Alain Juppé s’exprime sur la guerre au Moyen-Orient - C à Vous l’intégrale - 06/03/2026
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 20:00OuverteRéponse directe
A.Juppé, vous êtes membre du Conseil constitutionnel. Vous avez publié "L'Heure du choix". On a l'impression que la France n'est pas en mesure d'arrêter cet exode forcé et les bombardements de l'armée israélienne.
- 25:00OuverteRéponse directe
Que doit faire E.Macron?
- 30:00OuverteRéponse directe
On est déclassés?
- 35:00OuverteRéponse directe
On a quand même ce sentiment d'impuissance.
- 40:00OuverteRéponse directe
L'autre front, c'est celui de l'Iran. C'est le 7e jour de cette guerre. Lorsque vous étiez ministre des Affaires étrangères, vous évoquiez le programme nucléaire iranien.
- 45:00OuverteRéponse directe
On peut être soulagés?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 20:00A.JuppéFait
« Le Hezbollah, en prenant l'initiative d'attaquer Israël, a provoqué la riposte d'Israël, comme d'habitude disproportionnée. »
- 25:00A.JuppéFait
« Il faut jouer notre rôle politique pour essayer de réclamer l'arrêt des combats. La voix de la France, pardon de le dire, est faible. »
- 30:00A.JuppéFait
« Nous sommes présents, déterminés. Nous devons entraîner nos partenaires européens dans cette position. »
- 40:00A.JuppéFait
« Le programme nucléaire militaire iranien constitue aujourd'hui l'une des plus graves menaces sur la paix de la région, mais aussi sur la paix du monde. »
- 45:00A.JuppéFait
« Nous considérons que cette action militaire pourrait avoir des conséquences incalculables sur la région et sur la paix du monde. Nous faisons tout pour l'éviter. »
- 50:00A.JuppéFait
« L'Iran est aujourd'hui capable de réagir. On ne voit pas quelle est la stratégie. »
- 55:00A.JuppéFait
« Toutes les interventions destinées à changer de régime ont échoué. On n'impose pas la démocratie de l'extérieur. »
- 1:00:00A.JuppéChiffre
« Si ça dure, il y aura des conséquences migratoires et économiques. Le prix du gaz a déjà augmenté de 60 % depuis le début de la semaine. »
- 1:05:00A.JuppéFait
« Le risque économique est très fort pour l'ensemble des pays européens. »
- 1:10:00A.JuppéFait
« Cette administration est un danger pour la démocratie américaine. »
- 1:15:00A.JuppéFait
« Il y a une dérive, qui est dans le titre de l'opération: "Epic Fury". »
- 1:30:00A.JuppéFait
« Je ne veux pas paraître comme un ancien combattant, mais c'est mon gouvernement qui a inventé le prêt à taux zéro. »
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... - M.Bouhafsi: Bonsoir.
Bienvenue dans "C à vous". On est ensemble en direct jusqu'à 21h pour toute l'actualité de ce vendredi 6 mars. Le retour de Y.Goosz.
Bonsoir à tous. A la une de l'actualité, le Liban croule sous les bombes. Explosion.
Au menu de votre édito? - Y.Goosz: La reprise du conflit entre Israël et Hezbollah.
Bombardements sur Beyrouth. Exode massif. E.Macron vole au secours du Liban mais la France a-t-elle un poids suffisant pour stopper cet engrenage? - M.Bouhafsi: Vous serez en immersion avec ceux qui font l'actualité.
Vous nous emmenez dans le centre de crise et de soutien du Quai d'Orsay. - Vous avez quelqu'un au téléphone. Vous allez prendre ses coordonnées et son prénom.
On a rarement eu une situation avec autant de personnes qui auraient besoin d'une assistance immédiate et de revenir en France. - P.Larrouturou: C'est la 1re fois qu'une caméra a le droit de rentrer dans cette cellule de crise. - M.Bouhafsi: On parle de la guerre au Moyen-Orient avec l'ancien ministre des Affaires étrangères A.Juppé.
Les autres images les plus marquantes de la semaine de la soirée, c'est avec vous. Ce soir, le début de la collecte des Restos du coeur. - Vous connaissez un peu le principe?
On collecte des denrées non périssables à la sortie des caisses. Depuis petite, ma mère me donnait les produits à donner à la caisse alimentaire. En arrivant à Paris, j'ai cherché à être bénévole et à aider comme je pouvais. - A.Bégot: Vous avez jusqu'à dimanche pour faire un don en faisant vos courses. - M.Bouhafsi: Vos recommandations culturelles, Eglantine. - E.Eméyé: On va utiliser tout l'humour et la fraîcheur de jeunes enfants de 5 ans, en maternelle, dans un documentaire formidable.
Ca va nous faire du bien. - M.Bouhafsi: Bonsoir, E.Salazar.
Vous avez trouvé le péché mignon de l'un de nos invités, S.Bouajila, pour après 20h. - E.Salazar: C'est du poulet effiloché.
Le gratin de pommes de terre aussi. - M.Bouhafsi: On a besoin d'un bon gratin dauphinois, un bon plat réconfortant.
On vous retrouvera après 20h avec nos invités: S.Bouajila, M.Sidibé, C.Chazal et L.Mariotte.
Après la mort de l'ayatollah Khamenei et après que les bombardements se poursuivent à Téhéran, Israël a décidé d'ouvrir un autre front en s'attaquant au Hezbollah. Près de 300 000 personnes ont été déplacées. L'ONU craint un désastre humanitaire.
D.Trump veut la capitulation du régime. - Evacuation immédiate de 700 000 habitants au Liban. - Sauvez vos vies et évacuez immédiatement! - Nous sommes des enfants.
On ne sait pas ce qui va nous arriver. - Vous avez déclenché l'enfer sur vous. Beyrouth Sud ressemblera à Khan Younès. - Les conséquences de ce déplacement pourraient être sans précédent.
Un désastre humanitaire se profile. - 26 vagues de frappes massives depuis lundi sur ces quartiers, vidés de leur population. - C'est le jour 7 de la guerre en Iran. - Une série d'explosions dans différents quartiers de la capitale iranienne. - Ils attaquent! - Vous pensez avoir vu quelque chose?
Attendez un peu. La puissance de combat qui est en train d'affluer et que nous serons en mesure de projeter au-dessus de l'Iran sera multipliée par rapport à ce qu'elle est actuellement. - M.Bouhafsi: A.Juppé, ancien Premier ministre, et membre du Conseil constitutionnel, est l'invité de "C à vous".
Merci d'avoir accepté notre invitation. Avant de vous donner la parole, l'Edito de Y.Goosz.
Un conflit peut en réactiver un autre. Au 7e jour de la guerre au Moyen-Orient, le Liban se retrouve sous les bombes. Israël prépare une offensive terrestre contre le Hezbollah, cette milice chiite armée par l'Iran.
La France essaie de stopper l'escalade. - Y.Goosz: Ce sont des images qu'on croyait appartenir au passé, celles d'un exode massif.
Des bouchons monstres pour quitter la capitale. 700 000 habitants sommés d'évacuer et de partir vers le nord, sous la pression de frappes régulières. Un bilan déjà lourd.
Depuis lundi, les frappes ont fait 217 morts et 798 blessés. D'après le Haut-Commissariat aux réfugiés, ce sont près de 100 000 Libanais qui ont trouvé refuge dans 400 000 abris collectifs. - M.Bouhafsi: Ces frappes interviennent en réplique des tirs du Hezbollah... - Y.Goosz: "Le Hezbollah suicide le Liban", comme le titrait le quotidien "L'Orient-Le Jour".
C'est tellement fragile politiquement que le gouvernement libanais demande à la France de lui venir en aide. - On remercie monsieur Macron qui a déjà livré des blindés. On fait appel aux autres donateurs à se dépêcher.
Les Libanais ont besoin de voir que l'Etat est fort. Il peut les protéger. - M.Bouhafsi: La France répond présent? - Y.Goosz: "Tout doit être fait pour éviter que ce pays soit entraîné dans la guerre", c'est ce qu'écrivait E.Macron sur le réseau X.
Il a dépêché sur place son chef d'état-major des armées. Il a engagé une aide humanitaire et logistique. - E.Macron: Je suis là pour vous apporter les médicaments.
La France dit aujourd'hui qu'elle est à ses côtés. Lorsque le Liban est frappé Au coeur comme il l'est aujourd'hui, c'est aussi le coeur de la France qui est frappé. - M.Bouhafsi: D'où viennent ces liens forts entre la France et le Liban? - Y.Goosz: Ca vient de la protection des chrétiens catholiques dans l'Empire ottoman.
Ca vient aussi de l'intervention militaire de Napoléon III en 1860. C'est dans l'entre-deux-guerres, jusqu'à l'indépendance du Liban en 1943, que tout se joue avec le protectorat français. La France, toujours présente militairement sous le mandat de l'ONU.
Elle y a perdu des hommes, 58 soldats tués en 1983. C'était l'attentat du Drakkar et l'explosion d'une voiture piégée. - M.Bouhafsi: Est-on capable de peser sur le cours de la guerre entre Israël et le Hezbollah? - Y.Goosz: E.Macron tente de donner de la force à ce gouvernement libanais pour qu'il aille au bout de ce qu'exigent les termes du cessez-le-feu signé à l'automne 2024.
Le Liban devait désarmer le Hezbollah mais il ne l'a fait que très partiellement. Il y avait une crainte de raviver la guerre civile. La France joue son rôle au Liban mais elle est seule.
Le monde regarde ailleurs, dans le Golfe. - Il y a une grande attente par rapport à la France, qui peut être surestimée dans ses possibilités. La France demeure contrainte par certaines réalités géopolitiques.
Il y a une réalité sur le terrain. Il y a une logique des événements et une dynamique militaire qui ne s'arrêtent pas comme ça. - Y.Goosz: Cette dynamique, c'est ce que peut faire la France contre B.Nétanyahou, décidé à éradiquer les mollahs et les proxis.
Un président français sur une ligne de crête, comme on a pu l'entendre sur son compte Instagram. *-Est-ce que vous pouvez arrêter la guerre, s'il vous plaît? *-E.Macron: On ne va pas s'engager dans cette guerre. - Y.Goosz: La France de plus en plus aspirée dans un conflit de moins en moins régional.
Les Libanais veulent Ichapper à une guerre qu'ils n'ont pas voulue. La question c'est: comment ne pas les décevoir? - M.Bouhafsi: A.Juppé, vous êtes membre du Conseil constitutionnel.
Vous avez publié "L'Heure du choix". On a l'impression que la France n'est pas en mesure d'arrêter cet exode forcé et les bombardements de l'armée israélienne. - A.Juppé: Tout a été dit à l'instant.
Nous faisons tous nos efforts pour aider les Libanais. Je veux penser au peuple libanais. Il vit depuis 50 ans une histoire terrible, la guerre civile.
Il y a eu des attentats terroristes dans le port contre le Premier ministre libanais. Aujourd'hui, c'est le spectacle auquel nous assistons. Nous avons un devoir de solidarité.
Nous avons un devoir historique. Nous avons exercé le mandat sur le Liban après la chute de l'Empire ottoman. Le général de Gaulle a servi au Liban en commandant de l'armée française.
Nous avons un lien particulier. La langue française est encore très présente au Liban. Il faut l'aider, ce peuple.
Le président de la République a fait ce qu'il peut. Il a annoncé une aide humanitaire. Ensuite, dans son entretien avec le président Aoun, des blindés et des transports.
Nous sommes disponibles pour les aider. Il faut aider le gouvernement libanais et l'armée libanaise. Elle s'est engagée.
Le Hezbollah, en prenant l'initiative d'attaquer Israël, a provoqué la riposte d'Israël, comme d'habitude disproportionnée. - M.Bouhafsi: Que doit faire E.Macron? - A.Juppé: Appuyer le gouvernement et l'armée libanaise.
Il faut jouer notre rôle politique pour essayer de réclamer l'arrêt des combats. La voix de la France, pardon de le dire, est faible. - M.Bouhafsi: On est déclassés? - A.Juppé: Non.
Nous sommes présents, déterminés. Nous devons entraîner nos partenaires européens dans cette position. On sera beaucoup plus forts unis que séparés.
Face à la détermination de B.Nétanyahou, qui impose son tempo à Trump, lequel porte une part de responsabilité dans le Proche-Orient...
La France n'arrivera pas à imposer sa volonté du jour au lendemain. Ce n'est pas une raison pour renoncer. Il faut tenir bon et continuer à apporter notre soutien politique et matériel. - E.Eméyé: On a quand même ce sentiment d'impuissance. - A.Juppé: Oui.
Ce n'est pas moi qui vous dirai le contraire. Ca n'est pas parce qu'on a ce sentiment qu'il faut renoncer. C'est la grande différence entre ceux qui se couchent et ceux qui se battent.
C'est ce que j'écris dans mon livre. Nous choisissons où nous nous soumettons à ces empires qui ne nous veulent pas du bien. A l'Est, Poutine.
A l'Ouest, Trump. Soit nous pouvons aussi nous donner les moyens de la puissance...
Le discours du président de la République a marqué un cap très lucide et audacieux. Nos partenaires européens se réveillent. Il y a peu de temps encore, les Allemands, les Polonais et tous nos partenaires considéraient que la force de dissuasion nucléaire américaine était une garantie tout à fait efficace.
Ils ont pris conscience tout d'un coup qu'à partir du moment où le président Trump explique que l'article 5 du traité de l'Otan, la solidarité entre les alliés...
Il n'y a plus de confiance. S'il n'y a plus de confiance, il n'y a plus d'alliance. Nous avons la capacité de le faire.
Il faut beaucoup d'efforts et de détermination, beaucoup de courage. La France doit être à la pointe de ce combat. - M.Bouhafsi: Vous êtes notre ancien Premier ministre. - A.Juppé: Une famille vient de m'appeler ce soir en me disant qu'ils ont eu le visa. "On vient enfin d'arriver à Paris".
C'est un exemple parmi beaucoup d'autres. Je me suis rendu souvent au Liban. C'est un pays que j'aime et qui nous aime.
Il faut que nous fassions tout notre possible. Le possible, pour l'instant, est peut-être limité. - M.Bouhafsi: B.Smotrich a menacé... - A.Juppé: C'est un sujet d'une extraordinaire complexité.
Quand vous laissez entendre que le gouvernement israélien a eu une riposte disproportionnée au sauvage pogrom du 7 octobre 2023, vous êtes immédiatement, dans certains milieux, suspecté d'antisémitisme. Je tiens à le dire. Pour moi, l'antisémitisme est un poison qu'il faut combattre avec la plus grande détermination chez nous, et partout où il existe.
Ceci ne doit pas nous empêcher de dire que le gouvernement israélien prend des initiatives qui vont au-delà de ce que le droit international...
Trump a détruit le droit international. J'ai évoqué la responsabilité du Hezbollah. J'ai pointé aussi la responsabilité du gouvernement libanais, qui doit tenir ses engagements envers le Hezbollah.
Est-ce que ceci justifie de provoquer l'exode auquel nous assistons? Avec un peuple en errance sur les routes du Liban? Je ne suis pas sûr que la mesure et la proportionnalité soient respectées. - M.Bouhafsi: L'autre front, c'est celui de l'Iran.
C'est le 7e jour de cette guerre. Lorsque vous étiez ministre des Affaires étrangères, vous évoquiez le programme nucléaire iranien. Vous répondiez à une question sur une possible intervention israélienne. - A.Juppé: Le programme nucléaire militaire iranien constitue aujourd'hui l'une des plus graves menaces sur la paix de la région, mais aussi sur la paix du monde.
Que la négociation porte sur le vrai sujet, le programme nucléaire militaire. Pour l'instant, l'Iran continue à refuser. D'où les rumeurs d'intervention militaire dont vous vous êtes fait l'écho et qui circulent en Israël.
Nous considérons que cette action militaire pourrait avoir des conséquences incalculables sur la région et sur la paix du monde. Nous faisons tout pour l'éviter. - M.Bouhafsi: On peut être soulagés? - A.Juppé: Vous avez de bonnes archives.
Je pourrais presque tenir le même discours aujourd'hui. Je voudrais souligner la responsabilité lourde du président Trump dans ce qui se passe. Les grandes puissances sont arrivées à un accord avec l'Iran le 14 juillet 2015, si je me souviens bien.
L'Iran avait accepté de limiter son stock d'uranium enrichi et de réduire le nombre de ses centrifugeuses. Il avait accepté les contrôles de l'Agence internationale atomique. En contrepartie, les puissances avaient allégé les sanctions qui pèsent sur l'Iran.
Cet accord a fonctionné. L'Agence internationale de l'énergie expliquait qu'elle arrivait à faire les contrôles dont elle était chargée. En 2018, Trump dénonce cet accord avec une motivation...
Je ne sais pas si elle est exacte. Si elle est exacte, elle dénote d'une forme de puérilité. Est-ce qu'il s'agit de remplacer le régime?
Est-ce qu'il s'agit de détruire les capacités de développement d'une arme nucléaire en Iran? L'année dernière, on avait cru que, grâce à cette formidable intervention réussie, parce que Trump réussit tout ce qu'il entreprend, si on le croit, la capacité nucléaire de l'Iran avait été quasiment anéantie. L'Iran est aujourd'hui capable de réagir.
On ne voit pas quelle est la stratégie. Est-ce qu'il s'agit de neutraliser la capacité nucléaire de l'Iran? Ca varie selon les jours.
Trump a déclaré récemment qu'il voulait dire son mot dans le choix du successeur de l'ayatollah Khamenei, ce qui laisse à penser que son idée est de continuer avec son régime. - M.Bouhafsi: De choisir le successeur. - A.Juppé: C'est ça, sa stratégie?
Il invite le peuple iranien à se soulever. Il l'a déjà fait lorsqu'il y a eu une répression en janvier en disant aux Iraniens: "Allez-y, on va venir." Ils ont manifesté.
Le régime a tiré à balles réelles sur la foule. 35 000 morts et personne n'est venu. Ca recommence aujourd'hui. - A.Bégot: Il est irresponsable, inconscient? - A.Juppé: Je ne veux pas multiplier les critiques contre l'administration américaine.
C'est une véritable politique de Gribouille. On a préparé ce changement de régime. Apparemment, les Israéliens ont une capacité d'infiltration en Iran incroyable.
Est-ce qu'ils ont fait le nécessaire pour voir quelles étaient les forces démocratiques qui pouvaient s'unir en Iran? Aucune préparation n'a été faite. La France a commis la même erreur en Libye.
Nous sommes intervenus en Libye. Nous avons eu raison d'intervenir pour protéger la population, mais nous n'avons pas eu le temps de préparer la suite. - Y.Goosz: Il y a eu des conséquences en chaîne que vous n'aviez pas anticipées? - A.Juppé: Oui.
Toutes les interventions destinées à changer de régime ont échoué. On n'impose pas la démocratie de l'extérieur. - M.Bouhafsi: Changement de ton aujourd'hui important en Europe.
Le chancelier allemand a alerté contre un effondrement de l'Iran et une vague migratoire incontrôlée, comme en Syrie, en 2015. Il faut s'y attendre? - A.Juppé: Je ne peux pas faire des prédictions prématurées.
Tout va dépendre de la durée de cette guerre. Si ça dure, il y aura des conséquences migratoires et économiques. Le prix du gaz a déjà augmenté de 60 % depuis le début de la semaine.
Le pétrole, un peu moins. Si l'inflation redémarre en Europe, les taux d'intérêt vont augmenter. On risque une baisse de la croissance et une stagflation.
Le risque économique est très fort pour l'ensemble des pays européens. Voilà pourquoi l'Europe doit jouer son rôle en faisant pression pour que ça s'arrête. - E.Eméyé: Vous disiez que Trump a de lourdes responsabilités sur l'embrasement de la région.
La Maison-Blanche communique abondamment sur cette guerre, notamment sur les réseaux sociaux. ... - E.Eméyé: Vous avez reconnu des images extraites des plus grands blockbusters.
Qu'est-ce que vous en pensez? - A.Juppé: Cette administration est un danger pour la démocratie américaine.
C'est aux Américains de s'en préoccuper. Heureusement, quelques signes montrent qu'il y a encore des contre-pouvoirs aux Etats-Unis, même la Cour suprême. Elle manifeste une forme d'indépendance vis-à-vis de Trump.
Vous avez vu sa décision récente sur les droits de douane. Il y a une vingtaine d'Etats aux Etats-Unis dirigés par des démocrates. La presse reste pluraliste et indépendante.
La popularité de Trump est en train de chuter. Nous avons un chef d'Etat qui commence à se présenter comme le prix Nobel de la paix autoproclamé. Aujourd'hui, c'est le chef de guerre en casquette. - E.Eméyé: Il avait promis de ne pas faire la guerre. - A.Juppé: Il y a une dérive, qui est dans le titre de l'opération: "Epic Fury".
C'est le vertige du pouvoir. Ca ne peut plus durer comme ça. Il faut qu'on rétablisse l'ordre international.
La France a son rôle à jouer. L'Europe a un rôle déterminant à jouer. - A.Bégot: La France est arrivée aujourd'hui en Méditerranée avec le porte-avions Charles-de-Gaulle pour protéger nos alliés avec qui on avait des accords.
Est-ce qu'on ne risque pas d'être aspirés dans ce conflit? - A.Juppé: Nous sommes sur le fil du rasoir.
Le porte-avions...
J'écoutais un chef militaire à la retraite qui expliquait que la présence d'un porte-avions permettait d'être plus proches du terrain d'opérations et de disposer d'informations qui pourraient nous être utiles. De ce point de vue, cette présence est tout à fait positive. Nous sommes dans une posture défensive.
C'est ce que répètent les responsables gouvernementaux. Comment on passe de la défense à l'attaque? On est sur le fil du rasoir.
Il faut que nous soyons là pour défendre les ressortissants. Beaucoup sont coincés dans cette région. Il y a aussi nos intérêts présents sur le terrain.
Nous avons des bases militaires, des militaires présents. Dans la force intérimaire des Etats-Unis au Liban, il y a 700 Casques bleus français. Nous avons des intérêts politiques et économiques.
Il est légitime que nous soyons là pour les défendre. Ca va demander un pilotage extrêmement fin. Vous observez que le président de la République réunit quotidiennement un Conseil de défense pour faire ce pilotage et éviter d'être du mauvais côté du fil du rasoir, celui d'une escalade militaire. - M.Bouhafsi: Vous venez d'évoquer l'urgence du rapatriement de nos concitoyens. 400 000 concitoyens toujours dans la zone.
On en parle avec P.Larrouturou. - On est au Quai d'Orsay.
On est dans les locaux occupés par la réponse téléphonique centre de crise. On va rentrer. On va essayer de ne pas déranger les agents.
Ils sont tous au téléphone. Ils sont tous connectés avec nos concitoyens qui les appellent des 15 pays du Moyen-Orient. - P.Larrouturou: Je vous emmène ce soir dans la cellule de crise de soutien du Quai d'Orsay.
On commence par un petit point d'attaque. Plus de 400 000 Français vivent au Moyen-Orient. Ils sont d'ailleurs 415 000, dont 41 500 inscrits sur le fil d'Ariane.
On va demander au boss de cette cellule combien de Français veulent être rapatriés. - C'est une excellente question. Il est impossible d'y répondre comme ça.
C'est plusieurs dizaines de milliers. - P.Larrouturou: C'est impossible de savoir.
Je peux vous montrer les coulisses et ce qu'il se passe quand un Français est bloqué. - Vous avez un livret avec des informations. Lorsque vous avez quelqu'un au téléphone, vous allez prendre ses coordonnées, son prénom.
Vous avez la fiche avec sa date de naissance, son âge et sa nationalité. Vous avez des groupes qui nous permettent de savoir si c'est un cas sensible. Vous voyez c'est la personne a des problèmes de santé.
Ces données vont être collectées et nous permettre d'être pris en compte et contacté par nos services. - P.Larrouturou: Ca fait une semaine que 200 personnes se relayent 24h/24.
Pour tenir, ils ont beaucoup de temps, du café et des bonbons. 965 appels depuis ce matin., la plupart en provenance de Dubaï. - On est mobilisés...
Tant que vous n'avez pas de confirmation de vol, il n'est pas nécessaire de se rendre sur place. N'hésitez pas à nous rappeler si besoin. On est à votre disposition.
C'était une jeune femme qui attend un vol à Dubaï. Elle a des difficultés pour rentrer en France, comme de nombreux ressortissants français. - P.Larrouturou: Pour aller chercher ces Français à Dubaï, un vol spécial d'Air France affrété par l'Etat a décollé mercredi de Charles-de-Gaulle.
Il s'est posé d'abord en Egypte. En décollant du Caire, virage à 180 degrés au-dessus de l'Arabie saoudite, alerte aux tirs de missiles. L'avion français retourne en Egypte.
Ce soir, 4 vols ont déjà eu lieu. Parmi eux, une Française enceinte a eu une belle frayeur. - Elle était à Dubaï avec ses 2 enfants en bas âge et son mari.
Elle avait des contractions. Elle est dans une situation difficile. Avant de prendre le vol, il y a eu un entretien avec un médecin pour vérifier que tout était OK. - P.Larrouturou: Le patron de la Croix-Rouge n'avait jamais connu une situation aussi incertaine. - C'est l'étendue, l'instabilité, ne pas savoir vers quoi on va demain.
On va de surprise en surprise. C'est ça qui nous marque actuellement. - P.Larrouturou: Le vrai sujet, ce ne sont pas seulement tous les Français bloqués à Dubaï, ce sont tous les Français. ...Français coincés un peu partout dans le monde.
Eric, bénévole de la Croix-Rouge, reçoit l'appel d'une jeune Française coincée. - Centre de crise des affaires du ministère. Pour le moment, ça m'étonnerait que ce vol puisse atterrir à Oman.
Vous pouvez regarder sur le site si le vol est annulé ou s'il est conservé. - Sa fille ne va pas pouvoir rentrer? - Pas par ce biais. - P.Larrouturou: L'appel d'une mamie bloquée à Bangkok. - Une personne âgée, en couple, qui se trouve dans un aéroport, sans possibilité de trouver des vols pour rentrer.
Elle a déjà réservé plusieurs vols, et tous sont annulés. Il n'y a pas de vols de rapatriement qui sont organisés de Bangkok. On n'a pas forcément de solution à proposer à cette personne. - P.Larrouturou: L'Etat fait tout ce qu'il peut, mais il est assez impuissant.
Tout dépend des vols commerciaux. Les billets sont très chers. - M.Bouhafsi: A.Juppé, membre du Conseil constitutionnel, vous êtes soumis à un droit de réserve.
Vous le rappelez à chaque interview. J'ai envie de vous entendre sur le climat qui règne actuellement en France. Il y a près de 3 semaines, la mort dramatique de Quentin Deranque...
Craignez-vous une campagne pour l'élection présidentielle très violente? - A.Juppé: Merci des précautions que vous prenez. 400 000 Français, ça peut paraître extraordinaire.
Tous n'ont pas vocation à rentrer. Je voudrais saluer le travail de nos diplomates. J'ai été ministre des Affaires étrangères à 2 reprises.
J'ai vu fonctionner la cellule de crise du Quai d'Orsay. Ils sont sous pression permanente. Parfois, nos concitoyens ont l'impression que l'on ne répond pas...
Je voulais saluer les diplomates sur le terrain, exposés eux-mêmes physiquement. Ils font tout ce qu'ils peuvent. On n'est pas impuissants.
On arrive à faire des choses. C'est extrêmement difficile. - Y.Goosz: Des Français qui seront appelés aux urnes pour les municipales.
J.Chirac, en mars 2007, avait dit aux Français de ne jamais céder au racisme, au rejet de l'autre, à l'extrémisme. Ces préceptes s'appliquent plus que jamais? - A.Juppé: Plus que jamais.
Ce qui me frappe, c'est l'hystérisation du débat. Un de mes mentors en politique s'appelle Montesquieu. Ca fait plusieurs siècles qu'il a disparu et, pourtant, son message reste très fort.
Il dit: "Monter aux extrêmes, c'est ce qu'il y a de plus facile. Garder une forme de modération, réfléchir, peser le pour et le contre, décider en conscience, en responsabilité et liberté, voilà ce qu'il y a de difficile." Je ne peux pas anticiper sur les campagnes électorales devant nous, mais on voit bien qu'en 2027, nous serons devant un choix fondamental.
Dans quelle direction nous orientons-nous? Quel est le projet politique collectif qui sera porté? Je serais tenté d'utiliser le mot "liberté dans l'ordre".
Nous avons la chance de vivre dans un pays de libertés, garanties notamment par les contrôles du Conseil constitutionnel. Nous vivons dans un pays de libertés. Mais la liberté, ce n'est pas le laxisme.
Il faut Que nous concilions ces libertés avec le souci de la sécurité et de l'ordre. Mettre le curseur entre les deux, c'est vachement difficile. - A.Bégot: Ca pourrait être un slogan de campagne... - M.Bouhafsi: J'ai quasiment entendu ce slogan dans la bouche d'E.Philippe.
Je cite votre livre, "L'Heure du choix". On a d'autres sujets d'actualité à vous présenter jusqu'à 20h, notamment celui-ci. Entre les incertitudes économiques et les tensions internationales, beaucoup de Français hésitent à se lancer dans un achat immobilier.
Pour décrocher un crédit, les banques demandent un apport personnel de plus en plus élevé. Ceux qui peuvent solliciter un coup de pouce de leur famille le font, mais acheter un logement sans l'aide de ses parents ou de ses grands-parents, est-ce encore possible? - C'est cher. - C'est un rêve. - Il faut l'aide de ses parents pour avoir un logement. - Si on a des parents qui ont l'argent pour, pourquoi pas. - Il faut un gros apport.
Si ce n'est pas les parents, il faut avoir un gros salaire. Ce n'est pas possible pour tout le monde. - Réussir sa vie ou être riche, c'est compliqué, quand on est jeune. - Même si on souhaite être propriétaire à Paris...
Il vaut mieux voir en banlieue ou acheter une maison à la campagne. - M.Bouhafsi: Bonsoir, M.Coeurderoy.
Vous êtes journaliste chez BFM Business. Pour acheter un logement, il faut un apport personnel de 17 % du prix du bien. Pour un logement à 200 000 euros, ça représente 34 000 euros à sortir de sa poche.
Cet apport est devenu le principal obstacle pour accéder à la propriété? - M.Coeurderoy: Oui, c'est un des principaux obstacles.
Mais cet apport a eu tendance à baisser. Aujourd'hui, ça va un peu mieux. On donne des moyennes nationales.
En réalité, il faut regarder dans le détail. Dans le Nord, en ce moment, on demande assez peu d'apport personnel. Il y a des chiffres qui font peur.
A Paris, l'apport moyen est au-delà de 130 000 euros. Il y a très peu de primos à Paris. - M.Bouhafsi: 130 000 à Paris, plus de 100 000 à Lyon.
C'est devenu un luxe. - M.Coeurderoy: Les prix sont très élevés.
On vous demande de mettre une partie du prix dans l'achat immobilier. On a encore des crédits à 110 % qui existent. Je vais emprunter de l'argent, mais je n'aurai pas besoin d'apport personnel.
On va même financer les frais de notaire. C'est rare, mais ça existe encore. Si votre profil séduit la banque, ça existe.
Les profils qui séduisent les banques, ce sont plutôt les jeunes et ceux qui achètent des logements très performants en matière de DPE. - M.Bouhafsi: Est-ce possible d'acheter un appartement ou une maison sans un héritage, sans l'apport de sa famille ou un coup de pouce de ses parents? - M.Coeurderoy: En ce qui me concerne personnellement, non.
Mais c'est possible. Il y a des solutions. Il y a des banques qui font des propositions, qui font des petites lignes de crédit à taux bonifié.
Vous avez des banques qui vous font 30 000-20 000 euros à taux zéro. Ca s'ajoute au prêt à taux zéro de l'Etat. Ca peut s'ajouter si vous avez moins de 35 ans...
Désolée...
Vous pouvez avoir des prêts à taux bonifié. Ce n'est pas 3,5 % de taux général sur votre crédit sur 20 ans. Vous allez descendre autour de 2 %. - M.Bouhafsi: Les taux des prêts immobiliers tournent autour de 3,3 % sur 20 ans, aujourd'hui, avec une légère baisse au mois de mars.
C'est le moment d'acheter? - M.Coeurderoy: C'est toujours le moment d'acheter quand c'est pour votre résidence principale.
Les taux baissent en mars. C'est très ponctuel. La tendance globale, c'est une forme de stabilité, voire une crainte de hausse des taux d'intérêt. - M.Bouhafsi: C'est lié aux conflits? - M.Coeurderoy: Ca peut avoir un impact.
Il y a le marché obligataire. En gros, les Etats empruntent sur les marchés et ont des taux d'intérêt. Quand la dette de l'Etat à 10 ans augmente, quasi tout le temps, les taux de nos crédits immobiliers, les banques répercutent ça et les taux augmentent.
On l'a vu depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, que la dette de l'Etat français avait un peu augmenté. Il y a la menace inflationniste, ce qu'on a connu au moment de la guerre en Ukraine. Derrière, on a notre Banque centrale européenne qui augmente les taux d'intérêt pour contenir l'inflation.
Derrière, les banques le répercutent sur nos crédits immobiliers. - M.Bouhafsi: Il n'y a pas une soirée sans qu'on discute immobilier.
Souvent, cette phrase revient: "Ca ne sert à rien d'acheter. Vu les taux, il faut louer." A partir de combien de temps est-il plus intéressant d'acheter? - M.Coeurderoy: Ca dépend, ça dépasse...
En fonction de la ville dans laquelle vous vous trouvez, quels sont les prix de l'immobilier, les taxes foncières...
Il y a un tas de choses à prendre en compte. Paris est le mauvais exemple. Paris n'est pas la France.
On citait Lyon, Bordeaux, Nice...
Ca fait partie des villes les plus chères de France. Tout dépend de votre projet de vie! - M.Bouhafsi: Malgré tout, les Français restent prudents. 2,8 % des Français envisagent de souscrire un crédit immobilier.
Le vrai problème est le manque de confiance en l'avenir? - M.Coeurderoy: Exactement.
Ca joue moins sur les primoaccédants que sur les investisseurs locatifs, ceux qui achètent des biens pour les mettre à la location. Eux n'ont plus du tout envie de passer à l'acte. C'est embêtant pour la locataire que je suis et les autres locataires.
Il y a moins d'offre. Les loyers sont élevés. Cette instabilité politique en France et l'instabilité géopolitique refroidissent les projets à long terme. - E.Eméyé: On voit émerger une autre façon d'acheter.
On peut acheter sa maison aux enchères. Beaucoup de Français sont attirés par les bonnes affaires. - Cet homme se rêve propriétaire.
Il inspecte le moindre recoin de cet appartement. - C'est délabré. Il y a tout à refaire. -8 personnes se battent pour décrocher l'appartement.
Cet homme remporte les enchères pour 236 000 euros. Pour cet appartement, le mètre carré revient à 6425 euros contre, pour rappel, 7093 euros en moyenne dans le même quartier. - On est quasiment au prix du marché sur la rénovation.
Ce n'est pas une énorme affaire. - E.Eméyé: Est-ce une bonne solution?
On peut tous tenter sa chance? - M.Coeurderoy: Ce genre de trucs, exceptionnellement, vous pouvez faire une bonne affaire.
La plupart des gens qui tentent leur chance, ce sont souvent des gens multipropriétaires qui se disent qu'ils n'ont pas grand-chose à perdre. Les enchères montent vite. A la fin des fins, sauf exception, vous allez tomber au même prix que celui du marché. - M.Bouhafsi: A.Juppé, vous avez prévu d'acheter? - A.Juppé: Pas du tout.
Deux petites remarques...
Je ne veux pas paraître comme un ancien combattant, mais c'est mon gouvernement qui a inventé le prêt à taux zéro. Deuxième remarque...
Il manque l'offre, la construction. La construction de logements en France est en panne. On n'a jamais aussi peu construit.
Il faut relancer la construction du logement libre, intermédiaire, social...
Bordeaux, c'est cher, mais c'est le prix à payer de l'attractivité. A l'époque, j'avais lancé beaucoup de projets d'aménagement, des nouvelles zones à urbaniser. Il faut recommencer à construire. - M.Bouhafsi: Le gouvernement a annoncé le lancement de la construction de 50 000 logements privés dès cette année.
Je vois le hochement de votre sourcil, M.Coeurderoy...
Merci. Vous êtes journaliste à BFM Business, chargée de l'immobilier. Tout de suite, le 5/5 d'A.Bégot.
A.Juppé essaie de négocier un taux immobilier...
Rires. Les Restos comptent sur vous. - A.Bégot: Ce week-end, c'est la collecte des Restos du coeur.
Ca a commencé ce matin, jusqu'à dimanche. Les bénévoles sont présents dans quelque 7500 hyper et supermarchés pour collecter des denrées alimentaires, mais aussi des produits d'hygiène. - Collecte nationale des Restos du coeur.
Comme chaque année, j'ai pris ma journée, un RTT, pour être responsable de ce site de collecte. On collecte tout ce qui est conserves, féculents...
Petite, ma mère me donnait les produits à donner à la Banque alimentaire dans les sachets. Naturellement, arrivant à Paris, j'ai cherché à être bénévole et à aider. - A.Bégot: Une collecte indispensable.
A elle seule, elle représente 12 % des dons annuels alors même que les besoins sont grandissants. Les bénéficiaires sont de plus en plus nombreux et précaires. 77 % d'entre eux perçoivent aujourd'hui moins de la moitié du seuil de pauvreté chaque mois, soit moins de 644 euros. - Merci pour votre générosité. - Aujourd'hui, on se retrouve dans un monde où de plus en plus de monde en a besoin.
Je donne dès que je peux. - J'ai donné des lingettes pour bébé, des petites bouteilles de lait pour les enfants. J'ai acheté un énorme paquet de pâtes.
Il faut donner. Il y a toujours des gens qui sont moins bien lotis que nous. - A.Bégot: Si vous ne pouvez pas vous déplacer en magasin, malgré tout, vous pouvez participer à cette collecte.
C'est le Click Coeur. C'est directement sur le site des Restos. - M.Bouhafsi: Aux Etats-Unis, cette info est passée un peu inaperçue... - A.Bégot: Le ministère de la Justice a publié de nouveaux documents à charge contre D.Trump, le résumé de 4 auditions menées par le FBI entre août et octobre 2019.
Auditions d'une femme qui affirme avoir été violée et battue par J.Epstein et frappée par plusieurs de ses amis, dont D.Trump.
Ca fait des semaines que les démocrates réclament la publication de ces documents. - A.Bégot: D.Trump a reçu hier à la Maison-Blanche un groupe de pasteurs et de responsables religieux du pays.
Ca a donné lieu à une scène ahurissante, en tout cas vu d'ici, en France. - A.Bégot: Un peu plus tard, juste après cette scène de prière, au milieu du bureau Ovale, c'est L.Messi qui était reçu avec toute l'équipe de l'Inter Miami, vainqueur du championnat américain. - A.Bégot: Les joueurs lui ont remis le maillot rose du club, floqué du numéro 47, référence au 47e président des Etats-Unis.
Ces images en pleine guerre au Moyen-Orient ont de quoi choquer? - A.Juppé: Américains, réveillez-vous!
Pour le reste, je suis juge en France, pas aux Etats-Unis. Que la justice américaine fasse son travail! - M.Bouhafsi: Le SMS n'a plus la cote en France. - A.Bégot: 85 milliards de SMS envoyés en France contre 200 milliards il y a 10 ans.
Si vous avez des petits-enfants, vous l'avez forcément constaté: leur truc à eux, ce sont les messages vocaux. - Surtout Instagram et, parfois, WhatsApp. - Ce serait plus Snapchat, Instagram. - Instagram, Snapchat... - Essentiellement WhatsApp. - Principalement, les vocaux.
J'ai un peu la flemme d'écrire. - Les vocaux, c'est souvent pour raconter des choses profondes. Peut-être la flemme...
Quand je me réveille le matin, j'envoie des vocaux. - Certaines applications transcrivent le vocal en texte. On peut avoir le meilleur des deux. - Y.Goosz: On fait de la radio sans s'en rendre compte. - A.Bégot: Qu'il semble loin le temps où on tentait de décrypter le langage SMS des ados, le temps où on s'inquiétait pour leur orthographe! - Pour écrire le moins possible, les ados ont inventé des codes. "Je t'aime" s'écrit avec un "JTM". - Pour rire, on marque LOL.
Ou MDR pour "mort de rire". Chacun écrit comme il pense. - Voici quelques expressions.
Il y a également les smileys. - A.Bégot: Les smileys...
Fini, l'époque des hors forfaits qui explosent. Il y a quelques années, les SMS n'étaient pas intégrés aux forfaits. Une archive de 2003... sauf quand on la facture, comme une piqûre de rappel. - J'ai reçu ça cette semaine.
Regarde... - Ah ouais... - Il y en a pour combien? -93 euros. - Tu es ridicule.
C'est complètement stupide. - A.Bégot: A.Juppé, vous êtes SMS ou vocaux? - A.Juppé: On ne conçoit bien que ce qu'on écrit.
Il ne faut pas trop dramatiser. J'ai aidé mon petit-fils à faire un exposé sur les rizières au Vietnam. Il a fait un travail génial, écrit avec le PowerPoint. - M.Bouhafsi: Je suis totalement d'accord avec vous.
Il ne faut pas envoyer des messages vocaux. Quand vous dépassez les 3 minutes, c'est un podcast. C'est actuellement la fashion week à Paris. - A.Bégot: Etes-vous capables de deviner à qui on doit ces magnifiques robes?
C'est somptueux. C'était un défilé qui a eu lieu mardi au Palais Garnier. Si je vous dis Max Alexander?
C'est le plus jeune designer qui a jamais défilé à Paris. 9 ans seulement. 1er défilé cette semaine.
C'était mardi. 3 jours plus tard, il est rentré chez lui, aux Etats-Unis. L'excitation est toujours bien là, comme il nous l'a confié. - A.Bégot: Max n'avait que 4 ans quand il a annoncé à ses parents qu'il voulait devenir couturier.
Dès l'année suivante, il a appris à coudre. Depuis, il n'a qu'une seule ambition: stopper la fast-fashion. - A.Bégot: Les spécialistes se disent "impressionnés" par son talent et lui prévoient déjà un grand avenir dans la mode.
Certaines stars ont déjà porté ses créations, à l'image de S.Stone. - M.Bouhafsi: Vous faisiez quoi, à 9 ans? - P.Larrouturou: Je regardais la mer... - M.Bouhafsi: Le début ce soir des Jeux paralympiques. - A.Bégot: Cérémonie d'ouverture ce soir.
Elle a été boycottée par plusieurs pays à cause de la présence des Russes et des Biélorusses sous leur bannière respective. Sur le plan sportif, après la très belle performance des athlètes français, les paralympiques tricolores espèrent faire aussi bien. Ils misent sur 18 médailles, soit 50 % de plus que lors des derniers Jeux d'hiver.
C.Hernandez est notre porte-drapeau. Elle est para-snowboardeuse.
A 50 ans, c'est aussi la doyenne de ces Jeux. Pour elle, tout a commencé quand elle a rencontré un athlète paralympique qui lui a dit: "Vous avez une sclérose en plâtre, lancez-vous." - M.Bouhafsi: On espère que la France cartonnera.
Merci à vous, A.Juppé. Merci, M.Coeurderoy.
Alain Juppé