Chlordécone, Mercosur, épandage aérien : débat avec les producteurs de bananes en Martinique
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Il y a un peu plus de 20 ans, il y avait 1200 producteurs de bananes en France en Martigny, M. Ruffin. Donc aujourd'hui, très clairement, la filière est en grande difficulté. Le problème, c'est qu'on est en concurrence déloyale totale avec les producteurs d'Amaïs en France qui déversent des bananes sur notre marché, des bananes qui sont blédées de pesticides. Je vais mettre la clé dans le plat, parce que ça ne sert à rien. Je regarde le document, il n'y a pas le mot chlordécone à l'intérieur. Non, parce qu'on l'assume, ça fait partie du passé. Vous dites que c'est le passé, sauf que pour les gens ici, ce n'est pas le passé. Non, c'est encore le présent.
On va se dire, sur les maladies, c'est le présent, sur la terre, c'est le présent, sur les eaux, c'est le présent aussi. Je pose la question quand même, y compris de l'indemnisation des personnes qui aujourd'hui souffrent de cancer de la prostate. Enfin, pour vous poser la question, que pense la filière d'indemniser aujourd'hui les victimes des décennies de chlordécone ? Alors moi, je vais vous poser une question, monsieur Ruffin. L'amiante a été autorisée par le gouvernement français. Ceux qui ont posé de l'amiante dans les bâtiments français, est-ce que c'est eux qui sont responsables du scandale de l'amiante ? Ceux qui ont posé l'amiante dans les bâtiments français ?
Non, mais je vous pose la question. Moi, je vous pose une autre question. Ceux qui ont voulu que le chlordécone soit utilisé, et y compris une fois qu'on savait dans un certain nombre de pays que c'était un produit dangereux, il y a des producteurs de guet de banane, et il y a des décideurs, ceux qui ont été les décideurs de la banane, qui, entre autres, y vaillot, qui ont fait du lobbying pour que le chlordécone soit autorisé plus longtemps que... Ils ont demandé une dérogation au gouvernement français qui en a donné. Ben oui, donc il y a bien eu du lobbying. Donc vous ne pouvez pas vous extraire de vos responsabilités en disant que voilà, ça, c'est l'État. OK ?
Mais c'est aussi les producteurs du banane qui ont voulu avoir plus longtemps l'usage du chlordécone. Donc je pose la question, je vous pose la question quand même, est-ce qu'on envisage qu'il y ait une indemnisation des victimes du chlordécone par l'État, mais que peut-être les producteurs de banane ne prennent leur part ? On a besoin de savoir le nombre de victimes, on a aussi besoin de savoir exactement si ceux qui aujourd'hui produisent de la banane n'ont pas connu l'histoire du chlordécone sont responsables de ça. M. Ruffin, jusqu'à présent, toutes les études scientifiques qui ont été faites n'ont pas prouvé le lien de cause à effet.
Non, vous savez, je connais ces dossiers, je sais comment il y a une industrie du doute, d'accord ? Aujourd'hui, il y a un refus de l'État de mener une enquête. Il y a eu des enquêtes épidémiologiques qui ont été menées sur des bases militantes, d'accord ? Mais elles ont été menées de manière sérieuse avec des épidémiologistes derrière, avec plus de 1500 personnes qui ont été enquêtées. D'accord ? Donc déjà, il y a une base que vous pouvez contester en disant qu'elle est d'origine militante. Pour l'instant, il y a un refus de l'État de mener une véritable enquête épidémiologique.
Est-ce que vous, producteurs de la banane, vous dites qu'on a envie que toute la lumière soit faite sur cette histoire ? On a envie d'en être débarrassés ? Est-ce qu'aujourd'hui, vous nous dites « Nous souhaitons que l'État mène une grande enquête épidémiologique sur les maladies produites par le clandicone et d'autres substances ? » Ça ne me pose aucun problème, monsieur. Je trouve qu'il y a une double position. Il y a une position où vous dites « Moi, je souhaite que toute la lumière soit faite et il faut qu'on avance, il faut qu'on aille là-dessus, il faut que ce dossier soit traité à fond pour que le clandicone appartienne pour de bon dans le monde passé.
» Et en même temps, j'ai l'impression que vous en minimisez les effets. Non, non, monsieur. Non, monsieur. Je ne minimise aucun effet. Aujourd'hui, ma position est de dire « Nous sommes tous victimes de ce problème. » parce que je suis désolé, mais nos terres sont souillées. Elles sont souillées pour longtemps. Quel est l'agriculteur français qui est capable de mettre un truc comme ça dans ses sols en sachant sciemment qu'il va contaminer des gens, qu'il va contaminer ses sols ? Enfin bon, il faut allier pour pouvoir faire un truc comme ça. Mais c'est ce qui a été fait par les producteurs de bananes pendant des décennies.
Et avec des gens qui lançaient l'alerte en disant « Attention, ces produits sont toxiques. Attention, ces produits sont interdits aux États-Unis. » Et pourtant, il y a des gens qui sont envoyés d'ici de Martinique, sont allés à Paris, sont allés à Bruxelles pour forcer les portes et faire que le clandicone continue à être utilisé et empoisonne les sols, ce que vous regrettez aujourd'hui. Pendant trois ans. Sur une période de 20 ans, ça a duré trois ans. Oui, mais d'accord. La dérogation a duré trois ans. Mais il y avait la possibilité de... Mais je suis tout à fait d'accord avec vous.
Il y avait la possibilité d'interdire bien la possibilité Elle n'aurait jamais dû avoir eu lieu, cette dérogation. Il y avait déjà des alertes de travailleurs agricoles, il y avait déjà des alertes de Bicoumian auparavant qui disaient que les produits qui étaient utilisés étaient nocifs pour la santé. Mais M. Ruffin, je suis d'accord avec vous, mais je ne peux pas porter la responsabilité de choses qui ont été faites il y a 30 ans.
C'est vrai.
Dont je ne suis pas responsable. Les gens qui ont fait ça, aujourd'hui, ils sont tous pour la plupart dans les cimetières. Alors je vais porter ça indéfiniment toute ma vie. Et puis mes enfants vont porter ça aussi. Et puis mes petits-enfants vont porter ça aussi. Du coup, l'épandage par drone, il est évident que je m'y opposerai. Vous prenez une position de non-accompagnement de la filière, je le conçois. Mais vous proposez quoi ? C'est quoi le projet ? Parce qu'aujourd'hui, mes producteurs, ils n'en peuvent plus. Ils n'en peuvent plus. Il y en a qui sont en détresse sociale. J'ai des producteurs de 60 ans qui sont en pleurs dans mon bureau, M. Ruffin. Aujourd'hui, c'est la réalité.
Donc là, je suis en train de vous dire... Mais la réalité, si on y va par la réalité, on peut aller voir des gens qui sont à l'hôpital et qui souffrent de cancer parce qu'il a été fait par le secteur de la banane. On parle d'un point de vue technique, économique. Tu parles... Technique, économique. Mais je parle des réalités sanitaires et sociales. Il faut regarder devant aussi. On peut regarder derrière, je suis d'accord avec. Mais il faut regarder devant. Mais on peut regarder... Vous savez, c'est pour ça que je pense qu'on peut regarder devant si derrière, c'est nettoyé. Aujourd'hui, la lumière n'est pas faite en termes d'études épidémiologiques. Les indemnisations n'ont pas eu lieu.
Ça n'appartient pas au passé, c'est encore dans le présent. Il y a quand même un département avec, je dirais, cette production Guadeloupe-Martinique qui est en train de mourir par un petit feu. On parle de souveraineté alimentaire sur notre territoire. Mais où est-ce qu'on va ? D'abord, il y a deux questions. Où est-ce qu'on va ? Je vais vous dire le point qu'on peut avoir. Où est-ce qu'on va ? Je vais vous dire le point qu'on peut avoir et là où je peux vous rejoindre et appuyer. Vous savez, mes convictions de protectionnisme, de souveraineté. Ben oui. Mais donc, il est évident là-dessus que si vous dites M.
Ruffin, je demande de vous avoir avec nous pour vous bagarrer pour que le marché français soit d'abord priorisé pour de la banane française et que ça n'est que en complément qu'il y a de la banane qui vient d'ailleurs, je signe avec vous. Alors, sur ça, je vous assure. Je signe avec vous sur des conditions sanitaires, environnementales qui sont clean et qui font la différence avec les autres. Vous savez les conséquences du Mercosur sur notre production ? Qu'est-ce qui va se passer là ? Vous avez un pays qui n'est pas très loin d'ici qui s'appelle le Brésil qui est salaire mensuel d'un salarié récolte 250 dollars. Une misère.
La signature de Mercosur, on donne un boulevard à cette banane du Brésil demain de venir envahir l'Europe. Voilà. Et qui consomme à peu près entre 100 et 150 kilos de pesticides par an et par hectare. Voilà ce qui va se passer. Voilà. Voilà ce qui va se passer. C'est que je dirais que ça sera certainement le coup de grâce pour cette production de nos territoires. Alors là-dessus, tout ce que je pourrais faire pour que ça ne se passe pas comme ça, je le ferai. D'accord ? Je le fais. J'ai monté des colloques à l'Assemblée nationale et transpartisans pour la non-signature du traité sur le Mercosur parce que de manière générale je suis contre les accords de libre-échange.
Le libre-échange c'est le dumping social, fiscal, environnemental. Donc de toute façon, je m'y oppose. Donc si vous dites nous, secteur de la banane, on se bagarre là-dessus, il n'y a pas de problème, vous m'aurez comme allié sur ce point-là. L'histoire du pluréconne, vous pensez, on en a tiré des leçons et on le vit comme un dégramme au quotidien. Au quotidien. Quand l'État français nous a demandé de diminuer de 50%, l'État français et la Commission européenne nous ont demandé de diminuer de 50% l'utilisation des pesticides dans les pratiques agricoles hexagonales et européennes, nous on était déjà à 83%.
Et demain matin, on a des drones pour pouvoir appliquer des biocontrôles, c'est-à-dire des produits qui sont autorisés pour la culture biologique parce que ce sont des produits naturels. Le drone, il permet de diminuer de 40% par rapport à ce qui est fait aujourd'hui pour la consommation de produits biocontrôles. premièrement. Deuxièmement, application beaucoup plus précise. Troisièmement, protection de la personne humaine puisque le drone il vole tout seul. Il vole tout seul à l'aide de satellites. Il y a un pilote mais il n'est même pas là pour piloter le drone. C'est le réseau RTK qui pilote le drone. Donc on a une précision de l'application.
Demain matin, on a des drones, la diminution des intrants passent de 83% à 90% ou 92%. Et si de même on a des NGT, c'est 100%. C'est 100%. NGT c'est quoi ? Les plans qui résistent aux maladies fongiques et au stress. Est-ce que vous pensez que la population martiniquaise là sur l'usage du drone dans les bananeraies elle va être d'accord ?
Je m'appelle Sarah Vindiel. Je suis l'ex-chargée de communication de la ville de Saint-Anne et l'ex-assistante de grâce à Malsa. Je suis une lanceuse année sur la clore d'école et je suis venue ici. On est très clair, tous. Ils savent tous, on est très clair dessus. En tant que garante des bonnes pratiques. Le jour où ils partent en freestyle, notez que la population, on va partir en freestyle. Voilà. La population a envie de tourner une page. mais elle a surtout envie que les choses soient prises en considération. Lorsque j'ai vu la proposition de loi qui avait été retirée parce qu'il n'y avait pas le préjudice moral, j'avais envie de dire aux producteurs, allez réclamer ce préjudice moral.
Parce qu'on vous a tellement, on vous a tellement craché dessus, on a tellement fait perdre des emplois, on a tellement fait ça qu'il fallait poser le préjudice moral. Parce que les premiers touchés de ce préjudice moral-là, ce sont quand même nos producteurs. Vous voyez ?
Je vais reléguer ce que tu dis à M. Ruffin, une histoire. Je tiens à partager la semaine dernière. Un jeune du Lorrain qui est une commune au nord de la Martinique, où il y a vraiment très peu d'activité, il y a un peu de banane. Un jeune de 19 ans qui est connecté sur les réseaux sociaux, qui a toute l'histoire de notre banane. M. Tafonin, je ne trouve pas de travail. Je vais à France Travail, on me propose des choses, je n'ai rien. Il faut m'aider. Je suis en souffrance, il faut m'aider. Je lui dis, écoute, s'il n'y a pas de problème, donne-moi ton téléphone, je vais appeler un de nos producteurs. En 10 minutes, l'affaire est irritée. En 10 minutes, l'affaire est irritée.
Donc ça, c'est la réalité du présent. C'est-à-dire, avec nos structures qui sont présentes, nos producteurs qui sont sur l'ensemble des communes du nord au sud sur notre territoire, ben oui, on a cette capacité encore, je dirais, à offrir cette possibilité à des jeunes de pouvoir s'intégrer. Voilà. Donc, quand on parle des drones, c'est de nouveaux métiers aussi. C'est-à-dire qu'on propose... Et là, excusez-moi, je vous repose ma question. Parce que ça, c'est important. Est-ce que vous pensez que les députés martiniquais vont appuyer l'usage du drone ?
Est-ce que vous pensez que la population locale, compte tenu de l'histoire, parce que l'histoire pèse quand même, va accepter l'usage du drone ? Enfin, je vous dis ça parce que ce n'est pas comme si je n'avais pas entendu quelque chose. Non, non, il y a la récarte qui rencontre les autres. Oui, elle travaille ici, excusez-moi. Je n'en avais pas ici, monsieur.
Non, je ne travaille pas ici.
Elle n'est pas salarie ici. Oui, d'accord, d'accord. Elle n'est pas salarie ici.
Et je vais vous dire, vous n'avez qu'à aller voir ma page Facebook comment je démonte quand il faut démonter. Je n'ai pas de problème.
Je suis là depuis peu de temps, je ne prétends pas tout savoir. Je dresse l'oreille et je vous... Ma petite oreille qui est sur ces quelques petites conversations me fait penser que peut-être que l'usage du drone dans la banane ne va pas passer comme une lettre à la poste.
Je vais vous dire, il y a eu une démonstration de drone qu'on appelle le député Ria qui était là. La sénatrice qui était là. Et il faut aller voir sur la page de RCI ce que les gens pensent du drone, ce que les agriculteurs pensent du drone et comment ils sont beaucoup plus rassurés que ces espèces d'avions qui passent et puis on n'est pas dans le même délire.
Je reviens sur la question du libre-échange et de l'accord Mercosur. Comment vous comptez affronter ça ? Ce dossier est déjà plus qu'engagé puisqu'il va être ratifié au Parlement je crois en septembre prochain. Donc ça va aller très très vite. Ensuite, ce qu'on veut c'est que est-ce que les producteurs, les 300 producteurs de Martinique avec leurs 200 conteneurs semaine pour aller contre ce Mercosur ? Je ne sais pas. Toujours est-il, c'est qu'on demande une protection. .