IA : La France a-t-elle les moyens de rattraper son retard ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 3:00OuverteRéponse partielle
655 millions d'euros supplémentaires pour l'IA, c'est une goutte d'eau face aux géants américains ?
- 4:00OuverteRéponse directe
La DGSI met fin à son contrat avec Palantir, était-ce une décision attendue ?
- 6:00OuverteRéponse directe
Emmanuel Macron parle de réguler les modèles frontières, de quoi s'agit-il ?
- 9:00OuverteRéponse directe
Mistral AI est-elle aussi avancée que ses concurrents américains ?
- 12:00OuverteRéponse directe
Pourquoi Mistral AI dépend-elle des commandes publiques ?
- 14:00OuverteRéponse directe
Les data centers français peuvent-ils renforcer notre souveraineté ?
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour, bonjour à toutes et à tous, bienvenue, débat, chronique, reportage, expertise de nos C'est ce que l'on vous propose tous les jours à 18h et 22h sur Public Sénat. Et voici le sommaire de ce 17 juin, l'intelligence artificielle en jeu géopolitique majeur. Sa maîtrise était au cœur du sommet du G7.
Aujourd'hui, la Commission européenne a annoncé cet après-midi un plan pour renforcer notre souveraineté et en France, le Premier ministre Sébastien Lecornu a débloqué 655 millions d'investissements supplémentaires. Hier, pour le développement de l'IA, pouvons-nous combler notre retard ? L'entreprise Mistral Aïe peut-elle devenir un géant mondial ?
On en débat dans une minute. Et puis dans la seconde partie de ce sens public, on continuera de parler souveraineté dans le domaine militaire. Les pays européens gonflent leur budget.
L'Espagne a augmenté ses dépenses militaires de 50 % par rapport à 2024. Cette eau s'est principalement due à une augmentation des crédits alloués aux achats d'équipements. Mais l'Allemagne, qui occupe la quatrième place mondiale en termes de dépenses militaires, a également augmenté ses dépenses de près d'un quart par rapport à l'année précédente.
La guerre en Ukraine a fait vieillir prématurément notre modèle stratégique et industriel. Comment l'armée française peut-elle se réinventer ? La solution est-elle européenne ?
Quel rôle et quel devoir nous donne l'arme nucléaire ? C'est le défi de l'armée du futur que l'on décortique dans trois quarts d'heure. Et comme tous les jours, vous le savez, vous pouvez participer en flashant notre QR code.
Je poserai vos questions à nos invités. On commence par le dossier de l'IA. Le réveil a enfin sonné en France et en Europe.
On espère juste que ce n'est pas trop tard, Céline Schmitt. Au G7, c'est l'épineuse question de la sécurisation et de la régulation de l'État qui était au cœur des discussions aujourd'hui entre les chefs d'État. Plusieurs patrons de la TEC étaient présents sur invitation de la France, dont l'américain Dario Amodei, patron d'Antropique, société à l'origine de l'IA Claude.
Une présence qui rappelle la décision vendredi dernier des Etats-Unis de couper la commercialisation de certains outils d'entropique aux entreprises étrangères, invoquant un risque pour la sécurité nationale. C'est dans ce contexte que Sébastien Lecornu a annoncé hier une rallonge de 655 millions d'euros pour le développement de l'IA. Notre objectif est clair, soutenir les infrastructures, les capacités de calcul, la recherche, les entreprises et les filières industrielles qui feront la puissance de demain.
Nous devons construire une véritable autonomie stratégiques. Avec l'IA, un nouveau monde se dessine, on le sait, on le sent, il y aura désormais les pays dotés des modèles d'IA de pointe et les autres. Nous ne pouvons pas dépendre du bon vouloir de certains un partenaire.
Parmi les annonces phares de ce plan, la décision de la DGSI de mettre fin à l'utilisation de l'outil de traitement de données du géant américain Palantir au profit de celui de la start-up française Chapevision. Sébastien Lecornu veut aussi développer l'usage de l'IA dans tous les services publics. Pour Roland Lescure, cette petite révolution pourra considérablement moderniser nos territoires.
Moi vraiment j'engage la collectivité terrariale à Osélia. C'est le cas de l'IA, c'était le nom du plan, parce que vous l'avez dit, face à des enjeux budgétaires souvent un peu contraints, ça peut être une excellente manière de mieux servir nos concitoyens qui ne doivent pas faire peur de l'IA, à condition évidemment qu'on le fasse bien. Au Sénat, on regrette le retard accumulé depuis dix ans en matière d'IA.
Pour C .Morin de Sayy, c 'est la place du modèle européen dans le monde qui est en jeu. « Qui dominera l'IA dans ce monde, dominera le monde.
Dominera l'économie, dominera la connaissance ou la méconnaissance, dominera l'information et la désinformation. Donc c'est une question vitale. Ursula von der Leyen a plaidé en fin de sommet pour une coopération entre les Etats-Unis et l'Europe sur l'IA.
On se demande si la France a les moyens de rattraper son retard en matière d'intelligence artificielle. Je vous présente tout de suite nos invités. Valérie Dagan, bonsoir, bienvenue.
Vous êtes délégué général de Numéum, c'est le syndicat professionnel des entreprises du numérique. 2500 entreprises en France et c'est toute la filière française. Jérôme Clech, bonsoir, bienvenue.
Vous êtes chercheur associé au Technology and Global Affairs Innovation Hub de Sciences Po et vous publiez les nouveaux maîtres du futur. On est au cœur du thème de notre émission, c'est aux éditions Hermann, Julie Martinez, bonsoir et bienvenue. Vous êtes directrice générale du cercle de réflexion France Positive et vous publiez IA Effect News.
Sommes-nous condamnés à la désinformation ? C'est aux éditions Flammarion. Et Jean-Sébastien Ferjoux, bonsoir Jean-Sébastien, directeur du site Atlantico Editorialiste pour Sens Public.
Je démarre sur ces annonces de Sébastien Lecornu, 650 millions d'euros supplémentaires pour le développement de l'intelligence artificielle. On vient de l'entendre. Alors à la fois, on peut se dire que c'est un gros montant ou alors vous dites quoi ?
C'est une goutte d'eau vu des enjeux et des moyens des géants américains du secteur. Alors effectivement, c'est une très belle annonce parce que ça encourage le secteur au moment évidemment un momentum qui est très important. Vous avez cité les annonces et on a Vivatech aussi en ce moment donc on est vraiment un momentum important et 655 millions c'est effectivement c'est beaucoup et c'est beaucoup surtout dans le contexte budgétaire.
Donc nous en fait on salue vraiment cet effort dans ce contexte budgétaires, même si évidemment on connaît les montants qui sont alloués outre-Atlantique sur l'investissement. Tout ce qu'on sait, c'est qu'en fait...
C'est-à-dire qu'on en est très loin ? On en est loin, mais néanmoins, on n'est pas seul. Seule la France, effectivement déjà, met des moyens, mais c'est au niveau de l'Europe.
On l'a cité au travers du reportage, l'Europe qui se réveille aussi. Donc on a quand même des bons signaux qui font que la France plus ses alliés européens, on peut quand même construire quelque chose de positif. Et donc on y reviendra évidemment sur les annonces également au niveau européen.
Je retiens quand même ce que disait Sébastien Lecornu, nous ne pouvons pas dépendre du bon vouloir de certains de nos partenaires. Jérôme Cach, il faut faire le lien avec la décision de Donald Trump d'interdire les nouveaux modèles les tout derniers les plus puissants de d'anthropique aux étrangers et les annonces du premier ministre mais bien sûr qu'il faut faire ce lien et vous posiez la question du montant des budgets en l'occurrence vous citer dans la société anthropique avec claude de Fable 5, c'est 65 milliards de levées rien que cette entreprise. Donc vous voyez le facteur dont on dépend, on est dans une économie de casino où les annonces effectivement signent une prise de conscience qui est utile, mais ne sont pas du tout à la mesure du problème.
Donc la question qui va se poser, ça va être comment dépenser utilement ces 650 et quelques millions. Voilà. Et là, il y a deux possibilités.
Soit on essaye de faire la guerre d'hier, on a déjà raté les drones, on a déjà raté les drones, on a déjà raté les drones, et on est en passe de rater l'IA. Mais qu'est-ce qu'il y a derrière l'IA ? L'IA dont on parle là, c'est les LLM, en gros.
C'est ça. C'est les larges en louanges modèles. Voilà.
C'est ChatGPT, c'est Claude, c'est tous nos nos téléspectateurs ont interrogé à un moment donné ou un autre pour avoir une réponse à une question. On se pose la question de le faire. Voilà, voilà.
Et on est en passe d'être en retard là-dessus. Alors certes, il y a Mistralahi, mais si vous regardez sur l de la classification des différentes intelligences artificielles, Mr Alaï est très mal classé. Ca veut dire quoi ?
Ca veut dire que pour gagner, malgré tout, la guerre de l'IA, il faut d'emblée envisager la guerre du futur, qui va se faire vraisemblablement sur les world models, c'est-à-dire non plus le langage, mais la vidéo. Non plus un modèle probabiliste qui vous donne quelque chose de cohérent, mais parfois à côté de la plaque. Tout le monde a fait le test de « je vais laver ma voiture à 5 minutes, comment dois-je y aller ? » Eh bien, vas-y à pied, puisque tu vas améliorer ta santé.
Vas-y donc à pied parce que ça va être bon pour l'environnement, etc. Et ça évitera de salir ta voiture. Et ça évitera de salir ta voiture.
Je pense que l'IA donne aussi dans le test cohérent mais évidemment absurde alors que le world model prôné par Yann Lequin qui est un chercheur français qui a fait carrière chez Meta et qui revient en France nous dit il faut que l'IA apprenne le monde et les lois du monde jouons le coup d'après on va développer tout ça il y a une autre annonce qui a été faite à Julie Martinez c'est Sébastien Lecornu annoncé que la date DGSI donc c'est le renseignement intérieur français mettait fin à son contrat avec Palantir qui est un autre géant US de l'intelligence artificielle vous dites quoi il était temps parce que ça peut sembler surprenant que le renseignement intérieur français soit entre les mains d'un d'un géant américain quand même on est vraiment un momentum géopolitique très fort je pense que c'est un un électrochoc de lucidité pour les français et l'europe à la fois la décision effectivement qui est parvenue vendredi dans tropique de mettre fin à la fourniture de ces grands modèles d'IA mais aussi tout ce qui se passe en ce moment au G7 je pense que c'est la première fois que les français et les européens se rendent compte de ce qu'est dépendre finalement de géants technologies qui ne sont pas français ou européen on a cette petite musique du sous investissement dans notre souveraineté ça fait des décennies le rapport de mario draghi l'a rappelé encore une fois au niveau de la compétitivité européenne en 2024 mais pour la première fois avec ce qui s'appelle le kill switch très clairement cette capacité qu'un acteur d'arrêter du jour au lendemain la fourniture d service ce qui s'est passé il s'est passé et qui pourrait se passer à d'autres à d'autres strates est d'ailleurs infrat d'infrastructures que ce soit microsoft aws tout ce que se utilisent nos ministères tout ce qu'utilisent nos hôpitaux tout ce que utilise notre téléspectateurs c'est un électrochoc et souvent l'europe fonctionne comme ça on se souvient du covid ça a été un électrochoc sur notre souveraineté en matière sanitaire on se souvient de la guerre en ukraine ça a été un choc pour notre souveraineté en matière de défense là je pense que c'est le réveil en matière d'intelligence artificielle générative à un moment où en plus il y a cette guerre qui est déjà très installée entre les états-unis et la chine mais cette vassalisation de l'europe éclate aux yeux des dirigeants un moment où il y a effectivement tous ces grands enjeux en plus militaires et géopolitiques qui se discutent au G7. Ce G7 justement Valérie Dagan, comment le dossier IA a été préparé ? Il y a beaucoup de dossiers sur la table, il en fait partie, on en écoutera la réaction du président français dans quelques minutes, mais comment il a été préparé ?
Ce qu'on a vu au niveau du G7 cette année c'est que pour la première fois l'arrivée des sujets numériques. Il y a l'IA mais il n'y a pas que l'IA et en fait ça a été préparé notamment avec une alliance entre le Tech7, parce qu'en fait il y a une instance qui s'appelle le Tech7 qui réunit les professionnels du numérique comme nous, donc nos homologues au niveau des sept pays membres et qui a permis, justement, qui permet depuis à peu près six ans de porter des recommandations au niveau du G7. Et cette année, pour la première fois, on a vraiment vu, au regard de ce qu'on vient de dire, des enjeux géopolitiques, économiques, que les enjeux du numérique sont venus se raccordé avec le tech seven et et avec un grand message qui est notamment un message déjà de coordination de concertation tour de la résilience je pense que c'était vraiment le sujet et parce qu'on est face à ces gens les enjeux là et donc du coup on a vraiment ce sujet qui a été porté – Alors, avec quand même une image qui a été une séquence assez surréaliste lors de ce G7.
On ne peut pas ne pas la montrer, c'est l'une des séquences du jour. On a Donald Trump qui arrive bon dernier. Déjà, il y a tous les autres chefs d'État ou de gouvernement qui sont en train de l'attendre dans la grande salle de réunion.
C'est une réunion qui est consacrée au développement international. Juste avant de s'installer, il s'arrête, il dit ceci. Regardez, écoutez.
Alors, on ne va pas commenter le côté puéril de la sortie de Donald Trump. Vous n'êtes pas psy, cologue ou psychiatre. Ce n'est pas l'objet du débat.
Mais qu'est-ce que ça dit quand même On ne parle pas d'IA, mais je veux bien qu'on raccorde ça à notre thématique. Qu'est-ce que ça dit du bras de fer qui est en cours ? Jean-Sébastien Ferjou. – Ça dit énormément.
Oui, on pourrait disserter sur la personnalité de Donald Trump, mais l'épisode de ce week-end, il est majeur. On avait déjà eu le bras de fer entre Elon Musk et Donald Trump, ce qui nous donnait une indication dans le monde actuel, ce monde un peu néo-féodal où il y a des acteurs qui deviennent aussi puissants que les États. Qui est le plus puissant finalement ?
Est-ce que c'est la tech ou est-ce que c'est le politique ? Alors on a vu que le match a été en quelque sorte nul dans le cas de Musk et de Donald Trump. Ni l'un ni l'autre n'ont réussi à s'éliminer.
Elon Musk atteint la semaine dernière une fortune, le premier homme au monde à 1000 milliards de dollars. Et là, avec Anthropik, c'est la même chose parce que qu'est-ce qui s'est passé ce week-end ? Certes, Donald Trump a contraint Anthropik à fermer ses modèles parce qu'en fermant le reste du monde, de facto, ça le fermait aussi aux États-Unis. – Oui, quasiment personne ne peut faire une réaction. – Oui, mais quelle réaction sur les marchés financiers ?
Quelle réaction sur les marchés financiers ? Quasiment aucune, c'est la valorisation d'Entreplique. Donc qu'est-ce que ça nous dit ?
Ça nous dit que oui, le politique contrôle encore la tech, mais que peut-être le vrai arbitre, il y a un troisième pouvoir dans l l'histoire, ce sont les marchés financiers. – Effectivement, votre avis là-dessus, Gérôme Clèche, parce que c'est la géopolitique de l'IA, elle fait irruption aujourd'hui, ce n'est pas totalement nouveau, mais on le matérialise en ce moment avec Complètement, il y a une géopolitisation de l'IA et effectivement le fait qu'on parle du G7, de VivaTech et peut-être tout à l'heure de Rossatori, effectivement on voit que ce triptyque finalement montre cette géopolitisation de l l'IA et c'est si vrai, je fais suite à ce que dit Jean-Bastien Ferjoux, c'est quand on regarde en fait la volonté américaine donc étatique d'intégrer évidemment tous les éléments de la chaîne de valeur et de posséder j'allais dire l'IA de bout en bout c'est à dire l'énergie, les data centers, les GPU ce sont les calculateurs en fait, les modèles c'est anthropique, les microprocesseurs, cette volonté là en fait et bien elles montrent qu'il y a une volonté de reprise de contrôle mais elle montre aussi j'allais dire l'inanité de cette entreprise pourquoi parce que si vous prenez tous les maillons de cette chaîne de valeur que je viens de détailler ça dépend évidemment d'un certain nombre d'entreprises on pourrait les qui sont implantés dans un certain nombre d'États et donc il y a cette fragmentation immédiatement qui se rappelle à eux. Alors cette fragmentation, c'est leur impuissance parce que du coup, c'est difficile. – Il n'y a pas un seul État qui peut se prévaloir de maîtriser tout – Mais non, d'ailleurs on a un élément qui pourrait faire en sorte qu'on ne soit pas forcément souverain sur la chaîne de valeur et qu'on ait une IA souveraine ou d'autonomie stratégique et là on se paye deux mots, mais où on ait un pouvoir de négociation qui nous permette de peser.
Prenez l entreprise à sml c'est une entreprise qui sert ce sont les machines outils c'est ce qui permet la gravure ce sont des lasers qui permettent de graver les puces que tsmc l'entreprise de semi-conducteurs taïwanaise, fournit ensuite à NVIDIA qui va faire l'architecture avec ses calculateurs et ensuite vous posez là-dessus les modèles d'IA. Et vous voyez tout ça est entièrement fragmenté. Donc ça, ça signe la faiblesse des états.
Mais en même quand vous avez plein de dépendance une somme de dépendance et bien vous avez à nouveau un pouvoir de négociation et c'est pour ça que comme le disait jean-sébastien ferjoux il ya cet équilibre en fait cette tension qui se fait est là dans cette tension l'europe peut jouer sa carte parce que typiquement, et je le disais sur ASML elle a une entreprise qui a la clé sur un élément de la chaîne de valeur qui est le point de départ la gravure des puces par exemple Si on parle de capacité de calcul parce que quand on évoque l'intelligence artificielle, Julie Martinez est quand même centrale. L'Europe ça pèse quoi par rapport au gâteau de la capacité de calcul ? Quelques pourcents ?
En tout cas c'est un des maillons très importants de la chaîne de souveraineté et ce qu'on sait c'est que qu'il y a un déficit en capacité de calcul en infrastructures européennes. C'est-à-dire que si on regarde un peu comment c'est réparti, il y a 75 % environ qui est à la main des États-Unis et 5 % en En Europe, quand bien même on aurait des mastodontes ou des pépites ou des décalicornes qui seraient soutenus de manière conséquente par nos gouvernements, il manquerait toujours cette strate-là qu 'il faut continuer de développer et de surdévelopper pour répondre aux besoins sans cesse croissants de ces entreprises, qu 'il s'agisse de Mistral, d 'Amy Labs, vous en avez parlé, de Hache et toutes ces compagnies qui ont besoin de cette infrastructure souveraine. Ça ne sert à rien d'avoir des modèles souverains si par ailleurs, les capacités de calcul sont à l'étranger ou si on dépend d'autres moyens de la chaîne à l'étranger.
C'était très bien expliqué. On va écouter tout de suite la réaction d'Emmanuel Macron lors de ce G7, après la réunion consacrée à la question de l'intelligence artificielle. Le président français.
On doit sur celle-ci aller plus loin maintenant et réussir à mieux réguler. Le défi qui est devant nous, et on a eu beaucoup de discussions avec les dirigeants de l'IA et de la technologie, comme avec l'administration américaine. Le défi, ce sont ces fameux modèles frontières.
On doit réussir à mieux les réguler pour éviter qu'ils ne tombent dans la main de régimes autoritaires, de gens qui pourraient menacer notre cybersécurité ou nos sociétés. Mais pour ce faire, la réponse ne peut pas être de la non-coopération entre démocrate juste d'un mot modèle frontière je ne sais pas qui veut nous expliquer de quoi il s'agit aller dans ce sont les modèles les plus puissants ce sont les modèles effectivement les plus développés les modèles que donald trump Ce sont ceux qui sont en tête de l'index et donc précisément pas pour le coup Mistralahi Juste pour tous ceux qui ne sont pas au fait de ce secteur, en tout cas beaucoup moins que vous Alors c'est intéressant et peut-être pas surprenant d'entendre un dirigeant européen, en l'occurrence Emmanuel Macron, parler de régulation. Parce que c'est quand même un peu la façon dont l'Europe appréhende cette question de...
Effectivement c'était la seule clé qu'on avait jusqu'à maintenant et l'alliance qu'on fait justement pour créer des champions, parce que le but de tout ça c'est d'avoir le choix. On parlait, je reviens sur la discussion qui est faite, si on avait juste sur un point clé, si on arrivait juste à avoir, à récupérer 5 % de la dépense qui va vers des solutions extra -européennes, 5%, alors sachant qu'on dépense aujourd'hui en Europe, 260 milliards d'euros. Si on réussit à récupérer juste 5 % d 'alternatives, on aurait, selon l'étude Asterès de l'année dernière, on pourrait créer en Europe 178 000 emplois et 5 % de recettes fiscales.
C 'est aussi un sujet de compétitivité, donc il y a ça aussi. Et effectivement, ce qui est intéressant avec ce que dit Emmanuel Macron, c'est qu'au-delà de l'enjeu de compétitivité, c'est comment on va pouvoir créer des champions en Europe on peut créer des champions avec la régulation parce que c'est notre modèle européen et ce qu'on fait notamment nous avec des stratégies d'alliance avec un certain nombre de pays c'est comment on arrive à simplifier cette régulation pour permettre du coup un marché beaucoup plus fluide. Oui.
En vous écoutant, je me dis qu'il y a peut-être certains de nos téléspectateurs qui sont fidèles de l'émission et qui regardaient « Sens public » la semaine dernière. On faisait un débat après la publication de l'encyclique du pape sur… Je vais simplifier les dangers de l'IA et ce qu'elle représente pour l'avenir de l'humanité. Et là, on est en train de se dire qu'il faut accélérer, il faut créer un champion français.
Bon, je ne suis pas sûr que… Est-ce qu'on peut créer un champion français tout temps régulant et maîtrisant, c'est une vraie question. C'est pour ça que la phrase d'Emmanuel Macron est importante quand il parle des démocraties, parce qu'il y a un enjeu de compétitivité, mais la compétitivité, ça ne dit pas dans quel régime politique ça s'inscrit. parce qu'il faut pouvoir maintenir sa puissance si les démocraties veulent pouvoir se maintenir et justement garder la tête hors de l'eau et ne pas être esclave ni du risque des autres ni de la technologie ou de la restriction de technologie des autres.
Puis après, il y a le deuxième élément de la question, qui est ce rapport de force politique dont je vous parlais tout à l'heure. Quel est le rapport ? Qui a la main à l'heure actuelle ?
Qui est capable de définir le monde de demain ? Alors, le pape, il apportait sa réponse en disant « gardons l'humain au centre ». Je ne sais pas si c'est vraiment l'idée de Dario Amodei, même si entre propis qu'à un positionnement marketing de l'IA éthique, etc.
Ça n'empêche pas qu'ils continuent à sortir les modèles des plus puissants du marché. Mais regardez, il y a encore des études qui sont sorties. Même le français Mistral est influencé par les bottes russes une étude de montrer hier je vous parlais il ya quelques semaines de cette étude qui montrait que la chine avait réussi à polluer les grands modèles via occidentaux c'est un vrai enjeu oui je veux bien vous entendre là dessus peut-être julie martinès pour Pour commencer, c'est vrai que est-ce qu'on peut se permettre d'appuyer sur le frein ?
Dans un monde idéal, il faudrait qu'on s'arrête tous et qu'on se dise « qu'est-ce qu'on fait de cette intelligence artificielle ? » Non mais c'est vrai que l'Europe, en tout cas l'Union Européenne, a été très forte sur le narratif, sur le récit, sur la réglementation et c'est comme ça qu'elle s'est imposée finalement face à deux autres pôles qui eux étaient dans une compétition d'ailleurs d'IA militaire. Si vous regardez un petit peu les brevets qui sont déposés dans le monde, les plus grandes innovations en matière d'IA sont souvent militaires.
Nous on est arrivé par la question de la régulation qui est salvatrice puisqu'il faut effectivement préparer le terrain mais elle est finalement souvent exemptée donc très limitée face au développement qui arrive. Il n'empêche que ça pose un...
Ça pose un...
Ça pose un...
Ça pose un...
Ça pose un récit et voilà. Mais ce que je veux dire c'est que souvent on résume si vous voulez le manque de...
L'incapacité de certaines entreprises, jeunes pépites à aller chercher des marchés, à cette question de la réglementation, elle n'est pas la seule question, c'est pas la raison pour laquelle des entreprises ne deviennent pas des décalicornes. On a un problème de capital européen, on lève dix fois moins qu'aux Etats-Unis et il faut le dire, il y a ce souci d'infrastructure donc c'est des superpuissances de calcul, on a un souci de commande publique, on n'a pas d'agence...
Peut-être d'un mot sur votre image Thomas, appuyer sur le frein ou pas, ben non on n'a pas le choix, on ne peut pas appuyer sur le frein. En revanche pour garder l'image du déplacement, on peut peut choisir où on va. C'est à dire, on est contraint de conduire très vite mais on peut peut-être choisir où on va.
J'imagine que vous étiez tous à Vivatech, vous avez dû y passer. Par délégation. Il n'y a pas beaucoup de lecteurs, il ne doit pas y avoir voix.
Vous avez tous vers l'IA en se disant qu'au moins elle ne cherche pas à mentir. Donc il y a cette portée éthique qui effectivement...
Ce qui est faux. Quelle naïveté ! Elle ment peut-être, elle se trompe peut-être mais il n'y a peut-être pas l'intention étant donné qu'il n'y a pas de compréhension de toute façon du monde dans cette IA, en tout cas s'agissant des LLM.
On est dans des IA faibles et non pas des IA fortes qui seraient conscientes comme chacun de ces...
Donc l'intention n'y est pas. Voilà donc ça peut-être l'erreur mais pas forcément de mensonge. En tout état de cause, effectivement, ça pose la question de l'éthique.
Et là, quand on dit réguler, quand on dit encadrer, quand on dit une industrie de la norme s'agissant de l'Union européenne, ça vaut si vous obligez in fine, finalement, l'ensemble des parties prenantes à passer par vos marchés et à vous plier à vos normes. Mais si, finalement, vous n'arrivez pas à avoir ce pouvoir de marché-là, ça devient alors une faiblesse. Et il vaut mieux favoriser l'innovation.
C'est ce qui manque quand même en Europe. Alors ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'argent. C'est vrai que les montants manquent.
Quand on est en centaines de millions, il faudrait être en milliards pour les passages à l'échelle. C'est-à-dire quand on a une technologie à peu près mature et qu'on essaye d'en faire la commercialisation. Mais tout ne se situe pas là parce que, d'une part, sur la technologie à amont, ce qui manque, c'est pas forcément l'argent, c'est les cerveaux.
Typiquement, c'est – C'est vrai, c'est lié à l'argent aussi, à la rémunération des cerveaux. – Alors on va y venir un peu plus tard, les cerveaux, les talents, je vous interromps parce qu'on va y venir un peu plus tard et je voudrais, mais on va continuer sur la même thématique, se poser effectivement cette question autour de notre capacité à voir émerger un champion français, un champion européen. Et forcément, on se tourne, c'est le plus évident, vers Mistralahi.
Son patron Arthur Mench a peut-être auditionné à l'Assemblée nationale, c'était le mois dernier. Bon, il n'y avait pas beaucoup de député pour l'écouter. Ça, c'est pas très bon signe.
Mais il avait un message à faire passer. Il ne demande pas des subventions. Il veut des commandes publiques pour ses services numériques.
Écoutez, on arrive à être assez agressif, mais on aimerait être plus agressif. Et pour ça, il faut qu on ait une visibilité sur le marché. Ce marché, c'est évidemment le marché privé, mais c'est également la demande publique qui forme à peu près 50 % du PIB de l'Europe.
Et donc être capable de faire en sorte que cette demande publique ruisselle sur toute la chaîne de valeur en partant par l'endroit où on est fort, on a de la valeur ajoutée qui est donc l'intelligence artificielle. Et le faire de manière concentrée, c'est-à-dire ne pas le déployer avec de la subvention, simplement faire de la demande en bout de chaîne, donc sur les services numériques, c'est un atout essentiel c'est un atout que nos partenaires américains et chinois utilisent massivement c'est un atout qu'on a toujours eu peur d'utiliser en Europe il faut absolument que ça s'arrête Et on va répondre tout de suite à des questions posées par nos téléspectateurs et et spectatrice, tient sur Mistral Haï justement, Marion qui nous écrit de Rouen. Mistral Haï est-elle autant avancée que ses concurrents américains ?
Ou alors Francis qui nous écrit de Saint-Vas, on va les voir s'afficher tranquillement. Mistral va-t-il entrer en bourse comme les autres entreprises américaines On commence, Jean-Sébastien, avec vous. Est-ce que ça peut devenir, ministre Alaïi, l'arme fatale pour garantir notre souveraineté dans ce domaine ?
En tout cas, techniquement, on commence à se rapprocher. Il y a eu des vrais progrès sur la comparaison avec les Américains. Souvent, les benchmarks de Mistral lui-même, leur dernier modèle, le modèle Medium 3, atteint 90 % des performances américaines.
On peut imaginer qu'il y a une part d'exagération commerciale, mais sans doute pas non plus au point de risquer un démentie abrupte de la part de ses concurrents. Quand on regarde les données d'artificial analysis, c'est le juge de paix sur ce marché-là. En quelque sorte, les données sont formelles sur le rapport qualité-prix.
Pour un million de mots, Claude 3 ,7 qui est la version la plus avancée en l 'état c'est 15 dollars en sortie quand Mistral est un tarif 2 à 3 fois inférieur donc il y a un rapport qualité prix qui commence à être en notre faveur et pour avoir une image puisqu'on parle beaucoup de voitures depuis quelques sortes si open ai ou anthropique font des ferrari bah mistral fait plutôt une clio de course et le vrai problème de mistral c'est que cette clio elle est toute seule parce qu'elle dépend de plus nvidia vous Vous le lisiez, c'est toute la chaîne qu'il faut mépriser. Elle dépend aussi de briques open source. Pour reprendre une autre image, Mistral est techniquement brillant, mais stratégiquement isolé.
Et le temps presse parce qu'on n'a pas seulement besoin de modèles. Là, on est en train de parler du modèle. Est-ce que le modèle est à la hauteur ?
Mais il y a aussi la puissance de calcul. Encore faut-il qu'il ait les ordinateurs pour répondre au requête, le modèle. Et là, nos infrastructures sont à la traîne et on est très, très loin en matière de capacité d'investissement énergétique.
Aux Etats-Unis, les géants de l'IA sont en train de signer, de privatiser quasiment des centrales nucléaires. Ils ne les achètent pas, mais ils achètent exclusivement la production de centrales entières. Nous n'avons pas l'argent pour faire ça en France.
D'accord. Pour répondre aux Pour capacité de calcul, il faut une capacité énergétique. – C'est une demande, nous avons un mur énergétique énorme. – D'accord, et vous dites qu'il faut grosso modo deux ans pour réagir, quelle solution ?
On ne va pas se transformer en Silicon Valley en quelques jours, en quelques semaines. C'est un peu vain d'imaginer qu'on va imiter le modèle rattrapé en 5 ans, un retard de 50. Si on donne les ordres de grandeur, vous posiez la question tout à l'heure.
En matière d'investissement, sur les investissements publics, on est à peu près à 15 fois moins pour la France, on est à peu près à 20 fois moins pour le privé. Alors certes nous ne sommes pas tout seuls, il y a l'Europe, mais on voit bien que la rupture en fait est la seule sortie. Alors Arthur Mensch le disait, il y a la commande publique.
Ça a été le secret de la Silicon Valley en Au début, c'était des contrats massifs du Pentagone. Ça peut être une malédiction aussi quand ça devient une rente. On l'a vu avec des exemples comme de moteurs de recherche français dans le passé.
Il nous faut une vraie révolution copernicienne. Nous n'avons pas de marché de capitaux. C'est très largement lié à la fiscalité, à la fiscalité du travail comme à celle du capital.
Les cerveaux partent parce que nous ne pouvons pas les rémunérer au même niveau que la Silicon Valley. Et à coût égal pour l'entreprise, l'ingénieur qui est en France, il gagne beaucoup moins. Même réflexion sur le coût de l'échec.
En Europe, on ne sait pas laisser mourir une entreprise alors que c'est absolument stratégique. On congèle du capital humain financier. Il vaudrait mieux que cet argent-là et ces gens-là soient occupés dans la prochaine start-up que d'agoniser lentement parce qu'on les protège soi-disant socialement.
Alors, est-ce qu'on prend le chemin de cette révolution copernicienne-là ? Fait quelques pas dans la bonne direction, mais enfin, les 655 5 millions du plan gouvernemental, ils sont quand même loin du rouleau compresseur américain. 1 000 milliards de dollars d'investissement sur 5 ans.
On l'a dit, on a tendance à réglementer avant de développer. On a peut-être conçu la Clio, mais on n'a pas encore le garage. Allez, on va débattre autour de ça.
Et peut-être que je reviens sur cette histoire de commande publique, Valérie Dagan. Pourquoi le développement de Mistralaï, mais il y en a beaucoup d'autres, des entreprises et des pépites françaises, mais bon, je simplifie. Pourquoi il dépend aussi des commandes publiques ?
En fait, c'est un effet d'entraînement. C'est déjà un effet d'exemplarité, la commande publique, soit au niveau français, soit au niveau européen. Je précise qu'on a vraiment les deux niveaux.
Quand on parle tech, on est obligé de se voir à l'échelle européenne. Il y a à la fois un un effet d'exemplarité et aussi un effet d'entraînement sur la filière. Nous, c'est une action qu'on a notamment menée au niveau du gouvernement pendant un an.
C'est faire comprendre aussi qu'à un moment donné, il y avait...
Il faut choisir entre Meck ou Bourbaille et que c et que l'entraînement de la filière est très important pour justement monter des champions. C'est ce que fait très bien l'Allemagne, nous on a beaucoup de relations avec notre homologue Bitkom en Allemagne, on a notamment participé à un grand salon en septembre dernier sous la la souveraineté, et on s'est aperçu à ce moment-là qu'il y avait une vraie stratégie industrielle de l'État allemand en faveur de champions pour justement encourager ces effets-là. Alors il y a quand même une bonne nouvelle, je reviens quand même sur les effets d'annonce, en dépendant de ça.
Aujourd'hui, on a quand J'étais sur l'Avivatech et je participais à une table ronde juste après la ministre Anne-Léonf et puis le ministre allemand, qui ont quand même annoncé un raccrochement entre les deux pays. La France et l'Allemagne, si on arrive à faire ce moteur-là, qui représente 40 % du PIB de l Europe, on a quand même un entraînement de l'Europe qui peut aussi, par effet d 'entraînement, aller sur ce sujet. Alors, pourquoi je vous dis ça ?
Parce que dans les effets, il y avait deux annonces. La première, c'est comment on arrive à se mettre d'accord sur pas une définition, mais au moins sur les composants de ce que veut dire la la souveraineté. C'est déjà une énorme avancée par rapport au sommet franco-allemand qu'on a eu en octobre.
On est vraiment sur un résultat déjà opérationnel, concret du sommet. Et la deuxième chose aussi, c'est la création d'un forum avec les deux pays, qui va permettre justement d'encourager les relations entre le public et le privé. Donc on a quand même cet effet d'annonce qui est concret et qui est directement opérationnel pour pouvoir justement prendre conscience de ça déjà au niveau de la France et l'Allemagne.
Et maintenant, l'objectif qu'on va avoir dans les mois qui vont suivre, c'est de ramener ça au niveau européen. Est-ce que, Jérôme Clèche, on peut créer des espèces de bulles de souveraineté ? C'est-à-dire qu'un secteur ou une entreprise va choisir Mistralahi ou une autre entreprise française pour être sûr que ses données, elle les maîtrise, que son IA, elle la maîtrise.
Vous voyez ce que je veux dire ? On n'est pas obligé d'avoir un modèle gigantesque et universel. Bien sûr, si vous prenez la souveraineté comme un monolithe et que quelque chose qui soit insécable, vous allez dans le mur parce que c'est pas possible.
On prenait le projet Stargate dont je parlais initialement avec cette volonté américaine d'avoir une IA de bout en bout, de l'énergie, des data centers, des calculateurs, etc., et des modèles de bout en bout. Mais si vous comprenez que la souveraineté, c'est soit la somme des dépendances choisies et des petites dépendances idéalement ou que c'est la capacité d'avoir un pouvoir de marché, un pouvoir de négociation sur un point qui fait qu'on on ne vous ennuie pas pour dire les choses clairement sur les autres, alors c'est possible.
Donc il faut s'entendre sous la souveraineté. Par exemple, Jean-Sébastien Ferjoux disait, voilà, il y a la question des modèles et puis il y a la question des calculateurs derrière. Sur les Les modèles, on peut travailler en océan rouge et dire qu'on travaille à des modèles de langage ou travailler, comme on dit, en stratégie océan bleu.
Tesla, SpaceX, c'est la stratégie océan bleu. J'invente une nouvelle La nouvelle dimension, c'est typiquement les word models. Ça ne travaille plus sur le langage, ça travaille sur la vidéo.
Ça apprend le monde comme un enfant et ça permet d'être beaucoup plus pertinent. Donc si on était capable de maîtriser Et ça, il faut de la RH, il faut des talents et donc, comme disait Jean-Sébastien, il faut peut-être les payer plus cher. Mais payer plus cher à échelle de dizaines ou centaines de millions, c'est faisable.
Ça nécessite pas des milliards, ça. Et là, vous avez véritablement un davantage compétitif qui vous permet de peser. Pareil sur les calculateurs, il faut voir les choses globalement.
Le problème de l'IA, c'est le problème de l'énergie, c'est le problème aussi des métaux critiques et c'est le problème des calculateurs, donc du quantique. Quand on parle de l'IA aujourd'hui, il faut parler du quantique, c'est impératif. Et là aussi, de quoi a-t-on vraiment besoin ?
Je participe à un groupe de travail sur le quantique précisément où on me dit, le problème, c'est pas d'avoir des milliards pour l'instant, c'est d'avoir des thésards qui soient au niveau et que notre école de mathématiques soient beaucoup plus élevés. Alors effectivement, le NSULM, on a Polytechnique, mais ça ne suffit pas. Il faut des masses.
Et là, c'est faisable. Et là, vous recréez une forme de souveraineté, mais qui n'est pas...
Sur les talents. C'est une vraie vraie question politique d'un mot. Est-ce qu'on préfère l'égalité dans la dépendance ou est-ce qu'on préfère peut-être plus de différenciation de revenus et la souveraineté, ce qui peut-être accessoirement permettra aux pauvres de l'être moins dans le futur ?
C'est un vrai débat très politique pour la présidentielle, je suis d'accord avec vous. Il y a beaucoup de thématiques et moi j'ai pas mal d'éléments à proposer et à intégrer au débat. Peut-être qu'on se concentre sur ces histoires de puissance de calcul et de centres de données aussi parce que c C'est peut-être un atout français.
En tout cas, écoutons le patron de Data4 qui était à Lille après l'annonce de dizaines de milliards d'euros d'investissements pour construire des méga centres de données dans les Hauts-de-France. C'est Olivier Micheli. Le pays.
Le pays a énormément d'atouts. Vous avez une énergie en abondance. Chaque année, on exporte maintenant plus de 90 TWh.
Une énergie qui est décarbonée et qui est en plus compétitive. L'électron français. est beaucoup plus compétitif que l'électron allemand, italien, anglais, etc.
Donc en fait, il y a une évidence à venir mettre des data centers puisque ce sont des objets électriques sur le territoire. Vous avez aussi des entreprises, vous avez un Team France dans le data center qui est très puissant, avec des entreprises qui conçoivent, des entreprises qui construisent et des entreprises qui opèrent. Et en fait, sur l'ensemble de la chaîne de valeur, vous avez des champions français mondiaux.
Valérie Dagan, je comprends que ce soit un atout. Je comprends que l'électricité décarbonée soit un atout. Mais si ce sont des géants américains qui payent et qui construisent ces data centers, moi, je ne vois pas bien l'intérêt et en quoi ça va renforcer notre souveraineté.
Peut-être que je suis à côté de la plaque, expliquez-moi. Alors effectivement, quand on parle de souveraineté, du coup, on s'embarque finalement d'une chose assez floue. Mais je pense que vous l'avez dit tout à l'heure, et c'est relativement important, c c'est comment on va maîtriser nos dépendances technologiques.
C'est pour une entreprise qui est important, et notamment pour un territoire. Déjà, c'est bien parce qu'on salue qu'un territoire puisse accueillir ce type de projet. Néanmoins, ce qui est important, c'est de maîtriser la chaîne de valeur, vous l'avez dit aussi, et d'être conscient, c'est une maîtrise des risques.
Donc on ne peut pas imaginer, vous l'avez dit aussi, un numérique 100 % du composant jusqu'à la data. Ça ne sert à rien de se lancer dans cette bagarre-là. Par contre, ce qui est important et le plus important, c'est d'être conscienciement et de maîtriser ces risques en fonction des données qu'on a hébergées et des sujets qui sont plus ou moins sensibles selon les entreprises et leurs contraintes.
Je repose la question un peu différemment, beaucoup moins pointie que vous sur ces questions-là. Mais je vois cette logique un peu de bras de fer, c'est-à-dire qu'il faut qu'on maîtrise peut-être l'un des maillons de la chaîne pour pouvoir s'en serrer. Est-ce que le fait...
Je vous repose la même question d'avoir cette science ou ce talent ou cet atout des centres de données, des data centers. Ça nous permet finalement dans cette chaîne de valeur mondiale de dire bon bah ok, nous on a les data centers donc faites en sorte de nous fournir les puces dont on a besoin, etc. Est-ce que c'est assez juste ?
Oui, c'est tout à fait juste. Plus on aura des centres et surtout cette maîtrise de cette chaîne de dépendance, cette chaîne de valeurs, plus on aura le choix. Ce qui est important dans la souveraineté, c'est avoir le choix.
De manière très pragmatique, vous le disiez, en fonction des catégories de données, certaines qu'on ne veut absolument pas que d'autres acteurs étrangers puissent en tout cas avoir la main dessus. Là, qu'on parle de données de santé, qu'on parle de données...
Vous parliez des données de la DGSI qui étaient on-premise, comme on dit, donc vraiment sur place. C'était un choix fait pour éviter justement que le gouvernement américain ne puisse avoir accès à ce set de données-là. Le fait d'être...
Même quand c'était en tropique qui fournissait les...
Oui, parce qu'en fait, ce qui est intéressant aussi et d'ailleurs ce que développe de plus en plus, y compris je pense Mistral, c'est une offre de petits modèles qu'on dit on-prem et qui vont pouvoir être déployés sur les infrastructures du client dans un système fermé. Ce n'était pas l'antir, ce n'était pas anthropique je me suis trompé mais peut-être que la réponse et moi je pense que ce que vous disiez est très important que mettons derrière le mot souveraineté c'est comme pour la souveraineté alimentaire on s'en fiche en soi de la souveraineté alimentaire on va jamais cultiver des trucs qui viennent du café je sais pas quoi on peut pas le faire en france ce qui compte c'est la sécurité la sécurité des approvisionnements et la sécurité des outils que nous avons à notre disposition et c'est pour ça que vous avez raison de le souligner il faut réfléchir à la sécurité des données et à la sécurité des éléments clés dans la chaîne ce qui ne veut pas dire contrôler toute la chaîne parce que c'est une forme d'illusion imaginez qu'on fasse avec les data centers à supposer qu'on ait des fermes comme ça sur des hectares ce que fait l'iran avec le détroit d'or mou je prends un dessin cet exemple un petit peu voilà tonitruant vous avez si vous coupez l'électricité alors évidemment il ne s'agit pas de couper l'électricité mais ça peut être sur les prix ça peut être sur tout un tas d'infrastructures intermédiaires etc donc forcément vous avez un levier donc c'est positif et donc c'est ça quand même c'est la raison qui a motivé en fait à travers truth france les investissements qu'on a connus ces dernières semaines alors question de Patricia qui nous écrit de Charvieux-Chavagneux IA française ou européenne le financement sera à petit l'européen est ce que ce seront des appels de fonds internationaux on va écouter ce que disait c'était il y a quelques heures la vice-présidente de la commission chargée du numérique elle propose et on revient sur cette question d'investissement et de commande publique de réserver aux fournisseurs européens les contrats publics en matière d'intelligence artificielle et de cloud dans les domaines les plus sensibles on écoute Ena C'est un énorme problème pour la sécurité d'approvisionnement de l'Europe, mais cela a aussi un impact considérable sur nos économies et nous ne nous sommes pas retrouvés dans cette situation du jour au lendemain. C'est le résultat de décennies de décision, emprunter plutôt que construire, adopter plus vite que développer et consommer plus que créer.
Et cela doit changer. Bon, on essaie de ne pas être seulement négatif dans ce débat et on a réussi jusqu'à présent. Julie Martinez, est-ce que c'est un des leviers que le secteur attendait ?
Le levier des commandes de la préférence européenne, on peut appeler ça comme ça. La commande publique, la préférence européenne. Évidemment, il ne faut pas tomber dans du protectionnisme fermé qui aurait, je pense, un effet contre-productif.
Mais effectivement, il va falloir qu'on puisse mettre en avant nos acteurs et qu'on puisse les défendre à la hauteur des enjeux. Ça nécessite cependant de rendre, je pense, l'Union européenne désirable, désirable pour nos chercheurs, qu'on éduque nous-mêmes. Je rappelle qu'on a...
Je suis quand même pas forcément alignée avec ce que vous avez dit précédemment. Je pense que Polytechnique, l'ENS, les mines, toutes ces grandes écoles ou même les centres de recherche, l'INRIA, font rêver de nombreuses entreprises internationales. La taille critique n'est pas suffisamment grande.
C'est parfait, mais c'est trop petit. Ok, d'accord. Moi, j'avais compris que vous jugez ça en termes de qualité parce que...
C'est du tout qu'on perd beaucoup de cerveau. Voilà, j'avais mal compris. Voilà, ce que je voulais dire, c'est que justement, on fait rêver à l'international par la qualité de notre enseignement, les plus grands laboratoires d'intelligence artificielle et d ailleurs, nos chercheurs dirigent majoritairement ces grands labs d'IA.
Yann Lequin, vous en avez parlé, est parti chez Meta et revient. Il y a un vrai enjeu au-delà de la préférence européenne, patriotique. Alors on reste sur ce thème-là, parce que c'était la question de poser Victoria, vous l'avez devancée qui nous écrit De Brest.
Il y a également une fuite des cerveaux français aux Etats-Unis qui pourraient pourtant développer l'IA en France. Et c'est alors là un discours plus positif, plus optimiste en tout cas, qui nous vient du vice-président de l'Université de Paris-Saclay, Frédéric Pascal. On l'écoute.
Il y a vraiment une formation scientifique d'excellence pour l'intelligence artificielle. Donc ça, c'est déjà le premier point, c'est-à dire qu'il y a du recrutement de Français, que ce soit aux Etats-Unis. Alors en Chine un peu moins, mais aux Etats-Unis, chez Google, chez Meta, il y a beaucoup de Français.
D'ailleurs, les gens qui ont créé Mistral, donc Arthur et ses deux cofondateurs, sont passés par Meta et Google. Donc la première chose, c'est vraiment la création de talents. Valérie Dagan, est-ce que les entreprises du numérique que vous représentez ici ont du mal à recruter ou à garder leur talent En fait, recruter, oui, parce que c'est toujours et on mène énormément d'actions, d'attractivité pour justement créer, faire venir les talents vers le numérique, amener de la diversité aussi, parce qu'on a besoin aussi des femmes de rangs pour combler ce déficit de talents.
Et je reviens aussi sur le, sur ce que vous disiez en termes de fuite des talents. C'est vrai qu'on a toujours dit qu'on a une fuite des talents, on a voulu l'objectiver. Et l'année dernière, en fait, la Fédération Sintec a mené justement une étude pour objectiver le chiffre.
Et on s'est aperçu que finalement, depuis 10 ans, on n'a pas foncièrement plus de fuite de talents. On est à peu près à 15 % en fait des diplômés en école d'ingénieur qui partent de France. C'est à peu près flat.
C'est trop effectivement, mais ça n'a pas changé. Par contre, ce qui change. Plutôt vers les Etats-Unis ?
Plutôt vers les Etats-Unis. Par contre, ce qui change et ce qu'on remarque, c'est que ce sont les plus capés. C'est-à-dire que les écoles les plus capées ou les meilleurs qui partent le plus vite.
D'accord. Avec quand même une question parce que la question de l l'attractivité américaine sous Donald Trump, il y a quand même un discours anti-science. Ça ne vaut pas pour la bulia, Jérôme Klesch.
Les plus grands talents, pas seulement français d'ailleurs...
Je suis entièrement d'accord avec ce qu'il dit. L'école de mathématiques pour l'élite est excellente. Je suis issu, je ne vais pas vous dire le contraire, mais c'est trop petit.
C'est beaucoup trop petit. Et quand on parle de la fuite des cerveaux, on en parle après le master ou on en parle après le doctorat ? Ou après le doctorat ?
Ou pour les postdocs ? C'est ça dont il est question pour l'innovation. Et là, si vous regardez véritablement l'offre qu'il y a en termes de doctorant ou de postdoctorant pour le quantique, pour l'IA, bref, toute l'école de mathématiques, parce que tout ça, c'est les mathématiques, en fait, elle est extrêmement réduite.
Et tous les laboratoires vous le diront, on en manque. Donc c'est là où peut-être que l'investissement peut être utile parce que là, vous pouvez augmenter des salaires avec des dizaines et des centaines de millions d'euros alors que si vous ne passez pas aux milliards, le passage à l'échelle sur des LLM sur lesquels on est déjà distancé, c'est mort. Bon allez, normalement le débat est terminé mais je vous donne 30 secondes pour conclure.
Non, la question poétique était intéressante et d'ailleurs c'était la poétique qui a été mise en oeuvre par Emmanuel Macron l'année dernière, d'essayer d'attirer les cerveaux américains suite à toute la poétique anti-énergie, anti-climat et d'ailleurs il y a quelques cerveaux qui ont rejoint américains, qui ont rejoint les banques français, pas assez hélas, pas assez mais c'est vrai qu'on pourrait avoir cet esprit un peu plus patriotique et dans le cadre de l'élection présidentielle, je pense que pour le coup tous les candidats sont alignés sur la nécessité de retrouver une souveraineté en matière d'intelligence artificielle, sur la fiscalité mais c'est...
Non mais ce sera au Ce sera à vous d'aller les chercher justement sur comment est-ce qu'on va pouvoir être compétitif face à des salaires qui quand même s'élèvent à 2 millions, 3 millions d'euros en fonction des talents. Je me note la question de Jean-Luc Mélenchon. Merci beaucoup pour votre demande d'avoir participé à ce débat.
Je rappelle, Gilles Martinez, le titre de votre livre « IA et Fake News, sommes-nous condamnés à la désinformation ? » C'est aux éditions Flammarion. Et Jérôme Clech, les nouveaux maîtres du futur aux éditions.
Herman, à très bientôt sur Public Sénat. C'est l'heure du second débat de ce sens public avec cette question.
Sébastien Lecornu