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interviewRMC (sur YouTube)· 24 juin 2025 7 min

François Bayrou acte l'échec du conclave

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Hier soir minuit, on nous annonçait l'échec du conclave sur les retraites et ce matin 7h, François Baou annonce cela. Je considère donc que notre devoir est de ne pas baisser les bras. J'ai décidé d'inviter les organisations qui ont travaillé ensemble durant ces 4 mois à me rencontrer dès ce matin pour rechercher une voie de passage dans l'intérêt de notre pays.

Vous vous aviez déjà claqué la porte depuis quelques temps. Sophie Binet, bonjour. Vous êtes la secrétaire générale de la CGT.

Cet échec ne doit pas vous surprendre. Vous l'aviez prédit et c'est d'ailleurs pour ça que vous étiez partis. Oui, je confirme.

Malheureusement, la façon dont François Bairou a organisé ces discussions conduisaiit à l'échec. Pourquoi ? Parce qu'il a donné les pleins pouvoirs au patronat en lui disant que s'il n'y avait pas d'accord, de toute manière la loi s'appliquait, la réforme de 2023 s'appliquait.

Or, le patronat ne demande rien de mieux. Le patronat n'avait aucun intérêt à conclure un accord. Il faut aujourd'hui tirer les conclusions de cet échec et euh taper du point sur la table face au patronat qui se croit au permis.

Alors, il ne veut pas du tout tirer les conclusions de cet échec François Bairrou puisqu'il veut du rab en l'occurrence ce matin à Matignon. Si vous êtes invité, irez-vous ? Oui, bien sûr.

Pour porter la voix des millions de salariés qui n'en peuvent plus de cette réforme parce que aujourd'hui, ce sont des dizaines de milliers de personnes qui sont licenciées et qui après 55 ans savent qu'on ne trouve pas de travail en France. C'est des centaines de milliers de salariés qui sont sur des boulots pénibles qu'on ne peut pas faire jusqu'à 64 ans. Et donc je dirais et je redirai qu'il n'y a pas d'autre voix que la brogation de cette réforme qui fait beaucoup de mal.

Nous avons fait des propositions de financement. C'est tout à fait possible de financer. C'est ça qu'il faut mettre sur la table.

La question des retraites, ça peut pas être un sujet de politique politicien, un sujet de manœuvre comme veut le faire aujourd'hui le premier ministre. C'est une manœuvre ce matin de ne pas accepter cet échec de on on sent que ce matin c'est panique à bord à Matignon puisque euh le seul objectif du Premier ministre c'est de prolonger son bail. Malheureusement euh il n'a rien fait pour que ces discussions puissent être conclusives.

Au contraire, il nous a mis des bâtons dans les roues en disant que les discussions ne pouvaient pas porter sur l'abrogation des 64 ans alors que c'était le principal sujet. Et donc là, il essaie de jouer les prolongations pour se maintenir au pouvoir. Euh c'est pas le sujet pour nous.

Nous, on ne peut pas être dans euh des sujets de politique politicien. Nous, ce qu'on veut, c'est une réponse aux exigences sociales, aux aspirations des Françaises et des Français qui sont très claires. C'est l'abrogation de la réforme des retraites qu'il faut mettre à l'ordre du jour.

Il affirme qu'il y avait tout de même des points sur lesquels les syndicats étaient quasi d'accord. Quasi d'accord. Il parle notamment de la question de du calcul de la retraite des femmes, des mères de famille.

Il parle également de la question de la décotte, c'est-à-dire partir à ta plein même si on n pas tous ces trimestres. Aujourd'hui, c'est 67 ans. Il semble qu'un accord commence à se dessiner autour de 66 ans, peut-être 66 ans et demi.

Et enfin, sur le fait de réintégrer les critères de pénibilité, ce serait mieux que rien quand même ces trois points. Non, Sophie Binet. Oui, mais la question centrale, c'est l'abrogation des 64 ans.

Et puis la deuxième question, c'est qui paye ? Pourquoi est-ce que les discussions ont échoué ? parce que encore une fois le patronat a refusé de passer à la caisse en imposant que ça soit les retraités qui soient mis à contribution pour payer ces quelques petits bougetés.

La facture aurait été extrêmement salée pour les retraités puisque ce que le patronat voulait faire, c'était désindexer les pensions des retraités, ce qui se serait traduit par 150 € en moyenne de perte de baisse de pension dès 2026 pour les retraités. Mais le désindexer éventuellement pour les pensions les plus élevées, ça ça vous paraissait pas acceptable ? Non non, c'était le plus élevé, ça commençait très tôt en fait.

C'était toutes celles et ceux qui n'étaient pas au minimum vieillesse. Donc en fait tous les les retraités de classe moyenne par exemple était directement concerné. La CFDT annonce à l'instant qu'elle se rendra bien à Matignon.

C'est par la voix de Marie-Lise Léon. Vous-même vous dites également que si vous êtes invité, mais là vous n'avez pas reçu l'invitation au moment où on se parle. Non, mais visiblement tout se fait dans l'improvisation la plus totale.

Nous nous appelons les députés à prendre acte de ce qui s'est passé, de la trahison de la parole du Premier ministre devant eux. Et donc nous appelons les députés à faire respecter le vœu qu'ils ont voté le 5 juin dernier. Les députés euh à une très large majorité, plus de 180 députés ont voté l'abrogation de la réforme des retraites.

Maintenant, ils doivent se mettre en situation d'exiger du gouvernement qu'il abroge la réforme des retraites. Ce sont les députés qui font la loi. C'est eux qui doivent décider de l'avenir du pays.

La réponse du côté des députés, elle sera notamment par la voix d'Olivier Fort qui sera mon invité à 8h30. C'est lui qui avait accepté en quelque sorte de tenir à un fil François Baou, le gouvernement de François Baïou en ne censurant pas son gouvernement. Vous l'invitez donc soit à acter de la fin de la retraite, soit à censurer ce gouvernement.

Notre sujet, ça n'a jamais été la censure parce que nous ne sommes pas dans le casting. Nous, ce que nous voulons, c'est un gouvernement qui abroge la réforme des retraites. Et donc, il faut que François Bairou tire les leçons et les conséquences de ce qui s'est passé.

Le patronat n'a pas voulu jouer le jeu alors que franchement c'était facile et donc maintenant il faut abroger la réforme des retraites et pouvoir passer à autre chose. Pour vous c'est soit on abroge la réforme de retraite soit rien. Oui.

De fait les 64 ans sont une mesure extrêmement violente et injuste. On n'acceptera pas de trahir le mandat que nous ont donné des millions de salariés et de se contenter de négocier des miettes et de faire le service aprèsvente de cette réforme violente. Donc en fait si vous y allez tout à l'heure, ce sera de toute façon pour dire que vous n'êtes pas d'accord.

Ça sera de toute façon pour dire que les 64 ans, c'est une réforme catastrophique qu'il y a d'autres moyens de faire. Par exemple, si on faisait l'égalité salariale et professionnel entre les femmes et les hommes, on pourrait financer l'abrogation de la réforme, des retraites. Si on mettait à contribution l'intéressement, la participation, les dividendes, on pourrait même financer le retour aux 60 ans.

Voilà les perspectives qu'il faut ouvrir pour les salariés. Comme vous le dites, Sophie Binet, tout s'improvise un peu. Il dit qu'il va donc recevoir les syndicats qui ont participé.

C'est l'expression qu'il a eu François Baou tout à l'heure qui ont participé à ces discussions. Ça laisse un flou quand même sur le fait que vous soyez dans ce périmètre ou non puisque vous y avez participé certes au début mais vous l'avez quitté ensuite. Euh est-ce que vous considéreriez si vous n'êtes pas invité que c'est une erreur ?

Oui bien sûr, puisque le premier ministre doit inviter l'ensemble des organisations représentatives. Ce sont les salariés qui définissent les organisations syndicales qui sont habilité en à parler en leur nom. Et donc la CGT et force ouvrière doivent être invité, ce serait normal.

La CGT et force ouvrière puisque vous avez raison, vous n'étiez pas seul à avoir quitté ces discussions. Force ouvrière également. La CGT et force ouvrière devrait être invité.

Si c'est le cas, vous irez, dites-vous. Mais aussi pour demander à ce que l'on abroge cette âge de 64 ans. Merci Sophie Binet d'être venu pour cette première réaction ce matin.

Vous êtes donc la secrétaire générale de la CGT. Vous le dites, si vous êtes invité, vous irez à Matignon dès ce matin. Il est 7h52. [Musique]