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interviewLe Média — Podcasts· 31 juillet 2024 12 min

Il nous coûte "un pognon de dingue" : le rapport qui épingle Macron et ses dîners luxueux

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Bonjour à toutes et à tous, bienvenue sur Le Média. J'ai le plaisir de vous retrouver pour une nouvelle édition de votre bulletin d'information à la sauce estivale. Nous sommes le mardi 30 juillet 2024. Vous nous regardez sur le canal 350 de la Freebox, sur Youtube ou sur notre site internet. Vous le savez, malgré notre dossier sérieux et la ferveur populaire, Le Média n'a pas été sélectionné par l'Arcom pour être diffusé sur la TNT. Mais nous ne lâchons pas le combat et nous nous engageons un recours.

Après le renouvellement de CNews, 6 chaînes sur 15 au groupe Bolloré ou encore l'arrivée de Réel TV, chaîne du milliardaire Kretinsky, nous exigeons une répartition plus équitable et plus démocratique des fréquences TNT. Signez et partagez notre grande pétition sur tnt.lemediatv.fr. Vous rêvez d'une autre info sur la TNT ? Nous aussi, c'est parti pour le Flash Info. Entre les dîners de roi et les voyages, Emmanuel Macron se fait plaisir avec l'argent public. Et la Cour des comptes vient rappeler le président à l'ordre. Les dépenses de l'Elysée ont atteint 21 millions d'euros l'an dernier, contre 13,3 millions en 2022 et 9,9 millions en 2021.

Au terme de l'exercice 2023, la présidence enregistre un déficit de 8,3 millions d'euros, alors que les comptes étaient excédentaires en 2022. Des efforts significatifs devront être entrepris afin de rétablir et pérenniser l'équilibre financier, écrit la juridiction. L'Elysée plaide inflation et nécessité liée à la géopolitique. La Cour des comptes, elle, parle d'un résultat déficitaire qui fragilise les comptes de la présidence et d'une situation financière qui appelle à la vigilance. C'est surtout certains luxes que s'accorde le président qui creuse le déficit et qui sont pointés par la Cour des comptes. Les voyages et les dîners en grande pompe.

On se rappelle celui organisé pour Charles III à Versailles, d'abord prévu en pleine contestation populaire contre la réforme des retraites, puis reporté en septembre. Ce dîner aura coûté 474 851 euros. Seulement le dîner, pas ce qu'il est autour. L'Elysée a décidé de faire ça en extérieur, au château de Versailles, alors forcément, les coûts explosent. Dans le détail, les frais de traiteurs auront été les plus élevés, 166 000 euros, suivis notamment par les boissons, 42 000 euros. Les dépenses liées aux arts de la table, linge, décorations, fleurs, atteignent quant à elles 15 000 euros.

Le dîner organisé pour la venue du Premier ministre indien maudit au Palais du Louvre a coûté lui 412 366 euros. Les 20 principaux cocktails et réceptions de 2023, liés à l'agenda d'Emmanuel Macron, auront coûté 202 000 euros en 2024, contre 147 000 l'année précédente. La France entretient des relations diplomatiques avec de très nombreux pays qui organisent des événements équivalents lorsqu'ils reçoivent le chef de l'État, décrète l'Elysée. Un chef de l'État qui aime flamber. 171 réceptions ont été organisées en 2023, contre 146 en 2019, par exemple. Le nombre d'invités a augmenté de 13% en un an et les dépenses par invité aussi, plus 20,5%.

Au-delà des dîners, c'est aussi les déplacements et voyages du chef de l'État qui ont pesé sur la balance. Les dépenses de la direction chargée de l'organisation des événements, des déplacements et de l'intendance ont été supérieurs de 7 millions d'euros par rapport au budget prévisionnel, avance la Cour des comptes. A titre d'exemple, le coût moyen des déplacements nationaux du chef de l'État a quasiment doublé depuis 2018, culminant l'année dernière à plus de 60 000 euros. La Cour des comptes pointe le nombre de déplacements, l'évolution de leur structure et la taille des délégations, mais aussi des problèmes d'organisation interne. Fin juin, Macron veut passer trois jours à Marseille.

Coût de la facture, 342 000 euros. Un budget particulièrement onéreux, selon la Cour des comptes. Deux autres visites sont épinglées. La Corse, en septembre, 278 000 euros. Et Toulouse, en décembre, pour visiter le siège d'Airbus, 205 000 euros. On note d'autres records. La tournée en Océanie, 3,1 millions. Et celle en Afrique, 1,9 millions. Emmanuel Macron part avec des invités, des grosses délégations à la jupiterienne. Pour son voyage en Chine, 1,8 millions. La Cour des comptes note un déférentiel de 40% entre le budget prévisionnel et le coût réel du déplacement. Facture du surcoût, 520 000 euros.

Toute cette extravagance et ces chiffres dénotent quand même avec une petite musique qu'on nous chante depuis quelques années.

4:11
Invité

Moi, je suis partisan, mais c'est très impopulaire. Je suis le seul en France à suspendre la cinquième semaine de congés payés jusqu'au jour où on aura rétabli nos fonds publics. On pourra les redonner.

4:19
Bruno Le Maire

C'est bien notre objectif quand je dis qu'il faut faire des économies. C'est pour garder la maîtrise de nos finances publiques. On gagne moins, il y a moins de recettes fiscales. On dépense moins. Je crois que c'est du bon sens. Tout le monde devra participer à cet effort national de redressement des comptes publics. La simplification, l'assurance chômage, l'attractivité qui font la croissance et pas toujours plus de dépenses publiques. En revanche, je ne crois pas à l'accumulation de dépenses année après année qui deviennent des acquis sur lesquels on ne bouge pas.

4:47
Emmanuel Macron

Le gouvernement aura aussi à bâtir une ambitieuse revue des dépenses pendant ce semestre, une vraie réforme de l'État pour dégager aussi de l'efficacité dans nos dépenses publiques. C'est pourquoi réforme des retraites, réforme de l'assurance chômage, France Travail, réforme de l'apprentissage, réforme du régime senior, c'est ça la clé. Les premiers choix ont été faits pour justement réduire les dépenses côté État.

5:11
Présentateur

Les gueux, faites des efforts, nous, on ne peut pas s'en passer, vous comprenez ? Dans ce en même temps macronien, le gouvernement, qui est démissionnaire, rappelons-le, veut dégager 25 milliards d'économies et rien que pour cette année. Pendant que Bruno Le Maire demande des milliards d'économies au ministère, Jupiter peut aller serrer des mains à l'autre bout du monde, imposer sa puissance aux relents coloniaux et recevoir un roi pendant que la colère sociale s'exprime derrière les barreaux du château, entre matraques et gaz lacrymaux. La dichotomie est tout de même difficile à masquer.

L'Elysée assure que la présidence tiendra compte des remarques de la Cour pour améliorer son organisation et ses dispositifs internes. Le palais se refuse à parler de dette ou de déficit et préfère rappeler les niveaux records d'inflation et le contexte géopolitique et politique qui influencent l'agenda du président. Pour celles et ceux qui n'ont que les mots dette et déficit à la bouche, c'est quand même fort de café. Le président du sérieux budgétaire perd de son étoffe.

D'après la Cour des comptes toujours, et c'est un peu passé inaperçu, la trajectoire budgétaire du gouvernement repose sur des hausses importantes mais implicites et non documentées de prélèvements obligatoires pour les deux prochaines années. On parle quand même de 17 milliards non documentés. Le gouvernement du « je n'augmenterai pas les impôts » et du « il faut encourager les entreprises de ne pas toucher aux ultra-riches » se retrouve au pied du mur. Bon allez, on se remet un petit extrait, juste pour le plaisir.

6:28
Emmanuel Macron

La politique sociale, regardez, on met un pognon de dame dans des minima sociaux, les gens ils sont quand même pauvres. Nous vivons, et cela pas simplement depuis cet été, ces dernières années, au fond, la fin de ce qui pouvait apparaître comme une abondance, celle des liquidités sans coût, et nous aurons en tiré les conséquences en termes de finances publiques, mais le monde se réorganise.

6:50
Présentateur

Dernière anecdote offerte par le Youfpost, le président de la République dispose au quotidien de 5 mètres d'hôtel en charge de son service privé. Au détour de ce rapport de 75 pages, on apprend d'ailleurs que la cave présidentielle comporte près de 14 000 bouteilles pour une valeur en stock estimée à 500 000 euros. En refusant de nommer le NFP au gouvernement, la Macronie nous a répété que nous entrions dans une nouvelle ère de la politique et de la République. Alors peut-être faut-il commencer par le plus haut. C'est une information qui risquait de passer sous les radars.

Selon Splann, le média d'investigation breton, les plumeurs de coco de Pimpol vont voir leur repos hebdomadaire supprimé lors de la période de récolte. Pour ceux qui ne sont pas familiers avec ces termes, les plumeurs, ce sont les salariés saisonniers chargés de la récolte des fameux haricots blancs de Pimpol. Ce recul des droits saisonniers provient d'un décret publié le 9 juillet dernier dans le journal officiel, alors que le gouvernement est censé être démissionnaire et gérer seulement les affaires courantes. D'abord ciblé sur les vendanges, le texte va aussi toucher les récoltes de piments d'espelette, d'oignons doux, des cévennes, et comme on l'a appris hier, des cocos de Pimpol.

Techniquement, le décret stipule, je cite, que le repos hebdomadaire des salariés peut être suspendu une fois au plus sur une période de 30 jours. Grossièrement, on peut comprendre ici que les salariés pourraient être amenés à travailler 13 jours d'affilée, sans aucun jour de repos. Une législation qui inquiète de nombreux syndicats, d'autant que ces récoltes se déroulent entre août et septembre et sont souvent placées sous le signe de forte chaleur. L'an dernier, six saisonniers sont décédés lors des vendanges à la suite de crises cardiaques.

Ce décret était réclamé par des employeurs de la filière viticole et a été salué par des députés des groupes Renaissance, Les Républicains et du Rassemblement National. Selon eux, cette disposition va mettre fin, je cite, à l'incertitude autour de l'obtention des dérogations pour s'affranchir du repos dominical. Du nouveau, du côté d'Israël, et notamment de la fameuse prison de Zdétayman, dans le désert de Negev, selon l'AFP, neuf soldats israéliens ont été interpellés pour être entendus dans l'enquête ouverte pour mauvais traitement par l'armée israélienne. Ces soldats sont soupçonnés d'avoir notamment violé un des prisonniers palestiniens.

Ce n'est pas la première fois que l'on entend parler de cette prison du désert de Negev. Souvenez-vous, au mois de juin dernier, plusieurs ONG, dont l'Israëlien Physician for Human Rights, avaient révélé la torture généralisée à laquelle étaient soumis les détenus palestiniens. Plusieurs recours avaient alors été déposés devant la Cour suprême israélienne, à l'époque sans succès. Sitôt, les neuf soldats interpellés, des militants d'extrême droite, accompagnés de plusieurs responsables politiques, se sont rassemblés devant la prison. On peut par exemple y reconnaître, muni de son képi au centre de l'image, le ministre du Patrimoine, Amihaï El-Yahou.

Les soldats ont également eu le soutien d'autres plus haut placés du gouvernement d'Etanyaou, comme le ministre des Finances, Bezalel Smotrich. Selon le Time of Israel, le leader du religieux zioniste parti et membre de la Knesset, le Parlement israélien, Zvi Zucot, et son collègue du Likoud, Nisim Venturi, ont également été filmés en train de tenter de forcer l'entrée de la prison. Plus tard dans la journée, dans la soirée du 29 juillet, les militants s'en sont pris à la base militaire Beit Lyd où les neuf soldats sont détenus. Selon l'armée israélienne, près de 1200 activistes d'extrême droite ont tenté d'envahir la base.

Le président israélien Isaac Herzog et le Premier ministre Benyamin Netanyahou disent condamner ces manifestations spontanées et ont appelé au calme. L'opposant centriste Yair Lapid parle de tentatives de coup d'État favorisées par la faiblesse de Benyamin Netanyahou et appelle à ce que les ministres ayant pris part à ces manifestations soient démis de leur fonction. Nahama Lazimi, membre travailliste de la Knesset, a annoncé avoir déposé plainte contre Nisim Vattouri et Zizucotte. Merci d'avoir suivi ce bulletin d'information.

Vous le savez, notre candidature à la TNT portée par une alliance inédite de médias indépendants mais aussi par les 4 000 sociétaires de notre coopérative a été rejetée par l'Arcom. Et ce, malgré un dossier solide, original et financé. Alors même que nos médias étouffent sous la domination oppressive de milliardaires, l'Arcom choisit le statu quo. Le groupe Bolloré conserve 6 fréquences sur 15 et bien entendu, ces news de la multicondamnée demeurent.

L'Arcom préfère aussi offrir un canal au milliardaire tchèque Daniel Kretinsky qui s'est enrichi dans le rachat de centrales à charbon hyperpolluantes et qui depuis se construit un empire sur le modèle classique fondé sur l'hyperconcentration médiatique comme avec Marianne, elle ou Franck Tireur. Bref, tout change mais rien ne change. Aucune solution n'est apportée aux problèmes de concentration, de manque de pluralisme et de diversité et des médias TV présents sur ces fréquences qui nous appartiennent à toutes et tous. Mais le média n'est pas seul.

Fort d'une puissante dynamique citoyenne, nous allons tout à la fois renforcer notre projet éditorial et conforter notre modèle, mais aussi engager très vite un recours. Nous exigeons une répartition plus équitable et plus démocratique des fréquences TNT. Signez et partagez notre grande pétition sur tnt.lemédiatv.fr. Force à nous, force à vous qui nous regardez, qui nous partagez, qui nous aimez et qui nous financez. Belle journée sur le média.