Mobilisation lycéenne dans le Morbihan : "Ce sont des jeunes qui ont besoin d'être compris", estime le SNPDEN
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Défensif 70 %
Questions et réponses
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- 0:28OuverteRéponse partielle
La contestation lycéenne, est-ce qu'elle s'est manifestée dans votre établissement ?
- 1:22OuverteRéponse directe
Vos élèves parlent-ils de ce qui se passe dans ces lycées de l'Orient ou ailleurs en France ?
- 2:00OuverteRéponse directe
Est-ce que les personnels enseignants aussi, de vos collègues au syndicat, au SNPDEN, vous discutez avec eux ?
- 3:23OuverteRéponse directe
Est-ce que les proviseurs que vous représentez au SNPDEN du Morbihan sont en adéquation avec les revendications des lycéennes et des lycéens ?
- 4:58OuverteRéponse directe
Vous avez vous-même été confronté à des difficultés dans votre établissement concernant les remplacements d'enseignants ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:32Invité politiqueFait
« Assez peu, je dois dire. »
- 2:12Invité politiqueFait
« Ils sont assez inquiets, je crois. On les tous, en réalité. »
- 2:15Invité politiqueFait
« ce sont des jeunes qui ont besoin d'être entendus, qui ont besoin d'être écoutés. Et plus encore qu'écouter, qui ont besoin d'être compris. »
- 2:36Invité politiqueFait
« la réponse, elle est au sommet de l'État. »
- 3:32Invité politiqueFait
« je pense que globalement, on les comprend, même si sur certains sujets, le point de vue est un petit peu différent. »
- 4:01Invité politiqueFait
« une angoisse importante des lycéens. Une angoisse liée au fait qu'en première, en terminale, ils ont le sentiment que chaque note, chaque évaluation compte en fait et décide de leur avenir. »
- 5:05Invité politiqueFait
« Tout au long du mois de septembre, c'est quelque chose de tout à fait concret. »
- 5:22Invité politiqueChiffre
« le ministère a trouvé récemment plus de 3000 professeurs. »
- 5:32Invité politiqueFait
« où étaient ces 3000 professeurs quand tout au long du mois de septembre, dans toutes les académies de France, il manquait des enseignants face aux élèves. »
- 6:02Invité politiqueFait
« le manque d'enseignants à la rentrée et parfois même pendant l'année, sur certaines disciplines en particulier, que ce soit en collège ou en lycée, c'est quelque chose auquel on est confronté. »
- 6:15Invité politiqueFait
« Et ça, ce n'est clairement pas acceptable. »
Temps de parole
- Jean Marie70 %
- Présentateur28 %
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On parle du mouvement des lycéens ce matin avec notre invité. Oui, avant la nouvelle journée nationale de mobilisation. Demain, bonjour Jean-Marie Huet.
Bonjour.
Merci d'être en ligne avec nous. Vous êtes proviseur du lycée Julien Crozet à Port-Louis dans le pays de l'Orient et membre du bureau départemental du SNPDEN du Morbihan, le syndicat des personnels de direction de l'éducation nationale. Et c'est à ce titre que vous nous parlez, même si vous dirigez un lycée professionnel d'environ 150 élèves. La contestation lycéenne, est-ce qu'elle s'est manifestée dans votre établissement
?
Assez peu, je dois dire. On a chez nous des jeunes qui préparent un métier, qui de fait ont des priorités qui peuvent être différentes. Ceci dit, ils sont très très sensibles à ce que vivent leurs collègues, notamment en Ile-de-France. Et on a de nombreux échanges avec eux
parce
qu'ils ont une opinion. Ils ont une opinion sur tout ce qui se passe en ce moment. Et ça leur arrive aussi d'échanger avec leurs camarades de l'Orient ce qui fait qu'on ne
peut
pas dire qu'il ne se passe rien non plus.
Oui,
parce qu'il se passe beaucoup de choses dans le Morbihan, et notamment à l'Orient, vous l'avez cité. Il y
a
eu des tensions, notamment jeudi dernier, dans le département. Je pense notamment au lycée du Puy-de-Lôme, où le proviseur a été obligé de faire face à 300 élèves qui sont entrés dans l'établissement. Ce n'est pas le cas chez vous, mais vos élèves, dites-vous, parlent de ce qui se passe dans ces lycées de l'Orient ou ailleurs en France ?
Oui,
bien sûr. Nous, on travaille avec une génération qui est très informée, avec des jeunes qui viennent de tout le département, parfois même d'un petit peu plus loin. Ils ont d'anciens camarades de classe de collège dans tous les lycées du secteur. Donc, ils sont informés. Et en plus, ils cherchent à réfléchir vraiment aussi à leurs propres besoins, aux besoins de leur génération. Donc, ils ne sont clairement pas imperméables à tout ça.
Monsieur Hubert, éloignez-vous un tout petit peu du micro de votre téléphone pour que la liaison soit un tout petit peu meilleure.
Il
y a un peu de parasites, mais rien de grave. Est-ce que les personnels enseignants aussi, de vos collègues au syndicat, au SNPDEN, vous discutez avec eux, j'imagine ? Dans quel état d'esprit sont-ils
? Ils
sont assez inquiets, je crois. On les tous, en réalité. Parce qu'on sent bien que ce sont des jeunes qui ont besoin d'être entendus, qui ont besoin d'être écoutés. Et plus encore qu'écouter, qui ont besoin d'être compris. Nos enseignants sont un petit peu démunis également parce qu'on voit bien que les moyens de dépasser cette crise et ce mouvement lycéen qui est quand même parfois un petit peu violent, il faut bien le dire, ces moyens ne sont pas entre nos mains.
Ils
ne sont pas entre les mains des enseignants, entre les mains des établissements, pas même parfois entre les mains des rectorats. En réalité, la réponse, elle est au sommet de l'État. Et de fait, les professeurs, ils participent au temps d'échanges. On attache beaucoup d'importance à avoir des échanges avec nos élèves. Là encore, à comprendre quelles sont leurs difficultés. Et au-delà de nos établissements, ce qui est très important pour nous, c'est d'essayer de dépasser la difficulté actuelle dans laquelle on est, ce qui est la sécurisation de nos établissements, la mise en sécurité de nos élèves. de dépasser ça pour essayer de comprendre en fait ce qui motive vraiment ce mouvement. Et ce n
'est
pas forcément évident parce qu'on est complètement dans le quotidien. Nos enseignants, ils continuent à faire cours. Et c'est un travail à temps plein. C'est le cas de le dire. Mais au-delà de ce quotidien, il faut essayer de comprendre tout ça.
Est
-ce que les proviseurs que vous représentez au SNPDEN du Morbihan sont en adéquation avec les revendications des lycéennes et des lycéens
? Je
pense que globalement, on les comprend, même si sur certains sujets, le point de vue est un petit peu différent. Je pense au sujet Parcoursup, par exemple. Le ministre a lancé une concertation sur Internet. On sait que les premiers résultats sont tombés. C'est difficile de savoir si ces résultats sont représentatifs de l'état d'esprit de tous les jeunes mobilisés en France. Parcoursup n'est pas la première préoccupation dans les réponses à ce questionnaire. Mais sur ce point-là particulièrement, nous,
ce
qu'on constate, c'est qu'il y
a
une angoisse importante. Et ça, elle est indéniable, une angoisse importante des lycéens. Une angoisse liée au fait qu'en première, en terminale, ils ont le sentiment que chaque note, chaque évaluation compte en fait et décide de leur avenir. C'est le mois de juin aussi qui est une période de grand, grand stress. Mais en réalité, nous qui sommes à la manœuvre aussi, techniquement et pédagogiquement sur ces opérations-là, on sait que Parcoursup, c'est une boîte aux lettres beaucoup plus transparente qu'on veut bien le dire.
D
'ailleurs, je ne
suis
pas sûr que c'était mieux avant. D'ailleurs, l'orientation post-baccalauréat, on verra aussi parmi ceux qui souhaitent que Parcoursup s'arrête ce qui est proposé pour le remplacer. Donc sur ce genre de thématiques, on comprend leur angoisse. Mais au cœur du réacteur, on voit bien que les choses sont un petit peu différentes de ce que les jeunes imaginent. Pour autant, c'est une génération effectivement qui vit un grand, grand stress. Et ça, on le constate au quotidien. Ce sont nos élèves. On les côtoie, on échange avec eux et on les comprend. Je crois qu
'en
ce qui concerne aussi leurs revendications concernant les remplacements d'enseignants, vous avez vous-même été confronté à des difficultés dans votre établissement.
Oui, tout à fait. Tout au long du mois de septembre, c'est quelque chose de tout à fait concret. à Port-Louis, on était en attente du remplacement d'un professeur de mathématiques et sciences et puis de l'affectation pour quelques heures d'un ou d'une professeure d'économie et gestion. Alors c'est vrai que là, on entend que le ministère a trouvé récemment plus de 3000 professeurs. Moi, j'en suis ravi.
Pourvu que ces moyens-là aillent vers l'établissement qui en ont le plus besoin et pourvu que ce ne soit pas une promesse en l'air, je vous avoue que c'était pour nous une promesse très surprenante parce que, pour le coup, où étaient ces 3000 professeurs quand tout au long du mois de septembre, dans toutes les académies de France, il manquait des enseignants face aux élèves. Bon, je ne veux pas non plus générer une forme de complotisme par rapport à ça. Ce n
'est
vraiment pas mon but. En tout cas, c'est vrai que le manque d'enseignants
à
la rentrée et parfois même pendant l'année, sur certaines disciplines en particulier, que ce soit en collège ou en lycée, c'est quelque chose auquel on est confronté. Et certains lycées, effectivement, souffrent davantage que d'autres. On a des témoignages assez courants d'élèves qui, pendant plusieurs mois, n'ont pas de professeur dans une matière qui est à l'examen en fin d'année. Là encore, que ce soit en troisième au collège ou que ce soit en première, en terminale au lycée.
Et ça, ce n'est clairement pas
acceptable. Et les jeunes ont tout à fait raison de mettre le doigt sur ce problème.
Puisque vous vivez, vous aussi, cette réalité. Merci beaucoup d'avoir témoigné avec nous ce matin, Jean-Marie Huet, proviseur du lycée Julien Crozet à Port-Louis, dans le pays de Lorient, et surtout, membre du bureau départemental du SNPDEN du Morbihan, le syndicat des personnels de direction de l'éducation nationale. Merci à vous.
Il
est 7h52. Bon réveil. A l'écoute d'ici Braille-Dizel. Earth with on fire ! Avant de retrouver...