Nouveau gouvernement : "Du bruit pour pas grand chose !"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Nicolas Dupont-Aignan, vous êtes député de l'Essonne, président de Boula France. Est-ce que vous attendiez avec une forme d'envie, de curiosité, de gourmandise la liste du premier gouvernement de Gabriel Attal ?
Bon j'ai regardé comme tout le monde, je ne vais pas faire semblant de dire que ça ne m'intéressait pas. J'ai regardé et surtout je trouve tellement de bruit pour pas grand chose. C'est-à-dire que quand je regarde ce qui s'est passé, je pense à mes concitoyens et je sais au fond d'eux-mêmes qu'ils ont compris qu'on était dans le marketing pur, que tout cela durera très peu de temps parce qu'au fond ce sera la même politique. Ce sera la même politique pour deux raisons d'ailleurs. La première c'est qu'il y a les ministres principaux, du moins certains, qui restent au bilan catastrophique. Je pense à Dupont-Moretti, je pense à Le Maire, etc. Donc là rien va changer.
Et puis surtout le pouvoir il est à l'Elysée, il n'est même pas à l'Elysée, il est à Bruxelles. Et donc en fait c'est un paquet cadeau. C'est un beau paquet cadeau. Vous savez les pochettes surprises de nos enfants dans les boulangeries ? Il y avait une grosse pochette, puis il y avait plein de papiers dedans, puis il n'y avait rien. C'est exactement ça. Donc ça trompera, ça durera. Ça durera un mois. Et parce que derrière rien ne changera.
Est-ce que cela signe pas encore un peu plus la fin de la droite de gouvernement en France ? Vous venez de cette droite-là, comme Rachida Dati. Elle a choisi d'entrer au gouvernement, vous avez fait un autre choix.
Alors là, vous avez raison sur ce point. Moi je crois qu'il n'y a que deux solutions pour les LR. Je l'aurais toujours dit. Soit ils faisaient comme moi, c'est-à-dire rester ce qu'ils sont, mais au second tour faire des alliances avec le Rassemblement National. Soit ils vont chez Macron. Il n'y a pas d'autre solution. Et en fait, Rachida Dati, elle a choisi de faire ce qu'on fait d'Armanin et les autres. Moi, ce n'est pas ma tasse de thé, mais bon courage, bonne chance.
Et puis de l'autre côté, moi je dis à Éric Ciotti et je dis aux Républicains, d'ailleurs j'en vois beaucoup qui arrivent à Debout la France, qui viennent parce qu'ils me disent, les Républicains, ils ne savent plus où ils habitent. Ils ont des discours très durs contre le gouvernement, mais ils ne votent pas l'émotion de censure. Donc moi, je vous dis très clairement, si Debout la France prospère et se développe, c'est parce que ce sont des Républicains qui viennent me voir et qui me disent, on n'en peut plus de l'entre-deux.
Soit ils vont vers Macron, c'est cohérent, soit ils viennent pour ce que je demande depuis des années, une grande coalition qui va des Républicains qui ne veulent pas de Macron au Rassemblement National, en passant par Debout la France sur l'enquête. C'est la seule solution pour demain.
Mais est-ce que la clarification ne passe pas par vous au RN du coup ? Si je suis votre logique jusqu'au vous ?
Vous confondez premier tour et deuxième tour, il peut y avoir au premier tour différents partis qui se rassemblent au second tour, ce que j'ai toujours fait. Moi, je ne suis pas RN, je ne serai pas RN. Je suis gaulliste, Debout la France. Il peut y avoir plusieurs partis qui se rassemblent, comme il y a plusieurs partis qui se rassemblent derrière Emmanuel Macron. Il faut clarifier. Mais le vrai problème n'est pas là. Ça, c'est la politique. Non, attendez, pardonnez-moi, parce que la politique, elle est très importante.
Non, mais excusez-moi, la politique, je suis désacte. Mais il y a une géographie du Parlement qui est très intéressante et que les Français regardent avec beaucoup d'attention depuis les dernières élections législatives. La gauche demande un vote de confiance à Gabriel Attal à l'issue de son discours de politique générale, probablement mardi. On attend le détail. Vous avez entendu le Premier ministre hier qui a laissé planer le doute, rappelant cette géographie, donc cette majorité qui n'est pas absolue. Est-ce que vous, vous demandez un vote de confiance ? Est-ce que vous voteriez contre ?
Mais il faut un vote de confiance et je voterai contre, bien sûr, puisque rien ne va changer. Je vais vous donner un symbole incroyable. Hier, sur le plateau TF1, Gabriel Attal nous explique qu'il va s'occuper des classes moyennes. 2 milliards. Mais le même jour, on apprend qu'il y a une augmentation de 10% du prix de l'électricité. Il n'a pas confirmé hier. Il a été interrogé à ce sujet. Il n'a pas confirmé, ça va se faire. Et ça a été annoncé par Bruno Le Maire. Non, mais on est en plein délire. Vous savez, les Français ne supportent pas tout ça. Ils ont très bien compris. Nos agriculteurs sont en train de crever.
Les agriculteurs allemands se réveillent à cause d'accords de libre-échange menés par l'Union européenne. La délinquance explose. On a eu les chiffres en janvier. Moi, je regarde les faits. Gabriel Attal hier, les actes, les actes, les actes. Bon, c'était très bien organisé.
Monsieur Dupont-Aignan, les faits, c'est aussi un pays qui a mieux résisté que d'autres à l'inflation. Ben si, pardonnez-moi.
Mais regardez les Français qui crèvent la faim. Mais ce n'est plus possible. Et ce mépris permanent. Rien ne va changer. C'est un coup de pub. C'est un coup de pub qui va se retourner contre Emmanuel Macron parce que ça ne durera pas. Et la réalité, c'est qu'il faut savoir quelle politique on mène. Si on continue à libérer les délinquants avec Dupont-Moretti, on aura encore plus d'insécurité. Si on continue à accepter la loi de l'Union européenne sur les frontières, on aura plus d'immigration. Si on continue à obéir à Bruxelles sur l'électricité, on va augmenter les prix d'électricité.
Vous parlez des frontières, M. Dupont-Aignan. Le Parlement européen vote le pacte asile-immigration. Catastrophe. Les Républicains, alors certains, comme M. Hortefeux, ont voté contre au Parlement européen. Mais les Républicains ont voté pour la loi immigration en France. Vous avez fait quoi, vous ? Moi, j'ai bien sûr voté contre. Je suis totalement contre. Alors pourtant, c'est a priori une loi extrêmement dure. Je me suis abstenu, pardon. Je me suis abstenu. Je me suis abstenu. Non, j'ai voté contre, j'ai voté contre. Mais alors c'est a priori une loi dure. Mais c'est pas une loi dure. Une loi venue des Républicains au Sénat.
Mais on est pareil. Mais enfin, c'est pas une loi dure. Il n'y a pas de frontière. On obéit toujours à la directive européenne qui est interdit d'incarcérer un clandestin. Rien ne va changer. Et on signe le pacte migratoire. Le pacte migratoire. Qui va condamner la France à 20 000 euros par migrant non accepté. Justement, il faut arrêter ces faux semblants. On a... Toujours pareil, il a occupé la galerie sur l'immigration à la fin. Bon, voilà. Ça ne peut pas durer comme ça. Il faut traiter les problèmes. Traiter les problèmes, ça veut dire... Et c'est là où j'ai un désaccord fondamental. Et où Gabriel Attal est franc, d'ailleurs. Il dit l'Europe nous protège. D'accord ?
Moi, je dis l'Europe nous tue. Cette Europe-là. Et ça sera le débat des européennes.
Alors justement, est-ce que, comme le Rassemblement National vous a appelé à une forme de référendum pour ou contre Macron et sa politique aux européennes ? Ou est-ce que vous vous dites, moi j'ai des combats européens, il faut parler d'Europe et uniquement d'Europe ? Il faut les deux. C'est les deux.
De toute façon, Macron...
Ça n'est pas un scrutin national.
Macron défend cette Europe-là. Il veut aller encore plus loin. Il est cohérent. On peut tout dire sur Macron. Sur la question européenne, il est cohérent. Il veut une Europe supranationale, clairement fédéraliste. Il l'a dit, redit. Eh bien, moi je suis, vous le savez bien, depuis tant d'années, pour une Europe des nations gaullistes, de projets, où chaque pays retrouve ses frontières, ses lois, la prédominance de sa loi nationale.
Mais ça c'est, monsieur Dupont-Aignan, est-ce que c'est cohérent dans un monde, que certains disent bipolaire, mais sans doute bien plus que ça, avec une Russie qui s'affirme, qui s'allie à la Chine, avec des Etats-Unis surpuissants, avec un Sud que l'on dit global, qui fait union, et on reviendrait sur notre territoire, notre économie ? Vous n'avez pas compris. Justement, c'est cohérent.
C'est que l'Europe doit s'occuper des grands défis, c'est-à-dire des grands projets, l'intelligence artificielle, la lutte contre le cancer, l'espace, mais ne pas régir la vie quotidienne des nations. L'Union européenne d'aujourd'hui nous coûte une fortune et se mêle de tout. Il faut faire revenir 90% des compétences vers les nations, retrouver nos frontières, gérer notre pays, retrouver notre démocratie, ce qui n'interdit en rien de travailler avec nos partenaires sur des grands projets pour affronter la Chine, les Etats-Unis ou les autres. Ce n'est pas incompatible.
Et la grande confusion qui est mise depuis des années, c'est de faire croire aux Français qu'en confiant tous les pouvoirs à une commission et à des juges non élus, on va être plus fort dans le monde. On n'a jamais été aussi faible. Donc, encore une fois, le débat n'est pas pour ou contre l'Europe. Le débat est de savoir si on veut une Europe fédérale, où on confie les pouvoirs à une commission non élue, ou si on veut retrouver la liberté des nations qui travaillent ensemble.
Ça paraît limpide. Un tout dernier mot, M. Dupont-Aignan, c'est Jordan Bardella qui va conduire la liste de rassemblement national pour les élections européennes. Dans les sondages, il cartonne, Jordan Bardella, à telle enseigne que certains le pensent meilleur candidat RN que Marine Le Pen déjà pour 2027.
Mais ça, ça regarde le Rassemblement national. C'est votre partenaire privilégié. Ça regarde le Rassemblement national. Moi, je développe, debout la France, une gaulliste.
Vous y retournerez déjà, vous le savez.
Nous proposons une liste aux européennes, bien sûr. C'est un scrutin à un tour. Il y a une diversité de candidatures. Les Français auront le choix. Il n'y a pas beaucoup de scrutin proportionnel en France. Alors, laissez-les choisir. Si on veut que les gens votent, il faut qu'ils aient le choix.
Merci beaucoup, Nicolas Dupont-Aignan, d'avoir été notre invité ce matin en direct sur LCI. Merci.
Nicolas Dupont-Aignan