Marine Tondelier : son "bébé miracle" aurait-il passé le test de sélection ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:59non_speechFait
« Le DPIA d'abord, c'est quoi ? Diagnostic pré-implantatoire des anoploïdes. »
- 2:28non_speechFait
« Quand on prélève des cellules sur un embryon de 5 jours, on ne prélève pas une cellule du futur bébé. »
- 3:53non_speechFait
« En juin 2025, une équipe documente la naissance de deux petites filles en parfaite santé à partir d'embryon entièrement anuploïde. »
- 4:37non_speechChiffre
« Le marché mondial des tests préimplantatoires pèse aujourd'hui entre 700 et 900 millions de dollars par an. »
- 5:21non_speechFait
« Le Sénat l'avait dit très clairement en 2020, c'est une démarche eugénique. »
Temps de parole
- ?99 %
≈ 2,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
En mars dernier, Marine Tondelier, la patronne des écologistes, annonce sa nouvelle grossesse. Elle parle d'un bébé miracle. Une grossesse naturelle après plusieurs fausses couches et plusieurs échecs en PMA. C'est une belle nouvelle et on peut s'en réjouir avec elle. Mais dans la foulée, elle se prononce en faveur d'une technique aujourd'hui interdite en France, le DP. Et là, il y a un paradoxe qui nous saute aux yeux. D'un côté, une grossesse naturelle présentée comme un miracle. C'est-à-dire une grossesse qui n'est pas passée par le tri. De l'autre, la promotion d'une technologie qui consiste précisément à trier les embryons avant qu'ils puissent devenir des bébés.
Le miracle pour soi, le tri pour les autres. Ce n'est sans doute pas l'intention de Marine Tondolier, mais c'est ce que semble dire la logique. Bonjour à tous, c'est Paul et je décrypte pour vous l'actualité bioéthique sur la chaîne humain.
[musique]
Le DPIA d'abord, c'est quoi ? Diagnostic pré-implantatoire des anoploïdes. Dans le cadre d'une FIVE, fécondation invitro, on crée des embryons en laboratoire. Avant d'en implanter un, on prélève quelques cellules pour compter ces chromosomes. Une anoploïdi, c'est un nombre anormal de chromosomes. La trisomi 21, par exemple, c'est une anoploïdie. Le DPIA repère ces embryons anoploïdes pour ne pas les implanter. Et soyons honnête, les parcours de PMA sont épuisants physiquement, psychologiquement, financièrement. Les fausses couches laissent des traces profondes. Quand on dit que les femmes en PMA souffrent, c'est vrai, il faut les entendre.
Et l'idée du DPIA part d'une intention qu'on peut comprendre, augmenter les chances d'aboutir à une naissance, moins de fausses couches, moins d'années perdues. Il faut savoir aussi que la France est en pleine révision de ses lois de bioéthique. Les états généraux sont ouverts jusqu'à l'été. L'avis du comité consultatif national d'éthique, le CCNE est attendu à l'automne. Et dans cette fenêtre, le [raclement de gorge] lobbying s'intensifie. Tribune, collectif militant, gynécologue et maintenant une candidate à la présidentielle. La pression est forte et constante. Le législateur a pourtant déjà tranché. La révision de 2021 a explicitement rejeté le DPI.
Mais chaque révision est une nouvelle fenêtre possible. [musique] Alors voilà ce qu'on entend presque jamais dans ce débat. Pendant que le lobbying avance, la science, elle va dans l'autre sens. Premier problème, le test ne détecte pas ce qu'il prétend détecter. Quand on prélève des cellules sur un embryon de 5 jours, on ne prélève pas une cellule du futur bébé. En général, on prélève une cellule du trophectoderme, la couche externe, qui va devenir le placenta, pas l'enfant. Et cette cellule peut-être anormale alors que l'embryon lui sera parfaitement sain. C'est documenté depuis 1983 et confirmé par des travaux récents de l'université de Cambridge et de l'université Rockfeller à New York.
Deuxième problème, les embryons humains sont à ce stade massivement mosaïque. Je m'explique, un même embryon contient un mélange de cellules normales et anormal. Une étude de Jones Hopkins montre que 80 % des embryons contiennent au moins une cellule anoploïde et surtout l'embryon est capable de s'autocorriger. Les cellules anormales peuvent être aussi éliminées au cours du développement. L'embryon peut réparer lui-même ce que le test prétend détecter. Autrement dit, si on avait appliqué le DPIA à l'embryon qui a donné naissance au bébé miracle de Marine Tondelier, on ne peut pas exclure qu'il aurait été écarté. Et puis il y a le fait le plus déroutant de tous.
Le docteur Norbert Gleicher à New York a transféré siamment des embryons que le DPIA classait à éliminer. Résultat, des bébés qui sont nés en bonne santé et sans anomalie génétique. En juin 2025, une équipe documente la naissance de deux petites filles en parfaite santé à partir d'embryon entièrement anuploïde. Le test disait "À éliminé la réalité, elle nous montre deux petites filles en bonne santé." Troisème coup de théâtre, même si le test était fiable, ce qu'il n'est pas, est-ce qu'éviter les embryons à neïdes évite vraiment les fausses couches ? C'est pourtant la justification principale des promoteurs du DPIA.
En novembre 2025, une étude menée par Yel Rogers et le réseau Ivirma sur près de 26000 embryons conclu qu'une fois l'âge maternel pris en compte, il n'y a pas de lien statistiquement significatif entre anoploïdi et fausse couche. La prémisse même du DPIA est ébranlée. Alors pourquoi continue-ton à en faire la promotion ? Parce que derrière le DPIA, il y a un marché, un vrai marché. Le marché mondial des tests préimplantatoires pèse aujourd'hui entre 700 et 900 millions de dollars par an. Et aux États-Unis, où le recours au DPIA est passé de 13 à 40 % des FIV en 7 ans, plusieurs grandes entreprises font face à des recours collectifs pour publicité mensongère.
Des couples ont payé des milliers de dollars, éliminé des embryons sains et certains n'ont jamais eu d'enfants. C'est cette technique là qu'on cherche aujourd'hui à introduire en France. Et les promoteurs français savent que ce contexte existe. Ils le savent et ils continuent de pousser. Et derrière l'argument des fausses couches, il y a quelque chose de plus fondamental. Le DPIA trie les embryons selon leur nombre de chromosomes. Ça veut dire qu'il élimine très majoritairement les embryons porteurs de trisomie 21, 18 ou 13. et le Sénat l'avait dit très clairement en 2020, c'est une démarche eugénique. Agnès Busin, alors ministre de la santé parlait d'une société qui trirait les embryons.
Veut-on organiser légalement le trigénétique des embryons sur la base d'un test que la science remet en cause et que la justice américaine commence à sanctionner ? La dignité d'un être humain ne dépend ni de sa performance, ni de son nombre de chromosomes. Si on commence à dire que certains embryons ne méritent pas d'être implanté à cause d'une anomalie chromosomique, on ne soigne personne, on sélectionne et la médecine devient autre chose qu'un soin.
[musique]
Alors oui, il faut comprendre et accompagner les couples en attente d'enfants. La souffrance de la PMA est réelle, mais entendre la souffrance ne veut pas dire valider n'importe quelle solution, surtout quand elle est interdite par la loi, contestée par les sociétés savantes, poursuivie en justice aux États-Unis et porteuse d'une logique de trifusé à plusieurs reprises. Les états généraux de la bioéthique sont presque achevés. C'est maintenant que se prépare la prochaine loi. Le vrai progrès, ce n'est pas toujours la nouvelle technique, c'est parfois de garder le cap quand tout pousse à le perdre. Et c'est peut-être ce genre de choix qui fait de nous des humains.
Si vous voulez continuer à creuser ces sujets avec nous, abonnez-vous à notre chaîne et retrouver des ressources complètes sur le sujet sur le site genetiétique.org. Ah.