Législatives, projets économiques, craintes en cas de victoire du RN ... Le "8h30 franceinfo" de Bruno Le Maire
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Bonjour Bruno Le Maire, bonjour Jérôme Chappuie, avec nous jusqu'à 9h30 à mes côtés pour vous interroger jusqu'à 9h. Benjamin Sportouche et Renaud Delis va nous rejoindre après 9h. Et vous auditeurs et téléspectateurs de France Info, vous pourrez poser vos questions au ministre de l'économie dans une demi-heure. Je vous redonne le numéro, c'est le 0809 40 41 49. Vous pouvez le faire aussi sur franceinfo.fr. Bruno Le Maire, Emmanuel Macron a publié hier une lettre adressée aux Français. « La manière de gouverner doit changer profondément », dit le Président. Ce n'est pas un peu tard pour faire ce constat ?
Non, ce n'est jamais trop tard. Je pense qu'il fait bien d'écrire aux Français que c'est justifié à une semaine maintenant d'une élection législative dont je redis qu'elle est l'élection qui aura sans doute les conséquences les plus graves sur l'histoire de la République, sur notre histoire depuis la création de la Ve République en 1958. Donc c'est le rôle du Président de la République de prendre la parole comme il l'a fait ce matin.
Il dit aussi Bruno Le Maire que ce n'est pas un vote de confiance envers le Président de la République. C'est ce qu'il écrit, le Président de la République. Mais ce n'est pas en train de le devenir un peu tant il provoque lui-même de la colère, du rejet, le Président de la République ? Ce n'est pas ce que vous constatez, vous, quand vous allez sur le terrain encore ce week-end ?
Je ne crois pas que ce soit le sujet des élections législatives, c'est le choix des députés, d'une majorité, et avec cette majorité, un Premier ministre pour mener les affaires gouvernementales de la nation. Et on voit bien, les projets sont tellement clivés aujourd'hui, notamment sur le plan économique, qu'il vaut mieux consacrer plus de temps aux projets et moins de temps aux commentaires sur les personnes. Parce qu'on verra que la vie des Français, en fonction du choix qu'ils feront le 7 juillet, va profondément changer. Ce n'est pas rien, si vous prenez les deux projets des extrêmes, extrême gauche et extrême droite, de revenir à une politique de la demande du point de vue économique.
C'est-à-dire, on subventionne, on donne de l'argent public, on baisse les taux de TVA pour 17 milliards d'euros qui iront dans la poche des distributeurs et des industriels, et pas dans la poche des consommateurs. Et donc, on affaiblit tout ce qui a été gagné en termes de production, d'ouverture d'usines, d'attractivité du pays depuis 7 ans. Et puis faire de l'autre côté le choix d'une politique de l'offre, c'est-à-dire refaire de la France une grande nation de production. Le 7 juillet, ce sera joué, ce sera tranché. Ce n'est pas la même chose d'avoir une politique économique de l'offre ou une politique économique de la demande, c'est des Français qui vont trancher le 7 juillet.
On va avoir le temps de parler de cette politique économique, mais quand même sur le terrain des valeurs, le Président dit qu'il s'agit de choisir une majorité pour protéger les valeurs de la République, les valeurs de la République. En quoi est-ce que vous êtes mieux à même de protéger les valeurs de la République que les autres blocs ?
Je vois les discours qui ont été tenus par certains membres du Front populaire, les discours antisémites. Et condamnés par les autres, souvent. Oui, condamnés, mais enfin s'ils le condamnent, pourquoi est-ce qu'ils s'allient avec eux ?
Le Front populaire est globalement antisémite, c'est ce que vous dites ?
Pourquoi est-ce que François Hollande, qui condamne les discours antisémites tenus par certains membres de la France insoumise, s'allie avec la France insoumise ? S'allier, c'est être complice. Ils sont complices, tous ceux qui s'allient parmi les sociodémocrates, pour lesquels j'ai beaucoup de respect d'ailleurs. Moi j'aurais aimé que les sociodémocrates ait le courage de se lever, de dire qu'on ne peut pas être complice de ces discours. Mais c'est ce qu'il a fait par exemple ce matin, encore Jérôme Guedj, le socialiste qui disait à Jean-Luc Mélenchon, de Jean-Luc Mélenchon, qu'il se taise. Oui mais justement, Jérôme Guedj, il me semble, a fait un choix différent.
Et je pense qu'il y aurait eu un certain honneur, un certain panache, panache c'est très français, à dire désolé. Le panache c'est précisément ce dont se réclame Jean-Luc Mélenchon. Eh bien le panache de l'antisémitisme, je ne le connais pas. Le panache des discours ambigus vis-à-vis de nos compatriotes de confession juive, je ne le reconnais pas. En revanche, je pense qu'il y aurait eu du panache, il est toujours temps de le faire d'ailleurs, pour un certain nombre de sociodémocrates, de dire désolé, on ne s'allie pas avec ces discours qui sont des discours de violence, de haine et de légitimation insidieuse, mais réelle, de l'antisémitisme.
Mais à force de taper sur la gauche comme vous le faites là, et dénoncer son antisémitisme global, visiblement, sur le nouveau Front populaire, est-ce que vous n'êtes pas en train de faire le jeu du Rassemblement National ?
Pour moi, il n'y a pas d'antisémitisme bon qui serait de gauche, il n'y a pas d'antisémitisme bon qui serait de droite. Les deux sont des crimes. Et qu'on soit obligé de le rappeler montre à quel point, effectivement, les valeurs ont disparu. Et de ce point de vue-là, je rejoins ce qu'a été dit par le Président de la République. Voir que des gaullistes comme Éric Ciotti, qui n'a pas emmené Grand Monde, il s'est retourné, il n'a pas vu Grand Monde derrière lui, mais puissent s'allier avec le Rassemblement National. C'est une confusion totale des valeurs. C'est un oubli de notre histoire.
Enfin, un gaulliste ne peut pas travailler main dans la main avec le Rassemblement National, héritier du Front National, héritier de l'extrême droite. Ou alors, il n'y a plus de mémoire, il n'y a plus de valeur, il n'y a plus d'histoire, et donc il n'y a plus de France. Parce que la France, c'est des valeurs, une histoire et une mémoire.
Si on vous pose la question, Bruno Le Maire, c'est parce qu'on se demande si vous mettez un signe égal aujourd'hui entre la France Insoumise, le Nouveau Front Populaire et le Rassemblement National. C'est important parce que dans la plupart des sondages, enfin dans tous les sondages, vous êtes loin derrière, en troisième position, c'est-à-dire dans une position qui ne vous permet pas de vous qualifier au deuxième tour.
D'abord, je me méfie de ces mots-signes égales, parce que derrière ces mouvements, il y a une histoire, il y a une mémoire qui peut être différente, il y a des figures historiques qui sont extrêmement différentes. La seule chose que je sais, c'est que l'extrême-gauche comme l'extrême-droite sont aussi nocives pour le pays du point de vue économique comme du point de vue des valeurs. Qu'est-ce qu'il faudra ensuite ? Voter le 30, je prendrai position très clairement. Mais vous me permettrez... Pourquoi ne pas le faire maintenant ? Pour une raison très simple, c'est que nous avons des parlementaires qui sont sur le terrain.
Je suis allé en soutenir un certain nombre, j'irai encore cette semaine, je serai ce soir à Paris pour soutenir Stanislas Guérini. Ils se battent, c'est dur, ils ont le vent de face, et voir leur chef qui tout d'un coup dit, « Ah ben moi, vous ne savez pas quoi, au deuxième tour, je vais voter ceci ou je vais voter cela », c'est défaitiste. Mais ce n'est pas une clarification.
Mon esprit est au combat, pas la défaut. Ce n'est pas une clarification. Est-ce qu'il ne faut pas le faire dès maintenant ? Mais les clarifications sont bonnes. Comme Raphaël Guxman l'a fait, il a dit qu'il faudra se retirer si jamais il y a un duel, une triangulaire, et qu'il y a un risque que le Rassemblement national l'emporte. Est-ce que vous ne devriez pas le faire dès maintenant ? Vous ne croyez plus au Front républicain ?
Non, je pense que c'est une erreur de le faire maintenant. Je pense qu'il faut le faire une fois que les Français se sont prononcés, et une fois que vous avez l'état des lieux tel que les Français l'ont souverainement décidé.
Et vous pourriez vous abstenir, vous, en conscience, entre un Rassemblement national et un nouveau...
Je vous donnerai une position extrêmement claire le 30 juin au soir, ou le 1er juillet au matin, ça peut attendre 24 heures, je ne pense pas que ce soit aussi pressé que cela. Ce que je peux vous dire, c'est que se prononcer maintenant, ce serait preuve d'un esprit de défaite, qui de toute ma vie politique n'a jamais...
Et Bardella, vous dites Bardella ou Mélenchon à Matignon, c'est la même chose en fait ? C'est ce que vous nous dites ce matin ?
Non, je ne dis pas ça, parce que les programmes ne sont pas rigoureusement identiques. Je dis simplement que l'un comme l'autre emmèneront le pays droit dans le mur, et en klaxonnant.
Et vous dites, pas d'esprit de défaite, mais il reste 5 jours de campagne avant la période de réserve, rattraper 10 à 15 points de retard en 5 jours, vous croyez vraiment que c'est possible ?
C'est difficile, je peux vous dire le contraire, c'est très dur, et je vous le dis, je suis auprès de nos députés, dans les circonscriptions, je vois bien ce qu'ils se prennent dans la figure. Il y a des problèmes très concrets qui se posent à nos compatriotes. J'ai envie de m'adresser à tous ces électeurs qui se rendent vers les extrêmes, m'adresser aux électeurs du Rassemblement National. Est-ce que vous croyez vraiment que les propositions du Rassemblement National vont améliorer votre pouvoir d'achat ? Est-ce que vous croyez vraiment que la baisse des taux de TVA, ça va aller dans votre poche ?
Est-ce que lorsqu'on a baissé les taux de TVA sur la restauration, le prix du milieu du jour a baissé ? Le prix de votre steak-frit a baissé ? Non, on ne sait pas aller dans la poche des consommateurs. Ce sera exactement la même chose, sauf qu'on aura une ardoise publique, d'argent public, de 17 milliards d'euros supplémentaires. Est-ce que vous avez vu des propositions convaincantes sur l'immigration ? Est-ce que vous croyez vraiment qu'avec le Rassemblement National, les obligations de quitter le territoire français seront exécutées plus rapidement ?
Vous pouvez se demander si elles ne seront pas moins, parce que pour les exécuter, il faut un laissé-passer consulaire, et je pense que les pays du Maghreb vont délivrer moins facilement des laissés-passer consulaires. Est-ce que vous avez vu des propositions en termes de sécurité qui soient réellement convaincantes ? Moi, j'entends tout ce que me disent nos compatriotes, certains qui votent RN, certains qui votent d'autres choses, quand ils nous disent l'insécurité, c'est insupportable, l'incivilité au quotidien, dans les transports publics, dans la rue, c'est insupportable. Ils ont raison. Il faut de l'ordre, de l'ordre, de l'ordre.
Mais je n'ai pas du tout le sentiment que le Rassemblement National apporte de l'ordre. Je pense qu'il apportera beaucoup de désordre à notre pays.
Avec le ministre de l'Économie
et des Finances, Bruno Le Maire. Bruno Le Maire, la France inquiète son principal voisin, l'Allemagne, le chancelier allemand Olaf Scholz, que vous connaissez très bien, se dit, je cite, préoccupé par une éventuelle victoire du RN. Est-ce que le couple franco-allemand serait, selon vous, en danger ?
Risque le divorce si Jordan Bardella est à Matignon ? De grosses turbulences, certainement, et je comprends parfaitement la préoccupation qui peut être exprimée par nos partenaires européens parce que les positions qui ont été prises par le RN sont antagonistes avec l'intérêt européen. Quand vous dites que vous voulez sortir du commandement militaire de l'OTAN, ils sont, je crois disant, revenus dessus. Mais cette mascarade perpétuelle du RN ne trompe personne. C'est inquiétant pour notre sécurité d'avoir un partenaire dont on se dit, tiens, un jour, il peut foutre le camp et dire, je sors du commandement militaire intégré de l'OTAN. Un moment où la Russie vous menace.
Avoir un partenaire qui vous dit, je vais sortir du marché européen de l'électricité. Alors là aussi, énième remisement du RN, on apprend ce matin que peut-être ils ne sortiraient plus du marché européen de l'électricité. Ça tourne à la farce leur programme, à la mascarade. Lorsqu'on voit ce qui est décidé du point de vue économique, on avait réussi à lancer avec l'Allemagne des grandes filières industrielles nouvelles pour les batteries électriques, pour les véhicules électriques. Donc je comprends que notre premier partenaire disait, attendez, on avait dit qu'on investissait ensemble dans ces nouvelles filières qui sont liées à la transition énergétique et tout d'un coup vous y renoncez.
De ce point de vue-là, je voudrais m'adresser à tous les ouvriers qui pourraient voter pour le rassemblement national. Dans ma circonscription, j'ai vu à quel point à chaque fois qu'une usine ferme, vous avez une permanence du rassemblement national qui ouvre. Je veux m'adresser aux ouvriers en leur disant les investisseurs qui voulaient venir investir en France, ouvrir des gigafactories pour les batteries électriques ou pour les éoliennes ou pour le stockage des données. Vous croyez vraiment qu'ils viendront ? C'est des milliers d'emplois qui sont menacés. Ils n'ont plus confiance en vous non plus.
Mais ces ouvriers voient que nous avons augmenté leur pouvoir d'achat, que nous avons ouvert des usines, qu'ils regardent le programme du nouveau Front populaire, qu'ils voient que le nouveau Front populaire s'apprête à supprimer les exonérations de charges et d'impôts sur les heures supplémentaires. Là, on parlait de défiscalisation des heures supplémentaires. On parlait du rassemblement national
parce que dans le programme
du rassemblement national... L'un comme l'autre, Jérôme Chapuis, je veux le faire comprendre à tous ceux qui ont des revenus modestes et en particulier aux ouvriers, aux techniciens de maintenance, à ceux qui travaillent dans les usines. Les uns vont vous spolier parce qu'ils vont supprimer la défiscalisation des heures supplémentaires et les autres vont détruire la relance de la production industrielle que nous avions engagée, l'ouverture des usines et l'investissement des investisseurs étrangers, notamment avec la suppression du prélèvement forfaitaire unique. Ça a l'air de rien ou ça a l'air très technique.
C'est ce qui fait qu'aujourd'hui, des investisseurs viennent en France ouvrent des usines et recréent une culture ouvrière et industrielle dans notre pays. Les deux projets, vous le voyez, sont mauvais pour l'industrie, mauvais pour les ouvriers
et mauvais pour les catégories populaires. Un point précis dans le programme du rassemblement national, la baisse de la TVA sur les carburants, le gaz et l'électricité. Jordan Bardella redit hier dans le journal du dimanche qu'il baissera la contribution française à l'Union européenne pour financer cette mesure. Est-ce que c'est techniquement possible ?
C'est très compliqué mais surtout, vous aurez moins de politique agricole commune afin que les agriculteurs entendent ça. Vous pensez vraiment que vous pouvez arriver à la table du Conseil européen et dire, écoutez, on va baisser notre contribution puis tous les autres vont dire, formidable, on applaudit des quatre mains puis on va garder une politique agricole commune au même niveau pour les agriculteurs français. Sauf que, encore une fois, c'est possible
au mois de juillet
si Jordan Bardella est à Matignon qui l'aille à Bruxelles et qui l'aille. Tout est possible. Vous savez, la grande déconnade est toujours possible. Et je vois bien à quel point elle peut être attractive aujourd'hui. Mais ensuite, que personne ne vienne pleurer parce qu'on n'aurait pas averti les ouvriers que leur pouvoir d'achat va baisser, les ouvriers que les industries vont se réduire et que les investissements vont baisser et les agriculteurs que tout d'un coup, les 26 autres États européens seront bien contents de remettre en cause la politique agricole commune et le financement de l'agriculture française en disant, écoutez, vous ne payez plus, on ne vous donne plus d'argent.
Pardon, mais c'est Emmanuel Macron qui rend ce moment possible. Il y a même des Anglais, des Britanniques qui disent, en fait, on vit un peu parce qu'Emmanuel Macron a décidé de sa dissolution. Un moment Brexit, un petit peu comme un moment...
Puisqu'on est dans l'agriculture, on ne va pas pleurer sur les lers renversés. Aujourd'hui, il y a une décision. Elle a été prise. C'est la décision d'un seul homme. Il faut faire face. Mais je voudrais vraiment, je le dis par amour de la France et des Français. Par amour de tous ceux que nous avons essayé de soutenir depuis des années. ne vous laissez pas tromper par les programmes qui vous sont présentés par l'extrême-gauche et par l'extrême-droite. Mesurez les conséquences. Vos colères, je les entends.
Mais dire qu'on va baisser la contribution de la France à l'Union européenne sans dire ensuite aux agriculteurs que la contribution de la politique agricole commune à la France diminuera et que l'argent européen qui arrive dans les fermes françaises sera moins important, c'est tout simplement du mensonge. Dire aux ouvriers français voter le nouveau Front populaire, le drapeau rouge, le romantisme de la redistribution, c'est formidable, sans leur dire qu'on supprime la défiscalisation des heures supplémentaires et donc on va retirer à chaque ouvrier en moyenne 200 euros, 200 euros par mois,
c'est du mensonge. Bruno Le Maire, puisqu'on parle d'Europe, la Commission européenne a ouvert la voie la semaine dernière sous votre ministère à une procédure pour déficit public excessif contre la France. Si vous voulez entrer dans les clous européens, ça veut dire des économies supplémentaires d'ici 2027. Vous le savez très bien, vous en avez déjà fait cette année, vous devez en faire encore l'année prochaine. On parle de 60 milliards d'économies. Vous les trouverez où, Bruno Le Maire,
dans la politique française ? On veut être tout à fait complet, a aussi sorti la France de la procédure pour déséquilibre macroéconomique. Ce qui veut dire que l'économie française se porte bien. Elle a maintenu l'Allemagne dans cette procédure pour déséquilibre macroéconomique parce que l'Allemagne est en récession. insatisfait. Si, c'est insatisfait. de sortir la France de la procédure pour déséquilibre macroéconomique, ça veut dire votre économie se porte bien, elle est en croissance, elle crée des emplois, elle ouvre des usines et elle est la plus attractive en Europe. C'est déjà quelque chose. Après, du point de vue des déficits publics, vous avez raison.
Oui, on a beaucoup protégé et les gens ont la mémoire courte. Pour la crise du Covid, tout le monde me disait mais, M. Le Maire, dépensez plus. j'ai dépensé ce qui était nécessaire pour sauver les entreprises et les salariés. Mais vous allez devoir
demander des efforts supplémentaires aux Français.
C'est ça que vous dites ? Je dis, les gens ont la mémoire courte. Tous ceux qui, aujourd'hui, reprochent au gouvernement d'avoir trop dépensé devraient mesurer qu'au contraire, nous avons sauvé les usines, sauvé les entreprises, sauvé les emplois, sauvé les filles, sauvé les restaurants et...
Donc, on comprend qu'il y aura des économies supplémentaires. Juste une question très précise. Édouard Philippe, Édouard Philippe, Édouard Philippe n'exclue pas. Je n'ai pas tout à fait répondu à votre question. Juste, on pose une question très précise.
J'explique simplement pourquoi est-ce qu'aujourd'hui nous avons un niveau de dette qui est élevé ? C'est parce que nous avons bien protégé que c'était nécessaire. Est-ce que maintenant, il faut rétablir les comptes publics, faire des économies importantes pour se recréer des marges de manœuvre ? Ma réponse est oui. Est-ce que nous avons commencé à le faire ? Oui. En engageant 10 milliards d'euros d'économies depuis le début de l'année 2024 et en sortant de bouclier tarifaire sur l'électricité ? Et c'est 60 milliards d'ici 2027 ? C'est ça globalement ? Là aussi, c'est d'ici le budget 2025 de l'ordre de 20 milliards d'euros d'économies.
Je l'ai toujours dit. Et sur les retraites, dites-nous, Édouard Philippe... Mais simplement, là aussi,
je reviens au moment historique où nous sommes et les Français vont avoir un choix décidif. Et bien justement, sur les retraites, c'est encore un sujet qui s'impose. Est-ce qu'à partir de 8 juillet, ils veulent qu'on rétablisse les comptes publics pour retrouver des marges de manœuvre pour les protéger si demain, il y a une autre crise ? Où est-ce qu'ils veulent qu'on dépense ?
Il va y avoir des économies à faire. Édouard Philippe, l'ancien Premier ministre, n'exclut pas de devoir repousser à nouveau l'âge de départ à la retraite. Et vous ? Est-ce que vous dites que c'est une option possible ?
Non, ce n'est pas du tout une option possible maintenant. Je le dis très sincèrement. Non, ce n'est pas une option. Ni d'ici la fin du quinquennat. Non, parce que les choses sont beaucoup plus simples que ça. Nous avons beaucoup dépensé pour bien protéger. Maintenant, il faut économiser pour recréer des marges de manœuvre si demain, il devait y avoir une nouvelle crise économique ou une nouvelle pandémie. Donc vous n'êtes pas d'accord avec lui là-dessus ? C'est une décision responsable, nécessaire. Les deux projets des extrêmes, c'est leur point commun. Ce sont deux projets gauchistes. Deux projets gauchistes d'inspiration marxiste.
Ceux du Rassemblement National comme ceux du Nouveau Front Populaire. Qu'est-ce qu'ils cherchent à faire ? Toujours plus de dépenses. Une relance de l'activité par la demande, par le soutien artificiel au pouvoir d'achat qui va augmenter la dette, faire exploser les taux d'intérêt et quand vous irez acheter votre logement chez votre banquier, vous aurez un taux d'intérêt plus élevé. Et si vous êtes une PME, une TPE, un artisan, un commerçant et que vous avez besoin d'emprunter de l'argent chez votre banquier, ce sera aussi plus cher. Ces deux voies sont des impasses. La seule voie responsable du point de vue économique, c'est celle que nous proposons.
Le 8.30 France Info, Benjamin Sportouche
et Jérôme Chapuis. Et toujours avec Bruno Le Maire qui est avec nous jusqu'à 9h30. On évoquait tout à l'heure les efforts qu'il allait falloir faire selon vous pour rétablir les comptes publics. Qui sera mis à contribution ? Une question qui a été posée évidemment par le nouveau Front Populaire qui veut notamment faire payer les plus riches au-delà de 4000 euros pour Sylvain Maillard, député sortant de Paris de votre majorité. Ce n'est pas être riche pour un Parisien, il est député de Paris, que de gagner 4000 euros net par mois. Il met notamment en regard les loyers qui sont souvent très élevés dans la capitale. Est-ce que ce n'est pas signe d'une déconnexion dans votre camp ?
Non, je ne pense pas. De toute façon,
il suffit de lire, prendre 30 secondes pour lire le projet du nouveau Front Populaire pour voir que c'est de la spoliation. Il y a très exactement 150 milliards d'euros d'impôts supplémentaires qui sont proposés par le nouveau Front Populaire. François Hollande a trouvé son maître, c'est Jean-Luc Mélenchon. C'est bien pour ça qu'il se met sous son autorité. Son maître en matière d'imposition, lui, avait fait 60 milliards d'euros d'augmentation d'impôts. 150 milliards proposés. Nous, je le rappelle, depuis 2017, nous avons engagé 60 milliards d'euros. On a l'impression depuis tout à l'heure
que votre véritable adversaire, c'est le nouveau Front Populaire plutôt que le Rassemblement National.
Je veux juste que chacun comprenne bien les sujets et comprenne bien ce qui est proposé. Tout le monde sera spolié par ce Front Populaire. Ça va être les retraités. Si vous avez une retraite à 1 500 euros par mois, avec l'augmentation du taux de CSG qui est prévu, c'est 160 euros en moins chaque année que tous les petits retraités prennent conscience de cela. La défiscalisation des heures supplémentaires, je n'ai parlé tout à l'heure, c'est 200 euros par an en moins pour le 2 tiers des ouvriers qui font des heures supplémentaires. Les classes moyennes vont être touchées avec la suppression du quotient familial.
Les PME, les TPE vont être touchées avec l'augmentation de l'impôt sur les sociétés. Donc tout le monde sera spolié par ce projet qui, dans le fond, est un projet d'inspiration marxiste, très 19e-miste et qui ne correspond absolument pas aux attentes du temps.
Bruno Le Maire, dans le Code général de la fonction publique, il y a une obligation, vous le savez, d'obéissance hiérarchique, vous avez été aux fonctionnaires. Je ne suis plus. Exactement, vous avez démissionné. Mais est-ce que les fonctionnaires qui travaillent aujourd'hui avec vous à Bercy, très concrètement, est-ce que vous compreneriez qu'ils refusent de servir un gouvernement rassemblement national demain qui serait au pouvoir ou le sens de l'État doit primer en toutes circonstances ?
Chacun est libre de son choix, je laisse les fonctionnaires décider. J'ai fait un choix différent, j'ai démissionné de la haute fonction publique parce que je considère que lorsqu'on est un responsable politique et qu'on est élu, on doit renoncer à la neutralité et à la protection de la haute fonction publique. Et dans le fond, ça touche un point absolument fondamental qui est l'organisation des pouvoirs, la gouvernance et les institutions françaises qui doivent être refondées pour répondre à l'exigence de rapidité, d'exemplarité, d'efficacité que demandent
de compatrières. La question était précise, Bruno Le Maire, on vous la pose parce qu'il y a eu une pétition par exemple qui a été lancée il y a une dizaine de jours par des fonctionnaires et des chefs d'établissement scolaires qui assurent qu'ils n'appliqueront pas la politique du Rassemblement National si celui-ci avait la majorité. Sur le principe, qu'est-ce que vous en pensez ?
Je crois à la liberté de conscience. Je pense que chaque fonctionnaire, chaque citoyen a sa liberté de conscience. Donc je laisse chacun sa liberté. Et chacun en tirera les conséquences. Chacun a sa liberté de conscience. Si aujourd'hui vous occupez un poste de direction élevé dans l'État, vous êtes directeur général au ministère des Finances ou au ministère des Affaires étrangères ou au ministère de l'Intérieur et vous estimez que ce qui est proposé par le Rassemblement National ou par le Fonds de Gauche ne correspond pas à vos convictions, vous avez toujours une possibilité, c'est de vous retirer et de vous démissionner.
On vous pose la question aussi parce que, vous l'avez dit, on est dans un moment que tout le monde, là c'est un point commun entre tous les invités qui défilent dans ce studio qualifiés d'historiques. Et à ce propos, d'ailleurs, le grand historien Michel Vinoc dit ceci, cette semaine dans l'Express, l'une des éventualités d'un accès au pouvoir du RN pourrait s'appeler guerre civile. Est-ce que vous arrivez vous aussi de craindre pour la paix civile pour les prochaines semaines,
les prochains mois ? Je crains pour l'ordre, oui. Je crains pour les relations entre les citoyens, je crains pour la sérénité, je crains pour la paix civile. la paix de la société française. Tout simplement parce que le RN a beau montrer aujourd'hui un visage avenant, dès que vous rentrez dans la air boutique, c'est beaucoup moins reluisant. Tout simplement parce que le grand renouement du RN va conduire à un grand renoncement et à une immense déception. Et cette immense déception, elle laisse présager des colères très profondes.
des violences, vous reprendriez ce mot de vinocq, de guerre civile. Oui,
les violences sont possibles, désordre est possible. Je ne vois pas du tout le rassent national comme un facteur de stabilité et de paix dans notre pays. Je le vois comme un facteur de désordre, de violence, de rejet des uns et des autres. Et surtout, j'insiste là-dessus, à force d'avoir tout retiré de leurs projets, sur le nucléaire, sur l'OTAN, sur l'abattage rituel sans étourdissement, sur lequel ils sont revenus, sur le marché européen sur l'électricité, sur lequel ils sont en train de revenir, sur la question du nucléaire qui était soi-disant dangereux hier et qu'aujourd'hui devient fréquentable.
Tout cela prépare... Ils disent aujourd'hui que le camp du désordre et du chaos, c'est vous. Voilà ce que dit à la fois le Nouveau Consulat et le Rassemblement National.
Je suis là pour faire comprendre à chacun que l'arrivée du Rassemblement National au pouvoir, contre lequel je me bats tous les jours, depuis maintenant des années et de plus en plus depuis que cette possibilité existe, donc depuis plusieurs jours, n'amènera qu'une gigantesque déception. Et que c'est cette déception qui présage de grandes colères de la part du peuple français. On me dit mais on n'a jamais essayé la Rassemblement National. C'est ce que me disent beaucoup de gens sur le terrain mais ce n'est pas vrai. On a déjà essayé ces solutions. On a essayé dans d'autres pays européens et on a vu ce que ça a donné. Rien. Ça a duré un an ou deux.
Les gens ont été déçus et sont revenus à autre chose. Regardez ce qui s'est passé dans les états du nord de l'Europe. une grande déception et ensuite le retour à la normale. Quelle perte de temps. Bruno Le Maire. Quelle perte d'énergie pour notre pays. Notre pays doit retrouver cette confiance en lui qui lui permet d'éviter de passer par la case des extrêmes et de reprendre ses esprits.
Bruno Le Maire, vous restez avec nous. Vous êtes avec nous jusqu'à 9h30. Mais dans un instant, ce sont les auditeurs et les téléspectateurs de France Info qui vont pouvoir vous interroger. Je vous rappelle le numéro 0809 40 41 42. C'est Renaud Delis qui va nous rejoindre dans ce studio pour vous interroger, pour participer à cet entretien. Jusqu'à 9h30, le temps de laisser passer le journal. A tout de suite.
France Info, législative 2024. On vous répond.
Et on vous répond sur France Info. Nous avons cinq jours dans cette dernière ligne droite. Vous aurez l'occasion d'entendre pendant une heure les représentants des trois principaux blocs, le Rassemblement National, le nouveau Front Populaire et ce matin, donc, pour la majorité présidentielle, Bruno Le Maire, ministre de l'Économie. Renaud Delis m'a rejoint jusqu'à 9h30. Bonjour Renaud. Bonjour Bruno Le Maire. Et jusqu'à 9h30, c'est vous, auditeurs, téléspectateurs de France Info qui allez pouvoir interroger le ministre de l'Économie. Je vous rappelle le numéro 0809 40 41 42.
Nous avons un premier appel qui nous vient de Tourcoing et sur ses questions économiques, Mme Boukala a des questions à vous poser, M. le ministre de l'Économie. On vous écoute. Bonjour Madame.
Bonjour M. Le Maire.
Bonjour.
Donc j'ai approximativement, je suis née en 70, approximativement à votre âge. Je travaille, je suis en temps plein, je suis à 25 000 euros par an. j'ai une prime d'activité de 400 euros par mois, j'ai deux enfants et puis mon mari ne travaille pas puisqu'on a fait un dossier à H pour la énième fois qui a été refusé, mais on relance, relance, relance. Et je n'ai pas besoin de ça puisque ils n'ont pas droit à la bourse. J'ai droit à 1,20 euros de cantine sur un repas de 7 euros approximativement. Je n'ai droit à rien du tout. Je n'ai droit ni au chèque énergie, ni au chèque rien du tout. Et j'ai un conscient familial de 980 qui me bloque justement toutes ces aides.
À cause de ce conscient, je n'ai droit à rien du tout. Qu'est-ce que vous pouvez me proposer à l'heure actuelle ?
Bruno Le Maire vous répond. Merci pour votre question. Je précise,
AH, allocation adulte handicapé, qui est décidée par le département. Donc ça, je ne peux pas me prononcer là-dessus parce que ça relève du département. Est-ce que je peux vous demander si vous faites des heures supplémentaires, madame ?
Non, je ne fais pas d'heures supplémentaires. J'ai entendu que vous proposiez 200 euros, mais moi, je suis à temps plein. Mais je suis dans la même société depuis 22 ans. Et j'ai des problèmes de santé aussi. Mais je ne fais pas d'heures supplémentaires. Et aussi, je voulais vous préciser aussi au niveau des associations, quand on donne aux associations, on est des palqués des impôts, mais moi, je suis non imposable. Donc, je n'ai droit à rien du tout en fin de compte.
Je vais vous donner la maire.
À part la fin d'activité.
Pour moi, la meilleure solution, enfin, pas la solution, ce que nous, nous proposons, c'est de réduire l'écart qui existe entre votre salaire brut et votre salaire net. J'imagine que vous mesurez l'écart important qu'il y a entre votre salaire brut et votre salaire net sur votre feuille de paie.
Moi, je déclare l'impôt à la source.
Oui, donc vous voyez avec l'impôt à la source et avec les charges qui pèsent sur votre salaire brut que le salaire net, à la fin du mois, il est beaucoup moins important. Nous, notre réponse, elle est très claire. Ce n'est pas de dire qu'on va faire beaucoup plus de chèques. Je vais être très clair avec vous. Je ne crois pas que ce soit la solution. Je pense que la solution, c'est permettre à tous ceux qui ont des revenus modestes, notamment autour du SMIC, ce qui est votre cas puisque vous touchez 25 000 euros par an, d'avoir un salaire net beaucoup plus élevé et donc d'avoir moins de charges, moins de cotisations. En baissant les cotisations, c'est bien ça ?
Oui, en ayant une pente d'allègement de charges qui soit beaucoup plus progressive qu'elle ne l'est aujourd'hui parce que Mme Boukala est exactement dans cette situation où sont beaucoup, beaucoup des millions de nos compatriotes qui sont salariés, qui sont au niveau du SMIC, qui sont bloqués au niveau du SMIC et qui n'ont, je comprends bien Mme Boukala, à mon âge, donc vous avez vu, j'imagine, peu de progression salariale au cours des dernières années et c'est ça qui est complètement décourageant pour les gens.
Il n'y a pas de progression salariale parce que vous êtes, Mme Boukala, je pense, dans ce qu'on appelle une trappe à bas salaire, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de dynamique salariale parce que les allègements de charges font que si le patron vous augmente de 100 euros, ça va lui coûter 400 euros, donc il ne le fait pas et si vous, on vous augmente de 100 euros, vous allez perdre votre prime d'activité et vous allez devoir payer de l'impôt sur le revenu. Donc, c'est profondément injuste. Donc, nous, notre solution, nous voulons... Pardon, je suis un peu long, je vous écoute.
Je vous dis juste que cette solution-là, nous voulons la mettre en œuvre à partir du budget 2025 pour que tous les salariés au niveau du SMIC et autour du SMIC puissent gagner plus de salaire net et avoir plus de progression de leur salaire. Parce que quand on a 54 ans, ce qui doit être votre cas, et qu'on est au même salaire depuis des années, c'est totalement décourageant.
Alors, on vous remercie beaucoup, Madame Bucala, d'avoir ouvert ces questions des auditeurs. On en a énormément. C'est très important. Et vous avez évoqué la question, justement, de ce que pouvaient faire les PME. On a justement Eric qui est en ligne avec nous et une question au ministre de l'Économie sur les petites entreprises. Bonjour Eric.
Oui, bonjour les auditeurs. Bonjour Monsieur le maire. Alors, voyez-vous, moi je vous téléphone Monsieur le maire avec un sentiment avec beaucoup, beaucoup, beaucoup de déceptions. L'arrivée de Monsieur Macron au pouvoir, c'était pour certainement beaucoup de petites et de moyennes entreprises. Peut-être un bol d'air qui arrivait, mais en fait, c'est tout l'inverse. Parce que moi, j'ai l'impression qu'on est les dindons de la farce. On est complètement oubliés.
Vous êtes vous patron d'une PME ?
J'ai deux salariés. Moi, je vais vous dire, je gère une société. Je n'ai pas de compte à rendre à personne. Je n'ai pas de conseil à donner à personne. Ça fait 26 ans que je suis installé à mon compte. Toujours, toujours, toujours, mes comptes ont toujours été dans le vert. Et alors, votre question Eric ? Alors, ma question, c'est aujourd'hui, les bons élèves, c'est-à-dire que moi, je n'ai pas profité des mesures de plan PGE. Je me suis débattu comme j'ai pu pour sauver l'entreprise. Toujours est-il qu'aujourd'hui, 4 ans après le Covid, j'ai encore des cotisations personnelles, URSAF, de rattrapage. Et ça, j'estime que c'est complètement, complètement anormal.
Et je pense qu'il y a beaucoup de chefs d'entreprise, de petites entreprises qui se retrouveront dans mon témoignage.
PGE pour prêts garantis par l'État. Votre réponse à Eric Brunelner ?
Moi, je n'en ai pas pris de PGE. Non,
j'entends parfaitement ce que vous dites, Eric. Regardez néanmoins ce qui a été fait pour les très petites entreprises et les PME depuis 2017. Regardez les baisses d'impôts, regardez la baisse de l'impôt sur les sociétés, regardez les mesures de simplification. Je ne vous dis pas qu'on a tout fait bien. Absolument pas. Je dis simplement que toutes les mesures que je viens de citer, les autres formations politiques veulent revenir dessus. Donc, je ne suis pas sûr que ça améliorera beaucoup votre situation. Après, qu'il faille faire beaucoup plus sur la simplification de la vie administrative des petites et moyennes entreprises et des TPE.
Oui, c'est exactement le projet de loi qu'on a en cours de préparation pour cet été. On veut simplifier drastiquement votre vie. C'est vous qui faites tourner la boutique économique du pays, les PME, les TPE. Donc, on doit faire plus pour vous mais regardez tout ce qui a été fait depuis 2017 et qui sera remis en cause si les extrêmes arrivent au pouvoir.
Une autre question, Bruno Le Maire, qui nous vient de Seine-et-Marne. Bonjour Marie.
Oui, bonjour. Ma question est simple. Ça serait juste pour savoir pourquoi ne pas avoir accepté de taxer les super profits alors qu'en fait, plein de personnes, du coup, ce serait peut-être sans qui écouter par rapport à ça, sachant que les super profits, ça n'enlève rien vraiment aux entreprises.
Votre réponse, Bruno Le Maire ? On l'a fait. On l'a fait. On l'a fait. On a taxé les rentes des pétroliers, des énergéticiens. On l'a fait pendant la crise énergétique. On a entendu les attentes qui étaient fortes et légitimes sur ce sujet. Et d'ailleurs, nous maintiendrons une taxation sur les super profits ou les rentes des énergéticiens en 2024 et en 2025. Ça fait partie de notre projet. Une fois encore, on l'a entendu. Je comprends parfaitement la réaction de Marie. Et nous avons prévu de taxer les revenus exceptionnels et non justifiés que peuvent toucher un certain nombre de compagnies énergétiques. A quel niveau cette taxation ?
C'est ce qui doit être discuté dans le projet de loi de finances pour 2025.
Vous souhaiteriez qu'elle allait jusqu'à quel niveau ?
Mais en 2024, en 2023, pardon, ça n'a pas rapporté ce que ça aurait dû rapporter. Donc on doit avoir une taxe qui soit beaucoup plus efficace, une contribution sur la rente d'infrains marginales. C'est comme ça qu'elle s'appelle. D'autres pays sont allés beaucoup plus loin que la France. Beaucoup plus efficaces que ce que nous avons su faire. Si on avait tout fait bien, il n'y aurait pas de critique aujourd'hui, il n'y aurait pas de doute. Moi, j'entends les propos de Marie et je garantis qu'il y aura effectivement une taxation sur les rentes des énergéticiens qui sera plus efficace dans le budget 2025.
Bruno Le Maire, vous êtes avec nous jusqu'à 9h30 pour répondre aux auditeurs et aux téléspectateurs de France Info.
Législative 2024, Renaud Deli, Jérôme Chapuis.
Et vous, auditeurs et téléspectateurs de France Info. Vous pouvez poser vos questions jusqu'à 9h30 au ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, qui est avec nous. Et une question à présent de Fabian qui nous appelle du Gers. Bonjour Fabian.
Oui, bonjour à tous. Bonjour M. Le Maire.
Quelle est votre question ?
Alors, ma question est simple. Elle tourne autour de la fraternité. Aujourd'hui, on a parlé beaucoup d'économie. Cela dit, on a une poussée des extèmes avec le Rassemblement National qui attisse les haines. Elle aussi qui a un discours rassembleur autour de ce qu'on peut appeler des fois l'islamo-gauchiste, en tout cas, qui repute l'autre. Et je crois qu'aujourd'hui, la France a besoin de fraternité, de choses qui rassemblent les Français, de vraies solutions, de vraies propositions de personnes au gouvernement. Et ça, on n'en entend pas parler, en fait. On n'entend que des discours de division.
Et les gens du gouvernement nous parlent beaucoup d'économie, beaucoup de libéralisme, beaucoup de solutions pragmatiques. Mais ce n'est pas suffisant. Ce n'est pas suffisant. Aujourd'hui, on est dans l'urgence et on a besoin de se rassembler
autour de la fraternité. Merci Fabien. Bruno Le Maire vous répond.
Je partage totalement ce que vous dites, Fabien. À une réserve près, c'est qu'il n'y a pas de fraternité possible quand il y a de l'insécurité. quand il y a partout en France des actes qui ne sont pas suffisamment condamnés, poursuivis, jugés. Et que cette remise en cause de la sécurité sur notre territoire, la remise en cause de nos valeurs communes, je pense en particulier à la laïcité, explique beaucoup cette dislocation de la fraternité. Il n'y a pas de fraternité possible si on n'est pas rassemblés autour de valeurs communes.
La manière dont l'islam radical, depuis des années, des années et des années, a contesté nos valeurs fondamentales, remis en cause nos coutumes, nos habitudes vestimentaires, les rapports entre les hommes et les femmes fondés sur un principe de stricte égalité en France, la prééminence de la loi de la République sur la loi religieuse, toutes ces atteintes insidieuses mais puissantes contre le contrat social français et dans le fond contre la nation française dans ce cas-là de plus profond, ont remis en cause cette fraternité.
La fraternité, moi je partage votre idéal, bien sûr, mais la fraternité ne peut reposer que sur des valeurs communes, respectées par tous, par le respect de notre histoire, de notre mémoire, sans quoi il n'y a pas de fraternité qui tienne.
C'est là où nous en sommes aujourd'hui. Précisément en 2017, la première campagne présidentielle d'Emmanuel Macron était marquée par cette thématique de la fraternité, du rassemblement, de l'apaisement. Il disait d'ailleurs le candidat Macron à l'époque qu'il souhaitait qu'à l'issue de son mandat plus infrançais n'aient véritablement de besoin, d'envie, de nécessité de voter à l'extrême droite. Comment expliquer qu'au bout de sept ans d'Emmanuel Macron à l'Élysée, la société française apparaisse plus fracturée que jamais et que justement cette fraternité qu'évoque notre auditeur à l'instant semble totalement dissipée ?
Je vais vous parler très franchement Renaud Delis. La fraternité ce ne sont pas les bons sentiments. La fraternité c'est un des mots de notre devise républicaine. Liberté, égalité, fraternité. Et ce n'est pas parce que c'est le dernier dans la devise que ça ne doit pas être le premier dans nos cœurs. Mais cette fraternité elle suppose, je le redis, que le contrat social soit partagé par tous sur tout le territoire. Ce n'est pas le cas. Donc ce n'est pas de la faute du chef de l'État
ou de l'exécutif.
Mais c'est forcément notre responsabilité. C'est un échec. C'est forcément notre responsabilité collective. Mais je ne crois pas que la fraternité puisse reposer sur les bons sentiments. La fraternité elle repose sur des valeurs communes. La condamnation de toutes celles et tous ceux qui depuis des années et des années et des années s'en prennent au pacte républicain au nom d'une conception dévoyée de leur religion et au nom de cet islam politique qui a fait tellement de tort à l'unité de la nation française. On sous-estime le tort qu'a fait la montée de cet islam politique de cet islam radical et du projet qui est derrière de transformation de la société française.
Et là il n'y a plus de fraternité possible parce que légitimement nos compatriotes disent mais attendez on doit se retrouver autour de valeurs communes de figures communes de principes communs et là c'est en train d'exploser ou d'être remis en cause. Donc je suis un fervent défenseur de cette fraternité mais pas au nom des bons sentiments au nom d'une conception de la nation.
Alors la possibilité de rassembler au-delà des clivages c'était le projet d'Emmanuel Macron en 2017. On a une question sur ce sujet. Bonjour Iones vous nous appelez de Nîmes ?
C'est ça.
Quelle est votre question à Bruno Le Maire ?
Voilà bonjour monsieur le ministre j'ai un très très grand respect pour vous et voilà alors je suis néanime et je m'excuse parce que j'ai pas promulgué la question voilà c'est pour savoir en 2022 ma gauche était bon mais rassemblée autour du président Macron et je comprends toujours pas pourquoi maintenant il y a tous ces rassemblements nationaux que vous nous avez renvoyés dos à dos et vraiment je ne comprends pas.
Ce que vous dites c'est que Younes c'est que vous avez le sentiment qu'Emmanuel Macron ne cherche pas à s'adresser à la gauche c'est ça ?
Voilà bien sûr bien sûr c'est tout à fait ça et voilà 2022 c'est pas si long que ça et voilà on était tous et même fiers d'être derrière Emmanuel Macron et j'ai toujours été de la gauche bien sûr mais de nous renvoyer dos à dos avec le Front National le Rassemblement National excusez-moi voilà je ne comprends pas je ne comprends pas Bruno Le Maire vous répond merci de votre question
Je vais être aussi sincère avec vous que je l'étais avec Renaud Dely Younes il y a dans la vie beaucoup de choses qu'on ne comprend pas vous savez et vous pouvez être ministre responsable politique il y a parfois des choses qu'on ne comprend pas donc il faut laisser le temps faire son oeuvre décanter ce qu'il se passe aujourd'hui dans la vie politique française moi la seule chose dont je sois convaincu c'est que nous avons un certain nombre d'inquiétude et d'attente de nos compatriotes au cas où nous devons répondre beaucoup mieux ça peut être sur le pouvoir d'achat bien sûr j'en ai parlé les heures supplémentaires les primes réduire l'écart entre le net et le brut ça peut être sur le déclassement et la nécessité de refaire de la France une économie de production je suis très inquiet je le redis des programmes des deux extrêmes parce que ce sont des programmes qui reposent sur relancer la consommation par de l'argent public là où le vrai problème économique français est un problème de production répondre à la question de l'insécurité dont j'ai parlé les incivilités du quotidien la question des mineurs délinquants la question de l'islam radical dont je redis qu'il y a une gangrène pour toute la société française depuis des années la question du rural quand vous faites campagne comme je le fais on s'aperçoit que dans la ruralité il y a très profondément ancré cette idée que nous avons abandonné les territoires ruraux qu'il y a des politiques de la ville mais qu'il n'y a pas de politique de la ruralité tout ça il faut l'entendre et faire mieux si les français
nous font compte mais Bruno Le Maire dans la question de notre auditeur à l'instant il y avait en filigrane une question qui consistait à dire mais pourquoi est-ce que vous semblez aujourd'hui faire de la gauche votre principal adversaire très clairement pourquoi vous repoussez ces voix et ce camp là est-ce que c'est simplement pour essayer de survivre et de surmonter le premier tour des législatives et essayer d'accéder au second et vous pourriez changer de discours à l'endroit de la gauche au soir du premier tour ou est-ce que vous considérez effectivement que la gauche à vos yeux est plus dangereuse que l'extrême droite
non je ne fais pas de hiérarchie dans le danger j'ai dit à quel point pour moi les deux projets étaient mauvais et noci depuis le début de cette entretien vous concentrez vos cibles sur la gauche la gauche je pense avoir dit très clairement que le gouvernement national pour moi préparait une immense désillusion tout simplement parce que quand on a menti sur tous les sujets forcément ça prépare une très grande désillusion la désillusion est toujours un fermement de colère mais pour en revenir à la gauche puisque votre question est sur la gauche c'est la gauche sociale démocrate qui a fait le choix de se soumettre aux insoumis c'est pas nous il y avait une autre voie possible il y avait une autre voie pour Raphaël Glucksmann possible qui était de se détacher de Jean-Luc Mélenchon et des insoumis de dire écoutez nous ne pouvons pas faire alliance avec un parti dont le projet économique ne tient absolument pas la route est une spoliation les plus modestes tant que ce n'est pas populaire et qui en plus a flirté avec l'antisémitisme donc nous nous détachons d'eux et dans ce cas là nous aurions pu travailler ensemble et d'ailleurs je considère que la porte est toujours ouverte il n'est jamais trop tard pour bien faire mais c'est la gauche sociale démocrate qui a fait le choix de se soumettre aux insoumis ce n'est pas nous qui avons repoussé le travail avec eux le travail avec eux il est toujours possible avec les gens de bonne volonté qui partagent les mêmes valeurs et les mêmes ambitions pour la France
et on a encore d'ici les quelques minutes qu'il nous reste quelques questions d'auditeurs et notamment celle de Thierry bonjour Thierry oui bonjour vous êtes élu vous êtes élu local vous nous appelez du LOT le LOT un département rural
oui bonjour monsieur le ministre bonjour monsieur le ministre vous venez de parler d'immenses désillusions moi je voulais vous faire part de ce que vivent les français en dehors des grandes villes dans les zones rurales mais pas que et de l'immense désillusion que beaucoup ont eu de ne pas être assez écoutés d'avoir l'impression que les ministres le président de la république étaient trop loin des français parce que ce n'est pas uniquement en faisant quelques visites par-ci par-là qu'on peut sentir le pouls et je pense aussi que le fait que beaucoup de conseillers ou même de ministres ne soient pas élus locaux maintient cet éloignement et la perte de sens de ce qui se fait ou du besoin des territoires donc ma question c'est que proposez-vous de faire pour changer ce logiciel où en fait tout est décidé de Paris tout est décidé de très loin par des conseillers qui ne sentent pas le pouls de toutes ces zones rurales des élus locaux et du fonctionnement en dehors de la vie parisienne
merci de votre question Thierry
Bruno Le Maire vous répond d'abord je partage votre constat je partage à 1000% j'ai été 3 ans ministre de l'agriculture donc ça a été un immense honneur pour moi j'ai été élu local et j'ai été pendant 15 ans élu d'un territoire rural en Normandie qui est le département de l'heure et je vois bien comment le rassemblement national a progressé dans ce territoire parce que je reprends vos mots Thierry les habitants de ces territoires disent nous ne sommes pas suffisamment écoutés donc oui il y a urgence à écouter davantage les habitants des territoires ruraux par quoi ça passe il y a une politique de la ville on a beaucoup beaucoup beaucoup parlé de la politique de la ville elle est utile elle est nécessaire il faut une politique de la ruralité qui soit aussi ambitieuse aussi volontariste pour remettre à flot la ruralité et lui permettre de vivre aussi dignement aussi bien que les grandes villes il y a besoin de lutter avec beaucoup plus de détermination contre les déserts médicaux on a fait des choses on a augmenté le numerus clausus est-ce que c'est assez non ce n'est pas assez pour les territoires ruraux et je le dis quand vous êtes à Bourteroule chez moi dans l'heure et que vous voulez avoir accès à un médecin spécialiste vous allez devoir attendre 6, 7, 8, 9 mois là où un habitant d'une grande ville va attendre 6 semaines c'est injuste c'est inéquitable enfin troisième chose pour répondre à Thierry qui était élu local moi je suis pour vous donner une liberté totale beaucoup plus de décentralisation quand on a augmenté le point d'indice des fonctionnaires des décisions qui avaient suscité rapidement ma réaction une réaction de ma part forcément vous subissez une décision qui est prise à Paris sur la rémunération de vos propres fonctionnaires sans que vous ayez votre mot à dire on ne peut pas continuer comme ça on doit vous donner plus de liberté il nous reste quelques secondes
et on va prendre le temps de prendre la question de madame Lexa qui nous appelle de Bordeaux bonjour madame quelle est votre question ?
Bonjour bonjour monsieur le Premier bonjour monsieur le Ministre j'espère vous voir le 7 juillet toujours au ministère je voudrais simplement avoir une question très directe quelle sera votre position personnelle est-ce que vous ferez comme monsieur Dupont-Moretti au soir du 7 juillet que ferez-vous en cas de duel entre le Front National et entre le Front Populaire j'ai vraiment besoin de votre réponse
je comprends je vous le dirai le 1er juillet je vous le dis j'aimerais pouvoir vous répondre maintenant mais vous voyez vous répondre maintenant c'est dire
mais vous voyez bien que dans l'esprit d'un certain nombre d'auditeurs qui là en l'occurrence manifestement quelqu'un qui vous soutient c'est important de connaître votre position maintenant
maintenant ma position de soutenir tous les candidats de la majorité au premier tour ce premier tour est absolument décisif mais je ne me défilerai pas je vous le dis madame qui est en plus habitant d'une ville que j'aime beaucoup Bordeaux je prendrai mes responsabilités et je m'exprimerai le 1er juillet avec la clarté dont je fais preuve toujours dans mes prises de position politique merci beaucoup
j'espère que vous voterez blanc
je vous le dirai le 1er juillet merci beaucoup en tout cas aux auditeurs aux téléspectateurs de France Info d'avoir été avec nous dans cette édition spéciale émission spéciale merci à vous Bruno Le Maire d'avoir été avec nous pendant une heure je précise évidemment que nous aurons l'occasion d'entendre cette semaine des représentants du Nouveau Front Populaire et du Rassemblement National qui seront eux aussi confrontés aux questions de France Info et de nos auditeurs nous laissons passer un rappel des titres et nous vous retournons dans quelques instants à tout de suite il est 9h30 et du Rassemblement National
Bruno Le Maire