Les Russes à Pokrovsk, Koupiansk et Vovchansk / Le sommet Trump-Poutine tombe à l'eau
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- 0:30Sébastien GobertFait
« Selon le média Axios, Donald Trump et Vladimir Poutine ne prévoient pas de se rencontrer dans un futur proche. »
- 3:00Sébastien GobertFait
« L'offensive d'été des Russes n'a certes pas abouti, mais ce n'est pas non plus un échec aussi irrémédiable que ce que l'on entend ici et là. »
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Après plusieurs mois d'infiltration par des petits groupes de reconnaissance ou d'assaut, les Russes sont désormais bien présents dans les villes de Pokrovsk, Wovchonsk et Kouansk. Trois villes qui ne sont pas encore tombées et le contrôle de tel ou tel quartier est plus qu'aléatoire. Les situations sont extrêmement mouvantes.
Mais en tout cas, ça montre que les Russes continuent d'avancer, continuent de grignoter du territoire ukrainien. Et si on prend en compte la nature de cette guerre, cela montre que l'offensive d'été des Russes n'a certes pas abouti, mais ce n'est pas non plus un échec aussi irrémédiable que ce que l'on entend ici et là. Bonjour à tous, c'est Sébastien et bienvenue dans cette nouvelle vidéo que je commence juste donc avec une actualité que j'ai vu juste avant de m'enregistrer.
Donc on est le 21 octobre au soir et selon le média Axios, Donald Trump et Vladimir Poutine ne prévoient pas de se rencontrer dans un futur proche. Donc le sommet à Budapest tombe visiblement à l'eau et tout cela à cause d'un coup de fil entre Marco Rubio et Serge Lavrov hier qui s'est visiblement très mal passé puisque les Russes n'ont pas bougé d'un Yota sur leurs exigences maximalistes parce que comme les fois précédentes, Donald Trump a pu comprendre que Vladimir Poutine voulait la paix. Mais la paix que veut Vladimir Poutine, ça n'est pas un cesser le feu, ça n'est pas un compromis, c'est l'acte de rédition inconditionnel de l'Ukraine.
Et donc évidemment quand on entre dans les détails comme ont pu le faire Marco Rubio et Serge Lavrov hier, et bien on se rend compte que ça va pas passer. Donc voilà, le sommet à Budapest visiblement tombe à l'eau. On attend donc le prochain numéro du cirque Trumpien.
En tous les cas, j'enregistre cette vidéo aujourd'hui parce que j'ai envie d'aller un peu à contre-courant de tout un tas de discours que l'on a pu entendre ces dernières semaines sur l'échec de la contreoffensive russe de cet été. Et ce sont des analyses qui sont en général assez arrogantes, assez moqueuses et qui visent à mettre en lumière les failles de l'armée russe et de la Russie en général. Et effectivement, il y a beaucoup de failles hein sur cette chaîne.
On a beaucoup parlé des pénuries d'essence, des problèmes économiques, des réserves financières qui commencent sérieusement à manquer. Maintenant, on commence aussi à avoir des doutes sur les capacités des Russes à recruter pour compenser leur pertes sur le terrain puisque on voit que pas mal de régions en Russie réduisent les salaires et les primes qui étaient accordées aux recrues. Et donc ça veut tout simplement dire qu'il y a moins d'argent à distribuer aux soldats et ça veut aussi dire qu'il y a moins de motivation pour les hommes russes à rejoindre l'armée. et ça alimente tout un tas de spéculations sur une prochaine vague de mobilisation qui serait décrétée par le créelin.
Et donc il y a effectivement tout un tas de faiblesses du côté russe mais elles sont tout aussi criantes du côté ukrainien et le simple fait que les Ukrainiens n'ient pas réussi à empêcher cette percée entre Pokrovsk et Dobropilia au mois d'août et qu'il soit encore aujourd'hui occupés à réduire ce saillant montre bien qu'ils ont des cruelles manques en capacités et en ressources humaines pour tenir ce front de 1400 km de long et pour mener des opérations offensives. Donc dans cette vidéo, moi ce que j'aimerais faire c'est démonter un peu ce discours narquis sur la faillite de l'offensive russe et puis ensuite à la fin de la vidéo, je vais parler de la situation un peu plus concrètement à Pokrovsk, à Vovchantsk et à Kupiansk. Donc là, comme j'ai dit, ça fait déjà quelques semaines que l'on entend ce jour du discours, donc à la fin de l'été.
Mais c'est un article de Z économiste qui date d'il y a à peine quelques jours qui m'a vraiment mis en rogne puisque à en croire le magazine britannique, ça a été la saison offensive la plus désastreuse pour l'armée russe depuis 2022 avec beaucoup d'efforts, beaucoup de pertes qui ne se sont traduits que par des gains territoriaux très limités. 0,4 % du territoire ukrainien. Sur cette carte, vous voyez bien les territoires qui ont été conquis depuis mai 2025 et effectivement même une ville comme Pokrovsk qui comptait 60000 habitants avant 2022 n'a pas été conquise.
Et ça c'est une situation qui est admise en Russie et qui est même relayée sur plusieurs plateaux de télévision. Tout cela traduit l'attrition des forces russes qui encore une fois nadégale que l'attrition des forces ukrainiennes. Dans ce contexte de guerre d'épuisement, il faut vraiment voir lequel des deux combattants va rester debout 10 secondes de plus que l'autre.
Mais malgré tout, non seulement les Russes ont continué à avancer, donc maintenant ils sont bien présents dans les trois villes que j'ai déjà évoqué. Mais on peut aussi parler reparler de la situation dans le blasque de Nipopetrovsk où là les Russes avancent à un rythme soutenu puisque il s'agit principalement de zones rurales et d'un paysage de step. Mais c'est vraiment l'estimation temporelle de Z économiste qui m'a posé problème puisque selon ce magazine, il faudrait à ce rythme là 103 ans pour que les Russes conquèrent toute l'Ukraine.
Et ça c'est une estimation qui est faite explicitement pour ridiculiser l'adversaire, donc les Russes, mais aussi pour nous réconforter nous en tant qu'européen, pour qu'on se dise "Ah, ils sont trop nuls, ils ne vont jamais y arriver, en tout cas pas de notre vivant." Et dans l'intervalle, quelque chose va se passer. Vladimir Poutine va mourir et en fait tout ça va prendre tellement longtemps qu'on peut passer à autre chose.
C'est la stratégie qu'a adopté Victor Orban qui n'arrête pas de répéter que les Européens n'ont pas besoin d'investir dans leur défense, qu'ils devraient se concentrer sur d'autres aspects de l'économie puisque de toutes les manières ils sont bien plus forts que les Russes et donc il y a vraiment pas besoin de s'inquiéter. Mais c'est aussi et là c'est plus grave une sortie récente de Marc Routeux, donc le secrétaire général de l'OTAN qui a assuré qu'il ne fallait quand même pas prendre les Russes trop au sérieux et que d'ailleurs si les Européens n'abattaient pas les avions russes qui violaient l'espace aérien européen, c'est tout simplement parce que les Européens sont tellement plus forts, l'OTAN est tellement plus forte que la Russie que ça ne vaut vraiment pas le coup d'abattre ces avions. Et tout ça.
Donc cette estimation sur 103 ans ou cette bravade de marque routeux, c'est vraiment absurde de mon point de vue puisque si on parle donc de cette estimation de 103 ans, c'est une projection qui ne prend pas en compte l'attrition des ressources et notamment la donnée des ressources humaines qui ne sont vraiment pas infinies et ça que ce soit d'un côté ou de l'autre de la ligne de front mais qui d'un simple point de vue des logiques de la guerre ne prend pas en compte les phénomènes d'amplification qui suivent le dénouement de certaines bataille. Par exemple, si Provsk tombe, il est évident que les Russes auront une période où ils avanceront un peu plus vite que maintenant, tout simplement puisque il n'y aura plus d'obstacle urbain sur leur route entre Pokrovsk et Petropavlivka et Pavlovrat. Ou encore, si on va vraiment dans la caricature, on peut se dire que quand il ne restera plus aux Russes que la Transcarpatie à conquérir, et bien évidemment, ils avanceront à un rythme différent de celui actuel. tout simplement parce que les Ukrainiens auront une défense bien moindre à leur opposé.
Et ça, je pense que c'est un discours vraiment dangereux pour nous en tant que européen. Et cette bravade de Marc Route fait complètement abstraction du fait que les Russes sont à la manœuvre depuis déjà une vingtaine d'années pour saper les fondements de la sécurité sur le continent européen, de l'Alliance Atlantique, de nos systèmes politiques et économiques. Ça fait aussi complètement abstraction du fait que derrière la Russie, il y a la Chine et ça implique aussi que les Russes n'avancent que de manière linéaire finalement comme dans un espèce de jeu vidéo où il devraient terminer un niveau avant de passer à un niveau suivant et donc en fait queil devrai en terminer avec l'Ukraine avant de pouvoir relancer une agression ailleurs.
Et ce genre de discours en fait, ça n'apporte que un confort mental qui est tout à fait futile et qui fondamentalement ne vise qu'à dissuader les Européens de prendre conscience de cette menace qui est pourtant articulée comme telle par le Kremelin et qui en fait ne fait que se retourner contre les Européens puisque on voit que la situation objective de l'Europe ces 20 dernières années n'a fait que se précariser et s'affaiblir. Donc voilà, ça c'est pour le niveau méta, ça c'est pour le niveau macro, mais dans l'immédiat, ça nous empêche aussi d'y voir clair sur la situation sur le terrain puisque on se complet et je le vois beaucoup sur les réseaux sociaux dans l'idée que Pokrovsk n'est pas encore tombé, dans l'idée que Vladimir Poutine avait ordonné à ses soldats de saisir l'entièreté du Donbas, donc les oblastes de Donetsk et de Lugansk d'ici la fin de l'année. Et là, on voit que ça n'est tout simplement pas réalisable dans les de mois qui restent, étant donné que même si Pokrovsk tombe, il resterait aux Russes à prendre les gros morceaux de Constantinfka, Droukfka, Kramatorsk et Slaviansk.
Mais justement, se complaire dans l'idée d'un échec des Russes à prendre une ville comme Pokrovsk, ça nous empêche de voir qu'en fait les Russes sont désormais bel et bien présent dans la ville et que ce soit là ou à Wovansk ou à Kouansk, des dispositifs de défense qui semblaient ultra solides ont été percés. Alors la présence de ces troupes russes dans ces trois villes, elle n'est pas nouvelle puisque on a vu des éléments russes apocrovs que depuis juin, dans Coupiansk depuis août et dans la partie sud de VOcch depuis le mois de septembre. Mais jusqu'ici présence ne voulait pas dire consolidation ou contrôle pérenne d'une partie de la ville parce que la plupart de ces infiltrations étaient le fait de petit groupe de soldats, donc entre 2 et 10 hommes qui étaient entrés en se faufilant à travers les positions ukrainiennes ou encore en rampant à travers des gazaux du comme ça a été le cas à Kouyansk.
Mais aujourd'hui, on parle vraiment de consolidation de leur présence. On voit que c'est vraiment bien plus structurel que des petits groupes d'infiltration. Alors que ce soit à Pokrovsk ou à Kupansk, Vovansk, c'est encore une situation un peu à part puisqu'il y a la frontière russe tout proche.
La situation reste extrêmement confuse et on peut bien avoir des groupes russes dans une partie de la ville ou des groupes ukrainiens dans leur dos et ce rapport de force peut s'inverser d'un jour à l'autre. Et dans ces batailles urbaines comme sur plusieurs zones de la ligne de front, on est très très loin de la clarté des batailles comme celle de Bachmouth, d'Avdfka ou de Vougled qui avaient chacune leur propre logique mais qui était quand même un peu plus facile à suivre de patine de maison en paté maison. En tous les cas, pour les Ukrainiens, à partir du moment où ils ne peuvent pas inverser la tendance de l'infiltration de ces Russes dans ces trois villes et visiblement ils ne le peuvent pas, alors la problématique c'est de savoir s'extirper, c'est de savoir s'exfiltrer au bon moment pour économiser leurs troupes.
Puisque pour l'Ukraine, encore plus que pour la Russie, le futur de la guerre sera vraiment déterminé par ce facteur humain. Bon, ça évidemment on verra si et quand l'ordre d'évacuation est finalement donné. Mais donc je reviens à ce constat d'une avancée russe, d'un grignotage russe.
À part ces infiltrations dans les trois villes que j'ai mentionné, on voit aussi que les Russes s'approchent de quatre autres villes : Liman, Siverersk, Constantinfka et Mynograde. Et donc ce qui fait que en tout cet hiver, on pourrait assister à pas moins de sep batailles urbaines. Et donc oui, les Russes accusent beaucoup de pertes matérielles et humaines.
Et oui, leurs gains territoriaux sont très loin de ce que l'on pouvait attendre, de ce que l'on considérait il y a encore peu comme la deuxième armée du monde. Et comme je l'ai dit déjà beaucoup sur cette chaîne, l'Ukraine ne va pas s'effondrer du jour au lendemain et il est fort possible que les forts offensifs russes se relâchent à un moment donné puisque ça fait déjà un an et demi que les Russes mènent des poussées continues. Mais en tous les cas, la tendance est réelle, les Russes avancent et on ne peut pas, comme l'a dit Marc Routeux, ne pas les prendre au sérieux.
On peut pas non plus attendre une solution miracle à ce conflit, que ce soit par la parole performative de Donald Trump ou par un autre événement exogène. Et quand je dis on, je parle évidemment des dirigeants européens. Et là, c'est intéressant, je vois aujourd'hui cet article sur le nouveau livre de Yens Stoltenberg, donc l'ancien secrétaire général de l'OTAN, qui regrette maintenant qu'il n'est plus en fonction que l'Alliance Atlantique a failli à ses engagements en 2023 et en 2024 et que les Étatsmembres ont retardé des livraisons d'armes à l'Ukraine, qu'ils ne l'ont pas aidé suffisamment ou encore qu'ils n'ont pas pris des décisions suffisamment fermes.
Et ça évidemment pour Jens Stoltenberg, c'est facile de le dire maintenant puisqueil n'est plus en fonction. C'est en général ce qu'on fait. On écrit ses mémoires pour reconnaître les erreurs des autres et pour tenter de justifier son action politique.
Mais au vu des évolutions politiques des derniers mois, on peut imaginer que ce genre de manquement est toujours d'actualité au sein de l'Alliance Atlantique et au sein évidemment des Étatsmembres de l'Union européenne. Et les manquements d'hier, on envoie les résultats aujourd'hui. On ne peut qu'imaginer ce que les manquements d'aujourd'hui produiront demain.
Parce que clairement, si on se complète dans l'idée qu'il faudrait 103 ans au Russes pour conquérir toute l'Ukraine, la situation ne peut pas s'améliorer d'elle-même. Voilà, je m'arrête ici. Merci d'avoir regardé cette vidéo jusqu'au bout. style et je vous retrouve très vite.