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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 10 novembre 2025 28 minComplaisantActualité / polémiqueSécuritéDéfenseImmigration & asileOutre-mer

La probabilité d'un deuxième 13-Novembre "a considérablement diminué", selon Nicolas Lerner (DGSE)

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:56OuverteRéponse directe

    Comment appréhendez-vous la commémoration du 13-Novembre ? Est-ce qu'elle clignote en rouge sur votre calendrier en termes de vigilance ?

  • 1:19OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il y a des menaces particulières cette semaine ?

  • 1:37OuverteRéponse directe

    La possibilité d'un attentat complexe comme en 2015 est-elle encore envisageable aujourd'hui ?

  • 3:01OuverteRéponse directe

    La menace endogène est-elle aujourd'hui la principale menace en France ?

  • 4:23OuverteRéponse directe

    L'État islamique en Syrie est-il encore une menace pour la France ?

  • 6:02OuverteRéponse directe

    Quelle action portez-vous sur le terrain pour contrer l'État islamique en Syrie ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:38Invité politiqueFait
    « Cette menace dite endogène est celle qui, depuis maintenant quelques années, est la menace la plus prégnante, la plus préoccupante. »
  • 3:59Invité politiqueChiffre
    « Un phénomène plus récent, sur lequel le procureur antiterroriste a donné beaucoup de détails, de rajeunissement, avec, vous le savez, je crois plus de 15 chaque année mis en examen de mineurs en France aujourd'hui. »
  • 4:57Invité politiqueFait
    « L'État islamique en Syrie a subi une série de revers très significatifs après l'intervention notamment de la coalition dans les années 2015 et suivantes. »
  • 5:17Invité politiqueFait
    « Ce à quoi on assiste en effet depuis le renversement salué par la France de Bachar el-Assad et l'arrivée au pouvoir des nouvelles autorités, c'est une forme de résurgence liée en fait à un facteur très simple qui est une plus grande liberté de manœuvre, liberté de circulation des cellules terroristes liées à l'État islamique en Syrie. »
  • 7:03Invité politiqueFait
    « Le suivi de l'État islamique au Khorasan, Afghanistan-Pakistan, a été l'axe d'action principal des services et du service extérieur que je dirige au cours de ces deux dernières années. »
  • 8:16Invité politiqueChiffre
    « Ces derniers mois, 12 responsables cadres de l'ISKP ont été arrêtés par les polices et les services de ces pays-là. »
  • 12:33Invité politiqueFait
    « La France n'est pas en guerre contre la Russie, la France n'est pas en guerre contre les autorités russes, n'est pas en guerre contre le peuple russe. »
  • 12:54Invité politiqueFait
    « La France a fait le choix, comme l'ensemble des pays européens, de soutenir une nation indépendante, l'Ukraine, attaquée en violation de toutes les règles internationales par la Russie. »
  • 13:26Invité politiqueFait
    « Ni la DGSE, ni aucun de ses partenaires européens n'est en capacité de dire qu'en 2029, qu'en 2030, la Russie de Vladimir Poutine attaquera telle ou telle partie de l'OTAN. »
  • 16:55Invité politiqueFait
    « Le fait que la Russie perturbe la vie démocratique française est déjà une réalité. »
  • 17:06Invité politiqueFait
    « Il ne se passe pas une semaine, 15 jours, sans que Viginum, qui est l'organe en charge de veiller à ses ingérences étrangères, ne mette en évidence une manœuvre complexe, élaborée, technique, utilisation de faux comptes, visant précisément à peser, à influer sur le débat démocratique français. »
  • 25:07Invité politiqueChiffre
    « Nous avons chaque semaine entre 700 et 800 candidatures spontanées. »

Temps de parole

  • Invité politique66 %
  • Invité17 %
  • Présentateur16 %

1,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Présentateur

France Inter, Benjamin Duhamel, Florence Paracuelos, la grande matinale. Et dans le grand entretien avec Benjamin Duhamel, nous recevons ce matin le patron de la DGSE, il dirige les espions français. Vous pouvez lui poser des questions au 01 45 24 7000, n'hésitez pas, et sur l'application Radio France. Bonjour Nicolas Lerner. Bonjour. Merci d'avoir choisi France Inter pour votre toute première interview à la radio depuis votre nomination à la tête de la DGSE l'an dernier. On a énormément de sujets à aborder avec vous ce matin. La menace russe, les ingérences étrangères, les relations entre la France et l'Algérie, l'Iran, votre métier bien sûr qui fascine.

C'est quoi aujourd'hui un espion français ? D'abord, vous venez ce matin dans un contexte particulier puisqu'on commémore jeudi les 10 ans des attentats du 13 novembre 2015. Comment est-ce que vous appréhendez cette journée ? Est-ce qu'elle clignote en rouge sur votre calendrier en termes de vigilance ?

1:03
Invité politique

Forcément, une commémoration comme celle que nous allons vivre, chargée en émotions, charnée en souvenirs, est effectivement une commémoration qui justifie la pleine vigilance des services, des services intérieurs, des services extérieurs. Donc nous l'abordons avec beaucoup de vigilance.

1:19
Présentateur

Est-ce qu'il y a des menaces particulières cette semaine ?

1:21
Invité politique

Présent non, mais vous l'avez vu, les autorités judiciaires ont communiqué encore ce week-end, encore la semaine dernière, sur l'arrestation encore récente d'un certain nombre de profils qui fomentaient des projets sur le territoire national. Donc pas de risque particulier sur les commémorations, mais un contexte général évidemment de très grande vigilance.

1:37
Invité

Et on va y venir pour tenter de caractériser cette menace, mais simplement Nicolas Lerner, pour ceux qui nous écoutent ce matin, est-ce que la possibilité, comme il y a dix ans, d'un attentat avec plusieurs lieux, je rappelle 132 victimes, un attentat organisé de l'étranger, est-ce que cette perspective-là est encore quelque chose d'envisageable aujourd'hui ? Pour tenter de comparer ce qu'était la menace en novembre 2015 à ce qu'elle est aujourd'hui.

2:02
Invité politique

La probabilité d'une telle action, telle que vous l'avez indiqué, complexe, impliquant des individus projetés depuis l'étranger, organisés par une centrale agissant à l'étranger, a aujourd'hui considérablement diminué. Sous l'effet de différents facteurs, l'action évidemment militaire de la coalition à l'encontre de ces groupes terroristes en Syrie, en Irak, le meilleur contrôle aussi de nos frontières extérieures, le démantèlement des cellules, des bases arrières, des cellules arrières qui interagissaient avec la zone. Donc ce risque, il a très nettement diminué au profit, vous le savez, d'une menace terroriste qui est aujourd'hui beaucoup plus complexe, beaucoup plus atomisée.

Nous allons peut-être en parler. Mais néanmoins, à l'évolution, nous en parlerons peut-être des groupes terroristes, qu'il s'agisse de la Syrie, qu'il s'agisse de l'Afghanistan, qu'il s'agisse de l'Afrique, nous rend évidemment vigilants. Il est impossible, l'histoire du terrorisme, c'est une histoire de cycle, d'indiquer que cette menace-là, que nous ne serons plus jamais confrontés à cette menace. Donc elle a diminué. Elle reste néanmoins un sujet de suivi permanent de la part des services extérieurs.

3:01
Présentateur

Alors précisément, il y a une semaine, le procureur national antiterroriste indiquait ici même que la menace endogène était la principale menace en France. On parle de ces gens qui se radicalisent sur le territoire français. Effectivement, on a découvert ce week-end ces trois jeunes françaises arrêtées il y a un mois, suspectées de vouloir préparer un attentat terroriste. C'est ça qui préoccupe les services le plus aujourd'hui. C'est l'organisation d'un attentat ici en France et pas à l'étranger.

3:30
Invité politique

Oui, en effet, cette menace dite endogène est celle qui, depuis maintenant quelques années, est la menace la plus prégnante, la plus préoccupante. À la faveur, encore une fois, je l'ai indiqué, du travail réalisé à l'étranger contre les groupes terroristes, avec en fait deux profils envisageables. D'abord des profils d'individus radicalisés qui prolongent dans ce radicalisme religieux un engagement religieux, avec la thématique derrière, vous le savez, du suivi de nos sortants de prison, des personnes condamnées par exemple.

Et puis un phénomène plus récent, sur lequel le procureur antiterroriste a donné beaucoup de détails, de rajeunissement, avec, vous le savez, je crois plus de 15 chaque année mis en examen de mineurs en France aujourd'hui. Des profils qui restent encore aujourd'hui extrêmement sensibles, extrêmement permissifs à la propagande terroriste, qui malheureusement restent encore aujourd'hui accessibles à ce type de profils.

4:23
Invité

Nicolas Lerner, parlons effectivement de ces menaces qui viennent de l'étranger, puisque votre mission à la DGSE est de les analyser, de les contrer. Hier, dans les colonnes de la tribune dimanche, la ministre de la Défense, Catherine Vautrin, disait la chose suivante, il y a incontestablement une reconstitution des capacités de l'État islamique en Syrie. Là encore, dix ans après le 13 novembre, alors que le nouveau régime en Syrie, Pierre Aski en parlait il y a quelques instants, combat l'État islamique.

Est-ce que Daesh, l'État islamique au Levant, on parlera dans un instant de l'État islamique au Khorasan, notamment en Afghanistan, est-ce que cet État islamique en Syrie est encore une menace pour la France ?

4:57
Invité politique

L'État islamique en Syrie a subi une série de revers très significatifs après l'intervention notamment de la coalition dans les années 2015 et suivantes. Donc ces capacités ont été réduites. Ce à quoi on assiste en effet depuis le renversement salué par la France de Bachar el-Assad et l'arrivée au pouvoir des nouvelles autorités, c'est une forme de résurgence liée en fait à un facteur très simple qui est une plus grande liberté de manœuvre, liberté de circulation des cellules terroristes liées à l'État islamique en Syrie.

Une fois que j'ai dit ça, ce que nous notons et Pierre Asseline l'a dit à l'instant, je crois que personne, personne n'a intérêt à une Syrie qui serait désorganisée, qui redeviendrait une terre de chaos. Nous avons de nouvelles autorités qui sont aujourd'hui déterminées et nous allons suivre en effet les annonces du président syrien à Washington à lutter contre cette menace terroriste, appuyée, je le dis, appuyée par des partenaires occidentaux, américains, européens. Et la France et les services de renseignement français prennent toute leur part à l'appui des nouvelles autorités pour lutter contre cette menace et lutter contre cette résurgence.

6:02
Invité

Ça veut dire Nicolas Lerner que sur le terrain, les espions que vous dirigez à la DGSE, quelle action est-ce que vous portez pour s'assurer précisément que l'État islamique en Syrie ne se revivifie pas ? C'est une de vos priorités sur le terrain précisément au Levant ?

6:21
Invité politique

Ça veut dire très concrètement, vous le savez, que nos armées sont mobilisées en Syrie, elles ont ces derniers mois produit et conduit un nombre d'actions. Ça veut dire aussi que la DGSE interagit en soutien, fourniture de renseignements, fourniture de matériel de ses partenaires syriens avec lesquels nous avons en effet réengagé fortement depuis maintenant plusieurs mois.

6:42
Présentateur

Alors autre zone géographique plus à l'est, Nicolas Lerner, il y a l'État islamique au Levant, l'État islamique au Khorasan, c'est-à-dire une partie de l'Asie centrale, l'Afghanistan. Votre homologue de la DGSE disait en début d'année que cette organisation la mettait en tête de ses priorités. Est-ce que c'est une menace particulière et pourquoi ?

7:03
Invité politique

Alors en effet, le suivi de l'État islamique au Khorasan, Afghanistan-Pakistan, a été l'axe d'action principal des services et du service extérieur que je dirige au cours de ces deux dernières années. Et l'essentiel des projets qui impliquaient des liens entre des sympathisants de l'État islamique en Europe et une organisation extérieure impliquaient l'État islamique au Khorasan. Et vous savez, au travers notamment de logiques communautaires ressortissants, centres asiatiques, caucasiens, tchétchènes, dont on sait que beaucoup de ces communautés sont présentes en France mais aussi en Europe.

Donc ça en effet était le groupe qui était le plus menaçant à l'égard de nos intérêts et certains attentats en France ou des projets d'attentats en France, d'attentats en Europe ou d'attentats, vous avez notamment, on a tous en tête l'attaque pour le coup complexe qui s'apparente à celle du 13 novembre au Crocus Hall, ce coup impliquait cette organisation terroriste. Le point aujourd'hui que je veux faire, c'est grâce à l'action des pays dans lesquels les têtes de ces réseaux sont implantées. Je pense au Pakistan, je pense aussi à l'Afghanistan.

Grâce au soutien là aussi des pays occidentaux et de la France et de la DGSE, nous estimons aujourd'hui qu'en cette fin d'année 2025, la menace liée à l'ISKP n'est pas aussi élevée qu'elle a pu être il y a quelques mois grâce à l'action, encore une fois, de démantèlement des cellules. Ces derniers mois, 12 responsables cadres de l'ISKP ont été arrêtés par les polices et les services de ces pays-là.

8:23
Invité

Pour être clair, l'ISKP c'est l'État islamique au Khorasan.

8:25
Invité politique

L'État islamique au Khorasan, pardon, j'utilise le sigle. Donc une menace qui reste en effet préoccupante, mais qui grâce à l'action là aussi combinée des services locaux et des services occidentaux est plutôt en diminution.

8:36
Invité

Est-ce qu'il serait capable, là encore pour tenter de mettre en perspective la façon dont le risque terroriste a évolué en 10 ans ? Est-ce que cette organisation a la capacité opérationnelle en termes de personnes présentes sur le territoire français d'organiser un attentat terroriste de grande ampleur ?

8:53
Invité politique

L'évaluation première du risque n'est pas tellement de projeter, comme l'État islamique l'avait fait en 2015, des opérationnels aguerris, entraînés vers l'Europe, mais plutôt d'activer une menace, d'activer des sympathisants, soit... Ce que Laurent Nunez appelle les cellules dormantes, c'est ça ? Des cellules dormantes, ou même au-delà de cellules, d'individus qui peuvent être des sympathisants de la cause, et qui, je le disais tout à l'heure, sous couvert de liens communautaires, de liens linguistiques, vont être activés, invités à passer à l'acte.

C'est ça la principale menace qu'a posée l'État islamique au Khorasan, qu'elle continue de peser, malgré encore une fois des succès importants à enregistrer ces derniers mois.

9:27
Présentateur

Alors, sur la carte du djihadisme mondial, il y a un endroit qui clignote en ce moment, c'est le Mali, c'est l'Afrique de l'Ouest. Le Jnim, qui est le groupe Al-Qaïda au Sahel, dites, arrêtez-moi si je me trompe, le Jnim est en cercle en ce moment la capitale malienne Bamako. On demande aux Français de rentrer. Est-ce que c'est une situation hors de contrôle ?

9:49
Invité politique

D'abord, l'Afrique aujourd'hui, lorsqu'on le regarde, et singulièrement le Sahel, mais on se focalise nous sur le Sahel, parce que c'est là que nous avons nos intérêts, y compris historiques. Mais si l'on regarde aussi l'Afrique centrale, la corne de l'Afrique est aujourd'hui devenue l'épicentre du djihadisme, à la fois en termes d'action, il n'y a pas une journée sans qu'un attentat terroriste ne soit pas commis, de victimes, et je pense à ces milliers, dizaines de milliers de victimes civiles de ces pays-là, mais je pense aussi au fait qu'un nombre très important de cadres des organisations terroristes qui avant provenaient de pays arabes, aujourd'hui, sont des cadres africains.

Donc l'Afrique est aujourd'hui l'épicentre du terrorisme et menace directement nos intérêts, les intérêts français dans la région, mais nous avons aussi en mémoire le fait que laisser s'installer des groupes terroristes, laisser se constituer les sanctuaires, a toujours donné, dans l'histoire récente de nos pays, ensuite des projets d'attentats projetés. Donc nous devons forcément être très attentifs.

Et la situation, en effet, est celle d'une dégradation, une dégradation lente, mais continue depuis le départ des troupes françaises à compter de l'année 2020, personne ne s'en réjouit, et une dégradation, en effet, plus rapide au Mali depuis cet été, et cette volonté d'Ugenim d'encercler Bamako avec un objectif politique, qui est de faire tomber Bamako.

11:02
Invité

Mais avec juste, là encore pour être concret, la possibilité que le Mali devienne un État en partie contrôlé par des terroristes, comme c'était le cas en 2013, avec ce risque qui avait d'ailleurs conduit François Hollande à l'époque à intervenir ?

11:15
Invité politique

Les renseignements que nous avons montrent que l'Ugenim n'est pas nécessairement ni en capacité, ni à la volonté, elle-même, cette organisation de contrôler le pays, de contrôler le Mali, consciente aussi de ses limites. En revanche, tout laisse à penser que l'Ugenim souhaite la chute de la junte, et souhaite l'installation d'un pouvoir qui soit, en effet, favorable à l'installation d'un califat sur tout ou partie du territoire malien. Et qui pourrait s'étendre aussi au-delà des frontières du Mali ? Évidemment, ce que l'on voit aujourd'hui, c'est une forme de permissivité dans les circulations entre Burkina Faso, Niger et Mali, donc beaucoup, beaucoup d'eux.

Et puis, par ailleurs, vous le savez, depuis le départ de la France, un modèle de sécurité alternatif, notamment assuré par les Russes, qui est aujourd'hui très largement en échec.

11:55
Présentateur

Alors, précisément, on y vient avec un auditeur au standard, c'est Aurélien. Bonjour, bienvenue Aurélien. Vous avez une question à poser au patron de la DGSE, allez-y.

12:05
Auditeur

Tout à fait. Alors, je voulais savoir, selon les informations dont dispose la DGSE pour l'instant, est-ce qu'on peut craindre une confrontation armée avec la Russie dans les années à venir ?

12:19
Invité

Merci beaucoup Aurélien. Et je précise, pour appuyer votre question Aurélien, ce qu'a dit le nouveau chef d'état-major des armées, Fabien Mondon, qui a dit qu'il fallait, je cite, se préparer à un choc d'ici trois ou quatre ans avec la Russie. Est-ce que ça corrobore les informations dont vous disposez ?

12:33
Invité politique

Il faut être extrêmement précis. D'abord, aujourd'hui, la France n'est pas en guerre contre la Russie, la France n'est pas en guerre contre les autorités russes, n'est pas en guerre contre le peuple russe. La France a fait le choix, comme l'ensemble des pays européens, de soutenir une nation indépendante, l'Ukraine, attaquée en violation de toutes les règles internationales par la Russie. Et ce choix-là, de soutenir l'Ukraine, nous a conduits, en effet, dans une période de confrontation, pour reprendre les termes du président de la République et de la ministre des armées, avec la Russie.

Nous sommes aujourd'hui en confrontation, c'est déjà une réalité, sur un certain nombre de champs inframilitaires. Je pense évidemment à la question de la menace cyber, je pense aux enjeux informationnels, je pense aussi à la conduite par la Russie sur notre propre territoire d'opérations de déstabilisation, en France ou en Europe. Donc, nous sommes aujourd'hui dans une phase de confrontation. S'agissant de la suite, d'abord, je suis chef d'un service de renseignement, je le dis aujourd'hui, ni la DGSE, ni aucun de ses partenaires européens n'est en capacité de dire qu'en 2029, qu'en 2030, la Russie de Vladimir Poutine attaquera telle ou telle partie de l'OTAN.

Personne, aujourd'hui, n'est en capacité de dire cela. Ce qu'a dit le chef d'état-major des armées, ce qu'a dit la ministre des armées hier, c'est que notre responsabilité est de nous y préparer. Lorsque nous regardons, nous analysons la rhétorique politique, diplomatique de Vladimir Poutine, de ceux qui l'entourent, selon lequel la Russie serait peu à peu menacée par l'essor des démocraties à ses frontières, selon lequel la grandeur de la Russie passe nécessairement par un contexte d'extension territoriale, notre responsabilité est de nous y préparer. Donc, ce choc n'est pas inéluctable, cette guerre n'est pas inéluctable. Notre responsabilité, néanmoins, c'est de nous y préparer.

14:15
Présentateur

C'est un scénario, donc, qui est potentiellement crédible, et c'est ce que vous disent vos sources en Russie, parce qu'on imagine que vous avez des sources en Russie, même si ça ne doit pas être évident pour vos services de travailler dans ce pays.

14:28
Invité politique

Nous essayons, évidemment, de travailler sur la Russie comme n'importe quel pays ou potentiel porteur de menaces, et en effet, ce qui nous remonte, c'est que le scénario d'une confrontation avec l'OTAN, avec l'Occident, est un scénario crédible auquel il nous faut nous préparer.

14:43
Invité

Scénario crédible, parce que vous citez les services de renseignement des pays européens, notamment les services de renseignement allemands. Je cite de mémoire, je crois que c'était un monsieur qui s'appelait Bruno Kall, qui disait, oui, on se prépare très concrètement à la perspective d'un scénario direct de confrontation de guerre entre des pays européens, des pays de l'OTAN, et la Russie. Vous dites, ce n'est pas inéluctable, mais c'est un scénario sur lequel vous travaillez.

15:04
Invité politique

Absolument. Vous savez, être patron d'un service de renseignement, c'est d'abord recueillir du renseignement. Qu'est-ce qui est aujourd'hui décidé ? Ce sur quoi travaille la Russie ? Et puis, en effet, c'est aider nos autorités à anticiper, à se préparer à un choc, à une évolution géopolitique. Et aujourd'hui, nous nous y préparons. Dans le champ militaire, la ministre a rappelé hier...

15:22
Invité

Mais se préparer, ça veut dire une guerre, c'est-à-dire, au fond, un scénario où, par exemple, la Russie attaquerait d'une manière ou d'une autre un pays de l'OTAN, et ce qui aboutirait à un conflit entre les pays de l'OTAN et la Russie.

15:33
Invité politique

Se préparer, et vous comprendrez en effet que je ne rends pas dans le détail de tous ces scénarios, c'est en effet anticiper le moment où la Russie viendrait tester la solidarité otanienne.

15:44
Présentateur

Mais ce que vous nous dites, c'est que de toute façon, la Russie, elle est déjà à l'offensive contre les pays européens, contre les démocraties. Comment est-ce que vous qualifiez la menace russe en ce moment entre les attaques cyber, les ingérences, les drones ? Comment est-ce que vous qualifiez cette attitude de la Russie ?

16:01
Invité politique

La ligne principale de la Russie aujourd'hui, c'est de nous dissuader, de nous dissuader de soutenir l'Ukraine, de faire douter les populations quant au risque associé à un soutien à l'Ukraine. Et deuxièmement, c'est de nous diviser, de diviser à la fois l'unité occidentale, dont je rappelle quand même combien auraient parié que trois ans et demi, bientôt quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, l'Europe resterait unie comme elle l'est, mais de nous diviser aussi à l'intérieur de nos sociétés.

16:26
Invité

Nicolas Lerna, on va parler dans un instant des otages, ceux qui sont sans liberté conditionnelle en Iran et ceux qui sont détenus en Algérie, juste avant sur la question des ingérences russes. On a vu ce soupçon, plus que soupçon quasiment avéré, d'ingérence russe dans des processus électoraux, notamment en Europe de l'Est. La France va vivre une séquence électorale qui va commencer avec les municipales dans quelques mois, avec l'élection présidentielle en 2027. Est-ce que là encore, vous avez des informations selon lesquelles la Russie se prépare à tenter de perturber la vie démocratique française ?

16:55
Invité politique

D'abord, le fait que la Russie perturbe la vie démocratique française est déjà une réalité. Et il ne se passe pas une semaine, 15 jours, sans que Viginum, qui est l'organe en charge de veiller à ses ingérences étrangères, ne mette en évidence une manœuvre complexe, élaborée, technique, utilisation de faux comptes, visant précisément à peser, à influer sur le débat démocratique français. Donc c'est déjà le cas.

Ce à quoi, ce que nous avons constaté, en effet, vous faisiez référence à deux élections récentes, deux séries d'élections, en Roumanie et en Moldavie, c'est la capacité de ce pays, de ses services, de ses entités, à mettre sur pied des opérations beaucoup plus complexes, différentes dimensions, physiques, cyber, achats de voies. Aujourd'hui, nous sommes à trois ou quatre mois d'une échéance électorale importante, certes locale, mais très importante, qui sont les municipales. Nous n'avons pas encore constaté ce type d'emprise, mais en effet, les services autour de Viginum, qui est l'instance, se préparent à ce scénario.

17:49
Présentateur

Nicolas Werner, on a deux Français, Cécile Collère et Jacques Paris, qui étaient retenus depuis plus de trois ans en Iran, qui ont été libérés il y a quelques jours, qui sont en liberté conditionnelle à l'ambassade de France à Téhéran. Vous avez forcément œuvré à leur libération. Qu'est-ce qu'on peut dire aujourd'hui de leur sort ? Est-ce qu'ils sont tirés d'affaires ?

18:07
Invité politique

D'abord, beaucoup de soulagement, et vous me permettrez de partager ce que notre ambassadeur a dit sur votre antenne il y a quelques jours. C'est beaucoup, beaucoup de soulagement, après trois ans, de voir Jacques et Cécile enfin respirer et enfin évoluer dans un cadre, en effet, qui est celui de l'ambassade, qui est différent de la prison d'Evide à Téhéran. Donc, beaucoup de soulagement. Néanmoins, nous sommes encore au milieu du guerre. Vous l'avez rappelé, ils sont aujourd'hui assignés à résidence. Ils n'ont pas le droit de quitter le territoire iranien.

Nous continuons le dialogue avec les autorités iraniennes, un dialogue qui n'a d'ailleurs jamais cessé ces derniers mois, même au plus fort de la guerre des 12 jours, comme on l'appelle, où beaucoup de pays occidentaux avaient décidé de quitter Téhéran. La France est restée. Et en effet, depuis maintenant plusieurs mois, la question du sort de Cécile et Jacques donne lieu à des discussions extrêmement nombreuses avec des autorités iraniennes, avec lesquelles les désaccords sont évidemment très profonds sur beaucoup de sujets, avec lesquels le dialogue n'a jamais cessé. Vous comprendrez que, tant que Jacques et Cécile ne sont pas rentrés en France, le travail ne soit pas achevé.

Vous comprendrez aussi que ce travail, pour être efficace, doit se poursuivre dans la plus grande discrétion.

19:06
Invité

Mais la DGSE, effectivement, a été l'un des principaux protagonistes pour œuvrer à leur libération conditionnelle sur le sort de l'Algérie. Deux détenus, deux otages d'État, Boalem Sansal, l'écrivain, et le journaliste Christophe Glez. Là encore, c'est un des dossiers sur lesquels vous travaillez au quotidien. Compte tenu de la dégradation des relations entre la France et l'Algérie, est-ce qu'on peut quand même, Nicolas Lerner, espérer avoir des bonnes nouvelles les concernant à relativement court terme ?

19:30
Invité politique

Il faut évidemment l'espérer. Et vous le savez là aussi que tout est mis en œuvre par différents canaux pour aboutir à la libération de nos deux compatriotes. La France et l'Algérie ont vécu ces derniers mois une crise extrêmement grave. Peut-être la crise la plus grave depuis l'indépendance de l'Algérie. Les canaux là aussi n'ont jamais été coupés. Et le service et la DGSE a pris tout son poids pour maintenir un canal qui était dans l'intérêt de la France à la fois au plan politique et diplomatique, mais aussi au plan sécuritaire. On parle de lutte antiterroriste.

20:01
Invité

C'est-à-dire que même sur la lutte antiterroriste, malgré la dégradation des relations entre la France et l'Algérie, vous continuez, les services continuent de travailler ?

20:07
Invité politique

Nous sommes aujourd'hui, nous avons atteint un point extrêmement bas de coopération opérationnelle en matière antiterroriste. Néanmoins, j'ose croire que grâce aux canaux que nous avons préservés, si les services algériens étaient en capacité de détecter une menace sur le territoire national, en effet, qu'ils l'auraient signalé. Donc aujourd'hui, nous avons des signaux qui viennent de la partie algérienne sur une volonté de reprise du dialogue. La France y est prête, la France y a toujours été prête, elle est prête à ses conditions et elle est prête, en effet, en rappelant ce que sont ses exigences et notamment la libération de nos deux compatriotes.

20:37
Invité

C'est important ce que vous dites ce matin. Vous dites des signaux qui viennent du pouvoir algérien, qui laissent à penser qu'il pourrait y avoir une ouverture. Ces signaux, ils viennent quoi ? Du fait que le discours politique a changé vis-à-vis d'Alger ?

20:48
Invité politique

Oui, un certain nombre de signaux à la fois publics et non publics nous sont parvenus et la France, encore une fois, le président a toujours été clair et prête à ce dialogue sans sacrifier aucune de ses exigences mais je crois que c'est l'intérêt d'aucun des deux pays de rester dans cette situation de blocage.

21:04
Invité

Donc une forme d'optimisme tata Boualem-Sensal et Christophe Gleize à relativement court terme pour espérer leur libération.

21:10
Invité politique

En tout cas, nous y travaillons tous ardemment.

21:13
Présentateur

Nicolas Lerner, il nous reste quelques minutes pour parler de votre métier. Agents secrets, enfin en tout cas vous dirigez les espions les agents secrets français c'est évidemment fascinant il y a eu un tas de séries enfin surtout le bureau des légendes qui nous a beaucoup plu à tous qui est une excellente série on pense au film Les Patriotes est-ce que ce qu'on voit dans ces séries, dans ces réalisations est-ce que c'est crédible ? Est-ce que ça ressemble à ça la vie d'espion ?

21:39
Invité politique

Oui, ce sont deux très bons programmes audiovisuels ou cinématographiques que vous avez cités à chaque fois que j'interviens je fais un peu de publicité aussi pour certaines et donc là je citerai aussi une série américaine qui s'appelle The Americans sur la vie d'un couple d'espions infiltrés ça aussi c'est réaliste c'est extrêmement réaliste et très bien fait et très haletant moi ce que je dis souvent de ces séries c'est que ça dit beaucoup sur le métier qu'évidemment le fait que un agent soit en charge de la totalité de ses missions est parfois nécessairement scénarisée mais en réalité ces séries disent en effet assez bien ce que sont la vie d'une partie importante des agents de la DGSE aujourd'hui

22:19
Présentateur

on a une question au standard c'est Vanessa bonjour

22:23
Auditeur

oui bonjour Vanessa je vous remercie de prendre ma question ma fille de 13 ans souhaite devenir espionne et je me demandais quel est le cursus vers lequel s'engager pour devenir espionne ou espionne en France et travailler à la DGSE

22:38
Présentateur

ah très bien déjà 13 ans

22:40
Invité politique

de devenir espionne

22:41
Présentateur

comment on fait

22:41
Invité politique

pour devenir espionne ?

d'abord il faudra qu'elle patiente un petit peu mais en effet lorsqu'elle sera majeure en réalité la réponse que je vais vous faire je sais pas si elle vous satisfera il n'y a pas de voie royale pour devenir espion on a à la DGSE un peu moins d'un quart de nos agents qui sont des militaires donc qui ont choisi la voie de service militaire et qui rejoignent ensuite la DGSE nous avons un certain nombre de nos collègues qui ont choisi de passer un concours spécifique ou des concours spécifiques et qui viennent fonctionner à la DGSE nous avons une direction technique qui compte plusieurs milliers de personnes qui comptent en leur sein des contractuels des ingénieurs des techniciens nous avons des analystes nous avons des linguistes donc en réalité si elle veut devenir et travailler à la DGSE il faut qu'elle suive sa passion il faut qu'elle développe ses qualités premières et ensuite je n'ai aucun doute que le service sera à les reconnaître

23:26
Invité

Juste sur les qualités requises évidemment la discrétion ça va de soi c'est quoi un bon espion ?

23:33
Invité politique

Alors j'utilise souvent ces qualificatifs il faut être malin il faut être curieux curieux du monde évidemment de l'état du monde curieux de l'âme humaine et puis il faut avoir les pieds sur terre parce que nous évoluons pour devenir un peu sérieux dans un monde où le climat de tension à l'égard de nos intérêts à l'égard de nos services est extrêmement élevé et je veux avoir une pensée pour l'agent de la DGSE qui est actuellement détenu depuis trois mois nous en parlons tout à l'heure au Mali donc être aujourd'hui un espion travailler à la DGSE c'est exposé donc il faut avoir les pieds sur terre il faut être calme serein et bien dans ses baskets

24:06
Invité

Parmi ceux qui visiblement adorent les espions Nicolas Lerner il y a le président de la république on a appris dans un livre repris par un certain nombre d'informations de presse qu'Emmanuel Macron est particulièrement amateur d'échanges avec vous-même concernant le monde des espions vous le briefiez régulièrement Emmanuel Macron sur le sort des agents de la DGSE un peu partout dans le monde ?

24:27
Invité politique

Oui bien sûr il y a des échanges très réguliers la DGSE écrit diffuse un certain nombre de notes quotidiennement mais vous savez pour le président de la république qui est évidemment en contact avec beaucoup de ses homologues qui est très connecté au monde le fait d'avoir un service de renseignement qui est capable de tenter de lui décrypter le dessous des cartes de lui dire exactement ce que tel ou tel de ses interlocuteurs pense réellement est évidemment de très grande valeur

24:50
Présentateur

Je voudrais revenir avec vous sur vos métiers qui sont divers et variés mais ce sont des métiers un peu parfois austères parfois dangereux pour autant est-ce qu'il y a beaucoup de candidats ? Vous recevez beaucoup de candidatures ?

25:04
Invité politique

Alors le chiffre est assez hallucinant nous avons chaque semaine entre 700 et 800 candidatures spontanées des semaines où le directeur général n'intervient pas médiatiquement donc j'anticipais mes équipes avec un petit peu d'inquiétude après cette matinale

25:19
Présentateur

Est-ce qu'il y a des postes à pourvoir alors ?

25:21
Invité politique

Oui alors d'abord nous avons un site internet nous sommes sur Linkedin là aussi donc vous retrouverez une bonne partie pas tous nos postes évidemment mais sur Linkedin Donc il y a un formulaire à remplir avec des... Vous verrez qu'on ne sait pas forcément toujours comme ça et aussi simplement mais ce que je trouve très intéressant 7 à 800 candidatures par an ça en dit long aussi sur le niveau de patriotisme de volonté d'engagement de beaucoup de français notamment des plus jeunes C'est nouveau ça ? Je crois que le contexte international que j'ai décrit la montée des tensions la volonté aussi d'être utile à son pays explique pour une grande partie ce phénomène

25:53
Invité

Nicolas Lerner une dernière question encore concrète que se posent peut-être certains de nos auditeurs vous êtes sans doute le mieux placé dans ce pays pour répondre Est-ce qu'il faut se méfier de notre téléphone ? Est-ce qu'il y a des plateformes de messagerie à éviter quand on veut rester discret ?

26:10
Invité politique

Oui d'abord il faut se méfier de son téléphone parce que ça peut être un outil j'ose le terme d'avidissement mais ça c'est chacun qui en est juge mais au-delà de ça aujourd'hui un téléphone c'est un espion c'est un mouchard que vous avez dans votre poche il n'y a pas d'application qui vous garantisse une confidentialité à 100% de vos échanges donc il faut considérer c'est ce que nous faisons au service qu'un téléphone que vous échangez dans votre téléphone les conversations que vous avez les messages que vous avez peuvent être interceptés donc même les applications chiffrées, cryptées

26:41
Invité

télégrammes, signal vous savez

26:42
Invité politique

ces applications chiffrent les messages aujourd'hui vous avez un certain nombre de logiciels de solutions soit commercial soit étatique qui permettent de capter ce que vous écrivez sur votre téléphone avant que ce soit chiffré donc aujourd'hui il n'y a pas une solution qui vous prémunisse à 100% du risque d'être intercepté et écouté mais vous faites comment vous par exemple ? Nous avons évidemment un certain nombre de solutions maison qui nous permettent de réduire le risque et puis je vous mentirais en vous disant que je n'utilise pas un certain nombre de ces applications mais vous dites des choses j'ai toujours conscience que ce que je peux dire peut être intercepté

27:14
Présentateur

Merci Nicolas Lerner c'est rassurant nous dit Elisabeth de vous entendre parler je vous remercie nous dit cette auditrice alors que la perspective de guerre est angoissante Merci Nicolas Lerner le patron de la DGSE d'être venu nous voir

La probabilité d'un deuxième 13-Novembre "a considérablement diminué", selon Nicolas Lerner (DGSE) · Pourquijevote