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interviewSud Radio· 2 mai 2026 25 min

"Le vin est un art de vivre qui est malmené" - Cathy Collart Geiger

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

La Caisse départne [musique] île-de-france fière de soutenir toutes les femmes, vous présente Sud Radio Parlons femmes. Judit Beller. Et bien quand les femmes parlent, le monde avance.

Et oui et oui, bienvenue dans Parlons femmes sur Sud Radio. Katy Colard Geger a construit sa carrière dans le retail dans la grande distribution avant de prendre la tête de la maison Nicolas. Bienvenue Cathy.

Avec plaisir. Vous êtes dans un secteur qui est en pleine transformation. Les habitudes de consommation évoluent aussi vite d'ailleurs que les attentes [musique] des clients et vous vous avez fait le choix de réinventer sans renier l'héritage.

C'est important, votre vision est engagée résolument tournée vers l'avenir et on aime ça. Bienvenue encore. Merci beaucoup.

Avec plaisir. Sud Radio, parlons femmes. Juditth Beller.

Alors parlons femme vous pose des questions. Cathy, vous êtes prêtes ? C'est parti.

Trop ambitieuse, trop visible, trop directe. Ça vous parle ? Ah oui, [rires] je sais pas pourquoi quand je me regarde, je me dis ça doit vous parler.

C'est l'histoire de ma vie. Ouais, c'est ça. Vous avez entendu ça beaucoup ?

Oui, parce que en fait moi j'ai démarré comme chef de rayon, voyez, et j'avais un un rêve. Je disais voilà et j'avais 23 ans et je disais quand je serai grande, je serai directrice d'hyper. Ah ouais, d'accord.

Et quand j'étais directrice d'hypermarché, je disais wou quand je serais encore plus grande, je serais directrice générale. Donc effectivement dans mes entretiens d'activité, j'avais axe de progrès trop ambitieuse. Puisque on s'était il y a 30 ans, donc effectivement j'exprimais clairement voilà mes rêves d'ambition et que et que c'était just et dans un milieu qui était la grande distribution donc milieu très masculin.

Et puis comment vous avez fait alors ? Vous avez joué des coudes, vous avez pas fait attention ? Vous avez continué tout droit ?

C'était quoi ? Oui. Alors, j'étais déterminée et parce que ce métier effectivement me plaisait terriblement et puis mon premier DRH me disait "écoute si tu veux être choisi tu veux grandir, il va falloir que tu sois meilleur que les hommes." Donc j'ai travaillé très dur, très fort, beaucoup.

Et ça a bien payé. Et puis finalement, ça a payé. Oui, il y a la patience aussi hein.

Oui, alors ce que je n'ai pas beaucoup quand [rires] même mais effectivement mais effectivement euh voilà, c'est plutôt un parcours en zigzag que j'ai pu faire donc que j'ai trouvé long quand j'y étais évidemment parce qu'on me disait à chaque fois ceinture et bretell. Ah oui, mais tu n'as pas encore fait ça, tu n'as pas encore fait tes preuves à ce niveau-là. Mais il est vrai que une fois que je suis devenue PDG, j'étais très contente finalement d'être passé voilà par tous les postes de l'impression que la boucle est bouclée quand même.

Ah non, j'ai pas du tout l'impression que la boucle est bouclée. Non non, au contraire. Enfin, je voilà, je suis toujours effectivement animée de défis, animé de challenge, animé effectivement de de choses à conquérir encore.

Alors vous, vous êtes une courageuse et pour vous, quelle femme incarne le courage du coup, cher Cathy ? Euh ben écoutez, j'en ai pas forcément en tête parce que ben je me suis d'une part euh enfin j'étais construite finalement. Je me suis construite moi dans un milieu qui était euh assez masculin finalement.

C'est peut-être un homme pour vous. Oui. Alors, mon premier manager, je dirais qui bah ça plutôt mon père puisque puisque il vous a pris la main, ça c'est sûr. [rires] Évidemment au sens propre du terme, mais aussi c'était effectivement mon premier manager privilégié puisque il était militaire de carrière.

D'accord. Et effectivement, à chaque fois qu'il partait en exercice, il réunissait toujours son équipe à la maison. Et moi, je j'étais très petite et je me disais "Wou, ils vont tous à la guerre et pour autant ils ont des étoiles dans les yeux." Et c'est vrai que mon père me partageait cette idée d'engagement de faire corps avec son équipe, d'être le premier des soldats était extrêmement important sans vous genrer en fait he votre père.

Ah oui oui oui. Et puis à tel point c'est que j'ai même voulu être militaire de carrière, je voulais être pilote de chasse ensuite croyant que finalement toutes ces valeurs qui qui raisonnaient pour moi bah c'était vrai que dans l'armée. Ouais.

Et donc et puis ensuite à l'occasion d'une rencontre, je suis partie en école supérieure de commerce. Voilà. Voilà.

Alors, s'il y avait un super pouvoir que vous pourriez offrir à nos sœurs du monde, qu'est-ce que ça serait au Alors, moi euh c'est le pouvoir de téléportation. gagors là non plus il est pas genré ce pouvoir mais mais mais je pense que voilà pas parce qu'on gagnerait du temps effectivement on a besoin charge mentale je suis bien d'accord et puis à être voilà maman épouse au travail euh dans des lieux différents masque à chaque fois exactement changer de rôle et assumer de la même manière et pour le coup voilà la téléportation c'est c'est pas mal oui oui c'estuité quoi sinon c'est pas Oui. Euh et alors est-ce que le patriarcat, bah puisque vous vous en avez vous l'avez bien vous vous y êtes cogné, je peux dire même he vous l'avez confronté contourné, vous l'avez embrassé, vous l'avez ignoré.

Qu'est-ce que vous avez fait ? Oui. Alors, je l'ai des fois euh mal vécu, même euh enfin, vous voyez euh quand j'étais plus jeune effectivement euh la promotion Canépé existait en me disant bah tu vas accéder à un poste d'après tu vois ce qui te reste à faire ou quand j'étais Oui, évidemment en me tendant une carte d'hôtel sur le coin d'un bureau où effectivement quand j'ai eu mon fils et j'ai eu l'occasion d'avoir une promotion, on m'a dit "Mais tu prêtes à t'engager à pas avoir d'autres enfants Donc et ça c'était il y a 20 ans.

Donc donc effectivement c'est c'est des sujets qui m'ont fait pleurer, qui m'ont mis en colère et puis qui ont peut-être construite ma résilience aussi qui fait qu'à un moment je me suis dit je renonce ou au contraire j'aime ce métier et finalement c'est peut-être quelques personnes sur la route mais c'est pas tant le métier que j'affectionne moi et qui fait que voilà mais c'est vous êtes créé votre propre chemin en fait quel Oui. Oui. Absolument.

Absolument. Et puis et puis euh et puis je crois que voilà, c'est c'est notre histoire de vie aussi. Alors, je l'ai dit, on va parler de transformation d'héritage avec vous, mais surtout de votre vision à 360 hein, parce que c'est vraiment ça pour Maison Nicolas.

Pourquoi je dis ça à votre avis ? parce qu'à mon avis ce plan de transformation, il est quand même assez conséquent et il touche effectivement beaucoup d'axes. Euh donc c'est un peu vitesse et ampleur.

Oui. Alors cette maison Nicolas, elle est fondée en en 1822, on la connaît tous hein. Puis tous les les amateurs de vin d'ailleurs qui soient français ou pas, euh elle est ancrée dans dans ce paysage.

Elle est confrontée à une réalité, cette nouvelle génération qui consomme différemment. notre rapport aussi au vin, à l'alcool qui évolue. Euh et alors ce qui est intéressant, c'est que vous vous avez compris un truc et ça c'est un truc important, c'est-à-dire qu'aujourd'hui l'expérience est plus importante finalement que le produit peut-être parfois hein.

C'est qu'est-ce que vous mettez autour ? produit évidemment doit être très important mais quand même ce qui se passe autour pour le proposer, le préparer, le voilà le mettre en valeur et ben c'est la base quoi. Oui, parce que j'ai le sentiment évidemment que le produit c'est la première raison de venue dans nos boutiques, mais c'est plus un instant de consommation finalement qu'on accompagne.

Et quand on a compris ça, je trouve que la relation et l'expérience prend une autre saveur. Puis aujourd'hui, il faut se différencier. Ouais. euh par rapport à la concurrence et effectivement on n'est juste pas voilà des gondoles sur lesquelles on vient choisir soi-même son vin, mais on a cette opportunité d'avoir un caviste qui incarne, qui personnifie, qui peut entrer dans la relation voir dans l'intimité finalement de la personne qu'il est en face de lui.

Donc quand il réussit cette relation, mais effectivement il est capable d'embarquer, de faire en sorte que l'instant de consommation pour lequel on est venu finalement soit un vrai succès. Et alors vous ce cavis, ces cavis d'ailleurs vous allez les voir parce que vous partez du principe c'est ce que vous m'avez dit tout à l'heure en antenne management de proximité c'est très important. Donc là par exemple ça fait si l'indique vous allez les visiter en région parce que il pour vendre un produit avec authenticité et créer une expérience il faut savoir sur qui on s'appuie.

C'est ça. Ben, c'est surtout qu'effectivement c'est un plan de transformation qui est très engageant et puis moi je compte sur mes équipes pour effectivement être les relais au plus près du client final et donc ce sont mes cavistes et quand bien même on a une grande convention le 12 octobre dernier où j'ai eu l'occasion d'expliquer tous nos axes de transformation, c'est pas la même chose quand c'est mis en œuvre quoi. Mais je pense qu'à un moment voilà en petit comité il est important de mesurer le chemin parcouru.

C'est aussi comme ça qu'on se voit avancer de fêter les premières victoires. Ça donne aussi du bon au cœur quand les temps sont difficiles et puis de donner de la vision aussi sur ce qui va arriver sur 2026. Et je pense que quand on donne le sens, quand on explique les attentes, ce qu'on attend de chacun, bien vous avez en face des gens qui sont différemment engagés et moi j'ai besoin de mon équipe et la proximité managériale.

Exactement. Exactement. Et alors, vous avez fait, moi vous m'avez invité, hein, à un événement autour de l'exposition de la Terre à l'Arôme que vous avez fait à la place de la Madeleine à Paris à la maison Nicolas.

Euh, vous avez en fait créé un lien entre ce vin qui dialogue avec l'art, les tanins de raisin qui deviennent peinture, la musique avec sur du cristal, avec du du liquide à l'intérieur. Donc, on reste dans le liquide aussi. Ça c'était un musicien.

En fait, vous avez vraiment réussi à trouver des des artistes et de l'art qui accompagnent, qui valorisent ce produit toujours dans cette même idée euh de de sensorialité en fait. Oui. Et puis c'est aussi faire un clin d'œil à l'histoire de Nicolas parce qu'effectivement euh Étienne Nicolas qui est donc le fils du fondateur, quand il a voulu que son entreprise devienne une marque, que Nicolas devienne une marque, en fait, il est allé chercher des partenaires qui étaient dans le monde de l'art. h et donc et c'est comme ça qu'il a fait naître finalement cette marque et cette identité et donc je trouve que là aussi c'est à la fois euh moi j'aime beaucoup renouer avec ce qu'on a été parceon ses lettres de noblesse à une marque c'est ça c'est renouer à la fois garder le fond voilà avec son ADN ce qu'elle a été l'héritage qui est important et en même temps qu'est-ce que ça veut dire voilà dans la vie d'aujourd'hui il pas question d'aller retrouver voilà des artistes de l'époque et les mettre sur les murs mais aujourd'hui ça veut dire quoi et donc effectivement faire de la peinture et d'ailleurs ma carte de vœux était aussi faite à base exactement de tanin de raisin parce que je crois aussi que la cohérence imprime et ancre finalement l'histoire d'une entreprise et ce que vous voulez en faire.

La cohérence c'est un mot important pour vous ça très important. Enfin, c'est parce que cohérence, le fait d'y mettre de la cohérence partout, ça tombe sous le sens. Et les gens disent bah oui bah oui, évidemment, j'attendais ça.

Et donc en fait et quand ça tombe sous le sens, c'est naturel, c'est fluide et forcément ça crée un lien. Le vin, c'est pas une boisson en fait hein, c'est un langage quoi. C'est une culture.

C'est oui, c'est un art de vivre chez nous. Voilà, hein. C'est très important ça aussi de redonner du sens à cette identité française très importante.

Oui. Oui. Oui.

Dont on doit être fier parce que je trouve que il est malmené, toujours avec modération les amis. Voilà. Voilà. parce qu'il est effectivement malmené comme voilà matière toxique et effectivement on voit les abus ce que ça peut provoquer c'est comme toutes les bonnes choses faut pas en abuser quoi mais voilà c'est je dirais tout en voilà tout de manière abusive et de toute façon dangereuse.

Donc donc là c'est de réhabiliter finalement cette boisson, cette filière quand même de tiers de notre patrimoine français de notre géographie et composé de vigne. Incro de tiers donc pour vous dire effectivement à quel point c'est notre identité et moi je suis très fière effectivement de porter cette identité à travers puis le but c'est aussi d'aller toucher les jeunes quoi parce que là bon vous avez vos clients historiques, votre clientèle historique mais ils ont une autre manière de consommer les jeunes donc c'est aussi de de leur donner envie à voir quoi. Oui, c'est ça.

Et tout en prenant la consommation responsable parce que je pense que là aussi c'est important et d'ailleurs il s'y trompent pas parce que vous voyez les jeunes ont dit il déconsomme c'est vrai moins mais mieux en tout cas donc quand oui oui oui mais je trouve aussi et donc et donc effectivement il consomment moins mais quand ils consomment ils apprécient aussi d'avoir une histoire autour de cette bouteille et ça vient d'où avoir de l'authenticité ce bout de patrimoine dont on parlait tout à l'heure et je pense qu'effectivement c'est c'est le côté passionnant de notre métier justement de faire qu'on aime. Allez, parlons femmes. Vous l'aurez compris, c'est l'émission des femmes pour tout le monde et c'est sur Sud Radio évidemment.

Je suis en compagnie de Cathy Colargar qui est directrice PDG attention de la maison Nicolas. Restez avec nous surtout. La Caisse départnede France [musique] fière de soutenir toutes les femmes, vous présente Sud Radio Parlons femmes.

Juditth Beller. Quand on parle vrai sur Sud Radio, qu'est-ce qu'on fait ? Bah, on parle femme, parlant femme.

C'est tous les samedis à 13h30. Avec vous aujourd'hui Cathy Colard Gegger qui est directrice générale PDG attention de la maison Nicolas. [grognement] Alors reposer repositionner la maison Nicolas comme vous le faites Cathy, c'est c'est stratégique en fait aussi pour nous.

C'està-dire qu'il y a pas que l'optique business de la boîte qu'on comprend qu'il faut revaloriser et qu'il faut redynamiser comme toutes les boîtes hein. Toutes les boîtes passent par là. Mais comme on vient de le dire, vous saisissez d'un de nos héritages les culturels importants et du coup bah le but c'est de faire un peu du bien à tout le monde, j'ai l'impression.

Oui. Et c'est pour ça que notre nouvelle signature c'est source de convivialité depuis 1822 parce que la convivialité n'est plus un qu'un seul moment de joie. Finalement, c'est aussi une cause essentielle pour l'humanité.

On voit bien que 8 français sur 10 souffrent de solitude et donc être créateur de lien et arrêter finalement d'opposer finalement les choses et c'est ce que font les crises et les gardes d'aujourd'hui mais pouvoir nous les réunir autour de goût autour de saveur autour d'une culture autour d'un moment de convivialité c'est la mission qu'on s'est effectivement donné. Alors ce qui est très intéressant c'est que vous, donc on l'a dit, vous venez de la Grande distribution, il y a une vraie exigence du réel hein, dans la grande distribution qui a pas forcément dans une maison de tradition et finalement vous créez le lien entre cette exigence assez carrée, on va dire, hein, que vous avez connu euh et cette espèce de de souplesse qu'il vous faut aujourd'hui pour aller chercher les artistes, pour aller toucher les cavistes et cetera. Bon, ça ça vous résume un peu, c'est une dualité permanente chez vous, quoi.

Oui, c'est la culture du e [rires] effectivement c'est à la fois très opérationnel parce que c'est de l'excellence opérationnelle la distribution, hein. Vous avez beaucoup de clients tous les jours, il faut savoir se remettre en cause même à l'heure hein. Euh on regarde nos têtes de gondole en hypermarché, le chiffre d'affaires à l'heure et on est capable de changer une tête de gondole très vite. on a des indicateurs voilà très réactifs et en même temps bah c'est une vision sur laquelle on se projette.

Notre plan de transformation, c'est à 5 ans. Voilà, on s'est écrit une trajectoire à 5 ans. Vous êtes où dans 5 ans.

Alors donc on est effectivement leader des cavistes en France et puis on on a recruté effectivement de nombreux clients parce qu'ils vivent avec nous des expériences inimitables. On adore. Vous faites partie de ces ces dirigeantes dont on a parlé he de cet environnement exigeant masculin dans lequel vous avez grandi et cetera et finalement je pense que quelque part ça vous a donné une compréhension peut-être fine du client aussi puisque on a souvent dans les supermarchés donc en fait ça a dû vous donner une compréhension de l'humanité presque en fait qui fait qu'aujourd'hui vous avez cette vision.

Qu'est-ce que vous en pensez Cathy ? Oui parce que mon parcours est fait de 15 ans de carrelage comme on dit dans le jargon. Moi, j'ai grandi au mérite et de chef de rayon à directrice d'hypermarché.

Donc 15 ans de carrelage, bah c'est à tirer un tirpal, ça remplir les rayons à 6h le matin, c'est vivre avec vos clients. J'ai été chef de secteur caisse aussi donc c'est prendre une caisse effectivement voilà quand il y a la queue en caisse et puis être avec vos hôtesses de caisses et quand vous leur demandez de prolonger une demi-heure, une heure parce qu'il y a du monde, bah vous êtes la première à prendre la caisse et à être là avec eux. L'exemplarité managériale.

Donc c'est le un bon manager, c'est quoi ? C'est exemplarité, proximité. Oui, c'est aussi authenticité.

Je pense que voilà, on est aujourd'hui plutôt des sachant mais des apprenants comme nos équipes. Donc, il y a beaucoup d'humilité, je pense qu'il faut avoir dans le manager actuel. C'est de la congruence aussi.

On dit ce qu'on fait, on fait ce qu'on dit et tout ça est extrêmement aligné. H donc oui, c'est un peu tout ça la recette du bon manager. Et puis il y a aussi piloter les volumes, comprendre les comportements d'achat, travailler sur les prix, le positionnement, l'expérience en magasin, tout ça vous connecte réel et puis du coup bah ça vous savez le faire quoi maintenant j'ai envie de dire.

Donc on peut pas vous dire bah non attendez madame, je vais vous montrer. Vous dites attendez moi je vais vous montrer hein. Oui, on la raconte pas comme on dit parce qu'effectivement je viens du terrain donc donc je suis quelqu'un qui a fait du carrelage, qui a travaillé le samedi, le dimanche, les jours fériers.

Voilà. Donc effectivement, ce métier, je l'aime, je l'ai choisi, je le maîtrise pour en avoir fait le tour et les contours et puis ça me permet aujourd'hui je pense d'être assez juste finalement dans la proposition que j'ai. Vous êtes bien là où vous vouliez être quoi hein, vraiment ?

Oui oui oui. Je voilà, je me disais à mes 30 ans, j'avais vraiment en tête d'être directrice générale et je peux vous dire que voilà, je suis bien à ma place et je suis heureuse où je suis. C'est magnifique, on adore.

Qu'est-ce que c'est le secret, l'ingrédient de la ténacité, j'ai envie de dire, qu'on qu'on pourrait donner aux jeunes femmes qui nous écoutent par exemple, qui parfois ont un peu de mal, ont du mal à continuer parce qu'il y a un programme féminin, vous savez, de d'imposture, de devoir en faire plus. Effectivement, on en parlait tout à l'heure et cetera. Ça serait quoi votre premier conseil Cathy ?

Alors d'abord, je l'ai toujours ce syndrome de l'imposteur. C'est comme ça. Ah bah chaque fois que je prends une nouvelle mission, voilà, il y a il y a toujours voilà ces petites secondes, ces petitte minutes, petit jour parce qu' a priori autour voilà voilà où je me dis là ça duré 2 minutes.

Rassurez-moi. Ça dure 2 [raclement de gorge] minutes parce que effectivement je le chasse très vite en me mettant dans l'action. En tout cas moi ma méthode c'est très vite me mettre dans l'action.

Puis c'est la théorie des petits pas. Euh on avance et puis effectivement on voit que ça marche, c'est une première victoire donc il faut la fêter puis ça nourrit la confiance en soi que l'on a. Et puis je pense que l'alignement est terriblement important, c'est-à-dire qu'il faut avoir aussi l'honnêteté de savoir ce pourquoi on est fait.

Euh je pense qu'il faut pas se mentir. Voilà. Et puis quand on n'est pas bon, ben soit on n'est pas bon et on en a pas besoin et c'est pas très grave.

Soit on n'est pas bon et on sent que c'est essentiel dans son métier. Donc on se met au travail et on va chercher. Vous voyez, moi quand je suis partie en Chine, j'avais cinq mots de chinois et pour cette fameuse proximité managériale, je me suis dit ou là là il faut que je parle le chinois.

Donc je parle le chinois. Donc j'ai pris en fait combien de temps vous appris le chinois ? en un an.

En un an ? Non. Non mais 6 heures de cours par semaine mais parce que voilà, je me suis dit je vais gagner si et ça a marché effectivement je maîtrise.

Oui, absolument. Cette proximité managérial était au rendez-vous ou où vous savez quand je suis passé chez Intermarché là aussi c'était ce sont des adhérents donc vous n'êtes pas en hiérarchie sur effectivement les adhérents intermarchés. Et je suis et moi je suis plutôt quelqu'un voilà qui suis en mode hiérarchique donc j'ai passé une certification de coach pour apprendre cette posture côte côte d'accord et bien me positionner.

Combien de fois vous êtes retourné à l'école comme ça Cathy ? Ben, je suis retournée systématiquement, mais c'est toujours l'humilité dont on parlait tout à l'heure. C'est-à-dire que effectivement à chaque fois qu'il me manque quelque chose là aujourd'hui, je je vais le chercher.

Voilà, je l'humilité de me dire bah je comprends pas, je ne sais pas et donc je vais chercher. H donc finalement c'est cette c'est on a envie de dire c'est [raclement de gorge] une nouvelle manière de manager mais en fait c'est une une manière de manager qui qui est juste logique quoi hein. En tout cas, ça a toujours été la mienne parce que effectivement quand on sait d'où l'on vient, ça aussi enfin moi j'ai débuté comme chef de rayon et c'était au mérite que je grandissait.

Donc effectivement voilà et puis j'avais un arrière-gr-père mineur de fond. Donc peut-être voilà, il y a il y a aussi effectivement ces familles du nord qui ont voilà le goût de l'effort, le goût de la simplicité et donc et donc ça fait partie effectivement puis avec mon père le goût de l'engagement militaire qui était là aussi important. Donc et avec votre fils vous êtes comment alors ?

Vous lui avez donné ce goûtl ? Oui, enfin je suis en tout cas fière de l'adulte qu'il est en train de venir mais forcément à 20 ans, on tente de s'émanciper de ses parents hein. Donc donc voilà, je peux paraître un peu lourde à ses yeux aujourd'hui.

Voyez, tu es gênante maman. Vous l'avez entendu ça. Voilà, voilà, c'est des mots que j'entends, je comprends.

Vous inquiétez [rires] pas, vous êtes pas la seule priori. Et finalement, vous avez appris à à repositionner des marques, à les faire évoluer euh mais sans jamais faire perdre le leur faire perdre leur identité. Oui, toujours dans cette idée d'alignement, c'està-dire qu'on peut pas complètement changer une marque touour Non, parce que une on a vu ce que ça a donné dans les médias ces temps-ci, par exemple, hein, se réapproprier une marque et changer le fond complètement, en général, c'est compliqué derrière ou alors on part complètement ailleurs et c'est plus la marque, quoi.

Oui, il y a beaucoup de marques qui ont qui se sont perdu en cours de route et finalement qui ont su renouer avec ce qu'elles étaient leur cœur finalement de métier et pourquoi elles s'étaient construites et pourquoi elles avaient eu du sens. D'où la maison maison Nicolas aussi parce que ça s'appelait comme [raclement de gorge] ça au départ hein. Mais oui oui oui oui exactement maison c'est le trait d'union finalement entre ce qu'on a été on s'appelait maison Nicolas et Louis Nicolas appelé son entreprise Ma maison fondé en blabla et maison c'est ce qu'on veut être aujourd'hui.

Euh on veut être effectivement voilà cette petite surface où on vous accueille où on passe un bon moment ensemble qui rassure quand le monde extérieur est un peu compliqué et puis c'est pas se prendre un verre à la maison. Bah ouais c'est ça qui est sympa. C'est c'est aussi redonner du désir en fait.

Oui, de la désirabilité. J'appelle ça comme ça parce que aujourd'hui les consommateurs français ont le choix finalement et donc c'est vraiment créé sa désirabilité par de la différenciation. Pourquoi ?

Je viendrai plutôt chez mes col sur un site internet aussi hein parce qu'il y a la digitisation dont on entend parler. 12 % du marché 12 % du marché du vin effectivement s'achète en e-commerce. Ça se passe comment vous sur votre e-commerce ?

Donc aujourd'hui, c'est très faible, hein, c'est confidentiel puisque et ça fait partie euh effectivement de notre transformation digitale est un axe aussi du plan de transformation. Donc on va sortir notre nouveau site cet été, on va lancer une application mobile qu'on avait pas et on est en train de construire tout ce socle omnicanal effectivement puisqu'on sait qu'un client omnicanal est un client plus fidèle. Et donc vous quand vous êtes arrivé, vous avez dit "OK, alors ça va, ça on garde, ça on enlève, on va faire comme si comme ça" et puis vous avez avant de faire ça, on imagine quand même faire un gros tour de la maison, vous en êtes imprégné.

Vous avez mis combien de temps à le mettre en plan en place ce plan ? Oui, j'ai fait un bon tour à peu près 5 mois. Ouais, ça 5 mois où effectivement j'ai écouté tout l'écosystème.

Donc nos cavistes, on en a parlé mais aussi on a fait des focus groupes consommateurs et non consommateurs de la marque. OK. euh un showroom fournisseur aussi au cours duquel j'ai eu l'occasion effectivement de les écouter sur leurs attentes, ce qui fonctionnait et ce qui fonctionnait pas.

Donc c'est tout l'écosystème qui a été effectivement écouté pour être au plus juste là aussi dans mon plan de transformation que j'ai écrit à l'été dernier. Ce qu'on entend beaucoup depuis le début de cette interview, c'est que finalement il faut être au plus proche de soi pour être pour réussir à avancer quoi. Si si vous aviez un message vous à donner à cette petite fille que vous étiez et qui rêvait d'être directrice générale, qu'est-ce que ça serait aujourd'hui ?

Ben ça serait euh ça serait continue à être audacieuse ou en tout cas ou euh ça va tanguer mais accroche-toi non. Oui oui c'est ça parce que ça a quand même bien tangué mais euh vous regrettez rien de toute façon. Pardon ?

Non non non non parce qu'effectivement ce qu'on vit mal sur le moment on s'aperçoit finalement que ça vous a construit pour la fois d'après et que et qu'effectivement vous êtes plus forte. C'est dans ces momentsl qu'on apprend. que toujours je voilà donc mais ceci dit voilà on a le droit d'être triste, on a le droit d'être en colère et puis après je me dis toujours on a le devoir de rebondir et effectivement de savoir ce qu'on fait de tout ça.

C'est ça la résilience en fait. Oui c'est ça c'est absolument ça. C'est votre définition.

Oui oui oui, absolument. le voilà, on a le droit d'être triste, on a le droit d'être en colère, mais on a le devoir de rebondir. Pour terminer cette émission, je vais vous demander ce que ça serait votre souhait si vous aviez un petit génie qui apparaissait devant vous là tout de suite, Cathy.

Mon souhait euh mon souhait mon sou pour la maison Nicolas aussi hein. Oui oui oui oui. Ben mon souhait ce serait effectivement que dans 5 ans on puisse fêter effectivement dans toute l'entreprise nos nos travaux d'Hercule parce que c'est un petit peu ça quand même sur ce plan de transformation.

Vraiment ce sera une grande fête. Bon, bravoilà. Et je dis dans le futur et pas dans le conditionnel parce que j'y crois terriblement.

Et ben c'est marqué parce que c'est enregistré maintenant. Voilà, ça va repasser en merci beaucoup. Merci beaucoup.

J'ai gar, je rappelle que vous êtes directrice générale PDG de la maison Nicolas et puis d'ailleurs bah pour l'instant votre site il marche encore nicolas.com. Si on veut avoir la liste des boutiques, je suppose que c'est dessus.

Voilà hein. La liste de tous les cavistes qui sont présents sur tout le territoire national. Oui. 480 cavistes.

Voilà. Présents sur tout le territoire français. Merci beaucoup pour votre engagement.

Merci beaucoup. Parlons femmes sur Sud Radio, c'est terminé. On se retrouve samedi prochain à 13h30 évidemment et puis n'oubliez pas demain 19h, c'est excellent.

Merci à Julien Delmas qui réalise pour vous aujourd'hui et moi je vous embrasse. Bye. Sud Radio Parlons femmes.

Juditth Beller [musique] avec la Caisse d'épargne île-de-France.