Libération de Boualem Sansal : «C'est une victoire», se réjouit Frédéric Petit
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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Et à 8h14, il est l'heure d'accueillir le deuxième invité actu d'Europe un matin week-end, Alexis de la Fléchard. Vous recevez Frédéric Petit, député modem de la 7e circonscription des Français établi à l'étranger et membre du groupe d'amitié France-Ukraine. Bonjour Frédéric Petit. Bonjour, merci. Avec plaisir, on est très heureux de vous inviter. On va évidemment parler longuement de la récente attaque russe en Ukraine sur Kiev. Mais d'abord, monsieur le député, vous représentez une vaste circonscription qui regroupe 16 pays d'Europe centrale et des Balkans, parmi eux l'Allemagne. Les Allemands ont joué un rôle clé dans la libération de Boilem sans salle.
Comment avez-vous vécu l'arrivée de l'écrivain franco-algérien à Berlin ?
Avec beaucoup de soulagement. Évidemment, ne dites pas que l'Allemagne est un pays d'Europe centrale et des Balkans. La mutuelle Europa, ça fait longtemps que c'est fini quand même. Mais je crois que beaucoup de gens ont été surpris. Pour moi, c'est un signe de coopération diplomatique franco-allemande. C'est une victoire. Beaucoup de gens n'ont pas compris. Ils se sont dit qu'est-ce qui se passe. Je pense qu'il y a eu dans les négociations qu'il a été plus facile pour l'autre côté de digérer son signe.
Ce n'est pas un échec de la diplomatie française ?
Absolument pas. Ça devait être une manière de dire que c'était plus facile, je pense, en Algérie, de faire partir un avion pour l'Allemagne neutre que de faire partir un avion pour la France. Et comme nous avons une coopération qui marche bien, quoique beaucoup en racontent, ça s'est passé comme ça. C'est l'ambassadeur de France qui l'a reçu quand même.
L'Allemagne, justement, et on en vient à notre sujet du jour, M. le député, elle est très impliquée. Les Allemands sont très impliqués dans la défense de l'Ukraine et dénoncent d'ailleurs le mépris pour l'humanité de Vladimir Poutine. Pourquoi ? Parce que dans la nuit de jeudi à vendredi, une attaque russe à Kiev a fait 6 morts et de nombreux blessés. Volodymyr Zelensky évoque environ 430 drones et 18 missiles utilisés. Comment analysez-vous cette situation et comment pourrions-nous continuer à faire pression sur Vladimir Poutine pour qu'enfin il se mette à la table des négociations ?
Alors je ne sais pas comment on fait pression sur Vladimir Poutine, je crois que c'est un très vaste sujet, l'impérialisme russe. Il est inarrêtable. Il n'a pas envie de s'arrêter, c'est sûr. Vous savez, il y a un proverbe russe qui date de plusieurs siècles, depuis Catherine, qui dit que la Russie n'a pas de frontières, ou que la seule frontière de la Russie, c'est là où sont ses armées. Je vais revenir sur ce qui se passe en Ukraine parce que je crois que c'est très important. D'abord, je vais faire ce petit aparté parce que c'est aussi quelque chose qui court beaucoup sur l'Ukraine. Oui, l'Ukraine a arrêté et Zelensky a licencié deux personnes pour corruption la semaine dernière.
Tout à fait. Voilà, on vient de parler de Marseille. Sous pression aussi du président américain, d'une certaine manière. Non, sous pression d'un abus, c'est-à-dire l'organisme que l'Ukraine a mis en place, contrôlé par le Parlement. Moi, j'ai des collègues ukrainiens, des députés, et qui font leur job. Et j'ai vu un pays sortir de la corruption, moi c'est la Pologne, en 20 ans. Un pays sort de la corruption avec deux grandes évolutions qui sont en train de se passer en Ukraine. La première, c'est les PME. Quand un pays ex-soviétique ou ex-centralisé sort des grandes entreprises nationales et s'appuie sur des PME, on sort de la corruption.
Et la deuxième chose qui est fondamentale et dont on ne parle jamais en France, c'est la décentralisation. Il y a d'abord, je vous rappelle que c'est l'Ukraine qui a inventé les collectivités territoriales, ce sont les Cossacks. Les Cossacks ont été les premiers dans l'histoire à élire leur chef dans leur village. Et cette tradition qui est très profonde a débouché en 2016 sur une réforme de la décentralisation qui est encore en cours. Qui est encore en cours. C'est-à-dire qu'on crée des communautés de communes.
Moi, je rencontre des petites mères, mais c'est surtout des femmes, qui sont très fières de me montrer que l'an dernier, elles ont fait leur centre de santé, qu'elles ont embauché la directrice du centre de santé, parce qu'elles sont devenues, dans la tradition ukrainienne qui est beaucoup plus profonde qu'en France, dans le jacobinisme, on va dire, elles sont devenues patronnes de leur circo. Et ça, c'est lutter contre la corruption. Et il est normal que petit à petit, c'est beaucoup plus rassurant de voir des gens condamnés.
Malgré la période de guerre que le pays est en train de vivre. C'est ça qui est extraordinaire.
C'est-à-dire qu'ils sont en guerre. Moi, j'ai été invité, je serai sans doute invité dans quelques semaines, puisque j'y retourne, j'ai été invité, par exemple, à la réunion mensuelle, mensuelle, pas annuelle, mensuelle, de toutes les radars régionales. Alors, on était dans un shelter, on était à Mico-IS, c'était un peu compliqué, mais... Et les gens se disputent, parce que la majorité des élus régionaux et des romadas, comme ils disent, des collectivités territoriales, sont des opposants. Mais des opposants qui disent, on est opposant, on discute, on avance et on gère nos affaires.
Et en parallèle, on le dit, il y a évidemment cette guerre qui frappe de plein fouet les Ukrainiens. Vous parlez beaucoup de cette coalition, vous appelez ça Sky Shield, le bouclier du ciel en français, pour protéger justement le ciel ukrainien contre drones et missiles.
Je ne fais pas qu'en parler, je suis l'initiateur de la partie française. Alors, est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus ? Sky Shield, c'est une revendication, qui est d'ailleurs très très ancienne, qui a été reprise par les chats ukrainiennes que je salue d'ailleurs, il y a deux ans, et que moi, que je connaissais, mais qui m'a été, que j'ai repris de manière très ferme il y a un an, parce qu'il y a un an, quand je suis passé en Ukraine, et pour la première fois, j'ai senti que ça devenait très dur pour les civils. C'est-à-dire que, vous avez parlé de l'agression et de ce que fait Poutine, évidemment, il y a du mépris humain, mais il y a aussi...
430 drones, disait Volodymyr Zelensky. C'était pas le pire, on en a eu 800. Non, mais ce que je veux dire, c'est qu'il faut revenir, c'est quelque chose qu'on sait, c'est comme ça que font les Russes. Depuis Catherine, on a eu Idlib, on a eu Grozny, il y a 20 ans. Je rase, j'écrase les civils, et après je discute. On sait que c'est ce qu'il fait, et c'est pour ça qu'il fait ça. C'est-à-dire, mettre un tapis pour bombarder des villes, c'est une stratégie. Je finis juste sur la corruption, parce qu'on a parlé de Marseille tout à l'heure. Voilà, je veux dire, un pays n'est pas corrompu parce qu'il y a des gens corrompus ou mafieux qui sont identifiés.
C'est une lutte, c'est une lutte permanente, et en France comme en Ukraine. En Ukraine, la lutte est en cours. En Ukraine, la lutte est en cours. C'est tout ce que je voulais dire sur la corruption.
Volodymyr Zelensky sera à Paris, lundi, reçu par le président de la République, Emmanuel Macron. Qu'attendez-vous de cette visite ?
Eh bien écoutez, je reviens sur Sky Shield, parce que pour moi, Sky Shield, d'abord j'aime mieux le terme européen qui est Democracy Shield. Il faut protéger la démocratie. Qu'est-ce qu'on protège en Ukraine quand je dis qu'il faut protéger le ciel ukrainien, il faut fermer le ciel ? On ne protège pas des gens qui se cachent, on ne protège pas des gens qui attendent que ça se passe. On protège, je l'ai dit tout à l'heure avec mes maires de petites communes, on protège des gens qui bossent. J'ai fait inviter... Qu'est-ce que la France peut faire concrètement ? Eh bien, il y a une partie militaire.
Il y a des choses dont on peut parler qui sont assez techniques, mais il y a une partie militaire. Mais il y a, pour moi, 80%, c'est de la coopération civile. C'est le thème de lundi. Lundi, il faut y aller. Il faut y aller. Il faut que des petites communes envoient des experts pour aider ces maires. Il faut que des entreprises... Les joint ventures... Il faut faire des joint ventures avec des Français pour aller plus vite sur les drones. C'est ça que demande Jelinski. Il ne demande pas forcément des armes. Il dit, venez m'aider. Parce qu'on commence à avoir une quinzaine d'entreprises ukrainiennes qui sont en lien avec des joint ventures.
Nous sommes en retard, les Français, parce que nous sommes un peu rigides dans notre administration. Nous ne comprenons pas que l'organisation que nous avons en temps de paix, comme puissance nucléaire, c'est quelque chose de valable et qu'il faut maintenir. Mais là, il se passe des choses. Ça ne veut pas dire qu'on va désengager l'État, mais ça veut dire qu'il faut que l'État travaille autrement, soit beaucoup plus habile pour se mettre dans ce mouvement d'antidrones.
Merci, monsieur le député. On suivra avec beaucoup d'attention la visite de Volodymyr Zelensky lundi à Paris, reçue par le président de la République. Merci d'avoir été avec nous. Je vous en prie. Je vous rappelle que vous êtes député modem de la 7e circonscription des Français établi à l'étranger. Vous représentez donc une vaste circonscription, je le disais au début, qui regroupe 16 pays d'Europe centrale et des Balkans. Merci d'avoir été avec nous. Je vous en prie. Merci.
Frédéric Petit