La France brûle, les conséquences seront immenses
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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
32 000 hectares ont déjà brûlé en France depuis le début de l'été, soit l'équivalent de 44 000 terrains de football. C'est plus d'ores et déjà que toute la saison 2025, c'est ce qu'a annoncé le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez. Et la particularité cette année, c'est que les incendies ne touchent plus seulement le sud de la France. Tous ces records sont liés au changement climatique, qui va rendre dans les prochaines années ces feux de plus en plus fréquents et intenses. Mais alors comment expliquer cette multiplication ? Y a-t-il une responsabilité politique ? Et quelles sont les solutions potentielles ? Salut c'est Blanche, j'espère que vous allez bien.
C'est le sujet à la une de ce format d'actu du jour, disponible sur YouTube et en podcast audio. Je le disais, les incendies qui touchent la France se multiplient, et surtout, ils ne concernent plus seulement le sud. Cette semaine, un incendie a ravagé une partie de la forêt de Fontainebleau, en Ile-de-France. L'an dernier, c'était la Bretagne ou encore la Normandie qui étaient touchées. Alors une question revient souvent, est-ce que c'est vraiment le changement climatique, ou est-ce qu'il y a d'autres explications ? En réalité, les deux sont liés. D'abord, il faut rappeler une chose, c'est que le changement climatique ne déclenche pas directement un feu.
En France, environ 9 incendies sur 10 sont provoqués par l'activité humaine. Ça peut être un mégot de cigarettes jeté par terre, un barbecue, des travaux, ou parfois des actes volontaires. En revanche, et c'est là que c'est très important, le changement climatique crée les conditions idéales pour que ces départs de feu deviennent beaucoup plus dangereux. En fait, quand les températures augmentent, que les sécheresses durent plus longtemps, et que les canicules se répètent, la végétation devient extrêmement sèche, les arbres, les herbes, les broussailles deviennent en quelque sorte du combustible.
Vous ajoutez à ça du vent, et un simple départ de feu peut se transformer en incendie incontrôlable. C'est exactement ce que montrent les travaux de Météo France. Le risque de feu progresse progressivement vers le nord de la France, dans des régions qui étaient jusqu'ici relativement épargnées. Et si le réchauffement se poursuit, la saison des incendies pourrait durer un à deux mois de plus dans certaines régions. Il existe aussi un autre aspect souvent oublié, les incendies ne sont pas seulement une conséquence du changement climatique, il contribue aussi à l'aggraver.
En fait, quand une forêt brûle, elle relâche tout le carbone qu'elle avait stocké pendant des années, ce qui réchauffe encore plus l'atmosphère, ce qui crée à son tour des conditions encore plus favorables aux incendies suivants. Donc plus ça brûle, plus ça risque de brûler ensuite. Mais alors, pourquoi la France semble particulièrement vulnérable aux feux de forêt ? La première raison, c'est qu'elle est très boisée. Avec près de 17 millions d'hectares de forêt, c'est l'un des pays les plus forestiers d'Europe, le quatrième. Et ces forêts évoluent avec le climat.
Certaines essences souffrent plus de la sécheresse, les arbres sont plus fragiles, parfois attaqués par des parasites, et la quantité de végétation sèche augmente. Deuxième raison, nos territoires ont changé. En fait, depuis plusieurs décennies, on construit de plus en plus à proximité des forêts. Résultat, il y a de nombreuses zones où les habitations et la végétation se mélangent. Par exemple, il y a de plus en plus de personnes qui vont en forêt et qui ont potentiellement des comportements à risque. Or, environ 80% des feux démarrent à moins de 50 mètres des habitations. Mais il y a aussi une critique qui revient de plus en plus chez les chercheurs et les spécialistes.
La France s'est longtemps surtout préparée à éteindre les incendies plutôt que de les empêcher. Pendant des années, cette stratégie a plutôt fonctionné. Les avions canadaires, les pompiers spécialisés et les interventions très rapides ont permis de limiter les dégâts. Sauf qu'aujourd'hui, les incendies changent de nature. Avec le réchauffement climatique, certains deviennent tellement puissants qu'ils dépassent parfois les capacités humaines de lutte. Les flammes sont plus hautes et la propagation est plus rapide. Autrement dit, même avec plus d'avions ou plus de pompiers, ça ne suffit plus toujours. Et au niveau politique, ça n'a pas suivi.
L'ONF, donc l'organisme qui gère nos forêts et leur protection contre les incendies, est passé de 16 000 employés en 1986 à seulement 7 611 aujourd'hui, sans compter les 500 apprentis. Alors qu'on lui a donné encore plus de missions à couvrir, la Cour des comptes elle-même a alerté en 2025 sur cet affaiblissement des moyens. Et le symbole le plus clair de cette impréparation, ce sont les canadaires justement, dont je vous parlais juste avant. Emmanuel Macron avait promis en 2022 de passer de 12 à 16 avions avant 2027, sauf que des coupes budgétaires ont retardé les commandes et maintenant leur livraison est prévue pour 2033.
Un rapport parlementaire a même pointé une réduction de 52,8 millions d'euros sur ce programme, ce qui a forcé l'État à louer des avions à prix élevé plutôt que d'en acheter. C'est pourquoi tout ça fait que de nombreux experts estiment qu'il faut désormais investir davantage dans la prévention. Ça peut être par exemple le débroussaillage autour des habitations, une gestion différente des forêts avec des paysages moins continus, parfois des essences plus résistantes à la sécheresse, ou encore des brûlages dirigés pour éviter l'accumulation de végétations mortes. L'autre enjeu, c'est d'adapter les moyens de lutte.
Je le disais aujourd'hui, les risques concernent désormais des régions qui n'étaient pas équipées pour ça. Il faut donc former davantage de pompiers, revoir le positionnement des moyens aériens et adapter les plans de prévention sur tout le territoire. En tout cas, on peut tout de même noter des améliorations ces dernières années. Par exemple, la cartographie du risque incendie s'est agrandie. Aujourd'hui, il y a 52 départements qui sont classés à risque, sous la surveillance de la Direction Générale de la Sécurité Civile, de Météo France et de l'ONF, donc l'Office National des Forêts.
Autre amélioration, la détection des départs de feu a progressé via l'utilisation de drones et de caméras dotés d'intelligence artificielle. Mais tout ça ne suffit pas, et les experts le répètent, il y a une véritable politique d'adaptation à mettre en place. Il va falloir adapter nos forêts, nos villes, notre manière d'occuper le territoire, et plus largement, limiter le réchauffement climatique lui-même, parce que les scientifiques sont assez clairs sur un point.
Plus la planète se réchauffe, plus les conditions favorables aux grands incendies deviennent fréquentes, réduire nos émissions de gaz à effet de serre, qui sont responsables du changement climatique, est d'ailleurs la seule vraie solution durable, selon le Haut Conseil pour le Climat. A noter que pour le moment, il n'y a pas de victimes humaines, que ce soit des morts ou des blessés, mais les animaux qui se trouvent dans les forêts sont, eux, exposés aux flammes et aux fumées. Pour le moment, on ne connaît pas le bilan concernant les animaux.
Et au passage, vu qu'on parle de changement climatique, j'en profite pour vous dire qu'on a publié une nouvelle interview de Jean-Marc Jancovici sur la chaîne Hugo Décrypte Grand Format. Jean-Marc Jancovici, c'est un ingénieur de formation, et c'est aussi le président du Shift Project. C'est l'une des voix qu'on entend énormément sur ce sujet du changement climatique. L'interview est absolument passionnante, le lien est en description. Et deuxième chose, Hugo est actuellement en reportage à l'étranger. La vidéo sortira très bientôt sur la chaîne. Je vous laisse avec Mathis pour le reste de l'actualité importante du jour. Merci Blanche et bonjour à toutes et à tous.
On commence avec cette actu. Les Etats-Unis ont frappé le sud de l'Iran. C'est la troisième nuit de suite que des frappes états-uniennes ciblent le pays. Les Etats-Unis ont mené une opération de cinq heures touchant des cibles militaires dans les villes portuaires de Boucher et Bandarabas. L'objectif était de viser des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles de moyens maritimes, selon le CENTCOM, un organe militaire états-unien. L'Iran a déclaré avoir riposté en attaquant un bâtiment hébergeant des troupes militaires à Jufayir, au Bahreïn.
Les gardiens de la révolution, donc la branche militaire et idéologique du régime islamique iranien, ont aussi annoncé avoir ciblé, je cite, des installations clés et des forces américaines sur une base aérienne en Jordanie, dans un communiqué. Le président états-unien Donald Trump a alors annoncé sur son réseau True Social que les Etats-Unis allaient prendre le contrôle du détroit d'Hormuz et rétablir le blocus des ports iraniens ce mardi à 22h, blocus qui avait été levé le 18 juin dans le cadre de la trêve entre les deux pays.
Comme avant la trêve, il veut empêcher l'Iran d'exporter du pétrole et tout autre denrée depuis ses ports dans le détroit d'Hormuz, alors que l'Iran souhaite instaurer un péage pour traverser le détroit. Le président des Etats-Unis a lui annoncé vouloir percevoir, je cite, « une rémunération correspondant à 20% de la valeur des cargaisons contre la protection de la zone ». On suivra ça. Deuxième actu, une Française a été identifiée parmi les victimes d'un violent feu de forêt en Andalousie, dans le sud de l'Espagne. Stéphanie Navarro était professeure de mathématiques et alors qu'elle était en vacances avec son mari dans une zone touristique près d'Almeria, en Andalousie.
Un feu a embrasé la forêt avant de rapidement s'étendre, la végétation étant particulièrement sèche dans cette zone. Son mari, présent lors de l'incendie, a expliqué à plusieurs médias qu'elle avait voulu fuir avec ses chiens en montant dans la voiture, mais c'était déjà trop tard. Pour fuir les flammes, lui a sauté dans un ravin et rampé au sol. Il en ressort avec des brûlures et des égratignures. Il affirme n'avoir reçu aucun ordre d'évacuer et met en cause les autorités espagnoles. Stéphanie Navarro est l'une des six victimes identifiées par les autorités espagnoles sur 13 morts recensées. Cinq des six victimes sont étrangères.
En plus d'elles se trouvent quatre britanniques, un belge et donc un espagnol. Déclaré jeudi dernier, l'incendie a détruit près de 6600 hectares. Le feu a finalement été stabilisé samedi, mais malgré cette amélioration, plusieurs centaines de pompiers et de militaires restent mobilisés pour éviter toute reprise. Troisième actu, les Etats-Unis ont annoncé ce lundi le lancement d'une campagne contre la Cour pénale internationale. Le secrétaire d'Etat des Etats-Unis, Marco Rubio, a déclaré que cette Cour, je cite, « menace tous les aspects de notre système politique et juridique ».
Alors la Cour pénale internationale, c'est un tribunal international reconnu par 125 pays qui jugent les crimes de génocide, les crimes contre l'humanité ou encore les crimes de guerre. En 2024, elle a émis un mandat d'arrêt contre le premier ministre israélien et allié des Etats-Unis, Benjamin Netanyahou, pour, je cite, « responsabilité pénale dans des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité à Gaza ». A noter que le pouvoir de la Cour pénale internationale est limité car certains pays n'en font pas partie, comme les Etats-Unis donc, mais aussi la Russie, Israël ou encore la Chine.
Résultat, les mandats d'arrêt lancés contre les ressortissants de ces pays ne sont effectifs que lorsqu'ils sont sur un territoire membre de la Cour pénale internationale, comme la France. Alors les Etats-Unis n'ont pas détaillé les futures décisions prises à l'encontre de la CPI, mais parmi les mesures envisagées, le gouvernement américain prévoit de renforcer le contrôle des pays qui, selon le texte, refusent de rejeter la fausse autorité de la Cour pénale internationale tout en comptant sur l'aide américaine.
Le texte appelle également les pays partenaires des forces de l'ordre américaine et de l'armée américaine à rejeter l'autorité prétendue de la CPI de poursuivre des responsables et des militaires américains. A noter que plusieurs magistrats de la Cour, dont le procureur général, font déjà l'objet de sanctions de la part des Etats-Unis. Ils sont par exemple interdits d'entrer sur le territoire et font face à des répressions financières. En tout cas, cette annonce a suscité la condamnation d'experts du droit international.
Selon Kenneth Ross, l'ancien directeur exécutif de l'ONG Human Rights Watch, l'administration Trump veut, je cite, pouvoir commettre des crimes de guerre en toute impunité, y compris sur le territoire de gouvernements qui ont rejoint la Cour pénale internationale. Quatrième actu, la Ligue contre le cancer veut introduire le principe de précaution sanitaire dans la Constitution, la norme suprême en France. Cet acte empêcherait alors aux élus de voter des lois pouvant nuire à la santé. Il faut savoir que ce principe de précaution existe déjà dans les causes environnementales.
Il impose au pouvoir public de ne pas attendre une certitude scientifique absolue avant d'agir lorsqu'il existe un risque plausible de dommage pour l'environnement. L'association de la Ligue contre le cancer veut donc étendre ce principe au risque plausible de dommage pour la santé. Le président de l'association explique que l'inscription de cette loi aurait pu éviter la réintroduction de l'acétamipride, un pesticide soupçonné par plusieurs experts d'être cancérigènes. Cette substance a été réautorisée par un amendement dans le projet de loi d'urgence agricole adopté le 3 juillet dernier. Pour l'instant, aucune instance politique n'a réagi à cette demande.
Enfin, on termine avec cette actualité. Emmanuel Macron a présidé son dixième et dernier défilé du 14 juillet. Cette année, la parade militaire a illustré, je cite, le réveil stratégique de l'Europe selon le ministère des Armées. Au total, 8500 femmes et hommes, 300 véhicules dont une centaine de motos et près de 200 chevaux de la garde républicaine ont défilé sur les Champs-Elysées à Paris. 90 avions français et 8 étrangers ont également surplombé l'avenue. Parmi eux, des Alpha Jet de la patrouille de France, des Mirage 2000 de l'armée ukrainienne ou encore un rafale fleuron de l'aviation de chasse française. Le défilé s'est terminé avec un hommage à la marine nationale.
Emmanuel Macron a ensuite présidé à 18h15 une cérémonie à Nice, place Masséna pour les 10 ans de l'attentat qui a frappé la ville le 14 juillet 2016 faisant 86 morts et plus de 400 blessés. Merci Mathis pour ces actualités et merci à vous d'avoir suivi ce format même en ce jour férié 14 juillet. Je crois que j'ai tout dit, prenez soin de vous, prenez soin de vos proches et je vous dis à plus tard.