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interviewLCI (sur YouTube)· 7 juin 2025 17 min

Gaz Russe : La France s'y accroche et bloque l'Europe |LCI

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Euh on va vous montrer d'autres images. Vous vous souvenez lundi du vol au musée Grévin, cette statue d'Emmanuel Macron prise par Greenpeace, coup spectaculaire de l'ONG qui voulait mettre en lumière ce les liens qui unissent la France à la Russie. Et quels sont ces liens ?

Et bien, ils sont mis en avant encore une fois aujourd'hui par un blocage au sein de la Commission européenne. On vous explique tout. L'Union européenne veut mettre fin aux importations de gaz russes.

Une date butoire est même arrêtée. Ce serait 2027. Mes deux pays viennent de refuser de soutenir ce projet.

Ce sont les deux plus gros acheteurs de gaz russes en Europe. Il s'agit de la Belgique et de la France. On en parle avec nos invités qui sont toujours autour de la table.

Le colonel Pierre Deong, Vincent Cruset et nous ont rejoint. Sylvie Berman, bonjour, ancien ambassadeur de France en Russie et avec nous également Damien Flora de notre service politique. Bonjour Damien.

Bonjour Mag. Euh, ça vient de se passer à la Commission européenne. Est-ce que l'Élysée se justifie ?

Alors l'Élysée effectivement pour l'instant renvoie vers le ministre en charge de ces de ces sujets de ce portefeuille de de l'énergie Marc Feratcii qui prend un petit peu ses distances avec l'article de nos confrères de politicaux. Euh on explique dans l'entourage du ministre que euh et bien il a toujours évoqué son soutien à la sortie du gaz russe euh et qu'on ne devait pas augmenter notre dépendance par ailleurs au GNL américain. Donc trouver des alternatives qui s'intègrent en quelque sorte dans une approche graduelle avec ce ce fameux plan Reower EU, vous savez pour promouvoir la la conservation d'énergie, encourager la production d'énergie propre, diversifier les approvisionnements.

Donc voilà un petit peu la position aujourd'hui de l'exécutif français parce qu'on a lu cet article de politico. Effectivement ce média américain qui relate donc ce blocage de la Belgique et de la France. Apparemment politico s'est entretenu avec Marc Ferat qui s'est justifié notamment sur ce refus.

Il faudrait étudier d'autres pistes, voir comment on peut le mettre progressivement qui met en avant aussi des problèmes juridiques. Il a très peur alors je vais je vais le retrouver. Il a très peur que cette interdiction d'apporter du gaz russe pourrait frapper les entreprises privées françaises qui feraient face à des poursuites russes concernant les contrats en cours.

Oui, il cite notamment l'entreprise totale qui est partilié tout à fait la France, c'est 34 % industl importé en France qui provient désormais de de Russie. Donc c'est un un marché très important et très conséquent. Et c'est sans doute pour cela que la France euh et bien a cette a cette position euh qui s'inscrit un peu en marge d'autres d'autres pays de de l'Union.

Bon, on a voulu savoir exactement ce qu'il en était, qui importe quoi, à quelle hauteur avec un expert, Fabien Bouglet donc en direct avec nous. Bonjour, vous êtes expert en politique énergétique, auteur de guerre de l'énergie au cœur du nouveau conflit mondial aux éditions du rocher. L'Union européenne, vous nous le confirmez, continue d'importer du GNL russe.

Tout à fait. Il n'y a jamais eu de rupture d'approvisionnement en gaz de russe. Euh en revanche, ce qui s'est passé, il faut bien distinguer le gaz naturel liquéfié qui est un gaz d'abord liquide et puis ensuite qui est gazéifié avec le gaz gazoduc.

Il faut pas oublier que les gazoducs Nordstream ont été sabotés et les gazoducs notamment gazoducwood ont été arrêté euh de passer ont arrêté de passer le gaz à l'initiative de Volodomir Zelenski. De ce fait, il n'y a plus de gaz par gaz auoduc venant de Russie vers l'Europe par gaz auoduc. Par contre, on a effectivement du gaz naturel liquéfié qui commence à arriver et qui arrive de manière plus importante vers la France.

Alors, la France n'est pas consommatrice de gaz qu'elle importe. C'est uniquement parce que Total avait mis en place et avait acheté opportunément des unités de ce qu'on appelle des unités de méthanier de pour recevoir le gaz naturel liquéfié. Et donc de ce fait, la France est de la porte d'entrée vers l'Europe du gaz russe.

Mais ce n'est pas nécessairement la France qui consomme le gaz qui est importé par ces terminaux méthaniers. De ce fait, vous avez une cartographie du gaz naturel liquéfié venant de de de en Europe de à peu près un/3 venant de Russie, à peu près 1/3 venant des États-Unis et à peu près 17 % venant d'Algérie. Mais il faut comprendre que ce débat sur le l'approvisionnement en gaz de ressit intervient dans un contexte où Donald Trump a décrété et a mis en place le Conseil national de domination énergétique le 14 février 2025.

L'ambition de Donald Trump, c'est de contrôler l'approvisionnement en gaz mondial et de ce fait est même en train de négocier, je l'avais évoqué dans mon livre Guerre de l'énergie, est en train de négocier le passage du gaz russe par le par le gazoduc Norstream avec le courtage des États-Unis. C'est-à-dire que les États-Unis seraient le point de passage du gaz rus du gaz russe vers l'Europe. De ce fait, vous avez une on va dire une reconfiguration internationale de la distribution du gaz vers l'Europe.

C'est un enjeu très important. Mais il faut pas oublier une chose fondamentale. Les pays doivent diversifier leur approvisionnement en gaz.

Autrement, si nous dépendez trop d'un pays en particulier, ça peut être par exemple les États-Unis ou l'Algérie ou la Norvège par exemple, et bien vous allez surpayer votre gaz. Et donc c'est en diversifiant les pays d'approvisionnement gaz qu'on assure une facture beaucoup plus faible pour nos concitoyens. Donc le le gaz russe a toujours été a toujours été acheté à la Russie et ceci même pendant la guerre.

Ça c'est une réalité. Donc vous comprenez la France qui pour le moment sur la fin des approvisionnements venant de la Russie parce qu'effectivement, on l'a bien compris, le ministre le dit, il ne veut pas euh passer d'une dépendance à une autre. Donc est-ce qu'il a raison de temporiser alors que d'autres pays, l'Espagne qui consomme encore beaucoup de Genel russes est totalement pour mettre fin à ces à ce commerce qui finance directement les forts de guerre de Poutine.

Il faut pas oublier une chose importante. Le fait que nous que qu'on potentiellement nous n'achetons pas du gaz russe naturel liquéfié n'interdrait pas que d'une certaine manière l'Europe achète du gaz naturel liquéfié qui serait passé par un courtier en gaz parce que le gaz naturel liquéfié ressemble à du gaz naturel liquéfié. C'est un bien fongible.

Donc le risque en achetant pas le gaz naturel liquié directement de Russie, c'est que on l'achète dans le marché international du gaz naturel liquéfié euh par d'autres intermédiaires. Donc ce serait le un risque important et ce serait un risque de surpayer et je suis tout à fait d'accord avec le gouvernement lorsqu'il s'agit d'éviter de passer d'une dépendance à une autre. Je l'ai écrit dans mon livre, il faut équilibrer les approvisionnements.

Le le le souci et euh Vladimir Poutine en a fait un enjeu majeur de son mandat, c'est que euh le la Russie est un pays producteur de gaz et un des principaux pays producteurs de gaz dans le monde. Gaz gazoduc et depuis peu, depuis la guerre en Ukraine, gaz naturel liquéfié. Euh, ils ont créé des terminaux métanniers pour le vendre au niveau international.

Donc euh d'une manière ou d'une autre, d'ailleurs, on a d'autres dépendances que le gaz, hein. On a les dépendances en en métaux euh particulier qui viennent de Russie puisque la Russie a une des ressources minérales très importantes et euh elle ne pourra jamais si vous voulez même pour les voitures, on a des métaux nécessaires pour les peaux catalytiques dont la Russie est un des leaders mondiaux de de distribution. Donc il faut faire attention euh parce que c'est un équilibre précaire.

Et derrière, il faut pas oublier une chose importante, si vous avez une augmentation du gaz parce que vous ne diversifiez pas vos fournisseur, et bien comme le prix de marché de l'électricité en Europe est indexé sur l'unité de production la plus chère et que le gaz est souvent l'unité de production la plus chère, ça peut aussi avoir des impacts sur la facture d'électricité et des industries françaises et européennes. Donc c'est un équilibre pécaire sur lequel il faut être très très vigilant parce que ça a des impacts sur l'économie française et européenne. Voilà, il y aura des impacts effectivement et c'est ce qu' pe le gouvernement a peur de l'impact notamment sur les consommateurs et sur les entreprises.

Juste un mot, c'est difficile d'avoir des chiffres exacts. Est-ce que vous pouvez confirmer que la France a augmenté ses importations de gaz naturel russes l'année dernière et deux ? Non, a prior non.

Alors ça vous direz de l'Union européenne aurait dépensé environ 23 milliards d'euros pour les combustifes fossil fossiles russes l'année dernière, ce qui dépasse le soutien militaire apporté à l'Ukraine. Ça fait deux choses. Alors d'abord, il faut bien préciser une chose.

Pendant la guerre en Ukraine, l'Ukraine a bénéficié du passage du gaz par l'Ukraine et a retiré des droits de passage du gaz russe comment dire qui finançait la guerre contre l'Ukraine. C'est un paradoxe mais c'est une réalité. La première chose pour le gaz naturel par gazoduc, le premier pays fournisseur de la France c'est la Norvège puisqu'il n'y a plus de gazoduc Nordstream et il n'y a plus le gazoduc Brosaood en fonctionnement.

Pour le gaz naturel liquéfié sous la forme liquide, on a approximativement une égalité entre les États-Unis et la Russie aux alentours d'un tiers et 17 % pour la pour l'Algérie. Donc le principal fournisseur aujourd'hui, c'est la Russie. L'année dernière, c'était plutôt les États-Unis.

Donc il y a une voilà. Mais euh si vous voulez, ce qui est important de de comprendre, c'est que ces matières fongibles, pétrole ou gaz par exemple, et ça c'est très important, peuvent se retrouver par les vendus en Europe par d'autres pays, par l'Inde, par le Moyen-Orient et cetera. Et donc si vous voulez, c'est très difficile d'avoir des chiffres parce que vous avez des matières fossiles qui sont achetées directement à la Russie et il y a des contrats long terme que l'on doit respecter et mais il y a aussi des produits fossiles que nous achetons par des intermédiaires par l'intermédiaire de pays qui qui font le courtier en en produits de de Russie.

Donc effectivement nous achetons du gaz. Mais ça a été le cas aussi pour les États-Unis. Il faut savoir que le bureau des sanctions euh du département euh américain des des finances américaines et ça je l'avais dévoilé il y a quelques temps, a levé les sanctions dans tout le secteur énergétique entre les États-Unis et euh la Russie dans lors du mandat de Joe Biden.

C'est pas de Donald Trump. Donc, depuis le début de la guerre en Uraène, Russie et euh États-Unis font du commerce, échange, notamment sur l'uranium en Russie, sur les matières premières et donc il n'y a pas eu d'arrêt de discussion entre les États-Unis et la Russie sur les matières fossiles. Et ce qui est très intéressant, c'est qu'il faut bien avoir conscience que Donald Trump en créant le Conseil national de la domination énergétique n'a qu'un objectif. il veut couper l'Europe de la Russie pour récupérer la distribution du gaz et la distribution du pétrole de Chiste vers l'Europe.

Donc il y a une guerre commerciale pour la maîtrise du marché européen dans le domaine énergétique. Et donc évidemment, il y a des jeux d'influence et les Américains ont un intérêt à couper le cordon bilical entre la Russie et l'Europe pour contribuer au développement de leur propre marché énergétique. C'est pour ça que l'équilibre est sur terre et c'est très complexe.

C'est pour ça qu'on avait besoin de vos lumières. Merci beaucoup Fabien Bouglet d'avoir été avec nous. Il y a la réalité, on a bien compris la réalité notamment économique, il y a la morale aussi quand on voit certains pays qui n'ont pas visiblement les réticences de la France, l'Espagne par exemple qui aussi importe beaucoup de de gaz russes veut mettre fin à ces exportations parce que concrètement ils disent l'Union européenne est en train de soutenir les forts de guerre russes.

Ces millions récupérés, ils sont directement injectés dans les usines d'armement. Oui, tout à fait. C'est pour ça qu'il y a toujours un peu une forme d'hypocrisie hein sur la question des sanctions.

En même temps, c'est vrai que ça aurait des conséquences très négative pour la France parce qu'on parlait de Total énergie. Total énergie a créé euh pratiquement avec Novatech euh le port métanier de Yamal dans l'Arctique et euh effectivement et à des actions également dans dans Novateek et euh il y a euh des conséquences qui peuvent être enfin très très sévères pour pour total. Alors en même temps, les Américains et moi quand j'étais en Russie, je voyais le patron de Gazprom Miller.

Le rêve des Américains c'était évidemment de remplacer euh les Russes en fournissant un gaz naturel liquéfié beaucoup plus cher que celui euh des Russes. Et là par cette guerre effectivement, ils peuvent y aboutir. Ce qui est intéressant, c'est que Donald Trump effectivement prétend parce que finalement ça le dérange pas l'utilisation de NSAM mais à condition qu'il en ait le contrôle et qu'il en tire les bénéfices.

Et ce qui a été dit là qui est d'ailleurs très intéressant, bon ça porte effectivement sur le le GNL mais ça porte sur plein d'autres choses. Ça porte sur l'uranium. Les Américains sont euh présentement les premiers importateurs d'uranium russe pour pour leur centrales parce que c'est les le seul qui fonctionne.

Et après, on parle de sanction dévastatrices pour la Russie. Bah oui, il y a une grande tartufrice sur ce sur ce sujet. Euh pourquoi sanctionner de manière extrêmement dure et normalement dure et le charbon et le pétrole et pourquoi ne pas sanctionner le gaz ?

C'est invraisemblable. Donc ça représente 34 % de nos exportations de GNL. hein, le GNL russe comme le rappelait Fabien Bouglet, c'est 2,6 milliards de d'euros tout de même qu'on apporte qu'on apporte au russes.

C'est considérable sans parler de total qui détient 20 % du champ de Yamal, donc qui est le champ gazier gazier géant. Donc soit on sort de nos hypocrisies comme le comme comme le rappelait Sylvie euh et on fait une croix sur le gaz russe avec et on en paye les conséquences mais on assume on assume nos responsabilités. Certains pays ont l'air prêt hein au sein de l'Union européenne, pas d'autre la France n'est pas prête.

Soit on poursuit cette tartue frit et je je rappelle que les Ukrainiens ont mis 3 ans pour couper le gazotuc Brwhood qui s qui s qui qui qui a qui a arrêté de fonctionner qui s'est arrêté de fonctionner le 1er janvier 2025 et pendant 3 ans les Ukrainiens ont touché des royalties sur le passage du gaz russe par leur territoire. Tout à fait. Sahant qu'une partie va en Hongrie, toujours, toujours en Hongrie et cetera et cri il y a d'autres gazoduc.

Ce qui est très intéressant en fait, c'est qu'on voit que cette guerre va provoque enfin nous force à réfléchir à ce qu'on appelle la gé la géopolitique des des ressources naturelles. On est en plein dedans, on est loin des combats mais c'est effectivement on parle d'une conséquence de cette guerre parce que là on parle du GNL. Parlons de l'engrais par exemple, les engrais à base d'azote 22 % comment dire des importations hors Union européenne, c'est de l'engré azoté qu'on a qu'on a acheté au qu'on a acheté au Russes par exemple.

Donc, on voit qu'aujourd'hui la question qui qu'on peut se poser euh au-delà de l'aspect moral, c'est est-ce qu'on peut est-ce qu'on peut se séparer de ça ? Est-ce que notre système euh industriel tel qu'il est fondé aujourd'hui, notre système social, parce que évidemment c'est les emplois et cetera et cetera, de la de la croissance et cetera, des revenus et cetera, est-ce qu'on peut s'en passer ? Bien sûr que non.

C'est pour çaaujourd'hui les français on peut pas parce que si si on on débranche on part on part on saute avion sans parachute. La crise des gilets jaunes qui revient enfin cette crise ce sujet de l'énergie c'est un un sujet qui est inflammable et voilà qui rappelle des des précédentes crises qu'ont rien à voir bien entendu dans leur contexte mais vous avez senti l'Élysé gêné quand même en fait on on comprend la prudence. Alors, c'est de la diplomatie aussi, de la diplomatie économique et et donc voilà, il y a il y a cette prudence forcément au sommet de au sommet de l'État, une prudence à cause d'intérêts économiques et de conséquences politiques qui peuvent être très fortes.

Et ben on le voit effectivement. Merci beaucoup. Vous restez avec nous, ça va être l'heure de l'histoire du club.

Surtout ne partez pas, on va partir aux États-Unis puisque le FBI vient d'arrêter deux scientifiques chinois. Ils sont accusés de quoi ? De complot.

Ilelles allaient visiblement s'en prendre à la santé des Américains, aux porte-monnaaies des Américains et à la au à la culture, c'est-à-dire pas la culture pour se cultiver, c'est pour manger. Alors, comment on dit ? Aux plantations, au blé notamment.

Ouais, je raconte très mal les histoires. Heureusement, c'est pas moi qui vais la raconter dans un instant. Vous restez avec nous.