, tout de suite, on a su que hors de feu, qui était indiqué comme présent sur ce document, tout de suite on a su que ce n'était pas vrai. Parce qu'il n'était pas en Libye, il était ailleurs. Donc tout de suite, on savait que ce document ne reflétait pas la réalité. – Alors, ce document a eu des conséquences gigantesques. – Ce document, il faut le dire, a été mis sur la place publique au moment, avant la campagne de 2012. au moment de la campagne de 2012. – Pendant, pendant les deux tours. – Avant l'élection, voilà.

Donc, pour vous, il a eu un rôle politique, ce document. – Pour moi, oui, sans doute pour d'autres personnes aussi. Il a eu un rôle politique. – Alors, le journaliste peut dire, on le croit ou on ne le croit pas. – Il répondait à Saint-Maitre. – Il souligne qu'il y a eu des conséquences.

Oui, la première conséquence, c'est peut-être que Nicolas Sarkozy a été battu. Ce document est censé retracer une réunion entre quatre personnes. Cette réunion n'a pas eu lieu. que Fabrice Arfi, bien qu'il soit vraiment très opposé à Nicolas Sarkozy, me soit sympathique, je mets ça de côté.

Il a été trompé, supposons, il a été trompé par ce document. Il l'a utilisé. Et s'il ne l'a pas fait de mauvaise foi, c'est ce que le juge a retenu dans cette affaire de faux. – Il aurait été lui-même, en réalité… – Il aurait été lui-même roulé dans la farine. – Roulé dans la farine.

Vous dites, la première de ses conséquences, c'est que Nicolas Sarkozy a été battu. Est-ce que ça veut dire que vous considérez au fond, a posteriori, que l'élection de 2012 a été trompée ? Que les électeurs ont été trompés ? – Ce que les juges semblent, ou du moins le parquet financier semblait dire, c'est qu'en étant financé par Kadhafi, Sarkozy a trompé les électeurs.

Il n'y a qu'un hic, il n'y a qu'un malheur à ça. Pour le parquet national financier, c'est qu'il n'y a pas eu d'argent libyen dans la campagne de Sarkozy. – D'où la relaxe sur le financement illégal de la politique. – D'où la relaxe. – Mettre dans la condamnation, il y a donc les 50 prisons avec mandat de dépôt différé et exécution provisoire, il y a 100 000 euros d'amende, et il y a privation de ces droits civils. – Ça veut dire quoi ? – Et comment est-ce que vous réagissez à cette partie-là de la condamnation ? – Ça veut dire notamment, je crois qu'il doit être privé de ses droits familiaux.

Alors heureusement, ses fils sont grands, il a une petite fille. Voilà, il doit être aussi interdit de, sans doute, de voter ou de se présenter à des élections. Bon, c'est une peine complémentaire et absolument inadaptée. – Alors essayons maintenant de nous projeter.

Le 13 octobre, quelles informations vous aurez et sur quoi allez-vous vous battre ? – Alors, le 13 octobre, vont être discutées les conséquences et les conditions de son incarcération. – On sait où est-ce qu'il va être incarcéré ?

Vous savez où est-ce qu'il sera ? – Pardon ? – Est-ce que vous saurez où est-ce qu'il sera incarcéré et dans quelles conditions pratiques et techniques ? – Ça, on va en discuter.

On en discute avec le parquet, avec le parquet national financier qui a réclamé sa condamnation. – Vous avez l'air de trouver ça plutôt ironique. – Oui, j'aurais préféré en discuter avec quelqu'un d'autre.

Voilà, c'est avec eux qu'il faut discuter. Il faut, comme vous l'avez indiqué, qu'il soit détenu pour pouvoir demander sa mise en liberté. – Dès le lendemain ? – On peut le faire dès le lendemain. – Dès la première, il me semble, oui. – Alors, vous vous souvenez de l'histoire du bracelet électronique ? – Oui, bien sûr. – Il aurait pu tout de suite demander en être débarrassé.

Ce n'est pas son genre, ce n'est pas sa mentalité. – Il a dit hier, s'ils veulent que je dorme en prison, je dormirai en prison, mais la tête est haute. – Voilà. – Je ne me déroberai pas. – Non.

Mais d'ailleurs, vous voyez, il ne se dérobe pas. – Donc vous ne demanderez pas immédiatement, vous n'allez pas demander le 13 octobre, à y échapper ? – Je n'en sais rien, ça dépendra de l'ensemble de conditions.

Supposons que, je ne sais pas, moi, qu'il soit très malade, peut-être qu'on essaiera de gagner du temps. – Ça n'est pas le cas. – Ça ne veut pas dire, non, ce n'est pas le cas, ça ne veut pas dire qu'il sera incarcéré le lendemain, disons, dans les prochains jours. – Quatre mois, quatre mois. – Ah, ils ont quatre mois, on parlait hier de un mois, ils ont quatre mois. – Non, quatre mois. – Et vous comptez bien prendre ce temps au maximum, j'imagine ? – Ça, ce sera la décision de Nicolas. – Est-ce que d'ici là, vous pourriez demander une grâce à Emmanuel Macron, une grâce présidentielle ?

C'est ce que porte notamment un sénateur ADLR, le sénateur Lerudulier. Est-ce que ça fait partie des hypothèses que vous êtes en train de travailler ? – Une condamnation définitive ? – Voilà, si c'était possible, évidemment, on travaillerait.

Et il faut que la condamnation soit définitive. – Quand bien même il serait gracié, ça ne changerait rien au fait qu'il aille un second procès, s'il appelle il y a, et que son sort ne sera pas scellé pour autant. – De toute façon, ce n'est pas dans sa mentalité de demander la grâce, là, en l'État, parce qu'il veut démontrer son innocence, et la seule façon, c'est d'aller en appel. – Le parquet national financier, d'ailleurs, lui-même a dit faire appel. – Ah non, pas encore, ce n'est pas encore confirmé. – Est-ce qu'il pourrait le faire ? – Et techniquement, il peut le faire, il n'a pas encore pris la décision. – Et vous, techniquement, c'est fait ? – Nous, c'est fait, oui, oui. – Oui, oui, oui. – Mais j'avais entendu dire que le parquet avait fait appel. – Non, le parquet national financier, hier, m'a envoyé un mail en me disant que ce n'était pas une décision. – J'ai lu pour vous que ça avait été le cas.

Lorsque vous êtes rentré au domicile de Nicolas Sarkozy, après ce moment au tribunal, quel était l'état d'esprit ? – Il m'a remonté le moral. – C'est-à-dire ? – Vous vous aviez l'air quand même très… – C'est-à-dire que moi, j'étais quand même effondré.

Je ne pense pas que lui était très content de ce qui lui est arrivé. Mais voilà, il nous a dit non, on continue, on y va, on se bat. – Il vous a demandé à avoir l'appel le plus vite possible, par exemple ?

Ça fait partie de ce que vous allez dire ? – Oui, oui, oui, oui, bien sûr. – Oui, c'est plutôt que c'est une affaire qui a mis 20 ans à être un suite.

On pourrait se dire que l'appel mettra beaucoup de temps aussi à être réaudiencé. – En principe, si l'arrêt d'appel n'est pas prononcé, je crois, dans les 18 mois, alors Nicolas Sarkozy doit être mis en liberté. – Voilà.

Donc il y a quand même des délais pour ne pas justement laisser des mandats de dépôt. – Au plus tard, ça devrait être dans l'année et demie. – Maître, il y a eu des réactions politiques, bien sûr.

Il y a eu notamment la réaction de Marine Le Pen qui considère que les magistrats ont un tableau de chasse et qu'ils veulent en quelque sorte se payer des politiques. Elle parle de son cas et de celui de Nicolas Sarkozy. Il y a aussi le questionnement du président du Sénat qui rarement rentre comme ça dans une affaire et qui dit « je partage quand même le questionnement d'un certain nombre de Français sur la question de l'exécution provisoire ».

Est-ce que vous vous sentez aujourd'hui soutenu par ces messages-là ou est-ce que vous vous dites que ça c'est de la politique et que ça n'a rien à voir ? Ou est-ce que désormais c'est une affaire effectivement politique et non seulement judiciaire ? – Écoutez, en tant qu'avocat, moi je ne peux que m'accrocher fortement à l'idée qu'il faut respecter la justice. – Donc je ne veux pas rentrer dans des débats politiques, ce n'est pas mon rôle.

Mais en l'État, qu'il y ait eu une exécution provisoire avec mandat de dépôt, alors que le tribunal lui-même reconnaît que Sarkozy s'est rendu à toutes ses convocations, qu'il a été impeccable au cours de la procédure, qu'il n'y a aucun risque de fuite. – Et le renouvellement de l'infraction, ça me paraît quand même compliqué. Donc voilà, qu'il y ait une exécution provisoire dans certains cas, quand il faut empêcher la fuite, quand le renouvellement de l'infraction, un tueur, un pédophile… – C'est le principe de l'exécution provisoire. – Mettre une dernière question, il a été évoqué sur les réseaux sociaux, le fait que la présidente du tribunal aurait participé à une manifestation contre Nicolas Sarkozy en 2011.

Avez-vous cette information ? – Oui. – Vous avez cette information ? – Oui, oui. – Vous avez la confirmation que la présidente du tribunal hier, la personne qui a lu cette décision, qui est une décision collégiale, mais qui en a fait la lecture, a manifesté contre Nicolas Sarkozy en 2011 ? – Oui, on le sait maintenant, oui. – Est-ce que c'est de nature, à vos yeux, à déconsidérer l'impartialité de la justice ?

Ou est-ce que ça rajoute à votre sentiment d'impartialité ? – Je ne veux pas, encore une fois, parce que je veux respecter la justice, pas nécessairement lui faire confiance, mais respecter la justice. Je ne veux pas croire que ça ait pu influencer sa décision.

Maintenant, je comprendrai que d'autres le pensent. – Merci maître d'avoir répondu à nos questions ce matin. Jean-Michel Darrois, vous êtes l'avocat de Nicolas Sarkozy. – Merci.

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