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interviewBFM TV (sur YouTube)· 10 avril 2025 16 min

Reconnaissance d'un État palestinien: Emmanuel Macron durci le ton face à Benjamin Netanyahu

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Nous allons maintenant parler d'une perspective affichée par le président Macron dans l'avion du retour de son voyage en Égypte. Que la France reconnaisse bientôt l'État palestinien. On écoute le président de la République.

On doit aller vers une reconnaissance et donc dans les prochains mois on ira. Et je le ferai pas pour l'unité ou faire plaisir à tel ou tel. Je le ferai parce que je pense qu'à un moment donné, ce sera juste et notre objectif, c'est quelque part en juin avec l'Arabie Saoudite de présider cette conférence où on pourrait finaliser le mouvement de reconnaissance réciproque par plusieurs.

Euh, nous sommes en direct de Gaza avec Rami Abou Jamous, journaliste palestinien, fondateur de Gaza Presse. Bonsoir Rami Aboujamous. Justement, quelles sont les réactions à à Gaza après cette annonce du président français ?

Bien sûr, c'est quelque chose d'apprécié parce que c'est un pas que on attendait depuis longtemps la reconnaissance de l'État palestinien et surtout pendant cette guerre là où il y a il y a des les massacres et des bucheries. Donc on espère que avec cette déclaration, même si c'est pas tout de suite mais au moins ça fait un peu pression pour arrêter cette guerre là sans pitié qu'on est en train de vivre. Et surtout, on sait très bien que la France, c'est un peu le leader de l'Europe.

Donc si il y a un pack comme ça qui va être pris par la France, je crois qu'il y aura d'autres pays qui vont s'encourager à faire ce pas là parce que il est temps de reconnaisser reconnaître la Palestine d'un état palestinien et temps d'avoir un état palestinien après tous ces massacres qu'on est en train de vivre. Bien sûr, les gens, ils étaient euh surpris déjà de cette de cette déclaration, mais temps, ils étaient ravis parce que ils croient que euh il y a un changement au niveau international envers la la Palestine. Surtout que la visite de Macron, euh il a vu les blessés palestiniens, ils ont il a rencontré les blessés, les enfants et les familles.

Il a compris euh que euh on veut on veut revenir. il a dit lui-même que ces gens-là, ils attendent juste l'arrêt de la guerre pour revenir chez eux. Donc on n'est pas pour on n'est pas pour l'immigration et surtout pas pour un transfert obligé ou entre guillemets volontaire.

Et donc on espère que ça va continuer jusqu'au bout parce qu'il y a il y a beaucoup de défis là-dessus. C'est vrai que c'était une déclaration, on sait pas est-ce que c'est une déclaration vraiment officielle ou parce queil était un peu touché parce qu'il ce qu'il a vu ou euh rencontrer les familles palestiniennes et en même temps ce qu'il a expliqué les gendarmes de tout ce qui se passe à Gaza. Donc apparemment il est il est un peu touché par tout ça.

Il a vu la réalité telle qu'elle est ou une partie de la réalité. Et c'est pour ça on espère que d'ici mois de juin, il y aura vraiment une reconnaissance et queil y a d'autres pays vont voir même pas que la France et on va reconnaître l'État palestinien qui va vivre en paix à côté de l'État d'Israël. On a donc plusieurs réactions.

Le Hamas se félicite de cette annonce. Euh de l'autre côté, le ministre des affaires étrangères israéliennes dit que c'est une prime au terrorisme. Bien sûr, parce que pour l'Israélien, tout ce qui ne va pas avec la fin de l'occupation, c'est que de terrorisme.

Pour eux, Hamas, c'est des terroristes. Pour les patolier de la bande de Gaza sont des terroristes. Abas, ils sont des terroristes.

Euh l'autorité palinienne, ils sont terroristes. C'est le mot utilisé pour avoir la sympathie. N'est pas un mouvement terroriste pour vous dire pardon.

Le Hamas n'est pas un mouvement terroriste pour vous ? Mais c'est exactement ce qu'ils ont vécu les Français en pendant la deuxième guerre mondial. Est-ce que les les résistants à l'époque étaient des des terroristes ?

Les Allemands, les les les occupants, ils l'ont demandé que ou bien ils font des ils nommaient ces gens-là comme des terroristes. Les résistants français n'organisaient pas de massacre de civil en Allemagne. Pardon ? les résistants français, puisque vous faites ce parallèle euh audacieux, euh les résistants français ne n'organisez pas de de massacre de civils euh en Allemagne.

N'organisez pas euh de 7 octobre. Oui. Oui.

Parce que pour vous, c'est tout ce qui se passe, c'est le 7 octobre. Vous avez oublié les les 70 ans de d'occupation qu'on vit depuis 40. Non, non, pas du tout.

Pour vous, ça commence le 8. Bien sûr par je veux pas défendre le Hamas ou pas mais moi je défends la résistance militaire que normalement vous condamnez le 7 octobre quand même. Pardon ?

Vous condamnez ce qui s'est passé le 7 octobre. C'est toujours cette question là. Pas condamner le Hamas.

Mais c'est mais c'est pas ça pour pour vous c'est juste il faut savoir est-ce que le Hamas ils ont bien fait ou pas ? et je reviens à la même réponse que tout le monde m'a m'appelle m'a demandé ce qu'il a dit à l'époque pardon à l'époque le ministre de de l'occupation à l'époque de la défense quand il était à côté dans les dans les péripéfiques de Gaza exactement où il a dit aux Israéliens pourquoi vous avez vous avez vous avez en train de de pleurer ou bien vous vous avez en train de euh euh lamenter ou mettre toute la responsabilité sur les Palestiniens. On a pris leur terre, on a pris euh leur maison, on a tout pris et c'est normal, c'est normal qu'il réagissent de cette façon-là.

Donc cétait c'est pas moi qui le dit, c'est c'est le ministre de la guerre à l'époque où il a dit, c'était un Israélien et qui dit tout ça. Donc normalement, si on parle d'occupation, on parle de résistance. On parle de résistance populaire, on parle de résistance militaire, on parle de résistance.

Il faudra que la reconnaissance soit mutuelle. Vous êtes d'accord ? reconnaissance palestinien il faut aussi que par exemple Hamas reconnaisse l'État d'Israël et c'est d'ailleurs ce que souhaite Emmanuel Macron une reconnaissance mutuelle de deux états qui puissent vivre en paix.

Bien sûr, bien sûr. Si on va avoir un état, on a déjà reconnu Israël. Tout le monde reconnaît Israël.

Quand il y avait la partage de 48, quand il y avait la partage de 48, tout le monde a reconnu Israël mais personne n'a reconnu la Palestine. Pourtant dans la dans la résolution qui était le partage de la Palestine, avoir deux états, un état palestinien et un état israélien. Est-ce que vous pouvez me dire c'est quoi le la la la les frontières d'Israël suivant la loi internationale, suivant le droit international, suivant les Nations Unies, les résolutions nation ?

C'est quoi les les frontières d'Israël ? Alors Rami Aboujamas là maintenant la question est de savoir si du point de vue diplomatique ce que veut faire le président de la République ça va ça peut porter ses fruits, ça peut aider si c'est opportun. Rappelons que ça va s'inscrire dans le cadre d'une grande conférence internationale avec l'Arabie Saoudite Johann Tayb.

Alors tout d'abord, je souhaite réagir à la à la représenter un collectif de famille des victimes françaises de ce qui s'est passé 7 octobre. intervenir par rapport à son intervention, c'est une honte, c'est un scandale. Il faut rappeler que parmi les 1200 victimes, on a eu 50 victimes françaises dans les attaques du Ramas.

Et euh cet individu à aucun moment ne condamne les agissements du Hamas. Voilà, c'est euh avec des gens comme ça que le président de la République euh lance son c'est pas avec des gens comme ça, c'est avec des diplomates qu'il souhaitent avancer. Emmanuel Macron, la position de ce de ce de ce journaliste, c'est la position c'est la position c'est la position exactement la même position que celle de l'autorité palestinienne que celle du Khaas.

Là, on a donc c'estàd que cette reconnaissance de l'État palestinien, ce n'est pas le bon moment. C'est ce que vous dites. Ce n'est absolument pas le bon moment et ce n'est pas moi qui le dit, c'est le président du Sénat, Gérard Larcheter, tout à l'heure chez vos confrères sur C News, il a dit que c'était euh presque honteux à peine 18 mois après ces massacres qu'on a connu de euh de faire cette annonce.

C'est clairement récompensé le justement Thierry Arnaud, on essaie de suivre la la la pensée d'Emmenel Macron. Il y a quelques mois encore, il disait que ce n'était pas opportun palestinien. Pourtant, près de 150 pays l'ont fait.

Alors, c'est une reconnaissance symbolique, il y a des pays européens qui l'ont fait. Alors, pourquoi tout d'un coup un changement de pied ? On parle d'une conférence avec l'Arabie Saoudite et c'est à ce moment-là que la France pourrait franchir le pas. au mois de juin à New York sous l'ég nations- unies, une conférence organisée par la France et par l'Arabie Saoudite.

Alors, vous avez raison, ce qui change, c'est le calendrier. C'est important d'être euh précis et de dire ça parce que euh la nécessité d'un état palestinien, le fait de dire que la résolution durable du conflit entre israélien et palestinien passe par une solution à deux états, ça c'est pour le coup une constante de la diplomatie française, de la doctrine de la diplomatie française sur ce sujet-là depuis des décennies maintenant. simplement la position était de dire jusqu'à présent que les conditions n'étaient pas réunies euh parce que simplement on n'avait pas face à nous des gens capable de gérer un état qu'il s'agisse du Hamas dans la bande de Gaza ou de l'autorité palestinienne dans 6 Jordanie qui est historiquement faible et que par ailleurs pour dire les choses familièrement cette cartouche de la reconnaissance de l'État israélien il ne fallait l'utiliser qu'au moment où elle allait être le plus efficace c'està-dire au moment où on mettait sur la table un accord où on avait euh des des espoirs raisonnables de d'obtenir un accord de les conditions semble pas il y a quand même des conditions qui sont pas remplies les otages il y a toujours des otages et puis la guerre a repris oui et alors justement en fait c'est ça qui c'est ça qui chang au fond on a le sentiment on a l'impression quand on écoute le président de la République qui considère que la situation pour les Palestiniens est tellement désespérée aujourd'hui et que plus rien n'arrête les opérations militaires israéliennes, les ambitions politiques et et de l'extrême droite israélienne. aussi bien dans la bande de Gaza qu'en 6 jour d'anie la reprise des bombardements d'ord mais c'est pour faire pression sur Netaniaou c'est pour lui dire il faut arrêter maintenant les bombardement c'est pour dire à Netaniaou effectivement on peut pas continuer d'avancer comme ça que Netaniaou va tout d'un coup se dire bah oui effectivement la France a reconnu l'état palestin j'arrête non mais c'est pas c'est pas uniquement dans la proposition de président de la République il s'agit pas simplement de dire la France reconnaît l'état palestinien il s'agit de dire on reconnaît une conférence dans laquelle on se met autour de la table il y a plusieurs pays dont la France qui reconnaissent palestinien d'un côté, mais il y a aussi des pays à commencer par l'Arabie Saoudite qui sera un coorganisateur de ces conférences qui reconnaissent l'existence de l'État d'Israël.

C'est donc essayer de de si vous voulez de définir de dresser à gros trait une autre sortie de ce conflit que celle que propose Benjamin Netania aujourd'hui. L'annonce quand même d'Emmanuel Macron surprend Bruno Fous. Vous êtes député les démocrates du Hain.

Vous êtes un proche de François Bairou, président de la commission des affaires étrangères. Est-ce que c'est c'est le bon moment ? Je pense qu'il faut pas se focaliser uniquement sur l'annonce que vient de faire le président parce que l'annonce, elle est beaucoup plus large.

Il est de créer un une dynamique vertueuse pour arriver à trouver une solution de paix durable dans la région. Un pour assurer beaucoup plus globalement beaucoup plus de façon certaine une paix et une sécurité pour Israël. Israël n'est pas en paix ni en sécurité depuis sa création.

On voit que cet enchaînement depuis sa création n'assure pas à Israël de sécurité. Donc l'idée c'est comment on peut créer une paix durable dans la région et avant tout et je vais m'adresser à monsieur notamment il faut que le premier élément c'est d'assurer la sécurité des citoyens d'Israël et des juifs beaucoup plus largement dans le monde. Et on pèse attendez franchement la la France pèse alors que ce sont les États-Unis Israël qui ont la clé de l'histoire quoi.

Ça c'est un des éléments mais vous voyez bien que on est pas en train de faire croire que la France pour avoir un rôle crucial alors qu'elle n' jamais eu de rôle crucial. On voit bien qu'utour de la France de pays qui existent. Il y a une conférence qui est faite, vous l'avez dit, à New York en juin avec l'Arabie Saouditef pas les Américains.

Non mais il peut pas y avoir uniquement un plan israélo américain qui n'est pas viable dans la zone. On voit bien que le plan proposé par le président Trump n'est pas viable et ne réunit aucun à part ces Israël et et les États-Unis. Il y a pas une condition préalable, c'est pas la libération des otages.

Parce que c'est ça qui est étonnant, c'est qu'il y a encore des otages vingta d'ottages sans doute encore en vie et on est déjà en train de d'imaginer que on est là dans une dynamique avec derrière un cesser le feu immédiat avec derrière une opération militaire massive pour venir en aide aux populations et puis ensuite une paix durable avec une gouvernance de de la zone qui doit être faite avec bien sûr un grand nombre de pays de la région. La question c'est que pour qu'il y ait une paix dans la région et c'est une donnée également de la diplomatie française, il faut que ce soit les pays de la région qui soient les garant avec autour nombre de pays international et donc il faut notamment et les les Saoudiens étaient prêts à le faire avant le 7 octobre de reconnaître Israël. Il faut qu'il y a un grand nombre de pays, quasiment tous les pays de la région, qui euh reconnaissent Israël et donc on arrive à l'aboutissement des accords d'Abraham d'un côté et un état palestinien de l'autre dans lequel et a été dit comme ça, dans lequel le Hamas ne peut pas il ne peut pas y avoir d'accord de paix durable dans la région avec le Hamas.

Ah d'accord. Donc le préalable c'est que le Has s'en a une qui soit désactivé complètement préalable oui mais on est dans une position de paix et on vous allez dire gentiment Has quitter les lieux non mais Israël est en train de faire suffisamment pour affaiblir le Hamas il faut derrière une organisation comme ça a été fait pour Daesh par exemple international pour arriver à éradiquer le Hamas il n'y a pas de possibilité de faire un état palienen dans lequel le Hamas aurait de près ou de loin un rôle ça c'est une évident Dans tous les cas, pardon il y a ta mais la proposition de du président de la République fait écho la France insoumise. Vous avez vu d'ailleurs ce qui a tweeté Jean-Luc Mélenchon, le leader de la France insoumise.

Voilà ce qu'il écrit. Y Bron privé retire le soutien inconditionnel. Macron s'apprête à reconnaître l'état de Palestine.

Ilappelle à la fin du siège de Gaza. 1 an et 6 mois après LFI, les gens comprennent enfin que la solution politique est la seule possible. Donc c'est ce qu'il dit, c'est que c'est la position de la France insouise qui s'avère comme étant la le grand gagnant politique au niveau national, c'est Mélenchon avec la décision du président Macron.

Parce que quand Macron quand Mélenchon disait il faut interdire les ventes d'armes à Israël, Macron, président Macron, qu'est-ce qu'il a fait ? Il a il a interdit les sociétés israéliennes dans les salons de défense en France. Là maintenant euh il il s'apprête à reconnaître l'État palestinien.

C'est une des demandes de Mélenchon. Il y a un suivisme euh on va dire en en différé sur plusieurs mois. Maison est trop aligné sur euh les positions propestes.

Ce que vous dites pas que ce soit je dis pas je dis pas que le président euh est pro ou anti. Vous laissez entendre. Je dis que je répète, il faut écouter les paroles pleines de sagesse du président du Sénat.

C'est l'archer. L'archer ce n'est pas le moment. La priorité des priorités, c'est de sortir les otages qui reste.

Il y a 58 otages. Il y a 58 otages. Il y en a plus que 20 de vivants.

Il faut les sortir le plus rapidement possible et après il y aura un horizon politique dégagé. Mais il faut rappeler quelque chose. L'autorité palestinienne, quelle mesure quelle mesure forte a-t-elle faite depuis 18 mois pour parce que on demande à l'autorité palestinienne une autorité palestine réformée qu'est-ce qu'elle a fait de concret pour changer problème c'est que l'autorité palestinienne aussi est très critiquée.

On parle de corruption. Bien sûr. D'ailleurs, les Palestiniens eux-mêmes n'en voulaient plus à Gaza.

Si si le Hamas est au pouvoir à Gaza, c'est bien parce que il a éjecté l'autorité palestinienne finalement une autorité organiser des élections. Et c'est ça la difficulté deeffectivement la mise en place d'un état palestinien et du fait de le reconnaître aujourd'hui, c'est qu'on sait bien que derrière il n'y a pas d'institution qui soit légitime pour assurer la gestion d'un état qui par ailleurs est un état coupé en deux aujourd'hui. Donc euh ce qui ajoute évidemment la difficulté.