Macron : dernières nominations avant liquidation (Alexis Brézet)
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Et sans transition, votre édito politique sur Europaro. Bonjour Alexis Brazer. Bonjour Dimitri.
Bonjour à tous. Alexis le Parlement hier a validé la nomination d'Emmanuel Moulin à la Banque de France. Nombre de parlementaires de gauche comme de droite se sont opposés au choix du président mais c'est passé.
Est-ce que ça vous paraît choquant Alexis ? Vous me connaissez suffisamment Dimitri pour savoir que je n'approuve pas par principe ou par système toutes les décisions d'Amel Macron mais en l'espèce ces crit d'indignation me semblent un peu de mauvaise foi. Alors certes, Emmanuel Moulin n'est pas un adversaire du chef de l'État mais entre nous ça dit pourquoi devrait-il l'être ?
La Constitution ne fait pas obligation au président de nommer des ennemis mais on ne peut pas du tout le considérer non plus comme une créature ou un affidité d'Emmanuel Macron. Alors, c'est vrai depuis un an, il était secrétaire général de l'Élysée, mais bon euh tout au long de sa brillante carrière de haut fonctionnaires qu'il a conduit de l'inspection des finances à la direction du trésor en passant par la Banque mondiale, un détour par la banque privée, il a servi directement en cabinet des responsables politiques aussi différents que Jean-Luc Borlot, Christine Lagarde, Nicolas Sarkozi quand il était président, Bruno le maire, Gabriel le premier ministre et pour finir donc Emmanuel Macron. Alors, on peut, si l'on veut, lui reprocher cette remarquable et administrative plasticidée, mais on ne peut pas lui faire grief de son manque d'expérience, de compétence, ni d'être l'homme d'un homme ou d'un clan.
On est très loin par exemple du cas Richard Ferrand dépourvu de la moindre compétence de juriste et nommé à la présidence du Conseil constitutionnel uniquement en sa qualité de fidèle d'Emmanuel Macron. Loin aussi quoi qu'un peu moins du cadre d'Améie de Montchalin nommé il y a 3 mois présidente de Cour des comptes alors connaissant certes la matière mais enfin redevable de toute sa carrière à Emmanuel Macron et surtout chargé de contrôler les comptes qu'elle avait elle-même élaboré. Conflit d'intérêt évident.
Donc au total de Ferrand à Monchalin et de Monchalin à Moulin, bah on peut dire que les choses évoluent plutôt dans le bon sens. La récente nomination de Marc Guillaume à la tête du Conseil d'État n'est pas plus contestable. On peut même espérer qu'il retiendra cette auguste institution sur la pente glissante du walisme.
Et demain euh si comme on le murmure, c'est George François Leclerc qui lui succède à la préfecture d'Île-de-France et ben c'est moi le directeur de cabinet du président de la République qui est qui sera distingué mais qu'un qu'un homme d'autorité et un grand préfet. Mais vous ne croyez pas qu'en nommant autant de proches à des postes clés quand même Emmanuel Macron se ménage des appuis pour un éventuel retour politique en 2032 ? C'est ce qu'on entend.
Ouais. Sérieusement, Dimitri, vous pensez que le macronisme aura laissé un souvenir tel qu'une armée de résistants va préparer tapis dans l'ombre la revanche du grand homme ? [grognement] Parit une plaisanterie.
Bon, il y a une nostalgie Hollande allez savoir. Mais alors et alors par ailleurs, quant à la capacité pour le gouverneur de la Banque de France ou le premier président de la Cour des comptes d'influer si peu que ce soit sur le cours d'une élection présidentielle, chacun sait qu'elle est proche de zéro. C'est vrai.
Mais alors, si le calcul politique n'est pas le moteur de ces nominations, quelle en est la logique ? Mais le bon plaisir Dimitri, le bon plaisir. En ces temps où en vérité les politiques, ça aussi on le dit, non plus aucune prise sur les choses où tout résiste, où plus rien ne répond, les nominations sont avec les décorations l'ultime refuge pour ce qui reste du pouvoir.
Emmanuel Macron savoure ses dernières nominations avant liquidation. Ah ! faire danser les candidats, les laisser mariner dans l'incertitude sur 10 prétendants distinguer un fidèle dont chacun comprendra qui n'existe que par vous et surtout humilier ces neuf rivaux en leur faisant toucher du doigt l'erreur la grave erreur qu'ils ont commise en ne prêtant pas allégence plus tôt ni plus complètement nommé bientôt le défenseur des droits et puis le président de l'autorité de la concurrence et puis le régulateur des télécoms désigné mais le plus tard possible le président du château de Versailles.
Contempler le reflet de sa puissance dans l'œil des courtisans. Y a-t-il plus grand bonheur pour un monarque finissant ? lesdito politique sur europein.
Emmanuel Macron