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interviewLe Monde· 8 août 2023 48 min

Comment s'habiller sans détruire le climat et la biodiversité ? | CHALEUR HUMAINE S.2 E.2

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[Musique] bonjour bienvenue dans chaleur humaine je suis Nabil wachim [Musique] il y a un peu plus de 15 ans quand la vente en ligne a commencé à devenir quelque chose d'accessible et généralisé et ben je dois vous avouer quelque chose je suis devenu accro à un site de vente en ligne j'ai acheté n'importe quoi mais il faut dire que moi j'ai toujours détesté aller dans les magasins et du coup j'avais l'impression d'avoir trouvé un outil génial j'ai acheté des disques durs des couches pour bébé des tablettes de chocolat et surtout surtout j'ai acheté des habits c'était dispo pas cher et j'avais même pas besoin de me déshabiller sous le regard d'un vigile un peu inquisiteur alors c'est vrai je dois bien reconnaître que j'ai reçu des paires de chaussures trop grandes des jupes moches que ma femme n'a jamais voulu porter et des body de bébé qui était trop petit au moment où ils sont arrivés mais en fait je trouvais que c'était pas grave tout était dans ma boîte aux lettres ou des fois dans celle du voisin et je me disais que c'était pas cher pratique et en fait assez rigolo à faire et puis à chaque déménagement je faisais des caisses d'habits et de chaussures des trucs trop grands ou jamais porté je les mettais dans la cave de mon frère merci à lui ils sont encore parfois chez Emmaüs mais c'est vrai je trouvais ça dommage mais en fait si je suis tout à fait honnête je trouvais pas ça très embêtant depuis j'ai compris un truc important l'industrie textile c'est autant d'émissions de gaz à effet de serre que le transport aérien entre deux et quatre pour cent de nos émissions totales au niveau mondial ça n'a l'air de rien mais en fait c'est colossal d'autant plus cette industrie elle est responsable d'autres dégâts pour l'environnement et la biodiversité j'ai appris tout ça en discutant avec ma collègue du monde Juliette Garnier elle est chargée de suivre l'industrie textile depuis longtemps et elle a écrit plusieurs enquêtes plusieurs dossiers sur le sujet il y a désormais plus de 100 milliards de vêtements vendus chaque année dans le monde en France on estime que ça équivaut à 10 kg de vêtements par habitant et par an oui c'est vrai à un moment je me suis dit il faut que je pèse ma penderie et puis devant l'ampleur de la tâche j'avoue que j'ai renoncé mais pourquoi l'industrie du textile elle pollue autant pourquoi est-ce que c'est si difficile de changer ses pratiques et surtout comment on fait pour en sortir qu'est-ce qu'on peut faire nous pour que ça change c'est de tout cela dont j'aimerais vous parler aujourd'hui dans chaleur humaine Julia fort et la co-fondatrice de la marque de vêtements loom et elle participe à un collectif d'entreprises du secteur qui s'appelle en mode climat et qui veut réduire massivement les émissions de gaz à effet de serre de la mode et la beau vendre des habits est un slogan que je trouve assez intrigant pour quelqu'un qui vient de ce secteur là elle dit simplement les habits achetés en le moins possible [Musique] bonjour Julia fort bonjour avant qu'on parle de comment on peut faire autrement et que vous nous parliez aussi de votre expérience j'aimerais bien qu'avant on fasse un peu le point sur pourquoi cette industrie de la mode pollue autant au fond qu'est-ce qui aimait du gaz à effet de serre dans l'industrie textile est-ce que c'est le processus de fabrication c'est la quantité de vêtements qui deviennent ensuite des déchets de manière abondante d'où vient le problème en fait on peut déjà essayer de séparer les différents types de pollution c'est pas la même chose les émissions de gaz à effet de serre donc ils participent au hachement climatique que par exemple les produits chimiques qui viennent polluer les eaux ou participer à l'extinction des insectes dans la mode en fait individuellement chaque vêtement il pollue relativement peu parce qu'il faut relativement peu d'énergie pour produire un t-shirt relativement peu de pesticides pour sortir les 200 g de coton qui permettront de faire certains et relativement peu de produits chimiques pour peindre un t-shirt puisque c'est des petites pièces ça n'a rien à voir par exemple avec ce qu'il faut pour faire un iPhone par exemple ou ce genre de produit très technologique le vrai problème de la mode il est dans les quantités de vêtements c'est à dire le poids de pollution ou le poids carbone individuel des vêtements est assez faible le problème c'est qu'on produit énormément énormément de vêtements pour vous donner une idée rien qu'en France c'est chaque année 2,5 milliards de vêtements qui sont mis sur le marché c'est plus que de boîte de ciseaux en fait qui sont vendues donc ça nous dit quelque chose sur comment on consomme les vêtements actuellement dans notre monde consomme les vêtements comme c'était un consommable comme si c'était des œufs on les casse on fait une omelette et ensuite on en rachète et donc finalement ce qui pollue c'est cette masse de vêtements qui est produite donc ça ça renvoie évidemment ce qu'on appelle la fast fashion donc toutes ces marques de type H&M Zara etc qui produisent massivement dans des pays à bas coût mais dans ce processus là qu'est-ce qui pollue en fait c'est quoi c'est la manière de produire c'est l'énergie qui est utilisée c'est le transport c'est le fait qu'on en fasse des déchets ensuite si on prend l'impact carbone le transport donc c'est à dire les émissions de CO2 le transport dans le textile c'est assez faible c'est 2% pour la même raison que le poids carbone individuel d'un vêtement assez faible c'est que un t-shirt c'est très léger on peut le plier ça occupe très peu de place donc le transport il se fait majoritairement par container et donc c'est très très optimisé on peut mettre beaucoup beaucoup de t-shirts dans un container donc individuellement à l'échelle d'un t-shirt le transport c'est assez peu si on parle en termes d'émission des effets on pourrait avoir tendance à penser que c'est les matières premières qui émettent beaucoup le coton le polyester etc mais finalement ça représente pas plus de 30% en fait du poids carbone d'un vêtement ce qui émet beaucoup de gaz à effet de serre dans la fabrication d'un vêtement c'est la phase industrielle c'est toute l'énergie que consomme les machines pour transformer une matière première en un vêtement parce qu'on l'a peut-être pas en tête mais pour passer du champ de coton à un t-shirt pour reprendre le même exemple on passe par plusieurs étapes industriels donc on récolte le coton donc ça c'est quand même des grosses machines c'est plutôt du compte conventionnel généralement et c'est plutôt de l'openfield avec voilà tous les travers de l'agriculture voilà intensive avec ces gros tracteurs ses engrais qui viennent plutôt de du pétrole etc donc on récolte le coton ensuite on va le transformer en fil ça c'est des énormes machines des énormes usines ensuite on va le transformer en tissu ou en tricot donc on va le tricoter ou le ou le tisser ensuite on va le teindre et ensuite seulement à la fin on va le confectionner on va assembler les différentes parties pour en faire un vêtement toutes ces étapes là que je viens de décrire ces étapes industriels c'est des étapes qui sont extrêmement consommatrices en énergie il faut beaucoup d'énergie pour faire chauffer l'eau pour faire la teinture il faut beaucoup d'énergie pour faire marcher ses énormes machines qui sont les machines de filature ou les machines de tissage parce qu'en fait l'industrie textile l'industrie de la mode c'est une industrie et donc une industrie c'est comme si vous imaginez une industrie automobile c'est des grosses machines ces grosses machines elles consomment de l'énergie et cette énergie c'est majoritairement des énergies fossiles donc du du pétrole ou du charbon qui émet beaucoup de gaz à effet de serre d'ailleurs on voit ça dans ce reportage de France 5 dans lequel vous vous apparaissez vous allez au Bangladesh il y a pour résumer des gens qui vous contactent sur internet en vous disant mais nous on peut faire les mêmes vêtements que vous vous faites mais en les faisant beaucoup moins cher donc vous allez au Bangladesh vous voulez rencontrer et vous visitez leur usine ce que j'ai trouvé frappant c'est que on y voit ces grosses machines que vous décrivez mais en fait tout ça a l'air assez récent plutôt du bon matériel et donc on découvre enfin en tout cas moi j'ai découvert à ce moment-là une industrie de masse c'est-à-dire que cette production là pour pouvoir assurer la production pour la face fashion en fait il faut des énormes usine avec des énormes machines moi aussi j'étais hyper surprise en allant là-bas de de la dimension en fait des unes j'avais conscience que le Bangladesh c'était quand même l'usine du monde et que sûrement les usines que j'avais trouvé là-bas étaient plus grosses que celles que avec qui je travaille actuellement au Portugal en France mais j'avais pas conscience de de cette dimension j'ai vu des usines où il y a 10 000 ouvrières vous imaginez c'est comme si c'était une ville entière sur des lignes avec des machines à coudre qui produisent des vêtements donc c'est vrai que quand on allant là-bas dans le cadre de ce documentaire j'ai vraiment pris conscience de ce que c'était surpro dur c'est à dire que sur chaque modèle qui était produit c'était telle quantité c'était des millions vitesse en fait qu'une usine pourrait sortir en quelques mois donc c'était hallucinant ouais alors pourquoi on produit autant si on n'a pas besoin d'avoir autant de vêtements c'est quelque chose d'assez récent finalement cette le fait que on considère les nos vêtements comme jetables qu'on les achète qu'on les mette et qu'on aurachète de nouveau très régulièrement c'est un comportement qui a qui est pas très vieux parce que pour donner une idée en 30 ans on a doublé le nombre de vêtements qu'on achète alors comment l'industrie textile a réussi à modifier comme ça notre comportement pour qu'on double en fait notre consommation de vêtements la première chose elle a réussi à faire baisser drastiquement le prix des Vêtements et pour ça il y a une solution simple c'est les délocalisations aujourd'hui voilà la plupart des vêtements qu'on achète dans les chaînes de fast fashion c'est des vêtements qui sont produits en Asie ou en fait les salaires sont ridicules pour vous donner un exemple au Bangladesh le salaire minimum c'est à dire le SMIC c'est 20% du salaire vital et le salaire vital c'est ce que les ONG définissent comme vraiment le minimum le minimum qu'il faudrait avoir pour vivre à peu près dignement c'est à dire s'acheter à manger avoir un toit sur la tête et donner à manger à ses enfants quoi donc au Bangladesh c'est 20% de ça donc le bas prix du textile c'est une conséquence directe de l'exploitation voilà de des gens à l'autre bout du monde et ça ça a été permis par les délocalisations c'est à dire bouger la production dans des pays où finalement la loi protège mal les personnes qui fabriquent les vêtements mais ça c'est pas suffisant en fait faire baisser le prix des vêtements c'est pas suffisant pour faire doubler en fait notre consommation parce que imaginez s'il y avait plein de t-shirts sur le marché qui coûtait tous 4 euros mais qu'ils étaient disponibles seulement en noir on en achèterait deux et ensuite on arrêterait quoi ça c'est pas ça qui ferait doubler notre consommation l'autre manière de nous faire acheter plus que ceux de ton a besoin c'est en nous donnant envie et ça l'industrie de la mode est spécialiste là-dedans donc comment on fait pour donner envie aux gens d'acheter sans cesse des nouvelles choses bon alors il y a bien sûr les phénomènes de mode il y a bien sûr le toutes ces questions des collections dont on a toujours parlé mais mais c'est bien plus complexe que ça alors ça je comprends tout à fait on voit bien c'est l'idée des collections été automne hiver ça permet le renouvellement ça s'impose en fait d'une certaine de manière à nous puisque c'est ça qu'on trouve dans les magasins mais ça explique pas pourquoi on achète autant vous achetez beaucoup parce que vous avez l'impression qu'il y a des nouvelles tendances et parce qu'on renouvelle les collections vous achetez beaucoup parce qu'il y a une édition limitée vous achetez beaucoup parce que parce qu'il y a un drop mais vous achetez aussi beaucoup parce qu'il y a des promotions et vous dites que c'est une bonne affaire et vous voulez pas passer à côté et vous achetez aussi beaucoup parce que on vous propose tellement de modèles que c'est impossible qu'il y en ait pas un qui vous plaisent oui c'est à dire qu'il y a ça crée un comportement ou quand on est dans un magasin de type H&M en fait on est comme un enfant dans un magasin de jouets donc on se dit bah tout est à peu près accessible tout est disponible sous ma main donc pourquoi je m'en priverais finalement et tout me fait envie en fait et là vous prenez l'exemple de H&M HM déjà c'est quand même beaucoup de références et plus de je crois que c'est 10000 pièces qui sont disponibles sur le site internet mais avec les nouveaux acteurs comme Asos ou plus récemment Chine donc les acteurs qui sont uniquement sur internet ça prend des proportions démentielles à sauce je crois que c'est plus de 100000 références qui sont disponibles sur le site internet et Chine c'est carrément un demi million donc même vous même moi qui suis quand même extrêmement éduqué et sensibilisé à ce sujet là si vous me faites des défiler un demi million de modèles bien sûr que il va y en avoir mais au moins 1000 qui vont me faire envie bien sûr que il y a ou un mille ou je me dis bah je vais avoir besoin de ce t-shirt ce truc là il est pas cher et cetera donc cette industrie elle se dédie entièrement à nous faire désirer des choses dont on n'a pas besoin et donc on achète trop de vêtements parce qu'on peut parce qu'ils sont pas cher et on achète trop de vêtements parce qu'on veut parce que on est sans cesse en train d'attiser notre désir enfin on n'est pas non plus des idiots c'est-à-dire que si on se fait pas piéger par l'industrie de la mode on est aussi nous-mêmes acteurs et actrice du fait de participer à cette surconsommation parce qu'on est content que ce soit pas cher et qu'on a été habitué d'une certaine manière à pas payer cher nos habits parce qu'aujourd'hui si on voit un t-shirt qui coûte 40 euros on se dit qu'on se fait arnaquer parce que le vrai prix d'un t-shirt dans la tête de beaucoup de gens moi y compris c'est le prix qu'on voit dans les magasins de fast fashion de là à dire qu'on n'est pas idiot et qu'on fait ça consciemment je crois que il faut pas sous-estimer en fait à quel point la puissance marketing de l'industrie de la mode faut pas sous-estimer cette puissance enfin en fait il y a beaucoup de techniques pour nous faire acheter qui repose sur des biais cognitifs comme quoi comme technique par exemple les prix qui terminent en 99 en fait il y a un biais cognitif dans notre cerveau qui nous fait croire que c'est moins cher et qui nous fait croire que c'est une meilleure affaire l'autre biais cognitif qui peut avoir c'est un billet de surexposition c'est-à-dire si vous avez été exposé plein de fois à la pub d'un même produit vous allez avoir plus tendance à l'acheter c'est la stratégie des marques c'est vous savez qui qui vous Martel sans cesse leur logo et leur base line pour créer ce biais etc et l'intérêt de ses billets en fait c'est de provoquer un comportement d'achat qui soit de l'ordre plutôt du réflexe que de la réflexion en fait c'est le même principe que quand vous allez sur un célèbre site de réservation de logement et que vous voyez plus que trois disponibles en fait vous allez prendre une décision dans l'urgence plutôt que de prendre un peu de recul et de vous dire attends ce logement il est pourri vraiment j'ai pas le réservé quoi donc l'industrie textile elle est spécialiste en fait dans l'utilisation de ces biais marketing ce qu'on appelle des Dark patterns oui mais en fait est-ce que ça c'est si grave c'est à dire qu'est-ce qui deviennent ces dizaines de vêtements qu'on achète et puis qu'on met jamais s'il reste dans notre penderie bon ben ils ont déjà été achetés ils ont déjà été produits la pollution elle a déjà eu lieu non oui alors dans les faits dans les faits vous les laissez pas dans votre penderie vous-même vous l'avez dit vous donner vous donner à Emmaüs cette industrie elle vous encourage aussi beaucoup à donner c'est à dire c'est ça le terme qui employait personne ne jette ses vêtements tout le monde a l'impression vraiment de faire une bonne action quand on met son vêtement dans une borne textile on a vraiment l'impression que ça va aider les pauvres dans les faits sur les 1 milliard de vêtements qui sont récoltés chaque année dans les bornes d'excellents France il y en a seulement 5% qui sont réemployés dans en France qui se retrouvent dans les magasins de seconde main ou qui sont donnés aux personnes dans le besoin sur le reste en tout cas 50% de ce qui est collecté c'est envoyé à l'étranger et ça finit dans des pays plutôt pays d'Afrique théoriquement pour que eux puissent s'habiller avec notre seconde main le seul problème c'est que les quantités qu'on envoie sont si démentielles que en fait c'est juste que au lieu de jeter ses vêtements dans dans des décharges en France ils finissent dans des décharges là-bas et comme ils ont pas les infrastructures qu'il faut ni l'argent qu'il faut pour traiter ces déchets en fait ça finit globalement dans la nature ça pollue finalement ces pays pour vous donner un exemple le Gana c'est un des pays qui est assez mis en lumière sur cette question de l'arrivée des déchets textiles le Ghana reçoit chaque semaine 15 millions de vêtements c'est une population de 30 millions de personnes donc on voit bien que si chaque semaine ils reçoivent de quoi rhabiller la moitié de leur population on voit bien que très rapidement ils sont débordés en fait par les vêtements qui le reçoivent et c'est exactement ce qui se passe quoi et pour donner une image c'est comme si vous sortiez les poubelles tous les jours et que les éboueurs ne passaient jamais c'est exactement ce qui se passe aujourd'hui dans le textile on produit tellement on jette beaucoup en tout cas on met beaucoup dans les dans les bandes textiles du coup les pays comme les nôtres se débarrassent beaucoup dans les pays africains et en fait ça finit par s'accumuler dans la nature de ces pays parce que ils n'ont ni les infrastructures et ni même enfin en fait les capacités de recevoir autant nous la France on envoie chaque semaine 10 millions de vêtements à l'étranger et au final la plus au moins 40% d'entre eux vont directement polluer la nature de ces pays moins bien équipés [Musique] vous vous faites un constat assez dur de la logique de la face fashion mais depuis quelques années on voit qu'il y a un certain nombre de marques qui prennent des engagements les vis à lancer une campagne by better where longueur donc acheter mieux porter plus longtemps H&M propose des bacs pour recycler ses vêtements contre un chèque cadeau est-ce que vous ça vous semble être un premier pas dans la bonne direction en disant en fait voilà c'est des gens qui prennent conscience de tous les problèmes que vous vous mentionnez ou bien à l'inverse c'est juste pour se donner bonne conscience alors on peut prendre ces deux exemples là elle est VICE moi j'étais j'avais bien aimé cette campagne où il disait ben acheter moins faites du réponsant à côté de ça il y a des AMG qui sont en train de interpeller les vis pour une question de salaire non payée dans leurs usines donc bon enfin il y a quand même toujours un poids de mesure et pareil pour les bornes H&M où ils nous font croire que ça va être recyclé dans les faits il y a un article qui est sorti il y a pas longtemps qui montre que ce qui est collecté dans les bornes HM c'est aussi en voyant en Afrique au même titre que les autres enfin vraiment c'est juste que vous mettez à la poubelle chez H&M au lieu de mettre à la poubelle chez vous et puis quand on regarde un peu plus le on voit que par exemple ces bornes textiles chez H&M en échange vous avez un bon d'achat pour acheter chez H&M qu'est-ce qu'il y a comme incitation à la consommation plus évidente que ça quoi donc c'est effectivement du greenwashing alors la première raison pour laquelle c'est du greenwashing c'est que cette technique si on prend celle de la chaîne c'est une manière de calmer les coins anxiété pour vous inciter à acheter toujours plus parce que en ce moment il y a quand même un truc qui se passe pour l'humanité c'est un des freins à la consommation c'est que on commence à avoir conscience que notre consommation elle a un impact et du coup on a tendance à vouloir moins consommer quoi et ça c'est la terreur des marques parce que si vous consommez moins ça les arrange pas ils font c'est vraiment pas leur but donc autant ils se sont dédiés pendant des années à attiser notre désir de nouveaux vêtements autant là en ce moment ce qui essaie de faire c'est de calmer notre écran anxiété pour nous dire bien sûr que vous pouvez continuer à acheter c'est même bon pour la planète et c'est tout le truc de ça c'est fait en polyester recycler mettez une fringue dans un bac vous pourrez en racheter un nouveau deux fringues vertes achetées une offerte ce packaging et éco-responsable donc donc il a d'abord une vocation à inciter à consommer donc à ne pas freiner le modèle et surtout si on devait regarder les actions qui sont prises on voit que aucune ne s'adresse au cœur du problème si on reprend le constat qu'on fait sur l'industrie textile le problème c'est la surproduction le problème c'est la surproduction et c'est lié aux incitations à consommer et au prix dérisoires est-ce que est-ce que H&M ou les vis joue sur aucun de ces facteurs est-ce que les vis a dit bah je vais relocaliser la production de mes jeans dans des pays où les gens sont payés dignement est-ce que H&M a dit mais moi je vais vraiment renoncer à inciter des gens à consommer je vais réduire le rythme de mes collections je vais faire moins de sol jamais en fait jamais il s'attaque au cœur même de leur modèle qui est générateur de de pollution mais en même temps il y a aussi derrière une question qui est la qualité des vêtements en question parce qu'en fait un des sujets c'est que bon bah c'est des vêtements qu'on produit pas cher ils sont pas forcément toujours de très bonne qualité mais on se dit que c'est pas grave donc on va en racheter plus souvent est-ce que du coup de la part des grandes marques ou des plus petites comme la vôtre qui a aussi une réflexion sur le type de matériau qu'on utilise parce qu'en fait et sur les matières premières parce que le coton sait que c'est très consommateur en eau en pesticides le polyester en réalité ça vient des produits pétroliers donc en fait ça aussi c'est un impact qui est très fort est-ce que c'est pas aussi de ce côté-là qu'il faut regarder alors je vais répondre aux deux parties de la question la première sur la qualité la deuxième sur les matières moi quand j'ai monté ma marque j'étais persuadée que les vêtements de la fast fashion n'était pas de bonne qualité et que c'est pour ça qu'on en consommait trop et donc globalement pour ma remarque ce que je fais c'est je fais des prototypes je fais des tests de résistance en laboratoire et je teste aussi ce qui existe sur le marché pour voir si c'est mieux ou si c'est moins bien j'ai été extrêmement surprise de voir que finalement la qualité des vêtements de la fast fashion n'est pas du tout catastrophique et d'ailleurs tout le monde en fait un peu le constat on a tous dans notre armoire des t-shirts H&M qui ont 20 ans des pantalons Zara qui ont tenu 10 ans et des vêtements qu'on a payé plus cher de marque multinationales qui ont craqué bien avant donc pour moi ça a été une révolution genre de comprendre que notre surconsommation de vêtements n'est pas liée ou à la marge à la dégradation de la qualité et finalement quand on y réfléchit quand on regarde de près c'est assez logique la face fashion elle utilise par exemple beaucoup de polyester le polyester c'est une fibre plastique c'est beaucoup plus résistant que le que le coton qui est une fibre naturelle donc globalement si vous achetez un t-shirt 100% polyester il va être beaucoup plus résistant qu'un t-shirt en % coton après il y a d'autres problèmes vous puez plus dedans vous serez en transpire plus rapidement c'est moins agréable au contact mais si on parle de qualité dans le sens résistance propre résistance de des vêtements elle ne s'est probablement pas dégradé avec la face fashion en tout cas ce n'est pas ça la raison qui fait qu'on se débarrasse des vêtements et d'ailleurs vous pouvez regarder c'est la raison pour laquelle on se débarrasse des vêtements c'est soit parce qu'on les met plus soit parce qu'on les aime plus soit parce qu'on a la flemme de les réparer soit parce que c'est plus cher de les réparer que d'en acheter un œuf oui mais sur l'autre aspect sur les matériaux qui sont utilisés est-ce que il y a pas autre chose que le coton le polyester qu'on pourrait utiliser et qui permet d'avoir à la fois des vêtements qui sont de qualité et qui en plus se réduirables on attend toujours une espèce de solution miracle vous savez un truc à base d'algues ou de déchets de pamplemousse ou de marc de café réaggloméré qui permettrait de continuer à consommer autant grâce à une merveille technologique dans le textile cela n'arrive pas il y a des matières qui sont bien mais si on ne veut par exemple on parle beaucoup du lin le lin c'est vraiment génial c'est produit localement etc si on devait maintenir la production actuelle et faire tout en lin mais en fait il faudrait recouvrir je crois on avait fait le calcul avec mon associé je crois que c'est la moitié des terres d'Europe des terrasses arabes d'Europe donc oui on serait tous en là mais on pourrait plus manger en fait donc il y a une vraie chose à avoir en tête c'est qu'il n'y a pas de matière miracle et que la le problème et la solution ne viendront pas de la matière en fait c'est normal de polluer vivre c'est polluer produire c'est polluer c'est normal en fait il faut accepter que notre existence sur terre elle a un impact ce qui n'est pas normal c'est le gâchis qu'on en fait ce qui n'est pas normal c'est de polluer pour faire des vêtements qu'on va porter deux fois et qu'on va jeter il faut en fait un peu respecter finalement tout ce qui est issu de l'industrie des chaînes de production en acceptant que voilà produire un t-shirt ça Pol et pour rendre hommage finalement aux ressources qui ont été consommées le faire durer le plus longtemps possible mais alors pour faire durer le plus longtemps possible c'est aussi des normes sociales parce qu'en fait on voit finalement pas tant de gens que ça se promener avec des habits rapiécés ou un peu taché la norme c'est quand même de porter des habits qui sont différents on va pas tous les jours au travail habillé de la même manière donc il sait aussi un regard social finalement sur la manière dont on s'habille et l'usage qu'on a des habits tout à fait et c'est une énorme qui a quand même beaucoup évolué c'est mon associé qui me racontait que sa grande tente lui avait raconté que désolé on dit de on dit mais qu'à l'époque dans son village il y avait une racomodose qui passait tous les deux jours quoi enfin dire le fait de raccommoder les vêtements de les rapiers c'est de les faire durer c'était un métier extrêmement central en fait dans la vie de tout le monde et ces métiers là et c'est normal et c'est et ses habitudes là elles disparaissent quand le prix du neuf devient moins moins important que le prix de que le prix de la réparation quoi c'est absolument ça coûte moins cher de d'aller acheter un nouveau t-shirt chez H&M que de se faire rapiécer son t-shirt c'est le la couturière du coin donc c'est vrai qu'il y a un côté paradoxal là-dedans on n'a pas d'encouragement d'une certaine manière à faire durer nos habits plus longtemps c'est vrai il y a aussi vraiment une paire d'habitude parce que vraiment c'est pas si cher que ça quand même de faire réparer ses vêtements enfin du coup nous on le fait beaucoup et on essaie d'encourager quand même nos clients et nos clients à le faire et ce qui coûte cher par exemple c'est de changer un zip ça ça peut coûter 15 euros quoi mais faire un ourlet c'est 10 euros faire réparer un petit trou enfin il y a des choses qui coûtent 2 euros enfin c'est globalement pas très cher donc mais c'est vrai que la concurrence face à la fast fashion très peu cher elle est terrible mais surtout il y a un truc on est des générations qui vont perdu cette habitude d'aller faire réparer ajuster entretenir et on a aussi des générations qui avons perdu le savoir-faire sur comment entretenir un pull enfin c'est assez rigolo parce que nous on le voit dans la typologie de nos clients donc on avant on vendait des pulls en laine qui ne passait pas en machine maintenant on a trouvé une autre laine qui permet de passer en machine mais voilà si vous demandez à n'importe quel grand mère ou grand-père comment on la vain pull en laine tout le monde sait qu'il faut pas le laver en machine cette génération là elle le sait et si vous demandez à des gens de génération après mais en fait ah bon ça se passe pas en machine mais moi je mets tout en machine en fait donc il y a aussi un savoir de l'entretien des vêtements et du faire durer des vêtements qui a disparu avec le déferlement de cette façade d'ailleurs vous quand vous vendez des vêtements vous donnez aussi des conseils aux gens pas laver trop souvent les habits ou l'avait à 30 degrés ou à froid ou par exemple des conseils d'entretien nourrir ses ceintures en cuir avec de la crème hydratante resserrer les manches de son pull devenu un peu flagada avec de la vapeur est-ce que vous savez si les gens qui achètent ces produits ils suivent ses conseils ou bien finalement ils font la même chose avec vos produits que avec ce qu'ils achèteraient ailleurs c'est à dire que quand ça commence à s'abîmer bah ils achètent autre chose alors on sait que ça fait durer plus longtemps les vêtements parce qu'en fait nous on dit on a des tests toutes ces techniques enfin vraiment c'est à dire que par exemple on a testé différentes techniques pour franchir par exemple un t-shirt qui aurait jauni aux aisselles et on sait que la technique qu'on propose elle marche quoi donc c'est quelque chose avec du percarbonate de soude donc on sait que les conseils qu'on prodigue ils marchent on sait que c'est hyper facile de d'enlever les boules d'un pull de resserrer les manches de pareil d'un pull en laine etc nos techniques elle marche on n'a pas les chiffres sur est-ce que les gens dans quel proportions les gens les utilisent ou pas mais on a des messages de gens qui nous disent ah oui je savais pas ça c'est trop bien ah mais c'est magique ça ah mais c'est trop bien surtout il y a un truc trop rigolo c'est quand même le déboulochage des pulls enfin en fait le réflexe quand on sait pas que ça part facilement les bouloches c'est de se dire ah tout est foutu et un jour on découvre le rasoir à bouloches et ensuite on commence à déboucher tout ce qu'il y a dans son armoire des chaussettes aux pull et ça c'est assez c'est très très satisfaisant donc il y a des choses qui qui marchent bien quoi mais il y a aussi un côté dans la mode qui passe simplement le fait de d'avoir du nouveau pour avoir du nouveau il y a aussi des évolutions y compris technologies que je parle les vêtements de sport ils sont bien meilleurs aujourd'hui que il y a 20 ou 30 ans les vêtements pour femmes il y a plus de possibilités aujourd'hui pour habillé que à l'époque où les femmes devaient mettre des corsaires enfin donc est-ce que il y a pas aussi besoin d'avoir une forme d'innovation technologique pour avoir plus de confort des vêtements de meilleure qualité etc c'est ce qu'on appelle le confort marginal c'est à dire là vraiment pour aller courir pour les baskets je dis pas peut-être qu'il y a un truc mais pour le short et t-shirt pour les courir vraiment vous avez juste besoin de quelque chose qui soit un peu aéré et qu'il s'agit vite le polyester fait très bien fait très bien l'affaire si vous en voulez plus si vous voulez quelque chose de plus technique je peux comprendre si vraiment vous entraîner pour les JO mais même si vous allez courir cette fois par semaine vous n'avez pas besoin de plus de technicité pour aller courir et on observe quand même quelque chose comme ça aussi dans tout le textile technique c'est à dire que les gens sont suréquipés c'est-à-dire que vraiment c'est en montagne pour aller randonnée on voit vraiment des gens avec des k-ways qui peuvent résister à on peut rester 6 ans sous la neige avec quoi ça c'est c'est démentiel il faut pas oublier que toute cette qualité supplémentaire en fait c'est des ressources supplémentaires donc avoir la surcalité c'est à dire avoir des vêtements trop performants par rapport à l'usage qu'on en fait mais ça aussi c'est du gaspillage en fait c'est exactement comme si vous trimbaliez pour aller de chez vous de chez vous à la boulangerie vous y alliez en bus alors que vous êtes tout seul et que c'est à 5 minutes en vélo enfin c'est du gâchis en fait à la fois de matériaux et d'énergie quoi donc moi j'ai l'impression que là toutes les avancées technologiques elles sont là pour créer des besoins artificiels elle ne répondent pas à des besoins elles nous font croire qu'on a besoin et moi la première moi aussi quand je vais en montagne maintenant je veux des chaos super légers je veux des chaussures enfin je veux aussi cette technicité parce qu'elle me facilite la vie quoi mais c'est pas ça la vraie chose qui fera que qui va changer notre vie dans notre pratique du sport au quotidien quoi [Musique] alors si on veut se poser la question sur comment on peut arriver à sortir de cette logique de la face fashion on peut peut-être parler d'abord du côté des entreprises des producteurs vous par exemple avec loom vous vous êtes posé beaucoup de questions je me souviens que vous avez eu un débat par exemple sur l'utilisation du coton en disant au début bon on va pas utiliser de coton bio puis finalement vous avez changé d'avis vous avez expliqué ça à vos clients comment vous faites ces arbitrages là c'est à dire est-ce que vous avez une grille vous dites bon bah voilà ça c'est ok ça c'est pas ok comme vous l'avez dit tout à l'heure de toute façon produire ces polluer ou est-ce que on met le curseur pour savoir si on en fait trop pas assez en termes d'impact voilà la question du coton d'ailleurs c'est intéressant c'était suite à la lecture d'un livre de votre collègue Stéphane Foucart sur entre autres sur l'usage des néonicotinoïdes dans la culture en particulier du coton là dans ce cas précis c'est que on était mal informés et donc on pensait vraiment que le coton conventionnel c'était quand même mieux parce que c'était plus résistant que le coton bio il y a beaucoup de mes informations autour du coton et du coton bio si vous recherchez un peu partout sur internet les gens ils viennent le coton bio ça utilise plus d'eau le coton bio c'est moins résistant et tout et quand on a vraiment creusé le suivi on s'est rendu compte que c'était faux et que le coton conventionnel c'était une catastrophe écologique parce que non seulement ça utilise des beaucoup de pesticides mais surtout ça utilise cette catégorie de pesticides qu'on appelle les néonicotinoïdes qui sont particulièrement délétères pour les insectes et il y a quand même des études qui montrent que la population d'insectes elle a été divisée par deux en quelques années donc c'est vraiment une extinction dramatique à partir du moment on fait ce constat là qu'on se rend compte que on arrive à trouver du coton bio de bonne qualité et que ça augmente le prix de nos vêtements mais à la marge c'est à dire qu'on n'a pas dû passer le prix de nos chemises de 60 à 65 euros bah oui on peut faire ce choix quoi donc enfin en fait c'est juste que les contraintes qu'on met à notre nous permettent de dimensionner notre business je sais pas bien comment l'expliquer mais si on se dit de toute manière on utilisera du coton bio de toute manière on produira dans des pays qui protègent bien les gens et l'environnement donc le Portugal et la France en fait on ne dérangera pas cette règle donc à partir du moment où on se met ses règles là ben c'est à nous d'être bon en business pour faire en sorte que notre marque fonctionne et donc ça c'est je peux pas vous dire exactement comment ça marche je sais juste que ça arrive périodiquement on découvre quelque chose qui va pas dans la mode et on prend un engagement pour ne pas participer à ça donc quelque part c'est un peu progressif c'est à dire on essaye de produire dans les moins mauvaises conditions possibles oui oui c'est ça et finalement enfin si on doit juste résumer qu'est-ce qui est nos différencie en termes de production c'est qu'on utilise du proton coton bio on produit au Portugal en France et pas en Asie et que on met tous les efforts pour faire des vêtements qui durent dans le temps qui sont solides mais c'est vraiment juste ça qui caractérise notre production on va pas plus loin ce qui est un vrai engagement pour nous c'est la décision de ne jamais inciter les gens à consommer des choses dont ils ont pas besoin nous on fait justement pas de darpaternes pas de prix qui finissent en 9.9 pas de sol pas de promo pas de collection pas de de acheter un offert pas de paiement en trois fois sans frais en fait pas de pub toutes ces choses-là on y renonce quoi d'ailleurs quand je vous ai proposé de participer au podcast je vous ai dit bon j'aimerais bien qu'on parle de la fast fashion mais pas forcément essentiellement de votre marque on m'a dit mais moi je m'en fiche c'est pas grave j'ai pas envie de faire de la pub et ça c'est vrai que c'est assez contre-intuitif parce que comment on peut changer le monde de la mode d'une certaine manière sans avoir recours à l'argument bah acheter mes habits parce que ils sont plus éthiques mieux fait réaliser dans des meilleures conditions que les habits de la fast fashion à un moment donné c'est quand même une concurrence entre des habits plus éthiques et des habits qu'on juge moins éthique non alors c'est une conviction que j'avais au début quand on a commencé on se disait ben voilà nous le bus c'est de faire grossir notre entreprise et un jour nous les entreprises éthiques qu'on va remplacer les entreprises les plus destructrices si on prend H&M etc on est cinq ans plus tard notre entreprise elle est rentable elle marche hyper bien et on en a pas mal un des marques du secteur textile qui sont vraiment des succès purement économique déjà Patagonie etc mais si on regarde l'impact écologique de la mode le succès de ces marques n'a pas du tout fait baisser en fait l'impact écologique de la mode au contraire chaque année on produit plus chaque année on aimait plus de gaz à effet de serre chaque année on pollue plus les rivières et voire même si on regarde plus précisément la croissance et le succès des marketing ne s'est jamais fait au dépens des marques de la façade en fait dans ce temps où nous nos business se développaient la face fashion et l'ultra fast fashion c'est développé encore plus vite si je prends l'exemple de Chine cette marque d'ultra face fashion qui existe en France mais on la connaît depuis 4-5 ans elle fait aujourd'hui 11 milliards de dollars enfin en tout cas entre 10 et 20 milliards de dollars de chiffre d'affaires annuellement et Patagonia à côté de ça qui est la plus grosse des marketing qui est un carton tout vous voyez enfin c'est vraiment un succès économique sans précédent pour les marketing un milliard de dollars donc la plus grosse des marketing et dix fois plus petite que cette marque d'ultra face fashion qui sort de nulle part ce que ça nous dit c'est que ça ne marche pas ce modèle qui nous fait croire que c'est par le consommateur qu'on va finalement réorienter les business model et que les faces fashion va disparaître ou que les marques les moins vertueuses vont disparaître au profit des au profit des petites ça ne marche pas ce modèle économique ne marche pas ce retournement par le consommateur ne marche pas donc si c'est pas les individus qui peuvent avoir ce poids là qu'est-ce qui peut l'avoir alors c'est des politiques publiques c'est des systèmes d'interdiction c'est quel type d'effort collectifs peuvent être menés qui auraient vraiment un impact c'est exactement comme sur la route en fait si vous voyez que demander aux gens de ne pas rouler en état des briété ça ne marche pas bah vous mettez en fait des règles qui interdisent de rouler un état débriété et qui et qui punissent en fait les comportements qui mettent tout le reste des usagers en danger et c'est exactement la même chose qu'il faut faire dans la mode c'est à dire que à partir du moment où on fait rentrer sur le territoire français des produits qui ont été confectionnés par des gens sont payés 20% du salaire qu'il faudrait pour vivre dignement on autorise en fait ce comportement là à partir du moment où on laisse des gens faire impunément du greenwashing ouvrir des magasins sur les plus grandes avenues commerciales de notre pays on dit à toutes les marques c'est possible d'avoir ce comportement là donc tant qu'effectivement ton on ne réglemente pas le secteur mais qu'est-ce qu'on pourrait réglementer par exemple dire on refuse l'importation de David un certain nombre de pays qui respectent pas certaines réglementations environnementales quel type de mesure pourrait formuler le personnel politique pour changer ce qui arrive dans nos magasins et ce qui a notre disposition une première mesure qu'on pourra appliquer c'est simplement demander l'application des des réglementations existantes je vais vous donner quelques exemples quand on est une marque et qu'on vend des vêtements en France on est obligé de payer l'écotaxe l'éco contribution c'est comme sur les frigos vous savez c'est quelques centimes qui sert à gérer la fin de vie des produits bon voilà il y a plein de marques qui fraudent les co contribution et qui mumettent sur les marchés en France et il ne leur arrive rien il y a une autre réglementation pour vendre et distribuer des produits en Europe il faut que les produits respectent la réglementation riches qui est globalement une réglementation qui dit il ne faut pas qui est de produits plus de temps de pourcentage de produits toxiques dans votre vêtement parce que sinon ça risque d'être dangereux pour les gens et pour l'environnement européenne c'est une réglementation européenne donc les industriels français ils respectent cette augmentation ils sont contrôle et en leur sortie d'usine mais par exemple il y a un documentaire il y a pas longtemps qui a montré que cette même marque Chine bah voilà ils ont testé le taux de plomb sur quelques-uns de leurs produits qu'ils ont fait venir et le taux de plomb était trois fois supérieur à la norme riche il n'y a eu aucune sanction c'est à ça on n'a pas vu le site qui a été défencé il y a pas eu il y a même pas eu un mot qui leur a été adressé donc déjà appliquez les réglementations existantes ça permettrait bon de rétablir une sorte de justice quand même entre ceux qui les respectent et ceux qui les respectent pas mais effectivement ce n'est pas suffisant si on reprend le problème à la base ce qui fait la surconsommation c'est les prix dérisoires et c'est les incitations à consommer donc c'est ces deux axes là sur lesquels il faut agir les prix des rasoirs par exemple si on appliquait l'obligation je sais pas de produire dans des pays dont le salaire minimum est au moins égal au salaire vital ça serait déjà une quelque chose quelque chose d'incroyable mais même sans aller aussi loin que ça si on appliquait le devoir de vigilance qui est quand même une loi à ton qu'on attend depuis hyper longtemps qui rend responsable les marques des catastrophes qui peuvent se passer chez leur sous-traitant ça ça fait beaucoup et Corana Plaza où il y a cette usine qui s'est effondrée on a retrouvé les étiquettes énormément de marques européennes et nord-américaine et aucune n'a eu aucun sanction donc s'il y avait l'application par exemple de ce devoir de vigilance bah les marques qui réfléchiraient à deux fois avant d'aller produire dans des pays qui sont moins dix ans sur les conditions de travail de leur salarié mais aussi une manière extrêmement simple ça serait de pénaliser finalement ces prix dérisoires de la face fashion c'est d'introduire un indice de réparabilité c'est à dire alors il faut que j'arrive à bien le formuler c'est à dire si le prix de la réparation c'est plus que 50% du prix du produit neuf ce produit neuf doit être pénalisé c'est pas possible que ça soit moins cher de racheter neuf que de réparer et on pourrait aussi dire par exemple que si vous avez plus de 10000 références en ligne ou voire plus de même 1000 on peut dire que là ce que vous essayez de faire c'est inciter à consommer et là on pénalise encore une fois c'est les sites ou les marques qui incitent trop évidemment avec trop d'insistance à consommer donc il y a tout un panel en fait de mesure qui peut qui peuvent être prêtes mais encore faut-il le en tout cas le courage politique et oui et la volonté la volonté de les appliquer mais en tout cas ce qui est sûr c'est que sans réglementation ça ira de mal empire et c'est que sans réglementation plus les marques seront destructrices plus les marques seront fondre l'ultra face fashion sans complexe plus elles auront un succès commercial peut-être juste pour revenir sur le l'aspect individuel dont on a un peu parlé j'imagine que c'est une question que les gens vous posent souvent mais du coup quand on vous écoute on se dit bon d'accord mais qu'est-ce que je peux faire alors en gros il faut que j'évite les marques de fast fashion donner c'est pas terrible c'est rentrer dans une logique qui contribue aussi à la pollution bon ben qu'est-ce qui me reste alors qu'est-ce qu'il faut faire il faut juste s'habiller avec qu'on a dans sa penderie rien faire d'autre on a envie que ça qui est une solution plus révolutionnaire et tout mais la solution c'est comme pour beaucoup de choses c'est la sobriété c'est faire avec ce qu'on a donc faire avec ce qu'on a c'est faire durer ses vêtements c'est les réparer c'est en prendre soin c'est pas céder à la sirène de la consommation alors c'est pas possible pour tout le monde des fois on a besoin d'un t-shirt propre ou d'un slip pas troué voilà une fois qu'on a reprisé ses chaussettes même si je sais pas s'il y a beaucoup de monde qui le fait moi-même je ne le fais pas je comprends qu'on est besoin de meuf 9 mais là la première chose à faire si on peut faire quelque chose c'est de consommer beaucoup moins beaucoup moins vraiment acheter beaucoup moins la deuxième chose à faire c'est s'il faut consommer 9 choisir des vêtements qui sont produits voilà dans des pays où on accepterait de passer on accepterait d'envoyer nos enfants en colo je pense que ça va être sale critère quoi par exemple je pense que il faut éviter d'acheter des produits qui sont faits en Chine au Bangladesh parce que j'enverrai pas mes gosses là-bas quoi en colo donc voilà je pense qu'il faut avoir ces deux critères là et le troisième critère c'est le coton bio peut plus acheter de coton conventionnel c'est c'est une catastrophe il faut vraiment faut vraiment privilégier ça quoi quand on vous écoute vous qui réfléchissez à ces questions là depuis de nombreuses années on peut pas s'empêcher de se dire en tout cas moi je peux pas m'empêcher de lui dire qu'est-ce qui vous donne de l'espoir qu'est-ce qui vous fait penser que les choses peuvent quand même aller dans la bonne direction malgré tout le constat que vous faites c'est assez rigolo c'est que si on regarde le rapport du GIEC le rapport il nous dit il faut faire des choses et il y a moyen de s'en sortir si on fait des choses et moi je suis dans un secteur où il y a rien qui est fait enfin vraiment c'est juste de la poudre aux yeux il y a juste du greenwashing etc et je crois qu'il y a quand même des choses qui me donnent de l'espoir dans le sens on est 500 plus de 500 maintenant marque et usine française à cette rassemblée dans un collectif qui s'appelle en mode climat il y a quand même une énergie assez folle de la part d'entrepreneurs de la part de chefs d'entreprise pour se mettre dans ce collectif et je vous rappelle on est une collectif qui te bande de la réglementation et de la réglementation qui va s'appliquer à nous aussi à réglementation qui pénalise les promos les seuls les réglementations qui pénalisent le renouvellement des collections nous aussi on va s'appliquer quoi et en fait on a tellement conscience de cette urgence climatique qui nous arrive qu'on dit mais on préfère une réglementation qui s'applique à tout le monde nous y compris que d'aller droit dans le mur [Musique] merci Julia fort pour cette conversation avant de vous laisser partir je voulais vous poser quelques questions sur la manière dont vous à titre personnel vous vivez cette transition climatique d'abord est-ce que vous croyez que les gestes individuels c'est important est-ce que ça peut vraiment avoir un impact dans cette bataille climatique ou contraire vous pensez que c'est d'abord les efforts collectifs qui doivent compter je pense que c'est important quand même et je me rends compte parce que dans mon entourage moi les gens qui continuent à faire comme si les ressources étaient limitées qui ont un comportement oui de gaspillage ou de surconsommation ça mérite c'est comme si vous quand vous voyez des gens jetez leur mégot par terre en face de vous ou leur papier par terre en fait vous pouvez vous dire on s'en fout etc mais il y a quelque chose il y a quelque chose qui est choquant et je pense qu'il y a donc je sais pas si ça qui fait le changement au niveau général mais je crois quand même que cette sobriété bien sûr qu'il nous faut des règles pour nous forcer collectivement à y aller quoi mais ça serait très bizarre de demander ses règles tout en disant ah bah moi tant qu'elle s'applique pas bah je vais profiter le plus possible enfin c'est exactement l'attitude que je reproche aux entreprises c'est vraiment genre les H&M les Chine qui sont là-bas moi il y a aucune règle qui m'empêche de faire ce que je veux donc je fais je pollue le maximum quoi donc je pense qu'il y a quand même un truc de d'exemplarité quoi pour pour demander des règles qu'il faut avoir par exemple vous est-ce que vous prenez encore l'avion je prends plus pour le loisir mais je le prends pour le boulot enfin nos usines elles sont au Portugal donc j'y vais quand même au moins une fois par an donc c'est pas c'est pas idéal effectivement qui a un train pour faire ça mais oui je mange plus de viande enfin c'est ce que vous achetez par exemple des fois des habits de fast fashion je peux en acheter dans le cadre du boulot quoi je vais les étudier les trucs comme ça etc mais non moi j'achète j'achète peu de choses et c'est là où je vais en venir c'est à dire que je trouve qu'à partir du moment où le fait de changer son mode de vie ça ne devient plus un espèce de de punition mais quelque chose qu'on fait par choix ça on en tire aussi du plaisir quoi quand je mange encore de la viande j'étais quand même pas bien sur les questions climatiques aussi mais sur la question de la souffrance animale c'était quand même assez dur et moi j'ai fait des études d'agronomie donc on est assez conscient de qu'est-ce que c'est la réalité de l'élevage industrielle et en fait je me mentais un peu à moi-même en disant oui mais moi je vais manger que de la viande qui est bien sourcé ou je sais d'où elle vient ou je sais que les animaux étaient bien traités et en fait je me rendais compte que je faisais des exceptions de temps en temps et en fait que finalement les exceptions c'était la règle et qu'en fait à chaque fois que j'allais au resto je mangeais de la viande et je savais pas du tout d'où elle venait mais je disais autour de moi que non non mais moi j'ai conscience des dérivons moi je pense qu'il faut arriver à tirer du plaisir des choses qu'on fait pour pour la planète quoi et en tout cas moi c'est comme ça que c'est comme ça que ça marche et la dernière chose je trouve que c'est je n'arrive pas bien à l'articuler avec avec l'écologie mais il y a quand même quelque chose sur notre addiction aux écrans et en particulier au téléphone je me rends compte que pour moi qui ai aussi le pendant de ce monde dans lequel on ne vit que pour consommer quoi enfin finalement prendre l'avion aller acheter des choses etc enfin on sait qu'il faut sortir de ça si on veut avoir une vie qui est compatible avec les limites de la planète et je trouve qu'il y a quelque chose aussi de de semblable dans notre addiction au téléphone quoi on a l'impression que tout se passe sur notre écran et on a on a la nu courbée à force d'y être tout le temps et en fait on oublie que le monde enfin je suppose que il faut vivre en dehors de ça quoi il y a une relation entre entre ces deux choses que j'arrive pas à articuler mais on sait que je sais que sur consommer ça me fait pas du bien à moi je sais que ça me rend malheureuse et je sais qu'il y a tout le temps sur un écran ça me fait pas du bien à moi et ça me rend malheureuse et j'ai l'impression que cette sobriété se sortir de ses comportements là ça on a des récompenses quoi merci Julia fort merci à vous [Musique] cette conversation passionnante avec Julia forme a fait beaucoup réfléchir et si j'essaye de faire le tri dans la penderie je retiens d'abord un message principal le plus efficace en fait si on veut agir c'est de ne rien faire d'acheter le moins de vêtements possible point la ligne voilà alors on peut porter ce qu'on a en stock on peut acheter des vêtements de seconde main surtout en fait ce qu'elle dit c'est qu'il faut pas céder aux sirènes des grandes marques du textile quand même je retiens un chiffre 2,5 milliards d'habits vendus chaque année en France c'est fou c'est colossal parce que le problème au cœur de tous les problèmes c'est la surproduction et la surconsommation je me rendais pas compte à quel point c'était énorme j'ai vérifié les chiffres qu'elle donne et elle a raison on achète plus d'habits que de boîtes de 6 œufs ça paraît quand même complètement fou alors je trouve aussi intéressant ce qu'elle dit sur la communication et le marketing malgré tous les engagements qu'on peut trouver sur les pubs si les étiquettes nous disent made in China ou made in Bangladesh en gros il vaut mieux passer son chemin l'autre truc qui m'a un peu déprimé c'est ce qu'elle dit sur le don de vêtements la moitié de ce qu'on met dans les boîtes de vêtements dans la rue et je dois dire que je le fais assez souvent et exporter et revendu dans des pays qui n'en ont pas besoin et vont ensuite polluer les rivières dans le genre des vent c'est pas mal on a l'impression de faire une bonne action elle se retourne contre nous en fait c'est toujours ce piège surproduction surconsommation c'est comme si on était coincé dans cette boucle l'autre point que je retiens c'est le débat sur les marques éthiques en fait c'est bien qu'elles existent et qu'elle puisse peser dans le débat mais en fait c'est pas elle qui vont renverser la table ça suffit pas c'est trop petit c'est un combat qui est trop inégal en fait si on le disait autrement c'est comme si on avait deux ou trois Hobbits tout seul pour renverser Sauron et le Mordor en fait ça suffit pas il faut une alliance il faut un plan il faut s'y mettre ensemble et du coup ce que ça veut dire c'est que ça dépend pas simplement de nos actions individuelles du fait d'acheter ou de ne pas acheter ce qu'il faut c'est des vrais politiques publiques pour forcer l'industrie textile à arrêter de produire dans des pays où en fait il y a quasiment pas de règle sociale quasiment pas de règle environnementale il faut aussi des politiques publiques pour limiter les incitations à consommer rapidement à consommer massivement en fait des habits dont on n'a pas besoin et d'ailleurs je trouve que c'est un sujet dont assez peu de responsable politique se sont emparés et c'est bien dommage dans un autre registre cette discussion m'a aussi fait penser à ma sœur elle est un peu plus jeune que moi et elle anime à Lyon un lieu dédié au textile où elle voit défiler des dizaines de gens qui cherchent à faire réparer des habits parfois pour des gestes très simples à réaliser quand je lui ai dit que je trouvais ça étonnant elle m'a dit que c'était parce que j'étais vieux et que je comprenais rien merci beaucoup mais aussi parce que de plus en plus de gens voulaient réparer leurs vêtements mais n'avaient jamais appris à le faire eux-mêmes moi-même qui vient d'une famille de patchwork et de couture je dois bien avouer que je ne sais rien faire de mes dix doigts je me demande comment faire pour faire en sorte que tout le monde apprenne un peu pour que réparer ça devienne plus marrant plus intéressant que d'acheter du neuf et sans que ce boulot retombe encore et toujours comme ça a été le cas historiquement toujours sur les femmes moi j'ai l'impression que en fait ce qui me manque pour y arriver en fait c'est du temps du temps pour apprendre à le faire du temps pour créer y réfléchir du temps pour raccommoder pour bricoler comme le temps qui me manque pour préparer moi-même des falafels de pois chiches bon si je suis honnête je dois bien avouer que si je passais un peu moins de temps sur un site de vente privée à surconsommer des vêtements dont j'ai pas besoin peut-être que j'aurai plus de temps pour apprendre à faire tout ça [Musique] merci merci infiniment d'avoir pris le temps d'écouter ce nouvel épisode de chaleur humaine un podcast produit par Adèle Ponticelli avec les Dexter Michon cet épisode a été réalisé par Amandine Robillard qui a aussi composé l'excellente musique original merci à mes collègues Juliette Garnier Josepha Lopez pour leurs enquêtes et vidéos sur le sujet que vous pouvez retrouver d'ailleurs sur le site du monde je suis toujours très heureux de recevoir vos avis critiques suggestions et aussi vos questions sur les enjeux climatiques à l'adresse chaleur humaine @ Le Monde.fr je lis et je réponds toujours aux messages avec attention n'hésitez pas non plus à me faire parvenir vos conseils de lecture et vos recettes de cuisine et si par hasard il vous reste un grand carton de votre dernière achat sur un site de fast fashion vous pouvez aussi en profiter pour m'envoyer par exemple un gratin d'aubergines au sésame ça sera toujours bienvenu chaleur humaine c'est aussi une newsletter hebdomadaire à laquelle vous pouvez vous abonner gratuitement sur le site du monde il paraît que le mot français c'est infolettre je vais désormais publier certaines des questions que vous m'envoyez sur l'adresse chaleur humaine @ Le Monde.fr et peut-être même parfois des réponses si cet épisode vous a plu vous pouvez faire trois choses le faire suivre à quelqu'un que vous aimez bien vous abonner sur votre application de podcast favoris et aussi ajouter des commentaires ou des étoiles pour nous encourager retrouvez-nous la semaine prochaine pour continuer à explorer nos options pour faire face aux défis climatiques merci pour votre écoute et bravo d'être resté jusque là à bientôt

Comment s'habiller sans détruire le climat et la biodiversité ? | CHALEUR HUMAINE S.2 E.2 — Olivier Faure · Pourquijevote