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interviewRMC — Face à Face· 18 février 2021 23 min

L'invité de Bourdin Direct : François Bayrou - 18/02

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
François Bayrou

Vous écoutez RMC. RMC Bourdin Direct, Jean-Jacques Bourdin.

0:15
Présentateur

François Bayrou, bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous maire de Pau, président du Modem, haut commissaire au plan. François Bayrou, nous allons parler évidemment proportionnel, vous y tenez, vote anticipé séparatisme, relance économique, islamo-gauchisme, mais, molesse de Marine Le Pen aussi, mais je voudrais commencer avec l'épidémie, Covid-19, stable pour l'instant, le président de la République a fait le bon choix.

0:37
François Bayrou

Il a fait un choix très courageux, et contre beaucoup, beaucoup de spécialistes, entre guillemets, qui recommandaient au contraire le confinement, moi j'ai toujours pensé, vous savez, qu'on ne peut pas mettre un pays sous cloche, sauf conditions qui sont des conditions extrêmes. Ça a été fait, le printemps dernier. Oui, mais peut-être fallait-il à cette époque. Vous vous souvenez, au printemps dernier, on pensait que cette épidémie, c'était une épidémie qui ensuite allait s'arrêter. Une épidémie en une seule vague.

Puis on s'est aperçu que ça n'était pas vrai, et on s'aperçoit aujourd'hui que, peut-être, on est devant une question que nous avons étudiée avec le commissariat au plan, qui est, et si le Covid durait ? Mais on voit bien, en tout cas, qu'il y a une issue et une seule à cette épidémie, c'est la vaccination. On voit bien que la question de la vaccination est une question, au fond, extrêmement simple. Elle dépend uniquement du nombre de doses de vaccins disponibles. Donc de la production industrielle du vaccin. De la production industrielle. Un pays comme le nôtre a tous les moyens de vacciner aussi largement qu'on le voudra dès l'instant que les doses de vaccins existent.

Je prends un exemple. Donc à nous de les produire. Je prends un exemple simple. Il y a 22 000 pharmaciens d'officine en France. Si chacun de ces 22 000 fait 100 vaccinations par mois, eh bien on se trouve à, d'un seul coup d'un seul, 2 200 000 de plus qui sont vaccinés. Et tout ça, sans compter les hôpitaux, les cliniques.

2:23
Présentateur

Alors produisons les vaccins en France et en Europe. Le plus vite possible.

2:27
François Bayrou

Produisons les vaccins. Moi je suis heureux parce que nous allons avoir à Pau une unité de production des vaccins, réalisé par une entreprise française de production, de mise en condition et de conditionnement des vaccins. Il y aura 3 ou 4 sites en France. Je suis très heureux qu'on puisse à Pau en produire des centaines de milliers.

2:52
Présentateur

Bien, François Bayrou, pour l'instant la situation est sous contrôle. Enfin sous contrôle, l'épidémie est stable. En tout cas les chiffres sont encourageants. Bon, l'épidémie est stable. Mais si par hasard, comme le disent beaucoup, beaucoup d'infectiologues, si par hasard l'épidémie remontait, s'il y avait une poussée épidémique, que faire ? Confinement national ou déconfinement locaux ? Comme c'est une stratégie, la stratégie zéro Covid. L'Allemagne d'ailleurs est en train d'épouser cette stratégie. C'est ce qui se fait en Australie, en Nouvelle-Zélande, je ne sais pas, au Vietnam.

3:28
François Bayrou

C'est ce qu'on annonce qui va se faire. Et après tout, c'est une bonne stratégie. Ça consiste à isoler des zones dans lesquelles il n'y a plus de contamination et à rendre ces zones le plus étanches possible, de manière que... C'est une bonne solution. C'est une bonne solution. C'est la solution. Je ne dis pas que c'est la solution. Pour moi, la solution, c'est le vaccin. Oui. Pour moi, la solution pour la réouverture, pour que la vie reprenne. Oui. Et je pense en particulier aux universités. Oui. Et je pense à la culture, à tout ce qui est événementiel.

4:04
Présentateur

Est-ce que vous allez rouvrir les musées à Pau ?

4:06
François Bayrou

Il n'est pas... Moi, je ne veux pas qu'on ait des décisions locales qui ne soient pas en phase avec l'échelon national, mais on est prêts à le faire. On en a parlé évidemment avec les responsables. Vous n'allez pas faire ce qu'a fait Louis Alliot à Perpignan ? Non, vous comprenez. Si on n'est pas solidaire dans une période, une crise comme celle-là, si on ne réfléchit pas tous ensemble, si on essaie de faire de la communication locale, je trouve qu'on n'est pas responsable. Est-ce que le festival de Pau aura lieu l'été prochain ? François Bayrou ? Alors, le festival... Le festival d'été. Il y a plusieurs festivals. Si on peut, évidemment.

Et je répète que, selon moi, c'est lié à la vaccination.

4:51
Présentateur

À la vaccination. Une forme... Alors, une forme de quoi ? De passeport vacciné ? Est-ce que vous êtes pour ou contre ? Vous savez bien... Je n'aime pas trop cette expression, mais ça peut être un certificat de vaccination digitalisé.

5:02
François Bayrou

J'ai toujours défendu cette idée que, comme la vaccination est la clé, on pourra réouvrir rapidement, j'ai indiqué, des secteurs d'activité, dès l'instant qu'on s'assurera que sont vaccinés tous ceux qui veulent y participer. Alors, on dit passeport, certificat, carte de vaccination. Vous savez, quand vous voulez aller en France, en Guyane, vous êtes obligé de produire une carte de vaccination pour la fièvre jaune. Et personne n'a eu le sentiment que la vaccination pour la fièvre jaune était une atteinte aux libertés individuelles. Alors, pourquoi n'ouvrons-t-on pas ce débat en France ? Eh bien, je l'ai ouverte, si vous permettez. Je l'ai ouverte, soutenue.

Je me suis fait copieusement prendre à partie et même insulter assez sévèrement sur les réseaux sociaux. Mais bon, c'est ça le lot de ceux qui essaient de penser un peu à l'avance.

6:01
Présentateur

Le gouvernement semble très réticent, François Bayrou.

6:05
François Bayrou

Le gouvernement tient compte de l'opinion publique. Il y a des avis différents en son sein. Mais la chance qui est la mienne, c'est que je ne suis pas le gouvernement.

6:13
Présentateur

Alors, justement, vous n'êtes pas le gouvernement. Et ça, je pense que nous allons le constater. Parce que, sur certains points... Tiens, par exemple, le fameux vote par anticipation. C'est une bêtise d'avoir comme ça introduit rapidement un amendement au Sénat lors d'une procédure accélérée sur l'organisation de la présidentielle de 2022 ?

6:36
François Bayrou

Alors, sûrement, ça part de bons sentiments. Vous aurez noté que j'ai fait la phrase de consensus. Mais je n'arrive pas à comprendre la manière dont ces débats naissent en France. On est devant une question que, vous savez, j'ai soulevée, nous avons soulevée avec le mouvement démocrate depuis des mois et des années, qui est la recherche de nouveaux moyens d'exprimer le vote alors que l'abstention explose. L'épidémie a fait que beaucoup de gens ne sont pas allés au bureau de vote.

Et pendant ce temps, quand on regarde ce qui se passe dans toutes les autres démocraties du monde, alors on s'aperçoit qu'aux États-Unis, il y a plus de 100 millions d'électeurs qui ont voté par correspondance pour l'élection présidentielle sur laquelle le monde entier avait les yeux fixés. Et on n'a pas pu trouver une seule suspicion. En Allemagne et en Suisse, les élections locales se sont tenues tandis que nous repoussions les nôtres parce qu'ils ont le vote par correspondance. Il n'y a rien de plus simple et de plus sain sur les principes que cette expression du vote. Il y a le vote par Internet. Le président de la République s'était prononcé sur ce sujet.

Le vote par anticipation, bon, je ne sais pas si ça a un avantage ou pas. J'ai plus de points d'interrogation que de réponses dans mon esprit. Pourquoi est-ce qu'on n'a pas une réflexion globale sur ces sujets ? Pourquoi ? Je ne sais pas parce que, je vais vous dire, je crois que tout ça est lié au fait que nous n'avons pas de bonnes règles de représentation, qu'on croit que pour être efficace, il faut être hégémonique, il faut avoir tous les pouvoirs et toutes les majorités. Et en réalité, si vous avez tous les pouvoirs et toutes les majorités, le pays n'adhère pas et vous ne pouvez pas entraîner ou proposer ou imposer une seule réforme sans l'adhésion.

C'est donc un mauvais fonctionnement de la démocratie. C'est un fonctionnement de la démocratie qui est absolument nuisible.

9:04
Présentateur

Mauvais, nuisible. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, le pouvoir est concentré entre une seule main, celle du président de la République et de sa majorité, mais François Bayrou, c'est le cas.

9:13
François Bayrou

J'ai toujours été défenseur de la fonction présidentielle. Oui, non mais... N'est-ce pas ? Peut-être on peut, en deux phrases, revenir à l'idée qui était celle du général de Gaulle quand il a créé la Ve République. Il a dit, nous allons enlever l'exécutif aux manœuvres et combinaisons parlementaires, nous allons le confier à un président de la République élu et ensuite il formera son gouvernement. Écoutez bien cette phrase, entre guillemets, en tenant compte des nuances de l'Assemblée nationale. Il voulait dire que quand vous avez un président élu qui a la légitimité du pouvoir, après il lui est loisible d'élargir, de tenir compte...

9:57
Présentateur

Mais regardez ce qui se passe en Italie. C'est formidablement intéressant. C'est un laboratoire politique. Formidablement intéressant. Absolument. M. Draghi, l'ancien président de la Banque Centrale Européenne, qui s'allie avec qui ? Avec M. Salvini. Non. Non.

10:13
François Bayrou

Comment non ? Votre appréciation n'est pas juste. Ah bon ? Que fait Mario Draghi ? Et je trouve que c'est une expérience formidable. Il réunit autour de lui. Et ça répond à toutes les questions qu'on pose en France, que posent les adversaires de cette règle électorale juste, parce que c'est ça la question. C'est que tout le monde soit représenté. Que vous soyez dans la majorité ou dans l'opposition, vous avez le droit d'être représenté. Que fait Mario Draghi ? Il est devant une assemblée qui est divisée. Eh bien, il réunit les forces différentes pour former un gouvernement d'entente nationale.

10:51
Présentateur

La Ligue, le Mouvement 5 étoiles, M. Berlusconi...

10:56
François Bayrou

Tous ceux qui se sont opposés pendant des décennies, il dit écoutez, moi je suis le chef du gouvernement. Mais c'est possible en France ? Je suis le patron. Mais bien sûr que c'est possible, puisque nous avons l'élection présidentielle. Un gouvernement réunissant toutes ces tendances politiques ? J'aime bien parce que vous répétez ce que j'ai plaidé pendant 20 ans. Non, non, non ! Dès l'instant que vous avez un patron, et le président de la République est un patron, investi de la légitimité que lui donne le suffrage de la majorité des Français. C'est à lui qu'on remet le soin de conduire l'exécutif. Dès l'instant que vous avez ce patron investi de légitimité, il peut élargir.

Qu'est-ce que c'est la proportionnelle ? C'est, il y a une tendance qui a le pouvoir, mais ce mode de scrutin juste l'oblige à tenir compte des autres. À tenir compte même de ceux qui sont dans l'opposition. Bon. Même de ceux qui se sont opposés.

11:56
Présentateur

Alors Marine Le Pen, dans un gouvernement d'Emmanuel Macron, pourquoi pas ? Non, mais vous voyez que les caricatures... Mais non, mais ce n'est pas des caricatures. Jean-Jacques Baudin.

12:05
François Bayrou

Les caricatures empêchent de réfléchir. Oui, oui, d'accord. Donc, il y a en France des majorités. Oui. Il y a des oppositions. Oui. Vous pourrez vérifier quelque chose. Aucune des grandes lois, j'allais même dire aucune des lois marquantes qui ont été adoptées depuis 4 ans, ne l'a été sans qu'il y ait des votes de l'opposition pour ou des abstentions qui lui permettent de passer. Oui. Aucune de ces lois n'a été imposée par la majorité contre l'opposition. Et si on mesure ça, alors on se rend compte que ça n'est pas tant la majorité numérique qui compte. Ce qui compte, c'est d'être capable de rassembler. De rassembler.

Et regarder ce que le Président de la République vient de faire avec sa décision sur on ne confinera pas contre tout le monde. Oui. Eh bien, tout d'un coup, ça a suscité un élan, un soutien, un rassemblement. Mais François Bayrou,

13:01
Présentateur

ça, ça fait des années que vous plaidez pour cette proportionnelle. Oui, mais j'étais minoritaire,

13:06
François Bayrou

mais maintenant, je commence à être majoritaire.

13:08
Présentateur

Vous en avez parlé avec Emmanuel Macron ces derniers jours. Oui. Oui. Et alors ? Est-ce que ça va se faire pour la prochaine législation ?

13:16
François Bayrou

Je n'ai qu'une seule règle. C'est des règles simples. Oui. Quand je parle avec le Président de la République, je ne le raconte pas sur les plateaux de télévision. Oui, d'accord, mais moi, je vous pose une question simple. Est-ce que pour la législative de 2022, ça va se faire ? En tout cas, c'est sur ce point que je me bats. Et c'est dans ce sens que je veux aller. Et quand je mène un combat, c'est parce que je crois qu'on peut le gagner.

13:35
Présentateur

Vous allez y arriver ? J'espère. Je crois.

13:38
François Bayrou

Sincèrement ? Oui, sincèrement. Sincèrement, vous pensez que le Président de la République, aujourd'hui, est à l'écoute ? Je pense qu'il l'écoute. Je pense que c'est un problème qu'il... Il nous regarde, là. Je suis sûr qu'il nous regarde. En tout cas, à côté de son bureau, la télévision est allumée sur votre chaîne. Mais je sais. Mais je sais, je sais. Oui. Quand vous avez... Oui. ...une promesse de campagne... Oui. ...que cette promesse est soutenue par la majorité des forces politiques du pays... Oui. Quelle est la seule condition pour changer la manière dont on gouverne et les rapports entre le pouvoir et le pays ? Et que ça ne coûte rien. Quelle raison y aurait-il de ne pas le faire ?

François Bayrou, est-ce que vous trouvez... Vous avez vu, peut-être, une déclaration. Il y a une force politique qui n'est pas par nature ou par tradition favorable. C'est LR. Mais Gérard Longuet, qui est une des figures les plus importantes de ce courant politique et les plus expérimentés. Gérard Longuet, il a dit, écoutez, c'est le seul moyen de changer la manière dont on gouverne la France. Et on en a follement besoin, puisque le pays tout entier se détourne des urnes et se détourne de l'attention à ce qui se passe à l'Assemblée nationale. Alors, si c'est un pas à faire, c'est maintenant qu'il faut le faire. Allons-y. Est-ce que vous trouvez Marine Le Pen molle ?

Ne me mêlez pas à des polémiques dont je ne suis pas partie prenante. J'en ai suffisamment pour mon compte.

15:11
Présentateur

Mais c'est quoi ces cyniques, ce propos de Gérard Darmanin ? Non, c'est des débats. C'est une tactique politicienne.

15:18
François Bayrou

Ce sont des pics de débats comme il y en a. C'est habile ?

15:20
Présentateur

C'est habile ou pas ? Vous connaissez bien la politique. C'est habile ou pas, François Bayrou ?

15:24
François Bayrou

Je connais suffisamment la politique pour penser qu'il faut en parler sur le fond. Le reproche qu'on peut faire à Marine Le Pen, c'est que ces prises de position sont destinées à diviser le pays. À faire en sorte que flambent les oppositions à l'intérieur du pays. C'est sur des questions qui sont extrêmement difficiles, l'immigration, l'identité, et qu'on doit traiter, qu'on doit traiter, hein ? Mais qu'on doit traiter avec la sérénité suffisante pour qu'au bout du chemin, toutes les sensibilités reconnaissent qu'on les a prises en charge réellement.

16:06
Présentateur

Alors franchement, François Bayrou, c'est bien parce que vous me conduisez... Oui, c'est moi qui conduis l'interview, c'est ça pour vous dire... Non, non, non, non, la question suivante. Est-ce que vous trouvez franchement la loi dite séparatisme utile ? Oui. Utile ? Je pense qu'il y a...

16:22
François Bayrou

Complète ? Il y a un certain nombre de maires ou d'administrations qui sont désarmées devant des conduites qui sont des dérives.

16:33
Présentateur

Alors pourquoi tant de réticences des autres, de toutes les religions ? Si, François Bayrou, si.

16:39
François Bayrou

Bon. Qu'est-ce que dit cette loi ? Et au fond, qu'est-ce que dit la grande tradition de la laïcité française ? Et j'en parle, comme vous savez, comme un défenseur de la laïcité et comme quelqu'un qui est croyant. Oui. Et donc, qu'est-ce qu'elle dit cette loi ? Elle dit... Il y a une séparation des responsabilités et une religion ne peut pas faire la loi. Une religion, c'est une foi. C'est très important pour des familles et pour des personnalités. Mais la religion accepte de vivre dans cette France dans laquelle la loi est pour tous et la foi de chacun est respectée.

17:23
Présentateur

Mais lors des débats, de quoi t'on parlait essentiellement pendant 15 jours ? Du voile ou pas du voile ? Franchement, vous avez trouvé les débats à la hauteur du problème ? Je n'aime pas juger comme ça. Non, mais moi, je juge. En tout cas, je juge une chose. Vous dites, vous dites... Pardon, je vous coupe, François Bayrou, parce que sur ces questions-là, je vous cèterai très en pointe. Lors des sorties scolaires, peu importe que certaines mamans soient voilées, expliquent les responsables des écoles catholiques qui parfois, catholiques sous contrat, qui parfois ont 70% d'élèves de confession musulmane, dont les parents sont musulmans. Voilà ce que disent ces responsables.

Et ces responsables d'écoles catholiques disent, que viennent chercher ces parents musulmans ? Ils viennent chercher l'espérance à un endroit où l'on parle de Dieu. À l'endroit où l'on parle de Dieu.

18:13
François Bayrou

Oui, ils viennent chercher du respect. Du respect. Et franchement, la manière dont on enseigne et dont on parle des enfants qu'on a en face de soi et de leurs parents, ça devrait être le bien commun de l'école privée et de l'école laïque, de l'école publique. Ça devrait être la même chose.

18:42
Présentateur

Et on devrait voir la mère de famille avant le foulard ?

18:44
François Bayrou

Pour moi, la laïcité, c'est ça. La laïcité, ça veut dire qu'il y a une compréhension mutuelle. Qu'on comprend ce que c'est une mère de famille issue d'une tradition. Qu'on comprend ce que c'est un enfant qui cherche à s'en émanciper assez souvent. Comprenez, l'autre nom de la laïcité, c'est le respect.

19:11
Présentateur

François Bayrou, est-ce que l'islamo-gauchisme gangrène la société ? Et l'université qui n'y serait pas imperméable, c'est ce que dit la ministre Frédéric Vidal.

19:23
François Bayrou

Bon, j'observe beaucoup l'université française. Et ça ne me paraît pas être le premier problème de l'université française. On est aujourd'hui devant des questions qui sont des questions extrêmement lourdes. Avec des étudiants qui n'ont pas vu d'enseignant physiquement depuis des mois et des mois. Et c'est particulièrement grave pour les étudiants qui entrent. Qui entrent pour la première fois à l'université. Dans lesquels, des moments dans lesquels la vie se joue. On découvre des amis, on se fait des amis pour la vie. Certains sont épanouis, d'autres sont introvertis, ont du mal à rencontrer. C'est souvent la première fois qu'ils sortent de leur famille.

Et tout ça en même temps qu'on découvre une discipline, une pensée et une science. Qui se fait aussi à l'université, par la recherche. Eh bien, le sentiment qui est le mien, c'est qu'on ne peut pas aujourd'hui considérer que l'université soit devant ce genre de questions. Centrée perpétuellement autour de l'islam ou d'une religion. C'est pas comme ça que je le ressens. En tout cas, dans les universités que je connais, c'est pas comme ça que ça se passe.

20:41
Présentateur

J'ai une dernière question, François Bayrou, sur la relance. Parce qu'on parle des étudiants qui souffrent pour beaucoup. La relance, cette relance. Vous plaidez pour un plan de reconquête de l'appareil productif. Que vous allez présenter.

20:55
François Bayrou

Oui. Je vais d'abord présenter dans les heures qui viennent, quelques jours qui viennent, une note sur la dette. Comment peut-on assumer la dette qu'on a été obligé de contracter pour la solidarité, pour sauver le pays devant l'épidémie et pour soutenir un certain nombre d'activités. On vient de parler de l'aéronautique sur votre écran, avec la catastrophe que ça suppose et l'espoir qu'on a que ça reparte. Mais l'observation que je fais est celle-ci. On a le modèle social le plus généreux du monde. Oui. Simplement, un modèle social, il faut qu'il puisse être financé. Et nous n'avons plus l'appareil productif qui permet de financer ce modèle social.

Alors, il faut donc un plan d'urgence, j'appelle ça un plan Marshall, de reconquête de l'activité productive, de l'industrie, de l'agriculture, des services, pour qu'on ait la capacité de porter ce modèle social. On ne peut pas accepter que la France, c'est terrible à dire, soit, ait le commerce extérieur qui fait que nous avons 65 ou 75 milliards de déficits du commerce extérieur, pendant que l'Allemagne a 220 milliards d'excédents du commerce extérieur. Les Allemands ne sont pas plus forts que nous. Le plan présenté ? Oui. On a deux impératifs auxquels il faut répondre. Premier impératif, comment finance-t-on les dizaines, centaines de milliards qu'on a dépensés pour la solidarité ?

Et deuxièmement, comment finance-t-on le plan de reconquête qui fasse que notre production et notre production industrielle remontent peu à peu dans le produit intérieur du pays, pour qu'on puisse assumer notre rang, d'abord, et notre financement du modèle social. Merci, François Bayrou. Merci à vous.

22:51
Présentateur

On est très venu nous voir ce matin à RMC BFM TV. Merci à vous.