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Autrefranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 10 août 2026 19 minMixte

Dérèglement climatique, incendies, présidentielle... Le "8h30 franceinfo" d'Othman Nasrou

Audio original de l'émission.

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  • Pierre Larrouturou76 %
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0:00
Présentateur

Bonjour Otman Nassrou, merci d'être avec nous, vous êtes le secrétaire général du parti Les Républicains, ancien secrétaire d'Etat chargé de la citoyenneté et de la lutte contre les discriminations. Vous êtes aussi l'un des principaux soutiens de Bruno Rotaillot, candidat à la présidentielle, et on entre donc à partir d'aujourd'hui dans une cinquième vague de chaleur. Bruno Rotaillot au pouvoir, c'est quelles mesures pour lutter contre le dérèglement climatique ?

0:24
Pierre Larrouturou

C'est en réalité le seul véritable chemin pour s'adapter à ce changement climatique qui est aujourd'hui une réalité, on le voit bien, un chemin qui soit réaliste, pragmatique, qui ne soit pas punitif. Parce qu'aujourd'hui, je constate que depuis des années, nous sommes enfermés dans le débat public avec une écologie guide politique, quitte en réalité une simple idéologie qui nous a menés dans le mur. Je pense par exemple au nucléaire. On voit aujourd'hui combien l'électricité, l'électrification de nos usages est un sujet essentiel pour la décarbonation. Quelle est la famille politique la seule à avoir constamment défendu le nucléaire ? C'est la droite, ce sont les Républicains.

Et donc Bruno Rotaillot veut remettre évidemment le nucléaire au cœur de notre politique énergétique. Ça veut dire bien sûr s'adapter au changement climatique, mais par une écologie de progrès.

1:04
Locuteur 4

Sans les éoliennes simplement sur le nucléaire ?

1:05
Pierre Larrouturou

Sur les éoliennes, sur les énergies renouvelables, il ne sert à rien aujourd'hui de les subventionner massivement. Ça fait augmenter le prix de l'électricité pour nos concitoyens, il faut l'entendre, alors que nous n'avons pas besoin que ce soit l'argent public qui porte les énergies renouvelables. Il peut y en avoir, mais la politique énergétique essentielle, c'est le nucléaire et c'est l'hydroélectricité également.

1:22
Présentateur

Les énergies renouvelables sont une part non négligeables du mix énergétique aujourd'hui en France ?

1:27
Pierre Larrouturou

Le problème, c'est qu'on a voulu faire des énergies renouvelables au détriment du nucléaire. Je vous rappelle qu'il y a eu la fermeture de Fessenheim, c'était au début du quinquennat d'Emmanuel Macron, avec d'ailleurs Edouard Philippe qui a aussi signé le décret de fermeture de Fessenheim. Il y a eu également la fermeture programmée de 12 réacteurs nucléaires. On a sabordé la filière nucléaire parce qu'on a cédé au chantage de ceux qui se disent écologistes. Moi, je vous dis, il y a un autre chemin de progrès, d'investissement. Oui, il faut débroussailler les forêts.

Oui, il faut des réserves d'eau parce que quand il pleut beaucoup l'hiver et qu'il y a de la sécheresse en été, c'est intelligent de stocker l'eau. Oui, il faut investir, je l'ai dit, sur notre nucléaire qui nous donne un atout compétitif majeur au moment où on a besoin d'électricité. Mais il faut arrêter l'idéologie, il faut arrêter la punition qu'on inflige aux Français et qui ne mène à rien en réalité en matière climatique.

2:16
Locuteur 4

Ça vous inquiète, vous, le réchauffement climatique ?

2:18
Pierre Larrouturou

Bien sûr, c'est une réalité. Et il faut qu'à la fois, on essaie de l'atténuer, je l'ai dit, décarboner notre économie. Nous avons des atouts pour cela en France. Et puis, il faut aussi s'adapter parce que malheureusement, nous allons vivre dans un monde où il fera de plus en plus chaud.

2:30
Locuteur 4

3 millions de Français se disent éco-anxieux. C'est 1 million de plus qu'il y a 2 ans. Écoutez Marie, elle a 28 ans, elle est avocate à Paris.

2:38
Locuteur 1

On se rend compte que d'année en année, c'est de pire en pire. Moi, j'ai carrément perdu espoir. Je ne sais pas comment les choses peuvent bouger. Et en fait, c'est ça qui rend anxieux. Je n'ai absolument pas envie de mettre sur Terre des petits êtres qui vont devoir réguler leur corps sur des températures qui ne sont juste pas supportables humainement parlant.

2:53
Locuteur 4

Anxieuse Marie au point de ne pas vouloir d'enfants. C'est de plus en plus fréquent. Qu'est-ce que ça vous inspire ?

2:57
Pierre Larrouturou

Je pense le contraire. Je pense que si l'homme est une partie du problème, l'homme est aussi une partie de la solution. Et qu'on a montré dans l'histoire de l'humanité notre capacité aussi à trouver des solutions. Et des solutions, il y en a. Je viens de vous le dire. Nous avons déjà en France l'électricité quasiment la plus décarbonée au monde. Donc aujourd'hui, ce changement climatique, la part de la France dans ce changement climatique, elle est très faible. Et nous devons continuer à donner l'exemple. Mais il faut s'adapter. Et nous pouvons avoir des enfants. On en a besoin pour porter précisément l'avenir de notre pays. Et je le rappelle là aussi.

Regardez tout ce qui se passe dans les communes, dans les territoires, où vous avez des élus, souvent de droite, qui font de l'écologie de manière pragmatique, qui investissent. En Ile-de-France, par exemple, avec la région, nous sommes en train de rénover quasiment tous nos lycées. Nous portons le plus grand plan d'investissement des lycées, avec bien sûr des lycées qui étaient parfois des passoires thermiques, aujourd'hui qui sont isolés, qui sont de haute qualité environnementale.

3:45
Présentateur

Mais comment on s'adapte sans contrainte, et notamment sans contrainte budgétaire ? Réadapter les lycées, comme vous le dites, en Ile-de-France, ça coûte cher.

3:53
Pierre Larrouturou

Mais c'est pour cela qu'il faut, en parallèle de cette adaptation au changement climatique, une vraie politique de libération des énergies. Une politique, moi j'assume le terme, de croissance. Une politique où on est fier de nos entreprises, de nos entrepreneurs. Notre drame, c'est qu'en même temps que nous devons faire face à des défis immenses, nouveaux, nous avons paupérisé notre pays comme jamais. Nous avons oublié que la richesse, avant de la distribuer, il fallait d'abord la créer. Et aujourd'hui, nous avons effectivement une situation budgétaire qui est extrêmement difficile. Nous allons peut-être en parler.

4:20
Locuteur 4

Et vous assumez de faire le climat l'une de vos priorités ?

4:23
Pierre Larrouturou

Oui, mais à condition de le faire, encore une fois, d'une manière qui soit utile aux Français et pas qu'ils les punissent. Et pendant des années, on s'est trompé de chemin. Quand on a voulu arrêter tout projet d'infrastructure, quand on a voulu arrêter tout développement économique d'un certain nombre de territoires, on s'est trompé. Alors qu'en réalité, on peut très bien faire le développement économique et faire l'adaptation au changement climatique. C'est même par des projets d'investissement qu'on s'adapte le mieux au changement climatique. On le voit en ce moment avec tout ce qui se passe. Et je vous ai donné un certain nombre d'exemples.

Quand on parle de bouilloire thermique, eh bien oui, il faut porter une politique, pas simplement d'isolement des logements face à l'hiver, mais aussi évidemment de la capacité de pouvoir climatiser. Climatiser parce qu'on en a aussi besoin.

5:01
Locuteur 4

Mais est-ce qu'on arrive à la neutralité carbone en 2050 avec votre programme ? Et je rappelle l'objectif de l'accord de Paris.

5:07
Pierre Larrouturou

Je vous rappelle qu'avec notre énergie nucléaire, précisément, nous sommes l'un des rares pays au monde qui peut se rapprocher le plus possible de la neutralité carbone. Et nous sommes déjà particulièrement exemplaires. Ce qui me préoccupe, c'est notre capacité à convaincre d'autres pays à suivre le même chemin. Et aujourd'hui, il ne faut pas faire croire aux Français que c'est ce qui se passe en France qui provoque ces feux de forêt et cette canicule. C'est une donne mondiale. Et nous, nous sommes déjà particulièrement vertueux.

Donc il faut qu'on arrête de mettre des boulets au pied de nos producteurs, de nos chefs d'entreprise, parce que c'est par précisément de la croissance, de l'investissement et du progrès que nous allons nous sortir de cette crise environnementale.

5:44
Présentateur

Vous avez aussi parlé climatisation. Otman Nassrou, ça, ça ressemble beaucoup au programme du Rassemblement National, non ?

5:50
Pierre Larrouturou

Je ne crois pas que le Rassemblement National ait inventé la climatisation.

5:53
Présentateur

Ils ont un grand plan climatisation.

5:55
Pierre Larrouturou

Écoutez, le Rassemblement National a à peu près dit tout et n'importe quoi sur ce sujet. Il y a quelques années, ils n'hésitaient pas à s'afficher comme quasiment climato-sceptiques. En tout cas, ils avaient beaucoup de scrupules sur ce sujet-là. Moi, je ne partage pas avec eux leur projet. On a des divergences énormes.

6:10
Locuteur 4

Vous avez beaucoup de points communs dans votre projet sur le climat.

6:13
Pierre Larrouturou

Je ne crois pas. Je pense que le Rassemblement National a dit tout et son contraire. Donc, à un moment ou à un autre, vous avez l'impression qu'ils disent la même chose. Mais je vous le rappelle, sur l'énergie nucléaire, Marine Le Pen disait, en 2017, disait que c'était dangereux, que l'énergie nucléaire était dangereuse. Donc, moi, je veux bien croire que maintenant, ils sont pro-nucléaire. Mais enfin, à l'époque, nous étions les seuls à essayer de tenir tête à ce mouvement d'un peu de l'opinion également, mais aussi d'un certain nombre d'activistes qui voulaient en finir avec le nucléaire. C'était une erreur majeure que nous allons payer encore pendant des années.

Donc, voilà, je vous rappelle que là aussi, nous avons de grandes divergences avec le Rassemblement National. Donc, voilà, maintenant, la climatisation, c'est une réalité. Elle sauve des vies. On en a besoin dans un certain nombre de lieux. Partout ? Hôpitaux ? Crèches ? Écoles ? Mais on ne va pas laisser des malades à l'hôpital, dans la canicule, nos personnes âgées dans les départs. Vous climatisez quel type ? Quel type d'habissement ? La climatisation sauve des vies aujourd'hui. Donc, là où il y en a besoin, il faut pouvoir le faire. Et encore une fois, nous avons la capacité de le faire grâce à notre électricité.

Et je regrette là aussi les propos de la ministre Barbu qui a eu cette phrase sur la climatisation qui était extrêmement mal comprise, tout comme d'ailleurs sa non-démission a été mal comprise. Je crois que c'est un spectacle qui n'honore pas la politique et je crois qu'il faut qu'on soit pragmatique.

7:21
Présentateur

Haute-Mann Nasseroui, il y a eu aussi un méga-feu en Gironde qui a marqué les esprits fin juillet, plus de 40 000 hectares brûlés. Mais il y a encore des hectares qui brûlent au moment où on se parle ce matin, notamment en Lauserre ou dans la Drôme. Comment, selon vous, est-ce que Laurent Nouniez, le ministre de l'Intérieur, a géré cette crise autour des incendies cet été ?

7:41
Pierre Larrouturou

Moi, je ne veux pas faire de politique politicienne sur ce sujet-là. Tout le monde a été très mobilisé. Je pense notamment à nos sapeurs-pompiers dont plusieurs dizaines ont été blessés. Il y a eu des décès dans leur rang également. Donc, je veux leur rendre hommage. Et puis, à tous ceux qui ont été évacués ou qui ont perdu leur maison, c'est arrivé dans des circonstances absolument terribles. Est-ce que nous sommes suffisamment préparés à cette situation-là ? Évidemment, non. La menace a changé. Aujourd'hui, nous avons des grands feux que je ne connaissais pas il y a quelques années. Donc, il faut qu'on s'adapte. Je vais vous donner des exemples.

Pendant des années, les écologistes refusaient le débroussaillage. Or, le débroussaillage nous permet de mieux lutter. Certaines associations écologiques, certaines associations écologistes, refusaient qu'on puisse entretenir nos forêts. Nous en avons besoin. Nos agriculteurs jouent un rôle majeur dans la préservation de l'environnement et dans l'aménagement de notre territoire. Il faut, là aussi, travailler main dans la main avec eux. Donc, il faut qu'on soit beaucoup plus pragmatiques. Et puis, je note qu'il y a des choses qui ont fonctionné. Il faut aussi le dire. Là aussi, je rends hommage à nos forces de sécurité. Je pense à l'évacuation qui s'est bien passée.

Quand même, une évacuation de plus de 220 000 personnes, on n'avait jamais connu ça et ça a été bien organisé. Donc, les services de l'État de ce point de vue-là ont été au rendez-vous. Maintenant, il faut s'adapter à cette menace. Et oui, il faut investir davantage, y compris dans les équipements. Bruno Retaille, ministre de l'Intérieur, avait inscrit au budget, avait obtenu l'inscription budget de deux Canadaires supplémentaires qui vont arriver malheureusement dans quelques années puisque c'est des commandes qui auraient dû être faites avant. Mais nous sommes là aussi en train de s'équiper.

9:05
Locuteur 4

Par Gabriel Attal à l'époque où Bruno Retaille était ministre de l'Intérieur. Est-ce qu'il faut un ministre qui gère la sécurité civile ? C'est ce que proposait hier sur France Info, Stéphane Lécière-Mezba, délégué syndical Sud-10 de Lyon.

9:18
Locuteur 3

La vérité, c'est que le ministère de l'Intérieur ne peut pas gérer les sapeurs-pompiers. Il faut un vrai ministre qui gère la sécurité civile en France. Monsieur Nunes, c'est le premier flic de France. Ça, il n'y a aucun problème. Mais on ne peut pas dire que c'est le premier sapeur-pompier de France, en fait. Donc là, il y a un problème, ce n'est pas de sa faute à lui, mais il ne peut pas gérer un coup d'immigration, un coup les violences, un coup les attentats, un coup les pompiers. Enfin, à un moment donné, on vous a dit qu'on n'était pas des héros et lui, ce n'est pas un héros non plus, en fait.

9:38
Locuteur 4

Alors, vous étiez secrétaire d'État au ministère de l'Intérieur au moment, il y a encore deux ans. Donc, est-ce que c'est une bonne idée de créer un nouveau ministère pour la sécurité civile ?

9:46
Pierre Larrouturou

Je ne crois pas que la solution, à chaque fois qu'on a un problème à traiter, ce soit de créer un ministère dédié. Sinon, on ne va pas s'en sortir. Nous avons eu, et nous avons mené ces travaux au ministère de l'Intérieur quand j'y étais avec Bruno Retailleau, le Beauvau de la sécurité civile dont nous avons poursuivi les travaux et donc qui a rendu ses conclusions. Aujourd'hui, il y a bien des propositions qui sont sur la table.

10:03
Locuteur 4

Mais elles n'ont jamais été votées, elles ne sont jamais arrivées au Parlement.

10:05
Pierre Larrouturou

Nous demandons, mais je le regrette, et nous demandons au gouvernement de les inscrire aujourd'hui à l'ordre du jour du débat parlementaire parce qu'il y a des sujets sur le statut des sapeurs-pompiers. Vos auditeurs ne le savent peut-être pas, mais nous avons aujourd'hui 80% de nos sapeurs-pompiers qui sont des volontaires. Et donc, nous avons besoin de voir leur statut, leurs conditions de travail, leurs relations avec leur employeur. C'est une des mesures parmi d'autres. Notre doctrine aussi. Donc, il y a beaucoup de choses à réorganiser. Le financement, on en parlait, qui est aujourd'hui porté beaucoup par les départements qui sont exsangues sur le plan financier.

Et donc, nous avons beaucoup de propositions que nous avons mises sur la table grâce à ces travaux. Et j'espère que ces travaux vont se traduire dans une loi, mais je ne crois pas que le sujet ce soit de créer un nouveau ministère.

10:41
Présentateur

Et ce rapport aussi, il proposait de mobiliser de nouvelles ressources en faisant participer davantage les compagnies d'assurance. Vous êtes pour ?

10:50
Pierre Larrouturou

Moi, je crois que la solution dans notre pays, ça ne peut pas être systématiquement d'aller chercher l'argent ou dans la poche du contribuable ou chez les assureurs, chez les mutuels, à chaque fois qu'on a des déficits. Et la réalité, c'est que si on a des déficits, c'est parce qu'on dépense mal. Quand dans le pays qui est le record du monde des prélèvements obligatoires, je ne vais pas vous répondre qu'il faut aller chercher encore plus de recettes, je vais vous répondre qu'il faut faire des économies.

11:09
Locuteur 4

Là aussi, c'est un point commun que vous avez avec le Rassemblement national qui a voté contre l'augmentation de la taxe sur les insurances pour financer les dix. Et rappelez-moi,

11:16
Pierre Larrouturou

c'est le même Rassemblement national qui est opposé, par exemple, à la réforme des retraites. C'est le même Rassemblement national qui est opposé à la réforme de l'assurance chômage.

11:22
Locuteur 4

Donc, on n'augmente pas la taxe sur les assurances ?

11:25
Pierre Larrouturou

Non, mais je vous dis simplement que le sujet dans notre pays aujourd'hui, c'est d'arrêter d'avoir le réflexe de la taxe. Il faut avoir le réflexe maintenant de l'économie. Et si nous ne maîtrisons pas mieux la dépense publique alors qu'il y a du gâchis, du gaspillage à tous les étages, des doublons partout de la bureaucratie, on n'en peut plus. Si on ne fait pas ce travail-là, nous continuerons à appauvrir le pays parce qu'on prélève toujours plus de la richesse nationale et on la dépense mal. Donc, il faut dépenser mieux.

Dans le pays qui dépense le plus au monde, on devrait être en capacité d'investir davantage sur notre sécurité civile sans augmenter, sans avoir le réflexe d'augmentation des impôts. C'est cela que je vous dis et c'est en tout cas la ligne que nous portons avec Bruno Retailleau.

11:58
Locuteur 4

Le 8.30 France Info, Pierrick Bonneau, Solène Cressan. Ayotman Nassrou, secrétaire général du Parti des Républicains, notre invité ce matin dans le 8.30, Autman Nassrou, dans le journal Le Figaro, ce matin, François Bayrou, dit souhaiter une grande primaire entre, dit-il, tous ceux qui rejettent les extrêmes. Hier, dans les colonnes du JDD, c'était le maire de Cannes, un ancien LR, David Lissner, qui exigeait également une grande primaire de la droite pour tous ceux qui ne se reconnaîtraient pas ni dans la gauche ni dans le Rassemblement National. C'est toujours non pour Bruno Retailleau, cette idée de primaire.

12:30
Pierre Larrouturou

Ce n'est pas d'être pour ou contre qui ont choisi une très large majorité d'investir Bruno Retailleau comme leur candidat naturel. Mais ce n'est pas le sujet. Le sujet, c'est qu'il y a autant de formats de primaire que de propositions de primaire. Je ne sais pas entre ceux qui veulent une petite, une moyenne, une grande primaire. Une fois qu'on a dit cela, personne n'est d'accord sur le périmètre, personne n'est d'accord sur les participants. Je veux bien que chacun défende son projet de primaire.

12:53
Présentateur

Il y a un mouvement quand même. Il y a plusieurs appels. Vous les entendez ?

12:56
Pierre Larrouturou

Le mouvement, il est simplement parce que personne ne veut d'un second tour qui oppose le Rassemblement National à la France Insoumise. Et ça, j'en fais partie. Mais une fois qu'on a dit cela, le vrai sujet, c'est comment on y arrive. Et moi, je crois que le pays a besoin d'un projet de rupture. Je crois que ceux qui pensent qu'on va simplement se mettre d'accord sur un candidat unique et que ça va permettre de sortir le pays de difficultés et de second tour, je pense qu'ils n'ont rien compris. Je rappelle d'ailleurs qu'il faudra qu'il y ait une majorité l'an prochain, je l'espère, à l'Assemblée Nationale. Sinon, nous allons continuer à nous enfoncer dans les difficultés.

Tout le monde a l'air de l'oublier. Il n'y aura pas de majorité s'il n'y a pas de projet, s'il n'y a pas d'élan. Si c'est simplement l'arithmétique avec le plus petit dénominateur commun,

13:34
Locuteur 4

je ne m'y crois pas. Mais comment est-ce qu'on départage les candidats de centre et de droite aujourd'hui ?

13:38
Pierre Larrouturou

Écoutez, moi, je vous le dis clairement, je pense que les Français ne veulent pas la continuité. Je pense qu'ils veulent un vrai changement, une vraie rupture. Et je pense que le saut dans l'inconnu que représente le Rassemblement National, la démagogie du Rassemblement National aujourd'hui, est à combattre. Et donc, je pense que ce que nous portons avec Bruno Retailleux, c'est la bonne ligne politique. Mais ça ne règle pas

13:56
Locuteur 4

le problème du choix.

13:57
Pierre Larrouturou

Oui, mais ce que dit François Bayrou aujourd'hui ne le règle pas non plus puisque lui, il veut d'ailleurs, si j'ai bien compris, une primaire avec une partie de la gauche. Écoutez, ça, honnêtement,

14:04
Présentateur

si vous croyez qu'on va sortir... Il parle de la gauche jusqu'au gaulliste, ce sont ses mots.

14:07
Pierre Larrouturou

Beaucoup de respect pour François Bayrou, mais ceux qui pensent qu'on va réussir à sauver le pays avec un accord avec la gauche avec laquelle on a énormément de divergences. Je vous parle depuis tout à l'heure de maîtrise de la dépense publique. On pourrait parler des sujets régaliens aussi d'une somme d'accord sur pas grand-chose. J'ai du respect pour la gauche républicaine. J'en ai moins pour la France insoumise. Mais aujourd'hui, on ne peut pas se mettre d'accord sur un candidat commun. Donc, ça n'a pas de sens.

14:30
Présentateur

Il y a quand même des discussions entre Bruno Retailleux, Edouard Philippe, Gabriel Attal ?

14:35
Pierre Larrouturou

Il y a du respect et ce n'est pas une histoire de personne. Il y a des relations qui sont apaisées avec les uns et les autres. Mais nous avons des divergences profondes.

14:42
Locuteur 4

Il n'y a pas de négociation à ce stade entre les candidats potentiels.

14:45
Pierre Larrouturou

Mais de négociation, il n'est pas question parce qu'on ne négocie pas l'avenir du pays dans les arrières boutiques avec des accords d'appareil. Le sujet, c'est quel projet est capable de sortir le pays des difficultés ? Nous sommes probablement à la veille d'une crise financière, d'une crise budgétaire qui nous attend et j'espère de tout cœur que le prochain budget, même si c'est difficile et même si je ne souhaite pas évidemment que le gouvernement chute mais je souhaite vraiment que la stabilité du gouvernement ne se fasse pas au détriment d'un budget qui soit courageux parce qu'aujourd'hui nos créanciers nous regardent et nous sommes étranglés par le poids de notre dette.

Et donc voilà les vrais sujets aujourd'hui. Ce n'est pas simplement d'organiser une primaire entre apparatchiks pour décider qui va être le candidat. Ça ne marchera pas. Nous serons balayés quand même parce que les Français aujourd'hui veulent une vraie rupture. Et donc tous ceux qui aujourd'hui sont dans la continuité aujourd'hui du macrolysme à mon avis seront disqualifiés parce que, je vous l'ai dit, le pays a besoin d'un vrai changement et d'un changement de cas.

15:35
Présentateur

Et sans Bruno Retailleau, vous avez peur qu'une partie de vos électeurs partent vers le Rassemblement National ?

15:40
Pierre Larrouturou

Mais sans Bruno Retailleau, la question qui se pose c'est quelle est l'alternative aujourd'hui à ceux qui veulent changer après dix années de macronisme ? Ils ne vont avoir que le Rassemblement National comme option. Et en fait, tous ceux qui aujourd'hui veulent nous expliquer que la droite et la gauche c'est la même chose ont fait le lit du Rassemblement National. On a installé les extrêmes comme seule alternative. Et donc moi, je les invite vraiment tous à sortir de cette logique-là, y compris de primaire avec la gauche ou que sais-je, y compris avec cette idée qu'il faut gouverner avec le Parti Socialiste et de revenir aux fondamentaux d'une élection en démocratie représentative.

Et vous faites le pari que les sondages décideront au final ? Écoutez, je fais le pari, je fais le vœu qu'au moment de voter, nos concitoyens vont regarder les projets, vont regarder la cohérence, la constance de chaque candidat, ce qu'il disait hier, ce qu'il veut faire demain et qu'ainsi nous pourrons effectivement éviter ce second tour et éviter à notre pays des difficultés supplémentaires. Mais je ne crois pas que ce soit la synthèse molle qui puisse aujourd'hui régler ce problème.

16:29
Présentateur

Raphaël Luxman, Gabriel Attal mais aussi Édouard Philippe ont tous été victimes ces derniers jours, ces dernières semaines de tentatives d'ingérence notamment de la part de la Russie via des opérations de désinformation. Ça vous fait peur ? C'est une vraie menace sur la campagne présidentielle pour vous, Otman Nassrou ?

16:46
Pierre Larrouturou

Des menaces, il y en a beaucoup aujourd'hui qui pèsent sur notre pays. Et évidemment que ce sujet des ingérences étrangères en matière électorale est documenté oui c'est une vraie menace oui il faut être vigilant maintenant j'ai vu un certain nombre de sujets poindre au creux de l'été nous ne sommes pas là face à des menaces d'une ampleur qui mérite qu'on se préoccupe je crois que notre démocratie a la capacité de résister aujourd'hui

17:08
Locuteur 4

Est-ce qu'il faut légiférer à ce sujet ? Il y a un projet de loi qui va arriver à la rentrée au Sénat ?

17:11
Pierre Larrouturou

Je ne crois pas il y en a eu d'autres avant sur la désinformation en matière électorale nous avons considérablement renforcé notre arsenal et notre capacité d'ailleurs à saisir la justice en référé dans ce type d'affaires on peut toujours l'améliorer mais je crois qu'aujourd'hui les menaces qui pèsent sur notre pays y compris en provenance de l'étranger sont multiples elles ne sont pas simplement le fait de quelques comptes Twitter et de quelques faux visuels donc il faut être vigilant tout cela est documenté nous l'avons vu depuis plusieurs années je sais que la DGSI du côté du ministère de l'Intérieur ou Viginum du côté de Matignon sont évidemment très mobilisés sur ces sujets-là mais la réalité aujourd'hui c'est qu'on a des drones aussi russes qui survolent l'Allemagne au moment même où je vous parle mais bien sûr nous avons aujourd'hui des formes d'ingérence étrangère qui sont multiples nous avons toujours ce sujet

17:55
Présentateur

Emmanuel Macron parle de guerre hybride lui

17:57
Pierre Larrouturou

oui il a raison mais encore une fois il faut se donner les moyens de lutter contre cette guerre hybride sur notre souveraineté et on en a beaucoup parlé tout à l'heure sur les questions énergétiques sur notre capacité à lutter contre toutes les formes d'entrisme je pense aussi au l'entrisme des frères musulmans qui noyautent parfois un certain nombre de services publics ou même de collectivités on l'a vu récemment donc vous voyez qu'on a des formes aujourd'hui multiples de déstabilisation de notre pays de notre république il faut qu'on les prenne au sérieux et c'est une forme parmi d'autres et je crois sincèrement que nous sommes armés aujourd'hui pour y faire face

18:26
Présentateur

Ottman Nassrou merci d'avoir été l'invité du 830 France Info je rappelle que vous êtes secrétaire générale du parti Les Républicains et que vous êtes l'un des principaux soutiens à la candidature de Bruno Retailleau pour la présidentielle bonne journée merci beaucoup merci d'avoir regardé cette vidéo !