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InterviewRMC (sur YouTube)· 23 juin 2021 21 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesSantéTravail & emploiInstitutions & élections

Gabriel Attal face à Jean-Jacques Bourdin sur RMC et BFMTV

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 55 %Attaque 25 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:13FerméeRéponse directe

    Gabriel Attal, bonjour. Porte-parole du gouvernement. Gabriel Attal, les 10 et 24 avril prochains, 2022, élections présidentielles. Vous confirmez les dates ?

  • 1:09OuverteRéponse directe

    Pourquoi ces dates plus tôt que d'habitude ? À cause du 1er mai et du 8 mai ?

  • 1:30OuverteRéponse directe

    Mais Conseil de défense sanitaire, aujourd'hui, doit-on s'inquiéter du variant Delta, le variant indien ? Franchement.

  • 2:44RelanceRéponse directe

    Oui, sauf que les Britanniques sont vaccinés.

  • 3:06OuverteRéponse directe

    Vaccination qui ralentit en France.

  • 3:13OuverteRéponse directe

    Alors comment allez-vous faire ? On va les remobiliser pour les mobiliser ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:35Invité politiqueFait
    « Non, c'est pas une piste, ce sont les dates, quoi, qui seront confirmées la semaine prochaine. »
  • 1:36Invité politiqueFait
    « Il doit nous préoccuper. Il y a une vigilance absolue autour du variant Delta, dont on sait maintenant qu'il est plus contagieux, encore plus contagieux que le variant dit anglais, qui était déjà plus contagieux que le premier. »
  • 1:52Invité politiqueChiffre
    « Je crois qu'ils ont franchi les 10 000 cas par jour en moyenne, en Grande-Bretagne. »
  • 2:13Invité politiqueFait
    « La dernière, vous le savez, aura lieu le 30 juin. »
  • 5:33Invité politiqueChiffre
    « On cherche 120 000 personnes dans l'hôtellerie, la restauration et le commerce. »
  • 5:39Invité politiqueChiffre
    « On cherche 70 000 personnes dans le tourisme. »
  • 6:00Invité politiqueFait
    « C'est de constater qu'on est en France les champions d'Europe des contrats courts. »
  • 6:07Invité politiqueChiffre
    « On a 10 fois plus de contrats courts, de CDD parfois de quelques jours. Ça a augmenté de 250% depuis 15 ans que dans le reste de l'Europe et qu'en Allemagne notamment. »
  • 7:04Invité politiqueChiffre
    « Il y a 700 000 chômeurs en fin de droit qui auraient dû voir leur allocation s'arrêter depuis presque un an. »
  • 7:18Invité politiqueChiffre
    « On a mis en place le chômage partiel qui a permis à des millions de Français de continuer à recevoir leur rémunération, à ne pas être licenciés. »
  • 9:09Invité politiqueFait
    « Il n'est pas financé à moyen terme. »
  • 9:15Invité politiqueFait
    « Il y a un rapport du Conseil d'orientation des retraites qui a été remis. »
  • 11:33Invité politiqueFait
    « Quand on a un tel niveau d'abstention, ça veut dire qu'on engage le pronostic vital de notre démocratie, quelque part. »
  • 18:31Invité politiquePromesse
    « Je rêve d'un second tour sans Marine Le Pen. »

Temps de parole

  • Gabriel Attal79 %
  • Présentateur21 %

5,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:13
Présentateur

Gabriel Attal, bonjour. Porte-parole du gouvernement. Gabriel Attal, les 10 et 24 avril prochains, 2022, élections présidentielles. Vous confirmez les dates ?

0:26
Gabriel Attal

Alors, c'est une date qui sera annoncée, confirmée la semaine prochaine, a priori, mais c'est un scénario très sérieux et une piste très sérieuse. Non, c'est pas une piste, ce sont les dates, quoi, qui seront confirmées la semaine prochaine. Ça sera au printemps prochain, ça peut difficilement être le 1er et le 8 mai, pour des raisons évidentes, et donc ce sera annoncé la semaine prochaine.

0:47
Présentateur

10, 24 avril.

0:48
Gabriel Attal

C'est une piste très sérieuse. Très sérieuse ? Mais pourquoi ne pas me dire oui ? Parce que moi, je respecte les fonctionnements démocratiques, ça doit passer, je crois, en Conseil des ministres, c'est le cas la semaine prochaine. Bon, d'accord. J'annonce les choses quand elles sont confirmées, c'est important en tant que porte-parole.

1:01
Présentateur

Donc, dans 291 jours, 9 mois et demi, la présidentielle, c'est rapide, ça va arriver vite. Pourquoi ces dates plus tôt que d'habitude ? À cause du 1er mai et du 8 mai ?

1:12
Gabriel Attal

Je vous disais à l'instant que dans le choix qu'on sera amené à faire et à confirmer, il y a le fait qu'il y ait un 1er et un 8 mai qui tombent le dimanche. Évidemment, on prendra des décisions qui permettent au plus grand nombre d'aller voter, puisque c'est un enjeu important, on va peut-être y revenir. Je vais y revenir, oui. C'est évidemment très important.

1:26
Présentateur

Je vais y revenir, je vais revenir sur les résultats des régionales, sur l'abstention. Mais Conseil de défense sanitaire, aujourd'hui, doit-on s'inquiéter du variant Delta, le variant indien ? Franchement.

1:36
Gabriel Attal

Il doit nous préoccuper. Il y a une vigilance absolue autour du variant Delta, dont on sait maintenant qu'il est plus contagieux, encore plus contagieux que le variant dit anglais, qui était déjà plus contagieux que le premier. On voit ce qui se passe au Royaume-Uni, où vous avez une hausse continue maintenant depuis plusieurs semaines des cas. Je crois qu'ils ont franchi les 10 000 cas par jour en moyenne, en Grande-Bretagne.

1:56
Présentateur

90% des cas sont des cas de variant Delta, en provenance d'Inde.

2:01
Gabriel Attal

Ils étaient, il y a quelques semaines, à quelques centaines de cas en moyenne par jour. Donc on voit que ça peut aller très vite. Et donc, il faut être très vigilant. C'est pour ça qu'on a mis en place un calendrier en France progressif, de lever des restrictions, qu'on franchit étape par étape. La dernière, vous le savez, aura lieu le 30 juin. Mais ça demande une vigilance individuelle et collective. Reprise possible de l'épidémie ? Par principe, évidemment. Alors, après, on a une arme dont on ne disposait pas. La menace est réelle ? Il y a une menace liée au variant Delta, mais on a une arme dont on ne disposait pas il y a un an, c'est la vaccination.

Le vaccin, c'est quand même une arme qui permet de protéger contre l'épidémie. Et plus on continuera à se faire vacciner, plus les Français iront se faire vacciner, plus on se donnera la capacité de se protéger vis-à-vis de l'épidémie et de ces variants.

2:44
Présentateur

Oui, sauf que les Britanniques sont vaccinés.

2:46
Gabriel Attal

Il y a une stratégie qui a été différente. Ils sont vaccinés et ils sont touchés par le variant. Oui, j'entendais Karine Lacombe ce matin sur l'antenne de RMC, qui disait elle-même que là-bas, il y avait eu au départ un espacement très important entre les deux doses, que ça avait peut-être joué, ce qui n'est pas un choix qu'on a fait, en tout cas pas dans ces proportions-là en France. Voilà, on a toujours été très vigilants et précautionneux. Oui, vaccination qui ralentit en France. Par défini, vous avez de plus en plus de gens qui sont vaccinés. Ceux qui restent sont ceux qu'il faut aller chercher.

3:13
Présentateur

Alors comment allez-vous faire ? On va les remobiliser pour les mobiliser ?

3:16
Gabriel Attal

On va continuer à communiquer, continuer l'échange qu'on a là et le risque qui existe. Et le fait de rappeler que la vaccination est une arme importante, c'est évidemment un enjeu. Et puis, Olivier Véran a donné des souplesses d'organisation pour les vacances. Il y avait des Français qui hésitaient à se faire vacciner en se disant « ma deuxième dose va tomber peut-être au mois d'août, je ne sais pas où je serai, etc. » Il a donné de la souplesse en termes d'espacement entre les deux doses, en termes de capacité à faire sa deuxième dose ailleurs que là où on a fait la première. Voilà, on donne plein de marges pour encourager la vaccination, notamment chez les jeunes.

Le télétravail, retour à la normale le 30 juin ? Ça fera partie de ce qui sera discuté en Conseil de défense et avec les partenaires sociaux. Il y a déjà eu une première étape d'assouplissement, puisque c'était très dur aussi pour beaucoup de Français d'être tout le temps chez eux. Il y en a qui souhaitaient retourner au travail, ils pouvaient déjà y aller une journée. On a assoupli encore. Et évidemment, dès qu'on le pourra, dès qu'on considérera que la situation sanitaire le justifie, on continuera à...

4:15
Présentateur

Mais est-ce que la situation sanitaire le justifie ?

4:18
Gabriel Attal

Aujourd'hui, on voit que les voyants sont au vert. Les voyants sont au vert. Donc retour à la normale le 30 juin. Je vais vous dire, c'est pas parce que les voyants sont au vert qu'il faut griller des feux. Il faut quand même continuer à faire attention. Encore une fois, il y a une menace. Ou une quatrième vague est possible. On le disait tout à l'heure. Évidemment, et moi je suis porte-parole du gouvernement depuis un an dans cette crise sanitaire, j'ai bien appris, qu'il ne faut jamais rien exclure par principe pour l'avenir, Jean-Jacques Bourdin.

4:38
Présentateur

L'assurance chômage, le Conseil d'État suspend les nouvelles règles de calcul de l'assurance chômage. Donc elle ne s'appliquera pas le 1er juillet. Pas à partir du 1er juillet, comme c'était prévu. Mais quelle réponse apportez-vous ce matin au Conseil d'État ?

4:50
Gabriel Attal

La réponse que je leur apporte, mais qu'on va leur apporter très directement, c'est le témoignage prouvé par des faits que la reprise économique est là. Et que les signaux économiques encourageants sont là. Parce que c'est ça, c'est d'ailleurs assez un peu étonnant. Un certitude sur la situation économique, dit le Conseil d'État. Parce qu'en gros, le Conseil d'État dit qu'on ne relève pas de problème de fond sur la réforme. On ne relève pas de difficulté de droit sur la réforme. Il diffère l'entrée en application de cette réforme, parce qu'il considère qu'il y a trop d'incertitudes sur la situation économique pour qu'elle puisse rentrer en vigueur aujourd'hui.

Or, qu'est-ce qu'on constate depuis maintenant plusieurs semaines, et au fur et à mesure qu'on lève les restrictions ? C'est que l'économie repart. Elle repart bien, elle repart fort. C'est qu'il y a des opportunités d'emploi qui, chaque mois, chaque trimestre, se créent dans notre économie. Aujourd'hui, je crois qu'il y a 215 000 emplois vacants. On cherche 120 000 personnes dans l'hôtellerie, la restauration et le commerce. On cherche 70 000 personnes dans le tourisme. On cherche des dizaines de milliers de personnes dans l'agriculture, dans le bâtiment. Et donc, c'est des opportunités. Et donc, c'est cohérent avec la réforme de l'assurance chômage qu'on a proposé.

5:48
Présentateur

Pour inciter les Français à aller travailler, puisqu'il y a du travail, on réduit l'assurance chômage.

5:55
Gabriel Attal

Non, non, je vais vous dire, le cœur de la réforme de l'assurance chômage, c'est quoi ? C'est de constater qu'on est en France les champions d'Europe des contrats courts. On a 10 fois plus de contrats courts, de CDD parfois de quelques jours. Ça a augmenté de 250% depuis 15 ans que dans le reste de l'Europe et qu'en Allemagne notamment. Et que c'est un sujet de précarisation pour les travailleurs. Quand vous avez des travailleurs qui ont des petits contrats courts de 5 jours qui les multiplient, qu'est-ce qui se passe ? On l'a vu en période de pandémie, quand il n'y a plus d'activité, ils se retrouvent dans la difficulté. On a dû mettre en place des dispositifs spécifiques pour eux.

Donc, il faut lutter contre ces contrats courts et faire en sorte que les salariés dans notre pays puissent avoir des contrats plus robustes, plus longs. Et donc, il y a un bonus-malus pour les entreprises, pour les encourager à donner des contrats plus longs. Et effectivement, il y a une mesure qui consiste à dire qu'on doit toujours être mieux rémunéré quand on travaille que quand on est au chômage. Et donc, c'est ça le sens de notre réforme.

6:42
Présentateur

Donc, on est moins rémunéré au chômage, ça incite à aller travailler. C'est ce que vous voulez dire.

6:47
Gabriel Attal

C'est pour que le travail soit toujours plus valorisé que l'inactivité. Moins au couche de chômage et plus on doit avoir envie d'aller travailler. C'est ce que vous dites ? Il faut que travailler soit toujours plus valorisé que ne pas travailler. C'est le cœur du projet d'Emmanuel Macron. Maintenant, ça ne veut pas dire qu'on va renier sur les droits. On ne peut pas nous accuser de renier sur les droits des chômeurs. Il y a 700 000 chômeurs en fin de droit qui auraient dû voir leur allocation s'arrêter depuis presque un an. On les a prolongés mois après mois et donc ils ont pu continuer pendant cette crise à recevoir leurs allocations chômage.

C'est parce que précisément, on a une attention toute particulière contre la précarité. On a mis en place le chômage partiel qui a permis à des millions de Français de continuer à recevoir leur rémunération, à ne pas être licenciés. On a mis en place des aides financières pour les personnes qui sont au minima sociaux, des aides exceptionnelles de plusieurs centaines d'euros pour qu'elles soient accompagnées dans cette crise. Donc, la priorité à la lutte contre la précarité, à l'accompagnement de ceux qui sont en difficulté, elle est là. Mais c'est aussi l'accompagnement vers l'emploi. Alors, que va devenir cette réforme, Gabriel Attal ?

On va répondre au Conseil d'État avec les données dont on dispose. Elle sera reprise ? Évidemment, l'objectif c'est qu'elle s'applique. Qu'elle s'applique dans les prochains mois.

7:48
Présentateur

Dans les prochains mois ? Avant la fin du quinquennat ? Avant la fin de l'année même. Avant la fin de l'année. C'est l'une des réformes majeures, si j'ai bien compris, du quinquennat. On est bien d'accord. Oui, mais c'est une...

7:58
Gabriel Attal

Comme la réforme des retraites. Mais c'est une réforme, en tout cas qui est cohérente, Jean-Jacques Bourdin, avec notre projet, qui est de valoriser le travail dans notre pays. Et notre conviction que les Français ont envie de travailler. Et qu'ils ont envie de travailler dans des bonnes conditions.

8:11
Présentateur

La réforme des retraites, vous en êtes où ? De la réflexion ?

8:15
Gabriel Attal

Vous savez qu'on avait engagé...

8:15
Présentateur

Est-ce qu'elle va être reprise ? Ou pas ? Sous quelle forme ?

8:19
Gabriel Attal

Vous savez qu'on avait engagé une réforme qui a été portée devant le Parlement. Oui. Une réforme d'ampleur. On a suivi. Il y a eu la pandémie. Qui a fait réagir. Qui a suspendu l'examen de cette réforme. Il reste dix mois d'ici à la fin du quinquennat. La question c'est est-ce que... Alors qu'on n'a évidemment pas renoncé à notre ambition de réformer les retraites.

8:35
Présentateur

La question c'est est-ce que vous allez reprendre une réforme ou pas ?

8:36
Gabriel Attal

Voilà, c'est ça la question qui se pose. En tout cas avant la fin du quinquennat. Alors, quelle est la réponse ? L'arbitrage n'est pas rendu encore. Il y a des discussions et des travaux qui sont faits au sein du gouvernement. Il va y avoir aussi des échanges avec les partenaires sociaux qui auront lieu au début du mois de juillet. Et puis il y a des décisions... Les partenaires sociaux ont déjà dit non.

8:50
Présentateur

On ne reprend pas une réforme des retraites.

8:52
Gabriel Attal

On peut quand même échanger et discuter. Moi j'entends aussi des partenaires sociaux qui disent et qui rejoignent le constat qu'il faut une réforme. Alors certains disent il faut une réforme mais il ne la faut pas tout de suite. Bon, on va discuter avec eux, on va échanger avec eux. Je pense qu'on peut s'accorder sur le constat qu'on avait un système par répartition qui était fragile avant la crise, que la crise ne l'a pas particulièrement renforcé. Il n'est pas financé à moyen terme. Il y a un rapport du Conseil d'orientation des retraites qui a été remis. On va bénéficier d'une retraite par répartition plus tard. Ça arrivera dans un certain temps.

Mais ça nécessite de prendre des décisions maintenant et de sauver notre système aujourd'hui.

9:23
Présentateur

Donc il faudra travailler plus. Vous parliez tout à l'heure de travail. Le quinquennat d'Emmanuel Macron, c'est l'encouragement au travail. Si j'ai bien compris. Donc il faudra travailler plus.

9:33
Gabriel Attal

Ça me semble de bon sens et logique. L'espérance de vie s'allonge. L'espérance de vie s'allonge. Maintenant Jean-Jacques Bourdin, tout le monde ne doit pas travailler aussi longtemps les uns que les autres.

9:43
Présentateur

Allonger la date de départ à la retraite.

9:44
Gabriel Attal

Il n'y a pas de décision prise. À ce stade, sur ce sujet. Bon.

9:48
Présentateur

Vous connaissez l'entreprise MBF ? Dans le Jura. À Saint-Claude ?

9:52
Gabriel Attal

Oui. Vous avez vu ce qui s'est passé ? Il se trouve que j'étais en déplacement dans le Jura il y a quelques semaines et que j'ai rencontré l'intersyndical. Oui. Vous avez vu ce qui s'est passé ? Oui, j'ai vu. La liquidation a été prononcée par le tribunal.

10:01
Présentateur

Tout le monde est sur le carreau.

10:02
Gabriel Attal

Oui.

10:02
Présentateur

Rien. D'abord, moi je veux dire... La région n'a rien fait. L'État n'a rien fait. Mais j'ai lu la déclaration du maire de Saint-Claude. Il dit la ville est en deuil. En deuil. Alors qu'est-ce que vous allez faire ?

10:16
Gabriel Attal

Je vais vous dire déjà...

10:17
Présentateur

Est-ce que l'État va intervenir ?

10:18
Gabriel Attal

Oui, je comprends et je partage l'émotion. C'est une région, un territoire qui est déjà sinistré. Un territoire industriel qui est déjà sinistré. Deuxième chose, il se trouve que j'ai rencontré l'intersyndical quand je me suis rendu dans le Jura il y a quelques semaines. C'est des femmes, des hommes admirables, remarquables, qui ont travaillé, qui ont cherché des solutions, qui ont modernisé leur outil de production. Là où je ne suis pas d'accord avec vous Jean-Jacques Bourdin, c'est quand vous dites que personne n'a rien fait. Ce n'est pas vrai. L'État a accompagné, a aidé à chercher un repreneur. Il y a eu des réunions qui ont eu lieu au ministère de l'Économie et des Finances.

Et je vais vous dire, alors même qu'on est dans des élections régionales, même la région a cherché à trouver des solutions puisque pendant plusieurs semaines, ils ont payé eux-mêmes les salaires des salariés, des travailleurs, pour tenir et essayer de trouver un repreneur. Il n'y a pas de repreneur qui a été validé. Évidemment que c'est un drame et qu'on le déplore. On va accompagner les salariés. On a un fonds dédié de plusieurs dizaines de millions d'euros pour ça, pour les accompagner, pour les accompagner financièrement, pour les accompagner en termes de formation, pour qu'ils puissent retrouver un emploi.

C'est évidemment très difficile et c'est évidemment beaucoup d'émotions et beaucoup de tristesse pour ce territoire, et bien au-delà. Mais on ne va pas lâcher l'affaire et on va continuer à les accompagner, évidemment.

11:22
Présentateur

Les régionales, l'abstention très forte dimanche dernier. Est-ce que la démocratie française est malade ? Je vous pose franchement la question. Est-ce qu'elle est malade ?

11:31
Gabriel Attal

Je crois qu'on peut dire que oui, évidemment. Quand on a un tel niveau d'abstention, ça veut dire qu'on engage le pronostic vital de notre démocratie, quelque part. Quand on a un niveau aussi abyssal d'abstention. Je me souviens de cette phrase d'Albert Camus.

11:44
Présentateur

Lorsque la démocratie est malade, le fascisme vient à son chevet et ce n'est pas pour prendre de ses nouvelles.

11:51
Gabriel Attal

Oui, je pense qu'un tel niveau d'abstention met en péril la démocratie. D'abord parce que quand on s'abstient, c'est sûr qu'on ne fait pas de choix dans une élection, mais c'est d'autres qui font le choix pour en nous.

12:00
Présentateur

Je suis content d'entendre le porte-parole du gouvernement dire cela ce matin parce que je n'ai pas entendu le président de la République. Pas un mot depuis dimanche. Dimanche soir, je n'ai pas entendu le Premier ministre. Pourquoi ces élections régionales ne vous intéressent pas au sommet de l'État ?

12:15
Gabriel Attal

D'abord, vous avez entendu depuis 2017, en permanence, le président de la République dire qu'il fallait renforcer le lien des Français avec la démocratie et tout mettre en œuvre, y compris avec des outils très pratiques, on y reviendra peut-être, pour favoriser le recours au vote. On a proposé de moderniser les institutions. Les oppositions nous ont bloqués dans la réforme institutionnelle. On a proposé de moderniser la manière de voter avec une expérimentation, par exemple, du vote par anticipation. Il y a quelques mois, le Sénat nous a bloqués.

12:39
Présentateur

Le texte s'était mal préparé, vous le savez bien.

12:40
Gabriel Attal

Oui, ça c'est l'excuse qu'ils ont donnée pour bloquer notre réforme. Je vais vous dire, à chaque fois que le président s'exprime, quand il y a des scrutins locaux, on dit qu'il n'a pas à s'ingérer dans les scrutins locaux.

12:48
Présentateur

Vous êtes extraordinaire. Si j'ai bien compris, pour favoriser la participation, vous voulez qu'on modifie finalement la manière dont on vote. Comment ? Peut-être un vote obligatoire ? Le débat peut avoir lieu, mais je n'ai jamais été très favorable.

13:03
Gabriel Attal

Je pense qu'il faut convaincre les gens d'aller voter plutôt que de les forcer. Vote sur plusieurs jours ? Il faut être très ouvert et pour le coup avoir une vraie discussion transpartisane avec l'ensemble des formations politiques sur cette question-là. Moi, je suis favorable au vote électronique, je le dis. Mais le ministre de l'Intérieur dit non à tout ça. J'ai entendu encore hier. C'est pour ça qu'il faut avoir une discussion. Je vais vous dire ce qu'il y a peut-être achevé de me convaincre. On n'en a pas beaucoup parlé en France. Il y a quelques semaines, on a eu des élections qu'on appelle des élections consulaires.

C'est-à-dire que les Français de l'étranger qui habitent en dehors de France ont élu leurs représentants. Pour la première fois, ils l'ont fait avec un vote électronique. Ça s'est bien passé. Il n'y a pas eu de contestation particulière. Et le taux ? Les votes ont eu lieu. Je n'ai pas le taux de participation qui avait eu lieu. Le taux de participation est très bas. Sur les élections des Français de l'étranger, on a souvent un taux de participation qui est assez faible.

13:48
Présentateur

20% de participation.

13:50
Gabriel Attal

On a souvent un taux aux différentes élections françaises de l'étranger, vous le savez, qui est faible. Et le vote par correspondance ? C'est aussi une piste qui peut être regardée. Mais moi, je suis plutôt favorable au vote électronique. Mais vous savez, dès la campagne présidentielle, Emmanuel Macron s'était engagé sur ces questions-là. Est-ce que le président de la République... Mais à chaque fois qu'on fait des propositions depuis le début de ce quinquennat, les oppositions le bloquent. Elles veulent voter comme on votait il y a 100 ans.

14:10
Présentateur

Est-ce que le président de la République va s'exprimer sur ces élections ? Parce qu'on a l'impression qu'il passe au-dessus, que ça ne l'intéresse pas. Vous savez l'impression que ça donne ? Ça donne l'impression qu'il ne s'intéresse pas aux Français. Et c'est ce que ressentent aussi les Français. On ne va pas rentrer dans des exagérations.

14:26
Gabriel Attal

Je vous dis, est-ce qu'il va s'exprimer ? Je vais vous dire, le président, à chaque fois qu'il s'exprime sur les élections, je viens sur votre plateau ensuite et on me dit, mais est-ce que c'est le rôle du président de la République de parler des élections locales ? Il s'ingère dans les élections, etc. Je veux dire, le président, il s'exprime régulièrement. Il s'exprime à l'occasion de déplacements. Il s'exprime parfois et souvent aussi en réponse aux questions des journalistes. Donc évidemment qu'il va continuer à s'exprimer.

14:47
Présentateur

Bien, pourquoi cette gifle électorale à La République en marche ? Donner à La République en marche.

14:52
Gabriel Attal

On disait à l'instant, il y a eu une très faible participation, historiquement faible. Et on sait qu'un tel contexte, ça favorise les sortants. Ce que vous voyez partout, c'est qu'on était nettement en tête de ces élections, les sortants, ceux qui étaient en place. Ça veut dire que vous ne donnez pas envie de participer ? Ça veut dire qu'on a du boulot en termes d'implantation locale pour La République en marche. Mais c'est évident, je veux dire, on n'existait pas aux dernières élections régionales, en 2015. Ça prend du temps de s'implanter sur les territoires. Moi, je vais vous dire quelque chose que je constate qui est intéressant.

C'est que quand vous regardez, là, on fait les meilleurs scores, on va dire, nos meilleurs scores. C'est souvent dans des villes... C'est souvent dans des villes où on a fait des bons scores aux municipales, on a eu des élus aux municipales. Parce que qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que c'est des élus locaux de La République en marche, on en a, je crois, environ 10 000 en France, qui font un travail d'implantation locale ensuite, qui montrent à leurs administrés qui sont là, qui font le boulot et qui leur donnent envie de voter pour notre mouvement politique, ensuite aux élections suivantes. Donc ça se construit progressivement.

Là, vous avez un tel niveau d'abstention, qu'est-ce qu'on constate ? Les régions qui étaient dirigées par la droite, c'est les présidents de conseils régionaux de droite qui sont en tête, les sortants. Puis les régions qui étaient dirigées par la gauche, c'est les présidents de conseils régionaux de gauche, les sortants, qui sont en tête. Et on ne peut pas dire que ni la droite ni la gauche n'aient fait de grandes performances dans les régions qu'elles ne dirigeaient pas.

16:04
Présentateur

Humiliation pour Éric Dupond-Moretti. Humiliation ? Non, il y a un ministre majeur qui se déplace, qui va se présenter dans sa région d'origine et qui n'atteint pas 10%.

16:19
Gabriel Attal

Moi, je vais vous dire qu'un membre du gouvernement qui n'a pas de mandat local, moi, il se trouve que j'ai un mandat local, je suis conseiller municipal à Venve dans ma commune, un membre du gouvernement qui n'a pas de mandat local, qui veut aller se frotter à une élection locale, en plus dans un territoire difficile, on le sait et vous le savez, moi, je pense que ça doit être salué.

C'est évidemment difficile de se frotter à une élection, ça peut être difficile en termes de résultats, c'est ce qui s'est passé dans les Hauts-de-France, mais je vais vous dire, moi, j'ai entendu depuis le début de ce quinquennat des gens, notamment dans les oppositions, des commentateurs, nous dire, ah, mais regardez, il y a des membres du gouvernement qui n'ont pas d'expérience politique, qui n'ont pas de mandat local, c'est la société civile, ils devraient avoir un mandat, etc. Ils se présentent à des élections, on leur reproche. Ben non, ça doit être salué, par définition, quand on se présente à une élection, si on se présente à une élection, que quand on est sûr de faire un bon score,

17:01
Présentateur

on ne se présente jamais à une élection. Et ils sont sanctionnés. Gabriel Attal, est-ce qu'il va y avoir un remaniement gouvernemental ? J'en ai absolument une idée. Est-ce qu'il faut un remaniement ? Vous savez bien comment ça fonctionne ? Il n'y a que le président et le premier ministre. Oui, ça je sais. Vous souhaitez ?

17:17
Gabriel Attal

Moi, je n'ai pas à souhaiter un remaniement. Moi, ce que je constate, c'est quoi ? Vous allez me dire, c'est langue de bois, etc. Mais on a un gouvernement qui est au travail. On lève les restrictions les unes après les autres. Et surtout, on agit pour la reprise économique du pays et pour la reconstruction du pays. On avait commencé à le faire avant la deuxième vague avec ce gouvernement, avec ce premier ministre. Et moi, je pense qu'il faut qu'on continue à le faire de manière très forte dans les semaines et les mois qui viennent. Vous savez, là, si on sort durablement de la crise sanitaire comme on l'espère cet été grâce à la vaccination, qu'est-ce qui va se passer ?

Tous les pays dans le monde vont se lancer dans la bataille de la relance. Tout le monde va vouloir capter les nouveaux talents, les nouveaux investissements, être le lieu où ça rebondit le plus vite et le plus fort. Et nous, il ne faut pas qu'on perde de temps dans cette bataille-là. C'est pour ça qu'on fait le plan de relance. C'est pour ça qu'on fait tout pour que l'économie reparte. Parce qu'il faut que la France, ça soit là où ça se passe en termes économiques, que ça soit des opportunités en termes d'emploi pour les Français. Et c'est ça, aujourd'hui, notre seule priorité. Et c'est la priorité de ce gouvernement.

18:07
Présentateur

Oui, la priorité, c'est de ne pas oublier les Français qui, eux, se sentent oubliés, qui peut-être ne vont pas voter. Dites-moi, que dites-vous ce matin à ceux qui déjà expliquent que le second tour

18:21
Gabriel Attal

n'est jamais joué à l'avance, par principe. Moi, je n'ai jamais fait partie de ceux qui disaient que le second tour de l'élection était déjà prévu, alors même que le premier tour n'a pas eu lieu. Je vais vous dire, moi, je rêve d'un second tour sans Marine Le Pen. Évidemment, un second tour avec Emmanuel Macron, mais sans Marine Le Pen. C'est aussi le cœur de mon engagement au politique que de lutter contre ces idées-là et contre, parfois, des valeurs nauséabondes qui sont relayées par les élus du Rassemblement national, du Front national. Et donc, il y aura une campagne présidentielle, il y aura une élection, mais personne ne peut dire que le second tour est prévu d'avance.

18:53
Présentateur

Votre combat majeur, c'est le combat contre le Rassemblement national, on est bien d'accord.

18:58
Gabriel Attal

Évidemment, des combats pour Jean-Jacques Bourdin. On parlait tout à l'heure du travail, des valeurs de la République. Mais je vais vous dire, moi, si j'ai un adversaire, peut-être plus que les autres dans la vie politique, c'est le Rassemblement national.

19:06
Présentateur

Alors, pourquoi est-ce qu'en Bourgogne et Franche-Comté, vous ne vous retirez pas ?

19:09
Gabriel Attal

Je ne comprends pas. En Bourgogne, Franche-Comté ? Enfin, je ne comprends pas. Jusqu'à preuve du contraire, c'est la présidente sortante socialiste qui est en tête, de peu devant le candidat du Rassemblement national. Deuxièmement, on lui a proposé un rassemblement sur la base de priorités, notamment la relance économique. On parle de la région dont on parlait tout à l'heure, de l'usine MBF. On a proposé qu'on se mette ensemble autour de la table et qu'on travaille à des priorités économiques. D'autant qu'elle s'est dite Macron compatible il y a quelques mois ou quelques temps. Elle l'a refusé, elle a préféré faire une alliance avec l'extrême gauche et les communistes.

Cette alliance, si on fait arithmétiquement les choses, ça la met sur le papier 15 points au-dessus du Rassemblement national à l'issue du premier tour. quand on additionne les scores. Donc il n'y a pas de risque, on peut dire, avéré. Pas autant en tout cas que dans la région sud où là on a pris nos responsabilités. À vos yeux. Je disais à l'instant que les élections ne sont jamais jouées par avance. Je ne peux pas vous dire, il n'y a aucun risque. Mais en tout cas, ce que je vous dis, c'est qu'il n'y a pas de raison qu'on retire notre liste.

Et Denis Turiuot, notre candidat, qui est remarquable, qui est le maire de Nevers, qui a une expérience d'élus locales, avec son équipe qu'il a constituée, qui a une vraie pluralité politique, qui a un large rassemblement, il a évidemment toutes les raisons de continuer sa campagne.

20:12
Présentateur

Merci Gabriel Attal. Vous regarderez notre débat demain matin, 8h30, 9h30 ?

20:16
Gabriel Attal

Je réfléchis à ce que j'ai demain matin, mais oui, je pense que je pourrais...

20:20
Présentateur

Thierry Mariani, Renaud Muselier... C'est un débat important. ...sur BFM TV. Oui, 8h30, 9h30 demain matin, sur BFM TV, RMC, BFM DC et Azure TV.

20:28
Gabriel Attal

J'espère que vous demanderez à M. Mariani d'expliquer sa position et son soutien au régime Azeri, face à ce que subisse le peuple arménien, ce que subit le peuple arménien depuis maintenant plusieurs mois, qui est très grave. Et pour le coup, M. Mariani a toujours été en soutien du régime Azeri et je pense qu'il devrait pouvoir s'expliquer là-dessus.

20:45
Présentateur

8h54, merci Gabriel Attal d'être venu nous voir sur RMC et BFM TV.

20:51
Locuteur

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Gabriel Attal face à Jean-Jacques Bourdin sur RMC et BFMTV — Gabriel Attal · Pourquijevote